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Truecrypt : une histoire éclairante

mercredi 4 juin 2014 à 09:00

Une tempête a soufflé la semaine dernière sur Internet. Oh, pas une de ces tempêtes médiatiques basée sur un lolcat truculent, un président enscooterifié ou un buzz médiatique facile, et c’est probablement pour cela que vous n’en avez pas entendu parler. Il n’en reste pas moins que ce qui s’est passé autour de Truecrypt est particulièrement intéressant.

logo truecryptAvant d’aller plus loin, rappelons que Truecrypt est un logiciel gratuit, dont le code source est disponible, qui permet de chiffrer des données sur un disque dur. Le chiffrage est ainsi fait que l’utilisateur légitime, qui fournit son mot de passe au démarrage de la machine, ne voit pas la différence avec un disque dur normal (non chiffré) ; l’encryptage est réalisé à la volée, de façon transparente pour le système d’exploitation ou l’utilisateur. En revanche, un utilisateur qui ne dispose pas de la clé d’accès ne pourra pas lire le disque ainsi chiffré.

Ce logiciel existe depuis une dizaine d’années, et son mode de fonctionnement très simple mais efficace lui a valu une excellente renommée auprès de ses millions d’utilisateurs. Le cryptage utilisé (qui peut être basé sur AES, Serpent et Twofish) est suffisamment solide pour que le FBI, notamment, ne parvienne pas à le casser dans une affaire financière où des disques, saisis comme pièces à conviction, n’ont pas livré leurs secrets après des mois d’analyse par le bureau fédéral américain.

C’est donc avec consternation que mercredi 31 mai, la page officielle du logiciel qui présentait le produit a été remplacée par une page rudimentaire expliquant essentiellement que Truecrypt n’est pas sûr, et que l’utiliser ne permet pas d’assurer la confidentialité de ses données. La consternation est d’autant plus grande que l’ensemble du message est rédigé et signé avec les clés habituelles des développeurs officiels du produit, et qu’il invite les utilisateurs à se rabattre sur Bitlocker pour Windows, produit notoirement connu pour disposer de facilités spécifiques de décryptage pour les autorités américaines. Or, jusqu’à présent, Truecrypt avait pour lui d’avoir résisté à l’épreuve du temps en n’ayant jamais présenté de grandes vulnérabilités. En outre, un audit de la cryptographie utilisée est actuellement en cours pour déterminer sa solidité générale. Les failles rapportées en avril dernier ne montraient en tout cas rien qui permette de classer le produit comme à ce point dangereux à utiliser. D’ailleurs, l’un des pontes de la cryptographie, Bruce Schneier, expliquait récemment continuer à utiliser le produit malgré les quelques problèmes découverts.

Le reste de l’audit permettra peut-être de trouver une faille suffisamment importante pour remettre en cause le modèle utilisé par Truecrypt depuis 2004, année de son apparition, mais on peut légitimement en douter. En tout cas, les exécutables des versions historiques, disponibles sur la version précédente du site avant ce revirement dramatique, n’ont pas montré d’anomalies douteuses.

nsa backup copy

La situation est donc particulièrement étrange puisqu’on découvre qu’une équipe, qui a travaillé pendant dix ans sur un produit qui a déjà largement prouvé son efficacité, vient de saborder complètement son travail en redirigeant ses utilisateurs vers des alternatives douteuses. Les rumeurs vont évidemment bon train sur les forums spécialisés, mais essentiellement, trois hypothèses surnagent au milieu des différentes possibilités plus ou moins farfelues :

- D’une part, il pourrait bien y avoir une grosse faille de sécurité, grosse au point que les développeurs ont préféré saborder leur outil plutôt que l’admettre ou tenter de la réparer. C’est évidemment une réaction très étrange d’autant que le code source, largement disponible, aurait permis une correction rapide par la communauté des développeurs intéressés à la survie et à la maintenance du projet.

- D’autre part, il pourrait s’agir d’une méthode de la part de l’équipe de développement pour laisser tomber tout support du produit, et inciter (par la peur, donc) le reste du monde à reprendre en charge le développement. Cette hypothèse intéressante est développée ici, et permet en tout cas de relativiser la disparition de la page officielle et des codes sources des précédentes versions. Du reste, internet étant ce qu’il est, on trouve facilement des bibliothèques qui contiennent toutes les versions de Truecrypt jusqu’à mercredi dernier.

