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Je ne suis pas Charlie

jeudi 8 janvier 2015 à 09:00

Les premières secondes, j’ai cru à une mauvaise blague, une petite gorafisation du réel, comme cela arrive de temps en temps, ces pieds de nez parfois macabres que la réalité adresse aux satiristes et aux blagueurs. J’ai lu, d’un œil distrait, que des tirs avaient été entendus à la rédaction de Charlie Hebdo. J’ai froncé le sourcil lorsque j’ai vu que des gens y étaient morts. Intrigué, j’ai regardé, sans originalité, la « une » de GoogleNews. La mauvaise blague continuait, de pire en pire.

charlie hebdo intouchablesQuelques heures plus tard, les faits sont assez bien connus, et le déferlement de vidéos, de directs souvent idiots et les commentaires haletants de journalistes aux yeux embués permettent de prendre bien conscience de l’ampleur du massacre, puisque c’est bien d’un massacre qu’il s’agit ici. Le journal satirique a donc lourdement payé le prix de sa liberté de ton.

Car à l’évidence, c’est bien elle qui est à l’origine de l’horreur, c’est bien cette liberté d’expression, largement utilisée par le journal, qui a motivé le triplet d’individus cagoulés à dégommer froidement du journaliste, du dessinateur, et, ce faisant, à emporter dans la foulée quelques salariés et deux policiers. Et, comme le fait très justement remarquer Guillaume Périgois, directeur de publication de Contrepoints, ce qui a été attaqué n’est pas spécifiquement la branche de la liberté de la presse ni même son tronc, la liberté d’expression mais c’est bien la racine, le droit fondamental qu’a chaque individu de penser librement.

charlie hebdo dur d etre aime par des consEt bien évidemment, une fois cette liberté attaquée, on aura eu le droit à toute la cohorte de ses défenseurs plus ou moins attitrés, plus ou moins crédibles, au micro de toutes les rédactions, de toutes les télés. Les journalistes, bien sûr, dont beaucoup, légitimement et authentiquement émus. Des politiciens, évidemment, parce que c’est leur rôle, et parce que c’est, aussi, ne l’oublions pas, leur gagne-pain. Tous, comme un seul homme, il se sont, ce jour-là, dressés pour expliquer que rien ne pourrait et ne devrait entamer cette si chère liberté qui leur tient tant à cœur.

Ce combat, à mener, va mobiliser les uns, les autres, et tout le monde, vous allez voir. Mais pas maintenant. L’heure, évidemment, est au recueillement et c’est tout à fait normal. Apparemment et selon les uns et les autres (ceux qui parlent, avidement, dans tous les micros à portée), l’heure est aussi à l’unité et aux rassemblements.

charlie hebdo hitlerÀ l’unité ? Mais de quoi parlent-ils donc ? Ne pas se chamailler sur les cadavres d’un attentat ignoble, ce n’est pas de l’unité, c’est de la décence élémentaire, c’est le minimum de retenue dont un humain dispose normalement lorsqu’il n’a pas subi l’ablation de la honte tout petit. Retenue et décence qui ont, malheureusement mais à l’évidence et depuis bien longtemps, déserté la classe politique française (qui n’a de classe que le nom). La mascarade actuelle tiendra peut-être quelques jours parce que l’émotion du peuple est grande, et qu’il faut donner le change, mais c’est à peu près tout, et c’est garanti sur facture.

Et puis, des rassemblements, partout. Mais pourquoi ? Pour y déclamer haut, fort et grégairement « Je suis Charlie » ? Mais pourquoi ? Quel but peut-il y avoir à vouloir se fondre dans un grand tout lacrymal, à se dissoudre ainsi pour montrer qu’on peut ou qu’on doit s’exprimer ? On peut parfaitement être choqué et viscéralement contre ce qui vient de se produire sans avoir pour autant la moindre affinité avec le journal et à plus forte raison sans vouloir disparaître derrière un slogan niaiseux. Et puis surtout, la liberté de penser, de s’exprimer, ce n’est précisément pas de penser et d’exprimer ce que tout le monde pense et exprime déjà, que diable !

