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Cette semaine, la séquence couac de l’exécutif est consacrée aux autoroutes

mercredi 15 octobre 2014 à 09:00

La semaine dernière, c’était un couac entre Valls et Macron d’un côté, et Hollande de l’autre, sur l’épineux sujet du chômage, de la traque des fraudeurs aux indemnités et sur la nécessité de réforme d’un système (encore un) qui affiche des déficits, le tout pour éviter les petites aigreurs sociales à l’extension du flicage par Pôle Emploi. Et, cette semaine, histoire de ne pas refroidir le moteur médiatique, le sujet de chamaillerie hebdomadaire du gouvernement sera les autoroutes.

Bon, bien sûr, la chamaillerie, aussi médiatique soit-elle, n’est pas venue de façon complètement fortuite. C’est que ça se travaille, ce genre de pataquès national bien baveux ! Si on peut, si on doit même improviser complètement les idées et les sujets, l’idée même d’une cacophonie gouvernementale de plus est en revanche issue d’une préparation de longue haleine, d’un savant calcul politico-politicien dont le but est, à chaque fois, multiple, entre occuper la galerie pendant que des choses embêtantes et graves se déroulent discrètement en coulisse, et permettre aux uns et aux autres de se mettre en scène, parce que les élections, c’est dans deux ans (pour ainsi dire demain, au rythme où vont les décrépitudes personnelles, de nos jours). Et cette semaine n’échappe pas à la règle. Le déroulé de l’action permet de bien comprendre comment, en partant d’une constatation à l’emporte-pièce et pas forcément frappée au coin du bon sens des bénéfices d’exploitants d’autoroutes, on en arrive à un débat national sur la gratuité de ces voies de communication le week-end (oui, vous avez bien lu).

friedman tinstaafl

Tout a commencé mi-septembre, assez discrètement, avec plusieurs entrefilets dans la presse, expliquant plus ou moins doctement qu’à la suite d’une enquête menée par l’Autorité de la Concurrence, on s’était rendu compte que les sociétés d’exploitation des autoroutes françaises faisaient de solides profits. Comme chacun le sait en France, faire du profit est quelque chose d’éminemment louche puisque cela signifie que le service rendu est payé par des consommateurs qui, globalement idiots, continuent à le payer à ce prix trop élevé (le bon prix étant celui où le profit engrangé est aussi rikiki que possible, je suppose). D’ailleurs, les calculs de l’Autorité sont formels, les entreprises autoroutières n’ont rien à mettre en face de leurs profits outranciers :

« Elles  affichent toutes une rentabilité nette exceptionnelle, comprise entre 20 % et 24 %, nourrie par l’augmentation continue des tarifs des péages. Et cette rentabilité n’apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées »

Voilà, c’est dit. La petite musique d’un profit scandaleux est introduite dans les pensées des uns et des autres, parmi lesquels on trouve immanquablement un député ou un sénateur avide de remettre un peu de justice dans ce monde de brutes capitalistes. En plus, la masse des clients pardon des victimes est énorme, puisqu’on parle de contribuables et d’automobilistes. Pour une fois qu’on ne veut pas étriller le conducteur-pollueur, c’est le moment où jamais d’agir. Pour un politicien, agir, c’est faire du bruit avec sa bouche. Eckert fut l’un des premiers sur le pont, suivant en cela une Ségolène Royal jamais en retard d’une bonne ponction :

« Il faut commencer par faire le constat que les profits et les versements de dividendes des sociétés d’autoroutes sont inacceptables, (c’est) en tout cas immoral, faute d’être illégal. »

small double facepalmPas illégal mais immoral, ce qui revient au même en Socialie, et hop, on va remettre tout ça d’équerre à grand coup de ponctions bien senties, non mais oh ! En fait, tout le monde l’aura compris, il fallait préparer psychologiquement les entreprises à une bonne petite taxe de derrière les fagots, l’abandon en rase campagne de l’Écotaxe par Ségolène Royal laissant un joli trou-trou dans le budget. Évidemment, il a fallu mettre un petit bémol à ces emportements homériques sur les profits des sociétés autoroutières et sur l’envie de tabassage fiscal qui montait chez la ministre et le secrétaire d’État : après tout, c’est vraiment pas illégal, y’a des contrats, et si on cogne ici, il faut compenser par une petit bisou, là, et c’est pas simple la politique, et c’est difficile l’économie quand on en n’a aucune expérience. Sapin rappellera donc la difficulté technique et juridique de modifier à la volée les contrats de concessions, et tout le monde se calmera un peu.

