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L’immobilier bouge encore un peu. Rassurez-vous, le gouvernement va l’achever.

lundi 27 octobre 2014 à 09:00

L’idée de taxer, solution unique aux problèmes de trésorerie des bidules étatiques (dont tout le monde se fout), n’est pas une idée curieuse ou inhabituelle. Ainsi, à voir les questions lancées à l’Assemblée nationale, la taxe semble l’alpha et l’oméga des idées qui passent par la tête de nos députés, et dont la source inépuisable semble être l’un de ces nombreux lobbies qui ont toute l’oreille de nos élus.

Au lobby du livre, dont on a vu dans un précédent billet qu’il a gentiment propulsé une taxe sur les toners dans la tête de Fleur Pellerin, correspond maintenant celui des agents immobiliers qui s’est empressé d’aller rappeler au député Bulteau qu’elle devrait envisager rapidement de taxer les sites d’annonces immobilières de particulier à particulier avec exactement la même décontraction (relax, c’est la France) que le ministre, et un raisonnement consternant à l’appui de l’un des trop nombreux siphons de l’État.

En effet, pour la brave Sylviane, jamais en retard d’une mathématique boiteuse pour racler les fonds de poches des autres, les ventes immobilières de particuliers à particuliers ne passent pas par des agences et ne permettent donc pas la récupération de la TVA sur les honoraires que ces agences auraient générés en s’occupant de ces transactions. C’est un scandale. S’insère alors l’idée de « manque à gagner pour l’État » que permet ces nouvelles technologies en abolissant les intermédiaires.

bulteau aime les taxes

Le fait que la transaction soit plus rapide, que le marché en soit rendu plus fluide, et que l’État se sucre tout de même au passage avec les frais notariés n’effleure même pas Bulteau. Et que le marché immobilier français soit, au regard des autres pays européens, le marché le plus lourdement taxé, que cette fiscalité débordante soit directement responsable des prix stratosphériques de l’immobilier en France, tout ça, c’est parfaitement périphérique aux préoccupations du député Bulteau : le pouvoir d’achat des personnes impliquées dans ces transactions, elle n’en a absolument rien à carrer puisqu’avant tout, des taxes qui ne rentrent pas mettent en péril, à terme, ses propres indemnités de parlementaire.

En tout cas, si on peut reprocher ses raisonnements ridicules à Bulteau, on ne peut pas remettre en cause sa volonté acharnée d’en finir une fois pour toute avec le marché immobilier en France, comme, du reste, l’ensemble du gouvernement qui, lui aussi, s’échine à le bloquer définitivement.

Prenez par exemple l' »APL accession » (c’est une aide publique personnalisée pour le logement) : l’élite du pays, découvrant avec stupeur — après tout le monde — que cette aide aurait une furieuse tendance à favoriser des loyers élevés, se serait décidée à plus ou moins programmer sa disparition dans le prochain projet de loi budgétaire pour 2015.

Si, en tant que libéral, on peut se réjouir de la disparition d’une distribution d’argent public, on ne peut s’empêcher de noter qu’elle s’éteint au profit du financement des prêts à taux zéro, qui ne sont qu’une autre forme de subvention déguisée, et qui garantit en tout cas que la ponction correspondante à cette subvention ou cette distribution ne s’éteindra pas, elle. Et, quoi qu’il en soit, cette nouvelle modification substantielle des règles du marché immobilier va encore une fois impacter ses acteurs.

Ces nouveaux bricolages fiscaux interviennent alors que les deux années passées ont été pourtant riches en bidouillages effrénés, sans même parler de l’épique parcours de la loi Duflot, dépecée lentement au fur et à mesure qu’on découvrait l’inanité des propositions de la pauvre ministre. Bref, on va encore tripoter les codes entourant l’immobilier en France alors qu’une bonne dose de stabilité et de calme dans ce secteur semble urgent à l’observateur un peu lucide.

enfin logement dans mes moyensEt puis tant qu’on y est, prenez aussi les dernières idées lumineuses du Comité de Bâle, institution internationale certes non contraignante mais dont les prurits recommandations sont généralement suivies dans les directives européennes qui, elles, le sont. Ce comité propose tranquillement d’en finir une bonne fois avec les prêts à taux fixe dont sont friands ces coquins de Français, pas trop confiants dans l’avenir et qui ont une tendance à considérer qu’un taux variable comporte, intrinsèquement, un risque qu’ils ont du mal à arbitrer. Peu importe ici que ces derniers aient raison ou tort, l’idée de base (la disparition du taux fixe) représente une nouvelle perte de liberté pour ces derniers qui n’auront plus la possibilité de choisir entre différents types de prêts bancaires.

Et accessoirement, cette nouvelle modification majeure de la finance immobilière va inévitablement entraîner un ajustement des acteurs du secteur, un de plus, au moment où, précisément, l’accession à la propriété en France n’est pas spécialement au beau fixe. Question timing, c’est vraiment judicieux : à force d’efforts idiots du gouvernement, des députés et des institutions bancaires, le marché immobilier français est maintenant bloqué. Lentement mais sûrement, les prix baissent.

Et s’il est tout à fait souhaitable que ceux-ci dégonflent, les raisons pour lesquelles ils le font ne laissent pas présager d’un avenir serein : fiscalité punitive, contraintes écologiques délirantes, paperasserie administrative toujours plus abondante, le tout ajouté à une conjoncture morose et une déflation nette de ces actifs risque bel et bien d’entraîner une glissade qui n’aura plus rien de contrôlé.

