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Houellebecq, démocratie directe et cases à cocher

dimanche 25 mai 2014 à 11:00

Ce dimanche, des millions de personnes vont se bousculer pour aller voter et exercer ainsi ce droit inaliénable qu’a chaque citoyen européen de pouvoir aliéner les autres à son échelle. Ils vont tous joindre leur voix à ce chœur magistral louangeant la démocratie, permettant ainsi à une joyeuse troupe de 751 personnes d’émarger au budget de l’Union, et, accessoirement, de les représenter, eux, leurs petites lubies et cette compulsion étrange qu’ils ont de vouloir absolument que des décisions soient prises aussi loin d’eux sur des sujets qui ne les concernent la plupart du temps jamais.

Voter ? Vraiment ?Avec un peu de recul, on ne peut qu’être surpris de cet engouement pour la chose démocratique. Tout indique que c’est la grande affaire de tous, que chaque personne majeure et citoyenne de l’Union est imbibée de l’utilité et de l’importance de l’exercice démocratique. Non seulement il faut aller voter, mais en plus, ne l’oubliez pas, « des gens sont morts pour ça », voyons ! Moyennant quoi, une fois cette fanfreluche gobée avec un peu de miel républicain, tout le monde est content.

Enfin, content, il faut le dire vite. Parce que la démocratie, actuellement, ne semble réjouir vraiment personne. C’est tellement vrai que c’est devenu le marronnier des journalistes politiques à chaque élection dans laquelle ils découvrent, la bobine blafarde sous le choc de la révélation, qu’une part de plus en plus grande de citoyens ne s’est finalement pas déplacée pour la grand-messe. Sapristi, à ce rythme, les élus vont avoir de plus en plus de mal à asseoir leur légitimité, mes petits canaris !

Pariez donc qu’il y aura, à l’issue de ce scrutin européen, les mêmes têtes abasourdies par la hauteur de l’abstention d’abord et par l’inévitable résultat amer de la consultation qui ne sera pas, on peut l’imaginer sans mal, du goût de chacun, avec cette abominable « montée des extrêmes » parfaitement prévisible pour l’observateur aguerri qui verra d’abord une lassitude grandissante des gens honnêtes pour ces mascarades chronophages. Et tant qu’à faire dans le marronnier, on retrouvera immanquablement quelques hérauts de la démocratie directe, solution évidente à tous nos problèmes de représentativité de l’élite politique.

Bien évidemment, avant le vote, ce fut le cas d’un paquet de formations politiques plus ou moins colorées et farfelues. De façon plus anecdotique, mais aussi plus amusante, signalons la récente interview de Michel Houellebec dans Lui du mois d’avril, dans lequel Frédéric Beigbeder, l’actuel patron de la revue masculine, l’interroge notamment sur « son projet pour la France ».

Dedans, on y apprend que l’auteur souhaite « … généraliser la démocratie directe en supprimant le Parlement. » et que le président de la République devrait être élu à vie mais instantanément révocable sur simple référendum d’initiative populaire. Comme je l’ai dit, il n’y a rien ici qui ne change de ces nombreux partis et autres groupuscules qui entendent « remettre le citoyen au centre de la République », ou « assurer le renouveau démocratique du pays » afin de résoudre l’énorme « problème de représentativité » constaté actuellement.

houellebecq

Pour Houellebecq, si cette démocratie directe est si importante, c’est parce qu’il y a eu « plusieurs tours de vis supplémentaires », et que, pour lui, « le gouvernement semble vouloir augmenter le malheur des gens, dans des proportions peut-être inédites » … Pas de doute, selon l’écrivain, ces tours de vis et cette augmentation du malheur des gens provient de l’inadéquation grandissante entre le peuple et le gouvernement, inadéquation contre laquelle il entend lutter avec une bonne dose de démocratie directe :

Il faut plus de démocratie directe si l’on veut sortir de cette crise de la représentation politique dans laquelle nous sommes.

Et pourquoi pas ? Après tout, se passer des clowns actuels serait en tout cas une bonne idée. Cependant, s’il semble clair que leurs choix politiques actuels sont calamiteux, peut-on être absolument certains que les choix de tout le peuple seront plus éclairés ? En quoi la démocratie directe protège-t-elle du populisme ?

