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Moscovici, l’ex-futur commissaire ?

mardi 7 octobre 2014 à 09:00

Dans le secteur privé, concurrentiel, capitaliste, sans foi ni loi ni merci ni pardon ni excusez-moi, le fait d’être incompétent dans un domaine d’activité oblige assez souvent l’individu à une profonde remise en question, un changement d’orientation, de mode de vie ou de comportements. En politique française, le jeu des connivences, des renvois d’ascenseurs et des compromissions croisées permet aux plus retors de toujours s’en sortir. C’est probablement une des raisons pour laquelle Thomas Thévenoud est toujours député, ou que Pierre Moscovici est encore candidat pour devenir Commissaire européen. Aux affaires économiques, en plus.

Tout avait pourtant si bien commencé. À la suite de l’élection hollandiste en mai 2012, le petit Pierre avait été propulsé ministre de l’Économie et des Finances après n’avoir particulièrement brillé ni en économie, ni en finance, ce qui était un gage de solidité évidente. Les deux ans qui suivirent furent, comme on pouvait s’y attendre, étincelants.

mosco tranquilleDès son arrivée, le gentil Pierre explique son objectif, qui est de réduire la dette, renforcer la compétitivité de la France, mener des réformes de structure pour l’économie française et une poule au pot tous les dimanches pour chaque foyer français. Las. La méchante conjoncture économique ne lui laisse qu’assez peu de marges de manœuvre, l’obligeant à bricoler des mesures économiques confuses dont la médiatisation, mal bigornée, aura ajouté à l’impression de surplace hésitant de son ministère pendant les deux ans de son passage.

Il n’a certes pas été aidé. Toute l’équipe de François, baignée de certitudes keynésiennes et d’une vision de l’économie comme on n’en fait plus depuis au moins vingt ans dans le monde réel, avait parié sur un retournement de cycle avec un retour plus ou moins tonitruant de la croissance passé les premiers mois de surplace que l’arrivée de la gauche au pouvoir entrainerait immanquablement. moscovici est un grand sensibleLe retournement n’eut jamais lieu. Entre le niveau du chômage qui n’a pas arrêté de grimper, les indices industriels, commerciaux ou manufacturiers d’une mollesse quasi-présidentielle, la croissance qui aura eu toutes les peines du monde à dépasser le symbolique 1%, difficile de trouver-là les signes d’une reprise ou d’un décollage quelconque que la politique économique du gouvernement (et du ministère de Moscovici) auraient permis. Quant aux hausses d’impôts de plus en plus violentes et irritantes, le patron de Bercy de l’époque a su mobiliser toute son attention pour faire comprendre aux Français que leurs petits mouvements d’humeur ne devaient pas cacher l’objectif final, celui d’une France redressée, économiquement viable, avec du peps et de la joie de vivre.

À ce triste constat, il a fallu ajouter bien vite celui de déficits publics creusés bien au-delà des prévisions et des chiffres proposés officiellement. C’est d’ailleurs avec une certaine consternation qu’on a pu voir le pauvre Pierre insister de plus en plus lourdement sur sa capacité à tenir ses engagements. En 2012, il clamait urbi & orbi que le déficit prévu pour 2013 ne dépasserait pas les 3%, pas même d’un dixième de pourcentage. Le chiffre constaté fut de 4,3%, un dérapage de plus d’un tiers. En 2013, chaque prévision de déficit fut scrupuleusement enterrée pour être largement dépassée. Rapidement, il est devenu clair qu’on devait abandonner tout espoir d’atteindre l’objectif d’un déficit ramené à 3% grâce à la solide expérience des ministres hollandistes et à la direction ferme d’un président solide et cohérent.

moscovici et le déficit

Parallèlement à ces prouesses économiques, reconnaissons à Pierre Moscovici un certain talent pour avoir gardé son sang-froid alors que les péripéties périphériques à son ministère s’entassaient, à commencer par l’affaire Cahuzac dans laquelle il fit la preuve qu’on peut très bien être un ministre de l’économie sans être au courant de rien du tout. Voilà qui, au moins, ne désespèrera pas Billancourt et représentera un véritable espoir à tous les déçus du système scolaire traditionnel basé sur le mérite et le travail ; à ceux-là, Pierre semble adresser un message clair : engagez-vous en politique, flattez les égos, tissez des relations avec les bonnes personnes, huilez les bons rouages et vous obtiendrez plus que vous ne pouvez l’imaginer, même si aucun résultat ne peut être mis à votre crédit…

Et c’est donc auréolé de ces succès pour le moins flamboyants que, débarqué sans fleur ni couronne du gouvernement Ayrault II et pas repris par l’équipe suivante, Pierre aura été « proposé » par François pour devenir Commissaire européen. En toute honnêteté, disons plutôt que Pierre aura fait des pieds et des mains auprès de François pour obtenir cette sinécure, tant l’idée même de redevenir simple député, loin du pouvoir, devait insupporter l’ex-ministre.

