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La curieuse conception française de la propriété privée

mercredi 3 septembre 2014 à 09:00

En France, ce qui est à l’État est, définitivement, à l’État, sans discussion. Et ce qui est à vous est négociable. Tous les jours qui passent apportent une preuve flagrante de ce fait simple et un tantinet terrifiant qui règle la vie dans le pays et qui explique pourquoi, petit-à-petit, il court à la catastrophe dans des piscines de guimauve.

Tenez. Prenez par exemple ce brave Manu Macron, l’actuel dépositaire du maroquin anciennement détenu par Nono la Bricole. Toute la presse s’est mise d’accord, tous les journalistes ont acquiescé et toutes les fines études chimiques l’ont prouvé : lorsqu’on plonge un petit échantillon du ministre dans un soluté de sulfite d’Hayek, il se développe rapidement un dépôt caractéristique de capitalisme colloïdal qui prouve de façon certaine que le ministre est à cathode turbolibérale, et anode socialiste. C’est magique.

oooh filocheC’est donc avec cette donnée essentielle qu’on analysera ses dernières déclarations au sujet, justement, des entreprises. Pour lui, c’est évident, il n’est pas interdit d’être « de gauche et de bon sens », ce qui est probablement une excellente nouvelle, que dis-je, un soulagement pour tous ceux qui, jusqu’à présent, bien que de gauche, refusaient peureusement de s’exprimer en laissant toute la place aux débris communistes à la Filoche, et pourront, on n’en doute pas, pousser un soupir et enfin prendre la parole dans le pays. Nous attendons le déferlement de leur parole (de bons sens) avec impatience.

En attendant, la parole, c’est Manu Macron qui l’a et qui colporte la bonne nouvelle pro-business à qui veut l’entendre. Et ça donne ceci :

« L’entreprise est le cœur de notre économie, c’est elle qui emploie, exporte, innove. Et la SCOP illustre très bien l’idée que je me fais de l’entreprise : une collectivité humaine qui est aussi la propriété de ceux qui la font. »

Vlan. Emballez, c’est pesé, tout est bien résumé : une entreprise, ce n’est pas le résultat de la prise de risque d’un capitaliste, ce n’est pas la propriété d’une personne ou d’un groupe de personnes qui vont mettre en commun leurs ressources financières, de temps et de compétences, mais c’est aussi la propriété de ceux qui y travaillent tous les jours. L’idée de l’entreprise pour Macron, c’est la SCOP, pas l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limité, la société anonyme ou la SARL. Ce n’est pas l’artisan et son atelier, mais c’est ce grand tout collectif où tout le monde est à la fois salarié et actionnaire et dans lequel tout se termine toujours en chansons.

hamon - economie socialistePour notre ministre turbo-libéral, qui marquerait à lui seul le coup de barre définitif et violent du gouvernement vers les eaux mouvementées du socialisme de marché avec des bouts de capitalisme dedans, cet aveu ressemble beaucoup soit à un gros bobard sucré pour endormir les plus dogmatiques de ses camarades, soit à une confession de foi navrante sur sa conception du monde du travail, conception qui n’est en réalité pas franchement partagée par le reste des Français…

Car rappelez-vous : ce n’est pas la première fois qu’on parle de SCOP et autres coopératives au niveau des ministres français. Les précédentes tentatives étaient par exemple l’objet des petites agitations médiatiques de nul autre que Benoît Hamon, dont le dogmatisme, pour le coup, cadrait très bien avec l’amour affiché de ce genre de structures. Mais malgré toutes les incitations françaises à utiliser ce mode alternatif de propriété industrielle ou commerciale, les SCOP, en France, ne représentent qu’une extrême minorité des structures en place.