En rien. Contrairement à ce que beaucoup croient, la Confédération Suisse, souvent citée en exemple de démocratie directe, ne fonctionne pas grâce à celle-ci, mais en dépit d’elle et chaque votation approche le pays un peu plus des « paradis » socio-démocrates aux états étouffants de socialisme qui l’entourent. Il n’est qu’à voir le grossissement progressif des textes de lois qui accompagne le résultat des votes, ou les petits cris stridents que poussent les journaux français quand un vote ne va pas dans le sens attendu pour comprendre qu’en réalité, cette magnifique expérience démocratique ne change pas des masses de celle qu’on connaît ailleurs et est sujette aux mêmes aléas populaires.

Et quand bien même cette démocratie directe permet au peuple de s’exprimer plus directement, pourquoi la démocratie deviendrait-elle alors plus légitime ? En quoi le fait qu’elle soit directe permet de s’assurer de façon solide qu’une courte majorité du peuple ne va pas voter l’aliénation d’une courte minorité ?

Là encore, rien. Et ontologiquement, la démocratie, aussi directe soit-elle, n’est absolument rien d’autre qu’une forme de dictature du nombre, ni plus, ni moins éclairée qu’un despote.

Heureusement, Houellebecq ne s’arrête pas là et profite de son interview pour glisser une autre idée, nettement plus originale que cette démocratie directe qui ne protège de rien, même pas de la démocratie : dans son projet, le budget de l’État sera décidé par les citoyens « qui devront chaque année remplir une feuille avec des cases à cocher. Le peuple décidera ainsi quelles dépenses il juge prioritaires. »

democracy.jpg

Et ça tombe bien : cette idée ne nécessite pas la remise à plat de toute la constitution. Quelques aménagements suffiraient et apporteraient peut-être un vent nouveau dans notre pays, à commencer par le fait que les ministères seraient alors directement placés en concurrence les uns des autres pour obtenir des fonds, par nature limités. Combien de citoyens choisiraient ainsi d’abonder directement aux frasques du ministère de la Culture ? Combien préfèreront donner un peu plus à la Justice ou à l’Intérieur plutôt qu’au Logement, à l’Écologie ou aux Anciens Combattants ? Et plus pragmatiquement encore, comment ne pas saliver à l’idée des combats homériques entre certains ministres pour obtenir des fonds ? À l’évidence, le fait de proposer des mesures aussi intempestives qu’idiotes à la Montebourg ou Royal serait fortement tempéré par le couperet de ces cases à cocher citoyennes… Non, vraiment, cette idée est à creuser.

Parallèlement, ce dimanche, des millions de personnes vont exercer cette petite parcelle de pouvoir, ce petit morceau de vengeance sur ceux qui ont, à l’élection précédente, fait exactement la même chose. Youpi, les oppresseurs changeront peut-être un peu. Mais à la fin du dépouillement, il y aura toujours des oppresseurs.

Est-ce vraiment utile ? Est-ce vraiment efficace ? Est-ce vraiment souhaitable ?

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Source : http://h16free.com/2014/05/25/31333-houellebecq-democratie-directe-et-cases-a-cocher


Les vacances approchent ? Achetez de la lecture !

samedi 24 mai 2014 à 11:00

Je sais, un billet le samedi est rare. Il sera donc bref et à but purement commercial : comme les vacances approchent, je vous encourage, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, à commander mes deux livres : « Égalité, Taxes, Bisous » d’un côté, et « Le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré » de l’autre. L’un et l’autre feront de surcroît un excellent cadeau de fête des Mères, des Pères, d’anniversaire et fourniront un paquet de sujets de discussion dans les réunions de famille si le gigot de la belle-mère est trop cuit ou si vous tenez absolument à vous brouiller avec.

Égalité – Taxes – Bisous

égalité taxes bisousDans un monde toujours plus dur, et alors que la crise, la vilenie, les aigreurs et les misères allant de la maladie aux bières tièdes font rage, un pays fait courageusement face et propose toute une panoplie de mesures plaisamment abrasives qui permettront d’aplanir les aspérités, gommer les difficultés et arrondir les angles. Ce pays, rempli de gentils et d’aimables tous les jours mieux pensant, est devenu un véritable phare scintillant dans la nuit noire de l’obscurantisme des méchants et des vilains. Et pour mieux scintiller, il s’est doté d’une devise qui est parvenue à se hisser au rang de slogan, d’accroche et de modus vivendi : pour chacun et pour tous, il faudra de l’égalité, des taxes, et des bisous.