Mais voilà : le marché immobilier, en France, n’est pas bombardé de taxes et de contraintes fiscales par hasard. C’est, en réalité, l’une des plus grosses mamelles à laquelle tète goulûment l’État redistributeur, et, par conséquent, le robinet grand ouvert à émoluments juteux pour nos élus, tant au niveau local qu’au niveau national. Les volumes financiers que ce marché représente sont si énormes qu’ils ne peuvent que motiver ardemment les ponctionnaires de toutes sortes. Partant de cette constatation, il n’y a donc absolument aucune chance que la réalité, celle d’un marché suffocant sous une fiscalité délirante, atteigne un jour tous ces élus. Dans cette République où le respect de la propriété privée est (paradoxalement) inscrite dans les droits fondamentaux, tout sera donc entrepris pour la grignoter encore un peu plus sous les impôts divers. Sylviane Bulteau n’est, finalement, que la partie visible d’un iceberg de folles habitudes taxatoires.

Et plus cette propriété sera grignotée, plus les taxes pleuvront, moins elles rapporteront. Les élus, paniqués, continueront donc leur combat, voué à l’échec, et pleurnicheront bien sûr que rien ne se passe comme prévu. Rassurez-vous, le coupable ultra-néo-libéral est déjà trouvé.

Le Socialisme, vraiment, c’est Magique.

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Source : http://h16free.com/2014/10/27/34578-limmobilier-bouge-encore-un-peu-rassurez-vous-le-gouvernement-va-lachever


Fleur Pellerin taxe les toners et veut censurer les interwebs

dimanche 26 octobre 2014 à 11:00

Le Parti officiellement socialiste se déchire : il faut bien s’occuper, le peuple n’ayant pas d’intérêt entre deux élections. Pendant ce temps, Fleur Pellerin, l’actuel prétexte au ministère de la Culture, n’est plus pilotée par personne. Elle peut donc faire ce qu’elle veut (tant qu’elle ne fait pas trop parler d’elle) et se permet donc d’envisager des trucs rigolos et des bidules qui le sont un peu moins.

Dans la catégorie des trucs rigolos, on trouvera sans problème la dernière lubie de Fleur. Comme d’habitude, à tout problème complexe et provoqué par une gestion idiote de l’État, on va proposer rapidement une solution simple, étatique, et elle aussi parfaitement idiote en espérant, une fois le tout lancé dans l’azur bleuté, que cela retombe proprement à sa place dans les petites cases prévues à cet effet.

Ici, le problème auto-posé concerne le financement du Centre National du Livre dont l’action décisive, ces 68 dernières années, a été telle que plus personne ne peut ignorer que ce Centre existe. Et d’ailleurs, pas besoin de rappeler qu’il a été fondé au sortir de la guerre — pas du Golfe, hein, la seconde mondiale — que son rôle est de soutenir l’ensemble de la chaîne du livre (avec le succès qu’on lui connaît, le nombre de librairies, d’imprimeries et d’éditeurs florissant en France), et qu’il fait tout ça avec de la poudre de perlimpinpin les sous du contribuable qui en a largement pour son argent (ben oui, 29 millions d’euros annuels, une broutille), n’est-ce pas, youpi, youkaïdi, youkaïda, mais justement, de l’argent, il en manque un bon paquet, alors signez ici, merci.

Government Demotivator

Et ce n’est pas parce le reste monde se passe fort bien de ce genre de Centres nationaux (et leurs bébés régionaux, ne l’oublions pas), ce n’est pas parce que des millions d’exemplaires de livres, sous toutes les formes, électroniques comprises, arrivent pourtant à s’écouler sans eux qu’il faut pourtant laisser tomber l’idée même d’un financement public massif. L’austérité aidant, il était plus que temps d’accroître les moyens du CNL. Et comme – horreur – ce CNL se finançait jusqu’à présent par une taxe sur les moyens de reproduction, que ces moyens sont de moins en moins utilisés à la suite de la numérisation massive de la société, et qu’ils sont remplacés par des moyens de production papier au plus proche de l’utilisateur, Fleur a finement suivi les idées d’un rapport de 2010 (parce que même poussiéreuses, les idées pourries de taxation supplémentaires sont toujours les bienvenues pendant les disettes budgétaires).

Bienvenue, donc, à une nouvelle ponction sur les consommables d’impression ! Et dans la bouche de Pellerin, ça donne à peu près ceci :

« Le ministère étudie actuellement pour les prochaines années la possibilité de modifier la taxe affectée pesant sur les appareils d’impression et de reproduction qui pourrait inclure les consommables de ce type de matériels. Le taux pourrait en conséquence être diminué. »

Fleur PellerinNotez bien les termes employés : on va modifier la taxe, son taux va diminuer, là où en pratique on va en étendre l’assiette. Et le bilan est bien évidemment une augmentation des moyens du CNL, à hauteur de 10 à 15 millions d’euros qui ne proviennent pas, eux, de l’impression de petits billets monétaires, mais bien directement de la popoche du consommateur de cartouches d’encre, déjà fort chères. Ouf, le CNL est sauvé par les cartouches d’encres de Robert et Monique qui impriment les photos de leurs petits-enfants. Rapport avec le livre ? Aucun, mais s’il en fallait un en France, un vrai, pour taxer, ça se saurait.

