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Une rentrée (trop) chargée

mardi 5 août 2014 à 09:00

Le gouvernement est donc officiellement en vacances (notez le pluriel, la vacance de ce dernier ayant été confirmée officieusement depuis plusieurs mois). Avec un peu de chance, cela devrait signifier que le peuple français sera, pendant les deux prochaines semaines, épargné des saillies navrantes de l’un ou l’autre de ses membres. Et ce repos (tout relatif) est bien nécessaire tant ce qui l’attend à la rentrée promet d’être embarrassant.

C’est tellement vrai que, pour une fois, l’exécutif semble avoir compris qu’un peu de communication préparatoire était nécessaire. Les jours qui ont précédé leur désertion en vacances, Valls, le petit premier ministre, a donc été mandaté pour expliquer aux Français que les prochaines semaines allaient être un peu piquantes. Apparemment, les voyants économiques ne clignotent pas tous, ou alors pas dans le vert, les courbes ne s’inversent pas des masses ou pas dans le bon sens, et la conjoncture ne veut décidément pas se plier aux prédictions un tantinet trop optimistes du Chef de l’État.

Les dangers sont multiples.

grimace hollande gaucheSelon Valls, la déflation, l’horrible déflation, l’insupportable déflation méchante, guette et serait prête à bondir sur le peuple français qui, benêt et mal informé, offrirait niaisement son tendre flanc dodu à ses crocs acérés. Tout le monde sait pourtant que des prix qui baissent, c’est insupportable. Et tout le monde sait aussi que pour combattre le symptôme « déflation », il faut simplement créer de l’inflation. La source du problème (à savoir, de mauvaises allocations de capitaux, un manque de confiance et un besoin d’apurement des bulles) est ici sans importance puisqu’avec une bonne bordée de textes législatifs, pour – par exemple – imposer aux prix des planchers et des plafonds, des contraintes idoines aux possédants et en faveurs des classes laborieuses, tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Mais bon.

En attendant, il va falloir faire avec, et mieux vaut prévenir le petit peuple qu’un grain pourrait s’approcher début septembre. Et si nos ministres se doutent qu’un grain approche, ce n’est pas par hasard puisqu’en réalité, ils ont tout fait pour y contribuer.

Par exemple, la transition énergétique, dont le texte a été adopté à la fin du mois de juillet, aura inévitablement un impact sur les coûts de l’énergie, dont l’augmentation sera sensible dans les prochains mois, alors même que la facture va, indépendamment de ce texte, déjà s’alourdir. Était-il vraiment utile, pour Ségolène du Poitou, d’ajouter la misère à la peine ?

grimace hollande droiteDe la même façon, le logement montre des signes plus qu’inquiétants de faiblesse anémique. Entre le moral des chefs d’entreprise du secteur et la baisse maintenant palpable des transactions ainsi que de la demande, les effets de la méforme économique française se font sentir sur l’immobilier, à laquelle s’ajoute la panique et la consternation de tous les acteurs du marché devant la loi ALUR qui n’en finit pas de faire des dégâts. Là encore, les lubies écologistes ont eu cette présence d’esprit d’accroître la viscosité d’un marché immobilier dans des proportions rarement atteintes, alors qu’il était déjà notoirement en surchauffe et que seul un assouplissement des règles en vigueur aurait pu lui éviter la catastrophe dont on voit mal, maintenant, comment elle pourra être évitée dans les prochains mois.

