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En attendant le choc de simplification…

jeudi 7 août 2014 à 15:31

Le choc de simplification est en discussion à l’Assemblée Nationale et dans ses coursives feutrées pour encore quelques semaines, mais une chose est d’ores et déjà certaine : l’année 2014 n’est pas finie qu’on sait déjà qu’elle aura été très productive en terme de lois. Une petite requête dans Google sur le site Legifrance permet ainsi de dresser un petit état des lieux de la frénésie législative coutumière en France.

simplifications de 2014

Ceci, bien sûr, n’est qu’un petit aperçu. A priori, les Français peuvent s’enorgueillir d’au moins 700 nouvelles lois et modifications dans les codes pour les huit premiers mois de l’année. Jolie performance. Nul ne sait ce que donnera le choc de simplification, mais pour le moment, la production de lois tous azimuts est autant en roue libre que d’habitude.

Et on ne m’ôtera pas de l’idée qu’une bonne partie du « problème français » se situe là.

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Source : http://h16free.com/2014/08/07/32596-en-attendant-le-choc-de-simplification


Ce que nous enseigne SpaceX

jeudi 7 août 2014 à 09:00

Même si ce mois d’août n’est pas franchement plus calme politiquement ou économiquement parlant, je vous propose néanmoins de regarder aujourd’hui vers le ciel, et même, un peu plus haut, l’espace, pour y découvrir l’aventure fort intéressante d’une société privée, SpaceX.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, SpaceX est la société fondée par Elon Musk, l’entrepreneur qui aura assuré, notamment, le succès de Paypal et qui est aussi l’actuel patron de Tesla Motors. SpaceX est une société privée de taille moyenne (2000 personnes environ) fondée en 2002 spécialisée dans le vol spatial. À ce titre, elle est en concurrence avec les grands noms de l’astronautique comme Boeing ou Arianespace, ce qui rend l’existence de cette société d’autant plus impressionnante, compte-tenu de la taille des autres acteurs, des montants en jeux et des retombées (médiatiques ou financières), entraînant une rude compétition.

En effet, non contente d’exister, la société commence à proposer la mise en orbite de satellites pour des prix venant directement défier cette redoutable concurrence, à commencer par l’européenne qui s’inquiète de cette arrivée soudaine d’un petit nouveau dans le pré très fermé des lanceurs spatiaux. De façon intéressante, cette concurrence se rassure en notant lourdement que la société d’Elon Musk est probablement bon marché, mais est aussi très subventionnée par les États-Unis (via la NASA et le Department Of Defense) qui trouvent là une méthode efficace pour inciter les acteurs installés à revoir leurs grilles tarifaires.

spaceX -NASA Alan Ault - public domain

Cependant, s’il semble clair que SpaceX bénéficie des largesses du contribuable américain (et, disons pour être juste, dans un ratio peut-être aussi important qu’Arianespace avec le contribuable européen), cela n’empêche pas que l’arrivée de la société entraîne quelques remises en questions. Comme le souligne le patron de SES, un des récents clients de SpaceX, le petit nouveau peut aussi afficher des tarifs plus bas par l’introduction de processus industriels simplifiés, avec une automatisation poussée de la fabrication des lanceurs par l’utilisation de robots qui apportent des gains notables de compétitivité. En outre, la taille de la société et sa culture d’entreprise, indéniablement plus « start-up » que les grands noms actuels de l’astronautique, assure une bien meilleure écoute du client, avec un trajet plus court de l’information entre le producteur et le consommateur, qui incite à mieux tenir compte des contraintes du premier et des besoins du dernier.