Proposé à un petit portefeuille pas trop voyant (comme l’économie numérique, la coopération internationale ou la reproduction des escargots par temps de pluie), il aurait été parfaitement à sa place : pas follement compétent, globalement inutile, grignotant un petit budget et attendant, en pente douce, une retraite de privilégié du système politique. Malheureusement, un ex-ministre français ne pouvait pas se contenter d’aussi peu. Son dossier fut donc placé en haut de la pile concernant … les Affaires Économiques. Reconnaissons ici une paire de gonades solides de la part du président Hollande, ou une solide dose d’inconscience, ou, plutôt, un cynisme en béton armé : tenter de convaincre nos partenaires européens que celui qui aura démontré, pendant deux ans, son incapacité à réformer quoi que ce soit, et à tenir la moindre promesse économique, serait le mieux placé pour jouer le gendarme sur ces mêmes questions, cela relève de la gageure.

C’est un tel défi que c’en est louche. Devant passer un entretien devant les députés européens, le commissaire-désigné Moscovici n’aura absolument pas brillé. La presse française, timide, se sera contentée de remarquer que l’ex-ministre avait été à la peine devant un parterre de députés pas particulièrement amènes. La réalité, plus crue, est qu’il aura été questionné trois heures durant, plusieurs fois (une dizaine en tout) sur le même sujet, à savoir sur sa crédibilité à devoir faire respecter des contraintes économiques alors qu’en tant que ministre, il en avait été totalement incapable. Et le problème est d’autant plus aigu qu’il ne s’agit pas ici ni de nationalité, ni de convictions politiques, mais tout simplement de crédibilité et de confiance.

Personne n’a confiance dans un type qui tente maladroitement de ménager la chèvre bruxelloise des contraintes budgétaires et le choux français de l’absence totale de rigueur et d’équilibre budgétaire. Personne ne peut réellement avoir confiance dans un type qui a trempé dans une histoire louche de fonds en Suisse puis à Singapour, qui prétendait n’avoir aucune connaissance d’un dossier qui aurait naturellement dû lui remonter aux oreilles de par la charge qu’il occupait justement à ce moment là. Personne ne peut réellement avoir confiance dans un type qui fournit une déclaration d’intérêts d’une légèreté diaphane à Paris et fort détaillée à Bruxelles.

En outre (pas de pot pour le pauvre Pierre), sa candidature déboule sur la scène européenne alors qu’un commissaire du bord politique opposé (PPE), Miguel Arias Cañete, est en délicatesse : proposé comme Commissaire chargé des questions environnementales, il apparaît que l’Espagnol (ou sa famille) serait impliqué dans l’industrie pétrolière, ce qui semblerait pour le moins délicat à composer avec les exigences du portefeuille climatique. Les députés PSE (socialistes) l’ayant placé sous leurs feux, il n’était pas étonnant que les députés PPE mettent à leur tour Moscovici, l’un des commissaires les plus controversés de la nouvelle Commission, sous leurs feux croisés.

moscomissaire

Enfin, de façon encore plus délicate, le projet de loi de finances françaises pour 2015 va être présenté dans quelques jours à la Commission européenne, et prévoit d’ores et déjà que les sprinklers à pognon public ne seront toujours pas fermés, voire seront rouverts en grand. Et si l’hypothèse d’un refus de ce budget par la Commission paraissait improbable il y a quelques mois encore, il n’est maintenant plus impossible que dans les derniers jours du mandat de l’actuelle Commission Barroso, celle-ci renvoie « pour corrections » le projet de budget à Hollande. Franchement, si Hollande avait voulu se débarrasser de Moscovici en le cramant à cœur, il n’aurait probablement pas eu besoin de procéder autrement…

Dans ces conditions, si Moscovici a bien été confirmé comme Commissaire après son second oral, on pourrait voir à l’œuvre la parfaite hypocrisie de nos élites, le petit Pierre devant assumer la gestion d’un camouflet historique au sujet d’un budget dont il fut en partie responsable, infligé à son ancien patron. Et bien évidemment, s’il n’est pas confirmé comme Commissaire, on voit mal la présidence française prendre ce refus comme autre chose qu’un camouflet.

La diplomatie devant jouer de tous les côtés, nous assisterons plus probablement à un dégonflement des députés européens et à un compromis médiocre. Moscovici pourra commencer son mandat, ce qui sera un peu moins piteux qu’un retour bredouille en France. Et, toujours pour des raisons diplomatiques, il est probable qu’il n’aura pas besoin de gérer directement la délicate situation d’un « retoquage » tonitruant du budget français.

Comme quoi, en politique en général et en politique française en particulier, l’incompétence n’est absolument pas un obstacle à une carrière riche et prospère.

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Source : http://h16free.com/2014/10/07/34035-moscovici-lex-futur-commissaire


Hollande nous prépare encore un train de réformettes et de pipeau musclés

lundi 6 octobre 2014 à 09:00

On va voir ce qu’on va voir. Certes, cela fait maintenant plus de deux ans qu’on va voir ce qu’on va voir, mais là, maintenant, c’est décidé, on va voir ce qu’on va voir pour de bon. Ça va dépoter, le Chef de l’Etat s’est personnellement emparé du problème à bras-le-corps et va directement traiter le sujet comme jamais, car il est impératif que des réformes soient lancées, nom de nom d’une pipe en bois de sacrebleu de scrogneugneu.

