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Sommet climatique : le Monde nous propose une petite vidéo mensongère

jeudi 25 septembre 2014 à 08:50

La France est riche et François Hollande entend bien le faire savoir au reste du monde, en lui faisant verser un milliard d’euros contre le réchauffement climatique, paf, comme ça, cash, parce qu’il est généreux, le père François. C’est au lancement du Sommet pour le Climat à New-York que le très charitable Chef de l’État a fait cette annonce fracassante (pour les finances publiques), alors que tout indique pourtant que ce sommet sera un fiasco mou. Pourtant, tout a été fait pour sensibiliser lourdement les masses bêlantes de citoyens écoconscients.

Tenez, prenez la dernière vidéo du Monde sur le sujet. C’est une de ces petites vidéos dont l’organe de presse se fend régulièrement, avec ce petit côté propagandiste léger comme un loukoum plongé dans un baril d’huile de vidange, qui donne tout son sens aux subventions versées par millions pour compenser le manque chronique de lectorat. On se rappelle en effet d’une précédente édition qui tentait de nous présenter l’économie de la Culture et qui se transformait en ouragan de facepalms dévastateurs.

Foucart et Huet, triples & volaillesEt donc cette fois-ci, la fine équipe de barbouilleurs vidéos du Monde, fièrement aidée d’un Stéphane Foucart toujours aussi consciencieusement à côté de la plaque, réalise l’exploit de renouveler leur performance consternante en se penchant sur le sujet du réchauffement climatique. Seul souci : sur les quatre minutes de vidéo, il ne s’en passe pas une sans que l’une ou l’autre affirmation péremptoire vienne heurter le crépi douloureux de la réalité de plein fouet, fesses nues en avant. C’est, véritablement, une festival de matraquage écologiste à la petite semaine, où tous les poncifs du genre sont agglutinés pour tenir dans le format indigent des quatre minutes d’une vidéo pour le web, telle une enfilade de perles anti-scientifiques formant au final un magnifique collier de nouilles réchauffiste.

Et quand je dis qu’il ne s’écoule pas une minute sans une contre-vérité navrante, il suffit d’écouter les 10 premières secondes pour s’en rendre compte, puisque la vidéo commence son voyage inter-sidérant par, je cite :

« 97% des scientifiques travaillant sur le changement climatique estiment que la Terre se réchauffe en raison des activités humaines. »

al gore climate changePatatras, ça commence très mal. Et pendant que retombe doucement la peau de banane sur laquelle vient de glisser l’équipe du Monde, Foucart en tête, rappelons à toutes fins utiles que ce fameux taux de 97% est une parfaite foutaise. En réalité, comme le dissèque David Friedman dans un article que ni Foucart, ni la plupart des fervents réchauffistes n’ont lu ou même étudié, le taux provient d’une analyse particulièrement large (pour ne pas dire grossière), sur un ensemble de papiers scientifiques déjà assez mal qualifié. En outre, ce 97% ne veut à peu près rien dire puisque pour rappel, la science n’est jamais une affaire ni de majorité, ni de consensus, mais de théories, réfutables, de faits et d’expériences reproductibles. Or, en face de ces prétendues pléthores de scientifiques qui seraient tous d’accords avec a/ le fait que la Terre se réchauffe et que b/ ce serait en raison des activités humaines, on trouve une autre grosse palanquée de scientifiques (plusieurs dizaines de milliers) qui n’acquiescent pas soit à a/, soit à b/, soit au deux. Tant pour le 97% que pour le consensus, on repassera donc.

Bien évidemment, le reste de la vidéo est à l’avenant. Il serait longuet de revenir sur toutes les torsions de faits qu’elle rassemble, mais on doit cependant évoquer, au moins en passant, l’effet de serre, phénomène physique qu’elle décrit avec aplomb… alors que c’est, comme beaucoup de phénomènes physiques complexes liés au climat, encore un domaine largement ouvert au débat. Il est dès lors atterrant de constater que la vidéo, comme tout le discours écologique actuel, passe toute prétention de scientificité par la fenêtre et ne se concentre plus que sur le seul CO2, oubliant par exemple la vapeur d’eau alors qu’il en serait, selon les tenants de ce fameux effet de serre, son principal contributeur.

Et c’est vers la quarantième seconde de purée vidéographique rigolote qu’on apprend, au sujet de l’effet de serre, que « c’est justement cette mécanique que l’Homme a déréglée ». Moui, bon sauf que justement, alors même que le reste est ouvert à débat, l’affirmation que l’Humanité aurait déréglé quelque chose est elle-même le point principal de la controverse. Ici, pour Foucart et sa brochette d’intermittents de la science, « Science is settled« , et il n’y a donc pas besoin d’y revenir : déforestation (mais pourquoi la Terre reverdit-elle, alors ?) et agriculture intensive sont des causes évidentes, point, n’en parlons plus.