En outre, la façon de concevoir l’utilisation de ses lanceurs donne à SpaceX quelques intéressantes pistes d’économies qui n’ont pas été, pour le moment, envisagées par ses concurrents. Le fait, par exemple, de ne pas considérer le lanceur comme « perdu » une fois tiré, et de tout faire pour qu’il revienne sans dégâts à la terre ferme est, outre un pari technologique ambitieux, une réelle source de réduction des coûts de mise en orbite. On se souvient des essais, il y a un an, du propulseur « Grasshopper » qui a permis de démontrer la viabilité du concept (la vidéo, dans laquelle on voit la fusée prendre son ascension pour ensuite redescendre et se poser sur son pas de tir, est ici). Depuis, SpaceX a prouvé qu’en vraie grandeur (et avec une charge commerciale à bord), l’idée générale consistant à ralentir autant que possible le lanceur pour pouvoir le réutiliser ensuite est viable et permet d’envisager de très sérieuses baisses dans les coûts de lancement.

On pourrait croire cette histoire de ré-utilisabilité triviale en terme d’économies, mais il n’en est rien. Un lanceur traditionnel coûte bien au-delà de 100 millions de dollars, alors que son fuel ne représente qu’un demi-million de dollars. S’assurer qu’un lanceur pourra être réutilisé un nombre important de fois revient à ne faire payer au client que la partie qu’il utilise vraiment, tout comme dans un avion ou une voiture, qu’on ne jette pas après usage. Comme on le voit, cette innovation n’est pas seulement intéressante : elle est capitale pour le futur de SpaceX, des technologies spatiales, et l’abaissement drastique du coût d’exploitation de l’espace en général. Or, même si SpaceX est pour le moment subventionnée, le but à terme pour Musk et ses actionnaires est évidemment d’obtenir la rentabilité de leur société.

space x - falcon 9 CRS-2 - NASA Tony Gray and Robert Murray - public domain

L’expérience SpaceX montre que les méthodes du privé, et notamment des entreprises de taille réduite, permettent de s’affranchir dans une bonne partie des frictions bureaucratiques. Il montre que la pensée hors des chemins battus permet d’explorer d’autres pistes, et que cette exploration n’est vraiment envisageable qu’au sein d’équipes réduites dans lesquelles le processus décisionnel est court et apte à changer rapidement pour s’adapter à des modifications de paramètres. Bien sûr, cette pensée « agile » dans des petites structures n’est pas une nouveauté en soi, puisqu’on l’observe depuis des décennies dans le domaine de l’informatique notamment. Mais c’est un réel renouveau que l’application de ces méthodes dans le monde spatial où, traditionnellement, on parle plutôt de grandes entreprises, de gros contrats et de développements répartis sur de multiples années voire des décennies, qui imposent par leur nature des décisions très mûrement réfléchies au sein d’équipes pléthoriques.

En outre, cette expérience apporte ici la preuve éclatante que même lorsque les entreprises sont subventionnées (de façon directe ou indirecte comme c’est le cas pour SpaceX), l’introduction de la concurrence entre sociétés permet d’obtenir des résultats innovants, plus rapidement et moins cher que dans le vase clos d’un service public payé par les impôts.

Ainsi, tout en notant qu’une partie du financement vient du contribuable, on ne peut s’empêcher de constater qu’il en a pour son argent compte tenu des résultats engrangées et les avancées significatives obtenues. A contrario, le gouffre financier représenté par la NASA seule sur les 30 dernières années laisse songeur quant au rapport coût/bénéfice de cette administration. À ce titre, si Arianespace s’en sort mieux, du fait de ses nombreux lancements commerciaux réussis, force est de constater que l’innovation en matière spatiale semble avoir pris l’omnibus ; il paraît loin le temps où, en moins de dix ans, l’Amérique passa du stade où elle n’avait pour ainsi dire pas de programme spatial au point où leurs astronautes marchèrent sur la Lune.

Cette démonstration que la concurrence apporte, intrinsèquement, de multiples bienfaits dont les retombées sont directement palpables par celui qui les finance (le contribuable, ici), et le fait même que la taille ne fait pas tout, même dans un domaine comme le spatial, devrait inciter chacun à réfléchir lorsqu’il s’agit de sauvegarder les grosses entreprises à tout prix, et les politiciens en particulier à prendre des pincettes avec l’idée même qu’on doive absolument mobiliser l’argent des autres pour sauver de gros monopoles publics (et même, parfois, des grands acteurs privés).