Et s’il est louable et souhaitable que SCOP et COOP existent (après tout, pourquoi pas ?), leur nature parfaitement anecdotique dans le paysage entrepreneurial français devrait indiquer aux ministres qu’aussi parées de vertus soient-elles, ces structures n’intéressent pas les entrepreneurs, les salariés, les industriels ou les commerçants. L’idée que Macron se fait de l’entreprise est donc particulièrement biaisée ou particulièrement bidon. Parce qu’il n’est en poste que depuis une semaine, je vais prudemment écarter l’idée que Macron croirait réellement à ce qu’il raconte, et opter pour un petit pipeau consensuel de sa part, tant le côté baratineur d’un ministre est, quasiment, un prérequis pour le poste. L’avenir nous permettra de trancher. Notez que si le pire n’est pas certain, il n’est pas impossible.

macron le social liberal

Et ce comportement, qu’on trouve donc au plus haut niveau de l’État pour les entreprises, est répliqué de façon similaire dans d’autres domaines et à d’autres niveaux. Le cas le plus flagrant (et le plus amusant) actuellement est celui des loyers, dont plusieurs maires se sont emparés pour rappeler à tous que là aussi, ce qui est à vous est ouvert à négociation.

On se rappelle en effet que la loi ALUR, navrant dérapage législatif en rase campagne qui s’était terminé par l’attelage ministériel de Duflot retourné dans la glaise fraîche, envisageait très sérieusement un bon gros contrôle des loyers, façon bombardement. Effroi des investisseurs. Contraction des commandes. Réflexe glutéal massif des constructeurs et, par voie de conséquence, du gouvernement qui sent que lorsque le bâtiment ne va pas, ça va moyen moyen pour tout le reste et qu’il vaut mieux détricoter tout ça bien vite. Ce fut donc sans surprise que Valls, armé d’une petite paire de ciseaux (à peine usagée par une réforme territoriale décidée sur le pouce) s’est donc décidé à découper les morceaux les plus croustillants de ce qu’on appellera désormais la Performance Duflot.

Aubry a la pêche !Rigolisme et blague pouët-pouët, certains maires, malins comme un fil à couper de l’eau chaude, ont finalement décidé que les petites manœuvres du premier ministre ne changeraient rien à leur belle détermination à imposer cette lumineuse idée de contrôle des loyers dans leur ville. Paris, qui devait être l’unique ville d’expérimentation de cette thérapie mortifère, est rapidement rejointe par Lille, dont la maire calculatrice sent qu’elle a là l’occasion de se payer une tranche de fun politicien à bon compte électoral, puis par Grenoble, et que Marseille semble sur le point d’en faire autant.

La suite, on peut la deviner : comme toutes les expériences passées de contrôle des loyers, et, plus généralement, tous les précédents contrôles des prix, le résultat sera catastrophique, allant de la pénurie de biens à la déliquescence de ceux qui existent, et une paupérisation galopante des quartiers de centre ville. Ceux qui le pourront vendront aussi vite que possible, les autres subiront une perte douloureuse. Les problèmes de logement ne seront pas résolus, du tout, par cette mesure liberticide et en seront même aggravés. Rassurez-vous, le coupable est déjà connu : ce sera Macron l’ultra-libéralisme sauvage, et l’avidité sans borne des propriétaires privés.

Honteuse propriété privée qui interdit aux plus faibles de se loger ! Il fallait bien que l’État intervienne pour remettre de l’ordre, voyons ! Après tout, cette propriété n’est pas si privée puisque l’état peut influer, décider à la place de ceux qui se sont directement investis dedans (que ce soit l’immobilier ou l’entreprise ou n’importe quoi d’autre), non ? Alors, pourquoi ne pas imposer les SCOP ? Pourquoi, au lieu de ne laisser cette panacée qu’aux grandes villes françaises honteusement favorisées, ne pas réguler tous les loyers, partout en France ?

Allons, continuons à combattre cette odieuse propriété privée ! Tous ensemble, on peut y arriver. À nous les lendemains qui chantent !

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Source : http://h16free.com/2014/09/03/33173-la-curieuse-conception-francaise-de-la-propriete-privee


L’école à rythme forcé et pas cadencé

mardi 2 septembre 2014 à 09:00

Et voilà, les petites têtes blondes rentrent à l’école ! C’est magique, c’est Septembre, c’est un marronnier et je vais y cueillir quelques fruits, amers, même si, soyez-en sûrs, cette rentrée sera présentée comme un succès. Car comme par hasard, elle se sera officiellement bien passée, d’une part parce qu’une rentrée se passe toujours bien, et surtout parce qu’elle a été préparée par Benoît Hamon pendant son court passage en poste, pendant les vacances scolaires, ce qui est un gage évident de qualitäy. Le stagiaire de l’EdNat étant parti, c’est l’ex-porte-parlote qui récupère le projet et doit donc se farcir la réforme qui fut mise en place. On frémit d’aise.