Et les problèmes ne s’arrêteront pas là : la rentrée, comme son nom l’indique, n’est pas seulement un événement gouvernemental dans lequel les uns et les autres décident de revenir papoter de leurs dossiers à la même table au lieu de le faire par téléphone, les doigts de pieds dans le sable. C’est aussi ce moment privilégié où des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents retrouvent (ou découvrent) les bancs d’école, avec cette année encore le psychodrame incontournable des horaires et rythmes scolaires. Les communes qui n’étaient pas encore passées à la nouvelle organisation devront se frotter aux joyeusetés consécutives, et on peut parier que les associations de parents d’élèves, peut-être même soutenues par celle d’enseignants, se feront entendre au moindre couac. Encore une fois, on peut se demander si la révision de ces rythmes était absolument indispensable alors que le pays aspire, très certainement, à concentrer ses énergies sur des réformes autrement plus importantes. Le gouvernement a semé, il récolte et à mon avis, il va déguster.

rentrée délicate pour valls

Et tant qu’à faire, rien ne serait parfait si on n’ajoutait pas, en plus, les mouvements de protestations de certaines professions qui ne manqueront pas d’égayer les premières semaines de septembre. En effet, comme je l’expliquais dans un précédent billet, les ministres du gouvernement (en tête desquels frétille évidemment Arnaud Montebourg) ont décidé de ne surtout pas s’attaquer aux gros morceaux coûteux que l’État entretient à grand frais (des hauts fonctionnaires en passant par les dockers sans oublier les cheminots et autres professions particulièrement avantagées), pour concentrer le peu de courage qu’ils ont réussi à rassembler, juste avant de fuir en vacances, sur ces autres professions qui ont le mauvais goût de ne pas voter pour la majorité actuelle. Bien sûr, ces mouvements, en préparation, n’auront rien de comparable à ceux de syndicalistes débridés ou d’une certaine catégorie de fonctionnaires, mais gageons qu’ils ajouteront à la tension déjà palpable de la rentrée.

Pour le reste, on en est réduit à quelques questions de pure forme.

Qu’adviendra-t-il réellement du pacte de responsabilité, toujours pas à l’ordre du jour et dont l’avatar précédent, le pacte de compétitivité, a fait pschiiit avec un talent certain ? Trouvera-t-on finalement les 200.000 emplois prévus (voire promis) si ce pacte est voté ou n’en créera-t-on, dans le meilleur des cas et comme le calcule l’IFRAP, qu’à peine 80.000 (et encore, à l’horizon 2017) ? Palpitance et fourchette en plastique, on frémit à l’idée que ce pacte puisse se terminer en foire d’empoigne entre les entreprises et l’État, et que cela ne se traduise encore une fois que par un alourdissement incompréhensible de la paperasserie pour les créateurs d’emplois…

Qu’en est-il du choc de simplification, tant attendu par les Français qui croulent sous les normes, les lois et les contraintes administratives de plus en plus ubuesques ? Annoncé en fanfare en mars 2013, il a déboulé dans la vie des administrés à une vitesse folle puisqu’il n’a fallu que 15 mois (eh oui, seulement !) pour qu’apparaissent enfin quelques micro-ajustements sur les feuilles de paie. Le bouleversement, c’est maintenant ; simplement, c’est à l’échelle du millimètre.

Et surtout, que va-t-il se passer pour les retraites complémentaires dont tout indique qu’elles sont en train de manquer de fonds ? Comment trouver, en plus des douzaines de milliards que doivent déjà gratter à droite et à gauche Valls et son gouvernement, les fonds qui équilibreront les retraites complémentaires alors que, tous calculs faits, les réserves disponibles fondent rapidement et qu’on risque bien, pour la caisse des cadres notamment, d’être dans le rouge dès 2015 ?

Allons. Tout ceci n’est qu’un petit mauvais moment à passer. Avec l’équipe au pouvoir, nul doute que la situation ne pourra que s’améliorer !

dure rentrée pour hollande

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Source : http://h16free.com/2014/08/05/32505-une-rentree-trop-chargee


Arnaud Montebourg, le big-bangueur de pharmacies

lundi 4 août 2014 à 09:00

L’actualité internationale est si chargée actuellement, et les vacances si respectées en France, qu’il est difficile pour Montebourg, l’histrion ministériel officiel du gouvernement Valls, d’intéresser les journalistes. Le cabotin relève cependant le défi en mettant une fois de plus les deux pieds dans le plat et en proposant quelques remises en causes radicales de monopoles bien français.

