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2000 milliards de mille sabords, la dette continue de grossir

mercredi 2 juillet 2014 à 09:00

Bien que tout le monde s’affaire au foot ou aux vacances qui approchent à grands pas, c’est maintenant officiel : la dette de l’État et des administrations français est maintenant de 2000 milliards d’euros, après une joyeuse augmentation au premier trimestre 2014 de plus de 45 milliards. Jolie performance.

haddock.jpgPremier constat : l’augmentation de la dette est donc soutenue, et le rythme s’est accéléré ces derniers mois. Et lorsqu’on examine un peu la répartition du gâteau (ou, disons, de l’anti-gâteau, puisqu’il s’agit d’une dette), c’est l’État qui arrive en tête avec 43.3 milliards des 45.5 milliards d’augmentation (95%), les miettes étant laissées à la Sécurité Sociale. En somme, celui qui devrait faire le plus d’économies est celui qui contribue le plus à la dérive de la dette.

Deuxième constat : si on se focalise un peu sur le chiffre de 2000 milliards, c’est d’abord parce que, tombant bien rond (douze zéros, ça, c’est du score !), il attire l’attention et surtout parce que, grosso-modo, c’est le chiffre qu’on peut retenir pour le PIB français. Bon, certes, il est un peu supérieur ce qui permet encore d’affirmer que la dette française ne représente pas (encore) 100% du PIB, mais dans les grandes masses, cela permet de fixer les idées : le pays doit à ses créanciers ce qu’il produit en une année, peu ou prou.

Troisième constat : très clairement, le fait que la France ait, jusqu’à présent, bénéficié de taux bas sur le marché des emprunts d’État (par différents mécanismes dont un soutien plus ou moins caché de la BCE) a manifestement joué en défaveur de la dette elle-même. Tout se joue comme si on empruntait d’autant plus sur les marchés que de tels taux sentent la bonne affaire, et comme si nos gouvernants, en parfaits irresponsables, continuaient d’appuyer sur l’accélérateur au lieu de prudemment ralentir. De ce point de vue, on est en droit de se demander si ces taux bas ne sont pas plus une malédiction qu’autre chose, incitant à une dépense incontrôlée dont les fruits pourris devront bien être récoltés un jour ou l’autre…

haddock ritQuatrième constat : tout le monde s’en fiche ou à peu près, et l’annonce du dépassement de ce chiffre fort joufflu n’a semblé déclencher aucune panique nulle part. Bercy s’en fiche calmement. Montebourg s’en tamponne en agitant sa toison frisée dans la douce brise de juillet. Sapin s’en accommode fort bien en reprenant du poulet à la cantine. Ça en touche une à Hollande sans faire bouger l’autre, pendant qu’il regarde la télé, mollement accoudé à un fauteuil Louis XV. Quelques économistes, notamment libéraux, trouvent bien la situation préoccupante, mais comme on ne les écoute pas, leur petite poussée de stress n’entraîne aucune espèce de prise de conscience. Si tout ne va pas bien, rien ne va suffisamment mal de toutes façons pour justifier de courir à droite et à gauche et tenter des trucs, des machins, de vraies réformes et tout ça.

C’est tout de même un peu gênant.

dette en stock

Parce qu’au contraire de ce qu’on lit parfois sous la plume de communistes vasouillards ou de keynésiens détendus du déficit, cette dette existe bel et bien. Elle n’est pas le résultat d’un petit dérapage comptable. Elle n’est pas apparue, pouf, au détour du bois ces dernières années, et n’est pas non plus, quoi qu’ils puissent en penser, la résultante de méchants capitalistes qui feraient rien qu’à embêter les gouvernements français et les forcer, un flingue rhétorique sur la tempe, à emprunter toujours plus sur les marchés pour arriver à se payer le fix de moraline et de vivrensemble en dosettes faciles à distribuer dont ils ne peuvent plus se passer. Et non, elle n’est pas non plus la conséquence catastrophique de la fourbe loi de 1973, qui n’a strictement rien changé. Pas plus d’ailleurs que cette dette serait plus grave parce que la monnaie est maintenant européenne au lieu d’être strictement française : s’il semble évident qu’on doive à présent se trimballer une monnaie forte alors que nos gouvernants rêveraient de l’affaiblir sauvagement, cette monnaie nous amène aussi ces fameux taux bas, revers agréable sans lequel la messe aurait déjà été dite depuis un moment.

La réalité, c’est que cette dette existe bel et bien. Elle est la résultante logique de l’achat d’un niveau de vie donné, celui qu’on a observé en moyenne jusque dans les années 2000, et d’un modèle social particulièrement complexe, beaucoup trop protecteur et furieusement tourné vers lui-même. Or, ce modèle, ce niveau de vie, ces facilités ont en très grande partie été financés à crédit. À crédit, les retraites de la génération d’après-guerre, puis de mai 68. À crédit, la myriade d’administrations et son personnel pléthorique. À crédit, la paix sociale à coup de 35 heures, de RTT, de protection chômage, de congés payés, d’avantages plus ou moins élevés dans des douzaines de domaines. À crédit, la paix dans les quartiers. À crédit, toutes les opérations militaires à droite et à gauche. Bref, à crédit ce qui a maintenu les Français dans l’illusion que leur pays était encore une puissance majeure, pouvant décider du sort du monde, pendant que la Chine, le Brésil, l’Inde ou la Russie grandissaient…

Et tout ce crédit, tout cet achat de niveau de vie passé, il va falloir le payer, dans un futur de plus en plus proche.