Et pour bien préparer le terrain, notamment pour prévenir les Français et bien les disposer devant les profonds changements qui vont avoir lieu, François Hollande a donc prévenu la presse. Sur toutes les ondes, dans toutes les rédactions, la nouvelle est tombée, limpide et sans équivoque : la réforme institutionnelle, c’est maintenant.

le changement c'est sans dent

Bon, certes, le 14 juillet dernier, le Roi Solex avait annoncé que ces réformes devraient attendre un peu (par exemple la fin de son mandat) et qu’il ne fallait pas trop se presser, d’autres choses semblaient plus urgentes et c’est difficile de gouverner et c’est dur de prendre des décisions et c’est compliqué d’être président et c’est ardu d’affronter la crise tout ça, gnagnagna. Mais justement.hollande et son casque (vignette) Comme les autres réformes, les « pas institutionnelles », celles qui consistent essentiellement à réduire la voilure de l’État, à virer des staffs pléthoriques, à diminuer les émoluments des uns et des autres, à calmer le train de vie de la République, a réduire un peu la redistribution tous azimuts de l’argent des autres, ces réformes-là étant particulièrement complexes à mener quand on n’a pas un kopeck d’argent de côté et pas un microlitre de courage, il a fallu rapidement rétro-pédaler et admettre que, finalement, une ou deux réformes institutionnelles seraient une bonne façon d’occuper les esprits.

Bien sûr, je passerai rapidement sur la réforme territoriale, abomination morte-née sortie des esprits torturés d’un premier ministre à court de cartouches et d’un président très mal en point dans les sondages. Pour le moment, mis-à-part quelques annonces qui ont créé un peu d’émoi, des regroupements de régions plutôt hasardeux et une volonté farouche de ne surtout pas toucher au mille-feuille administratif en abandonnant toute velléité de supprimer les conseillers généraux (et, par voie de conséquence, tous les frais afférents), l’affreux bricolage administratif proposé tient essentiellement à rajouter une surcouche (les « super-régions » ?) et … c’est tout. Il n’y aura pas de simplification de ce côté. Quant aux économies qu’une telle réforme entraînerait, la blague n’a jamais été crue que par les plus naïfs.

bricoler les territoires

Cette « réforme »-là écartée, il reste donc pour Hollande à nous proposer un truc qui bouscule du poney, quelque chose qui nous secoue un peu hors de notre train-train quotidien où les factures s’ajoutent les unes aux autres, enflent et se multiplient entre elles comme un élevage de petits lapins grignotant du Viagra. Et pour nous secouer, le chef de l’État nous propose donc deux réformes : une réduction du nombre des députés d’un côté, et l’introduction de la proportionnelle à l’élection législative de l’autre.

Fouyaya, c’est du lourd.

grimace hollande gaucheL’idée serait donc de passer de 577 députés actuellement (ce qui nous coûte une piscine d’argent frais tous les mois) à un nombre « significativement » plus bas, selon les bruits de couloir de l’Élysée. Évidemment, pour moi, significativement voudrait dire une centaine, soit à peu près un par département, et ce serait déjà beaucoup. On imagine sans mal que ce ne sera pas cette option qui sera retenue. Attendons-nous à ce que « significativement » soit particulièrement surfait. Si on se retrouve en dessous de 430, ce serait déjà un miracle.

grimace hollande droiteQuant à la dose de proportionnelle, si elle correspond en effet à un engagement de campagne du candidat François, elle représente aussi une phase politique aussi décisive que délicate pour le pauvret pour lequel tout semble décidément tourner au vinaigre. En effet, une telle modification du scrutin représente une triple opportunité, celle de tenir un engagement de campagne, d’occuper les esprits occupés lorsqu’il s’agira de médiatiser cette réforme, et surtout la possibilité que le Front National (et les autres « petits » partis) jouent un rôle plus important dans la nouvelle assemblée. D’ailleurs, si l’autre réforme de réduction du nombre de députés arrive à son terme, on se retrouve avec des députés dont chaque poste représente mécaniquement plus de pouvoir et plus de poids électoral.

Or, donner plus de pouvoir au FN et aux autres partis, c’est diminuer le poids du PS, certes, mais aussi de l’UMP. Ceci sert le futur candidat Hollande qui n’entend probablement pas laisser l’Élysée trop tôt. L’introduction de la proportionnelle est, dans ce calcul politique, parfaitement compris. Évidemment, le risque est que le FN prenne un poids subitement trop important, et que l’assemblée résultante, composée schématiquement de trois blocs (UMP, PS et FN), ne permette pas de dégager une majorité stable. Tout ceci, du point du vue du président Hollande, et dans l’hypothèse où il veut effectivement rempiler en 2017, est une opportunité croustillante qui doit le faire saliver. En laissant le terrain de jeu aux incapables des autres partis et en jouant la cohabitation instable, il croit jouer sur du velours.

Cependant, deux obstacles majeurs pourraient altérer ces perspectives rebondissantes pour le capitaine de pédalo.

D’une part, bien malin celui qui pourra s’assurer que cette proportionnelle ne va pas claquer au museau de celui qui l’aura mise en place. Un pays ingouvernable serait rapidement une pétaudière économique, politique et personnelle pour Hollande. Et si le FN devenait subitement plus puissant, difficile pour ses camarades officiellement socialistes de ne pas lui en tenir rigueur. Un régal.