Cette réforme (Encore une ! Youpi !), réclamée à cors et à cris par tout le monde depuis des années (mais si, mais si, youpi, vous dis-je) permet, par le truchement d’une adaptation fine des rythmes d’enseignement aux horloges biologiques des millions de petits branleurs élèves dont l’Éducation Nationale s’occupe tous les ans, de faire de nos petits suceurs de jeux vidéos de vraies flèches en matière de français, d’histoire, de géographie, de mathématique et de sciences, en réduisant le temps passé à ces matières et en utilisant celui dégagé à d’autres expériences pertinentes comme l’athlétisme des animaux, pelotes de chouette ou de hibou, les sports de l’esprit (dames, échecs), les activités du cirque ou la poterie comme autrefois (activités authentiques glanées sur internet). Je sais, dit comme ça, c’est paradoxal, mais comme ça se traduit par les excellents résultats aux tests internationaux (PISA en tête), le paradoxe n’est qu’apparent ahem brm kof kof bref.

éducation ennuyeuse

Moyennant quoi, on va répartir les horaires différemment, en saupoudrant de façon plus ou moins heureuse les activités strictement scolaires et les activités périscolaires, périgolotes et parfois périlleuses, selon le cas. Et pour le reste, on trouvera bien à occuper les enfants qui, on le sait, s’adaptent à tout moyennant la bonne dose d’anxiolytiques. Quant aux problèmes organisationnels engendrés, eh bien les communes devront s’adapter avec le talent qui leur est propre. La deuxième ville de France, Marseille et ses plus de 400 écoles, pédalera âprement dans la purée de poix administrative et organisationnelle mais saura compter sur l’indéboulonnable sourire de la ministre qui apportera, on en est sûr, un réconfort certain aux parents, aux enseignants et au maire concerné. En outre, comme l’État distribue 50 euros par élève pour ces activités périscolaires, c’est donc qu’on pourra les mettre en place, que tous pourront participer et qu’il y aura, même dans les petites communes, le matériel, les locaux et le personnel pour aboutir au résultat souhaité, très clairement défini, avec des indicateurs, des objectifs clairs et des mesures de réussite établis longtemps à l’avance. Youpi.

Tout ceci sent bon le projet d’envergure pensé avec soin, non ? Dès lors, peu importe que les parents soient majoritairement (60%) opposés à ces rythmes. Ces gros paquets de réactionnaires intégristes des méthodes syllabiques et autres enseignements poussiéreux des années 70 et avant n’ont juste pas compris ce qui est bon pour eux et leur progéniture, voilà tout.

De toute façon, la nouvelle ministre, à la fois une femme et la plus jeune à ce poste important (gage de qualitäy, encore une fois), s’est engagée personnellement pour que ces fameux rythmes soient respectés. Et comme il pourrait y avoir des frictions, elle a rappelé, avec toute la douceur qu’on lui connaît, qu’il n’y aura aucune dérogation, qu’aucune exception ne sera tolérée et que ces nouveaux rythmes scolaires seront appliqués, schnell et über alles ! Et tant pis pour les quelques communes, peu nombreuses, qui récalcitrent à plein tuyaux : au pire, les préfets interviendront directement à la place des maires, on enverra des tanks et voilà tout.

« Je le dis, il y a une obligation scolaire, il faut que les communes respectent la loi et nous ne tolèrerons aucune exception. »

najat vallaud belkacem - keine ausnahme

Ah oui, cette fameuse obligation scolaire, qui était, jadis, l’obligation d’instruction, rapidement renommée en obligation d’éducation, et que notre ministre semble avoir changé en une obligation d’aller à l’école qui n’existe pas. En somme, non seulement l’école est devenue obligatoire (youpi ?), mais, avec ces nouveaux rythmes plein de vertus qui imposent d’occuper les enfants autrement, les activités périscolaires deviennent à leur tour un passage obligé. Pas obligatoire, officiellement, mais difficilement évitable.