Mais rassurez-vous, l’heure est trop grave pour réfléchir ergoter. Il y aura unité, il y aura rassemblements, il n’y aura personne pour rappeler à ces gens toutes ces libertés qu’ils ont précédemment grignotées ou qu’ils ont laissé grignoter, en toute décontraction. Il n’y aura personne pour leur rappeler ceux qui s’exprimaient trop librement et qu’ils ont censurés explicitement (parce que la loi, ou un décret, ou un bricolage juridique vite fait, le leur permettait) ou implicitement, par la bande, parce que, … « parce qu’on ne peut pas laisser publier ça, laisser dire ça, il a le droit, mais enfin » … La liberté d’expression, la liberté de penser, c’est très joli, mais il vaut sans doute mieux l’encadrer un peu.

Ça tombe bien. Avec ce qui vient de se passer, de l’encadrement, on va en avoir de grosses louchées.

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Source : http://h16free.com/2015/01/08/36283-je-ne-suis-pas-charlie


Alarmisme climatique : caramba, encore raté !

mercredi 7 janvier 2015 à 09:00

Je crois l’avoir mentionné dans de précédents billets, mais il est parfois nécessaire de le répéter pour bien enfoncer le clou : nous allons tous mourir. Et pour ceux qui veulent vraiment savoir comment, n’imaginez même pas que ce sera suite à une déflation terrible, une hyperinflation carabinée, une crise économique mondiale abominable. Non, rien de tout cela. Nous allons tous mourir, oui, mais de chaud.

C’est dit, c’est écrit, vous le savez, cela a été suffisamment répété et l’année 2015 sera d’ailleurs propice à le rappeler dans tous les médias puisqu’afin de faire oublier ses performances catastrophiques en matière économique, le gouvernement français a tout fait pour (et obtenu que) le prochain grand raout des climato-alarmistes se tienne à Paris, à la fin de l’année. Non seulement, on va donc mourir de chaud, non seulement on va devoir supporter surpopulation et déforestation maousse, non seulement, le peak-oil qui n’en finit pas de ne pas arriver va pointer son nez tout d’un coup, mais en plus, ce sera au milieu des bouchons parisiens dantesques que cette conférence ridicule va inévitablement entraîner.

Time : freezing or warming ?

Vous êtes prévenus.

Rassurez-vous cependant pour ce qui concerne les abominations climatiques : il vous reste encore quelques années avant que la catastrophe soit complète. Cependant, et c’est là que cela devient croustillant, il y a quelques décennies, les mêmes climato-catastrophistes annonçaient déjà que les abominations météorologiques auraient lieu dans quelques années, c’est-à-dire … à présent. Et 2015 était souvent présenté comme une date importante dans ces prédictions qu’il est de bon ton de passer en revue maintenant, histoire de comparer.

Ainsi, l’ONU avait construit de fort jolis modèles climatiques qui prévoyaient tous qu’arrivé 2015, la Terre se serait réchauffée d’au moins un bon degré Fahrenheit (plus d’un demi degré celsius, disons). Las. En ce mois de Janvier 2015, on enregistre officiellement une dix-septième année sans réchauffement. Zut.

Ainsi, le docteur Paul Ehrlich, le président du Center for Conservation Biology à l’université de Stanford aux Etats-Unis, célèbre pour son fameux livre, « La Bombe P » (The Population Bomb) sorti en 1968 et qui prévoyait la catastrophe inévitable due à l’augmentation de la population, écrivait en 1981 un autre livre alarmiste, « Extinction », dans lequel il prévenait que toutes les espèces des forêts tropicales auraient probablement disparu suite aux catastrophes environnementales. À la page 291 de son édition américaine, on peut lire :

« La moitié des populations et des espèces des forêts tropicales humides seront éteintes au début du siècle prochain [dans les années 2000, donc] et auront toutes disparues pour 2025″

Ça fout les miquettes, mais il a cru bon d’ajouter que ses modèles, dans les pires des cas, prévoyaient que l’extinction complète arriverait plus tôt, vers 2010, et que si aucune action n’était tentée, l’humanité ferait face à une catastrophe aussi sérieuse qu’une guerre thermonucléaire complète. Bon. C’est raté, pour le dire gentiment (et c’est tant mieux).

