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Nous sommes tous des condamnés en puissance

mardi 11 mars 2014 à 09:00

Si le peuple français semble s’assoupir, il n’en va pas de même pour sa Justice. Toujours sur la brèche, jamais à l’arrêt, l’innovation la dirige vers des sommets toujours plus haut et plus pointus : dernièrement, alors qu’on croyait la mode à la réduction drastique de toutes les responsabilités, la Justice a choisi d’en augmenter audacieusement la portée.

Le mouvement général est intéressant. Alors que certains, mauvaises langues forcément, n’arrêtent pas de maudire une justice française bien trop laxiste, dont les peines fermes d’incarcération ne sont pas suivies d’effets pour une bonne centaine de milliers de cas, le tribunal correctionnel de Montpellier a choisi une voie résolument opposée à ce laxisme réel ou supposé, en condamnant un certain Moustapha Bouchane pour « homicide par imprudence ».

En effet, dans la nuit du 22 décembre 2012, Lhoussain Oulkouch, qui est un ami du précédent, avait fauché et tué une étudiante, Charlotte Landais, et avait été condamné en janvier dernier à six ans de prison pour homicide involontaire (aggravé par une kyrielle de faits comme l’alcool, la conduite sans permis, les stupéfiants, la vitesse et, je suppose très fort mais je ne dois pas me tromper, Q.I. notoirement plus faible que la moyenne). Jusque là, on se dit, à la limite, que les six ans fermes sont une bien petite peine pour un tel drame, irréversible. Mais soit, la Justice est passée.

Là où l’affaire se corse, c’est lorsqu’on apprend que Bouchane, probablement un peu moins élimé, avait décidé de prendre le volant de la voiture d’Oulkouch, en voyant que ce dernier était incapable de conduire. Las. Une fois chez lui, Mustapha commet l’irréparable et, au lieu de séquestrer son ami, de siphonner sa voiture, ou de cacher les clefs hors de la portée de son ami pinté, lui rend ses clés de voiture. À la suite de quoi, abruti par l’alcool, l’outre alcoolisée s’emplafonnera avec l’étudiante.

Ni une, ni deux, la famille de la victime utilise alors le procédé de citation directe, qui leur permet de traîner Bouchane en justice, en utilisant pour cela l’article 121.3 du code pénal, qui dit en substance ceci :

Dans le cas prévu par l’alinéa qui précède, les personnes physiques qui n’ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter, sont responsables pénalement s’il est établi qu’elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elles ne pouvaient ignorer.

Plus Juste La Vie !Magie d’un article extrêmement large, et d’une justice dont le caractère décidément arbitraire se fait tous les jours un peu plus voyant, le tribunal correctionnel de Montpellier condamne donc Bouchane pour homicide par imprudence. Comme je le disais en introduction, voilà qui donne à la Justice une dimension diablement intéressante : non seulement le conducteur drogué, bourré, sans permis et trop rapide est mis en cause, ce qui paraît parfaitement normal, mais en plus, ceux qui l’ont laissé prendre le volant, c’est-à-dire son ami, et la discothèque qui les a laissés partir quelques minutes plus tôt.

Une question vient à l’esprit : le barman qui a fourni l’alcool au futur tueur sera-t-il placé derrière les barreaux pour les verres de trop qu’il a versés ? Après tout, il devait bien se rendre compte de l’état d’ébriété de plus en plus avancé de nos deux compères, et il a pourtant continué à verser ses liquides délétères dans leurs verres ! Ce n’est pas hypothétique puisque une citation directe a été aussi émise contre la discothèque. De fait, les juges vont devoir se pencher sur la délicate question de la responsabilité et tout indique que son champ est de plus en plus vaste.

La question devient naturellement celle de l’extension de cette responsabilité. L’Homme étant imparfait par nature, nous sommes tous, à l’aune d’une vision toujours plus englobante, responsables par action ou par omission, de l’une ou l’autre catastrophe irrémédiable qui peut arriver à n’importe qui, à n’importe quel moment. Si, bien sûr, on peut se réjouir que, pour une fois, les victimes soient mises clairement au centre de la procédure judiciaire, on peut cependant se poser quelques questions sur les aspects bêtement pratiques que les décisions judiciaires vont entraîner mécaniquement.

En effet, alors que les prisons françaises croulent déjà sous les détenus, et alors que plus de 100.000 peines attendent d’être exécutées effectivement, si, de surcroît, l’écrasante majorité des peines de prison fermes de moins de deux ans ne sont pas exécutées du tout, on peut se demander exactement à quoi rime une condamnation dans ce cadre. La Justice étend la responsabilité, condamne plus d’individus, mais le reste des événements se place gentiment dans le champ de la plaisanterie légale ou de la paperasserie administrative. C’est grotesque.

justice !

Et ce grotesque promet de croître bien plus encore puisque cette décision, qui fera jurisprudence si elle n’est pas infirmée en appel, servira de base pour une multitude de cas similaires, et, par extension, pour impliquer une proportion toujours croissante de personnes indirectement liées à des dommages divers et variés. C’est génial : alors que le système judiciaire français croule sous les dossiers, cette affaire offre un nouveau boulevard large et direct à un tsunami de contentieux ; la judiciarisation de la société française continue donc de plus belle, au point que les Américains ne seront bientôt plus caricaturaux mais simplement vus comme en avance sur nous. Comme le fait fort judicieusement remarquer Cédric Parren dans son ouvrage, Le Silence de la Loi, la patrie des Droits de l’Homme se mue lentement mais sûrement en patrie des Hommes du Droit.