Or, où est donc la rigueur budgétaire qui présiderait à un remboursement, à une diminution de la dette et des contraintes qu’elle fait peser sur l’économie et la politique française ? Si la dette augmente autant, où est donc l’austérité qu’on honnit très fort ? Serait-on en train de pressurer toujours un peu plus nos concitoyens à défaut de faire, justement, les nécessaires économies ? NoOon, ce serait franchement étonnant ! Puisqu’on vous dit que l’austérité est là, c’est que cela doit bien se traduire concrètement par des baisses de dépenses quelque part, non ? Ben non. Les faits sont là, têtus : 45,5 milliards d’euros de dette supplémentaire. La dette refuse de s’envoler.

(Sparadrap de Haddock) Saleté de nom d'une pipe de truc qui ne veut pas partir !

Et le pire est que cette dette a augmenté quel que soit le bord de l’exécutif, avec des poussées d’accélérations tant à droite (merci Sarkozy) qu’à gauche (merci Hollande). Grâce (ou à cause, selon le point de vue) d’une joyeuse décentralisation du pouvoir (dans les administrations locales), on a dilué les dépenses à toutes les strates de l’État (national, local), ce qui a dilué d’autant les responsabilités. La dette, fléau national, n’est maintenant plus la faute de personne, ne dépend plus de personne, et personne ne voudra bien sûr la rembourser.

haddock ca suffitCe qui va se traduire de façon simple : elle va continuer à grimper (et dépasser les 100% du PIB). On ne change pas une formule qui perd. Comme ce n’est la faute de personne, personne ne s’en inquiétera. Petit à petit, parce que le reste du monde ne pourra pas continuellement s’adapter aux caprices français, les taux augmenteront et le poids de la dette s’aggravera, probablement au point où le budget opérationnel de l’État sera nul. Il n’y aura plus un kopeck pour payer les salaires, les retraites, les indemnités, les aides, les allocations.

Et à ce moment là, il n’y aura pas 36 solutions. Dans un savant panachage des éléments suivants, l’État sauvera sa peau en vendant celle du peuple.

Les promesses de l’État n’engageant personne, pas même lui, il mettra les retraites à la poubelles (ou disons, les retardera, les réduira, les posera sous conditions et fera tout pour sortir le maximum de personnes du système). Futurs retraités, ne comptez pas sur l’État français.

Parallèlement, il y aura, inévitablement, un défaut sur une partie de la dette. Les créanciers pleureront. Ceux qui n’avaient pas fait leurs « due diligences » un peu plus fort, parce que ce seront, majoritairement, des Français eux-mêmes.

Une autre partie de la dette sera remboursée, mais par un chyprage dodu : un matin, les banques couperont un joli pourcentage de vos avoirs en banque, assurance-vie, épargne diverse, et vogue la galère. Comment ça, c’est du vol ? Allons. On appellera ça « impôt exceptionnel » et ça ira très bien.

Enfin, une bonne dose d’inflation là-dessus achèvera la dette restante lorsque la monnaie sera exactement aussi faible que ce que souhaitent nos politiciens, en donnant l’occasion aux uns et aux autres de sortir des brouettes pour aller acheter le pain, ou, plus pragmatiquement, d’utiliser la notation scientifique pour les avoirs restant dans les comptes en banque.

De même qu’il est évident que la dette dépassera les 2000 milliards puis les 100% de PIB, la question n’est donc pas de savoir si ces scénarios prendront corps, mais seulement de savoir quand et quelle forme prendra le panachage.

À vos pronostics.

haddock injurie

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Source : http://h16free.com/2014/07/02/32308-2000-milliards-de-mille-sabords-la-dette-continue-de-grossir


Immobilier et expulsions

mardi 1 juillet 2014 à 09:00

L’immobilier en France, c’est tout un poème. La pierre est, dans ce pays, un véritable concentré de passions diverses, parfaitement illustré dans le proverbial « Quand le bâtiment va, tout va », qui fait que lorsque le bâtiment, justement, ne va pas, les crispations font vite place à des empoignades vigoureuses, ce qui, en politique, se traduit par des agitations frénétiques généralement assez contre-productives.

C’est assez logique, du reste, tant l’habitation principale constitue en réalité la façon la plus utilisée pour épargner de l’argent pour ses vieux jours. D’autant que fiscalement, les politiciens ayant compris la nature chatouilleuse de l’électeur à ce sujet, le secteur immobilier fait toujours l’objet d’attentions particulières : on tabasse de taxes tout en dosant précisément pour éviter la révolte.

Cependant, à mesure que le maquis fiscal s’est fait plus dense autour de l’immobilier, que les décrets, lois et règlements se sont faits plus complexes à tous les niveaux administratifs (de la commune à l’Etat), les gouvernants se sont trouvés confrontés à des phénomènes d’ampleur croissante. En clair, les prix de l’immobilier français sont maintenant dangereusement élevés.

friggit-juin-2014-paris-province

Constatant cela, les politiciens se sont donc empressés de mettre en place des mesures afin de calmer ce qui peut s’apparenter à une grosse bulle, et tout faire en sorte qu’elle se résorbe sagement et … Ah non, en fait, ils ont lâché Duflot au milieu du parc immobilier, armée d’un jerrican, d’une allumette et de 8000 tonnes de kérosène. Logiquement, quelques mois plus tard, l’offre de logements vient à manquer cruellement.