Et c’est donc en s’attaquant à celui des pharmacies que le chevalier Arnaud a décidé de reprendre un peu de couverture médiatique que des avions qui tombent, des missiles qui explosent et des roquettes qui pleuvent lui avaient un peu retirée. Avec l’emphase, la volubilité et la subtilité pachydermique propre au saltimbanque gouvernemental, il propose un véritable « big-bang » des pharmacies : en parallèle de la remise en cause du monopole des pharmacies sur la vente des médicaments sans ordonnance, le ministre de l’économie de redressements productifs propose ainsi la constitution de « chaînes de pharmacies », et souhaite aussi ouvrir le marché français du médicament à la vente en ligne.

Ministère du Redressement Productif - MRP 2012

Pour Montebourg, l’idée derrière ces propositions pour le moins détonantes est d’introduire une concurrence plus forte dans le domaine des médicaments courants qu’on peut obtenir sans ordonnance, notamment ceux basés sur l’aspirine, l’ibuprofène, le paracétamol et d’autres molécules connues. Entre leur disponibilité en grandes surfaces (ce pourquoi se bat Michel-Edouard Leclerc depuis des années) et leur possible disponibilité par internet, on comprend que la concurrence sur l’officine de la rue d’à-côté va probablement piquer un peu. Pas étonnant, dès lors, de lire les hurlements de souffrance de la présidente de l’Ordre des pharmaciens, Isabelle Adenot, sur le double mode du « On va tous mourir, c’est horrible » et « Les dérives, mon bon mossieu, vous y avez pensé, aux dérives ? », mamelles argumentatives habituelles des monopoles lorsqu’on leur retire la sucette du bec.

En parallèle, on pourra apprécier la lucidité de la présidente qui note au passage le retournement de veste des politiciens qui, jadis, louangeaient les commerces de proximité et l’absolue nécessité du conseil pharmaceutique pour justifier la fermeture du marché des médicaments sans ordonnance aux grandes surfaces, et qui, maintenant, semblent trouver moult vertus à l’ouverture concurrentielle et à la vente en ligne. Cette lucidité s’arrête cependant bien vite lorsqu’elle n’hésite pas à présenter le marché actuel des médicaments en France comme en situation de concurrence, les pharmaciens étant, d’après elle, en lutte acharnée les uns contre les autres pour offrir le meilleur prix et les services les plus complets à leurs clients. Ceux qui ont déjà reçu les affables conseils du pharmacien (et pas de son laborantin) lors d’un conséquent achat de médocs remboursés pourront hausser les sourcils.

On sent donc que la bataille sera âpre entre le gouvernement, apparemment décidé à déverrouiller le secteur, et la corporation, qui risque fort d’absolument tout faire pour l’en empêcher. Et compte-tenu de l’absence pathologique de toute paire de gonades du premier, on peut imaginer de longues négociations et un dégonflement progressif des ambitions montebourgeoises…

Montebourg, the Eye Of The TigrouEncore que… Encore qu’il faille bien comprendre ici qu’on se situe toujours dans cette délicate zone d’inconfort d’un gouvernement qui doit absolument faire des réformes (dette énorme, déficits galopants, chômage en hausse et pouvoir d’achat en berne obligent) sans toutefois taper trop fort sur les classes moyennes qui n’en peuvent plus, ni molester ses réservoirs électoraux en coupant dans l’une ou l’autre des milliers de joyeuses prestations payées par l’argent des autres et qui leur assurent bonheur et tranquillité.

Or, de ce point de vue, certaines corporations constituent d’excellentes cibles. Les pharmaciens, traditionnellement plus portés vers le camp d’en face, n’ont à faire valoir ni leur nombre ni leur éventuel pouvoir de nuisance pour arrêter net le bouillant ministre qui aurait enfin, dans la libéralisation de ce secteur, un truc-bidule à présenter qui ne ressemblerait pas, pour une fois, à une ridicule tartufferie ou une cuisante défaite. Rappelons ainsi que la libéralisation du secteur des taxis, dont l’impact en terme de pouvoir d’achat serait certainement plus sensible que celui des pharmacies, s’est progressivement mué en micro-management du changement progressif et millimétré devant les coups de gueule des patrons-chauffeurs. A contrario, on voit mal les pharmaciens faire subitement grève, ou sortir des gourdins pour attaquer les futurs vendeurs de médocs en grande surface…