L’aventure SpaceX, en ce qu’elle comporte à l’évidence une illustration d’une bonne louche de capitalisme de connivence, n’est certes pas la démonstration des bienfaits de la libéralisation du domaine spatial. Mais elle permet tout de même d’apporter de solides arguments en faveur de la concurrence et de l’esprit d’entreprise.

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Source : http://h16free.com/2014/08/07/31068-spacex


Et bientôt, le code de la randonnée ?

mercredi 6 août 2014 à 09:00

La période estivale est, traditionnellement, le moment où les gens en profitent pour faire du tourisme ou (pour les moins mous d’entre eux) pratiquer les activités, notamment sportives, qui leurs sont chères. C’est le cas de la randonnée, cette activité pédestre et généralement bucolique que l’humanité pratique, finalement, depuis la nuit des temps et qui permet à la fois de poser le pied là où la main de l’homme n’a que rarement traîné et de dépenser quelques calories autrement que sur une serviette de plage ou à rester connement debout devant un guichet d’administration.

Et si j’introduis ici l’administration de façon presque incongrue dans ces histoires de randonnée, c’est parce que Raymond, un aimable lecteur que je remercie au passage, m’a transmis un édifiant historique de la randonnée en France qui mérite amplement qu’on s’intéresse, le temps d’un billet, aux interactions consternantes entre cette activité pédestre et l’État français. Parce que, voyez-vous, si, pour le profane, la randonnée consiste essentiellement à marcher du point A au point B, en suivant un itinéraire balisé, en prenant l’occasionnelle petite photographie qui justifie le déplacement, pour la Puissance Publique, cette simple description ne pourrait pas être plus grossière et caricaturale ; pour l’État, la rando, c’est du sérieux calibré, normé, millimétré et diplômé. Ça ne s’improvise pas, ça ne se fait pas sur un coin de table, surtout pas aussi simplement que dans un groupe d’amis et sans prévenir. Rappelez-vous : il faut faire attention à l’environnement, notamment parce qu’il peut vous attaquer de toutes parts.

C’est pourquoi le Ministère des Sports a édicté quelques textes roboratifs écartant toute improvisation, amateurisme et vide juridique dramatiques qui risqueraient, s’ils étaient laissés ainsi à la seule charge des individus responsables, d’aboutir à des situations de non-droit, de prises de risques insensées, d’accidents tragiques, d’environnement saccagé et de chatons torturés. Moyennant plus d’une centaine de pages, on va bien baliser la randonnée sur le plan légal avant qu’elle ne le soit effectivement sur le terrain. Non mais. Une brochure de 150 pages environ est donc distribuée par le ministère à la Fédération des associations de randonneurs (la FFRP), créée au début des années cinquante, et qui s’est occupée de couvrir le pays d’un réseau de chemins balisés, les GR (Grande Randonnée) et les GRP (Grande Randonnée de Pays).

À cette époque, tout est simple pour cette fédération : les GR sont créés (le GR20, en Corse ; le GR10 pour la traversée des Pyrénées ; le GR5, celle des Alpes) et, rapidement, les adhérents affluent. À mesure qu’elle grossit, la subvention du ministère augmente elle aussi. Et avec elle, ce besoin si particulier de bureaucratie, de formalisme et de normes dont la France est si friande. En effet, ces jolis chemins de randonnée, il faut les créer, les entretenir, et les baliser (avec un GPS lorsqu’il apparaît, progrès aidant).

Pour cet entretien, des brigades de randonneurs spécialisés (les baliseurs) seront chargés de la tâche, ayant bien évidemment reçu l’accréditation ainsi que les papiers officiels leur permettant d’officier sans éveiller la méfiance des forces de l’ordre locales. Ce serait dommage de déclencher leur courroux.

méchantes fleurs

Et bien sûr, il faut enregistrer tout ça auprès des pouvoirs publics (dans les PDIPR, Plans Départementaux des Itinéraires de Randonnée), toujours pour éviter que des hordes de barbares les envahissent, mélangent les balises et sacrifient des chatons au dieu capitalisme au détour d’un GR touristique et sur un point de vue imprenable (toutes choses inévitables si l’État ne fourre pas son nez dans ces histoires). Moyennant quelques centaines d’ échanges de courriers entre les intéressés (fédérations locales et les préfectures) et la signature de quelques rigolotes conventions indispensables pour bien sécuriser tout ça, le chemin est officiellement validé et reçoit l’onction républicaine indispensable pour éviter les catastrophes.