La construction marque maintenant clairement le pas, et oblige tous les acteurs du secteur à regarder l’objectif (risible) de 500.000 logements annuels de très très bas. Le gouvernement s’est acharné à pondre une grande loi sur le logement alors qu’il est intellectuellement à la rue. Fatalement, ça ne pouvait pas donner grand chose de bien. À force, le marché est bloqué avec d’un côté les acheteurs qui attendent, et de l’autre, les vendeurs qui hésitent à baisser leurs prix.

cecile duflot se prend les pieds dans le grand paris

Pourtant, sans la myriade d’interventions maladroites des gouvernements passés et présent, nul doute que des situations actuellement rocambolesques trouveraient une résolution simple ou rapide (ou les deux).

En effet, une bonne partie du prix élevé des logements provient des contraintes légales qui pèsent sur la construction ou l’entretien de l’immobilier. À ces contraintes s’ajoutent celles des plans d’urbanisme, qui permettent de créer des zones habitables (ou non) sur simple volonté du maire. Enfin, les récentes (mais nombreuses) incitations (voire obligations) gouvernementales à prendre les transports en commun, au détriment des axes routiers, ont favorisé l’émergence d’un immobilier à proximité des gares, en nombre inévitablement limité, ce qui concentre l’habitat et le rend mécaniquement plus cher, les gens ne voulant pas être trop loin de leur lieu de travail. Très concrètement, cela se traduit d’ailleurs par des temps de trajets importants, une fatigue plus grande, et des coûts tant collectifs dans les transports en commun qu’indivuels dans les voitures.

well done old chapAutrement dit, l’État a massivement investi, s’est lourdement endetté, a énormément subventionné, favorisé et dépensé l’argent des autres pour faire grimper et maintenir haut des prix immobiliers que ces mêmes contribuables ont maintenant du mal à atteindre avec leurs salaires qui s’amenuisent, impôts et taxes obligent. Bref, grâce à l’État et nos petits amis du gouvernement, c’est un foirage total.

Mais il n’y a aucun doute : il existe une vraie demande solide pour plus de logements, ou des logements plus adaptés, plus proches, ou tout simplement moins chers que ceux qui sont actuellement sur le marché.

Au point que certain(e)s prennent d’office des lieux inoccupés, s’installent et squattent sans vergogne. Ce qui provoque quelques problèmes lorsqu’il faut ensuite les expulser.

Cependant, là où un particulier aura bien du mal à virer un gentil (forcément gentil) squatter de chez lui, lorsque le propriétaire est un gros syndicat comme l’Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP), cela va plus vite et la justice perd moins de temps.

Et lorsque les squatters sont les Femens, cela nous prend une tournure particulièrement croustillante, notamment lorsqu’on apprend que depuis leur installation sauvage début novembre, les péronnelles ont grillé pour 7400€ d’électricité, soit plus de 900 euros d’énergie par mois.

Manifestement, nos féministes ne sont pas trop éco-conscientes et je pense qu’il serait de bon ton, histoire de les sensibiliser un peu à la cause réchauffiste, de leur envoyer une facture-carbone un peu salée. Il faut qu’elles comprennent une bonne fois pour toutes qu’on ne peut plus lutter contre le patriarcat machiste aliénateur sans tenir compte de Gaïa, notre mère nourricière à tous, et faire en conséquence de beaux efforts écologiques. Voilà qui, en plus, ravira Duflot, doublement impliquée puisqu’autant dans le logement que profondément dans Gaïa.

Pour faire bonne mesure devant cette terrible expulsion qui met à ce point en exergue le besoin de logement des Parisiens, les Femens ont déjà réfléchi à une paire de solutions. La première consisterait à violer leur propre cohérence en réclamant le droit d’asile d’une église, lieu où les militantes se sont déjà illustrées autrement que par leur respect et leur ouverture d’esprit. On imagine aussi la joie, le calme et la pondération qui accueillerait la réquisition d’une église par les forces de l’ordre si jamais elles devaient se reloger ainsi.

À cette solution aussi provocatrice qu’impraticable, elles ajoutent la possibilité d’aller squatter chez Anne Hidalgo. Enfin, bien malheureusement, non pas directement chez elle, ce qui mettrait certainement du piquant dans une vie qu’on imagine fort bien rangée, mais plutôt dans les locaux de la Mairie de Paris dont elle a la responsabilité. Après tout, comme le fait remarquer Inna Shevchenko, cheftaine de la phalange française des Femen,

« La maire Anne Hidalgo nous avait déjà démontré son soutien quand nos locaux avaient brûlé en juillet 2013. On lui lance un appel, peut-être qu’elle nous entendra… »

Ceci me semble une excellente idée : qu’un groupuscule d’hystériques exhibitionnistes anti-cléricales compulsives soient officiellement hébergées par la Maire de Paris, en son sein, voilà qui donne enfin une excellente publicité aux subventions des associations auxquelles abonde largement cette Mairie et dont on peut être sûr que les contribuables apprécieront la saine gestion.

hidalgo maitrise la mairie

Et puis, quel bonheur de savoir que les Parisiens ont enfin un exemple concret de ce que la Mairie peut faire pour les reloger, tous ! Elle avait déjà prouvé qu’elle savait prendre soin de ses élus en les plaçant dans de commodes HLM. Elle montre ici qu’elle peut aller plus loin encore.