CorporatismeLe libéral moyen devrait donc se réjouir qu’au pied du mur, le gouvernement, utilisant une fuite ô combien pratique d’un rapport de l’Inspection Générale des Finances qui dressait la liste des professions en situation de monopole de droit, pioche dans cette liste quelques un des monopoles qu’il entend libéraliser. Cependant, il serait absolument vain de ne voir là autre chose qu’une batterie de mesures de circonstances, permettant d’afficher quelques réformes pas trop violentes, et d’hypothétiques gains de pouvoir d’achat (la réalité sera, on s’en doute, plus contrastée que les chiffres présentés par Bercy, qui, joufflus, s’étalent langoureusement de 327 à 420 millions d’euros). Au-delà du petit calcul politique et économique de court terme, les façons de raisonner, tant du côté gouvernemental que du côté des administrations, n’ont pas évolué d’un cachou. En effet, même si les services de Bercy estiment, je cite, que « la théorie économique plaide pour la suppression du monopole des pharmacies sur l’ensemble des produits accessibles sans ordonnance », on ne s’étonnera pas de trouver pourtant, dans la bouche du ministre de l’Économie, ses habituelles saillies sur le patriotisme économique et autres fadaises protectionnistes dont, pourtant, la théorie économique plaide aussi la suppression.

nono démonte-bourg mittalAutrement dit et comme d’habitude, les services de l’État et les politiciens sélectionnent précautionneusement ce qu’ils veulent dans les idées du moment, en oubliant celles qui auraient le mérite de faire une vraie différence pour le pouvoir d’achat des Français et en se contentant des réformettes faciles dont ils savent qu’elles ne comportent pas de risques politique et/ou social majeurs. Les pharmaciens ou les notaires, ça peut le faire avec un peu de communication et un minimum de doigté. Celui qui fait par exemple dire à Montebourg que « l’officine est aujourd’hui incontestablement enfermée dans un modèle capitalistique du passé », ping, mais aussi « Toujours plus de destruction d’emplois dans les télécoms grâce aux excès low cost de #freeMobile », et pouf emballez la cohérence, c’est pesé. Fastoche. En revanche, pour l’hôtellerie (AirBnb), les taxis (Über), les librairies (Amazon), là, c’est une autre paire de manches. Quant à la sécurité sociale, rassurez-vous, toute modification réelle, perçue ou potentielle de son monopole est largement tue.

Bref : la situation économique, de plus en plus affolante, impose à nos clowns socialistes les prémices de réformes qu’un libéral normalement constitué ne peut qu’appeler de ses voeux, et ça, c’est tant mieux. Mais la charge politique qu’elles engendrent, lourdes de conséquences sociales, et les modes de pensées de nos gouvernants, calcifiés dans des utopies collectivistes depuis au moins 40 ans, amènent bien malheureusement à largement tempérer ces bonnes nouvelles.

Encore une fois, les petits bricolages continuent et les grandes réformes attendront.

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Source : http://h16free.com/2014/08/04/32503-arnaud-montebourg-le-big-bangueur-de-pharmacies


Une écologie cohérente

dimanche 3 août 2014 à 10:50

J’en ai eu assez de lutter. L’écologie étant partout, et comme était évidente sa nature intrinsèquement bonne et humaniste, je me suis décidé, d’un coup d’un seul, à embrasser autant que je le pouvais cette nouvelle Religion de Paix, d’Amour et de Dépollution Carbonée.

Mon engagement n’est pas feint : je multiplie les gestes écolos !