Ensuite, vous pouvez partir à l’aventure. Mais bon, c’est à vos risques et périls. C’est pourquoi il est plus que recommandé que les animateurs qui vous feront marcher sur ces chemins soient dûment déclarés. Marcher est une activité délicate, qui ne s’improvise pas. Heureusement, grâce à la présence d’adultes responsables et correctement formés, les marcheurs-amateurs (tous de grands enfants un peu benêts) peuvent habilement se départir de leur cerveau. De toute façon, quoi qu’il arrive, ce sera de la responsabilité de ces adultes là, qui ont eu une formation, donc des stages, donc des diplômes, et même des stages pour la formation des formateurs, et qui garantissent que tout se passera bien. Aucun chaton ne sera plus jamais sacrifié pour s’assurer que la randonnée se passera bien, parce qu’on a des gens formés et que d’abondants textes légaux encadrent ces dangereuses pratiques. Ouf.

Non, décidément, la randonnée, ça ne s’improvise pas, c’est du sérieux.

C’est du sérieux, mais est-ce bien ce que cela prétend être, à savoir, un sport ? C’est absolument indispensable de savoir, comprenez-vous, parce que les services de l’État n’aiment pas le flou. Certes, on peut toujours argumenter que faire un pèlerinage à Compostelle (1500 kilomètres en 50 jours), c’est une performance sportive, mais voilà : il en faut plus pour que la pratique soit reconnue comme un sport. Pour les autorités tatillonnes, qui dit sport dit compétition et c’est tout. Moyennant quoi, les joueurs de pétanque sont des sportifs, et les randonneurs, non. Heureusement, l’introduction récente d’un « rando challenge »©®™ permet d’introduire un vrai esprit de compétition chez les gens qui marchent du point A au point B en prenant des photos sur les endroits les plus pittoresques. À l’évidence, ça manquait. On regrette au passage la timidité des organisateurs qui, s’ils avaient ajouté en milieu de parcours un combat dans la boue ou la confiture, n’auraient pas eu de souci pour se faire qualifier de sport.

Et comme c’est un sport, fini de tergiverser et de ne pas imposer le certificat médical ! Bien sûr, si l’argument « le passage chez le docteur permet de déceler les problèmes de santé, voyons, c’est de la prévention, c’est pour votre bien » marche finalement de façon fort médiocre auprès du randonneur moyen, retraité et habitué du passage chez le médecin, celui qui dit « Après tout, les boulistes et autres pétanqueurs le font » finit par remporter l’adhésion. Et puis, ça calmera le lobby médical et celui des assurances, trop heureux d’emboîter le pas des excités du pistage étatique et des fiévreux du formulaire. Quant à la Sécu, après tout, elle paiera. C’est son rôle, non ?

La situation est à présent plus claire : la randonnée est donc un sport, avec des normes, des formations, des diplômes, et des chatons même pas bousculés. Ouf.

randonneurs et chatons

Dès lors, tous les avantages d’être ainsi rentré, progressivement, dans le giron de l’État apparaissent enfin : puisque c’est une activité reconnue et balisée, pas question pour toute une myriade d’acteurs périphériques de laisser passer l’occasion d’y mettre leur grain de sel. Par exemple, les offices de tourisme, et leurs affidés, les voyagistes, voudraient bien interdire aux randonneurs le droit d’organiser des voyages de groupe. Après tout, c’est une sale concurrence, ça. Cela doit pouvoir se réguler un bon coup, non ?