On le voit : l’immobilier, en France, c’est vraiment tout un poème, complexe, aux multiples branchements et aux subtilités infinies que de nombreux législateurs et d’abondants politiciens se sont ingéniés à construire pour aider leurs ouailles, c’est à la fois un problème bigrement étatique et des solutions sympathiquement interventionnistes.

Décidément, c’est fou ce qu’on peut faire avec l’argent des autres !

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Source : http://h16free.com/2014/07/01/32287-immobilier-et-expulsions


La politique française au département des maladies neurologiques

lundi 30 juin 2014 à 09:00

Le mois de juin s’achève et cette période favorise un petit bilan d’étape, avant la trêve estivale et la reprise du rythme frénétique de l’actualité dès septembre. Et faire le point pour savoir où l’on se trouve maintenant est d’autant plus nécessaire que les directions prises par le pays sont peu claires et qu’il est donc difficile de savoir où l’on va.

Un constat s’impose déjà : où qu’on regarde, la situation s’est, très globalement, dégradée.

Au plan économique bien sûr, l’ambiance générale n’était pas franchement rose il y a un an. Rien dans ce qui s’est passé ensuite n’a permis à la croissance de réapparaître. Les différents secteurs (immobilier, énergie, transport, tourisme, manufactures ou industries diverses) n’affichaient pas de brillantes perspectives, et les mois qui se sont écoulés n’ont que rarement amené de bonnes nouvelles sur ces fronts-là. L’emploi, par exemple, continue d’afficher sa faiblesse avec un chômage au plus haut depuis des décennies.

Au plan politique, il y a une petite année, le parti officiellement socialiste pataugeait quelque peu dans une conjoncture défavorable, et le parti d’en face, officieusement aussi socialiste mais estampillé à droite pour des raisons historiques et de commodités, ne manquait pas de faire rire un peu tout le monde avec ses querelles intestines et son indécision pour se trouver un chef et paraître un minimum rassemblée dans le combat d’opposition qu’on s’attendait à lui voir mener. Là encore, deux poignées de mois plus tard permettent d’afficher un marasme encore plus grand qui ne semble avoir profité ni à l’un, ni à l’autre.

Et c’est ce constat qui me paraît d’importance.

À gauche, le Parti Socialiste s’est mangé deux belles branlées électorales de magnitude 9. Ce n’était ni totalement fortuit, ni totalement surprenant compte tenu de la dégelée cadencée que les Français en général et les contribuables en particulier se sont prise. Mais ces volées démocratiques cinglantes n’expliquent pas tout, et notamment pas tout ce qui se passe en ce moment.

On assiste en effet à ce qui pourrait être comme un renoncement progressif, à une sorte de marche arrière désordonnée, mal ou pas assumée, hésitante et brouillonne. Progressivement, il semble qu’on modifie la portée, qu’on réduit la voilure, qu’on rabote les réformes, qui se sont contentés soit d’être des bricolages sociétaux peu coûteux financièrement mais qui se sont avérés très difficiles à gérer politiquement, soit des usines à gaz législatives aux résultats plus qu’incertains.

vite réformons les régionsOn constate l’hésitation de plus en plus marquée (et prévisible) pour la réforme territoriale dont on se demande encore comment et pourquoi elle a pu aboutir si haut dans les priorités présidentielles. Alors que le pays s’enfonce dans le chômage, la présidence décide de redessiner la carte administrative du pays sans vraiment prendre le temps de consulter ceux qui seront aux premières loges. Inévitablement, la majorité parlementaire se fracture à ce sujet, et tous ceux qui le peuvent à l’Assemblée se regroupent pour faire barrages administratifs sur chicanes procédurales. Le sujet, à l’évidence, n’a pas fini de faire parler de lui.

parcours institutionnel - étape finaleLes petits pas désordonnés en arrière sont aussi visibles dans le traitement de la Loi ALUR, catastrophe législative dont tout indique qu’il va falloir l’abandonner au niveau des décrets, en essayant de limiter autant que possible les effets des annonces et des dispositifs déjà en place qui se sont jusqu’à présent traduits par une dégringolade sur le marché de l’immobilier. Dès sa conception, la loi présentait de graves défauts de malformations. La mise à bas s’est faite dans la douleur et c’est sans regret qu’on devra probablement enregistrer une morte-née dans les prochains mois, ou, à défaut, un légume sous respirateur qu’on débranchera pudiquement à la faveur d’un remaniement, d’une dissolution ou d’un changement quelconque de politique officielle. Bon débarras.

On apprend en outre que, finalement, seront abandonnés les ABCD de l’éducation, bricolage « éducatif » ajouté à la cohorte déjà affolante d’apprentissages indispensables enseignés aux élèves français entre la poterie, le macramé, l’art plastique et ces myriades d’autres choses qui n’ont rien à voir avec la lecture, l’écriture et le calcul de base. Bien évidemment, pour des raisons de politique politicienne et de ménagement d’un électorat très vocal, ce n’est officiellement que partie remise. Mais il n’est pas difficile de comprendre que ce revirement vise à ménager un peu de mou dans le front de contestations que le gouvernement sent monter.