Ainsi, je prends tous les jours mon vélo pour aller travailler. Avec l’habitude, il ne me faut plus que deux minutes pour le rentrer dans mon coffre de voiture. Elle était jadis à essence, mais comme cela produit trop de CO2, je suis passé au gasoil. Bien sûr, cela fait plein de microparticules et maintenant que tout le monde a suivi mon chemin, grâce au tabassage taxatoire permanent de l’essence, ceci provoque un peu de pollution atmosphérique. Alors je compte repasser bien vite à l’essence lorsque les autorités jugeront cela nécessaire. Mon apostolat écologiste est à ce prix : je sais qu’elles ont toujours raison et tout bien planifié. Par exemple, en introduisant un sévère malus sur les véhicules polluant, le gouvernement m’a clairement indiqué que les voitures françaises, fort peu écologiques, ne méritaient pas mon achat. J’ai opté pour une Allemande : avec le bonus écologique, je m’en sors mieux qu’avec ces monstres carbonogènes français.

J’ai commencé à trier méticuleusement mes poubelles. Fini ce temps idiot où je déposais mes cochonneries dans un sac plastique unique qui était incinéré pour produire de l’électricité. À présent, je les répartis dans une demi-douzaine de sacs plastiques de différentes teintes. Cette multiplication d’emballages plastiques colorés est judicieuse puisqu’elle permet enfin de mettre à profit les quantités industrielles de film plastique qu’on produit tous les jours. Pour faire des sacs. Et puis, elle est fort pratique puisque cela permet par exemple à un gros camion poubelle de récupérer les vieux papiers dont je me débarrasse. Et quelle meilleure idée écologique que de cramer 50 litres au 100 dans un camion benne pour ramasser, éparpillés dans toute la ville, des gros sacs plastiques pleins de papier à recycler ?

ecology save a tree eat a beaver

À présent, ma maison rutile avec ses lampes « basse consommation » réparties dans toutes les pièces et qui produisent une douce lumière. Ne vous inquiétez pas ! J’ai un sac plastique spécifique pour jeter ces coûteuses lampes lorsqu’elles arriveront (rapidement) en fin de vie. Il ne faudrait pas que les métaux lourds, les gaz rares et les substances toxiques qui les composent soient relâchées dans la nature. Heureusement, on a su se débarrasser des vilaines ampoules Edison, ces horreurs polluantes qui ne produisaient que de la lumière, de la chaleur et un tout petit peu de dioxyde de carbone, ce gaz dont les plantes se nourrissent et qui provoque le réchauffement climatique qu’on n’observe plus depuis 17 ans.

Avec ces ampoules pleines de mercure, ma consommation n’a guère baissé mais peu importe : pour les alimenter, j’ai mis des panneaux solaires partout sur la toiture. Les terres rares dont ils sont composés, et qui ont probablement intoxiqué quelques imprudents Chinois à l’autre bout du monde, ne m’inquiètent pas : j’ai, là encore, un sac plastique spécifique. Je sais que les rendements catastrophiques ne me permettent pas l’indépendance énergétique tant souhaitée pour alléger mes factures. Mais ce n’est pas grave : le contribuable est un bon ami qui me paye de fortes sommes pour racheter mon électricité quand, en même temps que des millions d’autres petits producteurs, je revends mon surcroît d’énergie.

Et vous allez aimer : l’écologie passe aussi dans mon éolienne qui, avec ses jolies hélices blanches, fait honneur à Gaïa en décapitant l’occasionnel oiseau de proie et en fournissant cette électricité qui fait tant défaut à notre pays, surtout quand le vent souffle un peu (au printemps et en automne, c’est-à-dire au moment où j’ai le moins besoin d’électricité). Là encore, le contribuable, un ami très cher, m’aide bien dans cette démarche d’éco-conscientisation qui fait du bien à mon patrimoine financier.