Et peu importe leur coût économique. Peu importe encore plus leur coût sur l’instruction dispensée aux enfants. Les 45 minutes rognées ici et là tous les jours pour aboutir à cette nouvelle organisation n’auraient de toute façon jamais été employées pour travailler l’écriture, la lecture et le calcul. Par exemple, alors que le nombre de dictées hebdomadaires, en primaire, n’arrête pas de chuter et qu’en conséquence, le niveau général d’orthographe de nos chères têtes blondes se rapproche dangereusement de l’optimum Twitter (nécessaire à toujours faire tenir sa pensée en 140 caractères), le nombre d’heures passées à des activités ludiques, décoratives, créatrices et patamodelesques continue gentiment de croître, permettant ainsi à des armées de petits artistes de venir grossir les rangs des collèges « uniques », marque de fabrique emblématique de la République Égalitariste Française et totem indépassable d’une conception sociale si délicieusement eighties et dont les effets, bien palpables actuellement, peuvent sans souci se ranger dans la catégorie des réussites flamboyantes. Youpi, derechef.

Bref, comme pour tout le reste, c’est « business as usual ». Moyennant quelques ajustements marginaux qui seront montés en épingle pour montrer l’extraordinaire capacité d’adaptation du gouvernement et de son administration aux désirs des uns et des autres, ce qui a été décidé continuera exactement comme prévu. Et alors qu’un nombre maintenant important de parents et de personnels enseignants se sont déclarés assez défavorables à la réforme, qu’à l’évidence, cette dernière n’apporte en réalité aucun bénéfice palpable et, surtout, n’était clairement pas dans les priorités de bon sens qu’un gouvernement devait s’imposer, l’Éducation Nationale a décidé qu’il en serait ainsi, point final. Après tout, comme il y a eu une réforme pour à peu près chaque ministre en place, pourquoi Peillon n’aurait-il pas eu la sienne, aussi néfaste soit-elle ?

Et puis, ces bricolages, ces changements permanents, ces réformes bidons occupent les esprits et, à défaut de soigner les écrouelles, éloignent les soucis de trop penser à l’essentiel. Ainsi, l’idée même que les écoles, les collèges, les lycées pourraient, tous, offrir des cursus, des horaires et des organisations différents les uns des autres, l’idée que les parents pourraient choisir entre les établissements, et s’affranchiraient ainsi d’une carte scolaire qui n’existe pas mais qu’on doit respecter si on ne connaît pas les bons réseaux, l’idée que les impôts qui servent à payer toutes ces frasques pourraient donner un droit de regard, même modeste, sur l’éducation de ses enfants, toutes ces idées-là ne sont toujours pas dans les têtes des contribuables et des parents, dans les programmes politiques présents et futurs, ni dans les habitudes mêmes.

Najat Vallaud-Belkacem, avec ses dernières déclarations, montre à la perfection ce que l’institution attend de ceux qu’elle entend diriger : une obéissance, une conformité totale avec les comportements attendus. Les parents, devenus simples géniteurs de futurs citoyens, ne sont même pas des variables d’ajustements dans le grand tout. Le marronnier de la rentrée est en place, celui de la réforme se faufile, et dans quelques semaines, avec un peu de chance, on sera passé à autre chose. Et dans quelques mois, une nouvelle réforme s’imposera, d’elle-même, à tous.

Vous verrez, ce sera génial. Youpi.

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Source : http://h16free.com/2014/09/02/33153-lecole-a-rythme-force-et-pas-cadence


Faut-il qu’un Chinois rappelle les fondamentaux économiques aux Français ?

lundi 1 septembre 2014 à 13:00

À l’occasion des université d’été du MEDEF tenues récemment, l’ancien ambassadeur de Chine en France, Wu Jianmin, s’est fendu d’un commentaire assez éclairant sur la façon dont sont perçus l’entreprise et l’entrepreneur en France, en comparaison de la Chine. Son commentaire sur les 35 Heures, notamment, est assez croquignolet.