D’ailleurs, la réaction vive et rapide de Fabius (pourtant ni spécialement vif, ni spécialement rapide d’habitude) sur la douloureuse augmentation récente des taxes hôtelières montre bien que certains, à l’Élysée et ailleurs, commencent à prendre conscience qu’il est plus que temps d’arrêter d’enfiler des boulettes. Petit à petit, plusieurs au parti socialiste font mine de prendre conscience de la criticité de la situation.

bygmillionÀ droite, pendant ce temps, c’est la déroute. Et si l’on ne connaissait pas le penchant naturel de la droite pour faire à peu près n’importe quoi n’importe comment et s’entredéchirer pour des peccadilles internes, on en serait étonné. Depuis le fiasco rigolo des primaires et de la désignation d’un chef, foirade qui aura eu le mérite d’amuser la galerie et cacher au Parti Socialiste sa propre misère intellectuelle, l’UMP n’existe plus.

Coquille vide d’idées, de chef et de direction, elle est de surcroît pourchassé par une presse qui se réjouit déjà de la voir calancher, avec en prime l’ancien chef de meute, Sarkozy, comme trophée d’exception. À ce sujet, les rebondissements joufflus de l’affaire Bygmalion ont poussé un parti déjà relativement mal en point dans un fossé profond duquel montent à présent les petits couinements faiblards de la bête en agonie, qui ne parviennent qu’assez difficilement aux oreilles des Français, trop occupés avec une crise qui n’en finit pas.

Pas étonnant, dès lors, que le pauvre Nicolas se tâte de plus en plus vigoureusement pour sortir du bois et annoncer une candidature pour une présidentielle qui, pour rappel, n’est prévue que dans trois ans. Si, pour Hollande, ces trois ans semblent probablement terriblement courts, pour Sarkozy, on les imagine sans mal terriblement longs, seule l’immunité présidentielle pouvant garantir sa peau pour une durée suffisante.

fillon.jpgD’autant que, pendant ce temps, d’autres tentent de lui savonner la planche. Si Copé ne s’est pas gêné, c’est à Fillon qu’on pense actuellement alors que, de façon presque amusante tant sa lucidité calculée tranche avec ses cinq années de pouvoir en mode automatique, il tente de faire passer l’idée d’une réforme brutale en France afin de la remettre sur pied. On est en droit de s’interroger sur la solidité de Fillon face à ses propres propositions et on est loin de voir en lui l’Homme de Fer dont le pays aurait besoin.

Je résume. À gauche, cela sent tellement le roussi qu’ils sont obligés de faire marche arrière, sans le dire, timidement, et ne peuvent malgré tout s’empêcher d’ajouter des boulettes aux bévues. À droite, alors que le PS est en grande difficulté, l’UMP ne sait plus où il est, qui il est, où il va et comment il compte y aller. Alors que le PS n’est plus qu’un parti Parkinson, tremblant de tous ses membres dans un boogie tragique, l’UMP est un parti Alzheimer, perdu dans le dédale de pensées de plus en plus enfantines et légumineuses.

La politique française est devenue une olympiade de la neurologie déficiente. Le risque évident, lorsqu’on organise une course entre grands malades, c’est que le moins atteint d’entre eux parvienne au podium avant les autres. Et pour le moment, le parti qui se détache vraiment dans cette compétition ridicule est celui qui est atteint d’une sclérose en plaque.

Ça promet.

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Source : http://h16free.com/2014/06/30/32263-la-politique-francaise-au-departement-des-maladies-neurologiques


Et c’est au tour de Najat de nous pondre une loi idiote

dimanche 29 juin 2014 à 11:00

Depuis le dernier remaniement ministériel, Najat Vallaud-Belkacem n’est plus la porte-parlote du gouvernement ce qui explique sa relative discrétion dans l’actualité. Cependant, cette discrétion ne l’empêche absolument pas de continuer à exercer ses méphitiques influences comme le démontre la seconde lecture de son projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes à l’Assemblée Nationale. Réjouissez-vous : grâce à elle, on se rapproche tous les jours un peu plus d’un monde magique où l’égalité sera enfin parfaite, universelle et aussi totale que la solution sera finale.

Et que trouve-t-on dans la jolie loi de Najat ? Comme d’habitude lorsqu’il s’agit de corriger un problème qu’on ne s’était pas posé et pour lequel les Français n’ont pas voté ou n’attendaient rien de spécial, la ministricule entend mener son combat par l’introduction subtile de contraintes supplémentaires sur les entreprises, avec l’adoption d’une disposition visant à renforcer le nombre de femmes dans les conseils d’administration de certaines entreprises. Auparavant, il s’agissait de celles qui comptaient au moins 500 salariés. À présent, le seuil est abaissé à 250, y compris lorsque l’entreprise n’est pas cotée en bourse, et le taux de femmes dans les conseils d’administration devra atteindre 40%.

najat vallaud belkacem fascisme

Devant cette simplicité toute belkacémiste, quelques questions se posent.