Dès lors, le reste est du velours. Partant de la certitude que l’effet de serre fonctionne bien comme la vidéo le croit, partant du principe que le CO2 est le principal coupable, partant de l’idée affirmée avec force que l’Homme est responsable, on peut sans sourciller balancer, entre deux rots qu’on pourra faire passer pour une vérité scientifique :

« Ces gaz à effet de serre s’accumulent et atteignent des niveaux record »

Drôle de record, parce que selon les études géologiques longues, les taux observés actuellement sont franchement pépères. Pour mémoire, si nous atteignons actuellement 400 parties par million de CO2 dans notre atmosphère, l’activité proutogène (ou industrielle, allez savoir) des dinosaures du Crétacé (1700 ppm) ou du Jurassique (1950 ppm) devrait rétrospectivement nous terrifier, ou, plus logiquement, nous rassurer : nous avons encore de la marge, et compte tenu de la santé pétulante des dinosaures de l’époque, on peut raisonnablement admettre que même en multipliant la quantité de CO2 dans l’atmosphère par deux ou trois, on resterait très sage par rapport à nos lointains ancêtres.

taux co2 geologique
Au passage (vers 1:10), je note rapidement les petits dessins illustrant, dans la vidéo, l’effroyable passage de 270 ppm de CO2 au début du siècle au taux actuellement observé de 400 ppm, qui donne ceci :

video lemonde - petite escroquerie au passage

La représentation, jusque là aimablement croquignolette, passe dans le domaine du farfelu, sachant que, tout bien considéré, passer de 270 à 400 devrait plutôt donner ceci :

video lemonde - sans la petite escroquerie

Conséquence de cette (énhaurme) hausse pour la fière équipe de propagandiste du Monde ? Les températures ont déjà augmenté de 0.8°C depuis le début du siècle (sauf sur les dix-sept dernières années où les températures ont refusé de monter, selon le GIEC lui-même, zut alors), et les épisodes caniculaires sont plus fréquents (même si aucune preuve ne vient étayer cette affirmation). Et si l’on part de l’hypothèse tout à fait réaliste d’un doublement de la concentration de CO2 d’ici 2100 (date pratique puisque tout ceux qui ont fait la vidéo et ceux qui l’écoutent seront vraisemblablement morts ou n’en auront plus rien à faire), alors la température augmentera dans une fourchette de 1.5° à 4.5°. Admirez à la fois la précision diabolique (au demi-degré près), la minceur de la fenêtre (3 gros degrés joufflus), et la date de la prévision (plus de 80 années dans le futur). Pas de doute, la climatofumisterie a encore de beaux jours devant elle.

Ce n’est malheureusement pas la seule conséquence de tout ce méchant CO2 rejeté dans l’air : à ces températures subitement élevées, il faudra ajouter la montée irrémédiable des océans à cause de la fonte … des banquises (diable, même les banquises sont mises à contribution dans ce foutoir !), des glaciers et des calottes polaires, ce qui est évidemment une catastrophe parce que tout le monde sait que le froid et l’eau gelée, c’est bien plus agréable à la vie comme en atteste la faune et la flore luxuriante des pôles. Mais bon, d’un autre côté, rassurez-vous : si le niveau des océans monte (peut-être), en tout cas, il ne le fait pas autour des îles. Ouf. C’est déjà ça. Ça explique sans doute l’absence joyeuse de millions de réfugiés climatiques pourtant garantis sur facture par l’ONU au début du siècle.

Pignouferies de presse

Et puis ces catastrophes (températures élevées, hausse des océans, Noé qui n’a toujours pas fini son arche pour des raisons de paperasserie administrative, etc…), il faudra bien sûr ajouter l’inénarrable acidification des océans (dont les effets sont inconnus mais forcément néfastes avec plein de conditionnels lourds de menace) qui tue les coraux, les ours et les manchots, et l’augmentation des méchantes sécheresses que n’expliquent pas ce satané reverdissement de certaines parties du Sahara, mais baste, si on devait s’encombrer de faits et de réalité, cette vidéo n’aurait plus ni queue.

Après presque quatre minutes de navrantes affirmations du même acabit douteux, la vidéo rend les armes sur un avenir sombre dépeuplé des espèces animales, marines ou non, détruites par cette méchante humanité qui pollue à coup de CO2. Et alors que le Président vient d’engouffrer un milliard virtuel dans une lutte climatique de plus en plus absurde, Le Monde, phare moderne de la pensée francophone, continue son devoir messianique de propagande climato-alarmiste en proposant ce genre de vidéos.

Joie ! L’argent du contribuable a été bien dépensé et les subventions continueront donc à tomber.

valls au bord du suicide

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Source : http://h16free.com/2014/09/25/33779-sommet-climatique-le-monde-nous-propose-une-petite-video-mensongere


Ecotaxe, le phénix du périphérique parisien

mercredi 24 septembre 2014 à 09:00

Au cours de l’été, on apprenait qu’Anne Hidalgo, la nouvelle maire de Paris, cherchait 400 millions d’euros pour boucler le budget 2015 de la capitale française, trou qu’elle avouait avoir découvert à sa prise de fonction, alors que s’agitait encore le petit mouchoir blanc de Delanoë, parti avec un grand salut à la noce qui fêtait l’arrivée d’une femme à la grande mairie parisienne… Bonne nouvelle : un début de renflouement est déjà sur les rails. Et s’il ne s’appellera pas « écotaxe », c’est seulement pour des raisons marketing.