- Enfin, la nouvelle page du site rapidement bricolée tendrait à faire penser à un « warrant canary », expression américaine utilisée dans un cas assez spécifique de législation américaine : en substance, lorsqu’un fournisseur de service reçoit une assignation secrète (essentiellement celles en lien avec le Patriot Act, article 18 U.S.C. §2709(c)), il lui est interdit de divulguer à des tiers son statut légal (grossièrement équivalent à une mise en examen), mais il peut, sur demande d’un client, indiquer si, sur une période donnée, il n’était pas sujet à une telle assignation. Par analogie, l’acte étrange de l’équipe de développement de Truecrypt serait une forme de mise en garde minimaliste permettant de prévenir les utilisateurs que l’ensemble de l’équipe a subi des menaces ou des pressions de la part d’une organisation gouvernementale et qu’à ce titre, l’ensemble des développements de Truecrypt est sujet à caution.

on the internet nobody knows youre a dogL’avenir dira peut-être ce qu’il en est exactement, mais au-delà des péripéties qui secouent actuellement le monde de la cryptographie et celui, plus large, des logiciels de chiffrement de disques à la volée, on peut néanmoins noter qu’encore une fois, la communauté Internet a prouvé sa capacité d’organisation. En effet, moins d’une semaine après l’annonce surprise de l’abandon de Truecrypt est apparu un nouveau site, Truecrypt.ch, dont les auteurs entendent reprendre le flambeau, incorporer les corrections éventuelles que l’audit, toujours en cours, auraient jugées nécessaires, et maintenir le code actuel. On ne peut, à ce stade, présumer de la capacité de ce binôme de développeurs à maintenir le code et le produit, mais leur prompte réaction montre en tout cas que le chiffrement de données personnelles est une idée jugée suffisamment importante pour mobiliser rapidement les énergies.

Et c’est le cas : d’un côté, nous avons des institutions gouvernementales dont les moyens grossissent de façon exponentielle, et dont le but ultime est bien de tout savoir sur vos plus intimes motivations, vos convictions religieuses, politiques ou sentimentales. Pour celles-là, la cartographie précise de chaque être humain est devenu un préalable non seulement nécessaire mais aussi techniquement réalisable (ce qui est encore plus effrayant) à leur soif inextinguible de contrôle. Ces institutions ne reculeront devant aucun moyen pour vous ficher, quand bien même (de l’aveu même de ceux qui y travaillent) la masse de données résultante ne leur sera pas utile pour remplir leur ordre de mission officiel. Terrorisme, crimes et délits, oubliez ça : ces technologies servent d’abord et surtout à surveiller tout le monde.

De l’autre, il n’existe guère que ces moyens cryptographiques pour se préserver quelques domaines de vie vraiment privée, où l’État et ses agences ne pourront venir mettre leur yeux. Il est donc absolument impératif que des systèmes voient le jour, soient maintenus et massivement utilisés pour assurer à chaque humain un minimum de protection contre les grandes oreilles gouvernementales.

Cette affaire Truecrypt montre encore une fois qu’aucune technologie n’est acquise, aucune sécurité n’est trop forte contre les moyens que déploient les États pour asservir leurs populations. Et cette affaire montre aussi, heureusement, que nombreux sont ceux qui en ont conscience et qui sont prêt à sacrifier leur temps et leur savoir pour calmer les ardeurs gouvernementales.

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Source : http://h16free.com/2014/06/04/31539-truecrypt-une-histoire-eclairante


Cette réforme territoriale qui n’a pas eu lieu

mardi 3 juin 2014 à 09:00

Bien malheureusement, tout se déroule comme prévu : annoncée en fanfare par un Président qui cherche désespérément un point d’accroche dans sa dérive politique de plus en plus violente, la réforme territoriale prend forme. Et comme prévu, c’est la forme d’une vessie vide : à peine ébauchée, elle engendre déjà le bruit mou d’un dégonflement ridicule.