D’autre part, tout ceci se place dans l’hypothèse où ces réformes peuvent effectivement voir le jour. Et ici, je n’ai même pas besoin de sortir la Carte Léthargie ou l’Option Procrastination de notre aimable pépère pour envisager un échec de ces réformes, car si ses précédentes tentatives de changer des trucs et des machins ont toutes abouti en grand barnum plein d’air chaud (à l’exception du mariage homosexuel), cette fois-ci, il n’aura même pas besoin de faire des efforts pour échouer misérablement. En effet, entre la quantité grandissante de députés qui hésitent de plus en plus fermement à le suivre, et la perte du Sénat par lequel devront passer ces réformes, on a de bonne chance pour que ces belles tentatives de bricolages parlementaires se terminent en jus de boudin à la porte de la Chambre Haute.

Et le pompon est que cela rentrerait pile-poil dans le plan probable que le chafouin François a conçu : découvrant que ses demandes de diminuer le nombre de députés et d’introduire la proportionnelle ont explosé en vol au-dessus du Sénat, il pourra s’écrier, les yeux humides, les sourcils attristés et la bouche tordue d’émotion : « Les méchants conservateurs de l’UMP au Sénat ont tout cassé mes belles réformes, j’ai pourtant fait tout ce que je pouvais ! »

Procrastination

Eh oui, vous l’avez compris : non seulement, le président et son gouvernement ne sont toujours pas mûrs pour prendre la moindre décision d’importance concernant la survie économique du pays, non seulement les seules réformes qu’ils envisagent sont du domaine de la cosmétique politique et ne changeront absolument rien à la marche du pays, et encore moins à la vie du peuple dont ils se foutent éperdument, mais en plus, les réformes que le chef de l’Exécutif prétend nous proposer vont très probablement échouer pour des raisons de politique politicienne des plus mesquines.

Et pendant ce temps, la dette continue d’enfler, les déficits de se creuser, et les perspectives de s’assombrir. Décidément, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/10/06/34025-hollande-nous-prepare-encore-un-train-de-reformettes-et-de-pipeau-muscles


Chasser l’ennui des hauts fonctionnaires

dimanche 5 octobre 2014 à 11:00

On pourrait croire qu’il est doux d’être Haut Fonctionnaire en France, mais il n’en est rien. Certes, la haute fonction a ses avantages, mais comme le faisait remarquer judicieusement Clémenceau, à l’instar des étagères, plus un fonctionnaire est haut placé, moins il sert. Ceci entraîne inévitablement deux effets pervers que tout individu à leur place ressentira naturellement.

D’un côté, les hauts fonctionnaires, sentant confusément mais de façon répétée que leur utilité est plus que discutable, s’ennuient parfois et se perdent souvent dans des considérations ou des projets ineptes, d’autant plus facilement d’ailleurs qu’ils sont pilotés par une caste politique pour laquelle l’ineptie est devenue, au fil du temps, un modus operandi.

ena = aneDe l’autre côté, la hauteur de leurs fonctions leur interdit mécaniquement de prendre part à la vie du petit peuple qu’ils administrent avec un bonheur disons … fluctuant. En conséquence, le peuple ne les connaît pas et les considère comme une caste de privilégiés, soit par leurs salaires, soit par leurs avantages, leurs réseaux ou leurs connaissances. De cette façon, ces hauts fonctionnaires se sont lentement mais sûrement rapprochés dans l’imagerie populaire du clergé de l’ancien régime. Après tout, ce sont eux qu’on retrouve derrière les discours des élus et des politiciens d’importance. Ils jouent le rôle d’éminences grises et dirigent les domaines que la caste élue s’est octroyée.

Cette proximité métaphorique est renforcée par le fait qu’ils proviennent tous des mêmes formations, l’ENA étant à ce sujet devenu une véritable caricature de Xerox, où chaque promotion est la reproduction mécanique de la promotion précédente, avec tous les soucis que comporte une copie de copie : affadissement, perte de contraste, bavures, impuretés qui grossissent. Or, ces formations sont autant idéologiques qu’intellectuelles, et ajoutent au caractère « doctrinaire » de ces corps et des individus qui en sont issus : une même école de pensée (étatiste, centralisatrice, jacobine, républicaine, dans laquelle toutes les solutions passent par l’Etat d’une façon ou d’une autre) et une même façon de concevoir le monde, au début tendrement décalée, maintenant outrageusement ridicule où la France est encore une puissance majeure, baignant dans la richesse et les opportunités, œuvrant pour le bien de toute l’Humanité (au moins) et éclairant le monde de sa lumière philosophique et culturelle.

Comme on le voit, le constat est sans appel : la France souffre d’une fracture nette entre sa haute administration et le peuple qui la fait vivre. Ce problème est fort gênant : on ne conduit pas un peuple qui regarde ailleurs, écoute peu et se méfie de ses leaders. Pas de doute : si l’on veut sortir la France de l’ornière autiste dans laquelle elle est tombée, il faut rapidement résoudre cet écueil.