Eh oui, tel un phénix ragaillardi par une saine période de détournement d’attention, l’écotaxe semble repointer le bout de son nez.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité l’année dernière, l’écotaxe est ce concentré de punition écologique taxante tout droit sorti de l’alambic maléfique du capitalisme de connivence dont on pourra retrouver l’illustration ici, et qui aura permis d’entériner un transfert de fonds de 800 millions d’euros de la poche des contribuables vers celle de la société Ecomouv et de l’État, jamais perdant au petit jeu de la ponction des moutontribuables.

ecomouv

Et voilà donc Anne Hidalgo qui ressort le projet de ses cartons moisis où le gouvernement l’avait sagement enfermé en attendant que la pression redescende. De façon fort peu commode, la récente mise à feu du centre des impôts de Morlaix, provoquée par une crise de panique soudaine suite à une lourde phobie administrative de maraîchers locaux, aura rappelé aux Français les aventures des Bonnets Rouges bretons qui démontrèrent il y a presque un an que le consentement à l’impôt ne va pas forcément de soi, même si celui-ci se camoufle en taxe, et même s’il se pare d’un plumage écolo. Mais après tout, si ça ne se passe pas bien en Bretagne, peut-être qu’à Paris, cela pourra se mettre en place sans problème ?

C’est, en tout cas, à cette expérience que vont goûter prochainement les Parisiens et ceux qui auront le malheur de transiter par la capitale, puisque le Conseil de Paris s’apprête à voter, fin septembre, la mise en place d’un péage de transit poids lourds sur le boulevard périphérique. Histoire de faire gentiment passer le suppositoire à ailettes, le coûteux dispositif sera d’abord expérimenté « à blanc » dès le 1er octobre prochain, jusqu’à la fin de l’année, c’est-à-dire que les factures ne seront pas envoyées aux vilains impétrants qui, toute honte bue, continueront de pratiquer des déplacements polluants sur le périphérique parisien. Dès le 1er janvier 2015 en revanche, bim, les routiers, qui sont sympas et suffisamment dodus pour payer, seront mis à contribution.

oh yes

Pour donner un ordre de grandeur, Christophe Najdovski, taxateur en chef et adjoint EELV chargé des bouchons transports à la mairie de Paris, explique que la taxe, qui ne touchera que les camions de plus de 3.5 tonnes (i.e. : tous), s’élèvera en moyenne à 0.13€ du km et devrait rapporter 5 millions d’euros par an à la Mairie de Paris. Vous voyez, 0.13€/km, c’est vraiment une petite misère de rien, ce serait dommage de s’en priver. Et puis, cinq millions, c’est vraiment modeste, on frise le symbolique (rien de punitif là-dedans, mes petits amis), à tel point que ces sommes seront utilisées pour développer des moyens de transports alternatifs (au camion) comme le ferroutage (bon certes, il y a du travail entre les grèves, les soucis de ponctualité et l’infrastructure très vieillissante), le fluvial (pas du tout encombré, tout à fait compétitif et permettant vraiment d’aller où on veut) et le vélo ahem bon bref vous avez compris. Et puis, excuse ultime, le but n’est pas (évidemment) de récolter de l’argent, mais seulement de « s’attaquer au transit international du boulevard périphérique, source de beaucoup de nuisances pour les riverains », selon Cricri le taxeur-écolo.

hidalgo lama

Autrement dit, pour lutter contre une nuisance, nos vaillants élus écolos ont trouvé une superbe parade : une autre nuisance, taxatoire celle-là. Voilà qui est malin comme tout. Et voilà qui n’aura bien sûr aucun effet adverse, c’est garanti sur facture. D’une part, comme le montant est faible, les livraisons parisiennes ne subiront aucune hausse de prix. C’est dit. D’autre part, les camions qui transitent ne choisiront pas de modifier leur trajet, venant ainsi s’agglutiner sur d’autres portions de routes, moins prévues pour leur gabarit ou leur nombre. Là encore, c’est dit, il n’y aura pas de modification comportementale. Et enfin, tout ceci va positivement réjouir les Parisiens et les autres, en camion ou pas, parce qu’ils savent pertinemment que le système ne les concernera jamais : il semble évident que les portiques écotaxe ne s’occuperont jamais des voitures particulières, parce que ce serait trop méchant, bien sûr.

Et puis bon, il faut bien trouver un moyen de lutter contre la pollution, mes petits amis. Paris vient de sortir, une nouvelle fois, d’une terrible semaine de nuées pestilentielles et cette taxe va, à n’en pas douter, s’ajouter à la lutte contre les méchantes activités polluantes de l’Humanité contre lesquelles, justement (ça tombe bien !) Anne Hidalgo et (accessoirement) François Hollande ont consacré quelques heures en allant faire les marioles représenter la France à New-York au Sommet pour le Climat, après avoir cramé quelques milliers de litres de kérosène pour ça, en toute cohérence.