Concernant le pétrole, difficile de ne pas se souvenir des myriades de prédictions affolantes que le siècle précédent et même celui-ci ont produites, et qui aboutissaient toutes à des catastrophes civilisationnelles marquantes à base de Mad Max et autres joyeusetés. Entre les prédictions de Hubbert et celles qui suivirent, on ne manque pas de matière de réflexion voire de rigolade.

peak oil - nope

D’autant que les réserves prouvées s’établissent actuellement autour de 1500 milliards de barils, ce qui laisse un peu de marge (40 années de consommation courante, environ). Autrement dit, les réserves prouvées ont plus que doublé dans les dernières décennies, et les prévisionnistes devront encore repousser d’autant l’apocalypse civilisationnelle promise, ce qui nous promet encore quelques années de débats houleux où ces derniers montreront surtout que s’ils maîtrisent parfois les techniques pétrolières, ils ont bien du mal à comprendre les réalités, économiques celles-là, qui remettent fondamentalement leur raisonnement en cause.

al gore ice cap lieOn pourrait aussi évoquer les prévisions des uns et des autres concernant les glaces arctiques. Nous pouvons revenir sur celles d’Al Gore, Monsieur Prix Nobel, qui insistait pourtant en 2009 qu’au rythme des exactions humaines, on ne s’en sortirait pas indemnes en 2015, comme en témoigne cet article du Huffington Post de décembre 2009. Mais zut alors, la réalité, assez pernicieuse, ne s’est pas pliée aux desiderata du nobélisé. On pourrait évoquer aussi le rapport «Yale Environment 360», de 2012, qui disait :

« Peter Wadhams, qui dirige le groupe Physique de l’Océan Polaire à l’université de Cambridge pense que l’Arctique devrait être complètement dégelé avant 2020 et peut-être même dès 2015. »

Au point le plus bas de 2014, les données recueillies montraient que la glace recouvrait environ 4.4 millions km². Oups. Enfin bon, d’ici 2020, il reste encore cinq années de sursis à ce brave homme.

Et à ce petit passage en revue, on doit bien sûr ajouter les pires prédictions du Jour de la Terre (en 1970) qui, toutes, doivent être maintenant passées au crible de la réalité telle que nous avons pu la vivre et nous la vivons actuellement. La comparaison ne laisse guère de doute : les alarmistes ont eu, constamment, tort.

al-gore-bd-suitPartant de cette constatation, on se demande bien pourquoi tant de monde continue, obstinément, à les écouter. On se demande aussi, en regardant l’historique assez pitoyable de leurs prévisions et la facture particulièrement salée associée au suivi scrupuleux de leurs recommandations assises, finalement, sur du vent, comment le gouvernement actuel peut-il espérer la moindre crédibilité en ouvrant les portes de Paris à la mascarade climatique dont on va nous rebattre les oreilles pendant les prochains mois.

Si l’on factorise de surcroît la raison évidente (bénéficier du buzz médiatique pour redorer l’image calamiteuse de l’exécutif français), l’ensemble de l’opération s’apparente encore à une fumisterie que le contribuable paiera, en pure perte. Et mon petit doigt (assez fiable questions prévisions, lui) me dit que le buzz engendré ne suffira pas à améliorer le bilan du gouvernement. Bref, un bon gros échec global.

En ces temps incertains où le futur, même s’il est plein d’avenir, est tout de même rudement plus complexe à prédire que le passé, il serait nécessaire que nos élites auto-proclamées admettent que les prévisions à plus d’un an, surtout en matière de climat, sont à prendre en toute humilité, celle livrée avec des grandes pincettes qui évitent de se tacher avec de la grosse incertitude crasse. Malheureusement, comme cette humilité et ces pincettes ont été soigneusement rangées au placard par nos politiciens à l’égo surdimensionné, et comme en plus de cela, ces prévisions ouvrent des perspectives intarissables de pouvoir et fournissent une excuse en acier recyclé à carbone compensé pour accroître ponctions et taxes, on aura droit pour encore un bon moment aux interminables gémissements des pleureuses professionnelles gaïa-compatibles.