Pour cela, on peut commencer par décloisonner ces pauvres hauts fonctionnaires. Leur faire prendre l’air et découvrir le monde réel sera une excellente démarche qui rafraîchira les idées qui circulent encore dans les corps d’élite.

ideesncfOn pourrait ainsi les envoyer en stage pendant un ou deux ans dans différentes entreprises privées, pas grandes, pas connues, pas au service de l’Etat. Les exemples abondent, mais avouez qu’imaginer Pépy, actuellement en charge de la SNCF, faire un stage chez un artisan-tailleur pour lequel la prise de dimension est une seconde nature, ça ne manquerait pas de sel. De même, Mongin, le haut fonctionnaire chargé de la RATP, pourrait gagner à passer plusieurs mois chez un horloger, qui lui apprendrait sans doute l’importance de la précision chronométrique qui fait cruellement défaut au service public parisien.

Inversement, histoire de mesurer à la fois l’écart entre le réel et leur vision du monde et la nécessité d’avoir des gens si qualifiés pour faire leur travail, on pourrait envisager de placer à leurs postes ces petits patrons de PME qu’ils remplaceraient, dans une version vitaminée de « Vis ma vie de Haut Fonctionnaire » pour les uns et « Vis ma vie de patron de PME » pour les autres. Difficile d’imaginer que leurs remplaçants feraient pire puisqu’en matière d’administration (comme en matière de législation ou de fiscalité, d’ailleurs), ne rien faire du tout est, bien souvent, le gage d’une amélioration sensible et mesurable. Et ce rafraîchissant changement de têtes dans les hautes sphères de l’Etat entraînerait sans doute un renouvellement salutaire des idées, ces petites choses rigolotes qu’on n’a plus vues à ces endroits là depuis près d’un demi-siècle…

En réalité, cette expérience, purement intellectuelle, ne sera jamais possible.

D’une part, on ne peut pas écarter complètement le fait que des patrons de PME, même sans les diplômes prestigieux de nos hauts-fonctionnaires, ne fassent aussi bien voire mieux qu’eux, ce qui engendrerait inévitablement des problèmes à justifier l’existence même de ce corps si particulier.

D’autre part, rien n’interdit d’imaginer que les hauts-fonctionnaires, une fois en place dans ces entreprises, ne prennent goût à la réalisation d’un travail réellement productif, proche des clients et loin des magouilles et compromis politiques permanents que les grandes administrations leur réservent. Pourquoi ne pas imaginer que ces individus, intellectuellement bien dotés, ne trouveraient pas dans le travail dans le privé et dans le secteur concurrentiel un vrai sens à leur vie ? Et au pire, découvrant tout l’abrutissant mépris dans lequel les administrations tiennent les PME françaises, nos si importants personnages prendraient toute la mesure des vexations qu’ils font subir aux entreprises, indirectement et par le truchement des entités qu’ils dirigent…

À n’en pas douter, la stupeur et l’effroi qu’engendreraient ces constats interdisent une telle expérience au pays du principe de précaution, même si elle pourrait produire une administration plus fine, plus juste et plus efficace.

Ce serait trop beau, et on est en France. Un peu de sérieux, que diable !
—-
Ce billet a servi de chronique pour les Enquêtes du Contribuable

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Source : http://h16free.com/2014/10/05/32405-chasser-lennui-des-hauts-fonctionnaires


Obsolescence programmée : Duflot part en bataille contre les Gremlins

vendredi 3 octobre 2014 à 09:00

Cécile Duflot, lorsqu’elle n’est pas en train de saboter le secteur immobilier à coups de lois écrites en état d’ébriété, se charge de peaufiner quelques amendements cavaliers sur la Loi de Transiture énergétique de Dame Ségolène. Et au plan politique, rien de tel qu’une âpre lutte contre un moulin à vent pour montrer au reste du monde qu’on a fièrement combattu.

Car pour Cécile, s’il y a bien un problème, en France, qui est souvent oublié, c’est que le pays est régulièrement en proie aux farfadets et autres leprechauns qui viennent grignoter nos récoltes, polluer notre air et tourmenter nos édiles. Heureusement, elle a compris qu’avec sa poudre de perlimpinpin, obtenue à grands soins par frottement d’huile de coude sur du crin de licorne, elle pourrait venir à bout de ce fléau et présente donc régulièrement des lois pour régler le problème.

Bien sûr, pour éviter de terminer en camisole dans un hôpital de seconde zone, elle ne mentionnera aucun lutin ni feu-follet dans le récit destiné à faire passer ses lubies en vote à l’Assemblée et elle utilisera plutôt sa faculté innée de camouflage pour aboutir à des amendements croustillants. Cette fois-ci, les petits korrigans choisis par Cécile sont ceux qui détraquent les objets trop tôt et les vilains gremlins qui grignotent l’électronique et la mécanique de nos appareils ménagers et les font tomber en panne le lendemain de l’expiration de la garantie. Et pour faire passer l’idée qu’ils existent, Cécile et sa clique les ont appelé « Obsolescence programmée ».