Tant et si bien que j’ai voulu investir, dans l’immobilier qui, m’a-t-on dit, ne baisse jamais. Mais attention : je ne voulais pas froisser Gaïa et là encore, j’ai bien suivi les recommandations et les obligations légales sur le bâti qui m’intéressait. J’ai consulté, j’ai évalué toutes les normes qu’il fallait remplir. J’ai bien compris qu’une maison, de nos jours, ne pouvait plus se permettre d’être un gouffre énergétique dispendieux avec des trous partout, véritable orgie polluante en puissance. Je ne voulais pas repeindre mon investissement du sang de ces petits oursons polaires massacrés par le gaspillage énergétique qu’une maison mal isolée entraînerait à coup sûr. Cependant, j’ai fait mes comptes : avec ces contraintes, je n’avais pas encore vendu assez d’électricité à l’État pour remplir toutes les conditions d’un immobilier éco-irréprochable. J’ai préféré remettre à bien plus tard cet achat délicat. L’immobilier écologique va bien de toute façon, il n’a pas besoin de moi pour offrir, tous les jours, de somptueuses résidences aux milliers de Français qui en recherchent. Et tant pis pour l’emploi, l’écologie passe avant tout, non ?

nature is not always perfect

Maintenant, j’attends sereinement l’avenir, qui sera plein de bonnes surprises. Il y a vingt ans, on pouvait encore être inquiet devant les menaces climatiques du futur et trembler à l’idée qu’on manquerait peut-être d’énergie. Mais de nos jours, comment douter qu’on détient vraiment LA solution avec toutes ces taxes et toutes ces contraintes légales ? Comment douter qu’en interdisant enfin l’exploitation des gaz de schiste, du nucléaire, du charbon, du pétrole et de l’hydro-électrique qui défigure nos vallées, on allait diriger intelligemment les investissements d’avenir vers les vraies bonnes solutions ? Bien sûr qu’avec les malus écologiques et une sévère taxe carbone, qu’avec des éoliennes et des panneaux solaires, le réchauffement climatique sera empêché, et que l’écologie vaincra !
—-
Ce billet a servi de chronique pour les Enquêtes du Contribuable

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Source : http://h16free.com/2014/08/03/31674-une-ecologie-coherente


Quelques jours de vacances

samedi 5 juillet 2014 à 10:00

Eh oui, désolé, c’était prévisible, cela arrive tous les ans à la même époque : des vacances.

wtf dogs

Il est temps pour moi de vous laisser un peu ; je serai de retour au début août et je vais donc vous laisser entre vous, débattre de choses et d’autres (par exemple dans les commentaires de ce billet). Pendant ce temps, je vous encourage, pour ceux qui ne l’auraient pas fait, à vous procurer Égalité, Taxes, Bisous, condensé papier qui reprend plusieurs années de chroniques désabusées d’un pays en décomposition avancée de plus en plus rapide, voire guillerette.

égalité taxes bisousEt puis, cela vous fera une excellente occasion de montrer à tout le monde que vous aussi, vous faites partie de l’élite libérale capitaliste, ce qui fait grincer des dents les syndicalistes et les socialistes, et puis c’est une lecture de vacances comme une autre, après tout. Certains font bien semblant de lire BHL, soyez taquins : faites semblant de lire Égalité, Taxes, Bisous…

Le livre, disponible pour un tarif qui frôle le vol institutionnalisé ici ou , vous permettra de passer plusieurs heures agréables à glousser sur la plage et au soleil. C’est important, de glousser au soleil : cela procure de la vitamine D. Bon. OK, c’est surtout le soleil. Mais bref, vous comprenez.

Et que vous vous procuriez ou non le livre, je vous remercie tous pour votre présence régulière, vos commentaires, vos retweets, vos partages Facebook. Ils sont le moteur principal de ce blog : répandre les idées libérales.

À bientôt !

