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À quoi diable peut bien servir Montebourg ?

mardi 17 juin 2014 à 09:00

On l’a vu avec les récentes déclarations faussement affolées de Valls, la gauche est en plein atermoiement, et le PS ne sait plus exactement où il va, où il habite ni qui il est vraiment. Ces questions existentielles, aussi importantes soient-elles, restent heureusement hors d’atteinte de certains membres du gouvernement à commencer par Arnaud Montebourg qui, tout heureux de pouvoir passer dans les médias et de gambader sa chevelure bouclée dans les locaux du ministère de l’Économie, ne se préoccupe en rien de savoir si son existence remplit un but quelconque.

didier montebourgEt finalement, il a bien raison de ne pas s’en faire. Tel un Didier de cinéma, notre Nono national, la truffe humide et le port altier, trottine allègrement d’un sujet à l’autre pour montrer que, wooof, il a quelque chose à dire.

C’est ainsi que, la semaine dernière, il prend une position aussi radicale qu’iconoclaste sur le système bancaire, et déclare qu’il faut, selon lui, trouver des moyens de drainer l’épargne des Français vers les PME sans passer par les banques, qui refusent de prendre des risques en les finançant. La réalité, composée pour lui et à l’exclusion de toute autre chose d’une baballe, d’une gamelle et d’un immense champ de verdure dans lequel il pourra batifoler, ne résistera pas à ses injonctions puissantes et devra bien s’accommoder de ce qu’il a décidé pour elle. Et c’est donc avec l’aplomb que seuls de parfaits idiots peuvent rassembler qu’il déclare, entre deux galipettes dans l’herbe fraîche :

« Nous venons de mettre fin au monopole bancaire à travers le financement participatif et le crowdfunding. Mais il y a aussi d’autres mécanismes qui permettent de financer les PME sans passer forcément par le secteur bancaire. (…) Nous pensons qu’il est nécessaire maintenant que la France décide de se passer de son système bancaire. »

La réalité printanière selon Arnaud est décidément fort simple. Le crowdfunding a mis fin au monopole bancaire, ça, c’est fait, et puis on va devoir se passer de système bancaire, voilà, c’est dit, pas de discussion, passons à autre chose. Frétillance. Roulade. Baballe.

Et alors que les trèfles et les brins d’herbe ne sont pas encore retombés de ses précédentes cabrioles joyeuses, Nono bondit sur le sujet suivant, le précédent gisant maintenant, baveux et tout mordillé de partout, abandonné aux médias et aux Français qui se demandent exactement ce qui a bien pu se passer. Et, woof woof, cette semaine, ce sera la Commission européenne qui servira d’os en latex puisque cette méchante institution s’évertue à brider les idées expansionnistes de Nono. Pour lui, c’est limpide, la Commission s’opposerait de nos jours à la création d’un Airbus, c’est évident. Et c’est pourquoi il ne mâche pas son os ses mots à son égard lorsqu’il évoque le douloureux dossier « Alstom/Siemens », pour lequel il s’agite frénétiquement depuis quelques semaines, avec le succès plus que mitigé qu’on lui connaît. Car Nono, je vous le rappelle, sait ce qui est bon pour les propriétaires d’Alstom, mieux qu’eux-mêmes !

montebourg pour toi public

Nono, il a la truffe aiguisée pour trouver les bons partenariats comme avec Siemens. Nono, il ne veut pas du gros matou General Electric dans son jardin, et il aboie donc d’autant plus fort pour faire fuir l’impétrant. En plus, ça tombe bien, pour une fois, un brave berger allemand a cru bon de le rejoindre dans ses gambades échevelées. Et si ce n’est pas totalement en faveur de Siemens (pour l’Allemand, ce serait peut-être un peu de l’ingérence, ce qu’ils évitent outre-Rhin), c’est clairement pour damer le pion d’un Américain (Boeing en l’occurrence) : les deux ministres lancent en effet un appel aux États-Unis pour qu’ils s’engagent à ne pas subventionner l’avionneur, histoire d’avoir une concurrence fair-play.