Un peu seulement, parce que la machine médiatique n’attend pas et qu’il est difficile, impossible même, de contenir une idée, même si elle n’est ni bonne, ni grande ni solide, dans la petite boîte crânienne de Ségolène dans laquelle elle se cognera de plus en plus vite en attendant de sortir, frustrée qu’elle est par un volume aussi réduit. Mardi matin, c’en est trop, paf, l’idée sort, d’un coup, en pleine radio : et si on faisait des autoroutes gratuites le week-end ?

jesus petit facepalmPour rappel, en Socialie, beaucoup de choses sont gratuites. L’école est gratuite (parce que les enseignants sont bénévoles, bien sûr). La santé, c’est gratuit (les médecins et les infirmières travaillent pour un sourire ou un petit bisou, évidemment). Et les autoroutes, le week-end, pourraient être gratuites (parce que les infrastructures sont apparues par miracle, que les personnels qui bossent dans les sociétés concessionnaires sont bénévoles et que tout ça, c’est de l’amour et de l’eau fraîche en poudre, assurément). L’évocation de toute cette gratuité franco-française me pousse irrémédiablement à penser à Chewbacca, chevauchant un écureuil et attaquant des soldats nazis. J’ai aussi pensé à des licornes et des monstres gentils qui proutent des paillettes, mais ce sera pour une prochaine fois.

chewbacca écureuil nazi wtf

Des autoroutes gratuites le week-end ? Pas de doute, nous avons atteint ici le Point Ségolène, ce point magique de non-retour où l’on sait qu’on n’est plus dans l’univers normal des adultes responsables, mais dans celui des politiciens irresponsables partis très loin dans l’espace intersidérant du foutage de gueule en Cinémascope et son Dolby Surround. Parce qu’à y réfléchir deux minutes, les autoroutes arbitrairement déclarées gratuites le week-end, c’est un peu de la renégociation de contrat à la volée, et c’est un peu un appeau à emmerdes juridiques et logistiques.

Cette idée ségolèsque, c’est une façon courtoise et particulièrement novatrice de s’asseoir sur le droit de propriété, un peu comme si, de façon unilatérale, le propriétaire de votre location décidait que le week-end, il avait le droit de faire un barbecue sur la terrasse du bien qu’il vous loue, et tant pis si vous aviez d’autres plans. Mais c’est aussi un cauchemar logistique en devenir, les automobilistes réservant manifestement leurs départs pour le week-end, gratuit, ce qui ne manquera pas d’occasionner de magnifiques bouchons les jours de grands départs. C’est aussi ça, l’écologie sauce Royal.

Cependant, la lucidité gouvernementale, actuellement en voyage inter-galactique, a décidé de faire un petit crochet rapide par Matignon qui peut alors démentir formellement toute étude d’une gratuité le week-end, arguant que l’idée était « difficilement envisageable » … (ce qui, au passage, devrait terroriser tout individu qui se rappellera que ce sont précisément les idées les plus loufoques et les plus bancales qui se sont régulièrement retrouvées sous forme de lois quelques temps plus tard). Partant de là, la chamaillerie est complète. Ajoutant à la cacophonie habituelle au sein de la majorité (cacophonie qui couvre d’ailleurs habilement l’absence presque parfaite de tout discours cohérent dans l’opposition), la nouvelle séquence-couac du gouvernement peut alors se développer d’un média à l’autre.

sego aime le gratuit

Encore une fois, tout ceci montre surtout que le gouvernement entend récupérer de l’argent où il peut, partout s’il le faut, et qu’il est prêt à toutes les contorsions pour y arriver. Il en est maintenant réduit à proposer, pour atténuer ses ponctions arbitraires, des idées aussi farfelues qu’improvisées par la voix de Ségolène Royal, d’ailleurs habituée des saillies grotesques (on se remémorera utilement son idée d’entre deux tours aux élections présidentielles qui consistait à faire raccompagner chaque policière par un policier, par exemple).

Le plus grotesque étant que ces débats et ces discussions n’ont aucun aspect pratique, si ce n’est, pour les politiciens, de se mettre en scène et de jouer au plus présidentiable : dans les têtes de Valls et de Royal, il s’agit surtout de montrer aux Français qu’on a de la lucidité à revendre (pour le premier) et des idées novatrices (pour la seconde), qu’on veut absolument tenir un beau budget bien carré bien propre pour Manuel (parce que ça peut jouer pour la prochaine élection d’importance, mes petits amis), et qu’on est proche du peuple et de son petit pouvoir d’achat déjà fort tendu pour Ségolène (parce qu’elle aussi, elle se voit bien rempiler dans la course à l’Élysée, et elle connaît la chanson).

Le pathétique de ces agitations semble échapper à la presse. Alors que la situation du pays ne cesse de se détériorer, on assiste encore une fois à une série de couacs navrants au gouvernement, de petites prises de becs stériles et de mises en exergue d’individualités au demeurant pas très reluisantes. S’il est – je le reconnais – assez amusant de commenter ces bouffonneries, il ne faut jamais perdre de vue que ces guignols font toujours leurs clowneries à nos frais, que la facture se paiera toujours cash, et qu’encore une fois, elle ne leur sera pas présentée.

Et plus ces pitres s’amusent, plus ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/10/15/34265-cette-semaine-la-sequence-couac-de-lexecutif-est-consacree-aux-autoroutes


Le casse-tête du budget

mardi 14 octobre 2014 à 09:00

Tout doucement, on approche du moment fatidique ou rigolo (selon le point de vue) où la France va présenter son budget aux institutions européennes. En attendant, la tension est déjà palpable entre les membres du gouvernement concernés par cette délicate opération de communication et la majorité parlementaire, de plus en plus raide à l’idée de voter un budget pas assez dépensier à son goût… Tout indique que le prochain budget, qui s’annonçait délicat, va être un véritable casse-tête politico-économique.