Ici, on évitera de se pencher sur le paradoxe évident qui consiste à concilier l’envie de voir un comportement changer avec une taxe (pour forcer les camions à moins polluer dans le cas qui nous occupe) et, en même temps, à tout faire pour conserver le même comportement et les camions sur les routes qui leur sont adaptées (mais taxées), afin de gagner des thunes.

wtf dogs

Enfin, ne critiquons pas. Après tout, la mairie de Paris ne fait qu’appliquer les décisions du gouvernement puisque, comme le justifie (piteusement) Cricri le taxeur-écolo, ce dispositif « n’est que la déclinaison parisienne de décisions prises cet été au niveau du gouvernement » et que le boulevard périphérique fait simplement partie des 4000 kilomètres touchés par ce péage dans l’Hexagone. En clair, ce n’est pas complètement de la faute à Hidalgo, c’est aussi pas mal la fotogouvernement qui avait simplement « mis en pause » la petite vexation fiscale écolo-fumiste.

Finalement, qu’il doit être facile d’être politicien dans ce pays ! Lorsqu’un problème se pointe, une taxe semble l’alpha et l’oméga des solutions pratiques pour le résoudre. La pollution parisienne, notamment liée à l’abaissement constant des seuils de déclenchement des alertes et à l’augmentation assez consternante des bouchons par une politique de tabassage systématique des voitures, disparaîtra, d’après Hidalgo, sa clique parisienne et plus généralement, nos fiers députés, grâce à l’introduction d’une taxe tartinée d’écologie. Ben voyons.

Le non-politicien, individu benêt et un peu fruste, se serait niaisement attelé à redonner à la voiture une place pour circuler, à aménager des voies plus praticables, à rendre le passage de Paris aussi simple que possible tant pour les banlieusards en transit que pour les camions en voyage. Sans dogmatisme, il aurait vite compris que non, la voiture n’est pas remplaçable partout, en tous lieux et en tous temps, par de mignons petits vélos d’une tonne chaque avec de jolis calicots « Vélib », que les impératifs modernes imposent une réduction des prix des taxis (par exemple grâce à une saine concurrence, déjà introduite par des moyens judicieux comme Über ou Allocab), et que griller 50L/100 dans des bus à moitié vides la majeure partie du temps n’est pas vraiment une option écologique, responsable, citoyenne et durable.

Mais voilà. Le non-politicien n’est pas élu, n’a pas le pouvoir de décider à la place des autres ni de lancer un Ta Gueule C’est Magique™ lorsque la réalité contredit les espérances collectivistes. Alors les Parisiens, comme bientôt le reste des Français, auront l’immense plaisir de découvrir, bientôt, l’écotaxe. Aujourd’hui, les camions. Demain, tous les autres.

Réjouissez-vous, vous allez encore payer.

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Source : http://h16free.com/2014/09/24/33741-ecotaxe-le-phenix-du-peripherique-parisien


Morlaix : le retour des Bonnets Rouges ?

mardi 23 septembre 2014 à 09:00

Pour le pouvoir en place, cette période de rentrée est particulièrement délicate. Entre des chiffres économiques médiocres, une popularité microscopique, des conférences de presse ennuyeuses et une actualité politique navrante, rien n’est fait pour que nos gouvernants puissent se consacrer sereinement à la réduction des dépenses publiques tant attendues. Pire encore : la rentrée comprenant, en plus de tout cela, l’arrivée du tiers provisionnel, voilà que certains contribuables montrent les dents !

Et c’est ainsi qu’à Morlaix, des producteurs de légumes ont protesté contre les contraintes fiscales et administratives en mettant le feu à des bâtiments récents du centre des impôts et ceux de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Apparemment, ces légumiers commencent à trouver la conjoncture suffisamment délicate pour « agir » : déjà, un hiver trop méchamment doux (c’est le réchauffement climatique, qu’on vous dit) aurait honteusement favorisé leurs concurrents directs d’Allemagne, d’Espagne et du Pays-Bas à produire bien plus que ce que la consommation nécessitait, entraînant l’effondrement des prix. À cela s’est ajoutée la fine diplomatie européenne qui a consisté à s’aliéner le gros consommateur russe.

Devant le souci provoqué par l’embargo russe, la Commission européenne a mis en place des compensations, probablement conçues avec les mêmes esprits affûtés que les décisions diplomatiques initiales, selon le principe du « Un problème n’est jamais aussi bien résolu que par ceux qui l’ont créé en premier lieu ». Grâce à des critères d’attributions calculés au millipoil, les exportations de légumes, transitant pour beaucoup par les Pays-Bas et l’Allemagne, n’ont pas été prises en compte pour ces compensations. Le chèque finalement parvenu aux organisations de producteurs, d’un montant de 353 euros (soit 23 centimes par producteur), leur a permis de s’acheter le kit complet du Petit Chimiste et déceler ainsi des traces indéniables de foutage de gueule administratif.

epic win

À cette amusante péripétie, il faut ajouter les tracasseries malheureusement habituelles qui, en périodes de vaches maigres d’artichauts flétris, s’ajoutent aux soucis financiers : charges sociales trop importantes qui entraînent des écarts énormes avec les concurrents européens, avalanche de normes de production toujours plus exigeantes, bref, comme le dit Jean-François Jacob, président du premier groupement français de producteurs de légumes :