Je vous laisse le découvrir dans la vidéo suivante.

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Source : http://h16free.com/2014/09/01/33140-faut-il-quun-chinois-rappelle-les-fondamentaux-aux-francais


Vers une déflation de l’immobilier ?

lundi 1 septembre 2014 à 09:00

Parfois, tout se déroule (mal) exactement comme prévu. La loi ALUR, la production baroque et foutraque d’une Cécile Duflot en roue libre, en est un exemple flagrant, depuis sa conception, résultat navrant d’une soirée trop arrosée et de la catastrophique absence de protection que procure la compétence, jusqu’à son ignoble avortement au cintre gouvernemental auquel le peuple français est actuellement convié, caméras et micros à l’appui.

Il y a quelques mois, je notais en effet que cette loi, emblématique du dogmatisme indécrottable des élus socialistes lorsqu’il s’agit de réguler la vie de leurs concitoyens, allait subir le détricotage méticuleux du gouvernement pour réduire l’ampleur du désastre immobilier actuel.

parcours institutionnel - étape finaleCe n’était, du reste, pas trop dur à prévoir : comme je l’expliquais alors, la situation du marché immobilier en France est particulièrement tendue, et la pauvre Duflot est arrivée avec sa loi au plus mauvais moment. D’une certaine façon, elle n’a fait qu’accroître une déconfiture qu’on sentait déjà inévitable, et ses bricolages législatifs sont simplement venus s’ajouter à un marasme qui s’installait doucement. De ce point de vue, difficile de rendre responsable la pauvrette de l’intégralité de la déroute que l’immobilier français subit actuellement.

Il n’en reste pas moins qu’en proposant, à ce si mauvais moment, une batterie de dispositions très déséquilibrées en faveur d’un locataire par ailleurs fort choyé par les précédentes lois, qu’en laissant la ministre établir un ensemble de dispositifs plus ou moins complexes (pour ne pas dire incompréhensibles), qu’en ajoutant à ces déséquilibres et ces complexités inutiles une écriture législative chaotique qui aura provoqué des allers-retours consternants et une bonne dose de rigolade des observateurs extérieurs, Duflot aura tout même participé à l’état actuel du secteur, participation dont elle ne pourra pas s’exonérer, même si elle n’est plus aux commandes de son usine à gaz hilarants.

En conséquence, on s’amusera de lire les tentatives d’une certaine presse de dédouaner la ministre du fiasco mémorable de cette loi, pendant que l’actuel gouvernement en laisse progressivement tomber les articles les plus controversés, et on pourra répondre à la titraille perplexe (« la loi Duflot responsable de tous les maux ?) de façon lapidaire : bah non, c’est évident… Mais.

Mais il est difficile d’oublier que l’immobilier est un achat très particulier, assez loin des cacahuètes d’apéritif ou même de celui d’une automobile puisqu’en pratique, le logement constitue pour beaucoup le principal patrimoine qu’une génération lègue à la suivante. À cette aune, l’achat immobilier comprend une très forte composante psychologique, comme la capacité à se projeter dans l’avenir et le confort (réel ou perçu) qu’offre le matelas de trésorerie disponible amené dans la transaction.

Pour la première, on avouera que les changements législatifs et fiscaux permanents rendent toute planification budgétaire particulièrement ardue, d’autant que ces modifications engendrent une complexité de plus en plus imperméable à toute compréhension. Pour la seconde, avec des salaires qui augmentent beaucoup moins vite que les ponctions, l’envie de rogner sur le matelas, quelle qu’en soit l’épaisseur, s’amenuise à mesure que les nuages s’accumulent.

maison de biloute

Compte-tenu de tous ces éléments, il était donc assez logique que le marché immobilier se congèle et qu’à la faveur du dernier remaniement, Valls tente des trucs et des machins pour remettre un peu d’huile dans un moteur passablement serré. Il n’est pas interdit d’imaginer qu’il y aura un effet positif (au moins psychologique), mais toutes proportions gardées, je crains, tout comme d’ailleurs Vincent Bénard, que ces derniers bricolages ne changent pas grand-chose à la situation globale.