vite réformons les régionsEt là où on imaginait facilement des compromis douteux, l’exécutif a correctement dépassé les prévisions en alignant les maladresses coûteuses, tant sur le plan économique que politique. Entre le rattachement du Poitou-Charente au Centre alors que tout le monde s’attendait à le voir rejoindre l’Aquitaine, les contours bretons qui ne changent pas (tout comme les Pays de Loire) alors qu’il y avait une occasion rêvée de rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne, et la région Nord-Pas de Calais qui reste inchangée alors qu’une partie au moins de la Picardie l’aurait avantageusement rejointe, on voit que le bricolage territorial a été fait a minima, sans aucun redécoupage profond et parfois nécessaire pour coller aux réalités de terrain. Tout cela ressemble plus à une manœuvre de calendrier électoral qu’à une réelle refonte administrative et sent bon la précipitation (d’ailleurs confirmée par les grognements de certains élus, tant de droite, prévisibles, que de gauche, qui n’arrivent pas à trouver le découpage proposé à leur goût).

Bref, pour une réforme qui devait sauver le quinquennat, la montagne a accouché de la proverbiale souris, et tout indique que, dans un faux mouvement, elle l’a écrasée. Parce que pour le moment, en termes d’économie, ce bricolage précipité ressemble à l’ajout d’une nouvelle couche subtile, la super-région, dont on voit mal quelle forme physique elle va pouvoir prendre tant le paysage français est déjà largement encombré de structures locales dispendieuses et de corps administratifs pléthoriques langoureusement étalés sur le territoire aux frais du contribuable.

Bien sûr, avec un peu de chance et de courage, cette super-région signera la fin de la couche inférieure (régionale), mais comme je l’ai mentionné dans un précédent article, cela ne se traduira vraisemblablement par aucune perte de poids des collectivités territoriales correspondantes : non seulement, on voit mal des milliers de postes doublonnant disparaître ainsi et venir gonfler les chiffres du chômage, déjà monstrueux, mais en plus, pendant que la super-région va s’organiser, d’inévitables frictions vont avoir lieu (Où installer les bureaux ? Où déplacer les équipes ?), frictions qui vont à l’évidence coûter un pognon certain. Rassurez-vous, ce sont toujours les mêmes qui vont payer : vous. Et tout ceci nécessitera un cran qu’on a du mal à déceler, même après un examen minutieux, dans les gesticulations hollandistes.

Sur le plan politique, j’attends de voir les batailles picrocholines qui vont s’engager lors du débat parlementaire qui doit s’ouvrir à la suite de la présentation de cette nouvelle carte. Certes, en balançant ainsi cette réforme au moment où l’UMP est au plus mal, Hollande espère raisonnablement mettre l’opposition dans l’embarras, qui devra choisir entre un antagonisme qui passera facilement pour stérile et des dissensions internes pour osciller entre l’abstention agacée et l’acceptation gênée. De ce point de vue, c’est à peu près gagné. On pourra cependant regretter que le « président de tous les Français » (lesquels ?) soit ainsi versé dans les petites bisbilles politiques plutôt que dans l’art délicat de la direction de tout un pays. Les chroniques y gagneront ce que le pays y perdra en temps et en moyens. Comme d’habitude.

D’autre part, il semble évident qu’il va y avoir pas mal de remous lorsqu’on va devoir diminuer effectivement le nombre d’élus histoire de coller à la structure administrative nouvellement mise en place. Je vois mal comment le brave Hollande va pouvoir ménager sa majorité alors que, quoi qu’il arrive, un paquet d’élus qui y grenouille actuellement va se retrouver sur la sellette, au moins à moyen terme. Inutile de dire que la fragile majorité parlementaire dont il dispose actuellement risque bel et bien de s’évaporer à mesure que les choix déchirants vont s’opérer. Et en terme de finances, je ne prends pas un gros risque en pariant sur le fait que le nombre d’élus ne diminuera pas tant que ça, attendra la fin des mandats courants, et se fera quasiment à budgets constants. Là encore, aucune économie à attendre de ce côté là.

bricoler les territoires

Quant à la suppression des départements, Hollande a finement choisi la solution de facilité qui consiste à reporter tout ceci aux calendes grecques, autour de 2020, date à laquelle tout peut être arrivé, le meilleur comme le pire. Et avec Hollande aux manettes, on imagine mal le meilleur, qui arriverait plus sûrement sur un malentendu ou un gros coup de chance que sur une réelle décision courageuse du chef de l’exécutif.