Or, et c’est là le nœud du problème, ce basculement vers une issue judiciaire à tout et n’importe quoi, justifié ou non, ne peut pas profiter à long terme aux victimes d’une part et à la société en général d’autre part. Pour les victimes, l’engorgement des tribunaux, déjà critique, va rendre le moindre traitement des dossiers extrêmement lent, renvoyant aux calendes grecques des procès qui ne pourraient souffrir de délai (sans compter qu’un prévenu ne peut être conservé indéfiniment en prison sans procès, ce qui ouvrira là encore la voie à d’autres litiges). Par extension, la société en pâtira à plus d’un titre. Que vaut-il mieux en effet ? S’assurer du traitement rapide et correct des coupables directs ou essayer à tout prix de trouver tous les coupables, directs et indirects, au risque évident de ne plus avoir le temps de juger correctement les premiers ?

Enfin, on ne peut s’empêcher de voir dans ces démarches non plus un désir de justice, mais bien de vengeance tous azimuts, qui répond au moins en partie au dogme devenu absurde d’une sécurité routière en airain, alpha et oméga de tout déplacement sur les routes de France, et excuse facile pour tabasser la catégorie des contribuables munis de roues.

Alors que la Justice française montre tous les jours ses limitations néfastes, cette décision de justice va-t-elle vraiment dans le bon sens ?

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Source : http://h16free.com/2014/03/11/29578-nous-sommes-tous-des-condamnes-en-puissance


Bitcoin ? Même pas mal !

lundi 10 mars 2014 à 09:00

Pour Bitcoin, le mois qui vient de s’écouler est intéressant à plus d’un titre : la monnaie numérique a en effet subi différents revers et la façon dont les informations ont été traitées par la presse en dit certainement plus long sur l’avenir de la presse que sur l’avenir de l’innovation monétaire constituée par Bitcoin.

bitcoin logoLes lecteurs réguliers savent déjà ce qu’est Bitcoin ; pour les autres, disons de façon fort résumée qu’il s’agit d’une monnaie numérique dont le comportement est entièrement indépendant de toute autorité centrale, et dont la sécurité repose non pas sur la confiance en chacun des participants mais sur des assurances mathématiques (preuves cryptographiques) que les transactions ont bien eu lieu. Cette monnaie a été créée par un certain Satoshi Nakamoto dans le courant de l’année 2008 et implémentée sous forme de programmes informatiques à partir de 2009.

Depuis, l’application pratique n’a cessé de s’étendre avec un nombre croissant de particuliers puis de commerçants et enfin d’entreprises reconnues qui acceptent à présent les bitcoins comme moyen d’échange. Dans le même temps, la valeur moyenne d’un bitcoin, établie par achat à partir de monnaies fiat traditionnelles, n’a cessé de grimper pour passer de quelques cents de dollars en 2010 à près de 1200$ mi-décembre 2013, le tout avec des rebondissements et des variations de valeur parfois violentes ; en mai 2011, la valeur du bitcoin était passée de 4$ à 32$ en moins de trois semaines, pour tomber à 4$ six mois plus tard, avant de regrimper, en mai 2013, à 238$, pour retomber à nouveau vers 107$ dans les mois qui précédèrent la nouvelle envolée qui le propulsa à plus de 1150$. Le bitcoin s’établit actuellement à 628$.

bitcoin march 2014

Comme on le voit, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché si l’on souhaite rentrer sur le marché bitcoin et y effectuer des opérations de trading comme sur d’autres marchés plus calmes. À ce titre, ceux qui considèrent encore que ces bitcoins ne sont pas à proprement parler une monnaie tant que la volatilité est aussi grande n’ont pas tort : pour le moment, la monnaie numérique ne remplit pas encore son rôle de réserve de valeur.

Et c’est d’autant plus vrai que des événements extérieurs se sont accumulés ces dernières semaines pour accroître encore la violence des mouvements d’un marché à la volatilité d’autant plus grande qu’il est étroit.

Il y a bien sûr eu la fermeture, assez brutale (mais pas du tout imprévisible) de MtGox, une plateforme d’échange qui représentait jusqu’à 15% des transactions mondiales en bitcoins. En substance, les bitcoins stockés par l’entreprise pour le compte de ses clients ont été détournés de façon frauduleuse, laissant MtGox avec un énorme trou de trésorerie qui l’a forcé à la faillite. La fraude s’est basée sur une faille de programmation de la plateforme et non, comme quelques journalistes peu au fait de la technologie, à cause d’une faille intrinsèque au protocole Bitcoin. Journalistes qui, en moyenne, n’ont pas fait plus d’efforts pour se renseigner lorsqu’il aura fallu retranscrire la nouvelle de cette faillite, avec un véritable feu d’artifice d’approximations et d’erreurs dans les médias mainstream.

On découvre ainsi, stupéfait du toupet des scribouillards en charge de l’article, que le bitcoin « s’échange sur des places informatiques échappant à toute réglementation », alors même que ces places de marché sont lourdement suivies par toutes les autorités possibles et imaginables ; actuellement, l’achat de bitcoins sur une telle plateforme d’échanges nécessite au moins autant de paperasserie administrative que sur n’importe quelle banque en ligne, et en tout cas, nettement plus que pour l’achat d’un livre électronique sur Amazon alors que, fondamentalement, il n’y a rien de différent.