En effet, outre les problèmes déjà évoqués ci-dessus, la tendance économique est, très clairement, à la déflation. Celle-ci, résultat de dizaines de millions de décisions individuelles de baisse de consommation, de diminutions et de reports d’investissement, est une tendance suffisamment massive pour que les efforts frénétiques des dirigeants politiques pour relancer l’inflation ne se traduisent par à peu près aucun résultat tangible. Ce qui, concrètement et à périmètre de mesures constant, va se traduire à moyen terme par une baisse des prix générale, à commencer par celle de l’immobilier.

De façon étonnante, les mesures Valls visent essentiellement à « soutenir le marché », c’est-à-dire tout faire pour que suffisamment d’acheteurs se présentent en face des vendeurs, suffisamment de permis soient émis, suffisamment de prêts soient contractés, bref que les prix restent haut. Or, si l’immobilier est un bon investissement pour se protéger contre l’inflation, en période de déflation, c’est loin d’être le cas ; dans ce cadre, pourquoi le gouvernement incite-t-il à une démarche économiquement douteuse ?

En outre, on doit se demander pourquoi une baisse des prix de l’immobilier semble à ce point gêner ce gouvernement en particulier et l’État en général. Jusqu’à preuve du contraire, le gouvernement devrait plutôt se battre pour une augmentation du pouvoir d’achat, ou, à tout le moins, une baisse des prix. Puisqu’apparemment, les salaires refusent actuellement de monter, peut-être un ajustement par des baisses de prix est-il nécessaire ? Difficile, alors, de comprendre les gesticulations de Valls (et, précédemment, de Duflot et de tous les autres ministres qui se sont succédé pour maintenir le secteur immobilier aussi haut que possible).

En réalité, pour le gouvernement, accepter que les prix baissent dans l’immobilier, c’est accepter l’échec patent de leur politique menée jusqu’à présent pour maintenir les prix hauts, avec l’argent du contribuable ou toutes les bidouilles fiscales possibles et imaginables. C’est aussi accepter que les forces du marché, ici déflationnistes, sont plus fortes que les décisions prises à la tête de l’Etat ou d’une banque centrale et c’est aussi montrer, implicitement, que des millions de décisions individuelles ont plus d’impact que les décrets plus ou moins malins d’une petite caste.

Enfin, l’arrivée de la déflation (notamment immobilière parce que les volumes transactionnels sont massifs) retentit comme un coup de sifflet désagréable de fin de partie où les politiciens et les capitalistes de connivence, corrompus à l’argent facile, voient arriver un retournement de tendance plus fort qu’eux. La déflation, c’est surtout l’enquiquinant retour à la réalité économique où un prêt doit être remboursé le plus vite possible. Et avec une dette énorme, l’hippopodette que la France a nourrie les 40 dernières années, la déflation signifie de gros soucis budgétaires à brève échéance.

L’immobilier baisse. C’est, quoi qu’on en dise, une excellente nouvelle pour les Français, surtout parce que c’en est une mauvaise pour l’État.

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Source : http://h16free.com/2014/09/01/33111-vers-une-deflation-de-limmobilier


Éviter la catastrophe ?

dimanche 31 août 2014 à 11:00

La croissance, décidément, n’arrive pas, et tout indique qu’elle ne viendra pas. Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, la situation française, économiquement désastreuse, pourrait constituer une réelle opportunité pour le nouveau gouvernement.

En effet, ce dernier n’a, à l’évidence, plus franchement de marges de manœuvre, ni en matière de recettes, ni en matière de dépenses. Augmenter les impôts semble impossible, d’autant que l’écart entre les recettes prévues et celles effectivement perçues grossit, et pas dans le bon sens. Effet Laffer, déflation, évasion fiscale massive, marasme économique, chatons mignons pas correctement alignés avec les planètes, peu importe la raison profonde : l’argent ne rentre plus aussi facilement dans les caisses. Flûte.