Fleur PellerinBien sûr, le risque est que le consommateur, lassé d’une nouvelle taxe accroissant le prix d’un bien déjà fort cher, s’en aille acheter sa cartouche à l’étranger, les vendeurs en ligne pullulant, comme il le fait déjà pour les disques durs et les cartes mémoires. En outre, avec l’augmentation continue des moyens de reproduction électronique (c’est-à-dire, sans passer par l’étape papier), l’utilisation des cartouches d’encre est vouée à diminuer. Du reste, l’évolution mondiale ne laisse guère de doute puisque la tendance globale des marchés de l’impression et du consommable, même s’ils sont robustes, est tout de même à la baisse depuis quelques années.

Autrement dit, Fleur Pellerin bondit d’une taxation obsolète sur les photocopieuses et autres matériels de reproduction graphique vers une taxation des consommables d’impression elle aussi appelée à devenir assez vite obsolète. Mais l’idée est là : taxons, taxons, taxons, il en restera toujours quelque chose (?) …

Parallèlement, et alors que cette histoire de taxation des toners et cartouches a fait frémir les réseaux sociaux, on s’étonne du peu de réaction qu’a suscité l’idée pourtant aussi orwellienne que lourde de conséquences de la même Fleur Pellerin, qui s’est déclarée récemment favorable à l’introduction de listes noires de sites à bannir, listes qui seraient tenues à jour par l’inénarrable HADOPI qui a largement démontré son extraordinaire efficacité jusqu’à présent.

hadopi la creature d'aujourd'hui la censure de demain

En substance, il s’agirait de désigner de façon publique les listes de sites qui contreferaient massivement des données électroniques, parce que, vous comprenez, les lois qui existent actuellement ne suffisent pas (bien sûr). Rassurez-vous, tout sera établi dans le respect des lois, de la liberté d’expression, de diffusion de l’information, bisous, circulez, ce sera bien fait.

Les internautes semblent assez sensibles à l’introduction d’une nouvelle taxe, dont on imagine sans mal que les effets assez prévisibles et franchement délétères vont – à l’instar de la taxe sur la copie privée – encore une fois ridiculiser l’action du ministre qui l’a mise en place. C’est bien fait, rigolons-en déjà, elle le mérite bien.

De façon plus préoccupante cependant, la même personne, qui propose, depuis le même ministère, une restriction grave et importante de nos libertés, qui essaye de mettre en place un système de censure et de listes noires tel qu’il serait envisagé en toute décontraction dans l’une ou l’autre dictature que cette planète compte encore, ne semble pas réussir à mobiliser plus qu’un petit haussement d’épaules.

fascism

Les nombreux participants des réseaux sociaux, ayant bien compris le potentiel de drôlerie que renfermait cette proposition ridicule de taxe sur les toners, n’ont pas hésité à relayer l’information en la commentant de façon plus ou moins acide et amusée. Parallèlement, peu (pour ne pas dire aucun) de ces mêmes acteurs ont diffusé la volonté affichée de mettre en place ces listes noires, embryon d’un contrôle serré d’Internet au niveau gouvernemental.

Logo HADOPI : haute autorité destinée à observer les petits internautesIl faudrait être naïf pour croire que les agitations taxatrices débiles de Fleur Pellerin doivent tout au hasard, et oublier que cette méthode, éprouvée, est une des plus efficace pour focaliser l’attention sur un point de détail, nouvelle paille taxatoire sur une meule déjà géante de ponctions diverses… Attention qui ne se portera donc pas sur les travaux, en coulisse, bien plus porteurs de sens et de conséquences néfastes que ces petites effervescences fiscales ridicules.

Quoi qu’il en soit, que Pellerin lance une nouvelle taxe parce que cela fait partie d’une pulsion politicienne plus forte que tout et parfaitement habituelle, ou que ce soit par calcul médiatique pour couvrir les démarches en cours avec la HADOPI afin de fournir un moyen étatique de contrôler les interwebs, le résultat est le même … Souriez, vous allez être un peu plus taxés, et un peu plus surveillés.

Le socialisme, vraiment, c’est magique.

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Source : http://h16free.com/2014/10/26/34554-fleur-pellerin-taxe-les-toners-et-veut-censurer-les-interwebs


Encore du rififi à Peintures Sanitaires S.A.

vendredi 24 octobre 2014 à 09:00

Au sein de Peintures Sanitaires SA, la vie n’est pas toujours rose et c’est justement ce changement de couleur qui pose de graves soucis aux uns et aux autres. Le changement, c’est maintenant peut-être, mais surtout, c’est difficile.

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De : martine.aubry@ps.fr
À : etats-generaux@ps.fr
CC : redaction@jdd.fr
CCi : manuel.valls@ps.fr, françois.hollande@lafrance.fr

Sujet : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Chers collègues,

La politique commerciale de la boîte pose actuellement des soucis. Très manifestement, Peintures Sanitaires rencontre à nouveau des problèmes à écouler sa nouvelle gamme et notamment les roses, à commencer par les plus pâles, que la direction s’obstine à produire et tenter de revendre un peu partout. Regardons la vérité en face : la politique menée depuis deux ans, en France, comme presque partout ailleurs en Europe, s’est faite au détriment de la croissance. On avait déjà bien du mal à vendre nos pigments, mais la tendance s’est aggravée. Et puis le directeur commercial est nul. Il ne fait que des petites magouilles avec son petit clan. Il n’est pas capable de faire confiance aux autres.

Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage pour éviter de sombrer.