small facepalmL’idée générale est que des industriels, des fabricants et des publicitaires interlopes se retrouvent certains soirs, dans des sous-sols et des caves sombres et humides, dans une lumière blafarde, et conspirent à voix basse pour s’assurer que les machines à laver garanties 2 ans ne dureront que 731 jours maximum, que les bas en nylon soient conçus avec des mailles trop fines pour durer plus d’une ou deux journées, et que les ampoules électriques claquent subitement après quelques mois d’utilisation alors que tout le monde sait qu’elles peuvent en réalité produire de la lumière 10 ans non-stop. jesus petit facepalmQuelle bande de salauds, quand on y pense ! Tout ça parce que le Grand Kapital a décidé – c’est évident – de vendre plus de produits ! Ces gens, prêts à toutes les bassesses, à tous les mensonges, à tous les profits, sont sans morale et sans scrupules à tel point qu’on dirait des politiciens ! Il fallait agir vite et c’est pourquoi Cécile a déposé son amendement, dont l’idée générale est qu’il faut absolument punir fermement ceux de ces industriels indélicats qui osent ce genre de pratiques, parce que rien dans l’arsenal législatif ne permettait déjà de régler le problème.

En pratique, sur le papier et législativement parlant, ça donne ceci :

« Soit sur la durée de vie du produit intentionnellement raccourcie lors de sa conception »

Et ceci se trouve après le troisième point de l’article L. 213‑1 du Code de la Consommation (qui est, je suppose, à la circulation des couteaux, des cuillères et des fourchettes ce que le code de la route est à celle des voitures). Concrètement, cela veut donc dire qu’un impétrant tentant de tromper un consommateur en raccourcissant intentionnellement la vie d’un produit lors de sa conception se verra puni d’un emprisonnement de deux ans au plus et d’une amende de 300.000 euros.

peekaboo facepalm

Eh oui, en France, on ne rigole pas avec les gremlins et les leprechauns. Et le fait que ce sont, réellement, des créatures mythologiques ajoute même au bénéfice qu’on peut avoir, lorsqu’on est un politicien, à produire des règlements à leur encontre. De la même façon qu’un vendeur d’alarmes contre les invasions de girafes serait assuré d’un taux d’échec extrêmement faible s’il en garantit l’usage sur le territoire français, faire passer une loi pour quelque chose qui n’existe pas garantit, par construction, que cette loi sera respectée très scrupuleusement. En outre, ici, le flou et la maladresse avec lesquels a été rédigé l’amendement ajoutent ce petit parfum de n’importe quoi inimitable qui fait maintenant la marque de fabrique de Duflot, décidément vraiment pas douée pour la législation.

petit facepalmCar on a beau tourner le bidule (« amendement », dans ce cas, est bien trop solennel pour cette salade de petits mots disjoints) dans tous les sens, aucun angle ne permet de voir autre chose qu’un désastre intellectuel malheureusement devenu routinier dans l’actuel hémicycle, et notoirement lorsque Cécile s’empare de son gros bic baveux. Je passe rapidement sur le concept même d’obsolescence programmée, si parfaitement crétin qu’il me suffira de renvoyer à quelques liens pour rappeler que ça n’existe pas, du tout, même pas en rêve.

Oui, bien sûr qu’il existe en revanche des industriels indélicats. Bien sûr qu’il y a, parfois, un vendeur imbécile croyant faire du bénéfice en imposant une limitation arbitraire à son produit. Cependant, l’écrasante majorité de ce que le grand public (et, derrière lui, les politiciens avides de s’attirer ses bonnes grâces) prend pour de l’obsolescence programmée est, bien plus simplement, une fort mauvaise compréhension de la façon dont fonctionne les processus industriels, les contraintes de qualités et leur rapport avec le prix. Si l’on y ajoute le biais du survivant, aussi psychologiquement puissant qu’il est connu et mal compris par ceux qui tombent dedans, on a tous les ingrédients réunis pour aboutir à donner un corps dodu à un mythe ridicule, d’autant qu’il est nourri par la doxa indécrottablement malthusienne et anti-consumériste des écologistes standards.

Mais, plus à propos de cet amendement, même en considérant les bonnes intentions éventuelles d’une député décidément pas aidée dans ses rédactions législatives, on ne peut s’empêcher de bondir en lisant la formulation proprement hallucinante du bidule. Des questions, lancinantes et impérieuses, se bousculent immédiatement :

– Qu’est-ce-que « la durée de vie d’un produit » ? En existe-t-il une officielle, reconnue de tous ? Un tableau (périodique, proprement remis à jour tous les trimestres) liste-t-il scrupuleusement cette durée de vie normale pour tous les objets qui peuvent faire l’objet d’une production et d’une consommation ? Est-on en droit de s’insurger si les boulons fournis par Ikea pour fixer ensemble les deux pans du magnifique Grøsbåff tiennent mal au bout de 10 ans ? Ou peut-on le faire dès 5 ans ? Quelle est la durée de vie officielle d’une pile LR5 ?

wtf filoche

– Si on ne connaît pas la durée de vie d’un produit, par quelle contorsion mathématique ou physique rigolote va-t-on pouvoir déduire qu’elle a été réduite ? Si on peut concevoir que la question précédente est un piège (les boulons du Grøsbåff n’ont pas de durée de vie déterminée, zut alors), il n’en reste pas moins vrai qu’affirmer qu’une durée inconnue a été réduite tient du prodige. Nul doute que la brave Cécile doit pouvoir nous trouver une explication en béton armé à ce petit paradoxe.