L’explosion de n’importe quoi fumant est cependant atteinte avec encore plus de facilité par les pisse-copies ignares de Libération, épave journaliste en attente fiévreuse d’une banqueroute méritée. Dans un article consternant de bêtise issu directement d’une AFP entièrement vendue aux intérêts statolâtres, le problème de MtGox serait exclusivement lié à la fumeuse non-régulation de la monnaie numérique, et la faille observée constituerait « un échec cuisant pour la communauté du bitcoin ». L’article, charge grotesque dans son parti pris si caricatural, n’est qu’une succession de témoignages d’analystes financiers obscurs et très manifestement assez peu au fait du marché en question, qui conviennent tous que la fermeture de MtGox constitue un coup très dur et que l’avenir de Bitcoin est très sombre, et pourrait s’achever sur un mouvement de panique comparable à septembre 2008 pour le secteur bancaire, d’autant qu’« avec une baisse de plus de 20%, on s’approche d’un tournant qui pourrait faire dérailler le système dans son ensemble ».

Pignouferies de presse

Tout ceci, au vu de la résilience du réseau et deux semaines après la fermeture du site, prend un tour presque comique. Des baisses de plus de 20% dans la journée ont déjà été observées sur le marché des bitcoins sans que celui-ci ne disparaisse. Bitcoin est toujours là, les bitcoins s’échangent toujours, et le cours est toujours très supérieur à 500$. MtGox est fermé, mais bitstamp, bitcoin-central fonctionnent toujours et un nombre d’individus toujours plus grand continue obstinément à s’échanger la monnaie numérique.

Et cette réalité agace prodigieusement les autorités. Parce que s’il est facile pour elles de réguler la partie fiat d’un marché des changes « Bitcoin / monnaie étatique », il leur est impossible de réguler l’autre partie et les échanges directs de biens et de services contre les bitcoins. Difficile pour elles de savoir sur qui taper sans mener des enquêtes qui peuvent rapidement s’avérer complexes. Impossible pour elles d’interrompre les échanges, pour les contrôler ou – évidemment – les taxer, sans devoir lourdement intervenir sur l’infrastructure même d’Internet, causant des problèmes collatéraux rapidement prohibitifs.

Pas étonnant, dès lors, de retrouver régulièrement dans la presse des analyses idiotes et des remarques lourdes de sous-entendus sur le mode « Bitcoin, c’est du marché noir, c’est de la fraude, ce sont des pirates qui veulent votre argent » et autres fadaises à base de mots-clefs pourtant sans lien comme pyramide de Ponzi dont le but ultime est essentiellement pour les politiciens au pouvoir d’effrayer le citoyen qui risquerait, s’il se renseignait vraiment, de trouver dans ce système une vraie alternative aux arnaques financières montées par leurs banquiers centraux.

Et c’est tellement vrai, tant pour les politiciens frustrés de ne pouvoir contrôler Bitcoin que pour les journalistes désemparés devant cette nouvelle technologie sans directeur, sans CEO, sans tête bien visible, que des efforts constants sont entrepris pour retrouver le fameux Satoshi Nakamoto, auteur du protocole de base : avoir une tête bien visible serait très pratique pour personnifier (et, le cas échéant, diaboliser) l’invention. Tous les moyens sont donc bons, ce qu’à prouvé récemment Newsweek dans un article tout à fait dans la lignée des ratures journalistiques précédentes, pour, du reste, se planter en beauté (il n’ont pas réussi à attraper le bon Nakamoto).

hype cycleEn pratique, Bitcoin répond simplement au cycle de la mode lorsqu’une invention réellement valable apparaît sur le marché : à une période d’hyper-inflation des espoirs suscités et de la visibilité de la technologie en succède une autre de désenchantement, dans laquelle Bitcoin s’inscrit peut-être actuellement auprès des médias qui, très mal outillés pour comprendre ce type de nouveauté, semblaient en attendre un peu tout et n’importe quoi. Et, probablement parce qu’il est toujours plus facile d’aller dans le sens du courant général que de faire un réel travail d’investigation journalistique, on ne peut pas s’étonner de voir un nombre considérable d’articles réclamer la régulation, ou se réjouir plus ou moins ouvertement des problèmes subis par la monnaie numérique, quand bien même tout montre à présent que ces problèmes sont largement montés en épingle et n’en constituent pas un tournant majeur.

La donne n’a, en effet, pas changé : Bitcoin, en tant que protocole, est toujours là. L’idée même qu’une monnaie électronique permet à des particuliers d’échanger des biens et des services en dehors de toute autorité centralisée, en dehors de tout contrôle par un tiers étatique, cette idée-là est toujours aussi présente et n’est toujours pas battue en brèche. Mieux encore : les récents retournements de situations et la faiblesse globale de leur impact montre l’incroyable résilience du concept, dont les caractéristiques « anti-fragiles », comme l’aime à dire Nassim Taleb dans son dernier livre, permettent d’en améliorer la sécurité et la fiabilité.

Comme je le faisais remarquer il y a quelques mois en pleine « bulle Bitcoin », l’avenir est encore fort incertain pour Bitcoin. Rien ne permet d’affirmer qu’il sera un jour une monnaie majeure et indispensable. Peut-être une autre monnaie apparaîtra. Nul ne sait, même si les récents événements permettent de rester optimiste. Le protocole, en revanche, a montré sa robustesse et son applicabilité à d’autres domaines n’est plus à démontrer. Le même protocole peut en effet être utilisé pour garantir l’échange de propriété, certains types de contrats, et, pourquoi pas, une forme de vote électronique garantissant effectivement les droits des votants, tout en permettant une expression rapide et pratique des votes.