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De : benoit.hamon@ps.fr
À : martine.aubry@ps.fr
CC : redaction@afp.fr
Sujet : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Martine,

Je trouve que tu as tout à fait raison. La politique générale menée par le président François, et les actions commerciales entreprises par Manuel ont pas mal réduit les capacités d’intervention de la maison-mère. Je soupçonne le président François d’avoir fait exprès d’enliser la situation pour favoriser un désastre commercial en 2017.

Sache que tu as tout mon soutien.
Bises
Benoît

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De : jc.cambadelis@ps.fr
À : manuel.valls@ps.fr
CC : benoit.hamon@ps.fr ; orelifilipeti@ps.fr
CCi : redaction@afp.fr
Sujet : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Manuel,

Tu trouveras en attachement le dernier e-mail de Benoît qui dit des trucs pas cool à ton sujet. Pour que les choses soient bien claires, je tiens à te dire tout mon soutien et je regrette ouvertement une attitude déplorable et pas loyale de nos deux anciens VRP.

Cordialement
J.C.

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De : benoit.hamon@ps.fr
À : aurelie.filippetti@ps.fr
Sujet : TR : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte
stfu noob
Salut Aurélie,

Comme ce gros noob de Carambadélice n’est pas foutu d’écrire ton adresse e-mail correctement, je te forwarde son mail où il fait son gros suce-boule avec Manuel.
Bises
Benoît

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De : aurelie.filippetti@ps.fr
À : jc.cambadelis@ps.fr
Sujet : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

J.C.,

D’abord sache que je n’ai aucune leçon à recevoir de qui que ce soit. Je dois des comptes à mes clients et puis c’est tout. Et puis même je te ferai dire aussi que mon adresse e-mail c’est aurelie.filippetti@ps.fr et pas orelifilipeti@ps.fr et que si tu continues je vais voir la DRH pour harcèlement moral.

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De : benoit.hamon@ps.fr
À : jc.cambadelis@ps.fr
Sujet : Ton soutient à Manuel / politique commerciale de la boîte

J.C.,

J’ai lu ton e-mail avec attention et je te sens un peu tout stressé, pas zen. Il ne faut pas réagir avec ses nerfs dans ces cas-là. Même si tu n’es pas d’accord avec ce que Martine, Aurélie et moi nous disons, sache que j’ai ma cohérence et j’essaie d’être utile à mon entreprise. La peinture, le ripolinage, les couches de surface, l’opaque ou le mat, ça me connaît. Simplement, je dis : diluer le rose-foncé qui a fait notre force à Peintures Sanitaires, ça ne donne pas de résultats. Je dis stop. Voilà.

Sans rancunes
Benoît

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De : martine.aubry@ps.fr
À : jc.cambadelis@ps.fr
CCi : aurelie.filippetti@ps.fr ; benoit.hamon@ps.fr
Sujet : TR : Prove your manliness! Take ÜberDik and be a man!

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De : jc.cambadelis@ps.fr
À : stephane.le-foll@ps.fr
Sujet : les boulets

Salut Stéphane

Tu interviens quand tu veux au sujet des gros boulets. Si tu dois prendre la parole, je crois que c’est maintenant.

Cordialement
J.C.

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De : stephane.le-foll@ps.fr
À : benoit.hamon@ps.fr
CC : manuel.valls@ps.fr
CCi : redaction@afp.fr
Sujet : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Benoît alors bon je trouve hein tout de mème que tes propos ont surement dépassé ta penser parce que bon le budget, ce n’est pas une décision anodine, n’est-ce-pas-. Franchement ne pas soutennir le budget alors qu’on est dans une passe dificile, c’est pas correc. IL Ya des devoirs que quand on est dans une majorité, la question budgétaire est essentielle d’abor. Donc il y a un manquement au devoir. Une limite a été franchie et la cohérence serait que tu quitte Peintures Sanitaires.

Voilà.

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De : benoit.hamon@ps.fr
À : stephane.le-foll@ps.fr
CCi : aurelie.filippetti@ps.fr ; martine.aubry@ps.fr
Sujet : genre comment tu te la joues

Le Foll,

D’où que tu rêves ça que je vais quitter Peintures Sanitaires ? Et t’es qui pour me parler cohérence quand on voit ta coupe de cheveux alors qu’on est au 21ème siècle ? Je te rassure, je ne vais pas quitter Peintures Sanitaires.

Benoît

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De : aurelie.filippetti@ps.fr
À : benoit.hamon@ps.fr
Sujet : RE : genre comment tu te la joues

lolSacré Ben. J’ai bien lolé comment tu as remis Le Foll a sa place. Frondeur FTW.
Biz
ORly

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De : manuel.valls@ps.fr
À : GROUPE-PS@ps.fr
CC : martine.aubry@ps.fr ; redaction@afp.fr
Sujet : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Chers tous, chère Martine,

Il est vrai qu’il y a un grand désarroi, de l’inquiétude pour l’avenir, de la colère aussi. On l’a bien vu lors de la dernière campagne de communication locale et européenne : je pense que nous aurions dû faire dès 2012 un constat plus clair sur notre situation, pour éviter la crise à Peintures Sanitaires. Néanmoins, des réformes ont été lancées. À Peintures Sanitaires, il faut en finir avec les équipes de VRP passéistes, ceux qui s’attachent à un passé révolu et nostalgique, aux rouges qui ne firent notre succès que pendant les Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c’est comment orienter la modernité pour accélérer l’émancipation des individus et leur apporter du bleu, du blanc, du vert et peut-être probablement, du brun.