Au moins pourra-t-on se réjouir des nombreuses prévisions qu’ils nous fourniront encore et des gamelles qu’ils se prendront donc en conséquence.

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Source : http://h16free.com/2015/01/07/36191-alarmisme-climatique-caramba-encore-rate


Pour 2015, un bon bol d’optimisme

mardi 6 janvier 2015 à 09:00

Youpi, 2015 ! Il était temps, l’année 2014, épuisée, n’aurait jamais pu passer le mois de décembre. Et si je dis « youpi », ce n’est pas seulement parce que l’année qui se présente sera remplie de rebondissements rigolos qui mettront, une fois encore, le pouvoir socialiste en difficultés (bien fait pour lui) mais aussi, et c’est bien plus important, parce que chaque année qui passe apporte son lot d’améliorations sensibles à toute l’Humanité.

Ainsi, les mois qui viennent de s’écouler ont déjà apporté des douzaines de petites choses qui, si elles sont consciencieusement passées sous les radars, résolument pessimistes, des médias, n’en constituent pas moins de réels progrès qui permettront à chacun d’entre nous, où que nous nous trouvions sur Terre, d’améliorer notre quotidien.

Bien sûr, les Occidentaux se sont rapidement habitués à ce train-train quotidien de nouveautés introduites plus ou moins vite dans leurs vies. Mais même en étant blasé, difficile de ne pas s’émerveiller des centaines d’inventions, techniques et innovations développées ces douze derniers mois. La liste est longue (et un petit coup d’œil régulier à des sites comme IFLScience permet de s’en convaincre), depuis la colle spéciale pour tissus humains jusqu’aux implants de cornée qui pourront, à terme, faire disparaître les lunettes.

On peut aussi évoquer les progrès enregistrés dans le contrôle automatique des véhicules qui, progressivement, se passent de mieux en mieux de pilotes humains. Il y a bien sûr la voiture autonome, qui promet une révolution dont peu comprennent actuellement l’ampleur et les répercussions et que j’évoque ici et , mais on trouve aussi les mêmes développements pour les avions.

innovation

À ces améliorations évidentes de la sécurité et de la santé, on peut ajouter les innovations diverses, commerciales par exemple (comme la livraison « le jour même ») pour comprendre que même lorsqu’une frange de la population s’emploie à méthodiquement pourrir la vie des autres en les noyant sous des lois, des normes et des ponctions fiscales, le reste de l’Humanité persiste malgré tout à améliorer son quotidien.

Mais ce n’est finalement pas du côté des pays riches que les progrès les plus spectaculaires sont enregistrés chaque année et chaque mois qui passent. C’est dans la discrétion et une bonne dose de système D qu’on trouve les trouvailles les plus marquantes, celles qui vont modifier drastiquement la vie de milliers d’individus et les faire passer d’une situation souvent misérable avec une espérance de vie réduite à une condition plus humaine et des opportunités réelles de développement personnel.

Ici, on peut facilement citer les efforts, nombreux, de fournir des solutions pratiques et bon marché pour la cuisson en milieu fermé, que les solutions traditionnelles rendent délétère par les émanations toxiques (monoxyde de carbone, particules fines). Ce problème est par exemple responsable de plus de morts par an que la malaria, tueuse silencieuse mais pourtant fort efficace (plusieurs centaines de milliers d’individus chaque année).

Un autre problème, récurrent et de mieux en mieux résolu, est celui de l’accès à de l’eau potable. On peut citer les mécanismes simples de distillation et de filtrage d’eau, ou encore le principe « SODIS », qui permet aux habitants de pays richement ensoleillés de désinfecter leur eau de boisson en la stockant dans des bouteilles en plastique exposées plusieurs heures directement au soleil.