Pour les dépenses, elles augmentent autant du côté des comptes sociaux (le nombre de chômeurs refusant toujours aussi méchamment de baisser et les étés pas assez chauds ne moissonnent pas leur nombre de retraités) que des autres comptes publics, les vieilles habitudes de dépense étant les plus dures à calmer. Zut.

Quant à la dette, y recourir de façon trop visible, même si les taux sont au plus bas, comporte à la fois un risque politique (auprès des partenaires européens) et un risque économique (parce qu’il faut bien trouver des prêteurs, hein). Crotte.

Des réformes parce qu’il n’y a plus rien à perdre ?

D’un autre côté, dans cette situation, et avec une opinion publique extrêmement défavorable, le gouvernement n’a plus rien à perdre non plus. On peut même imaginer que, foutus pour foutus et ayant déjà frotté leurs fesses sur le crépi blessant du mur de la réalité, les membres du gouvernement ravalent leur fierté et leurs idées socialistes pourries et se mettent, réellement, à réformer pour de bon, en profondeur et structurellement. Dans cette hypothèse, l’arrivée d’un Macron prétendument libéral constituerait ainsi la première pierre d’un édifice de « refondation française ».

Certes, quand on voit les performances actuelles du bâtiment, on peut pouffer, mais admettons cette hypothèse hardie et admettons que la situation actuelle représente bien une opportunité. Quels sont alors les risques qu’on peut poser en face de celle-ci ?

le honzec - la domination libéraleLe premier d’entre eux se situe dans l’hémicycle. Potentiellement, les députés pourraient refuser de suivre Valls et Hollande dans leur « course folle vers le turbolibéralisme ». Après tout, correctement coachés par une presse qui a déjà décidé que le nouveau gouvernement est honteusement de droite, imaginer les députés fermer leurs petits poings et s’offusquer n’est pas difficile.

Cela entraînerait à terme la dissolution de l’Assemblée … Ce qui mettrait un paquet de députés en difficultés. Et comme la soupe est (très) bonne, cette dissolution apparaît donc peu probable (en tout cas, dans l’état actuel des choses). La Vème République peut soutenir assez longtemps un marasme politique et l’hypothèse de députés renonçant finalement à grogner trop fort n’est pas non plus si invraisemblable. Après tout, des mouvements de députés inquiets à l’idée de ne pas soutenir Hollande se font déjà entendre. De ce point de vue, il existe donc un chemin étroit qui permet à l’exécutif de ménager la chèvre et le choux, d’établir des compromis mollasson en demi-teintes dans lesquels Hollande excelle. C’est un chemin très étroit, qui donne à la fois des billes rhétoriques aux députés qui voient leur base gronder, mais qui permet d’avancer dans des réformes, aussi modestes soient-elles.

Évidemment, cela demande un doigté extrêmement subtil. Peut-on réellement estimer que Valls ou Sapin en auront suffisamment ? Ou le petit Macron ? En tout cas, il faudra faire preuve d’une extraordinaire discrétion, soit exactement le contraire de ce que, de l’autre côté, les clowns à gauche à la sauce Montebourg peuvent se permettre. Autrement dit, d’un côté, l’exécutif doit se faire aussi discret que possible, alors que de l’autre, les frondeurs et les dogmatiques ont tout intérêt à se faire aussi bruyants qu’ils le peuvent. C’est fort problématique parce que le soutien du peuple s’obtient d’autant plus facilement qu’on n’est pas au pouvoir et qu’on peut y promettre une prochaine distribution de bonbons. À cet aune, et si l’on factorise le soutien putassier de la presse, Montebourg, Mélenchon et les autres débris dogmatiques du socialisme poussiéreux des années 80 auront toujours un soutien plus franc que le pauvre gouvernement Valls.

En outre, un autre risque évident est le temps mis aux réformes pour porter. Plus elles prendront de temps, moins les effets se feront sentir, plus la France paraîtra ralentir ou reporter sa mutation et son adaptation à un contexte macro-économique défavorable. Qu’il n’y ait pas de croissance n’est, en soi, pas gênant. Le Japon s’est accommodé de plusieurs décennies d’immobilisme. En revanche, les créanciers de la France, qui sont majoritairement étrangers, risquent bien de trouver le temps long. Oui, le chemin, dans cette hypothèse, est très étroit, et en plus, il impose que les éventuelles réformes ne soient pas trop timides.