De fil en aiguille, de nouvelles dispositions légales font leur apparition, permettant enfin de régler finement les interactions entre les randonneurs et les assurances, les randonneurs et les chasseurs, les randonneurs et le code de la route, les randonneurs — ces sbires des chaussures confortables et de la liberté débridée, donc du libéralisme le plus néo voire ultra — et l’État. Bref : mille et une occasions de produire des textes, encore des textes, toujours des textes. Miam. Et si vous sentez se pointer un « Code de la randonnée », en version Dalloz, c’est normal. Tout est sous contrôle, le législateur veille.

Respirez un bon coup : vos balades en forêt, en montagne ou sur la côte seront bientôt totalement normées !

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Source : http://h16free.com/2014/08/06/32478-et-bientot-le-code-de-la-randonnee


Une rentrée (trop) chargée

mardi 5 août 2014 à 09:00

Le gouvernement est donc officiellement en vacances (notez le pluriel, la vacance de ce dernier ayant été confirmée officieusement depuis plusieurs mois). Avec un peu de chance, cela devrait signifier que le peuple français sera, pendant les deux prochaines semaines, épargné des saillies navrantes de l’un ou l’autre de ses membres. Et ce repos (tout relatif) est bien nécessaire tant ce qui l’attend à la rentrée promet d’être embarrassant.

C’est tellement vrai que, pour une fois, l’exécutif semble avoir compris qu’un peu de communication préparatoire était nécessaire. Les jours qui ont précédé leur désertion en vacances, Valls, le petit premier ministre, a donc été mandaté pour expliquer aux Français que les prochaines semaines allaient être un peu piquantes. Apparemment, les voyants économiques ne clignotent pas tous, ou alors pas dans le vert, les courbes ne s’inversent pas des masses ou pas dans le bon sens, et la conjoncture ne veut décidément pas se plier aux prédictions un tantinet trop optimistes du Chef de l’État.

Les dangers sont multiples.

grimace hollande gaucheSelon Valls, la déflation, l’horrible déflation, l’insupportable déflation méchante, guette et serait prête à bondir sur le peuple français qui, benêt et mal informé, offrirait niaisement son tendre flanc dodu à ses crocs acérés. Tout le monde sait pourtant que des prix qui baissent, c’est insupportable. Et tout le monde sait aussi que pour combattre le symptôme « déflation », il faut simplement créer de l’inflation. La source du problème (à savoir, de mauvaises allocations de capitaux, un manque de confiance et un besoin d’apurement des bulles) est ici sans importance puisqu’avec une bonne bordée de textes législatifs, pour – par exemple – imposer aux prix des planchers et des plafonds, des contraintes idoines aux possédants et en faveurs des classes laborieuses, tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Mais bon.

En attendant, il va falloir faire avec, et mieux vaut prévenir le petit peuple qu’un grain pourrait s’approcher début septembre. Et si nos ministres se doutent qu’un grain approche, ce n’est pas par hasard puisqu’en réalité, ils ont tout fait pour y contribuer.

Par exemple, la transition énergétique, dont le texte a été adopté à la fin du mois de juillet, aura inévitablement un impact sur les coûts de l’énergie, dont l’augmentation sera sensible dans les prochains mois, alors même que la facture va, indépendamment de ce texte, déjà s’alourdir. Était-il vraiment utile, pour Ségolène du Poitou, d’ajouter la misère à la peine ?

grimace hollande droiteDe la même façon, le logement montre des signes plus qu’inquiétants de faiblesse anémique. Entre le moral des chefs d’entreprise du secteur et la baisse maintenant palpable des transactions ainsi que de la demande, les effets de la méforme économique française se font sentir sur l’immobilier, à laquelle s’ajoute la panique et la consternation de tous les acteurs du marché devant la loi ALUR qui n’en finit pas de faire des dégâts. Là encore, les lubies écologistes ont eu cette présence d’esprit d’accroître la viscosité d’un marché immobilier dans des proportions rarement atteintes, alors qu’il était déjà notoirement en surchauffe et que seul un assouplissement des règles en vigueur aurait pu lui éviter la catastrophe dont on voit mal, maintenant, comment elle pourra être évitée dans les prochains mois.