Il y a quelque chose d’assez réjouissant de voir qu’un bien de consommation aussi banal, aussi peu cher et aussi répandu que des bouteilles en plastique constitue un moyen efficace d’obtenir de l’eau potable dans des pays où l’infrastructure ne le permet pas aussi facilement et à un prix abordable à la population locale. Il y a, aussi, quelque chose de particulièrement éclairant de constater qu’un bien de consommation ultra-courant, qui, chez nous, n’est plus considéré comme ayant une valeur propre, a trouvé une utilité spécifique et très valorisable : combien d’heures de travail sont ainsi économisées par les individus qui peuvent maintenant boire de l’eau sans danger, s’évitant ainsi les allers-retours coûteux aux hôpitaux et dispensaires lorsqu’avant, une diarrhée carabinée se déclarait ?

De la même façon, comment ne pas se réjouir des bénéfices, immenses, apportés par quelques inventions simples pour transporter l’eau (comme celle du bidon rotatif Wello, par exemple) et qui dégagent un temps considérable aux personnes jusqu’alors occupées à cette tâche épuisante et peu gratifiante ? Comment ne pas comprendre que ces petites améliorations apportent tous les jours un gain énorme pour l’Humanité entière en permettant à un nombre sans cesse croissant d’individus de développer leurs capacités bien au-delà de ce que le même milieu leur permettait il y a seulement douze mois ?

En outre, comment ne pas voir derrière ces inventions le travail de douzaines d’humains innovants, altruistes attirés par le simple bénéfice moral d’une action bienfaisante ou industriels malins comprenant l’intérêt de développer, avec profit, des solutions économiquement viables pour ces individus ? Comment ne pas comprendre que ce sont ces actions, concrètes, qui se reproduisent maintenant tous les jours, et qui sortent, tous les jours des milliers de personnes de la pauvreté et d’un avenir bouché ? Et surtout, comment ne pas trouver dans ces innovations et ces améliorations un réel espoir pour les hommes et les femmes de bonne volonté sur cette planète ?

drastic innovation

Alors oui, bien sûr, la situation économique française va certainement permettre quelques belles pages de pessimisme désabusé, et alimenter ces chroniques de quelques bons mots dont nos politiciens sont les producteurs involontaires et réguliers. Bien sûr, il n’y a pas lieu de se réjouir pour les véritables catastrophes économiques qui se mettent en place et que notre président, tout affairé qu’il est à préparer son hypothétique réélection, va probablement aggraver dans ses agitations pataudes et irréfléchies.

Mais heureusement, le reste du monde continue à tourner. Et à l’aube de cette année 2015, force est de constater qu’il tourne plutôt bien.

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Source : http://h16free.com/2015/01/06/36109-pour-2015-un-bon-bol-doptimisme


Sur internet, souriez : vous êtes fliqués

lundi 5 janvier 2015 à 09:00

Si l’année a changé, les mauvaises habitudes, elles, sont bien restées les mêmes. Pour tenter d’y mettre fin, l’individu lambda se lancera donc dans de bonnes résolutions. Certaines tiendront, beaucoup seront oubliées dans quelques jours. Pour les politiciens en revanche et en particulier ceux qui sont au pouvoir, nulle prise de conscience : les mauvaises habitudes sont bien trop confortables pour qu’on les abandonne ainsi.

Et dans ces mauvaises habitudes, on retrouve en peloton de tête celle qui consiste à espionner tout le monde, ses adversaires et le peuple en premier. La fin d’année, déjà propice à faire passer les informations les plus scandaleuses sans que personne ne réagisse, aura aussi avantageusement été employée à camoufler dans les vapeurs éthyliques les décrets et les lois les plus scélérats.

Alors que 2014 agonisait, c’est ainsi qu’on découvrait par le détail les capacités réelles de la NSA, l’agence d’espionnage américaine, à casser les chiffrements employés par divers procédés. Pour les habitués de ces colonnes et pour les citoyens vigilants de leurs libertés, découvrir que la NSA peut casser assez facilement certains protocoles sécurisés, Skype ou les échanges par Facebook n’est pas une grosse surprise.