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Source : http://h16free.com/2014/07/05/32399-quelques-jours-de-vacances-2


Un système à bout de souffle

vendredi 4 juillet 2014 à 09:00

La France, c’est ce pays merveilleux où le temps est clément, les nourritures roboratives et les vins capiteux. C’est cette contrée magique des 35 heures et des RTT, des cinq semaines de congés payés et de la retraite à 60 62 64 65 ans. C’est cette fabuleuse région du monde où tout finit en chansons. D’ailleurs, c’est bien simple : tout le reste du monde envie ce pays, notamment son système de sécurité sociale…

Pourtant, il choisit prudemment de ne surtout pas le copier.

mst smallD’aucuns pourraient trouver ça étrange, mais pour le coup, l’élite française a la réponse évidente à ce paradoxe factice : ce qui marche en France ne pourrait marcher ailleurs, parce que les Français ont un petit quelque chose, un je-ne-sais-quoi qui donne au système sa cohérence et permet la tendresse de tous ses participants, du premier cotisant au dernier des malades en passant par les personnels de soin, les administratifs et, bien sûr, Marisol Touraine sur laquelle il est bon de taper parfois parce que si vous ne savez pas pourquoi, elle, le sait.

Mais les faits sont têtus et indiquent d’autres raisons. Le je-ne-sais-quoi ressemble même, lorsqu’on sort des frontières, à un petit je-ne-sais-rien qui fleure bon le lavage de cerveau, obtenu par répétition inlassable d’un mantra accepté par tous, à savoir que sans ce système que nous connaissons, nous aurions :
a/ des pauvres qui ne pourraient pas s’assurer
b/ des gens qui mourraient dans les rues
c/ des riches qui auraient une super couverture santé
d/ des médicaments forcément inabordables, des docteurs aux prix prohibitifs, des soins minimalistes ou luxueux
e/ des morts de petit cheval et de chatons mignons par packs de douze.

Pourtant, lorsqu’on compare avec les autres systèmes du reste du monde, on se rend compte qu’il existe mieux ailleurs, sur tous les points de vue. Par exemple, en terme d’espérance de vie, la France est dépassée par plusieurs pays (Singapour, Hong Kong, l’Australie, Israël, le Japon, l’Espagne, l’Italie, la Suède ou la Suisse). Pour ce qui est du coût, on retrouve beaucoup de ces mêmes pays à faire mieux que la France (c’en est même quasiment comique pour les habitants de Hong Kong, qui dépensent un tiers seulement de ce que dépensent les Français pour leur couverture santé, et vivent presque deux ans de plus).

secu depenses prot sociale pibLe plus gênant dans tout ceci est que si les coûts diminuaient régulièrement, le cotisant accepterait sans doute ces différences. Après tout, tout le monde ne veut et ne peut pas vivre à Hong Kong, ne serait-ce que parce qu’ils n’ont aucun cru classé (et je n’évoque même pas le fromage local, c’est une plaisanterie). Malheureusement, les coûts de la protection sociale française ne cessent de grimper.

Ces coûts qui grimpent ont une conséquence directe : certains Français renoncent à obtenir des soins pour des raisons financières. Et actuellement, la proportion des Français faisant ce choix grimpe à 25.7% (avec en tête les soins dentaires – la prothèse de plusieurs milliers d’euros remboursée une centaine doit nettement refroidir certains – et l’optique).

Parallèlement, si certains patients, n’ayant plus les moyens de bénéficier de ce système que le monde nous envie, renoncent à s’y faire soigner, on constate que certains docteurs renoncent quant à eux à donner certains soins. Un quart des patients bénéficiant de la CMU se voit ainsi refuser des rendez-vous avec les praticiens…

etat de sante RSAOn pourrait trouver cela gênant d’autant plus que ce sont précisément dans les populations les plus pauvres que les besoins de soins sont les plus grands.

Tout ceci est fort peu réjouissant, j’en conviens. Mais rassurez-vous : ce n’est pas fini puisqu’on apprend qu’à ces écarts de plus en plus grands entre la médecine de riches et la médecine de pauvres s’ajoute un déficit maintenant récurrent, et plus fort que prévu.

Devant ces éléments, quelques questions me turlupinent.