Et les problèmes ne s’arrêteront pas là : la rentrée, comme son nom l’indique, n’est pas seulement un événement gouvernemental dans lequel les uns et les autres décident de revenir papoter de leurs dossiers à la même table au lieu de le faire par téléphone, les doigts de pieds dans le sable. C’est aussi ce moment privilégié où des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents retrouvent (ou découvrent) les bancs d’école, avec cette année encore le psychodrame incontournable des horaires et rythmes scolaires. Les communes qui n’étaient pas encore passées à la nouvelle organisation devront se frotter aux joyeusetés consécutives, et on peut parier que les associations de parents d’élèves, peut-être même soutenues par celle d’enseignants, se feront entendre au moindre couac. Encore une fois, on peut se demander si la révision de ces rythmes était absolument indispensable alors que le pays aspire, très certainement, à concentrer ses énergies sur des réformes autrement plus importantes. Le gouvernement a semé, il récolte et à mon avis, il va déguster.

rentrée délicate pour valls

Et tant qu’à faire, rien ne serait parfait si on n’ajoutait pas, en plus, les mouvements de protestations de certaines professions qui ne manqueront pas d’égayer les premières semaines de septembre. En effet, comme je l’expliquais dans un précédent billet, les ministres du gouvernement (en tête desquels frétille évidemment Arnaud Montebourg) ont décidé de ne surtout pas s’attaquer aux gros morceaux coûteux que l’État entretient à grand frais (des hauts fonctionnaires en passant par les dockers sans oublier les cheminots et autres professions particulièrement avantagées), pour concentrer le peu de courage qu’ils ont réussi à rassembler, juste avant de fuir en vacances, sur ces autres professions qui ont le mauvais goût de ne pas voter pour la majorité actuelle. Bien sûr, ces mouvements, en préparation, n’auront rien de comparable à ceux de syndicalistes débridés ou d’une certaine catégorie de fonctionnaires, mais gageons qu’ils ajouteront à la tension déjà palpable de la rentrée.

Pour le reste, on en est réduit à quelques questions de pure forme.

Qu’adviendra-t-il réellement du pacte de responsabilité, toujours pas à l’ordre du jour et dont l’avatar précédent, le pacte de compétitivité, a fait pschiiit avec un talent certain ? Trouvera-t-on finalement les 200.000 emplois prévus (voire promis) si ce pacte est voté ou n’en créera-t-on, dans le meilleur des cas et comme le calcule l’IFRAP, qu’à peine 80.000 (et encore, à l’horizon 2017) ? Palpitance et fourchette en plastique, on frémit à l’idée que ce pacte puisse se terminer en foire d’empoigne entre les entreprises et l’État, et que cela ne se traduise encore une fois que par un alourdissement incompréhensible de la paperasserie pour les créateurs d’emplois…

Qu’en est-il du choc de simplification, tant attendu par les Français qui croulent sous les normes, les lois et les contraintes administratives de plus en plus ubuesques ? Annoncé en fanfare en mars 2013, il a déboulé dans la vie des administrés à une vitesse folle puisqu’il n’a fallu que 15 mois (eh oui, seulement !) pour qu’apparaissent enfin quelques micro-ajustements sur les feuilles de paie. Le bouleversement, c’est maintenant ; simplement, c’est à l’échelle du millimètre.

Et surtout, que va-t-il se passer pour les retraites complémentaires dont tout indique qu’elles sont en train de manquer de fonds ? Comment trouver, en plus des douzaines de milliards que doivent déjà gratter à droite et à gauche Valls et son gouvernement, les fonds qui équilibreront les retraites complémentaires alors que, tous calculs faits, les réserves disponibles fondent rapidement et qu’on risque bien, pour la caisse des cadres notamment, d’être dans le rouge dès 2015 ?