Bien sûr, de même qu’il serait naïf de considérer que les États pourraient réellement empêcher complètement les bitcoins de circuler, il serait tout autant naïf de considérer que ces derniers ne peuvent pas en ralentir l’usage et l’acceptation par le public. Mais, au contraire de ce que semblent penser les politiciens et un paquet de journalistes, tous aussi à la ramasse les uns que les autres, il y a bien plus de risques à essayer de contrôler cette technologie que de l’incorporer proprement dans la société actuelle.

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Source : http://h16free.com/2014/03/10/29500-bitcoin-meme-pas-mal


Mariage forcé, ce lamentable échec du riche blanc occidental

dimanche 9 mars 2014 à 10:30

Samedi, ce fut donc la journée de la femme. Ce fut l’occasion pour certains hommes blancs occidentaux de se mettre du rouge-à-lèvres, pour montrer ainsi comment lutter efficacement contre les problèmes de femmes ni blanches et ni occidentales (le pouvoir du rouge-à-lèvres est finalement très sous-estimé, semble-t-il), et pour des douzaines d’artistes zengagés de faire parler un peu d’eux en balançant deux ou trois platitudes de circonstance. Quelques uns, cependant, ont hissé la barre fort haut. C’est le cas de Lisa Azuelos.

Lisa, c’est l’autrice, pardon, l’auteure (j’ai failli commettre un boulette, ce serait dommage une impair avec le bel égalité qui s’insinue enfin partout) de ces films puissants et devenus cultes que sont « LOL » ou « Comme t’y es belle » et qui a tiré sur toutes les ficelles de son art pour produire un nouveau court-métrage poignant pour dénoncer le mariage forcé, fléau moderne qui concerne 14 millions de femmes dans le monde.

mariage forcé

Et pour dénoncer cette calamité, Lisa a courageusement choisi de stigmatiser un bon coup l’une de ces répugnantes communautés qui usent et abusent de ces cérémonies honteuses bien qu’officielles où de jeunes filles à peine pubères sont ainsi liées à de vieux sexagénaires aussi libidineux que fortunés. C’est audacieux, en France de stigmatiser, parce que normalement, on n’a plus le droit. À l’exception des riches blancs occidentaux, bien sûr ; là, c’est open-bar, on a le droit, c’est sans risque et aucune association lucrative sans but de lutte contre les discriminations, le racisme, les stigmatisations et le réel qui pique n’ira lancer une procédure pénible pour les défendre (d’t'façon, ils sont méprisables, non ?)…

srsly seriouslyCe qui tombe bien parce qu’en plus de ça, il y a des brouettées de mariages forcés en France dans le milieu très fermé, très secret, très discret et très procédurier des riches blancs occidentaux. C’est même ce qui donne encore plus de force au message que veut faire passer Lisa et ses acteurs, Julie Gayet et Alexandre Astier, parce qu’il en faut, en France, du courage en titane avec des burnes en béton précontraint pour dénoncer ces actes ignobles qui se déroulent tous les jours sous les ors de la République. Il en faut, de l’audace, pour oser s’attaquer au puissant lobby des riches blancs occidentaux plus ou moins pédophiles, en ce XXIème siècle, en France ! En revanche, le choix de Julie Gayet constitue plutôt une option marketing judicieuse, là où un courage frisant la folie aurait été de la placer dans une vidéo de propagande contre le divorce, l’adultère ou le sexe sans casque de scooter, par exemple.

Bref, on l’aura compris, le but de ce court métrage consistait à faire parler de lui, tant par le choix judicieux de son paradigme que par le choix malin de ses acteurs dont le nom a fait l’actualité récente, c’est commode. Et pour que les choses soient bien claires, la réalisatrice, pardon, réalisateure (oups, encore un gaffe, un bévue qui peu coûter cher en ces temps d’égalité parfaite !) explique pourquoi elle a si subtilement choisi de camper son histoire en France : c’est tout simplement pour créer un décalage et sensibiliser ces gros amorphes de Français un peu trop mous devant le drame qui touche 14 millions de filles tous les ans dans le monde (c’est-à-dire en dehors des frontières françaises) notamment en Afrique et en Asie. Lisa le répète :

« Ce film est mon cri à moi pour que l’on puisse entendre le leur. Et que cesse l’idée que cela puisse être une normalité »

Rassurez-vous. C’est parfaitement voulu : Lisa explique qu’elle n’est pas là pour « braquer la lumière sur une population et dire ‘Regardez ce qu’ils font à leur femme’  », surtout si la ou les populations concernées pourraient en prendre ombrage, et faire un peu de vent dans les voiles, voire la poursuivre pour l’un ou l’autre motif pratique qu’une association de lutte contre les stigmatisations trouvera. Non, non non. Il s’agit ici d’un besoin d’identification, pour être en empathie :

Quand les gens vont voir ce film, ils vont ressentir quelque chose qu’ils ne pourraient pas ressentir si cela ne les concernait pas.