C’est fort mignon (même si le jouet, mâchouillé, émet des couinements stridents), mais cela ne permet toujours pas d’approcher d’une réponse opérationnelle à la question pourtant essentielle : à quoi sert réellement Montebourg ?

Contrairement à ce qu’il prétend, il n’a pas sauvé d’emplois. Si l’on peut voir l’emploi sauvé ici, on ne verra pas l’emploi détruit là par les bidouilles étatiques du ministre. Tout au plus, par capitalisme de connivence et petits pistons à droite ou à gauche a-t-il déplacé des menaces d’une entreprise vers une autre, distordant un peu plus l’un ou l’autre marché dans lequel la législation française avait déjà fait des dégâts, mais la réalité est plus pastel, et derrière les chiffres ronflants d’emplois soi-disant sauvegardés se cachent les milliers d’entreprises qui couleront de toute façon, avec ou sans les efforts de Nono pour hâter leur sort.

S’il a envoyé un message clair au reste du monde sur les entreprises françaises, c’est qu’elles ont bien du mérite à travailler sur un sol ou s’ébroue si bruyamment un tel ministre, où la fiscalité change à la semaine, et où les bases du capitalisme et de la propriété privée sont tous les jours à la merci d’un décret ou d’une humeur changeante du remuant mammifère velu aux commandes de Bercy.

Et question entregent et finesse d’analyse industrielle, on continue d’aligner les dossiers où ses pirouettes audacieuses se sont toutes terminées par des désastres.

En réalité, tout montre qu’en tant que politicien placé à l’économie ou au redressement de trucs et de machins, Arnaud Montebourg ne sert à rien. Limite, il encombre. Il gêne. Il incommode et agace. Il irrite les uns, faire rire les autres, mais n’a gagné, durant ces deux ans en poste, aucune légitimité, si ce n’est, éventuellement, auprès de Head & Shoulders ou Garnier, au rayon shampoing.

En revanche, il a largement gagné ses galons d’accessoire promotionnel, d’homme-sandwich ou de politicien-objet. Très mal utilisé par Hollande qui n’a de toute façon aucun talent pour diriger quoi que ce soit, il a en tout cas trouvé, auprès d’industriels astucieux, une utilité remarquable. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Xavier Niel lui-même. Il l’a même expliqué en détails lors d’une conférence donnée en mai à Polytechnique : Montebourg a été proprement utilisé par l’équipe communicante de Free pour aider au lancement de son offre 4G, avec succès (voir la vidéo à partir de 23:52).

Eh oui : correctement employée, l’énergie débordante du bouillant politicien permet de réellement créer de la richesse, même si, on en conviendra, le truchement par lequel on y parvient n’est ni à la portée du premier venu, ni particulièrement simple, bien que prévisible. Bon, évidemment, quand ça se sait, cela rend l’accessoire un peu ronchon et le procédé plus difficilement réutilisable, mais cela n’empêche pas d’admirer la performance.

Ceci montre cependant que Montebourg est la partie saillante et visible de ce que sont devenus, réellement, les politiciens. De façon pratique, ils ont une grande difficulté à expliquer leur présence aux postes gouvernementaux autrement que pour l’apparat. D’une part, l’administration dont ils ont la charge est suffisamment lourde et empesée de ses habitudes, querelles de chapelles et autres compromis syndicaux intouchables que toute action réellement déterminée de leur part est très vite stoppée dans la mélasse institutionnelle et bureaucratique. D’autre part, la survie à leur poste n’est assurée que tant qu’ils limitent la grogne des Français, et permettent raisonnablement d’assurer leur réélection ainsi qu’une entente cordiale avec le reste des appareils politiques dont ils sont issus. À cette aune, difficile de ruer dans les brancards.

Montebourg, politichien rigolo, plein de santé et parfaitement imperméable aux réalités économiques, illustre à merveille l’impuissance molle des membres du gouvernement. Sans principes si ce n’est celui qu’il faut gouverner pour gouverner, sans idées, sans direction, sans appui du peuple et sans perspective d’avenir, ils s’agitent tous pour occuper la galerie.