 » Désormais, après le paiement des cotisations sociales et les impôts, il ne reste plus rien. Certains se retrouvent avec à peine le SMIC pour des semaines de 80 heures de travail. Les producteurs doivent aussi supporter tous les jours une incompétence administrative qui nous fait perdre des marchés.(…) En 2013 les horticulteurs ont fait comme chaque année des démarches pour pouvoir travailler davantage dans la période qui précède la Toussaint, qui représente un pic d’activité, les autorisations sont arrivées trois jours après ! Un autre exemple : alors qu’on expédiait depuis des dizaines d’années de l’oignon à la Réunion, ce marché a été pris par les Hollandais à la suite de problèmes administratifs qui bloquaient les conteneurs en métropole. « 

Les producteurs bretons auraient-ils eu une crise de phobie administrative, d’un coup ?

phobie administrative

Je résume.

Sur un marché déjà lourdement biaisé par des tonnes de subventions et d’incitations plus ou moins malheureuses sont venues se greffer des aléas météos et des décisions diplomatiques hasardeuses. À ceci, les autorités ont tenté de répondre dans l’urgence et la précipitation, ajoutant maladroitement l’insulte à la sanction. Enfin, l’administration française, toujours en pointe lorsqu’il s’agit de traiter avec tact et doigté les dossiers de ses administrés, se sera dépassée une fois encore en accumulant incompétence et surlégislation envahissante.

Bilan : les producteurs ont donc protesté.

Bon, soit, une protestation qui se termine en incendie, c’est ce qu’on peut appeler une très vive protestation, mais après tout, nous sommes en Bretagne, et ce n’est pas la première fois qu’un édifice républicain part en fumée à la suite d’une réprobation publique un peu musclée. On se rappellera aussi que le mouvement des Bonnets Rouges, issu essentiellement d’un ras-le-bol assez marqué contre l’apparition de l’écotaxe et des portiques associés dans la région bretonne, avait débouché sur (là encore) d’assez vives désapprobations avec un peu de lancers de pavés. Que voulez-vous, la Bretagne, ça vous gagne … rapidement la fièvre et de ce point de vue, on comprend que le pouvoir centralisateur jacobin conserve un œil attentif aux petites poussées d’agacements des paysans et autres pêcheurs du cru.

morlaix la grogne

Il est donc parfaitement logique de trouver les déclarations vibrantes du Premier Ministre, qui a fait part de sa condamnation énergique de ces dégradations, avec plein de mouvements de menton, de petits poings serrés et de sourcils très très froncés. Déclarations d’autant plus énergiques que nos hommes politiques savent probablement que ces actions, particulièrement violentes, ne sont pas organisées par le biais des traditionnels syndicats, mais bien relativement déstructurées, montant directement « de la base » comme le souligne Agnès Le Brun, la maire de Morlaix. Autrement dit, l’agacement est de plus en plus vif et déborde largement les cadres habituels où la « petite » escarmouche syndicale est d’habitude tolérée (voire commodément oubliée).

Dès lors, il faut éviter que cela se reproduise. Et pour cela, il faut commencer par choper les virulents boutefeux. Ça tombe bien : grâce à la police, présente en nombre, aux multiples caméras de sécurité déployées pour une France Plus Forte et Plus Sécurisée, on a tous les noms, toutes les bobines des agitateurs et … Ah tiens non, on n’a rien du tout. Désolé M’sieur Valls, il va falloir lancer un appel à témoin un peu piteux mais indispensable pour que justice se fasse. Ah, décidément, rien de tel qu’un bon petit appel à la délation pour rappeler à la France ses heures les plus glorieuses, celles où la Police et la Gendarmerie, dotées d’équipements et de moyens financiers à la hauteur de la tâche qui leur est confiée, font leur métier avec précision et professionnalisme d’autant que la justice, au bout, saura faire la part entre clémence et fermeté pour éviter à la fois le laxisme et le Deux Poids – Deux Mesures qui pourrait si facilement la caractériser n’eussent été les efforts herculéens de tous ses acteurs pour la rendre irréprochable ahem brmmmfr brm.

Évidemment, la partie n’est pas gagnée. Trouver des citoyens, vigilants et patriotes, qui sont prêts à dénoncer des maraîchers ou des agriculteurs parce qu’ils ont mis le feu à un centre des impôts et un repaire de mafieux une caisse d’assurance professionnelle, cela suppose un Consentement À L’Impôt un peu hors du commun en France, surtout ces derniers temps où l’impôt est aussi élevé qu’est bas le consentement… On se demande, à ce propos, dans quelle mesure l’affaire Thévenoud n’a pas laissé une petite trace dans l’opinion.

mini thevenoudDifficile en effet d’occulter complètement qu’une raison clairement avancée par les fauteurs de trouble pour justifier l’incendie de ces bâtiments est une simplification administrative qui ne vient pas, un service public qui ne met pas de frein à son incompétence, une ponction fiscale qui utilise trop le consentement plombé. Difficile d’oublier que c’est un centre des impôts qui est parti en fumée. Difficile de ne pas rapprocher ces faits de la désinvolture avec laquelle nos élus, Thévenoud en tête, « oublient » leurs déclarations, « oublient » leurs PV, et « oublient » de simplifier nos vies. Difficile de ne pas sympathiser alors que les prélèvements n’ont jamais été aussi hauts, les tracasseries administratives ubuesques jamais aussi complexes, les dérives débilissimes des caisses d’assurances sociales aussi nombreuses et consternantes.