Il n’en reste pas moins que ces éléments viennent confirmer que les logiciels comme TOR, GnuPG ou OTR représentent de réelles solutions pour garantir une assez bonne confidentialité de vos échanges d’information, puisque l’agence américaine avoue avoir de bonnes difficultés à casser la cryptographie employée par ces logiciels. En ces temps où, très clairement, l’emprise de Big Brother s’étend un peu partout et surtout bien au-delà d’où on souhaiterait le cantonner, ces éléments vont devenir rapidement des figures imposées.

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Et pendant que beaucoup (pour ne pas dire « tous ou à peu près ») se focalisaient sur les débordements de plus en plus inquiétants de la NSA, le gouvernement français, d’autant plus en catimini que le sujet est sensible et la période propice aux petits coups de pendards, en profitait pour recréer les Renseignements Généraux, pourtant disparus depuis quelques années.

En effet, au détour de l’un de ces énièmes rapports que le citoyen ne peut pas lire tant ils sont nombreux, copieux et amphigouriques, on apprend que vient commodément de voir le jour un Service central de renseignement territorial (SCRT) équipé de tous les attributs habituels d’un outil de renseignement à l’usage du pouvoir en place : des fonctionnaires de police, des gendarmes, des autorisations d’écoutes téléphoniques, et des missions franchement proches des précédents Renseignements généraux, comme la recherche d’informations concernant « tous les domaines de la vie institutionnelle, économique et sociale susceptibles d’entraîner des mouvements revendicatifs ou protestataires »

À ces missions évidemment classiques s’ajoute celle de l’étude et du renseignement lié à la cyber-criminalité, cette dernière étant suffisamment vague et mal définie pour y inclure, en définitive, tous les types d’informations échangées sur Internet qui pourraient intéresser le pouvoir. Bref : si les Américains ont, à l’évidence, mis le paquet pour espionner la planète entière, l’État français n’est pas en reste pour tenter de faire pareil, à son échelle, et au moins sur la population sous sa responsabilité. On le savait déjà, mais le très sobre retour des Renseignements généraux permet de brosser un tableau de plus en plus précis de ce qui se met en place dans le pays, alors que les élections présidentielles de 2017 s’approchent doucement.

government protecting and serving the shit out of youD’autant qu’à cette réintroduction furtive, il faut adjoindre, toujours en tapinois, la publication du décret d’application de l’article 20 de la Loi de Programmation Militaire, dont j’ai déjà parlé dans ces colonnes en 2013 et en 2014. Pour rappel, ce texte prévoit un accès très vaste (trop, en fait) des services de l’État aux télécommunications (téléphone, SMS, Internet) et à toutes les informations qui transitent par les réseaux nationaux, et comme d’habitude, ce sont les prétextes de lutte anti-terroriste qui ont servi pour élaborer un véritable open-bar de la mise sur écoute de tous les Français.

Ce décret permet de donner quelques informations sur la façon dont ces écoutes seront mises en place. En substance, un service spécialisé du Premier ministre en sera chargé en centralisant les demandes des agents et les transmettra aux opérateurs de téléphonie ou internet, en les épurant de toute information sensible. Car si, sur le papier tout du moins, les services de l’État devront justifier leurs requêtes auprès du Premier ministre (via une « personnalité qualifiée »), ces justifications ne seront pas disponibles aux opérateurs et les fournisseurs d’accès ne sauront même pas de quel service ou ministère émane une demande, ni à quelle date elle a été formulée.

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Quant à la formulation de ce qui pourra être demandé et « intercepté » (« informations ou documents traités ou conservés par les réseaux ou services de communications électroniques, y compris les données techniques relatives à l’identification des numéros d’abonnement ou de connexion à des services de communications électroniques, au recensement de l’ensemble des numéros d’abonnement ou de connexion d’une personne désignée, à la localisation des équipements terminaux utilisés ainsi qu’aux communications d’un abonné portant sur la liste des numéros appelés et appelants, la durée et la date des communications »), elle est si vaste qu’elle laisse toute la place nécessaire à toutes les dérives possibles et imaginables. Et comme l’histoire nous l’a prouvé, si la dérive est possible, elle aura très probablement lieu.