Et puis, à bien y réfléchir, Peintures Sanitaires, c’est daté. Ça ne signifie plus rien. La peinture pour les sanitaires, ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie qui nous aura permis d’amener le rouge et le rose vif dans les salles de bains, les toilettes de tous les Français. Mais voilà : c’était une utopie inventée contre le bleu layette, le vert pastel et le blanc neutre des salles de douches du 19ème ! D’ailleurs, allons plus loin : pourquoi ne pas bâtir une maison commune de toutes les peintures progressistes ?

Tous, nous devons nous réinventer. Chers tous, chère Martine, je nous souhaite bon courage.

Manuel

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De : claude.bartolone@ps.fr
À : manuel.valls@ps.fr
CC : redaction@afp.fr ; GROUPE-PS@ps.fr
Sujet : Re: RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Manu,

Ici, à la compta, on trouve que tu perds ton temps avec des broutilles. Concentre-toi donc sur ton travail, laisse ce débat aux vendeurs dans les rayons des agences locales. Franchement, là, remballe ta rengaine. Je pense que ce n’est pas le meilleur moment pour pousser cette chansonnette. L’idée même de changer le nom de la boîte, ce n’est pas la première fois que tu l’as eue, et je te dis : cher Manuel, c’est une faute.

Claude

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De : emmanuel.macron@ps.fr
À : manuel.valls@ps.fr
Sujet : problème de toner

Bonjour Monsieur Valls

Juste pour signaler qu’il n’y a plus de toner dans l’imprimante de la salle 102. Je ne pourrai pas imprimer le dossier « Réformes Super Importantes » avant au moins deux semaines, le fournisseur ne passera pas avant. Et aussi, j’ai renouvelé les dosettes de café (ça fera 28€, j’ai conservé la facturette).

Bien à vous
Emmanuel

PS : pourrais-je passer vous voir pour faire signer ma convention de stage ? C’est impératif pour avoir mon U.V.

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De : martine.aubry@ps.fr
À : claude.bartolone@ps.fr
CC : aurelie.filippetti@ps.fr ; benoit.hamon@ps.fr
Sujet : RE : Re : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

>
> « Concentre-toi donc sur ton travail »
>

Pan dans les dents.
Bien dit Claude. T’as bien remis l’avorton à sa place.
Merci.

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De : bastien.millot@bygmillion.fr
À : jc.cambadelis@ps.fr
CC : manuel.valls@ps.fr ; martine.aubry@ps.fr
Sujet : offre commerciale à saisir

Monsieur Cambadélis,

bygmillionJe me permets de vous recontacter pour vous proposer notre aide en matière de communication et d’événementiels. En effet, à la suite de l’actualité chargé que votre entreprise traverse, je pense utile de venir vous présenter les offres commerciales particulièrement intéressantes de notre société spécialisée notamment dans la relation média.

Avec un chiffre d’affaire de plusieurs millions d’euros et un ingénieux système de rétro-commissions, vous aussi pouvez à la fois optimiser vos événementiels et participer au lissage de votre trésorerie. Avec nous, les opérations financières complexes n’auront plus de secret pour vous et vous pourrez en surcroît rester assurés d’une communication efficace envers tous vos partenaires.

Mettez la presse à votre service, utilisez enfin le plein levier d’une publicité taillée sur mesure : faites appel à Bygmillion.

Dans l’attente de votre retour, veuillez agréer cher monsieur l’expression de nos salutations distinguées

B. Millot, PDG – Bygmillion Group

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De : arnaud.leroy@ps.fr
À : manuel.valls@ps.fr
CC : redaction@afp.fr; arnaud.montebourg@ps.fr
Sujet : RE : Re : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

Manuel,
Il y a d’autres urgence et priorités pour la boîte que d’en changer le nom. La cosmétique, hein, c’est pas du réformisme.

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De : arnaud.montebourg@ps.fr
À : arnaud.leroy@ps.fr
Sujet : RE : Re : RE : RE : il faut réorienter la politique commerciale de la boîte

>
> Il y a d’autres urgence et priorités pour la boîte que d’en changer le nom. La cosmétique, hein, c’est pas du réformisme.
>
C’est un peu cheap shot, mais ça fait du bien.
Thanks bro’ !

thanks bro

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De : michel.rocard@ps.fr
À : francois.hollande@france.fr
CC : redaction@afp.fr
Sujet : 2017

Cher François,

Juste un petit mot pour te dire que je te déconseille de te représenter à la tête de France.fr. Et puis, je ne pense pas que tu le pourras, de toute façon, ni probablement que tu le souhaites.

Amitiés
Michel

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De : francois.hollande@france.fr
À : michel.rocard@ps.fr
Sujet : Re : 2017

Mais qui êtes-vous ?

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De : francois.hollande@france.fr
À : manuel.valls@ps.fr
CC : redaction@afp.fr
CCi : martine.aubry@ps.fr
Sujet : Au sujet de ta médaille

Mon très cher Manuel,

Comme on va se voir bientôt pour la remise de la médaille « Meilleur VRP 2014 Peintures Sanitaires », je tenais à te dire que j’évoquerai dans le discours un de tes prédécesseurs, ancien patron des équipes commerciales de terrain, Jules Clémenceau. C’est cadeau, pour te faire plaisir, parce que je sais que c’est une des figures qui te sert de référence. Et puis, ça tombe bien, c’est un personnage controversé, y compris au sein de Peintures Sanitaires. Je connais bien son parcours, parcours très long.

Quelque part, ça te laisse grand espoir, hein ?