Cette suppression étant assortie, de surcroît, d’une révision constitutionnelle qui semble impossible à obtenir tant sa majorité est légère, il s’assure tranquillement que les départements sont là pour encore un bon moment (et les économies afférentes disparaissent comme une promesse de plus à mettre au débit du Roi Solex). En revanche et comme prévu, la petite manipulation politique qui visait à repousser gentiment les prochaines élections régionales en 2015 a parfaitement fonctionné puisqu’il faudra attendre l’automne de cette année pour qu’elles se déroulent. D’ici là, le chef de l’État espère probablement, afin de limiter la casse politique, avoir retrouvé une croissance, ou, alternativement, avoir su pipeauter les chiffres du chômage de façon plus crédible que jusqu’à présent.

Au bilan, je maintiens ce que je disais il y a deux semaines : la réforme territoriale va s’avérer extrêmement pénible et compliquée à mettre en place et se traduira concrètement par du vent politique, des dépenses supplémentaires et aucune espèce d’amélioration sensible du mille-feuille administratif. Ce qui devait aller vite s’étalera au moins jusqu’en 2020 (six longues années), et pour un observateur lambda avec deux onces d’honnêteté cela veut essentiellement dire que, pendant six ans, les factures ne diminueront pas, que du contraire même.

Pour une France qui avait un besoin urgent d’économies et de simplification administrative, le bilan est plus que mitigé : les anciennes régions n’ont pas disparu, les départements sont encore là pour un moment dans le meilleur des cas, les économies annoncées peinent à se concrétiser. Seules sont bien visibles les petites manœuvres politiciennes de bas étage.

La réforme, la vraie, attendra encore.

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Source : http://h16free.com/2014/06/03/31606-cette-reforme-territoriale-qui-na-pas-eu-lieu


Paquets neutres et vapotage

lundi 2 juin 2014 à 09:00

On ne pourra pas avoir une France heureuse tant que des individus continueront, obstinément, à faire le contraire de ce qu’on leur dit, notamment manger trop gras, trop salé, trop sucré, bien sûr, mais pire encore, boire plus que de l’eau plate et fumer autre chose que du lard. Et puisque Marisol Touraine est ministre de la Santé, elle a décidé d’agir pour mettre fin une bonne fois pour toute à cette hystérie de plaisirs coupables et de rigolade incontrôlée au pays des Droits de l’Homme.

Bienvenue en FranceCar dans ces droits, il y notamment celui, inaliénable, imputrescible et ignifugé, de mourir en bonne santé. Ce droit, ne l’oublions jamais, a été obtenu de haute lutte par des citoyens courageux qui se sont battus pour l’obtenir et qui sont tous morts pour lui. Dès lors, il faut que l’État, qui a été fermement mandaté pour ça, s’occupe de bannir les déviances et les addictions de notre beau pays. Et pour que cela fonctionne, on procèdera par petites touches successives.

Il y eut tout d’abord l’interdiction de la publicité pour le tabac, puis, pour des raisons de santé, son bannissement des lieux publics, puis l’instauration des images choc sur les emballages, parallèlement à une hausse continue et de plus en plus raide des prix pratiqués. Conformément à ce qu’on pouvait attendre, les ventes ont commencé à fléchir puis à nettement diminuer (pendant que la contrebande explosait). Mais Marisol Touraine sait que cela n’est pas suffisant. À présent, il faut passer à l’étape suivante : la mise en place des paquets de cigarettes neutres.

L’idée est donc d’enlever tout logo sur le paquet de cigarette qu’on achète d’ailleurs de moins en moins. Ne resterait sur le paquet qu’un grand espace dédié à la réception d’une jolie image à collectionner (des dents pourries, un foie endommagé, une gorge pleine de tumeurs, des yeux opaques, des chatons écrasés, François Hollande, bref, un truc détestable), et un espace, plus restreint, pour le nom de la marque de cigarettes et la variante (mentholée, brune, blonde, au bon goût de marée). Comme d’habitude, il sera mis en avant que ces restrictions s’inscrivent dans le cadre des mesures prophylactiques mises en place pour diminuer la première cause de mortalité évitable en France après le potage froid, le champagne tiède et les femmes chaudes. Pour le moment, ceci n’est qu’un projet, de plus en plus précis, visant à rendre l’acquisition de cigarettes (et de tabac en général) aussi pénible que possible sur le plan psychologique. Du reste, m’est avis qu’en ajoutant le logo des impôts ou de l’URSSAF, l’effet répulsif des photos serait accru ; mais ce n’est que mon avis, et je sais que certains pervers socialistes trouveraient un plaisir torve à voir ces logos.