Eh oui : lorsqu’on a montré les images de tsunamis, les gens (trop bêtes) ne se sentaient pas concernés parce que ce n’étaient pas des blancs qui flottaient le ventre à l’air dans les débris de leurs maisons aux Philippines ou au Japon. Les gens, ces gros mollassons, ne se sont pas du tout identifiés aux massacres rwandais parce que les paquets de cadavres découpés étaient noirs, et pas blancs, voyons. Et toutes les images de guerres, de catastrophes, tous les documentaires crus qui montrent des gens, blancs ou pas, qui subissent des atrocités diverses et variées ne déclenchent, en réalité, rien de bien palpable dans les cœurs et les âmes de ces gros blancs vautrés devant leurs téloches et leurs canapés. Et peu importe que ces riches blancs occidentaux donnent chaque année toujours plus en dons aux charités planétaires pour venir en aide à tous ces non-riches non-blancs non-occidentaux auxquels ils n’arrivent décidément pas à s’identifier.

Et puis, c’est vrai qu’il n’y a rien de plus efficace que d’insulter un gros peu Pierre lorsque c’est pas mal Paul qui commet un crime, n’est-ce pas (les prénoms ont été changés pour préserver patati patata) : d’une part, cela permet de bien mobiliser la communauté autour de Pierre qui n’y est pour rien, et d’autre part, ça permet de bien conscientiser Paul à distance avec une métaphore pratique qui ne le choquera pas, lui. D’autant qu’il y a finalement peu de chance qu’il en entende parler. Sacré Paul.

Epic FailC’est un doublé assez raffiné quand on y pense puisqu’on sait, les statistiques et les informations reconnues sont malheureusement sans ambiguïté, que les Français ne sont pas responsables de mariages forcés et que les principales sociétés à pratiquer ce genre d’unions ne sont pas occidentales du tout. En procédant ainsi, Lisa Azuelos fait preuve d’un courage encore plus inouï puisqu’elle prend le risque évident de saboter durablement tout soutien de ces riches blancs occidentaux qui sont parfaitement d’accord avec son message et qu’elle ne pourra donc pas convaincre plus, sans toutefois ni désigner, ni même alerter ceux qui sont les premiers responsables des exactions, et qu’elle ne convaincra donc pas non plus.

Vraiment, avec tous ces arguments, on ne peut arriver qu’à une seule conclusion : il n’y avait aucun autre moyen de faire passer ce message si délicat, si important. Aucun. Impossible.

Franchement, moi, je dis, Bien Joué Lisa. Carton plein !

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Source : http://h16free.com/2014/03/09/29636-mariage-force-ce-lamentable-echec-du-riche-blanc-occidental


Made in France, E6 : « Syndicat ou liste, le dilemme du syndicaliste »

vendredi 7 mars 2014 à 09:00

Tranches de vie ordinaires en République Démocratique (et Populaire) Française, imaginées mais pas dénuées de réalité – Épisode 6 : « Syndicat ou liste, le dilemme du syndicaliste. »

Par h16 et Baptiste Créteur.

La France sans le syndicalisme ne serait pas ce paradis de douceur de vivre, aux rivières de miel et de lait pour tous et toutes. Mieux encore, le syndicalisme mène à tout.

C’est le cas, notamment, pour Martin Édouard.

martin edouardMartin Édouard est depuis des années responsable syndical, c’est-à-dire qu’il est responsable de l’activité syndicale dans l’entreprise qui le salarie, mais surtout pas coupable. Et il s’y est notamment illustré dans sa lutte contre son rachat par un actionnaire indien, lutte qui lui a permis de lancer en pleine réunion syndicale un tonitruant :

« Et pis quoi encore, bientôt on sera payés comme des Indiens et on mangera avec les mains ?! Déjà qu’on travaille comme des Chinois ! »

La lutte, il sait ce que c’est, Martin. Il en a mené une, longue, épuisante mais juste, contre la suppression de sa place de parking attitrée. Il se souvient du temps passé à imprimer des tracts sur les photocopieurs de l’entreprise, de l’odeur d’ozone qu’ils dégagent passé les 1000 premières copies. Il se souvient aussi de ses échecs, comme celui lors de la demande de suppression des tests d’alcoolémie pour les postes à risque…

La lutte, il la connaît aussi par la pression médiatique, subie lorsque des bus entiers l’ont amené avec ses camarades syndicalistes soutenir des grévistes dans des usines de Picardie et d’Île-de-France, par so- so- solidarité. La lutte, pour lui, c’est aussi l’odeur caractéristique des pneus qui brûlent et des saucisses qui grillent, le goût spécial de la 33 Export éventée. La lutte, il la connait bien, mais rien ne l’a préparé à la suite.

Malgré tout, malgré la lutte, l’actionnaire indien a décidé de fermer une partie de l’usine où il travaille. Elle perd de l’argent depuis des années et depuis des années, Martin sent venir ce jour ; depuis le rachat, il sait, il sent même que l’actionnaire étranger a déjà fait ses comptes et n’a rien à faire de l’emploi sur place. Salaud d’actionnaire qui cherche la rentabilité au lieu de faire du social ! La fermeture, il n’y a jamais cru… Jusqu’à ce que cela arrive.

Et lorsqu’il apprend cette fermeture, officiellement, il est, bien sûr, désemparé. La lutte serait-elle finale ? Le sentiment perdurera jusqu’à l’appel de son chef de section local.

Tu vas voir, c’est très simple : on va préparer un plan pour le maintien de l’entreprise en activité. Une fois que les médias parleront du plan, tout le monde croira que le site est viable. Et là, c’est magique : soit l’État nous soutiend, soit on continue la lutte, le site fait faillite et on monte une SCOP. Facile, non ? T’inquiète pas Martin, on est avec toi !