Allons. Tout ceci n’est qu’un petit mauvais moment à passer. Avec l’équipe au pouvoir, nul doute que la situation ne pourra que s’améliorer !

dure rentrée pour hollande

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Source : http://h16free.com/2014/08/05/32505-une-rentree-trop-chargee


Arnaud Montebourg, le big-bangueur de pharmacies

lundi 4 août 2014 à 09:00

L’actualité internationale est si chargée actuellement, et les vacances si respectées en France, qu’il est difficile pour Montebourg, l’histrion ministériel officiel du gouvernement Valls, d’intéresser les journalistes. Le cabotin relève cependant le défi en mettant une fois de plus les deux pieds dans le plat et en proposant quelques remises en causes radicales de monopoles bien français.

Et c’est donc en s’attaquant à celui des pharmacies que le chevalier Arnaud a décidé de reprendre un peu de couverture médiatique que des avions qui tombent, des missiles qui explosent et des roquettes qui pleuvent lui avaient un peu retirée. Avec l’emphase, la volubilité et la subtilité pachydermique propre au saltimbanque gouvernemental, il propose un véritable « big-bang » des pharmacies : en parallèle de la remise en cause du monopole des pharmacies sur la vente des médicaments sans ordonnance, le ministre de l’économie de redressements productifs propose ainsi la constitution de « chaînes de pharmacies », et souhaite aussi ouvrir le marché français du médicament à la vente en ligne.

Ministère du Redressement Productif - MRP 2012

Pour Montebourg, l’idée derrière ces propositions pour le moins détonantes est d’introduire une concurrence plus forte dans le domaine des médicaments courants qu’on peut obtenir sans ordonnance, notamment ceux basés sur l’aspirine, l’ibuprofène, le paracétamol et d’autres molécules connues. Entre leur disponibilité en grandes surfaces (ce pourquoi se bat Michel-Edouard Leclerc depuis des années) et leur possible disponibilité par internet, on comprend que la concurrence sur l’officine de la rue d’à-côté va probablement piquer un peu. Pas étonnant, dès lors, de lire les hurlements de souffrance de la présidente de l’Ordre des pharmaciens, Isabelle Adenot, sur le double mode du « On va tous mourir, c’est horrible » et « Les dérives, mon bon mossieu, vous y avez pensé, aux dérives ? », mamelles argumentatives habituelles des monopoles lorsqu’on leur retire la sucette du bec.

En parallèle, on pourra apprécier la lucidité de la présidente qui note au passage le retournement de veste des politiciens qui, jadis, louangeaient les commerces de proximité et l’absolue nécessité du conseil pharmaceutique pour justifier la fermeture du marché des médicaments sans ordonnance aux grandes surfaces, et qui, maintenant, semblent trouver moult vertus à l’ouverture concurrentielle et à la vente en ligne. Cette lucidité s’arrête cependant bien vite lorsqu’elle n’hésite pas à présenter le marché actuel des médicaments en France comme en situation de concurrence, les pharmaciens étant, d’après elle, en lutte acharnée les uns contre les autres pour offrir le meilleur prix et les services les plus complets à leurs clients. Ceux qui ont déjà reçu les affables conseils du pharmacien (et pas de son laborantin) lors d’un conséquent achat de médocs remboursés pourront hausser les sourcils.

On sent donc que la bataille sera âpre entre le gouvernement, apparemment décidé à déverrouiller le secteur, et la corporation, qui risque fort d’absolument tout faire pour l’en empêcher. Et compte-tenu de l’absence pathologique de toute paire de gonades du premier, on peut imaginer de longues négociations et un dégonflement progressif des ambitions montebourgeoises…

Montebourg, the Eye Of The TigrouEncore que… Encore qu’il faille bien comprendre ici qu’on se situe toujours dans cette délicate zone d’inconfort d’un gouvernement qui doit absolument faire des réformes (dette énorme, déficits galopants, chômage en hausse et pouvoir d’achat en berne obligent) sans toutefois taper trop fort sur les classes moyennes qui n’en peuvent plus, ni molester ses réservoirs électoraux en coupant dans l’une ou l’autre des milliers de joyeuses prestations payées par l’argent des autres et qui leur assurent bonheur et tranquillité.