Bien sûr, c’en est un parce que Sapin et Eckert, les deux ministres responsables de l’usine à gaz, vont devoir faire face à de violentes critiques de la part de l’opposition, c’est attendu, mais aussi d’une part de la gauche, aussi bien chez les députés socialistes, voire les radicaux de gauche que plus largement, chez les écologistes et autres extrémistes. Les critiques des uns vont donc s’ajouter aux critiques des autres pour ce qui s’annonce déjà comme l’explication de texte la plus délicate que vont devoir mener nos deux financiers improvisés.

Bien sûr, c’en est un parce qu’en plus de l’opposition interne, le gouvernement va devoir faire face à une opposition externe de plus en plus aiguisée. Évidemment, la Commission Européenne l’attend au tournant et même si on peut raisonnablement penser qu’elle ne refusera pas ouvertement le budget, on imagine sans mal qu’elle émettra quelques recommandations fermes allant dans le sens d’une désapprobation toute diplomatiquement tournée. Mais en plus de la Commission, Hollande et sa clique doivent à présent composer avec les agences de notations : Standard & Poor, s’inquiètant de déficits publics « plus dégradés que prévus », a mis le pays sous « perspective négative », ce qui implique que le pays pourrait voir sa note dégradée (et avec, ses perspectives d’emprunter à bon taux sur les marchés financiers). Apparemment, les « réformes » (guillemets de rigueur) dont se gargarisent Hollande, Macron ou Valls semblent n’avoir pas réussi à convaincre l’agence américaine pour qui « la stabilisation de la dette a été repoussée » (non, sans blague ?)…

Bien sûr, c’en est un parce que toute demande supplémentaire de délai avant de revenir à un équilibre parfaitement chimérique ou, plus simplement, dans les clous des traités, se heurtera aux avis de plus en plus négatifs de l’Eurogroupe qui estime, par la voix de son président, Jeroen Dijsselbloem, avoir « l’impression que le projet de budget de la France est assez loin de l’objectif, à la fois en termes de déficit nominal et de mesures effectives, concernant le déficit structurel et le nombre et la qualité des réformes qui doivent être réalisées », ce qui est une autre façon de dire que le moquage de visage a assez duré. Pour lui, une question demeure : comment a été utilisé le délai de deux ans accordé à Paris en 2013 pour redresser ses finances ? À vrai dire, c’est une question que se posent pas mal de Français dont certains se disent sans doute qu’il est passé au même endroit que les dizaines de milliards d’impôts supplémentaires récoltés entretemps et dont les effets attendent toujours d’être visibles.

sapin et son budget tout pourri

Bien sûr, c’en est un parce que l’État n’a plus une thune de côté et doit composer avec des pressions de plus en plus fortes de tous les côtés. Oh, il tente bien de s’offrir quelques marges de manœuvres en vendant ce qui l’encombre. À ce sujet, aller de temps en temps sur les Cessions Immobilières de l’État permet de constater que le rythme ne faiblit pas et si ces ventes sont aussi discrètes que possibles, elles n’en sont pas moins nombreuses. En outre, les petits retours d’ascenseurs de l’Union Européenne (ici, sous la forme d’une aide pour l’emploi, de 6 milliards sur six ans à peu près) aident à atténuer les effets des coupes sur les agrafeuses, les post-its et les pleins d’essence, devenues emblématiques des « efforts structurels » et autre « austérité » que le gouvernement s’inflige pour faire croire à tout le monde que les coupes claires sont là.

Mais surtout, ce budget est un casse-tête monumental parce qu’il veut cacher l’essentiel. En présentant à la face du monde (et de la Commission Européenne) de mirobolantes économies (21 milliards, qu’on vous dit, mais si, c’est vrai !) grappillées à la force du poignet en allant asticoter chaque service de l’administration centrale et de chaque ministère, on s’efforce de montrer à tous qu’on a été chercher tout ce qu’il était humainement possible d’aller récupérer, et surtout, on camoufle plus ou moins habilement les hausses assez roboratives des dépenses de toutes les autres administrations, locales notamment, qui viennent furieusement gréver la très fragile santé financière du pays.

En gros, pendant que l’État fait presque mine d’économiser quelques milliards, les collectivités locales s’empressent, dans une espèce de petit jeu sordide de vases communicants, de dépenser ce qui ne l’a pas été par l’État. Redoublant d’inventivité pour créer des postes de personnel et de dépenses diverses, ces administrations locales ont ainsi cumulé 9,2 milliards d’euros de déficits en 2013, véritable explosion par rapport à une déjà fort malsaine habitude constatée en 2012 de cramer autour de 3,7 milliards de trop. Entre la masse salariale qui a grimpé de plus de 3% tant en 2012 qu’en 2013, et les dépenses d’investissement qui flirtent avec les 8% du mauvais côté du chiffre, on sent nettement que si l’État central a fait grise mine, la fête du slip territorial a battu son plein depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir. Et bien sûr, on ne s’étonnera donc pas de trouver ces administrations incontinentes, vent debout contre les coupes à hauteur de 3,7 milliards d’euros qui sont officiellement prévues en 2015.

thatcher socialism

Toute cette agitation est très mignonne : on transfère, plus ou moins discrètement, les dettes d’un poste à l’autre, on baratine un peu pour enrober les petits désagréments que la réduction du budget photocopie entraîne immanquablement, et on pleurniche à qui veut l’entendre qu’ « on est à l’os », qu’on ne peut plus rien faire de mieux. En substance, tout ceci consiste à ne rien toucher au modèle social qui a fait de la France ce qu’elle est actuellement.