D’ailleurs, vu les contre-mesures timidement mises en place (la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, sans aucun pouvoir de sanction réel), et le flou qui règne sur la régulation qui devrait pourtant entourer d’aussi libérales facilités offertes à l’État pour espionner ses petits citoyens, ces dérives seront non seulement possibles, mais elles seront inévitables.

Non, vraiment, cette période de fêtes de fin d’année fut particulièrement riche pour l’État Big Brother. Dans le silence assourdissant des grands médias, les politiciens qui nous dirigent se sont généreusement octroyés de belles parts de notre liberté, et notamment la plus fondamentale d’entre elles : celle de pouvoir conserver son intimité.

À ce titre, l’année 2015 commence sur les chapeaux de roues !

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Source : http://h16free.com/2015/01/05/36125-souriez-vous-etes-fliques


Pourquoi je refuse la Légion d’Honneur – Lettre ouverte à l’AFP et au monde entier en toute modestie

dimanche 4 janvier 2015 à 11:00

Décidément, les exercices de communication gouvernementaux ont bien du mal à se dérouler comme prévu. Après des vœux présidentiels, peu suivis et tenus derrière un bureau aussi vide et lisse que le bilan de l’exécutif, qui ne laissèrent qu’un goût fade dans la bouche des rares téléspectateurs, la distribution de hochets officiels de la République citoyenne et résolument festive termine sur un beau couac.

En effet, comme il est de tradition à l’orée d’une nouvelle année, le gouvernement a publié de façon très officielle sa liste de nouveaux nominés pour la Légion d’Honneur. Surprise : dans la brouettée de cette année se trouve Thomas Piketty. Surprise supplémentaire : il l’a refusée, bruyamment.

Pour la première surprise, elle provient non du fait de la présence de Piketty (la Légion d’Honneur Française étant maintenant distribuée à n’importe qui, même sans aucun rapport ni avec l’Honneur, ni avec la France – pensez donc, même François Hollande ou Nicolas Sarkozy l’ont eue), mais bien de celle de Jean Tirole qui, lui, a tout de même été reconnu par ses pairs en économie. Là où celle de Tirole ne paraît pas inappropriée (après tout, les nobélisés français sont assez peu nombreux), par contraste, la médaille de Piketty ressemble ici vraiment à un lot de consolation, petite sucrerie de l’entre-soi français destinée à calmer la tristesse qui pourrait toucher l’économiste approximatif qui, bien qu’ayant vendu des millions de livres (lus à 2.4% en moyenne), n’en est pas moins copieusement démonté par tous ses confrères un peu compétents.

piketty et ses erreurs

La seconde surprise, elle, est bien plus intéressante puisqu’elle illustre un magnifique ratage de communication de l’équipe hollandiste, ainsi que l’état avancé de confusion générale qui règne chez les tenants d’un socialisme détendu de la dépense et de la folie taxatoire.

Pour ce qui est du ratage communicationnel, il est maintenant évident devant le nombre d’articles (ce billet y compris) consacré au refus de l’économiste. La presse (et d’autres blogueurs) ont donc déjà largement écrit ce qu’il fallait pour resituer tant le contexte de la nomination que de son refus. Ratage communicationnel d’autant plus fort que le gouvernement ne se sera pas contenté de « prendre acte » : on pourra ainsi facilement pouffer en lisant les réactions offusquées de son porte-parlote, toujours aussi fin dans ses réactions, qui s’étonne du refus de l’économiste.

Il n’en reste pas moins que, sur le fond tout du moins, Piketty a raison à deux titres : d’une part, il aurait été malin, pour ne pas dire stratégique (sans même faire entrer en ligne de compte la plus élémentaire courtoisie) de consulter le nominé avant que tout ceci soit officiel. Cela aurait évité la boulette, d’autant que sa gestion, maintenant, est plutôt foireuse. D’autre part, Piketty n’a pas tort de s’abstenir de mêler son nom à celui d’une institution qui compte dans ses rangs un fatras assez consternant de personnes dont l’honneur ou la probité sont, pour le dire gentiment, ouverts à débat, comme le fait judicieusement remarquer un célèbre blogueur.