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De : martine.aubry@ps.fr
À : francois.hollande@france.fr
Sujet : Re : Au sujet de ta médaille

>
> Quelque part, ça te laisse grand espoir, hein ?
>
Oh joli le tacle !

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Source : http://h16free.com/2014/10/24/34510-encore-du-rififi-a-peintures-sanitaires-s-a


Violence à l’école : des priorités clairement définies

jeudi 23 octobre 2014 à 09:00

Ainsi donc, l’école n’est pas toujours ce havre de paix et de calme propice à l’enseignement. Ainsi donc, il semble que l’Éducation nationale ait quelques problèmes à faire régner l’ordre et la discipline dans certains de ses établissements. Mais rassurez-vous : le problème à peine mentionné, des solutions opérationnelles efficaces se dessinent déjà.

Bon, certes, ce n’est pas la première fois qu’une école brûle, et plus particulièrement dans ce quartier sensible. Mais regardons le bon côté des choses : ce fut l’occasion pour quelques membres du gouvernement de sortir un peu prendre l’air, d’aller serrer la main de quelques personnes du peuple, de balancer quelques vérités fracassantes avant de repartir bien vite vers le prochain cocktail et le plateau suivant de petits-fours. Najat Vallaud-Belkacem, l’ancienne porte-parlote du gouvernement devenue ministre de l’Éducation Nationale sur un malentendu lors d’un jeu de chaises musicales auquel Benoît Hamon, l’éternel étudiant, perdit jadis avec le panache des cuistres, a profité de sa présence presque fortuite sur les lieux pour lancer, avec une profondeur d’analyse rarement égalée, que (je cite) :

« Les événements d’hier [lundi 20.10.14] sont des événements graves, d’une violence physique et symbolique inouïe destinée à terroriser la population. »

Pour pouvoir ainsi affirmer une chose avec tant de force, elle s’était courageusement adjoint les services de Bernie Cazeneuve, dont l’extraordinaire passage aux Affaires Européennes, puis le frémissant passage au Budget, avant son actuel poste ébouriffant à l’Intérieur, ont laissé une empreinte forte dans l’histoire de la République. Tout de go, le ministre s’est d’ailleurs exclamé, à bon droit (je cite toujours) :

« Nous sommes venus dire notre détermination à faire en sorte que le droit passe »

Il court, il court, le ministre ; le droit est passé par ici, il repassera par là, c’est lui qui vous le dit, nomého ! D’autant que le chef de la police, toujours aussi lucide, a ajouté :

« Le problème à Corbeil-Essonnes est d’abord celui du rétablissement de l’ordre public. »

Ah tiens donc ? Rejoindrait-on le constat effectué dans ces colonnes il y a quelques jours ? Il y aurait donc un petit souci de rétablissement de l’ordre public à certains endroits… Et puisqu’on parle ici d’écoles et de lieux d’éducation, allons plus loin et osons le dire : il y a peut-être un petit souci de rétablissement de l’ordre public au sein même des établissements scolaires. Oh, ce n’est pas moi qui le dis, c’est le simple constat dressé à longueur d’années par le corps enseignant lui-même dans certains lycées, dans certains collèges et – malheureusement – dans certaines écoles primaires aussi.

l'école des bisous 1

Pour essayer de cerner la question, pendant une semaine, France Bleu 107.1 a décidé de recenser les incidents signalés par les équipes éducatives à leur hiérarchie, de la maternelle au lycée, pour la Seine-Saint-Denis. La liste obtenue est consultable ici et il faudra probablement que le ministre de l’Intérieur la lise quelque peu, aidé par sa copine Najat du gouvernement, qui a (dit-on) une part de responsabilité dans la gestion du bousin des établissements concernés.

Cette liste établit une série de faits tous plus « croustillants » les uns que les autres et si elle ne permet sans doute pas de dresser un bilan exact et fidèle de l’enseignement en France (pour lequel on espère, ardemment, qu’il n’en va pas partout pareil), elle permet néanmoins de se rendre compte que l’égalité républicaine dont se gargarisent nos ministres et nos élus semble avoir bien du mal à passer les portes de certains établissements. À l’évidence, certains élèves sont moins bien lotis que d’autres en terme de sécurité, et, par voie de conséquence, en terme d’éducation : difficile de bien lire au tableau avec les deux yeux pochés, je présume, et déclamer distinctement du Ronsard (ou du Cortex, disons) avec des dents en moins relève parfois de la gageure, reconnaissons-le.

l'école des bisous 2

Ceci dit, au-delà des petits phrases outrées et politiciennes de nos ministres en pleine justification de leurs indemnités, il faut bien reconnaître que des actions, vigoureuses, sont en place pour essayer de lutter contre la violence à l’école. Par exemple, grâce à des sous-sous de la popoche du contribuable (en provenance de l’Europe notamment), des programmes à la fois pertinents, bien étudiés et joliment vitaminés sont mis en place pour sensibiliser les jeunes à la violence scolaire (sur stoplaviolence.net pour les ados et vinzetlou.net pour les plus jeunes) parce que, mes petits amis, il y a urgence à agir, fouyaya fouyaya.

On passera rapidement sur le fait que ceux qui sont les plus susceptibles de commettre ou de subir les violences en question ont une probabilité infinitésimale d’aller sur les sites correspondants ou d’en avoir quelque chose à carrer, ce qui nous évitera de nous poser la question de la pertinence réelle de tout ce fatras dégoulinant de niaiserie et d’inefficacité opérationnelle pour retenir que, ouf, quelqu’un semble avoir pris conscience que la violence scolaire, c’est mal, que ce serait assez chouette d’y mettre un terme et ce serait d’autant mieux si les autorités compétentes pouvaient prendre part à l’opération.

l'école des bisous 3

Et ça tombe bien.