Pourquoi 40% ? Après tout, la vraie égalité Homme-Femme pardon Femme-Homme, c’est autant de l’un que de l’autre, 50%, donc, n’est-ce pas ? On comprend mal le choix d’un 40% dégoté d’on ne sait où, qui, en réalité, légitimerait presque l’inégalité scandaleuse qu’on observe. Pour rappel, il s’agit d’un texte de loi, et, sur le plan de l’écriture, tout est permis. Rappelons d’ailleurs que, pour nos amis socialistes, la réalité s’est toujours pliée à leurs exigences législatives et non le contraire. Dès lors, faisons preuve de courage et visons 50% et non ce timide 40% qui sent bon le compromis mollasson avec les forces patriarcales machistes ! Obligeons toutes les branches, toutes les entreprises, toutes les professions à employer une femme pour chaque homme. Najat, je compte sur vous !

mini najatPourquoi s’arrêter aux femmes ? Comment justifier que cette loi fasse si judicieusement remarquer l’inégalité criante qu’il y a entre les sexes alors qu’il y a tout autant d’inégalités si l’on regarde d’autres critères tous aussi importants ? Ainsi, comment ne pas noter l’incroyable sur-représentation des Blancs dans les conseils d’administrations des principales entreprises françaises, sous le prétexte, fort fallacieux à vrai dire, que c’est ainsi depuis des lustres ? Difficile aussi de ne pas voir qu’on trouve fort peu de tétraplégiques dirigeants d’entreprises du CAC40, ou que les partis politiques contiennent un nombre extrêmement restreint de nains ou d’autistes, alors qu’ils affichent une insolente proportion d’hydrocéphales. De même que cette loi entend ramener à de justes proportions les femmes dans les entreprises et les partis politiques français, il est donc plus que temps qu’une loi s’intéresse de près à la quantité invraisemblable d’imbéciles heureux aux seins des administrations, de nains intellectuels sur les plateaux télés ou de personnes beaucoup trop valides dans les entreprises cotées en bourse. Ces disproportions flagrantes doivent cesser. Najat, à toi de jouer !

Pourquoi s’arrêter aux entreprises de 250 salariés et plus ? Pourquoi ne pas imposer ça à toutes les entreprises qui ont des salariés ? Tout ceci est, là encore, fort timoré. Comme on le sait, en France, la plupart des entreprises sont de petites structures économiques, où le nombre d’employés est naturellement restreint tant par l’activité (elle même restreinte, surtout actuellement) que par la loi et les contraintes du code du travail (pas du tout restreints, eux) qui introduisent ces délicieux effets de seuil, tant de fois remarqués, jamais remis en cause. Alors je te le demande, Najat : pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas imposer ta jolie loi à toutes les entreprises pour qu’à chaque niveau de hiérarchie, on s’approche tous les jours un peu plus d’une saine égalité stricte, mesurée aux instruments les plus précis ? Allez, Najat, tu peux le faire !

Mais avant de se lancer, ainsi, dans la refonte de la loi pour l’amener comme un trépan pétrolier toujours plus loin, toujours plus profond, peut-être est-il nécessaire de s’interroger : en quoi tout ceci améliore-t-il la situation, tant au niveau de l’égalité qu’au niveau de l’emploi dont la rumeur voudrait qu’il soit normalement la première préoccupation de l’équipe en place ?

Au niveau de l’égalité, on se demande en effet ce que cette loi apporte si ce n’est une contrainte supplémentaire. En effet, Najat aura beau fermer ses petits poings et se rouler par terre en vitupérant contre la méchanceté du réel, le risque évident d’une telle loi est que, lorsque des femmes manqueront dans les postes de direction, on y place l’une ou l’autre collaboratrice qui comblera simplement une contrainte légale. D’ailleurs, si l’on transpose la proposition pour les hommes, cela reviendrait à imposer un certain nombre d’hommes dans des postes où les femmes sont majoritaires (enseignement, justice, fonction hospitalière). J’aimerais savoir comment les équipes seront remplies si les postes ouverts restent vacants faute de volontaires. Le risque d’un remplissage arbitraire avec le tout venant est grand, et ne pourra pas être évité.

Et puisqu’on n’aura pas choisi les personnes d’abord pour leurs compétences mais pour leur sexe (ou identité de genre, je ne sais plus, je m’y perds ces derniers temps), la conséquence logique est qu’on risque fort de voir apparaître des incompétentes ou des cruches à des postes importants… tant dans les entreprises que dans les partis politiques, d’ailleurs.

Royal : la champagnitude attitude

L’exemple donné risque fort d’avoir des effets délétères sur le but même de l’opération. D’autant qu’au passage, on se demande ce qui va se passer pour les directions (rares mais existantes) qui comptent plus de femmes que d’hommes : status quo ? Quota d’hommes ? On s’en fiche, l’égalité c’est pour les femmes, pas les hommes ? Allez savoir.

Quant à l’effet sur l’emploi, je ne vois pas par quelle contorsion économique ceci va pouvoir s’avérer bénéfique. Très concrètement, il s’agit d’une nouvelle contrainte qui va alourdir encore un peu plus l’embauche ou la simple marche des entreprises concernées. Du reste, on imagine mal des entreprises de plus de 250 salariés s’enquiquiner longtemps avec ce genre de contraintes parfaitement périplaquistes à leurs activités et le risque de délocalisation des conseils d’administration est particulièrement élevé (et ce n’est pas comme si ce n’était pas déjà le cas). De même, on imagine aussi mal des entreprises embaucher un quota de femmes alors que les annonces ne peuvent pas, légalement, refuser les candidats masculins.

najat vallaud belkacem scrogneugneuBref, à l’instar d’une Marisol à la Santé qui nous pond une loi navrante, ou d’une Ségolène à l’Environnement qui agite de l’air chaud, la loi de Najat sent la bonne grosse foutaise.