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Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré

Le Petit DictionnaireÇa y est! La France s’est installée dans une nouvelle dynamique, et ce changement, ce n’est vraiment pas du flan ! Tout d’un coup, avec les difficultés qui s’accumulent, les choses s’emballent et les discours se bousculent ; il faut alors une grande expérience pour percevoir toutes les finesses du sabir des Politiciens et des Médias, dont la langue de bois rugit à pleine puissance. Entre paronymes, néologismes et antonomases, le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré agrège quelques mots plutôt pimentés qui permettront de décrypter la parole politicienne et les joutes verbales du petit monde politico-médiatique français. Il est aussi destiné à tous ceux qui se sont vu, jadis, reprocher leurs termes peu amènes ou qui auront, un jour, à manier la fine métaphore pour éviter les foudres du qu’en dira-t-on consensuel. En procurant un ensemble de mots-clefs faciles à replacer dans une conversation de haute tenue, ce glossaire a l’ambition de devenir l’allié lexical de vos dîners mondains, débats politiques, discours d’investiture et de tout article journalistique anti-polémique.

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Source : http://h16free.com/2014/05/24/31335-les-vacances-approchent-achetez-de-la-lecture


Made in France, E16 : « Elle court, elle court, la maladie d’amour »

vendredi 23 mai 2014 à 09:00

Tranches de vie ordinaires en République Démocratique (et Populaire) Française, imaginées mais pas dénuées de réalité – Épisode 16 : « Elle court, elle court, la maladie d’amour. »

Par h16 et Baptiste Créteur.

Ce n’est pas un hasard si l’Ode à la Joie est l’hymne européen. Après des millénaires de guerres, de pillages et de conquêtes, après des génocides et des massacres, après des révolutions sanguinaires, des folies furieuses et des déportations silencieuses, après le déchirement du christianisme et les ravages des cavaliers de l’Apocalypse, après le socialisme national et le communisme international, l’Europe est devenue un continent de joie, paix, de prospérité et d’amour.

Ô joie ! La social-démocratie partage équitablement les fruits de la croissance entre les subventions agricoles et l’aide au développement de la corruption et des détournements. Ô joie ! Dans tous les pays européens, l’État-providence assure un filet de sécurité aux partis dépensiers qui transforment sa générosité en électeurs convaincus.

En France, le Président de la République, imparfaitement démocratique et parfaitement démotivant, a fait campagne sur une société apaisée, douce au toucher, à la bonne odeur de Soupline et sur le « Plus jamais ça » visant à débarrasser les Français d’un président au kärcher vraiment trop bling-bling. De divorces en adultères, de remariages en liaisons, les Français vivent avec leurs présidents des histoires à l’eau de rose auxquelles les émissions de service public et de télé-réalité offrent un miroir surprenant.

Mais surtout, la France est un pays gentil, un phare dans la nuit qui couvre l’Europe de son austérité et voile l’Afrique de son islamisme.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Dans les ténèbres du monde, entre de fulminants patrons voyous, une finance apatride et sans visage, des groupuscules fascistes et d’affreuses créatures mondialisées, les petits lutins mignons de l’État-providence continuent leur œuvre pour l’avènement d’une conscience universelle de l’égalité réelle. Avec leurs petites mains, ils entrent des numéros de Sécurité Sociale dans de grosses machines aux tubulures cuivrées polies par les ans. Ils écoutent patiemment les blessés de la vie, les nécessiteux et les défavorisés. Ils sont la colonne vertébrale du vivre-ensemble, le cœur du contribuable, le poumon cancéreux d’une France qui fume l’argent qu’elle emprunte pour des rites sacrificiels au dieu Amour, et aussi l’anus d’une administration pléthorique.

Tout cela avec leurs petites mains et leurs petits doigts.

love

Et avec eux, chaudement emmitouflés dans des gants de boxe, les lutins de la Sécurité Sociale s’ingénient à vider les caisses primaires et ancestrales dans les hottes des facteurs syndiqués qui distribuent chaque mois un peu d’amour dans les boîtes aux lettres des grands enfants de l’État-maman. Gants de boxe et petits claviers mal foutus résultent parfois en de malencontreuses erreurs, qui résultent en égarements de l’amour républicain à des destinataires qui ont le culot de n’en avoir pas besoin.

C’est le cas de Nicole.