Jusqu’à présent, l’État avait acheté la paix sociale en appauvrissant les classes moyennes et endettant les générations futures, celles qui sont si importantes lorsqu’il s’agit d’écologie et sur lesquelles on peut rouler joyeusement à coup de vélibs lourdauds quand il s’agit d’économie et d’équilibres budgétaires. Maintenant que cet État est sous la loupe des marchés financiers, de l’Europe et des agences de notation, ce sont les collectivités locales qui prennent le relais pour faire exactement les mêmes opérations, creuser les déficits, faire du social sur le dos du contribuable et tout le tralala habituel d’arrosage de pognon à fins électoralistes éhontées.

Le souci, comme toujours avec le socialisme et la distribution d’argent gratuit, c’est qu’on arrive gentiment à la fin du tour de manège et qu’il va inévitablement manquer d’argent des autres. La paix sociale française, achetée de longue date par ces procédés socialistes faciles, risque bien de n’y plus trouver son compte. Et là, les marges de manœuvres, déjà fort étroites pour Sapin, Macron, Eckert et Hollande, vont disparaître subitement.

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Source : http://h16free.com/2014/10/14/34169-le-casse-tete-du-budget


Allocations chômage : Macron tripote le dogme

lundi 13 octobre 2014 à 09:00

Tout avait pourtant bien commencé avec la nomination d’un type comme Emmanuel Macron au ministère de l’Économie. Beaucoup, à l’évocation de son nom, se sont laissés pousser un petit soupir de soulagement, se laissant presque aller à espérer qu’enfin on avait nommé un type qui connaissait un peu le monde de la finance et de l’économie. La France n’était pas encore sauvée, mais le gouvernement Valls-2 semblait s’orienter dans la bonne direction.

D’ailleurs, même la presse étrangère a salué dignement l’arrivée d’un libéral de gauche au gouvernement (si tant est que ceci veuille dire quelque chose au pays où libéral ne s’entend que comme profession, et encore, lorsqu’elle est lourdement corsetée par l’État). Macron a ainsi été louangé tant Outre-Manche qu’Outre-Atlantique, ne serait-ce que parce qu’il est un ministre moins imbibé d’idéologie socialiste que les autres en général, ou que son prédécesseur en particulier.

Les espoirs étaient donc grands.

Malheureusement, la concrétisation s’est faite plutôt chaotique jusqu’à présent. On se rappelle par exemple quelques unes de ses remarques troublantes sur l’entreprise privée, qui introduisirent quelques doutes sur la clarté de sa pensée économique. Parallèlement, le brave Emmanuel dut, à peine arrivé en poste, se justifier de ses saillies sur les 35 heures, dogme coulé dans le bronze socialiste qu’il est maintenant impossible d’évoquer ; Harlem Désir, le factotum à ce moment en charge de la conciergerie du PS, n’avait pu s’empêcher de contredire fermement le ministre en rappelant qu’aucun projet, ni même d’ébauche de suggestion d’idée de projet au sujet des 35 heures n’était sur la table actuellement.

macron le social liberal

En quelques jours, on avait donc rapidement compris que le nouveau ministre aurait fort à faire. Ou bien il était réellement en poste pour faire quelque chose, et dans ce cas, la moindre de ses manœuvres serait passée sous la loupe du parti et de ses affidés pour valider la démarche. Ou bien (et plus probablement), le petit nouveau était là pour la galerie, rassurer Bruxelles et les investisseurs étrangers sur la vraie envie de réforme ferme et bien volontaire qui s’emparerait de la France dans plus tard promis juré ne vous inquiétez pas en avant mais tout doucement. Autrement dit, ou bien sa liberté d’action allait être extrêmement réduite, ou bien il n’était là que comme faire-valoir, à mi-chemin entre le fusible pratique et le rappel qu’un jour, le gouvernement de Hollande allait prendre de vraies décisions couillues, mais pas maintenant, y’a poney.

Et malheureusement, les confirmations n’ont pas manqué d’arriver. Dernièrement, on aura eu droit à son étrange critique des entreprises qui augmentent les salaires (par opposition à celles qui investissent et embauchent). C’est mignon, mais ça montre le manque assez dramatique d’analyse de la situation économie et administrative française qui explique qu’il est bien plus simple et moins dangereux d’augmenter les salaires que d’embaucher au pays où le moindre ajustement par la masse salariale se traduit généralement par un procès aux prud’hommes, des cris et des grincements de dents syndicaux, une mauvaise publicité médiatique et des frais salés un peu partout, à commencer par les créditeurs étatiques, jamais en reste pour se nourrir sur la bête.

Autrement dit, si Macron est libéral, le bougre cache si bien son jeu qu’on se dit que, finalement, il n’est peut-être pas libéral pour un kopeck. La séquence actuelle, toute en finesse, le démontre assez bien.