Quelques bons points surnagent cependant dans ce gloubiboulga bien-pensant. D’une part, l’abaissement du seuil n’interviendra pas avant le premier janvier 2020. D’ici là, on l’aura compris, tout peut arriver, et c’est très bien ainsi : on ne peut écarter que cette loi magnifique subisse le même sort que celui réservé à la loi consternante de Duflot.

D’autre part, l’application à la fonction publique de ces éléments est en route, à marche forcée, puisque c’est en 2017 que les 40% devront être atteint dans les belles administrations du pays. La rigolade sera intéressante à observer (surtout dans ces administrations déjà largement féminisées ou on attendra avec gourmandise le retour à une proportion paritaire d’hommes), d’autant que les députés, contre l’avis du gouvernement, ont aussi voté la nullité des nominations intervenues en violation de cette obligation. Voilà qui va assurer que les administrations se rangeront docilement derrière le législateur, sans hurler.

Avant de conclure, je tiens à préciser que si les lois de Duflot, Royal, Touraine et maintenant Belkacem sont catastrophiques, ce n’est évidemment pas parce que ce sont des femmes, mais bien parce que ce sont des socialistes et des incompétentes. Et qu’elles se rassurent : les projets dans les tuyaux de Sapin, Montebourg et autres avatars masculins du gouvernement sont tout aussi pourris.

Au moins, reconnaissons au gouvernement un certain talent pour l’égalité homme-femme : ils sont tous aussi nuls les un(e)s que les autres.

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Source : http://h16free.com/2014/06/29/32241-et-cest-au-tour-de-najat-de-nous-pondre-une-loi-idiote


Le travail au noir c’est noir, il n’y a plus d’emploi

vendredi 27 juin 2014 à 09:00

Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, les finances de l’État sont un peu tendues actuellement, et les mesures se multiplient pour permettre à tous nos services publics de joindre les deux bouts, depuis le relèvement de la taxe de séjour hôtelier de 1.5€ à 8€ (tiens, prends ça dans les dents, vache à lait de touriste !) jusqu’aux économies (toujours aussi fines et calibrées) sur un budget étudié à la loupe pour ne surtout pas le réduire (tiens, prends ça dans les dents, vache à lait de contribuable !). On ne sera donc pas surpris qu’un récent avis émis par le Conseil Economique, Social et Environnemental remette le couvert au sujet du méchant travail au noir.

Pour le CESE, pas de doute, le travail au noir est une plaie qui représente une part de plus en plus importante de l’économie. Et lorsque l’État cherche de la fraîche, il est très difficile de ne pas lorgner, la bave aux lèvres, sur ce morceau qui échappe ainsi à la ponction.

oooh filocheParce que, mes petits amis, si le travail au noir enquiquine tant le CESE, ce n’est pas d’abord parce que les personnes qui le pratiquent seraient d’une moralité douteuse. Ce n’est pas non plus parce qu’elles pourraient s’exposer à des déconvenues pénibles, au-delà même des amendes douloureuses qu’une administration efficace voudra leur infliger. Après tout, qui dit travail au noir dit personnes mal couvertes et en cas de souci, par maladie ou accident, elles se retrouvent dans une position délicate, et bien sûr, le CESE conserve cet aspect à l’esprit. Il note même qu’un travail effectué au noir ne garantit pas le résultat sur facture au consommateur (et pour cause, hein, il n’y a pas de facture), pas plus qu’il ne garantit de protection au travailleur. Certes, certes. Mais ce qui le chagrine vraiment, dans cette forme de travail discrète, c’est que, je cite :

« … l’importance de l’économie non déclarée jette une lumière peu avenante sur le consensus social : quête du profit à tout prix, refus de participer au redressement des comptes publics, refus de prendre sa part dans le financement de droits acquis à tous. »

wtf filocheAutrement dit, ce qui défrise l’État, les administrations publiques et les gens du CESE, c’est que le travail au noir est l’antichambre de l’enfer asocial, la rupture du vivrensemble, l’attaque en règle contre le consensus social, et la perversion finale et rédhibitoire de la société par une recherche de profits en oubliant les droits zacquis et tout le tralala collectiviste.

Le travail au noir, c’est vraiment la pire des engeances puisque c’est l’exemplification parfaite de ces comportements ultralibéraux, turbocapitalistes qui n’hésitent pas à danser avec de grosses chaussures ferrées sur le cadavres de chatons mignons. C’est tignoble (la version un cran au dessus de l’ignoble), c’est tonteux (la version deux crans au-dessus du honteux), c’est tabominable (la version trois crans au dessus d’abominable). Et c’est bien sûr tinterdit parce que cela fait, d’après leurs petits calculs précis sur cette masse inconnue, plus de 20 milliards d’euros de manque à gagner pour les comptes sociaux, selon l’évidence mainte fois martelée que si l’État pouvait mettre la main dessus, le travail serait tout de même effectué et la taxe serait bien perçue.

Implied Facepalm

Devant ce constat, que propose donc le CESE ? Essentiellement, une fois l’étape « prévention » (et « simplification des démarches administratives) rapidement évoquée, sans doute parce que tout le monde sait exactement ce que « simplification » veut dire dans ce pays, quelques habituelles interdictions fleurissent rapidement suivies d’un bon gros flicage des familles avec un renforcement des contrôles, papiésiouplait, et, probablement, un recours accru à la délation, pour ne rien changer. Enfin, le volet sanctions lourdes et vexatoires n’est bien sûr pas en reste avec la proposition de définir la notion de fraude sociale, permettant à l’URSSAF de confondre les patrimoines des personnes morales et physiques, parce qu’après tout, nous sommes en France et la propriété privée, la séparation des personnes physiques des morales et la protection du citoyen, tout ça, c’est terriblement has been.