Alors qu’elle vérifie minutieusement les calculs de son budget pour le mois écoulé, elle comprend enfin pourquoi ce mois-ci est bien plus simple à boucler que les précédents : tout indique que la Caisse Primaire d’Assurance Maladie lui a versé 911 euros. Par erreur. Nicole écarte rapidement la thèse conspirationniste (9/11, le 11 septembre, Al Qaïda, la CIA, les chemtrails et autre projet HAARP ne sont pas responsables de ce surplus sur son compte), et comprend qu’on lui a versé une indemnité journalière. Sauf qu’elle est en parfaite santé et qu’elle se rend chaque jour au travail, comme d’habitude.

Là où d’autres auraient gardé l’amour républicain tarifé indûment perçu, Nicole en informe la CPAM par téléphone. Originalité : c’est « Les 4 saisons de Vivaldi » qui a été choisi comme musique d’attente et ça tombe bien puisque le morceau complet du compositeur italien dure à peu près 45 minutes, temps qu’il faut à Nicole pour tomber sur un interlocuteur auquel elle expliquera qu’elle touche des indemnités journalières alors qu’elle est en parfaite santé (« Vous allez rire, j’appelle d’ailleurs de mon travail ») :

Vous pourriez avoir des problèmes. Si vous touchez des indemnités journalières, vous n’avez pas le droit de travailler.
- Mais je ne suis pas malade !
- Vous savez très bien que cette somme correspond à des indemnités journalières pour votre arrêt maladie !
- Je n’ai jamais déposé d’arrêt maladie !

Et là, paf, le lutin (peu commode) raccroche. Nicole tente à nouveau l’appel, mais ses six ou sept tentatives suivantes sont infructueuses (et puis Vivaldi l’agace). Elle se décide à écrire à la Caisse. Son employeur, inquiet que la Caisse lui demande des comptes par la suite, appelle un ami qui y travaille pour intercéder en sa faveur (Quand c’est la République qui distribue de l’amour, ce sont les bons amis qui font les bons comptes, n’est-ce pas).

Quelques jours plus tard, Nicole reçoit une lettre. C’est un attaché de direction à la CPAM qui lui écrit, reconnaissant que ses services ont commis une bévue et il l’informe que le problème était en passe d’être sur le point de pouvoir être bientôt réglé incessamment sous peu. Il va jusqu’à louer son honnêteté :

Nous n’aurions jamais pu, sans votre honnêteté, nous apercevoir de ces sommes indûment versées.

Nicole n’en croit pas ses oreilles en parfaite santé.

Et quelques jours plus tard, ce sont ses yeux en parfaite santé qui s’écarquillent lorsqu’elle découvre un nouveau courrier, exigeant le recouvrement de 1422 euros, les prestations lui ayant toujours été versées pour ses jours d’arrêt maladie du 3 au 7, courrier assorti d’un autre, la convoquant au service des arrêts de travail pour examen médical.

Dans sa réponse écrite (elle n’a pas 75 minutes de Vivaldi à perdre), elle tente de conserver son calme et demande à la Caisse de cesser ses versements et qu’elle refuse de se rendre à l’examen, puisqu’elle est en bonne santé et qu’elle n’a aucune envie de s’absenter de son travail.

La réponse à sa réponse est calquée sur la même logique que ce qui a amené Nicole au milieu de ces petits engrenages aux mouvements inexorables : en ne se rendant pas à l’examen médical, elle joue avec le feu puisque ses prestations pourraient ne plus lui être versées ! Et puis, elle a intérêt à avoir une excuse en béton pour ne pas se rendre à l’examen médical, non mais des fois. Un mot de ses parents ou de l’État-maman fera l’affaire.

En France, dès qu’un enfant s’égare ou qu’une bévue est commise, la première question posée est « Mais où est donc l’État-maman ? » Nicole, elle, ne sait pas trop bien comment dialoguer avec lui et lui faire comprendre son erreur. Et c’est finalement l’attachant attaché de direction qui lui apportera des éléments d’explication lorsque, en désespoir de cause, elle se rend directement dans les locaux de la Caisse :

Notre système de traitement est un peu archaïque. Il y a des lutins hommes derrière les écrans, mais, dans la masse des dossiers traités chaque jour, bon, des fois, il arrive que se glissent des erreurs dans nos livraisons d’amour. Ce ne sont pas les lutins hommes qui font les erreurs, notez bien, mais le plus souvent, ce sont les machines qui ne parviennent pas à déchiffrer ou interpréter les arrêts maladie. Voili voilà, rien de grave. Signez là, là et là, je tamponne ici et là et tout devrait rentrer dans l’ordre… Vous voulez un petit cachou ?