Woof, woof.

montebourg : daimition

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Source : http://h16free.com/2014/06/17/31961-a-quoi-diable-peut-bien-servir-montebourg


La gauche meurt ? Il serait temps !

lundi 16 juin 2014 à 09:00

Ce week-end, toute la presse a bruissé de toutes ses feuilles sur l’annonce apocalyptique qu’a faite Manuel Valls, l’actuel premier ministre. Devant le conseil national d’un Parti socialiste intellectuellement à la rue, électoralement déchiqueté et divisé de toutes part, il l’a clairement dit : « Oui, la gauche peut mourir. »

Si, de façon assez évidente, le recours au mélodrame est employé pour tenter de ressouder un parti qui semble décidé à se chamailler presqu’autant que l’UMP, il n’en reste pas moins que l’hypothèse énoncée par le premier ministre a claqué comme un coup de fouet sur les fesses trop rebondies d’élus désemparés : si la gauche continue comme cela, elle court le risque de ne pas être au second tour des élections présidentielles qui ont lieu, pour rappel, dans trois ans, ce qui montre au passage les vraies préoccupations de nos dirigeants.

Il y a de quoi frémir, mon pauvre Manuel…

valls pleurniche

Maintenant, avant de sombrer dans la tristesse devant une telle nouvelle (ce serait hypocrite : le jour où cette gauche meurt, je débouche du champagne), il semble indispensable, au delà des mots creux de Valls, de nous demander pourquoi diable la gauche serait en passe de mourir.

On peut certes admettre la faiblesse de la gauche, on peut aussi laisser vagabonder ses pensées et feindre de croire qu’une Marine Le Pen pourrait se faire élire (ça donne des petits frissons rigolos), mais on a bien du mal à trouver un début d’explication à cette situation dans les petites phrases floues de Valls. Pour lui, la gauche doit se réinventer, être capable de se dépasser patati patata, ce qui ne veut rien dire de plus concret que lorsque le candidat président voulait réenchanter la politique.

La réalité crue, c’est que si la gauche actuelle se meurt, c’est entre autres parce que, comme le remarque judicieusement Nick de Cusa dans un récent article de Contrepoints, elle a depuis trop longtemps abandonné certains des principes humanistes qui auraient dû l’animer et dont elle se gargarisait jadis. Mais là où ce dernier article encourage Valls à tenter pour sauver la gauche une voie nouvelle, celle du libéralisme, je me bornerais plutôt à constater qu’il faut que cette gauche meure une fois pour toute.

valls pleurniche encoreIl faut qu’elle meure parce que tout le monde pense maintenant qu’il faut plus d’État. Et quand tout le monde pense pareil, plus personne ne pense rien du tout. Ainsi, l’UMP, perdue dans les cloaques gluants d’une absence totale d’idées, d’une carence historique de toutes valeurs et de la moindre colonne vertébrale idéologique, est remplie de petits chefaillons médiocres dont l’unique but à moyen ou long terme est d’obtenir une prébende, une sinécure ou un poste de pouvoir notable, et dont les discours se contentent exclusivement de sortir la bouillie keynésienne, interventionniste et pro-État qu’ils entendent partout, pour s’assurer un électorat docile. Ainsi, le FN ne voit de salut que dans le repli vers l’État, la patrie n’étant plus que l’appendice frétillant d’une Nation taillée à grands coups de principes économiquement idiots mais électoralement rentables. Et la gauche, toute la gauche, qui n’a jamais vécu que pour ce grand soir où 100% du pays sera à la botte de l’État, ne peut évidemment concevoir autre chose qu’une augmentation du périmètre du Léviathan. Il n’y a dans les faits plus aucune différence de nature entre la gauche et la droite, tout juste de degré (et encore) : chacun réclame son bubon d’État supplémentaire, mais tous se plaignent, les yeux pleins de larmes, de la pustule de l’autre.

Il faut qu’elle meure parce qu’elle ne voit plus où sont les pauvres et les riches. Elle croit voir les riches dans les patrons alors que la France des patrons est celle des dirigeants de TPE, de PME, de professions libérales sans salariés et autres entrepreneurs.