Or, de ce point de vue, certaines corporations constituent d’excellentes cibles. Les pharmaciens, traditionnellement plus portés vers le camp d’en face, n’ont à faire valoir ni leur nombre ni leur éventuel pouvoir de nuisance pour arrêter net le bouillant ministre qui aurait enfin, dans la libéralisation de ce secteur, un truc-bidule à présenter qui ne ressemblerait pas, pour une fois, à une ridicule tartufferie ou une cuisante défaite. Rappelons ainsi que la libéralisation du secteur des taxis, dont l’impact en terme de pouvoir d’achat serait certainement plus sensible que celui des pharmacies, s’est progressivement mué en micro-management du changement progressif et millimétré devant les coups de gueule des patrons-chauffeurs. A contrario, on voit mal les pharmaciens faire subitement grève, ou sortir des gourdins pour attaquer les futurs vendeurs de médocs en grande surface…

CorporatismeLe libéral moyen devrait donc se réjouir qu’au pied du mur, le gouvernement, utilisant une fuite ô combien pratique d’un rapport de l’Inspection Générale des Finances qui dressait la liste des professions en situation de monopole de droit, pioche dans cette liste quelques un des monopoles qu’il entend libéraliser. Cependant, il serait absolument vain de ne voir là autre chose qu’une batterie de mesures de circonstances, permettant d’afficher quelques réformes pas trop violentes, et d’hypothétiques gains de pouvoir d’achat (la réalité sera, on s’en doute, plus contrastée que les chiffres présentés par Bercy, qui, joufflus, s’étalent langoureusement de 327 à 420 millions d’euros). Au-delà du petit calcul politique et économique de court terme, les façons de raisonner, tant du côté gouvernemental que du côté des administrations, n’ont pas évolué d’un cachou. En effet, même si les services de Bercy estiment, je cite, que « la théorie économique plaide pour la suppression du monopole des pharmacies sur l’ensemble des produits accessibles sans ordonnance », on ne s’étonnera pas de trouver pourtant, dans la bouche du ministre de l’Économie, ses habituelles saillies sur le patriotisme économique et autres fadaises protectionnistes dont, pourtant, la théorie économique plaide aussi la suppression.

nono démonte-bourg mittalAutrement dit et comme d’habitude, les services de l’État et les politiciens sélectionnent précautionneusement ce qu’ils veulent dans les idées du moment, en oubliant celles qui auraient le mérite de faire une vraie différence pour le pouvoir d’achat des Français et en se contentant des réformettes faciles dont ils savent qu’elles ne comportent pas de risques politique et/ou social majeurs. Les pharmaciens ou les notaires, ça peut le faire avec un peu de communication et un minimum de doigté. Celui qui fait par exemple dire à Montebourg que « l’officine est aujourd’hui incontestablement enfermée dans un modèle capitalistique du passé », ping, mais aussi « Toujours plus de destruction d’emplois dans les télécoms grâce aux excès low cost de #freeMobile », et pouf emballez la cohérence, c’est pesé. Fastoche. En revanche, pour l’hôtellerie (AirBnb), les taxis (Über), les librairies (Amazon), là, c’est une autre paire de manches. Quant à la sécurité sociale, rassurez-vous, toute modification réelle, perçue ou potentielle de son monopole est largement tue.

Bref : la situation économique, de plus en plus affolante, impose à nos clowns socialistes les prémices de réformes qu’un libéral normalement constitué ne peut qu’appeler de ses voeux, et ça, c’est tant mieux. Mais la charge politique qu’elles engendrent, lourdes de conséquences sociales, et les modes de pensées de nos gouvernants, calcifiés dans des utopies collectivistes depuis au moins 40 ans, amènent bien malheureusement à largement tempérer ces bonnes nouvelles.

Encore une fois, les petits bricolages continuent et les grandes réformes attendront.

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2014/08/04/32503-arnaud-montebourg-le-big-bangueur-de-pharmacies