Décidément, l’amour républicain semble n’en faire qu’à sa tête. Les visions chamaniques sténographiées sur papyrus des auspices et les aruspices de la Providence, introduites avec effort dans les calculateurs collectivistes, sont parfois capricieusement retranscrites, et font des victimes comme Nicole, innocentes, qui reçoivent un amour dont elles se seraient bien passé, harcelées par les avances de lutins qui veulent à tout prix refiler au plus grand nombre un peu de leur amour vicié.

Espérons pour les habitants de la République du Solidarland que les lutins cesseront un jour de prendre leur argent pour le manger et leur cracher le reste à la figure…

L’État-providence est à la solidarité ce que le viol est à l’amour. – @jabial

socialsecurity

Vous vous reconnaissez dans cette histoire ? Vous pensez qu’elle ressemble à des douzaines de cas relatés par la presse ? Vous lui trouvez une résonance particulière dans votre vie ? N’hésitez pas à en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Source : http://h16free.com/2014/05/23/31309-made-in-france-e16-elle-court-elle-court-la-maladie-damour


Calamité ! Montebourg va s’occuper du crowdfunding français

jeudi 22 mai 2014 à 09:00

Arnaud Montebourg est un ministre actif. Il s’occupe de l’économie de la France, il défend la veuve, l’orphelin et l’entreprise française contre toute ingérence étrangère surtout si cela peut sauver l’entreprise en question. Mais cela ne lui suffit pas. Il a de la frétillance à revendre, de l’agitation à mettre à profit. Alors il s’attaque au crowdfunding.

Et lors de la fête du crowdfunding organisée par l’association Financement Participatif France (FPF) samedi dernier, au lieu d’y envoyer la ministre dédiée au numérique, Axelle Lemaire, Arnaud Montebourg s’y est rendu lui-même, histoire de bien montrer son implication dans le sujet (et il a peut-être jugé qu’Axelle ne ferait pas l’affaire, encore que ce sexisme hypothétique ne soit pas dans les habitudes de Sa Grande Frétillance).

small implied facepalmOn se souvient que les efforts de Pellerin dans le domaine du crowdfunding avaient quelque peu laissé des traces. Même si la nouvelle règlementation que le gouvernement pousse actuellement permet de simplifier un peu l’accès au capital participatif (elle limite l’obligation du lourd prospectus AMF aux seules levées de fonds supérieures au million d’euros, et allège la paperasserie pour les levées plus faibles), elle impose tout de même un don maximal de 1000€ par internaute, ce qui, pour le coup, est particulièrement faible, pour ne pas dire étriqué. En outre, l’ensemble des mécanismes proposés pousse (ou favorise, voire impose) une intervention difficilement canalisable des entités d’État qui font tant de bien à ce pays à commencer par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et la Banque Publique d’Investissement (BPI) dont la vice-présidente du conseil fut Ségolène Royal, ce qui en dit long sur le sérieux du bousin administratif destiné à placer les thunes du contribuable.

royal : la crisitude

En effet, le ministre a évoqué l’éventuelle mise en place d’un fonds d’abondement du prêt, sur le principe que pour 100€ abondé par l’internaute, l’État mettrait lui aussi 100€ via la BPI ou la CDC. Le brave chevalier Arnaud du Crowdfunding en a aussi profité pour appeler les Français à sortir l’argent de leurs bas de laines dodus pour les investir dans ces sémillantes plateformes, au motif que les banques et les assurances ne prêtent pas assez aux entreprises, et qu’il faut donc absolument faire quelque chose.

Moui. L’État qui « investit » autant que les investisseurs particuliers, voilà qui donnera immédiatement des sueurs froides à toute personne un minimum consciente de ce que veut dire « l’État rentre dans mon capital » et ce n’est pas Heuliez qui me contredira (et bises à Ségolène, hein).

D’autant que la raison invoquée par Montebourg laisse un tantinet perplexe : apparemment, l’État doit investir parce qu’il se doit d’être stratège, et puis c’est tout.