Il faut qu’elle meure parce qu’elle croit voir des pauvres dans les classes qui sont sous perfusion permanente des services sociaux, constamment encadrés par les associations lucratives sans but qui émargent aux dépenses de l’État via des monceaux de subventions, alors que les pauvres, les vrais, sont ceux qui passent justement entre toutes les gouttes de redistribution plus ou moins communautaristes, corporatistes ou syndicales : la petite classe moyenne, le célibataire sans enfant et sans diplôme ronflant, les kyrielles de salariés qui gagnent un peu trop pour pouvoir bénéficier de la moindre clémence fiscale et en tout cas pas assez pour imaginer prendre plus de deux semaines de vacances ailleurs qu’aux campings familiaux à tarifs préférentiels.

Il faut qu’elle meure parce qu’elle prétend encore aider la classe ouvrière alors que celle-ci a lentement disparu, au profit d’une classe moyenne de petits employés, de petits salariés qui se sentent oubliés par les partis classiques, la gauche ayant choisi les populations fraîchement arrivées pour leur offrir un discours taillé sur mesure, et la droite ayant une vision toute aussi fausse de la France, d’une autre façon aussi ridicule.

bac sud rail

Il faut qu’elle meure parce qu’elle n’a toujours pas compris que les grèves qui secouent le pays, depuis 40 ans, ont lentement dérivé, avec la disparition progressive de la classe strictement ouvrière, de mouvements sociaux représentant des pans massifs de la société vers des débrayages spécifiques d’une frange de population à l’abri de toute difficulté économique, de privilégiés manipulés par des syndicalistes dont le mandat est tous les jours moins légitime car lié à une base de plus en plus restreinte. Cette gauche qui, jadis, se faisait fort de nourrir les illusions de grand soir des syndicats en feignant de leur donner une importance qu’ils n’ont fait que perdre depuis les années 70 se retrouve maintenant confrontée à ces mêmes débris idéologues, arqués sur des positions consternantes. Cette gauche meurt parce qu’en croyant apaiser leur faim, elle a nourri des crocodiles idiots qui préfèreront la bouffer qu’abandonner leurs luttes rétrogrades en rase campagne.

Il faut qu’elle meure pour emporter avec elle tous les oripeaux usés de la lutte des classes, dépassée depuis bien longtemps par une lutte des générations qu’elle a œuvré à mettre en place consciencieusement avec sa collectivisation galopante de la retraite ou de la santé, avec son verrouillage idéologique des transports, de l’énergie et de l’éducation. Avec l’idée d’apparence généreuse de vouloir protéger le faible en cognant sur le fort au lieu de seulement s’assurer de l’égalité de tous devant la loi, elle a tant créé de distorsions dans chacun des marchés qu’elle a touchés que les jeunes générations doivent maintenant s’acquitter d’une dette colossale, s’empoisser l’avenir de chômage, d’une épargne impossible à créer, d’un immobilier inabordable, d’une retraite inexistante, d’une précarité stressante, le tout au profit d’une petite frange de la génération âgée qui, à l’orée de la retraite, s’entête à conserver l’intégralité de ses privilèges quitte à jeter tout le reste au drain, par pur caprice.

twitt sud rail

Car comment considérer autrement qu’un caprice les débrayages qu’on observe actuellement alors que normalement, tout le pays devrait être tendu à l’unisson pour essayer de limiter les effets de la crise ? Comment ne pas vouloir comprendre les risques insensés qu’on fait peser sur toute une génération de bacheliers en sabotant les transports à cette période de l’année ? Comment ne pas trouver particulièrement consternant le fait d’engager des moyens pour contourner un problème qui a été créé de toutes pièces, alors même que les entrepreneurs, premières victimes de ces grèves, émettent des signaux clairs de détresse ?