odieuxconnard - légion d'honneur

Maintenant, il reste la forme avec laquelle notre petit bricoleur d’économie aura fait connaître sa position. Et c’est là qu’on découvre la confusion que j’évoquais il y a quelques paragraphes ci-dessus. Piketty, apprenant sa nomination — par voie de presse ? — s’est empressé de contacter l’AFP pour bien faire connaître, au maximum de monde, ce pourquoi il revendiquait bruyamment ne pas vouloir du hochet honorifique :

« Je viens d’apprendre que j’étais proposé pour la Légion d’honneur. Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable. Il ferait bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe ».

Et là, on ne peut s’empêcher de noter que si, sur le fond, Piketty veut sauver son honneur en évitant d’être inséré de force dans l’actuelle coterie de membres douteux de cette Légion, ce qu’on peut comprendre, la façon très peu honorable avec laquelle il s’efforce d’expliquer sa position ruine toute crédibilité de son geste. Il pouvait refuser poliment. Il pouvait refuser discrètement. Il pouvait refuser sans émettre une opinion sur l’occupation actuelle du gouvernement. Cela aurait pu passer pour honorable.

Mais non. D’autant plus qu’il s’est mis à réclamer que ce gouvernement se consacre (encore plus, donc) à fourrer ses doigts dans l’économie française pour tenter de la relancer, alors que c’est précisément son intervention massive, effrénée et désorganisée qui a mis le pays dans l’état où il est actuellement, et, pire encore, que cette intervention massive suit assez bien les grandes lignes que lui, Piketty, avait pu dresser lorsqu’il fut conseiller de la future-ex tout, Ségolène Royal, et ensuite, lorsqu’il était encore acoquiné avec François Hollande, futur mou – après tout, on retrouve bien « pour une révolution fiscale » dans le fatras de proposition du candidat François, et elle ne sort pas de la tête d’un autre que Piketty…

Voilà qu’il fait preuve d’une belle confusion. Confusion qu’il étale, du reste, dans l’ouvrage qui lui a valu, justement, la douteuse distinction. Il est ainsi piquant de constater que Piketty refuse d’être adoubé par ceux-là même qui trouvent son ouvrage si puissant et si grandiose et qui tentent de faire tout ce qu’ils peuvent pour, justement, réduire les inégalités que l’auteur dénonce avec la subtilité d’un hippopotame dans une fabrique de porcelaine au cours des 970 pages de son gros ouvrage.

Bref : il est très amusant de constater que le socialiste Piketty, proposant des « solutions » parfaitement socialistes à un « problème » qu’il a lui-même analysé tout seul comme un grand (mais de travers), se trouve adoubé par des socialistes qui, flûte alors, n’obtiennent pas son approbation, probablement parce qu’ils ne sont pas assez socialistes à son goût (ou pas comme il faut).

En outre, Piketty ronchonne sur un gouvernement qui décide de ce qui est honorable ou pas, mais ne ronchonne absolument pas d’un gouvernement qui décide de qui est riche ou pas, de ce qui doit être « égalisé » par la taxe ou pas, ce qui doit être régulé ou pas, ce qui doit être redistribué ou pas. Que voilà ronchonnement bien sélectif et bien pratique !

Au final, toute cette affaire, finalement assez microscopique, ne peut s’empêcher d’exhaler les pesants fumets d’un nouveau règlement de comptes entre différentes factions socialistes. Il y a fort à parier que Piketty ne fasse guère autre chose ici que renvoyer la monnaie de sa pièce au gouvernement ou à un François Hollande qui n’ont pas cru nécessaire de l’accepter dans leur sérail. Quant à la jolie cacophonie médiatique qu’on observe, elle nous donne une image assez fidèle de l’état des institutions françaises en général et de la Légion d’Honneur en particulier.

socialism for the rich capitalism for the rest

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Source : http://h16free.com/2015/01/04/36162-pourquoi-je-refuse-la-legion-dhonneur-lettre-ouverte-a-lafp-et-au-monde-entier-en-toute-modestie