Et surtout, difficile de ne pas voir qu’aux questions implicitement posées par les maraîchers outragés, aucun début de réponse n’a été évoqué.

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Source : http://h16free.com/2014/09/23/33709-morlaix-le-retour-des-bonnets-rouges


Surprise ! Grève et intimidation à Air France !

lundi 22 septembre 2014 à 09:00

Quand ce n’est pas la Poste, ou, bien plus fréquent, l’une des sociétés de transports publics du pays, c’est Air France qui se rappelle aux bons soins des usagers (vaguement clients) en faisant l’une ou l’autre grève dont elle a le secret. Et cette semaine, nous en entamons la deuxième, dans la joie, la bonne humeur et les intimidations syndicales.

Et pour la bonne humeur, il suffira de se rappeler que, pour une fois, le personnel naviguant a eu l’extrême onctuosité de prendre ses clients en otage hors des vacances scolaires, ce qui est, on peut le dire, une vraie amélioration par rapport aux précédentes interruptions volontaires de travail d’une certaine catégorie de syndicalistes privilégiés, comme en juin dernier où le personnel de piste avait posé l’option farniente à l’orée des grands départs estivaux, les petits malins.

Comme à l’accoutumée, les raisons de la grève sont un peu confuses mais peuvent être résumées en quelques lignes : confrontée à une baisse de sa rentabilité, la compagnie Air France a récemment dévoilé l’un de ces plans stratégiques qu’elle nous mitonne de temps en temps pour tenter de s’adapter au marché. Dans le cas d’espèce, Air France souhaite développer Transavia, sa filiale low-cost, dont les conditions contractuelles pour les pilotes sont assez différentes de celles actuellement en vigueur dans la compagnie-mère. Bien sûr, c’est un plan qui vient s’ajouter aux nombreux précédents pour tenter de conserver ses parts de marché, en érosion notable due à l’arrivée des concurrents low-cost, et à des coûts de structure importants que n’ont pas forcément ni les low-costs, ni ses autres concurrents plus traditionnels.

En substance, avec les émoluments et autres avantages importants, les pilotes représentent une masse salariale lourde à porter pour une entreprise maintenant sous les feux de la concurrence acharnée dans le ciel européen et mondial. Et force est de constater qu’ajouter les avantages surprenants (le nombre d’heures de vol effectif par pilote d’Air France est l’un des plus bas d’Europe) aux coûts salariaux typiquement français (bonjours les cotisations, salut les taxes, bisous le code du travail) revient à accrocher un gros boulet à l’aile de la compagnie tricolore.

air france a nous de vous faire preferer le train

Pour rappel, les pilotes d’Air France volent environ 20 à 25% de moins que leurs homologues européens de Lufthansa ou de British Airways, et (évidemment) encore moins que les pilote d’easyJet ou de Ryanair. Et si l’on compare les pilotes Air France avec ceux de Transavia, leur coût horaire, dont le salaire brut annuel oscille entre 75.000 et 250.000 euros selon le grade, l’ancienneté et l’affectation, est 40% plus élevé chez Air France que chez Transavia.

small implied facepalmDe ce point de vue, on comprend un peu les mains moites de la direction qui doit pour tenir compte des syndicats maisons particulièrement pointilleux faire preuve d’un doigté d’horloger pour arriver à réduire les coûts et ajuster une structure entrepreneuriale dont le pilotage tient plus du point de croix que des meilleures pages de Guillaumet ou Saint-Exupéry. Et cette fois-ci, le petit changement de cap n’est pas passé inaperçu : le Syndicat National des Pilotes de Ligne a déposé un bon gros préavis de grève joufflu qui s’est doucement prolongé pour arriver, pimpant, en seconde semaine. small double facepalm Pour nos grévistes, il est impératif que les pilotes Transavia bénéficient du même type de contrat que celui d’Air France, ce qui est bien évidemment le contraire même du but recherché de l’opération. Un dialogue de sourd s’est donc instauré, avec portes qui claquent, énervements et grosse mauvaise foi dont les clients font maintenant les frais.

Ici, normalement, on se doit d’introduire un petit couplet sur l’importance de la bonne négociation entre la direction et les syndicats, avec un petit rappel pour le nécessaire dialogue social, et sur le fait que le droit de grève, imputrescible, indépassable et indispensable dans toute société démocratique qui se respecte gnagna Constitution gnagna droit inaltérable. Certes. Mais dans une compagnie où toutes les autres catégories de salariés, en particulier les personnels au sol, ont déjà dû consentir à de lourds sacrifices, les pilotes ont évidemment un peu plus de mal à justifier leur résistance au changement, d’autant que les conditions proposées sont assez loin de l’esclavagisme ou de la Bête Humaine… D’autant plus que cette grève s’ajoute à des bilans franchement médiocres d’une compagnie qui était sur le point de retrouver un peu de rentabilité.

oh noes !