Alors que des élèves du primaire tentent de s’énucléer à coup de Bic ou que d’autres, au collège, font vraisemblablement du trafic de sucre en poudre entre deux tournantes, l’Éducation Nationale prend le problème à bras le corps : il faut en finir avec les stéréotypes sexistes.

Eh oui.

petit facepalmSans même parler des abominations qu’on trouve parfois dans certains manuels qui comportent des pages hallucinantes dans lesquelles papa travaille au bureau et maman fait le ménage à la maison (nan mais quelle horreur !), le Haut Conseil à l’Égalité entre les hommes et les femmes a clairement fait savoir que l’Éducation Nationale a un rôle à jouer dans la lutte contre les représentations stéréotypées, merde à la fin. Pour ce Haut Conseil indispensable au bon vivre-ensemble dans nos établissements scolaires, les collectivités et l’Éducation Nationale, qui financent les manuels scolaires, devraient s’équiper d’une grille d’indicateurs (bullshitometer ?) pour prévenir la présence de stéréotypes dans ces manuels, et faire le nécessaire pour former les enseignants à l’égalité hommes-femmes (en plus des cours d’auto-défense, pas mentionnés mais certainement envisagés, on en est sûr, par ce Haut Conseil si puissamment humaniste).

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Autrement dit et pour le poser gentiment, on se fout ouvertement de la gueule du monde avec un cynisme et un détachement que seule une parfaite stupidité doublée d’une complète déconnexion de la réalité permettent avec autant de décontraction. On se moque des élèves en s’occupant du sexisme de leurs manuels alors qu’il faudrait commencer par s’assurer qu’ils seront ouverts et un peu lus (déchiffrés, disons) au cours de l’année. On se moque des parents en leur ponctionnant les impôts correspondant à ce qu’on fait passer pour une scolarité alors que pour certains, « malchanceux », cela ressemble plus à un parcours du combattant qu’autre chose. On se moque des enseignants qui n’ont absolument pas besoin de ce genre de branlette intellectuelle périphérique, ajoutée aux kilotonnes consternantes de contraintes administratives, éducatives et organisationnelles que le ministère leur ajoute tous les ans au prétexte de réformes toutes plus idiotes les unes que les autres.

Parents, enfants, enseignants, réveillez-vous : ces élus, ces décideurs, ces responsables se payent ouvertement votre poire, avec votre argent, votre temps, votre avenir.

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Source : http://h16free.com/2014/10/23/34459-violence-a-lecole-des-priorites-clairement-definies


Une feuille de paie vraiment plus simple

mercredi 22 octobre 2014 à 09:00

Le gouvernement l’a déjà dit plusieurs fois, Emmanuel Macron en premier, rapidement suivi des bégaiements rassurants du président Hollande : le pays a vraiment besoin de retrouver confiance en lui, et pour cela, il doit passer par une nécessaire simplification de son administration. C’est un véritable choc auquel il faut s’attendre, et ce choc de simplification commencera par quelque chose de très concret : la feuille de paie.

Pas de doute, le gouvernement y va d’autant plus cash que les paies de fin de mois ne sont plus payées en cash depuis des lustres et nécessitent, jusqu’à présent, d’encombrantes démarches et de pénibles calculs pour aboutir à une feuille officielle dans les normes. En effet, tout salarié doit le savoir, mais pour qu’une feuille soit correcte, il lui faut respecter un nombre impressionnant de critères complexes.

Outre les mentions habituelles et évidentes portant identification du payeur et du payé, la feuille doit aussi clairement établir les organismes qui toucheront les cotisations, ainsi que la myriade de petites bricoles qui circulent en orbite basse autour de la paie mensuelle, comme les tickets restaurants, les jours de congés, le total des cotisations versées, les nets et bruts imposables, et les comptes bancaires de versement. Notez que jusqu’ici, on n’a pas encore abordé le contenu même de la feuille, qui détaillera ligne à ligne ce qui est dû, ce qui est prélevé au titre de la retraite, des impôts, des taxes, des assurances vieillesse, chômage et autres. Bien évidemment, chacune de ces lignes répond à une mécanique propre, des taux spécifiques, dont les variations, pluriannuelles, doivent être scrupuleusement respectées par l’organisme payeur (le salodepatron) sous peine de poursuites probables.

bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !

En tout, il n’est pas rare que cette feuille de paie s’étende langoureusement sur deux pages, écrites petit, et que les calculs, complexes, échappent assez vite tant à la vigilance du payeur que des organismes collecteurs et enfin du salarié qui s’emmerde assez rarement à vérifier que tout y figure bien correctement, que les calculs sont exacts, les taux sont les bons, et les mentions légales complètes. On le comprend, en France, payer ses salariés relève rapidement d’un exercice administratif de haute volée, où le patron, s’il n’est pas aidé d’un expert-comptable, devra se doubler d’un solide fiscaliste pour savoir éplucher les bons codes et retrouver les données et taux sociaux à appliquer.