Et effectivement, tout le syndicat est avec lui. Et ça tombe bien, parce que pour les démonstrations de force, et surtout son utilisation, le syndicat s’y connait : grève, protestations médiatiques bruyantes, séquestrations de cadres, interdictions d’accès à l’usine, tout y passe. Et pendant qu’une petite partie des salariés est joyeusement mobilisée, l’autre est violemment immobilisée avec le renfort de nombreux camarades.

Comme prévu, les médias s’emparent du sujet, écrivent de courts articles décidés sur le rôle stratégique de l’acier dans une économie, de longs articles larmoyants sur une région déjà dévastée, de moyens articles philosophiques sur une lutte syndicale forcément d’envergure. Rapidement, tous les projecteurs se braquent sur l’usine, ou, plus précisément, sur Martin, qui devient la figure de proue facile à identifier de ce combat des petits contre les grands, des gentils contre les méchants, des ouvriers contre les actionnaires, des Français contre les Indiens. Et mieux encore, Martin parle aux hommes politiques, il s’entretient avec les ministres, bref, il tutoie le pouvoir.

Les élus qui visitent promettent bien sûr leur soutien, annonçant sans risque que des mesures concrètes seront prises, bientôt, après les élections, à la rentrée au plus tard, et des lois seront adoptées. Publiquement, c’est no pasaran et plus jamais ça, mon brave Martin ! En privé, ils lui proposent même de « porter son combat plus haut, là où on a besoin de gens comme lui », c’est-à-dire jusqu’aux racines du mal : l’Europe. Seule condition : Martin ne doit pas en parler avant le bon moment, ce petit point délicat dans le temps où on va le propulser tête de liste aux élections européennes, par exemple.

Martin hésite. Il ne sait pas s’il doit accepter. Certes, il pourra porter plus haut les couleurs et la voix du syndicat, étendre la lutte et montrer la puissance de son discours et de ses engagements aussi haut que possible. Mais cela revient aussi à soutenir des politiciens dont il ne sait pas s’il peut leur faire confiance. Un vrai dilemme que ce choix entre la lutte locale ou le destin national, que dis-je, européen !

Et le destin, chafouin, semble avoir déjà choisi.

Ce jeudi, Martin a été appelé par la chef du Cabinet du Ministre de l’Industrie Solidaire et de la Production Citoyenne. Elle a insisté pour que Martin se rende à une soirée où seront présents de nombreux responsables politiques locaux. Martin ne s’est pas fait prier : il veut pouvoir leur parler, il a besoin de se sentir rassuré par leur soutien.

La soirée lui fera découvrir une autre façon de faire de la politique.

receptions ambassadeurAu Conseil Général, dans une salle de réception, Martin tombe sur de vieux messieurs aux ventres dodus et gonflés par des années de banquets, qui discutent calmement en présence de jolies jeunes filles, apparemment stagiaires en communication et relations publiques. Elles boivent du bon champagne, abondamment servi à un buffet des plus raffinés, et discutent parfois entre elles, parfois avec certains hommes politiques dont elles sont souvent proches. Martin ne peut s’empêcher de remarquer la similitude de cette réception avec celles auxquelles il a participé dans un des châteaux du syndicat.

Évidemment, de flûtes en flûtes, la tête légèrement étourdie autant par le bon vin que les charmes nombreux des demoiselles, le sujet de l’usine de Martin, où il a passé l’après-midi à répondre à des interviews pour la presse avec un casque un peu usé qu’on lui a prêté pour l’occasion, a été très peu abordé au cours de la soirée. C’est ballot, mais il faut le comprendre : le sujet est aride, la victoire incertaine, ça passionne difficilement les jeunes filles. Et Martin comprend qu’il doit plutôt tenter de s’habituer à sa nouvelle vie de prochain élu, d’autant qu’à l’évocation de ses chances réelles de devenir un député européen, l’une des stagiaires semble très intéressée (au point qu’elle lui glisse à l’oreille, entre deux petits canapés au saumon, qu’ils peuvent passer la fin de la soirée ensemble).

Martin accepte. La journée a été harassante, avec toutes ces questions, et le lourd casque de chantier. La lutte est fatigante et après tout, un guerrier a droit à son repos. Les vapeurs éthyliques (et un soupçon d’excitation ?) l’empêcheront de noter que le taxi qui l’attend, à la sortie du conseil général au milieu de voitures officielles avec chauffeur, ne se dirige ni chez lui, ni chez elle, mais dans l’un des rares hôtels haut-de-gamme de la ville. Hôtel dans lequel la stagiaire a ses habitudes puisqu’elle en a déjà la clé. Et pour la facture, pas d’inquiétude : le taxi et l’hôtel sont payés d’avance, « pour que tu t’habitues à ton nouveau statut », lui a glissé un conseiller général à la poignée de main à la fois molle et moite.

prostitutionLe lendemain matin, émergeant avec difficulté d’une soirée et d’une nuit fort peu réparatrice, Martin apprend la nouvelle sur les gros titres des journaux régionaux et nationaux déposés devant sa porte de chambre : les hommes politiques ont retourné leur veste. L’actionnaire va fermer une partie de l’usine contre une promesse d’investissements dans la région dont le premier ministre est originaire.