Ces caprices, ces oppositions sont le résultat direct, palpable et mesurable de toutes ces politiques qu’a menée la gauche (au sens restreint de Parti Socialiste comme au sens large de cette sociale-démocrassie baveuse qui englobe maintenant tout le spectre politique). Cette gauche rosâtre, qui a pervasivement intoxiqué la faible droite, a recoloré le FN, a taché les verts et a dissous les cocos doit mourir : elle a monté les jeunes contre les vieux, les riches contre les pauvres, les retraités contre les actifs, les salariés privilégiés contre les lambdas, elle a clivé ce pays en myriades de petits fiefs, de corporations cimentées dans les lois et les décrets.

Ce pays est foutu. Mais si on veut le reconstruire, alors cette gauche-là doit mourir, sans attendre.

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Source : http://h16free.com/2014/06/16/31922-la-gauche-meurt-il-serait-temps


Pour une poignée de dollars

dimanche 15 juin 2014 à 11:00

On le sait : à une droite froide, mercantile, capitaliste et purement pécuniaire correspond heureusement une gauche chaleureuse, humaniste et désintéressée. Pour les socialistes, l’humain passe avant tout et l’argent, sujet sale s’il en est, n’occupera jamais les préoccupations de ces philosophes. C’est pourquoi, lorsqu’un millionnaire propose de distribuer des billets de banque à Paris, toute la garde et l’arrière-garde socialiste de la mairie se lève comme un seul homme et dit « No Pasaran ! »

On apprend en effet, assez surpris, que Paris continue d’attirer l’attention des touristes et des riches hommes d’affaires du monde entier, et que l’un d’eux, Jason Busi, un Californien qui a réussi dans l’immobilier, a décidé d’organiser une chasse au trésor dans la ville. Il compte pour cela cacher des enveloppes contenant quelques dizaines de dollars et, pour animer son jeu, il donne des indices aux participants pour les retrouver via son compte Twitter. Le Californien n’en est pas à son coup d’essai puisque près de 15.000 dollars ont déjà été distribués à San Francisco, San Jose et Los Angeles. Bien évidemment, ces jeux bon enfant n’ont déclenché aucun problèmes aux États-Unis et c’est donc sans penser à mal que l’entrepreneur a décidé de reproduire le concept sur le sol français.

Mais voilà, sur le sol français, justement, rien n’indique que ça ne va pas, d’une façon ou d’une autre, tourner au grabuge. D’ailleurs, ce n’est pas comme si on n’avait pas déjà eu un exemple de ce que donne le meilleur du peuple français confronté à quelque chose de similaire : en 2009, une opération publicitaire avait finalement été interdite par le préfet Michel Gaudin. Rentabiliweb comptait distribuer des pochettes contenant entre 5 et 500 euros, et cela ne s’était pas bien passé. Mais si, rappelez-vous : il s’agissait d’une opération publicitaire, qui avait bien évidemment tourné au pugilat, dès que la préfecture, voyant des masses d’individus s’agglutiner autour du bus commercial, avait décidé d’empêcher l’opération. À la suite de quoi, un certain nombre de jeunes, fort déçus, avaient décidé de tabasser des gens, et mettre une jolie pagaille comme on en trouve assez régulièrement dans ce genre de contexte si particulier. Je l’avais d’ailleurs évoqué dans un petit billet, lisible ici, qui vous rafraîchira la mémoire.

fistfull of dollarsPartant donc de l’évidente possibilité d’un dérapage, forcément due non au laxisme de la préfecture mais bien à l’instigateur de la manœuvre (qui, en plus d’être un vil capitaliste, est nécessairement désorganisé), Jean-Bernard Bros, conseiller de Paris et président du groupe Radical de gauche, bien vite rejoint par d’autres élus, a demandé à la préfecture de police de Paris d’annuler purement et simplement cette chasse aux trésors qui doit être organisée en juillet.

En vertu de quoi, la mairie de Paris explique qu’elle « condamne cette initiative qu’elle trouve indécente et moralement inacceptable ». Rassurez-vous, les socialistes de l’autre bord, à l’UMP, ont eu la même réaction saine : Pierre-Yves Bournazel, vice-président délégué du groupe UMP au Conseil de Paris, a quant à lui jugé ce jeu « dégradant ».