wtf jackie chan

– Enfin, en imaginant que, sans connaître la durée attendue, on a pu déterminer malgré tout que la durée observée est moindre, comment arriver à montrer de façon claire et sans ambiguïté que cette réduction est intentionnelle ? Déjà qu’aux deux questions précédentes, on sentait nettement nos députés écologistes lancés en brasse coulée dans une piscine de fondue savoyarde, on atteint avec cette notion de raccourcissement intentionnel sur une durée inconnue mais tout de même raccourcie un niveau de n’importe quoi que peu de politiciens atteignent régulièrement, même les plus entraînés.

ségolène wtf

Et ces questions ne sont pas anecdotiques puisque, finalement, l’infraction étant assortie d’une sévère punition, tout cela se jouera au pénal qui ne peut pas trop s’encombrer d’approximatif, au contraire des députés qui, eux, en font leur miel.

Rassurez-vous : tant ces questions, qui ne seront jamais posées et n’auront donc jamais la moindre réponse pertinente, que cet « amendement » n’ont la moindre importance. Que cette purée législative épaisse vienne alourdir un énième code (celui de la consommation) n’a pas non plus la moindre importance. Tout indique que cet exercice, purement scribouillard, ne sert qu’à montrer au peuple qu’on le dorlote, qu’on s’occupe de lui. Cécile Duflot et ses colistiers dans cette affaire confuse et mal boutiquée n’ont qu’un but bien compris : montrer qu’ils sont du côté des Gentils, et en lutte permanente contre les Méchants qui sont protéiformes, se cachent partout, notamment dans les détails, et pavent l’enfer de bonnes intentions, les veules.

Tremblez, gremlins. Frémissez, farfadets. Cécile vous garde à l’œil. Pleurez, Français. Vous payez pour ces conneries.

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Source : http://h16free.com/2014/10/03/33993-obsolescence-programmee-duflot-part-en-bataille-contre-les-gremlins


L’offensive contre la cigarette électronique est officiellement lancée

jeudi 2 octobre 2014 à 09:00

Fumer peut provoquer des maladies graves. Notamment la taxite aiguë, que l’ensemble du pays semble avoir attrapé il y a quelques temps déjà et dont les symptômes (un pouvoir d’achat qui se flétrit, un bonheur intérieur net qui s’évapore, une ingérence de l’Etat toujours plus forte dans nos vies) continuent de s’aggraver tous les jours. Partant de cette constatation, l’actuelle ministre de la Santé vient de présenter son objectif de lutte drastique contre le tabac.

marisol touraineSelon elle, trois objectifs sont recherchés : diminuer le nombre de fumeurs de 10% dans les cinq ans, passer sous la barre des 20% de fumeurs dans les dix ans, et faire en sorte que les enfants qui naissent aujourd’hui ne soient pas du tout libres fumeurs dans 20 ans. Pour cela, Marisol a emprunté la (maintenant célèbre) boîte à outils de François Hollande, celle avec un outil qui inverse les courbes, un autre qui déclenche des petites inflations, et aussi un qui permet de redémarrer les motos russes mais ce ne sera pas celui-là qu’elle utilisera (promis). Elle utilisera plutôt la panoplie législative qui est fournie avec et qui lui permettra d’imposer le paquet neutre, l’interdiction de fumer un peu partout, y compris chez soi, et d’enfin commencer à contrer l’extension de la cigarette électronique qui commence à bien agacer autant les lobbies du tabac que les fiscalistes de l’État.

fumer nourrit l'étatBon, je passe rapidement sur l’obligation faite aux fabricants de mettre en place les paquets de cigarettes neutres, dont l’impact est aussi incertain sur la consommation que sur les finances du pays. Il semble que les effets observables en Australie, seul pays ayant mis en place la mesure jusqu’à présent, soient plutôt modérés, mais que les actions légales des cigarettiers, ne le soient pas, et qu’ils s’apprêtent à demander un joli dédommagement à l’État français, notamment pour non respect de leur propriété privée (intellectuelle et de marque, ici). Tout comme avec les pluies de taxes, on s’amusera simplement à regarder combien de fumeurs traditionnels passeront, à la suite de cette mesure, au marché noir, celui une frontière plus loin où la cigarette est plus abordable, dans un paquet normal et là où le vice n’est pas encore un crime contre la République du Bisounoursland, ce pays merveilleux où tout le monde est svelte, en bonne santé, ne mange ni salé, ni sucré, ni gras, ni fun et se suicide à 32 ans à la suite d’une neurasthénie qui n’a que trop duré.