« Si ces plateformes ont besoin de capital pour accélérer leur internationalisation, nous l’apporterons. C’est cela, un État stratège. »

Avec nos sous, donc, et son passif chaotique en matière d’investissements à la qualité fort variable, je ne suis pas sûr que cet État-là puisse réellement servir de référence.

montebourg finance

Mais voilà : investir n’est déjà pas chose aisée en France pour un Français et il semble évident que pour que nos belles plateformes grossissent, et que nos entreprises grossissent avec, il faut uniformiser les règlements (notamment fiscaux et financiers) dans toute l’Union européenne afin de faciliter les investissements étrangers chez nous. En vertu de quoi, Arnaud Montebourg aimerait donner une portée européenne à la réglementation française, parce que déjà, seuls dans notre coin, c’est particulièrement joli, alors à 28, cela promet un renouvellement sans fin du spectacle. De façon surprenante, certains (à commencer par François Carbone, le vice-président de la FPF, et qui a organisé l’événement dans lequel Montebourg est venu frétiller de la tête) semblent trouver cette idée géniale même si, bien sûr et comme d’habitude, quelques petits obstacles restent à franchir :

« Cela sera difficile à mettre en place, car la réglementation européenne est très structurante et cela nécessiterait de revoir certaines directives européennes. Mais la légitimé de la France sur le sujet est bonne. »

aurelie filippetti netflixContrairement à Carbone, je ne m’avancerai pas sur la légitimité de la France au sujet du crowdfunding tant il m’apparaît incertain de qualifier comme légitime sur un tel sujet un pays dont les ministres pourchassent avec une hargne assez volubile les entreprises (au point de pousser les nouveaux entrants potentiels à s’installer au Luxembourg).

En revanche, en ce qui concerne l’idée qu’il faille étendre l’intervention de l’État dans le crowdfunding au niveau européen, je peux déjà affirmer sans me tromper que, d’une part, la nécessaire modification d’une demi-douzaines de directives européennes (notamment financières) promet cette idée à un avenir absolument radieux, et d’autre part, je ne suis pas absolument sûr que l’interventionnisme à la française marche aussi bien que ça auprès de nos partenaires qui commencent doucement à en avoir assez de notre arrogance et de nos factures. D’autant que, je le rappelle, les interventions des politiciens français dans le milieu du crowdfunding n’ont toujours pas prouvé leur efficacité jusqu’à présent, et leur historique global de réalisations autorise un sain scepticisme sur leurs actions ultérieures.

On pourrait croire que ce morceau est largement suffisant pour occuper le ministre : envisager une telle réforme européenne, chapeau ! Mais que nenni, il en faut plus pour fatiguer Arnaud qui va plus loin en déclarant aussi vouloir, pour la France, une visibilité internationale :

« La seconde brique de ma stratégie, c’est la visibilité internationale. Je souhaite faire de Paris la capitale européenne du crowdfunding. »

Et pour obtenir une visibilité internationale, outre le fait d’échanger des lettres d’insultes avec des patrons étrangers, on peut aussi :
a/ organiser un événementiel à Paris, comme par exemple la prochaine rencontre annuelle du réseau européen des plateformes de crowdfunding, et
b/ organiser un événementiel à Paris, comme par exemple les nouvelles Assises du Financement Participatif, en décembre prochain.

Inutile de dire qu’après ces deux événementiels, ça va pulser grave du crowdfunding en France.

Encore une fois, toute cette agitation moutebourgeoise s’apparente fort à de grandes envolées lyriques remplies d’air chaud dans le meilleur des cas, et, dans le pire, à une nouvelle bordée d’interventionnisme d’État. Si cette intervention avait effectivement pour but d’alléger la masse considérable de régulations et d’assouplir les relations entre les entrepreneurs et les investisseurs, on pourrait s’en réjouir. Mais il n’en est rien : pour un assouplissement valable ou constaté, les gouvernements qui se succèdent et se copient ajoutent deux ou trois contraintes, taxes ou un petit paragraphe règlementaire qui insèrent un peu plus l’État et ses institutions entre les individus, entre les adultes responsables qui, d’un côté, entreprennent et de l’autre, investissent.

De ce point de vue, on ne peut souhaiter qu’une chose : que l’État et tous ses commis, à commencer par Montebourg, se désintéressent de ces questions. Qu’ils s’en aillent loin et laissent les gens tranquilles, respirer sans leur aide étouffante de sollicitude, asphyxiante de prévention, mortifère de bonnes intentions calculées. Voilà qui offrirait de réelles opportunités de croissance à la France.