« Cette course aux enveloppes peut se transformer en concurrence virulente. Personnellement, je trouve ça malsain de jouer avec la difficulté des gens en période de crise. C’est très bien que ce Californien ait fait fortune, mais je l’invite plutôt à faire du mécénat, des dons à des associations ou à investir pour créer de l’emploi .»

Eh oui. C’est malsain, tout cet argent jeté à la face des pauvres qui doivent ainsi courir d’une enveloppe à l’autre pour le récupérer, les yeux humides d’humilité et de reconnaissance ! C’est indécent, que des gens qui ont réussi redistribuent ainsi leur argent à ceux qui veulent participer à leurs petits jeux sordides ! C’est moralement condamnable de répartir directement la richesse accumulée, au vu et su de tout le monde, parce que, parce que bon, tout le monde sait que, déjà, la richesse est moralement condamnable, et que la redistribuer ainsi sans passer par le concours de l’État, c’est encore plus moralement condamnable, voyons. Mais si.

Devant ce constat, les élus n’ont pas voulu s’arrêter en si bon chemin et c’est là que les choses prennent un tour intéressant. Considérant qu’une telle distribution d’argent sans contrepartie provoque à l’évidence des troubles à l’ordre public, ils ont décidé d’étendre l’annulation de ces procédés bien au-delà de ce simple événement publicitaire.

aides sociales

Dans leur sagesse (celle qui leur a permis, du reste, de se faire élire et de rester en poste de longues années), ils ont d’ailleurs noté que les établissements animaliers, notamment les zoos, interdisent formellement aux spectateurs et autres touristes de distribuer de la nourriture aux animaux. C’est bien normal, tant la pratique pourrait être dangereuse pour les pensionnaires à poils et à plumes de ces établissements : d’une part, ce genre de distribution sauvage ne permet pas de contrôler ce qui est donné, ni, bien sûr, ce que font les animaux avec – il n’est pas rare que les singes, facétieux, jouent ensuite avec la nourriture qui leur a été ensuite distribuée, montrant ainsi leur peu de considération, qui tend à s’installer et à leur faire voir celle qui leur est donnée régulièrement par le personnel du zoo comme moins intéressante. De fil en aiguille, cela donne de mauvaises habitudes aux animaux et finit par les rendre neurasthéniques, dolents et résignés à un sort médiocre.

En conséquence de ces fines observations, les élus parisiens ont décidé que, par extension de l’interdiction pour cette distribution d’enveloppes garnies, il était indispensable d’en finir avec la distribution de pognon gratuit tous azimuts. En toute cohérence, les élus Radicaux de Gauche ont donc décidé de tout faire pour qu’il soit mis fin, de façon définitive, aux aides sociales qui ne passent malheureusement pas le test qu’ils ont eux-même imposé aux distributions d’argent gratuit.

Tout comme la course au trésor de Jason Busi, cette distribution d’aide sociale est moralement inacceptable, ne permet pas du tout de contrôler ce qui est fait de la somme donnée, ni même la qualité ou de la provenance de l’argent (dont la plus grande part, inévitablement, est issue d’un racket, d’un vol ou de ponctions autoritaires sous la menace d’une arme). Il n’est qu’à voir le résultat d’années de distributions dans certains quartiers, certaines villes ou régions, certains partis ou certains syndicats pour comprendre qu’une telle distribution avilit les personnes qui reçoivent cet argent. Les bénéficiaires ne font ensuite plus aucun effort et deviennent neurasthéniques, dolents et médiocres.

Pour la bonne tenue du zoo du pays, il était temps que cela s’arrête. Le mouvement réclamant la fin de toutes les distributions d’argent gratuit est donc lancé et, qui l’eut cru, ce sont des élus radicaux de gauche qui l’ont lancé.