Bref, il est probable que les prochains mois verront apparaître ces réjouissants paquets de cigarettes dans le commerce, fusillant encore un peu plus l’avenir des petits débitants de tabac qui, pour les plus lucides d’entre eux, se reconvertissent doucement en point de vente pour la Française des Jeux, PMU et autres jeux à gratter, en attendant que ce plaisir là soit aussi minutieusement combattu.

Rassurez-vous : le Front Anti-Fun ne se contente pas de bouter le tabac hors de France. Il a bien compris qu’il existait maintenant une échappatoire avec la cigarette électronique et le vapotage, qui, au lieu d’utiliser du tabac, se contentent de chauffer de la nicotine. Pour le moment, il n’y a pas à proprement parler de lois spécifiques sur le vapotage, ce qui fait deux bonnes raisons de légiférer.

marisol tout raide

D’une part, il ne peut, il ne doit subsister en France aucune zone, aucun comportement, aucune habitude non couverts par une loi ou un article légal. Ce serait le début du grand n’importe quoi comme il pouvait encore en exister il y a quelques dizaines d’années, où les gens faisaient tant de choses sans même imaginer demander l’autorisation (les fous !).

D’autre part, tout ce plaisir qui échappe à la fois à une saine taxation libératoire et à une indispensable moralisation publique, c’est proprement inconcevable. Laisser cela sans corriger le tir, c’est prendre un risque considérable (et interdit constitutionnellement) d’habituer les générations futures à une trop grande liberté, qui est néfaste, comme chacun le sait. Il en sera donc pour le vapotage comme pour le reste, avec une interdiction de sortir sa cigarette électronique dans les lieux publics ou de faire de la publicité pour cet objet qui séduit de plus en plus de Français, grands enfants incapables de se contrôler un minimum.

fumer nourrit l'étatEn toute cohérence donc, quand bien même le vapotage est une alternative bien plus saine que le tabac traditionnel et judicieusement taxé, quand bien même les vapeurs dégagées ne peuvent pas être cancérigènes, quand bien même un nombre grandissant d’utilisateurs dit avoir pu arrêter complètement la cigarette puis la nicotine grâce à ce procédé, et surtout quand bien même cette invention a permis de créer un marché et les emplois qui vont avec, le gouvernement va sagement entreprendre de restreindre autant que possible son usage et sa pénétration, jugeant sans doute que la toxicité du tabac n’est pas suffisamment forte pour y trouver un substitut, ou que le chômage dans le pays n’est pas assez élevé pour s’affranchir d’étrangler un peu plus un marché naissant.

Et puis en toute cohérence toujours, alors que la lutte contre le vapotage va notoirement s’intensifier, le projet de loi de la ministre entendra expérimenter une ou plusieurs salles de consommation de drogue, dans lesquelles, selon toute vraisemblance et lieu public oblige, il sera donc interdit de fumer ou de vapoter. L’individu lambda pourra donc y faire son fix d’héroïne, mais n’aura pas le droit de se fumer une cigarette (électronique ou non). Délicieux.

Bref, si la route est longue, le chemin est connu et on en a déjà parcouru une bonne partie : l’avalanche de restrictions aux libertés des citoyens français continue au même rythme, dans la plus parfaite incohérence de textes s’empilant les uns sur les autres. La guerre contre toutes formes de plaisirs, qu’ils soient solitaires ou en société, va encore gagner quelques points décisifs pour transformer ce pays, jadis loué pour son art de vivre, en mouroir à petits vieux cacochymes où le summum du fun sera une partie hebdomadaire de dominos arrosé d’une grenadine sans sucre.

Ce pays est foutu, et en plus, on ne va même pas rigoler.