Dans un mécanisme maintenant rodé, un ministre annonce à la presse un truc vaguement choquant pour elle. Celle-ci, faisant mine de s’ébaubir et pour certains, sans même faire mine, relaie abondamment la nouvelle. Des gens discutent, des députés s’entretiennent, des tribuns s’époumonent. Un ou deux sondages sont lancés, dans le meilleur des cas par un institut, dans le pire avec un gros micro mou propulsé sous le pif de passants anonymes en bas des rédactions. L’opinion se cristallise rapidement, et, troisième temps de la manœuvre, un autre ministre peut alors annoncer, en fonction du tâtouillement de terrain ainsi réalisé à peu de frais, si la mesure est annulée purement et simplement (parce que bon, faut pas déconner tout de même), ou si elle est confirmée mais pas trop, amendée comme il faut pour des raisons de — biffer les mentions inutiles — justice sociale, protection des plus faibles, adaptation aux diktats bruxellois ou que sais-je encore.

Et cette fois-ci, la séquence s’applique donc sur l’indemnisation des chômeurs. Fastoche, on va laisser parler le premier ministre, pour ouvrir le bal (et encore, notez bien que c’est de façon timide) : ah bah ma brave dame, peut-être qu’il faudrait une indemnisation dégressive, éventuellement, et peut-être aussi qu’il faudrait vérifier que l’aspersion de pognon se fait au bon endroit, éviter la fraude, tout ça, ahem. Mais doucement, hein, socialisme oblige.

Inutile de revenir sur le petit vent de panique qui aura suivi cette annonce. Entre les uns qui fustigent immédiatement l’idée d’un renforcement des contrôles, les autres qui se demandent ouvertement si le moment est bien choisi pour ouvrir un débat ou — pire ! — une réforme sur un tel sujet, et d’autres qui dénoncent carrément une « provocation » (bisous, la CGT), on aura rapidement compris que le premier ministre venait d’ouvrir une espèce de boîte de Pandore abominable avec toute la panoplie de démons, de bébés congelés et de capitalistes assoiffés de sang de chômeuses vierges.

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Et voici à présent la dernière étape de la séquence, avec l’entrée en lice de notre brave Macron qui, respectant son rôle de cible facile, en remet une couche avec la délicatesse d’un hippopotame sautant d’un nénuphar à l’autre. Pour lui, pas de doute, il ne doit y avoir « aucun tabou » et partant de là, remettre à plat le système d’indemnisation du chômage en France est possible. D’ailleurs, ça tombe bien, c’est le bon moment de le faire, comme il l’explique dans un entretien accordé au JDD : « l’Europe a besoin d’un New Deal », et comme la France s’engage à « intensifier ses réformes », on y va, go go go, c’est parti mon kiki et allumez les boosters.

Intensifier ses réformes. Oui. Il a dit ça.

cat facepalm

On peine franchement à voir dans le mariage homosexuel une réforme d’importance capitale pour l’économie française… Or, c’est pour l’instant le seul truc vraiment saillant voté jusqu’à présent. Quant aux autres bricolages imbuvables et illisibles introduits un peu partout par paquets de douze sous forme de lois interminables et inapplicables (voire inappliquées ou même pas encore écrites), en parler comme de « réformes » revient à faire une abominable typo pour « méforme » (celle qui caractérise la France depuis les 30 dernières années au moins).

Du reste, le New Deal dont Macron veut accoucher se présente par le siège, et tout indique qu’il est, en plus, fort mal formé : avec les contestations de plus en plus vives du PS, du PRG, et celles du président lui-même, tout cela sent une fin de non-recevoir bruyante et désorganisée, tellement bruyante que certains leaders socialistes, sentant que le parti allait encore se déchirer intérieurement, se sont obligés à atténuer les attaques subies par le ministre de l’Économie : entre la « phrase mal ajustée » d’un Claude Bartolone pourtant habitué de l’ajustement approximatif des siennes, ou la « petite maladresse de vocabulaire » de Ségolène Royal, pourtant bravitude incarnée, on voit bien qu’il sera difficile (pour ne pas dire impossible) à Macron d’envisager la moindre réforme un peu significative. À ce rythme, on en vient même à se demander s’il conservera son poste suffisamment longtemps pour ouvrir ses droits aux allocations.

Non seulement le libéralisme, même en fine couche pulvérisée en surface, sans traitement de fond, ne veut pas prendre en France, mais tout montre que le vent des réformes, lourdes, profondes et structurelles et indispensables pour sauver le pays, ne souffle toujours pas dans les esprits de nos dirigeants. Persuadés qu’ils le sont qu’on peut encore sauver le « modèle social français » en l’ajustant à la marge, ils se cantonnent fermement à n’envisager que des micro-ajustements timides qui ne modifient en rien la trajectoire fatale de notre économie. À ce titre, Macron montre ici qu’il n’est guère plus qu’un faire-valoir et qu’il devra attendre sagement que l’État soit en ruine pour avoir enfin les coudées un peu franches.

Perspective réjouissante, n’est-ce pas ?

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Source : http://h16free.com/2014/10/13/34222-allocations-chomage-macron-tripote-le-dogme


Transitons énergétiquement vers le n’importe quoi

dimanche 12 octobre 2014 à 11:00

Ça y est, la loi de Transition énergétique est votée. Il était temps, tout le peuple de France attendait ça avec impatience et l’aspect purement idéologique ayant été écarté au profit d’un pragmatisme à toute épreuve, nous étions assurés d’obtenir des mesures ciblées, concrètes, applicables et frappées au coin du bon sens. En plus, c’est une loi avec de vrais morceaux d’écologie bio dedans.

segolene crieIl faut dire que, rédigée de longue haleine par une Ségolène Royal en pleine forme, la loi ne pouvait parvenir qu’à une harmonie parfaite de mesures finement étudiées et de grands projets innovants, réformateurs et vigoureux permettant de propulser joyeusement la France vers de nouveaux sommets de béatitude écologique. En substance, cela se traduit à la fois par une panoplie complète de petites lois bien subtiles et un couple de grands principes dont les tenants et aboutissants seront ressentis pour la dizaine d’années à venir, au moins.