Mes lecteurs habitués auront compris qu’en réalité, le discours des moralisateurs de gauche s’est arrêté bien vite après l’étape où il s’agit d’interdire à une personne privée de faire part de charité ou d’esprit commercial (peu importe ici). Non, leur cohérence globale ne s’est pas étendue au-delà de leurs habitudes compulsives. Pour eux, la seule distribution possible provient de l’État et tous les maux qui sont évidemment attachés à celle d’un capitaliste sans foi ni loi sont parfaitement solubles dans le socialisme : la distribution d’argent gratuit, c’est moralement inacceptable, c’est une initiative indécente, sauf lorsque c’est l’État et ces élus qui le font.

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Source : http://h16free.com/2014/06/15/31897-pour-une-poignee-de-dollars


La France, prudente, choisit l’immobilisation totale.

vendredi 13 juin 2014 à 09:00

La rue, en France, réserve décidément bien des surprises. Si l’on s’imagine que c’est le lien naturel entre les habitations, les commerces et les lieux de vie, la réalité française en fait rapidement un lieu où se déroulent mille et une péripéties sociales. Et en ce mois de juin, où les températures et les moindres précipitations rendent propices les déplacements, c’est encore plus vrai.

interdit piétonsPar exemple, profiter de la rue lorsqu’on est simple piéton, c’est parfois s’exposer à des déconvenues, surtout si on fait un peu n’importe quoi. C’est ce qu’ont pu découvrir 186 personnes qui avaient eu la triste idée de traverser en dehors des passages piétons et qui se sont fait verbaliser récemment à Saint-Étienne. Ah, que voilà fière police qui réalise ici un travail de véritable salut public puisqu’enfin elle admet que le piéton n’a pas tous les droits et peut, parfois, être en tort lorsqu’un véhicule motorisé lui passe dessus… La verbalisation était donc plus que nécessaire, salutaire même !

controles radarsEt puis, lorsqu’on n’est pas piéton, on devra aussi bien faire attention à son environnement, notamment cette partie de l’écosystème routier qui verbalise à tout va. C’est ainsi qu’on découvre la traque mise en place par la gendarmerie sur les autoroutes … de l’information, où elle a décidé de choper quelques petits internautes qui ont eu la mauvaise idée de partager sur Facebook la localisation des forces de l’ordre et leurs radars dans l’Aveyron. On passera sur la qualification fantaisiste des délits poursuivis pour se concentrer sur le fait principal : les forces de l’ordre font ici encore preuve à la fois de discernement et d’intelligence pour s’attaquer à ces vrais problèmes qui rongent la France.

attention accidentEntre les piétons poursuivis et les facétieux partageux de Facebook, policiers et gendarmes sont donc assez occupés. Ce qui explique probablement pourquoi ils ne sont pas là lorsqu’un rodéo a lieu en pleine ville. Rodéo impromptu organisé par des jeunes sur de grosses cylindrées de location (Mercedes, Porsche Cayenne, deux Ferrari et une Lamborghini), qui se termine malencontreusement lorsque la Porsche et la Mercedes écrasent un piéton (probablement récidiviste du passage hors des clous). Rassurez-vous : les autorités « compétentes » (ici, le Maire de la commune) se sont immédiatement emparées de l’affaire pour proposer des solutions viables et concrètes comme l’interdiction de la location de grosses cylindrées ou la création d’un nouveau permis de conduire pour ces engins puissants. Parce que la loi, ça marche, bien sûr.

Vous voyez, il se passe beaucoup de choses dans les rues de France, et à bien y réfléchir, tout indique qu’y circuler comme un individu insouciant et libre devient de plus en plus difficile. Heureusement là encore, les politiciens ont pensé à vous. En ayant fort habilement ponctionné les contribuables pour mettre en place des transports en commun, ils résolvent ainsi plusieurs problèmes : plus besoin de grosse ou de petite cylindrée, plus besoin d’être piéton ! Et puisque l’État s’occupe déjà de vous éduquer, de vous soigner, d’épargner pour votre retraite et de vous trouver un travail s’il venait à manquer, il va aussi vous transporter, du téton au sapin et de chez vous à l’endroit où vous comptez vous rendre (car vous êtes cerné).