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Source : http://h16free.com/2014/06/02/31530-paquets-neutres-et-vapotage


Finançons encore plus la politique

dimanche 1 juin 2014 à 11:00

Vous le savez sans doute, sans y prêter d’attention, mais depuis 1988, les partis politiques français reçoivent un financement public à partir d’un certain seuil de candidats et de voix. Si vous êtes un contribuable, vos impôts les financent donc. En conséquence, ils sont devenus des entreprises d’État comme les autres, avec leur budget, leur personnel pléthorique, leurs comptes financiers à la douteuse transparence et des commissaires aux comptes comme dans toute société capitalistique qui se respecte, en quelque sorte.

Et soyons honnêtes, après 26 ans, le bilan est assez contrasté.

En effet, ce financement public n’a pas réellement permis une amélioration de l’offre politique et l’a même plutôt réduite : en 26 ans, on a surtout assisté au regroupement des partis de l’extrême-gauche en un gros blob mou luttant pour sa survie, à la disparition du centre et à la consolidation à l’extrême-droite dans le FN. D’ailleurs, les seuils officiels pour bénéficier du denier républicain interdisent assez fermement les nouveaux entrants, qui sont condamnés à rester petits et n’avoir que les moyens réduits de leurs adhérents, rarement millionnaires et prêts à sacrifier leur fortune pour faire avancer leurs idées. Le résultat est, dès lors, une aimable calcification de la vie politique française, ce qui laisse augurer du meilleur à l’heure des changements et de l’indispensable adaptation aux évolutions rapides des marchés et de la géopolitique mondiale.

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Mais il apparaît néanmoins que le sort de ceux qui se trouvent au bout du tuyau d’arrosage s’est nettement amélioré. L’argent public tombe avec la régularité d’un coucou suisse, moyennant l’exercice rituel des élections qui, pour les élus déjà en place, consiste bien souvent à limiter les dégâts et la mémoire de leur mandature précédente ; et à bien y réfléchir, la réélection n’a rien d’insurmontable, à tel point que même un casier judiciaire rempli n’obère en rien les chances de conserver ou retrouver un poste. Le financement public, c’est en quelque sorte l’assurance d’un fonds de roulement qui permet aux partis installés de s’assurer une place dans les médias et des moyens à la mesure de leurs ambitions. Et ça, c’est extrêmement important puisque cela réduit d’autant le stress des politiciens qui savent que leur parti pourra leur venir en aide en cas de déconvenue électorale. Et cette absence de stress autorise l’élu à mettre l’électeur ailleurs qu’au centre de ses préoccupations.

Et puis, le financement public, c’est aussi ce vernis indispensable de respectabilité sur une organisation, le parti politique, dont le but affiché est ouvertement de dominer les autres, de leur dicter quoi faire de leurs journées, ce qu’ils ont le droit d’envisager, et ce qu’il conviendra d’interdire fermement. Autrement dit, grâce à la ponction officielle, autoritaire et obligatoire du fruit du travail des contribuables, les organisations de contrôle, de contrainte et de commande des populations s’affranchiront, à terme, de détourner des finances publiques, d’abuser de biens sociaux, ou de recourir à des fausses factures et elles pourront alors imposer leurs lubies tout en étant rémunérées, au grand jour, par tous et chacun.

Ce bilan contrasté impose donc une question : peut-on faire mieux ? Doit-on aller plus loin ? Je dis oui.

Parce que le système, tel qu’il existe actuellement, peut largement être amélioré. Réfléchissez un instant : tel qu’il est, il opère une ponction politiquement indifférenciée sur le contribuable, d’autant plus que les deux ensembles « contribuables » et « électeurs » ne se recouvrent pas !

En définitive, on se retrouve avec cette délicieuse situation où le militant PS paye aussi dans ses impôts le financement de l’UMP qu’il honnit ; le sympathisant FN abonde fiscalement les finances du Front de Gauche qu’il exècre amèrement. Et les abstentionnistes qui n’ont trouvé leur compte dans aucun des clowns sur le marché payent tout de même pour les voir s’agiter. Dès lors, puisqu’on force déjà tout le monde à payer pour des partis qui n’obtiennent pas tous les suffrages, pourquoi ne pas pousser la logique à son terme et imposer que tous les citoyens soient, obligatoirement, encartés pour un parti politique ? Après tout, nous sommes tous, à hauteur de quelques euros par an et par personne, participants obligés à la vie de tous ces partis, non ?