Du côté de ces grands principes, on retrouve bien sûr la lutte contre les gaz à effets de serre. Eh oui : même si, après 18 années sans réchauffement, ces gaz ne sont à l’évidence pas la cause d’un changement climatique quelconque, le gouvernement français a décidé de lutter à grands frais contre cette non-cause, et ceci pour éviter les non-conséquences. En effet, malgré tous les efforts de la presse et de certains scientifiques aux douteuses motivations, le réchauffement tant redouté a lentement fait place à une série d’interrogations vaguement teintée de la crainte d’un refroidissement, montrant ainsi qu’au final, personne ne sait rien du tout et qu’il est donc urgent d’agir.

Finalement, pas de réchauffement

Cette action se traduira donc, dans la loi, par une division par quatre d’ici à 2050 des rejets français de dioxyde de carbone. Pourquoi 2050 et pas 2100 ou 2025, on n’en saura rien. On imagine que c’est un compromis entre une date suffisamment éloignée pour que ceux qui ont voté ces absurdités soient tous morts, et assez proche pour signifier encore quelque chose pour les électeurs-contribuables. Pourquoi par 4 et pas par 2 ou 8, on n’en saura rien non plus. Probablement parce que diviser en quatre, c’est diviser en deux, deux fois, et que, comme pour les tartes, tout le monde sait faire. Allez savoir…

À ce sain principe basé sur du vent (sans CO2), réclamant des arrangements arbitraires sur la réalité, on ajoutera bien sûr la réduction à 50% de la part d’énergie nucléaire dans le mix énergétique français, d’ici à 2025, et ce, même si le nucléaire ne produit pas de dioxyde de carbone. Comme il faut réduire l’utilisation des énergies qui en produisent, et qu’il faut réduire l’utilisation de celles qui n’en produisent pas, on en vient à la conclusion que nos élus veulent essentiellement diminuer la consommation d’énergie française, point.

C’est parfaitement rassurant.

Comme le développement d’une nation et le bien-être de sa population (accès aux soins, à l’éducation, aux technologies, son niveau de vie, etc…) sont directement corrélés à leur consommation énergétique, la volonté affichée de réduire l’utilisation des énergies en France n’indique qu’une chose : les députés, écologistes en premier, n’attendent qu’une chose de l’avenir, et c’est le renfermement, le ralentissement, la diminution de l’activité française, du niveau de vie des Français et la paupérisation de leur avenir. En tout cas, pas de doute, après l’écologie punitive à base d’écotaxe, Royal et la clique EELV ont su rendre vraiment glamour la lutte contre la pollution.

À ce combat contre des dragons de papier par des moulins à vent et une vision pour le moins pessimiste et étriquée de l’avenir, il faut heureusement ajouter un train de mesures dont la liste, à la Prévert, forme un excellent étalon du N’importe Quoi Institutionnalisé.

omg wtf catBien sûr, la loi consacre maintenant la fameuse lutte contre l’obsolescence programmée. Je l’ai déjà évoquée dans ces colonnes, le ridicule de l’opération méritant largement un billet à lui tout seule. Là encore, de la même façon qu’il s’est trouvé suffisamment de gogos pour vouloir lutter contre un réchauffement qui n’existe pas, qu’on ne comprend pas, qu’on n’arrive pas à modéliser et qu’on attribue aux mauvaises causes sans pouvoir en mesurer les conséquences, l’obsolescence programmée, fantasme pratique d’écologistes ignares en économie, fait maintenant irruption dans le débat parlementaire parce qu’il fallait absolument graver dans la loi que saboter ses produits commerciaux, c’est mal.

L’introduction d’un chèque énergie constitue ensuite une magnifique démonstration du socialisme en marche guillerette vers la falaise abrupte de la réalité au bord de laquelle on sent qu’il aura bien du mal à s’arrêter. En substance, l’idée est donc de prendre de l’argent à tout le monde, y compris les plus pauvres, via des taxes toujours plus élevées sur l’énergie, pour ensuite redistribuer sous forme de chèque avec une répartition à peine différente l’argent ainsi récolté. Le coût de la collecte et de la répartition est assuré, bien sûr, par le contribuable, source apparemment inépuisable d’argent et de rigolade pour ceux qui ponctionnent. Notez que l’idée même de baisser les taxes et laisser faire le marché n’est pas venue sur la table. On est en France, hein.

Plus iconoclaste, notons l’introduction de la possibilité pour les employeurs de verser une indemnité kilométrique à leurs salariés se rendant à vélo, ou à vélo électrique, sur leur lieu de travail. Ne vous inquiétez pas : on lutte contre le CO2, mais pas contre les usines à gaz puisque le montant de cette « indemnité kilométrique vélo » sera bien sûr fixé par décret, et elle sera exonérée de cotisations sociales, moyennant quelques cerfas et autres formulaires amusants à remplir. J’attends le jour où une « indemnité kilométrique chaussure ou trottinette » sera envisagée, et le tableau sera complet. Pas de doute, c’est la France, c’est youpi.