L’appel à la chef de Cabinet confirmera qu’il est maintenant dans une autre cour : désormais, il faut accepter certaines concessions, et faire marche arrière semble délicat (on s’habitue vite aux avantages acquis, foi de syndicaliste !). La pensée, fugace, des barbecues au pneu dans la cour de l’usine, lui traverse l’esprit, et celle de l’espoir qu’il a suscité chez ses camarades de combat. Mais bon, c’est décidé : il doit aller vers de plus hautes responsabilités. Fini les bricolages locaux !

Déjà, dans sa tête, de belles affiches de campagne colorées remplacent les tracts en noir et blanc.

Cette histoire vous rappelle des cas que vous avez connus ? Vous lui trouvez une résonance particulière dans votre vie ? N’hésitez pas à en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Source : http://h16free.com/2014/03/07/29597-made-in-france-e6-syndicat-ou-liste-le-dilemme-du-syndicaliste


Quand nos ministres font des démonstrations magistrales de nullité

jeudi 6 mars 2014 à 09:00

Un remaniement ministériel se profilerait de plus en plus, qui élaguerait probablement l’important buisson de maroquins en éliminant la plupart des ministricules sans intérêt du gouvernement. Si cela est nécessaire tant les temps sont durs, on ne peut décidément pas retirer à Hollande et Ayrault une certaine cohérence lorsqu’ils composèrent l’actuel aréopage devant l’uniformité quasi-parfaite de la nullité des ministres en place…

Oh, certes, les précédents gouvernements, à commencer bien sûr par ceux pondus sous la présidence Sarkozy, étaient aussi régulièrement remplis d’une belle brochette d’incompétents et de maroufles, ce qui permet d’affirmer que la tendance générale à la médiocrité des politiciens au pouvoir est conservée. Mais ça n’empêche pas de constater que l’actuelle ribambelle de ministres marque un point haut dans le n’importe quoi chimiquement pur.

Et la raison est simple : la gauche n’avait pas eu l’occasion d’exercer vraiment le pouvoir au niveau national depuis plusieurs années, et le renouvellement naturel de nos « élites » amène certains à prendre une retraite amplement nécessaire (ils ont fait assez de dégâts comme ça), pendant que des petits nouveaux, armés de leur fougue, leur faucille et leur marteau, montent à l’assaut du réel dans des élans souvent confus. Et lorsqu’arrivés au pouvoir, ils doivent s’exprimer et laisser libre cours à leurs talents, cela donne de grands moments de consternation.

parcours institutionnel Duflot Jan 2014On se souvient, bien sûr, d’une Duflot qui, entre deux bafouillages, s’improvisait radio-physicienne de combat et rassurait les populations française contre tout risque de radiation de Fukushima tout en plaçant hardiment le Japon dans l’hémisphère sud, histoire de faire mousser son DEA de géographie. Depuis, la pauvrette se sera surtout illustrée dans son incroyable capacité à fusiller l’immobilier en France par le truchement de lois mal torchées dont l’écriture, sans doute confiée à un quarteron d’écolos bourrés, aura permis une solide crise de fous rires dans les couloirs de l’Assemblée avant de déclencher quelques suicides chez les propriétaires français les plus fragiles.

petit suisse montebourgParallèlement, difficile d’ignorer les froufroutantes âneries débitées par Arnaud Montebourg, véritable lapin Duracell de la connerie politique, et qui démontre à lui tout seul qu’il n’y a pas de limite infranchissable à la cuistrerie. On ne s’émeut maintenant même plus lorsqu’il déclare que, selon lui, la France serait la Californie de l’innovation, alors même que chaque jour qui passe voit de nouveaux Français s’installer dans la Silicon Valley (ce qui ferait de la Californie la France du pinard, je suppose).

Mais comme je le disais, le mal n’est pas circonscrit à quelques individus : ce qui est vrai d’un ministre bouillant comme Montebourg ou brouillon comme Duflot l’est aussi des autres ministres, aussi minuscules soient-ils.

Et cette semaine, ce sont Raymond Canfin et Benoît Hamon qui illustrent à merveille mon propos.

hamon droite allemandeBenoit Hamon, vous le connaissez peut-être si vous lisez régulièrement ces colonnes. Il s’agit du prétexte politique qu’on a placé en charge du ministère de l’économie sociale (ou socialiste, plutôt), et qui avait déjà largement consterné les quelques attentifs à ses gesticulations avec ses remarques débiles sur les cessions d’entreprises ou la responsabilité de la droite (allemande) dans les déboires de la France. Manifestement content de ses précédentes saillies, le bougre, émergeant d’une petite sieste de quelques mois, a donc décidé d’émettre quelques sons désordonnés sur le pacte de responsabilité, bricolage juridico-économique que toute l’équipe de Hollande feint de croire mettre en place. C’est ainsi que, dans une tornade de termes bien trop complexes pour le militant socialiste égaré dans les tuyauteries ministérielles, on apprend que les marges des entreprises françaises seraient trop faibles à cause de distribution de dividendes trop larges, et que pour restaurer la rentabilité et la compétitivité des entreprises françaises, il faudrait que les entrepreneurs diminuent les dividendes versés aux actionnaires. Ben voilà : savoir mal assimilé, raisonnement faux, conclusions débiles, Hamon réussit ici un parcours parfait du mammifère ministériel échoué sur les bancs de sable de l’incohérence, bramant autour de lui à qui voudra bien le désensabler…

Comme je le disais, le pauvre animal n’est pas seul à terminer le ventre en l’air, à remuer des petits membres bien trop courts pour l’aider à gigoter efficacement ailleurs que du buffet à la voiture avec chauffeur et inversement. Pour accompagner Hamon dans son naufrage, il y a aussi Maurice Canfin.