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Source : http://h16free.com/2014/05/22/31291-calamite-montebourg-va-soccuper-du-crowdfunding-francais


Les 500 jours de Laurent Fabius

mercredi 21 mai 2014 à 09:00

Palpitance et révélations : Laurent Detritus Fabius, l’actuel prétexte qui sert de ministre des affaires étrangères, a rencontré le 13 mai dernier à Washington son collègue américain John Kerry pour discuter de questions variées sur la situation en Iran, en Ukraine et en Syrie.

On supposera sans mal qu’il a dû évoquer, en privé, les bidouillages électroniques des Américains, et qu’il a probablement commenté l’excellent repas qui lui a été servi. Il a même peut-être fait un petit selfie avec John, histoire de compléter son album de famille. Et, histoire de détendre l’atmosphère, il aura probablement échangé avec son homologue américain une petite blagounette préparée de longue date par son staff. Mais une chose est certaine et elle a retenu l’attention de toute cette presse frétillante à l’idée d’annoncer une catastrophe majeure : il a aussi évoqué le changement climatique.

Et là, surprise, il n’y est pas allé avec le dos d’une poche de sang contaminé :

« Avec John, nous avons discuté d’un certain nombre de questions importantes, y compris la question du changement climatique, du chaos climatique. Nous avons 500 jours pour éviter le chaos climatique. Je sais que le président Obama et John Kerry se sont engagés pour cette cause et je suis convaincu qu’avec eux, et avec beaucoup d’autres de nos amis, nous pourrons réussir sur ce dossier important. »

Diable, foutrezut, on apprend des choses au détour d’un petit voyage d’affaire du Laurent, dites donc ! Parce que si l’on y réfléchit deux minutes, 500 jours, ça ne fait pas long avant le chaos. C’est même tellement court que ça ne peut qu’interpeler, et déclencher une réaction effarée des journalistes et de l’assistance qui meurt d’en savoir plus. À moins bien sûr de se rappeler que dans un peu plus de 500 jours, la France va organiser la 21ème conférence sur le climat, ce qui tombe diablement bien. Qu’il est malin, ce Laurent, tout de même !

fabius le malin

Manque de bol ou distraction des journalistes français qui n’écoutaient peut-être pas à ce moment (ou, autre hypothèse raisonnable, n’ont absolument rien à battre du ministre des affaires étrangères lorsqu’il est en goguette, tant ses précédents voyages se sont soldés par un vide quasi-intergalactique), la nouvelle n’a guère ému les foules en France. Pas d’édition spéciale au 14 mai avec des gros titres en 4 colonnes à la une sur le mode « 500 JOURS AVANT LE CHAOS », pas d’article en pleine page et photo couleur, pas même une demi-page. Laurent a bien vérifié lui-même, il n’était sur aucune des Unes des grands journaux le lendemain. Il n’apparaissait que dans les pages intérieures, au mieux, ou (affront ultime) dans les brèves, au pire. Même les mots croisés ou les programmes télés ont été plus lus que ses déclarations américaines.

Zut et flûte.

Le plan média du ministre est donc un ratage.

Ce n’est pas grave. Puisque l’aide du public n’a pas fonctionné, il peut utiliser son deuxième joker et appeler un ami à la rescousse. Et c’est ce qu’il a fait de façon rudement sioux : il a utilisé une intervention à l’Assemblée Nationale d’une député écolo qui passait son bizutage pour en remettre une couche. C’est qu’il est malin, notre Laurent, tout de même !

fabius le malin

Lors d’une question au gouvernement, Duflot, redevenue simple député à la voix chevrotante, a décidé de poser une question idiote qui a donc immédiatement donné l’occasion à Fabius de fournir une réponse débile. Dans sa question, elle nous apprend qu’on a atteint le point de non-retour climatique (et donc, a priori, que c’est fichu, les enfants, on va tous mourir) et elle en profite pour demander au gouvernement ce qu’il compte faire pour la transition énergétique.

En toute bonne logique, tout un chacun aurait pu répondre que, foutu pour foutu, autant organiser une soirée mousse géante ou quelque chose comme ça, quitte à claquer des thunes avant la fin du monde et mourir joyeusement. Mais en tout cas, puisque le point de non-retour est atteint, il n’y a plus rien à faire et donc aucune raison de se prendre la tête avec des mesures écologiques qui, par définition d’un point de non-retour, ne serviront à rien si ce n’est à prolonger une agonie qu’un bon claquage de pognon des familles dans une immense fiesta planétaire pourrait largement rendre plus supportable.