Royal : la champagnitude attitude

Le pompon est cependant décroché sans la moindre peine ni sueur sous les bras par le vote, après des heures de débats, de deux dispositions que le monde, on s’en doute, nous enviera. D’une part, l’interdiction d’ici à 2016 des sacs plastiques à usage unique va introduire un vrai vent de changement dans le pays qui en avait besoin. Et d’autre part, grâce à une ferme prohibition de la vaisselle jetable d’ici 2020, les paysages français seront enfin débarrassés des milliards de couteaux, de cuillères et de fourchettes en plastique qui jonchaient nos prairies et que broutaient maladroitement des vaches amaigries par le faible apport calorique que ces couverts de pacotille pétrolière leur procuraient.

le changement c'est sans sacs plastiques

Rassurez-vous : l’interdiction de ces plastiques particuliers s’accompagne, pour la Royal Air Farce, du souhait (pas du tout soufflé par des lobbies du cru, Limagrain, Sphère, Roquette ou Vegeplast en tête) de relancer la filière papier et encourager les entreprises françaises fabriquant des sacs à base d’amidon de maïs ou de pomme de terre. Tout ceci est pratique, mais coïncident et c’est tout.

Finalement, la Transition Énergétique de Ségolène, c’est assez simple et cela se résume à un mot : interdiction. Interdiction d’utiliser du plastique pour manger, interdiction d’utiliser du plastique pour emballer ses fruits et ses légumes, interdiction d’utiliser trop d’énergie, interdiction de rejeter du CO2, interdiction, interdiction, interdiction, parce que la France est un pays de liberté, que trop de liberté tue la liberté, et qu’il faut absolument réguler tout ce qui ne l’est pas encore, et que toutes ces interdictions étaient réclamées bruyamment par le peuple (dont les autres problèmes – chômage, niveau de vie en baisse, éducation parcellaire, etc… – sont parfaitement traités par ailleurs).

Accessoirement, on pourra tout de même assortir tout ça d’une bonne taxation, taxation, taxation, et l’affaire est dans le sac. En papier, bien sûr.

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Source : http://h16free.com/2014/10/12/34196-transitons-energetiquement-vers-le-nimporte-quoi


L’Etat en guerre contre les entreprises

vendredi 10 octobre 2014 à 09:00

Beaucoup se sont moqués du cas Thévenoud, ce député socialiste qui, toute honte bue et le doigt encore en l’air de ses admonestations à bien payer « l’impôt-citoyen » comme il faut, révélait au grand jour qu’il ne payait pas les siens. C’est dommage parce que ce faisant, la foule n’a pas compris l’appel que lançait aux médias le député désespéré, expliquant à ceux qui voulaient l’entendre être atteint de phobie administrative, cette peur panique d’avoir à gérer les cerfas et autres formulaires arides d’une administration française pléthorique et envahissante.

Or, il faut bien l’admettre : cette peur existe. Cette phobie n’est pas une illusion ni même l’échappatoire facile d’un énième socialiste à la moralité pliable, autant en délicatesse avec l’argent quand il s’agit du sien qu’il est détendu de la dépense quand il s’agit de celui des autres. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette aversion poussée des petits papiers administratifs n’est pas réservée à l’élite de la nation qui, naviguant joyeusement d’un poste au chaud à un autre, protégé des intempéries de la vie réelle, ne se rend rapidement plus compte des tempêtes qui sévissent plus bas. Non, en réalité, cette exécration quasi-réflexive de la paperasserie étatique est très répandue.

phobie administrative

Évidemment, la différence fondamentale entre nos élites auto-proclamées et le reste du peuple est bien sûr que ce dernier, aussi phobique soit-il vis-à-vis des nombreuses relances que l’administration lui envoie, doit quoi qu’il arrive surmonter son problème et remplir, un à un, les formulaires qui lui sont envoyés. Et dans ce peuple existe une catégorie bien particulière d’individus qui, par leur fonction, a — presque délibérément — choisi de recevoir une quantité plus que double de ces papelards remplis du jargon bureaucratique, fiscal ou administratif qui fait dresser tous les poils d’un honnête homme. Il s’agit bien sûr des entrepreneurs.

Et c’est donc sans surprise qu’un récent sondage auprès d’eux a permis d’établir qu’une proportion croissante de leur temps de travail passe dans la gestion de cette complexité administrative affolante, symbolisée par la myriade de petits cerfas colorés avec lesquels certains services de l’État comptent manifestement les ensevelir.

wtf filocheApparemment, ça marche : un patron de PME sur trois n’a pas pu consacrer suffisamment de temps au développement de son entreprise et a été obligé de se consacrer à remplir des tâches administratives palpitantes comme les activités juridiques, la gestion des ressources humaines et des contraintes liées au droit du travail, pour au final constater que leurs activités directement tournées vers le développement de leur entreprise, de leur clientèle, des investissements productifs ou des partenariats avec leurs fournisseurs ou encore le marketing n’occupaient en tout que 40% de leur agenda.