Il m’est plus difficile d’évacuer calmement les nouvelles interdictions envisagées, qui accroissent encore un peu le nombre d’endroits où il deviendra interdit de fumer. Avec ces propositions, toute présence d’un enfant dans les parages d’une cigarette (notamment en voiture et dans les parcs) devrait déclencher l’arrivée d’une équipe du GIGN qui, avec tact, doigté et pompes cloutées, vous fera comprendre que vous avez commis une petite faute de goût. Concrètement, une nouvelle petite parcelle de responsabilité va être retirée des individus normalement adultes, être placée dans les mains gantées de fer de l’État et, moyennant la répétition de cette opération un nombre de fois de plus en plus faible, il ne restera bientôt plus aucune liberté de fumer nulle part (mais les cigarettes seront toujours en vente libre, histoire de conserver à tout ceci le parfum ubuesque délicat si caractéristique de l’état-nounou). La délicieuse étape finale consistera probablement à imposer l’achat de cigarettes qu’on n’aura plus le droit de fumer, histoire que les taxes rentrent toujours.

fumer tue

Mais le pompon est clairement attrapé à pleines mains potelées par l’ensemble des propositions touchant la cigarette électronique.

Alors même que nombres d’études s’accumulent pour prouver que l’existence même d’un vapotage passif tient plus d’un mythe ridicule qu’autre chose (les gouttelettes produites par l’appareil retombent rapidement au contraire des fumées de cigarette traditionnelle), la petite Marisol surjoue la précaution et envisage d’interdire tout vapotage dans les lieux publics alors même que le rapport de l’Office Français de Prévention du Tabagisme, paru en 2013, indiquait clairement toute absence de significativité clinique des produits du vapotage (mais, en toute incohérence, préconisait tout de même cette interdiction, histoire sans doute de rester dans les bonnes grâces subventionnelles de la ministre – on est en France, après tout).

Du reste, tout indique que l’offensive contre cette vilaine innovation est maintenant lancée. Peu importe que les avantages (sociaux, cliniques et économiques) de la cigarette électronique soient tous les jours plus apparents, le ministère de la Santé a décidé de mettre fin à un tel chambardement dans le marché ultra-policé des produits nicotinés. Amalgames, confusions, incohérences et précipitation étant les mamelles de la politique française, il n’aura donc pas fallu attendre trop longtemps pour que la production législative, en retard d’une guerre, reprenne du poil de la bête et propose de mettre bon ordre dans tout ça, de préférence en taxant, interdisant, régulant et étouffant autant que possible un marché en plein essor.

Et pendant que l’arsenal régulateur avance ses pions et déploie ses arguments dans l’hémicycle et ailleurs, la presse se fait fidèle relai de ces opinions hautement cohérentes d’un progressisme finement calibré pour accompagner les uns pendant qu’ils se piquousent et pourchasser les autres lorsqu’ils vapotent niaisement. C’est ainsi qu’on apprend avec stupeur, dans tous les médias d’importance, qu’il y aurait des risques graves, abominables, à utiliser des cigarettes électroniques, comme par exemple l’explosion d’une batterie électrique, qui provoque des brûlures et de gros désagréments. On se demande pourquoi l’AFP a décidé de bombarder les rédactions d’un fait divers aussi subtilement sans intérêt alors que, dans la même journée, il est plus que probable qu’une ou l’autre voiture, pleine d’essence, aura explosé, que l’un ou l’autre téléphone portable à la mode aura cramé la fesse trop rebondie d’un usager peu précautionneux, sans que, pourtant, ni la voiture, ni le téléphone ne soient automatiquement mis sur la sellette…

On pourrait croire le sujet de la cigarette électronique parfaitement anecdotique. Il n’en est rien car il relève en fait de la même importance que les récentes exactions scandaleuses d’un Cazeneuve lâché en roue libre sur Internet. Petit à petit, ces ministres grignotent, chacun de leur côté, des pans entiers de nos libertés, et certains, idiots utiles, applaudissent.

hygiénisme tue

Moyennant quoi, la publicité pour ces dispositifs électroniques sera fortement régulée à son tour : après tout, fumer, c’est mal, on l’a dit, ça peut provoquer des maladies graves, on le sait, et inciter les mineurs à le faire relève de l’abomination, c’est évident. Bien sûr, l’utilisateur de cigarette électronique peut parfaitement choisir de ne pas téter de nicotine. Bien sûr, vapoter ne produit aucun produit cancérigène. À tout prendre, l’addiction au vapotage tient clairement plus de celle au chocolat ou au café que celle à la cigarette traditionnelle. Mais peu importe. Puisqu’on a trouvé un angle d’attaque, on va l’utiliser. En plus, ces interdictions s’inscrivent rudement bien dans le plan marketing de l’industrie du tabac (qui n’aime pas du tout du tout la concurrence et n’a jamais caché ses liens, nombreux, avec l’État et les parlementaires) et, bonus non négligeable, collent aussi pas mal avec le ménagement de l’industrie pharmaceutique qui produit de jolis patchs nicotiniques, industrie avec laquelle Marisol n’a jamais eu le moindre lien.

Bref, si les lois s’occupaient de rendre intelligible le rationnel, cela se saurait. Ici, il s’agit de réguler les émotions, et tout le monde sait que que prendre du plaisir est éminemment louche dans ce pays. Et qui mieux que Marisol et sa clique, le Ministère de la Santé et ses petits scribouillards, peuvent définir quel fun on a le droit d’avoir ou pas ? Après tout, c’est de votre santé qu’il est question ici : il ne manquerait plus que vous ayez un mot à dire à son sujet, non mais…

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Source : http://h16free.com/2014/10/02/33837-loffensive-contre-la-cigarette-electronique-est-officiellement-lancee