Cependant, à la grogne des passagers qui monte gentiment, à la perte additionnelle de crédibilité d’une compagnie qui, encore une fois, montre au reste du monde ce merveilleux système social qu’il nous envie de façon toujours plus tiède, à la perte, plus douloureuse encore, d’exploitation de ces jours chômés à regarder les autres compagnies récupérer les clients, à ces problèmes, donc, doivent s’ajouter ces comportements si délicieusement typiques des syndicats français aux premiers rangs desquels on trouve la délation et l’intimidation.

nom d'une pipe en boisIl apparaît en effet qu’une page Facebook est récemment apparue destinée à recenser ceux des pilotes qui auraient la mauvaise idée de continuer à exercer leur métier et de ne pas prendre part aux joyeux mouvements de débrayage. La pratique du listing festif, fort en vogue dans ces partis et syndicats d’une gauche délicieusement coincée dans le siècle précédent (période Octobre Rouge), continue donc de remporter ce succès si particulier qu’il ne peut se passer d’une bonne délation inter-camarades de lutte dont le caractère récurrent en France ne laisse pas d’interpeller.

En effet, pour les lecteurs les plus naïfs, qui croiraient trop gentiment que ceci n’est qu’un petit dérapage sans conséquence, il est nécessaire de rappeler que non, les exactions syndicales ne sont pas du tout épisodiques ou rares, mais font bien partie de la norme dans ce pays et constituent même, en dernière analyse, l’un des problèmes les plus aigus qui explique certainement une bonne partie des raisons pour lesquelles ce pays continue à s’enfoncer, mollement mais avec détachement, dans une mouise épaisse et collante.

De la même façon que le jusqu’au-boutisme ridicule des syndicats a fini par mettre Alitalia dans une passe fort difficile il y a quelques années, peu d’efforts sont nécessaires pour imaginer que les actuelles grèves à Air France, dont tout indique qu’elles s’enveniment, ne vont absolument pas résoudre les problèmes structurels lourds et permanents que l’entreprise s’évertue à corriger depuis sa privatisation et l’ouverture complète du ciel français à la concurrence. Pire, en plus d’aggraver une situation financière délicate, elles vont continuer d’abonder à l’idée, déjà bien en place, d’une compagnie peu fiable au rapport qualité-prix de moins en moins pertinent avec ce que le reste du marché propose. C’est, évidemment, une petite catastrophe qui se joue actuellement sous nos yeux.

Enfin, à l’heure où tant d’individus, en France, ont tant de mal à simplement finir le mois, ou pire encore, à payer leur dernier tiers provisionnel, les geignements des pilotes d’Air France ajoutent une bonne dose d’indécence à l’agacement palpable des Français devant ce genre de mouvements.

Pas de doute : la gréviculture française continue, et la saison 2014 débute en fanfare.

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Source : http://h16free.com/2014/09/22/33675-surprise-greve-et-intimidation-a-air-france


Sarkozy : le retour du relou

dimanche 21 septembre 2014 à 11:00

Comme tout le monde en parle et beaucoup feignent de s’y intéresser, peut-être faut-il sacrifier aux lubies du moment et se pencher sur le – pourtant évident – « retour » en politique de Nicolas Sarkozy, ne serait-ce que pour rappeler d’où il vient, et mettre son bilan en rapport avec celui qu’on peut déjà dresser pour l’actuel occupant de l’Élysée.

À ce titre, difficile de ne pas noter les longs soupirs de soulagement de la gauche tant cette nouvelle lui redonne, un peu, confiance en l’avenir. Le retour de Nicolas Sarkozy semble plutôt et à première vue une bonne nouvelle pour la gauche, complètement désemparée par l’état général de l’économie et de la politique en France, ses scores abyssaux aux dernières élections et sa popularité catastrophique, visible jusque dans l’aigreur de plus en plus tenace de ses organes médiatiques quasi-officiels. En gros, l’idée des socialistes est qu’en revenant sur la scène médiatique, Sarkozy, comme à son habitude, captera l’attention médiatique et mettra encore un peu plus de bazar dans une droite devenue aussi inexistante que la gauche.

Les grimaces de Sarkozy

C’est, bien sûr, un pari comme un autre, et comme tout pari, il a sa part de risque, à commencer par celui du contraste violent entre la fadeur et la mollesse de l’actuel président et l’agitation frénétique et les coups de gueules calibrés de son prédécesseur : malheureusement pour lui, le charisme microscopique de Hollande l’a clairement desservi dans les relations internationales de la France, là où Sarkozy pouvait se vanter d’être, au moins, écouté, même si l’absence totale d’actions concrètes et de moyens, par derrière, auront abouti, pour les deux présidents, à un résultat strictement identique de déclassement du pays, progressif mais marqué.