Eh bien que nenni : Laurent, lui, a bien compris qu’après ce point de non-retour se situait un petit morceau de gras, un petit bout de rab bien dodu, évalué à 500 jours, tout rond, par ses services et après un puissant calcul du Pipovac 2000 du Ministère des Affaires Étrangères. Vraiment, quel chic type ce Laurent, il nous sauve la mise et nous amène, tout doucement, tout gentiment, fin 2015, date à laquelle nous serons certes au milieu du chaos climatique mais où Laurent, lui, sera à faire le beau à sa conférence sur le climat à Paris. Il est vraiment malin, ce Laurent.

fabius le malin

Bon, je charrie un peu le plus jeune chauve des ministres des affaires étrangères, mais oh là, oh, un peu de sérieux :

« Vous seriez bien mal inspirés de vous moquer de cela parce que c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu dans cette affaire. »

Oui, vous avez bien lu : sous ses dehors de potiche mal fagotée, Cécile Duflot cache en réalité une voyante extra-glucide pardon une responsable politique affûtée comme un pot de saindoux qui pose des questions qui engagent tout l’avenir de l’humanité, pouf, d’un coup comme ça. Et ça, messieurs dames, ça se passe en France, dans votre Assemblée Nationale, avec vos sous et en direct. C’est grand, c’est beau, c’est assez magnifique de voir cette femme et cet homme se dresser comme un seul homme … comme heu … se dresser pour dire « Réveillez-vous, si nous ne faisons rien, il risque de se passer quelque chose de terrible au niveau planétaire ! »

Et les faits sont absolument accablants : la fonte des glaciers de l’Antarctique est, selon la député, maintenant irréversible. Voilà un fait qui est fort troublant, sachant que la couverture des glaces antarctiques a battu des records en 2012 et en 2013. Peut-être la brave Cécile, même munie d’un DEA de géographie, confond-elle encore une fois ses hémisphères et voulait-elle parler de la banquise arctique ? Pas de bol, si elle fond bel et bien, été oblige, il s’agit d’étés … parfaitement normaux. Bon, bien sûr, c’est bien de l’Antarctique qu’elle parle, brandissant avec certitude cette étude du JPL qui prouverait, modèles numériques à l’appui, l’irréversibilité de la chose, avec d’ailleurs la même précision diabolique pour ces modèles que ceux du GIEC qui ont tous prévu l’augmentation des températures sur les 17 dernières années que personne n’a pu constater.

Alors quoi ? Eh bien comme d’habitude lorsqu’on touche au sujet climatique, les calembredaines s’amoncellent pour former un amalgame collant autour du portefeuille du contribuable et permettre aux aigrefins gouvernementaux à la Fabius et leurs satellites comme Duflot de le ponctionner goulûment pour prétendre acheter ainsi sa rédemption. Et l’option « Soirée Mousse » n’est pas si caricaturale tant la manœuvre est peu subtile.

fabius et sa soirée mousse

Néanmoins, pendant que la France se dresse au milieu des nations pour réclamer des piscines d’argent public dans une cause aussi perdue que mensongère, certains citoyens d’autres pays, plus avisés, écarquillent les yeux sur l’addition qui leur a été présentée suite aux différentes pirouettes climato-conscientes qu’on leur a imposées (dans tous les sens du terme).

L’Australie, par exemple, a décidé de réduire un peu la voilure de l’argent public consacré aux fumisteries climatiques, les faisant passer de 5.75 milliards de dollars australiens à 500 millions dans les quatre prochaines années. L’Espagne prend la mesure de la bulle photovoltaïque, tout comme la Belgique. Quant à l’Allemagne, son vice-chancelier a clairement exprimé son opinion, pas tendre, vis-à-vis de la transition énergétique. Autrement dit, de plus en plus de pays sentent que l’argent du contribuable ne peut plus servir à remplir des puits sans fond, et que le motif écologique, basé sur une peur ancestrale du ciel qui pourrait nous tomber sur la tête, ne marche plus.

Sauf, apparemment, en France. Sacré Laurent.

fabius le malin

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Source : http://h16free.com/2014/05/21/31230-les-500-jours-de-laurent-fabius