Vous ne pouvez pas décemment savoir qui c’est, puisqu’il s’agit, toute proportion gardée, d’un parfait inconnu qui a hérité (probablement sur un malentendu) d’une vague délégation à un vague maroquin vaguement ministériel pour le développement vague. J’avais évoqué le petit phlegmon ministériel à l’occasion de la crise chypriote où le jeune quadra déclarait — avec l’emphase indispensable à cacher son incompétence — qu’il était plongé dans le nécessaire travail de « démondialisation des comptes en banque », pendant que d’autres relancent de l’économie en ouvrant les sprinklers à pognon ou destructurent de l’intemporel à grands coups de pinceaux.

Il y a quelques jours, sans doute pour se reposer de toute cette démondialisation harassante de comptes en banque, Alphonse Canfin a décidé d’intervenir sur RTL dans un court débat avec François Gervais, physicien, dont l’objet était de savoir si l’on observait plus de tempêtes à cause du refroid-oups non je veux dire réchauff-oh là non disons dérèglement climatique.

En quelques minutes profondes comme un édito de Christophe Barbier, Gontran Canfin nous apprend que la planète est toute déréglée, que les phénomènes graves se multiplient et empirent, et (bien sûr), qu’il est « urgent, urgent d’agir », ouhlala c’est urgent. Le journaliste, aimable, tente une remise en question purement rhétorique mais Honorin Canfin est catégorique, et ouvre violemment le robinet à facepalms :

« Il y a toujours des scientifiques qui considèrent que la Terre est plate, mais la réalité c’est que le GIEC c’est plus de 1000 scientifiques, qui arrivent à un consensus. Et quand vous avez 1000 scientifiques qui disent qu’il est extrêmement probable que ça se dégrade plus à l’avenir, il vaut mieux les écouter et agir maintenant. »

Le sort s’acharne sur la France. Pendant que la côte bretonne subit les tempêtes cycloniques, la région parisienne subit les tempêtes si clowniques de Casimir Canfin qu’on en perd son français : apparemment, le brave ministricule aurait rencontré des scientifiques qui prétendraient encore que la Terre est plate (des noms, vite !), que le GIEC serait composé de 1000 scientifiques (foutaises !), que la science, ce serait une affaire de consensus (ben oui, la physique et les maths, c’est démocratique, c’est bien connu – on vote pour Pi, on vote pour G, on est détendu de la variable, quoi), qu’il est extrêmement probable que ça se dégrade (ou le contraire) et qu’il faut agir (parce que bon). Et si, pour Victor Canfin, il faut agir au plus vite, c’est parce que la mer avance et (pire que tout) la côte recule, en même temps.

Bear Facepalm

Comme on le voit, le politicien écologiste qui démondialise du compte en banque comme d’autres désanussent du chaton a bien compris qu’il faut faire des trucs, n’importe lesquels de préférence, mais vite.

De l’autre côté, un scientifique, François Gervais, physicien de l’Université de Tours, rappelle gentiment au bouffon en plateau que tout ceci est bel et bien bon, mais ces phénomènes climatiques sont relativement imprévisibles et que les températures n’ont pas augmenté depuis 17 ans, ce que le GIEC confirme d’ailleurs.

Le pauvre Séraphin Canfin, gêné, bredouille quelques arguments vasouillards sur le mode « Mais ceux qui disent le contraire sont les plus nombreux », s’accrochant à son consensus scientifique comme le naufragé à son morceau d’épave, consensus d’autant plus fumeux que Gervais expliquera dans l’entretien la curieuse élimination de plus d’un millier d’articles scientifiques n’allant pas dans le sens du GIEC… En somme, après le tri sélectif cher aux Verts, Edgar Canfin nous propose le consensus sélectif.

Cependant, l’affaire prend un tour comique lorsque le pauvret évoque les tempêtes aux Philippines et se demande, pas suffisamment in petto, si elles ont toujours fait 10.000 morts, sans remarquer dans la foulée que la population de ce pays a très nettement augmenté ces 100 dernières années (on y meurt donc mécaniquement plus de tempêtes), et que la pauvreté y est aussi bien plus grande que sur les côtes anglaises qui, aussi balayées par de violents cyclones, n’ont pas compté le même nombre de victimes, loin s’en faut…

Le pompon est atteint lorsque le pauvre Ernest Canfin, englué dans son argumentaire vaseux, compare ensuite le coût de la non-action (10 milliards d’euros de perdu au Royaume-Uni en trois semaines, soit 21 jours) contre … un milliard d’euros de coût par jour seulement si on se mettait en tête de respecter les engagements délirants de Kyoto (soit, 21 milliards en trois semaines).

Autrement dit, pour Donald Canfin, ne rien faire coûte 10 milliards, ce qui est beaucoup plus cher (sapredieu !) que de s’agiter pour respecter le protocole de Kyoto qui ne coûte que 21 milliards.

canfin le shadok

Canfin rejoint ici la longue liste de pignoufs à roulette qui nous gouvernent avec l’aplomb que seuls les cuistres peuvent déployer lorsqu’ils vont se prendre une bonne tarte de la réalité, jamais tendre avec les imbéciles. Il rejoint donc vaillamment Hamon, Montebourg et Duflot au panthéon des coûteux bouffons que vos impôts servent à payer.

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Source : http://h16free.com/2014/03/06/29571-quand-nos-ministres-font-des-demonstrations-magistrales-de-nullite