Chose intéressante, l’enquête menée par IPSOS montre de surcroît que la tendance est à l’aggravation du problème administratif avec une complexification croissante des démarches à entreprendre et, parallèlement, une diminution du temps passé aux tâches directement bénéfiques à la vie de l’entreprise. Autrement dit, les patrons sont devenus les courroies de transmission de l’administration étatique, à leur corps défendant, et au plus grand bénéfice de l’État.

On pourrait croire ceci exagéré. Il n’en est rien. Par exemple, une nouvelle circulaire de l’Éducation Nationale, condensé parfait de ce que l’administration fait de plus ubuesque et mammouthesque possible, entend prochainement imposer aux élèves de bacs professionnels ainsi qu’aux lycées et centres de formation (et via l’Inspection du Travail, jamais en reste pour saboter le pays) de nouvelles formalités administratives ubuesques dès lors qu’ils doivent se poster sur une machine dans un stage en entreprise. Inutile de dire que les PME qui devront se contorsionner pour obtenir ces stagiaires réfléchiront à deux fois, la complexité induite n’étant plus du tout négligeable. Pour Jean-Michel Pottier, de la CGPME, cela se traduira inévitablement par de grosses difficultés pour les prochains stagiaires :

« Les entreprises vivent mal le fait de solliciter des autorisations administratives auprès de l’inspection du travail qui, du coup, déclenche un contrôle inopiné. Vu la complexité du code du travail, l’entreprise est sûre de se faire coller à tous les coups. Les entreprises n’ont pas envie de se créer des problèmes supplémentaires, et ce sont les jeunes qui vont en pâtir. »

well done old chapEn somme, des entreprises, jouant le jeu, vont se retrouver contrôlées par une Inspection du Travail parfaitement compréhensive, qui redressera tous azimuts (parce qu’elle ne sait faire que ça) ce qui entraînera mécaniquement un certain nombre de faillites. Jusque là, c’est la routine. Mais ailleurs, d’autres entreprises, malines, ne joueront pas le jeu et se garderont bien de prendre des stagiaires. Échapperont-elles aux Torquemadas du Travail ? Peu importe, des lycéens se retrouveront sans stage. Par la suite, ils ne seront donc pas formés et viendront grossir le rang des chômeurs qu’apparemment, ces décrets, directives et autres administrations s’emploient à produire à un rythme toujours plus soutenu.

On pourrait croire cette production malencontreuse. On pourrait imaginer que cette complexification est le fruit malheureux d’un concours de circonstance. Là encore, ce n’est pas le cas. C’est bel et bien l’effet recherché.

Encore une fois, on va croire que j’exagère. Bon, j’admets que c’est parfois le genre de la maison, mais cette fois encore, ce n’est pas le cas. Si la complexification administrative n’arrête pas d’augmenter, c’est parce que cela profite directement … à l’État, justement. Chacun des rouages de son administration sent, parfois clairement, parfois confusément, que ces conneries empilées les unes sur les autres ne sont qu’une longue succession d’idioties inutiles jetées en travers de la route du contribuable, du citoyen, du justiciable, du chômeur, de l’employeur ou de l’étudiant. Mais pourtant, tous ceux qui sont directement aux commandes et qui font mine de s’employer à diminuer, justement, cette charge, sont en réalité les premiers bénéficiaires de cet alourdissement inouï.

vite simplifions l'administration

Parce qu’en réalité, à mesure que la machine étatique se fait plus complexe, ses lois plus illisibles et ses modes de fonctionnement plus opaques, l’arbitraire de chaque fonctionnaire, de chaque administration, de chaque guichetier ou de chaque chef de service jusqu’au directeur d’agence peut s’exprimer pleinement, garanti qu’il est que personne ne pourra exhiber le texte, la loi, le décret, la circulaire le prenant en défaut et lui imposant un travail ou une démarche qu’il n’a pas envie de faire.

Et cela va au-delà de cet arbitraire puisque l’État se sert directement de cette complexité incompréhensible pour se comporter comme le pire des employeurs, le pire des fournisseurs, le pire des clients, le pire des débiteurs, le pire des créanciers, à tel point qu’un livre, recensant quelques unes de ses exactions dans le domaine, vient de sortir. Les auteurs n’y vont pas par quatre chemins et déclarent ainsi, au sujet de ces dérives maintenant complètes et irréversibles :

« Le système tourne en rond, l’endogamie de la haute fonction publique fait des ravages, et la tradition d’hyper contrôle de l’État omnipotent a vécu. L’intérêt général est comme perdu au milieu d’une somme d’intérêts particuliers qui pousse chaque décideur public à biaiser avec les règles et – n’ayons pas peur du mot – la morale. »

petit thevenoud gaucheIl faut se rendre à l’évidence : Thévenoud n’est pas le problème. Il n’est que le symptôme de la maladie qui a maintenant dépassé le stade de la métastase. Tous les corps administratifs en sont atteints. La pratique détendue du n’importe quoi arbitraire est si répandue que les élus ont fini par croire à sa parfaite normalité. Et lentement, mais sûrement, l’administration est partie en guerre contre les administrés, contre les contribuables, contre les citoyens, et contre les entreprises.

Et cette guerre-là, elle est en passe de la gagner.

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Source : http://h16free.com/2014/10/10/34127-letat-en-guerre-contre-les-entreprises