Alors autant officialiser la chose !

financement public des partis politiques

On pourrait envisager, dans la déclaration d’impôts, une batterie de cases à cocher pour sélectionner le ou les partis qu’on souhaite directement abonder, pardi ! Et par défaut, le contribuable tomberait dans un parti « ramasse-miettes », qui récupèrerait tous les mécontents des autres partis. Les élections présenteraient alors un tour vraiment intéressant avec des candidats de l’UMP, du PS, des partis extrêmes (de gauche, de droite, du centre) et, bien sûr, des candidats du parti « ramasse-miettes », d’autant doté que les autres partis seraient médiocres…

Alternativement, la sanction des urnes serait doublée d’une sanction financière dont le financement actuel donne un aperçu, mais l’étendrait dans le temps puisque les impôts sont perçus tous les ans, alors que les élections s’éparpillent sur des cycles généralement asynchrones qui autorisent finalement toutes les magouilles politiciennes en parfaite contradiction avec le désir de transparence affiché par les tenants de ce type de financement public. En clair, les contribuables pourraient, en cours d’année, signifier leur approbation ou leur mécontentement de l’application d’une politique par un parti en réduisant la part d’impôts qu’ils leurs dirigeraient lors de leur déclaration.

La mise en place d’une telle idée aurait sans doute des effets rapides sur la vie politique française et aurait au moins la vertu thérapeutique de rappeler aux Français les quantités monumentales d’argent dont ils ne disposent pas du tout et qui sont dépensées dans une décontraction croissante par des partis politiques sclérosés. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y a aucune chance qu’elle ne soit jamais adoptée…
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Ce billet a servi de chronique pour les Enquêtes du Contribuable

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Source : http://h16free.com/2014/06/01/30411-financons-encore-plus-la-politique


Made in France, E17 : « Roms raisins »

vendredi 30 mai 2014 à 09:00

Tranches de vie ordinaires en République Démocratique (et Populaire) Française, imaginées mais pas dénuées de réalité – Épisode 17 : « Roms raisins. »
Par h16 et Baptiste Créteur.

En France, on ne fait pas ce qu’on veut où on veut. Il faut des autorisations. C’est comme ça, parce que sinon, ce serait l’anarchie et la mort du petit cheval. Et c’est d’autant plus vrai lorsqu’on sait que l’État sait mieux ce qui est bon pour vous et la collectivité que vous-même. Stéphane en sait quelque chose.

stephaneStéphane, c’est le propriétaire d’un terrain de 4000 m², dans le Sud de la France, situé à deux pas d’un important village de vacances accueillant de très nombreux touristes. Et au lieu de laisser son terrain en jachères inutiles, Stéphane a une idée pour rentabiliser son bien : il veut en faire un minigolf, quelque chose de joli avec une agréable pelouse, un joli parcours, et, pourquoi pas, une petite buvette bien achalandée.

Les arguments de Stéphane sont convaincants. Il se souvient les avoir longuement exposés à ses amis autour de quelques olives et d’un pastis puis deux puis trois : le village a besoin d’animation, les touristes garderaient un meilleur souvenir de leurs vacances si, au lieu d’encombrer le boulodrome que les locaux pratiquent régulièrement, ils venaient mettre quelques balles dans les trous qu’il mettrait à leur disposition.

L’idée, telle une balle menée de main de maître sur un joli parcours de minigolf, a fait jusque là un sans faute. Malheureusement, après quelques avancées importantes, elle se heurte à un maire qui souhaite maintenir la tranquillité des lieux et veille à ne pas défigurer le Village Fleuri qu’il administre. Et puis, il faut bien le dire, le maire (à l’insu de Stéphane) trouve excellente cette idée de minigolf, et, tant qu’à faire, préfère la mettre de côté quelques années pour l’ami de son beau-frère, qui, il en est sûr, le lui rendra bien.

Concrètement, raisons légitimes ou pas, intérêt général ou petits calculs, le refus du maire est ferme, et motivé ainsi :

Notre village est un lieu d’accueil, certes, mais pas Disneyland.

Un lieu d’accueil ? Vraiment ? Ah, puisque c’est ainsi, Stéphane prend le maire au mot. Puisqu’on doit accueillir, accueillons ! C’est donc, un brin revanchard, qu’il annonce à tous l’ouverture prochaine d’un camp d’accueil destiné aux populations Roms.