D’abord, où sont passés les déficits cumulés depuis des années ? Il n’y a en effet pas plus de scanners, pas plus d’IRM en France qui permettraient d’accepter qu’on a fait des dettes pour s’équiper. Or, par tête de pipe, la France se situe entre le Portugal et la Turquie pour l’imagerie médicale (les pays avec le plus de matériel étant le Japon, les USA et l’Italie). Le temps d’attente pour passer en IRM n’arrête pas d’augmenter, tout comme les files s’allongent aux urgences. Or, poser le bon diagnostic, en un temps rapide, c’est aussi gagner en efficacité de traitement et faire baisser les coûts de santé. Les médecins ne sont pas assez nombreux, pas assez bien localisés, pas assez jeunes ; on en importe, mais ils ne sont pas assez bien diplômés, pas assez fiables (le peuple a droit à des médecins qui sont propres sur eux, pas louches, qui parlent sans accent !), bref pas assez Français.

Ensuite, comment expliquer que les effectifs de la fonction hospitalière n’ont pas arrêté de croître ces quinze dernières années, passant de 873.000 en 1998 à 1.153.000 en 2012 alors que la qualité de soins fournie et la disponibilité des personnels n’a pas arrêté, elle, de chuter ? Peut-être les déficits sont-ils expliqués par ces effectifs… Mais avouez que s’endetter pour payer les salaires, ce n’est pas très rassurant. Et quand bien même : la population (et donc a fortiori, le nombre de malades) n’a pas augmenté en France dans les mêmes proportions sur la même durée…

Enfin, comment expliquer qu’on accroît sans cesse le nombre de personnes qui bénéficient de la couverture alors que dans le même temps, le nombre de contributeurs nets n’a pas cessé de diminuer (vieillissement, chômage, …) ?

Sécurité sociale

En réalité, on ne l’explique pas. Personne n’essaye même vraiment de trouver une raison à la croissance des déficits, si ce n’est les explications faciles et idiotes des collectivistes de gauche (« c’est parce que les rentrées sont trop faibles, demandons plus aux entreprises ! ») ou des collectivistes de droite (« c’est parce que les sorties sont trop fortes, distribuons moins aux immigrés ! »), sans que personne ne s’inquiète pourtant de voir ce qui est évident : il n’y a aucun lien entre ceux qui payent les soins et ceux qui en bénéficient, dans un système qui incite alors les premiers à tout faire pour diminuer leur apport, et les seconds à maximiser les services obtenus, sans que les uns soient jamais mis en rapport avec les autres.

Mathématiquement, c’est donc un système voué à l’échec et c’est cet échec auquel nous assistons actuellement.

Mais à cet échec financier s’ajoute un échec moral. Non seulement, la promesse d’une santé disponible à tous n’est pas tenue, non seulement le mythe de la santé gratuite ou même « bon marché » est largement oublié, mais en plus la promesse d’une qualité égale pour tous ne l’est pas non plus, loin s’en faut. La médecine française est maintenant à deux, trois ou quatre vitesses, séparant durablement les pauvres, qui n’ont pas toujours accès aux soins et aux prestations minimales voire bas-de-gamme, et de l’autre, les couches plus aisées voire riches qui, par réseau et petites combines, parviennent à trouver encore leur compte dans ce système inique, résultat pourtant prévisible d’une collectivisation délétère et d’une déresponsabilisation générale.

Le système français empile les dysfonctionnements, il n’apporte plus ni la qualité qu’on serait en droit d’attendre pour les sommes engouffrées, ni même l’égalité sur laquelle, pourtant, il est entièrement bâti.

Pourtant, ce ne sont ni les personnels dévoués, ni les équipementiers de pointe, ni les laboratoires innovants, ni les médecins compétents qui manquent. Ce ne sont pas les moyens financiers non plus puisque, on l’a vu, avec moins d’argent, on peut faire largement mieux et diminuer la charge sur les Français aurait le double bénéfice de leur redonner des marges de manœuvres et de pouvoir d’achat, et par voie de conséquence, de leur améliorer sensiblement la santé.

Le système est à bout de souffle, ce souffle dont on fait les utopies, ces utopies d’égalité et de déresponsabilisation, ces utopies de politiciens qui n’ont jamais eu le courage d’affronter la réalité.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/07/04/32310-un-systeme-a-bout-de-souffle