L’autre risque pour la gauche, c’est que Sarkozy, comme il l’a fait précédemment (et dans un contexte bien plus favorable), réussisse à formuler un discours qui lui permette de récupérer une partie de cet électorat qui a été aspiré par le Front National depuis son départ en 2012. Le chemin pour parvenir à une telle alchimie est extrêmement étroit, particulièrement risqué et comporte probablement plus de risques de fragmenter encore plus la droite que de chance de la rassembler.

En effet, pendant que le revenant enchaînait les conférences financièrement roboratives, d’autres candidats à la présidence se sont déclarés. On pourra retenir François Fillon, qui, pour se donner un peu de contenance, a tenté quelques tortillements libéraux qui ne convaincront personne, ou encore Alain Juppé, dont la candidature, quasi-lunaire, ne permet pas d’occulter le fait qu’en tant qu’ancien repris de justice, il est plutôt mal placé pour nous faire croire à un quelconque renouvellement de l’offre politique, surtout pour quelqu’un de la génération Chirac…

fillon patrimoine

Toutes ces considérations contextuelles faites, n’oublions pas d’où vient Sarkozy.

Qui peut, décemment, oublier pourquoi il fut battu en 2012 ? Pas parce qu’il n’avait pas assez redressé le pays, non, mais bien parce qu’il l’avait enfoncé, et le rendait dans un état pire que celui qu’il l’avait trouvé. Qui peut oublier qu’il fut battu non parce que Hollande fit preuve de charisme ou de puissance argumentative, mais parce que la majorité des électeurs, n’ayant en réalité aucune espèce de sympathie pour le fadasse énarque en face de Sarkozy, ne pouvait plus le voir en peinture ?

Qui peut négliger le bilan de ses cinq années de présidences où le pays est passé d’un taux de chômage de 8.0% à 9.8% ?

taux chomage période sarkozy

Oh, certes, les actuels aficionados de l’ex-président ne manqueront pas d’observer qu’en la matière, le pauvre Hollande a dépassé toutes les prévisions les plus pessimistes, et mérite donc largement le renvoi pur et simple par les électeurs lorsque son tour viendra. Mais pour prétendre gouverner un pays, on ne peut se comparer qu’aux meilleurs, pas aux pires ! Et Sarkozy ne pourra décemment pas faire valoir le bilan catastrophique de son rival pour faire oublier le sien, à peine moins désastreux.

Qui pourra omettre de ce bilan le constat effarant d’une dette qui a explosé ?

Oh, certes, elle n’a pas arrêté de gonfler non plus sous Hollande, et ce pauvret aura eu le délicat plaisir d’être le président sous lequel elle aura passé la barre symbolique des 2000 milliards d’euros, avant de passer celle, encore plus symbolique et autrement plus périlleuse, des 100% du PIB, dans les prochains mois (en cours d’année 2015, au rythme actuel). Mais là encore, comment ne pas voir que c’est bien sous Sarkozy, celui qui revient, maintenant, se poser comme un sauveur d’une France délabrée et en désarroi total, que cette dette est passé de 62% du PIB à plus de 88% ?

Qui pourra réellement acquitter Nicolas Sarkozy de l’avalanche de mesures anti-libérales, liberticides, contre-productives voire pleinement stupides dont il nous aura gratifié pendant son quinquennat, depuis ses lois de muselage d’internet (HADOPI, anyone) jusqu’au tabassage fiscal traditionnel ? Qui peut oublier l’ahurissante accumulation d’actes manqués du revenant, et sa liste à rallonge de taxes, d’impôts et de ponctions nouvelles introduites sous sa présidence ? Qui peut oublier la liste suivante ?

jean sarkozy epadQui pourra l’absoudre des affaires multiples qu’il trimballe comme autant de marmites sonores et rebondies, à tel point que les palais républicains ont fait place aux palais de justice pour lui et sa clique dans les années qui ont suivi son échec électoral ? Qui a oublié que le népotisme ne s’est jamais aussi bien porté que sous son mandat ? Là encore, rappeler les histoires frivoles de Hollande n’y changera rien : tant Chirac que Sarkozy lui ont tout appris, et remettre le couvert pour ces plats-là ne peut pas se faire sans une vague nausée.

Avec ce retour de Nicolas Sarkozy, la politique française continue de s’enfoncer dans la dépression nerveuse, complète avec régression fœtale et apathie constitutionnelle. La gauche ne propose plus aucune politique concrète, et se contente de l’amoncellement géologique de réformettes ridicules et la complexification maladive de tout ce qu’elle touche. La droite, aussi intellectuellement à la rue, ressort de placards poussiéreux d’anciens premiers ministres usés qui se sont essentiellement caractérisés par leur capacité à baisser leur pantalon sans la moindre friction ni la moindre hésitation, ou un ex-président qui oublie un peu vite qu’il a réussi à perdre face à un type qui n’a jamais réussi à déclencher autre chose qu’un ennui tiède.

S’il y a bien une chose qui marque ce retour à la politique de Sarkozy, c’est le vide intersidéral qui règne au niveau des idées politiques actuellement, autant à droite (et ses extrêmes) qu’à gauche (et ses extrêmes).

Et jamais 2017 n’aura paru aussi loin.

antigone - sarkozy pas oublié

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Source : http://h16free.com/2014/09/21/33648-sarkozy-le-retour-du-relou