Chassés de partout, persécutés dans toute la France, les pauvres Roms ne trouvent pas leur place dans une société qui, de surcroît, utilise de l’amalgame et la discrimination à grosse louchée pour les empêcher d’aller et venir et de s’installer où ils veulent, à commencer par les pâturages et les vertes prairies du pays qui est pourtant le Phare Mondial de l’Humanisme. Et même si la commune n’est pas assez grande pour se voir imposer la mise en place d’un terrain d’accueil, Stéphane aime l’idée d’un lieu ouvert, bien conçu mais suffisamment sobre pour éviter le qualificatif de Disneyland, pour ces gens défavorisés dont la présence ne pourra qu’enrichir la vie locale, ouvrir l’esprit des habitants et soulever un peu le voile sur les coutumes différentes de ces itinérants, et tant pis pour le mini-golf.

mini golf

Sapristi ! Le maire, mis au courant de l’idée, n’apprécie pas. Pas du tout, même.

On peut le comprendre. Voyez-vous, les prochaines élections approchent et les résultats ne sont pas acquis d’avance : le soutien de la population décroît d’autant que son embonpoint s’étend, ce dernier étant bizarrement corrélé à la multiplication des projets fumeux et autorisations farfelues qui semblent inlassablement favoriser les proches du maire. Pour lui, un campement de Roms, ce serait le pompon qui risquerait de lui faire perdre son mandat, sans lequel il serait bien en peine de trouver à gagner sa croûte. Et même s’il le conserve, il n’a aucune envie d’avoir à gérer les habitants et touristes en colère, pendant ces mois d’été que le réchauffement climatique promet caniculaire, ce sont les scientifiques qui le disent.

La surprise passée, le maire empoigne son téléphone et contacte le préfet, le conseil général, le conseil régional, et tous ses amis de la loge. Pendant que des coups de fils sont échangés, fébriles, Stéphane, lui, avance. Déjà, sur un panneau, on peut lire depuis la route « Ici, création d’un village d’insertion pour le peuple Rom » sur sa propriété. Ce qui ne manque évidemment pas d’attirer l’attention du propriétaire d’un camping voisin, ainsi que celle du propriétaire du village de vacances. Accessoirement, ils ont en commun d’être des proches du maire, et désormais ennemis de Stéphane.

Cependant, ce dernier est en contact avec plusieurs associations pour créer sa zone d’accueil pour les vilains petits canards de l’Europe. Au passage, Stéphane a même hésité un moment à y adosser un centre de réinsertion de jeunes déçus de la France, histoire de vraiment titiller l’implication citoyenne par le gros bout de la festivité multiculturelle, mais ce sont les associations elles-mêmes qui l’ont mis en garde contre d’éventuels troubles liés à une cohabitation difficile. Il n’y aura donc pas de centre de réinsertion, mais pour le terrain d’accueil, c’est tout de même bien parti :

Je vais aménager une fosse septique, des panneaux solaires et j’ai pensé aussi à un forage. Tout sera prêt pour cet été, et je pense pouvoir accueillir une dizaine de familles. Je ne vois pas pourquoi tant de gens refusent que le village soit réellement un lieu d’accueil pour ceux qui en ont besoin. Après tout, c’est le maire qui veut qu’on soit accueillant, non ? Bien sûr, j’aurais préféré mettre en place un minigolf, mais je n’aime pas trop qu’on me dise quoi faire. Certes, si le maire veut bien que je construise mon minigolf, j’hésiterai sans doute un moment. Parce que le maire est un vrai couillon.

Et parce que le maire est vraiment couillon et Stéphane vraiment têtu, les Roms disposeront bientôt d’un lieu d’accueil conforme aux dispositions légales et où ils pourront rester en toute tranquillité.

N’est-ce pas magnifique, la générosité d’une République apaisée ?

Vous vous reconnaissez dans cette histoire ? Vous pensez qu’elle ressemble à des douzaines de cas relatés par la presse ? Vous lui trouvez une résonance particulière dans votre vie ? N’hésitez pas à en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Source : http://h16free.com/2014/05/30/31507-made-in-france-e17-roms-raisins