Difficile, ici, de garder son calme devant ce qu’on pourrait croire écrit par un Gérard Filoche en pleine forme. À l’évidence, le CESE, les URSSAF et toute la flicaille du Travail Bien Dans Les Clous ne supportent pas du tout l’idée même que certains pourraient vouloir travailler indépendamment de leurs bons offices. D’autant que, de contrôles en contrôles, les chiffres indiquent une tendance alarmante à l’augmentation des cas litigieux, ce qui incite bien évidemment à sévir plus sévèrement, et à contrôler plus fermement encore l’année suivante.

redressements travail au noir ACOSS URSSAF

Autrement dit, plus les contrôles se font tâtillons, plus les sanctions s’élèvent en intensité, plus les cas de travail au noir se font nombreux. C’est vraiment étrange. Et à bien y réfléchir, cette histoire de manque à gagner pour les organismes sociaux ne laisse pas de surprendre, finalement.

Rappelons que l’argument principal pour déclarer un salarié est qu’ainsi, celui-ci est couvert socialement (pour sa retraite, son chômage, et sa maladie). Les autres arguments sont, en toute théorie, périphériques (normalement, on ne cotise pas pour équilibrer des caisses, mais pour s’assurer, de même qu’on ne prend pas une assurance incendie pour faire plaisir à la compagnie mais pour obtenir quelque chose en cas de sinistre, vous me suivez ?) Or, si l’on omet les cas où toute l’idée du montage salarial est d’obtenir des prestations frauduleusement alors que personne n’a payé les cotisations, on se retrouve avec le cas largement le plus fréquent, celui où la personne travaille simplement sans avoir été déclarée aux administrations aussi pléthoriques qu’obtuses que notre beau pays nourrit très généreusement.

cerfa travail dissimuléCe qui revient donc à un contrat, tacite ou écrit, entre deux adultes, un qui paye pour une prestation et l’autre qui l’effectue, sans aucun autre intermédiaire. Et chacun prend, dans ce cas, ses pertes, ses gains, et ses responsabilités. De loin, on dirait en fait cette forme subtile de relation qu’ont entretenu les Hommes entre eux depuis que le monde est monde. Des fortunes se sont ainsi faites. Des chefs-d’œuvre furent ainsi constitués (Michel-Ange n’avait pas de couverture sociale, les tailleurs de pierre de cathédrales n’ont jamais goûté à la visite inopinée de l’Inspection du Travail tout comme les gâte-sauces de Vatel). Des générations de travailleurs, de tous horizons, de tous temps, ont ainsi pu exercer leur art. Et bizarrement, cela n’a pas trop mal marché, ici comme ailleurs.

Pendant que le CESE fulmine sur les méchants employeurs au noir, certains se rappelleront qu’il y a moins de 40 ans, la France ne croulait ni sous les Cerfas, ni sous l’imposante paperasserie débile qu’on demande maintenant pour déclarer quelqu’un. Et pourtant, pourtant, cette France fonctionnait malgré tout. Les gens ne mourraient pas dans la rue dans des râles poignants, l’anarchie n’était pas aux portes de Paris. Mieux : le pays comptait moins de chômeurs, et l’écart entre le salaire net et le salaire brut n’était pas gigantesque.

fiche de paie, décembre 1973

À en croire le CESE de 2014, la France de 1973, bien à l’aise dans ses petits bouts de papiers et ses déclarations fort sommaires, barbotait dans la quête du profit à tout prix. À voir les taux rikikis pratiqués, les uns et les autres, en parfait salauds, refusaient de participer au redressement des comptes publics. Si l’on se rappelle qu’à l’époque le travail au noir était estimé à 4% du PIB (il a triplé depuis), on a bien du mal à trouver dans les solutions préconisées par le CESE une réelle opportunité d’amélioration.

oh filocheLa réalité, masquée par les couinements stridents de goret égorgé que les confrères de Filoche poussent à chaque entorse du droit du travail (pavé indigeste dont Sapin entend réduire la taille en l’écrivant plus petit), c’est que l’administration française a lentement mais sûrement asphyxié toute envie de déclarer un travail. Pire encore : ce travail au noir est, très souvent, constitué de ces milliers de bricolages plus ou moins importants consentis entre voisins, cette myriade de chantiers petits ou modestes qui entretiennent, réellement, ce lien social dont nos collectivistes se barbouillent les babines à longueur de temps. Et c’est précisément ce lien là qu’ils font disparaître avec leurs contrôles de Gestapistes en herbe, leurs formulaires illisibles, leur paperasserie incongrue et leurs sanctions vexatoires.

La France croule sous ces parasitages, dans le bruit assommant de ces mouches du coche insupportables, au milieu des injonctions consternantes de ces inspecteurs inutiles des travaux finis. Chaque nouvelle règlementation, chaque nouveau cerfa finement ciselé dans un code du travail toujours plus épais crée son lot de travailleur au noir. Et devant cette vague, que font nos membres du CESE ? Ils ajoutent une louchée de règlementation et de cerfas.

Forcément, ça va marcher.

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Source : http://h16free.com/2014/06/27/32216-le-travail-au-noir-cest-noir-il-ny-a-plus-demploi