En définitive, si Hollande veut réformer, il va lui falloir le faire de façon discrète et profonde, visible mais pas trop, en dépit de la presse et de son propre camp. Peut-on réellement croire qu’il a l’étoffe pour cette tâche ?

L’immobilisme parce que c’est jouable ?

L’autre hypothèse, bien plus cynique, est que le nouveau gouvernement n’est pas un gouvernement de combat, mais un gouvernement de négociateurs, dont le but ne sera que d’adoucir le choc lorsque les taux d’emprunts remonteront et que la dette française deviendra insoutenable. Dans cette hypothèse cynique, le recrutement d’un individu qui connait le monde de la finance, ses rouages et ses personnes influentes, constitue donc plutôt une carte qui se jouera pour, essentiellement, gagner un maximum de temps.

Parce qu’après tout, rien n’interdit d’imaginer que Hollande ait parfaitement compris l’ampleur de la crise. Et le brave François a, enfin, compris pourquoi Sarkozy lui a quasiment laissé les clefs de la boutique, pourquoi son prédécesseur a eu cette courtoisie troublante, lors du débat d’entre-deux tours, de lui laisser terminer sa fameuse tirade qu’il aurait pu interrompre à n’importe quel moment, faisant perdre à l’énarque en pleine récitation ses maigres moyens de piètre orateur. Peut-être François vient-il de comprendre, avec les perspectives économiques catastrophiques qui s’empilent sur lui, que les jeux étaient même jouées bien avant mai 2012, et que ses pitreries socialistes n’ont fait qu’accélérer la cadence vers la déroute. Et peut-être Hollande a-t-il profité des saillies ridicules (et diplomatiquement dangereuses) de Montebourg pour faire constituer un gouvernement qui, tout simplement, permettrait de négocier, temporiser et ralentir l’inévitable, juste assez pour sauver ses propres miches ? Parce qu’enfin, rien ne sert de froisser ouvertement la Troïka BCE-EU-FMI si, plus tard (bientôt ?), on sait qu’on devra réclamer son aide.

Procrastinate now, panic later.

Après tout, il ne reste qu’un peu plus de deux ans à tirer pour l’actuel président, et si l’effondrement économique, la cessation de paiement ou la mise sous tutelle pouvait intervenir après mai 2017, il aura tout gagné, ou, au moins, évité le pire pour sa petite personne.

Oh, c’est une hypothèse hardie, et qui impose évidemment que certains, à la tête de l’État, aient bien pris la mesure de la catastrophe à venir. Mais elle n’est pas, rigoureusement, impossible. D’ailleurs, les récentes demandes de Hollande pour obtenir un peu de mou de la part de la Commission rentrent bien dans ce cadre. Du reste, peu importe ce qui se passe en France : le tigre européen, aux dents et aux griffes limées, ne risque pas de poser des problèmes sérieux au pays. Merkel ronchonnera un peu, puis pliera, comme d’habitude.

Immobilisme ou pas, deux années décisives

Restent, bien sûr, les facteurs extérieurs, allant d’un krach boursier ou monétaire, à des tensions nationales (terrorisme, conflits sociaux violents) ou un ou plusieurs conflits ouverts, armés ou commerciaux, qui accroîtront évidemment la pression sur l’Exécutif français. Dans ce contexte, que Hollande opte pour l’hypothèse d’une réforme, même timide, des structures sociales et administratives françaises, ou qu’il préfère l’immobilisme, on se rend compte que le quinquennat vient, avec ce remaniement, d’entrer dans une phase décisive.

Mener une réforme de l’ampleur nécessaire pour redresser le pays, en deux ans, paraît herculéen, et les personnages pour la mener, lilliputiens. Le mot « impossible » vient à l’esprit. Quant à l’immobilisme, si terriblement dans les cordes de ces clowns, il apparaît en contraste si possible et si douillet qu’on a bien du mal à l’écarter aussi.

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Source : http://h16free.com/2014/08/31/33081-eviter-vers-la-catastrophe