Il n’était donc que justice que les membres du gouvernement se penchent enfin sur la question pour dépoussiérer un peu ces vilains codes complexes, et nettoient quelque peu la feuille de paie. Vu l’ampleur de la tâche, ils s’y mirent sans doute à plusieurs et relevèrent le défi. Pour eux, une façon évidente de simplifier l’ouvrage consistait à en laisser choir une partie, plof, comme on coupe une jambe gangrenée pour éviter qu’elle emporte le malade tout entier : en réduisant de la feuille l’encombrant calcul des cotisations salariales à sa plus simple expression, on gagnait une place non négligeable. Mieux : en sucrant purement et simplement toute mention des cotisations patronales, la feuille s’en trouvait considérablement allégée.

Youpi. La presse, avertie, n’avait plus qu’à relayer les bonnes idées gouvernementales. Et vas-y que ça nous fait une feuille plus courte (ben tiens, si on fait sauter tous les postes où l’argent s’évapore, c’est d’un coup plus limpide) ! Et vas-y qu’on décortique pour le benêt de salarié ce qui va disparaître, heureux gagnant qu’il est d’une feuille enfin courte et lisible qui n’affichera plus qu’il gagnait en réalité bien plus que la maigre somme déclarée tout en bas avant la fort généreuse « redistribution » effectuée tant par lui-même que par son patron, à son corps défendant mais sans qu’il lui soit laissé le choix, parce que Ta Gueule C’est Magique.

vite simplifions l'administration

Superbe bond en avant d’une certaine vision édulcorée de la réalité : maintenant, il n’y aura plus de cotisations, mais un simple montant, d’une ligne, correspondant à une disparition (magique) d’un bout de salaire pour aller (toujours de façon magique) abonder à des organismes (sans intérêts) qui font des trucs et des machins en rapport avec la retraite, le chômage et la maladie. Et, d’après les calculs (d’autres, encore plus sioux et raffinés, soyez-en sûrs) de Matignon, cette édulcoration drastique permettra d’économiser plusieurs milliards d’euros par an aux entreprises, à raison d’une dizaine par feuille de paie, par mois.

Notez bien que les calculs, derrière, restent strictement identiques et que le travail ici proposé correspond essentiellement à un « revamping » de la feuille de paie pour la rendre sexy. Le patron (ou son expert-comptable) restera confronté au même casse-tête, aux mêmes taux changeants, aux mêmes avalanches de ponctions diverses allant à différents endroits tous aussi obscurs et mal gérés les uns que les autres. Ces calculs, étant les mêmes, cela veut dire que les deux milliards d’euros d’économies attendues le sont donc sur le toner d’imprimante et le papier des feuilles de paie. Voilà une économie dont le pays ne pouvait vraiment pas se passer.

À la limite, j’encouragerai bien le gouvernement à sauter le pas suivant et débarrasser la feuille de paie de toute mention vraiment complexe, pour aboutir à un modèle résolument plus simple et optimiste, à l’instar de celui présenté ci-dessous.

nouvelle feuille de paie ultra simplifiée

Cependant … Quand je dis que le casse-tête, pour l’employeur, reste le « même », je veux simplement dire qu’il existera toujours, caché derrière la petite ligne concentrée présentée à ce salarié trop bête ou trop las pour affronter la réalité du paquet affolant de ponctions incompréhensibles sur son salaire. En revanche, grâce à la « simplification » récente, l’ampleur de ce calcul va changer pour … s’accroître encore un peu.

Parce qu’en fait de simplification, on apprend de façon parallèle et pas trop médiatisée (pour le coup) que cette opération de camouflage sur la feuille de paie s’accompagnera au premier janvier 2015 de l’introduction d’une nouvelle contribution URSSAF destinée au financement mutualisé des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d’employeurs. Oui, vous avez bien lu : les changements introduits dans la nouvelle feuille de paie, non contents de dissimuler habilement au salarié le coût réel de sa protection sociale, serviront aussi à faire financer les syndicats directement par le salarié, indépendamment du fait qu’il soit ou non syndiqué. Vous pouvez toujours ne pas vouloir financer la CGT ou FO, vous n’y couperez donc plus.

oh filoche

Et lorsqu’on voit les modalités de ce nouveau financement, on se dit que la fameuse simplification est une nouvelle usine à gaz greffée à la précédente, déjà connue pour être assez monstrueuse. Et le taux, bien évidemment variable d’une année à l’autre, au plancher de 0.014% et plafonné à 0.02%, sera — rassurez-vous, et pour reprendre les termes du décret — fixé par l’accord national interprofessionnel agréé par le ministère et calculé sur une base déplafonnée, voili voilà, c’est très simple, n’est-ce pas. La créature de Frankestein qu’est devenue la feuille de salaire française continue donc son évolution vers le pire, avec un nouveau bras, une demi-jambe et toujours pas de couilles.

Youpi, le délire collectiviste continue donc bon pied, bon œil. On se gaussera de savoir que les Socialistes Officiels (du PS), ou les Honteux (de l’UMP), haïssant le Front National, le financent tout de même grâce à leurs impôts, ou que les fervents électeurs du FN, grâce à leur contribution fiscale, abondent aux caisses du FdG, du NPA ou du PC… Ce système inique est maintenant étendu dans le monde du travail en imposant aux salariés de financer les syndicats qui ont maintes fois prouvé leur parasitisme et leurs gros penchants mafieux, le tout en cavalier d’une « simplification » de la feuille de paie qui vise à conserver les Français dans l’ignorance des coûts réels de leur protection.

Mais ne vous inquiétez pas : tout ceci est prévu, calculé, calibré pour créer de l’emploi, redresser la situation économique française et nous sortir de la crise, si si.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/10/22/34405-une-feuille-de-paie-vraiment-plus-simple