C’est bien évidemment magnifique. Un rien coûteux, mais on s’en fiche puisque c’est de l’argent gratuit du contribuable.

ideesncfJusqu’au jour où certains décident que non. D’habitude, la saison de la gréviculture est plutôt Septembre, mais la déliquescence générale du pays, couplée à l’approche des vacances et à un temps qui pousse à la rêverie sous les cerisiers, additionnée d’une bonne louchée de Coupe du Monde de football qui incite clairement certains à rester chez eux devant la télé, tout cela aura favorisé l’émergence d’une nouvelle récolte de grèves dodues et chargées de bon gros slogans sucrés. Le bal fut ouvert en début de semaine par la SNCF, grévicultrice patentée et reconnue dans le monde entier depuis plus de 60 ans. Bien évidemment, le motif de ce débrayage complet des cheminots est absolument essentiel à la compréhension de cette action syndicale qui recueille bien évidemment le soutien complet des Parisiens en particulier et des Français en général, parce que tout le monde sait qu’ils se battent pour nos droits aussi et gros bisou. Bien évidemment, on lit déjà certains ronchons, perturbés par ces petits changements inopinés d’horaires et de disponibilités, s’épancher dans une presse bien trop complaisante pour ces vendus au turbolibéralisme apatride mangeur d’enfants communistes.

Bien sûr, lorsqu’une grève SNCF survient ainsi, le rompu des métros, l’habitué des navettes et l’usagé des transports se rabat sur ce qu’il peut. Le taxi est une option possible. Mais dommage, ces derniers ont aussi poussé leur petite grève pour protester contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), qui a le mauvais goût de saboter leur rente de situation et de remettre largement en question leur méthodes commerciales. Et rien de tel que d’envoyer chier de conscientiser le client pour, justement, illustrer leurs méthodes commerciales et se garantir une bonne compréhension du message et un appui corporatiste auprès des politiciens.

Tant pis pour les non-piétons qui voulaient tenter de se déplacer ces derniers jours, de grosses perturbations se sont donc accumulées pour le plus grand bonheur de tous, sachant que « grosses perturbations » est un délicat euphémisme pour « bordel total avec prise en masse ». Et ne comptez pas sur les prochains jours pour une éventuelle amélioration puisqu’au bal des pleureuses de la France Corporatiste s’ajoute le personnel de piste d’Air France de l’aéroport Charles-De-Gaulle. Entre les cheminots opprimés, les taxis malmenés et le personnel aéroportuaire maltraité, tout indique qu’enfin, les damnés de la Terre et les forçats de la faim se redressent et réclament ce qui leur est dû : du pognon, une protection contre le monde qui pique, plus de moyens (financiers), l’assurance de la conservation de leurs acquis sociaux, des augmentations de salaire et le retour au status quo ante.

Je passerais pudiquement sur le fait que cette grève aura poussé les usagers à toutes les extrémités pour parvenir à se déplacer, et ces derniers, redevenus piétons, n’en faisant qu’à leur tête et n’importe comment, se retrouvent parfois sous les transports en commun qu’ils espéraient utiliser. Je laisse au lecteur le soin de savoir s’il faut verbaliser le piéton ou blâmer le conducteur de n’avoir pas fait grève.

caillebotteÀ l’instar d’un tableau de Monet ou de Caillebotte constitué de petites touches de couleurs assemblées pour former un tout cohérent, cette pénible litanie de faits divers et de mouvements sociaux tous aussi consternants les uns que les autres montrent tous, par agglutination et juxtaposition, l’état général de la France en ce mois de Juin 2014. Loin d’une France apaisée, le pays n’a jamais été autant parcouru de tensions, d’aigreurs et de ressentiment.

À lire ces faits divers, on croirait que la police et la gendarmerie font absolument tout ce qui est dans leurs cordes pour se faire détester. Les corporations et les syndicalistes ajoutent à la nervosité ambiante en démontrant à tous leur implacable sens du foutage de gueule et leur mépris le plus profond pour ces clients qu’ils savent captifs. Tout, dans le pays, est fait pour que l’individu libre qui se déplace à son gré soit largement encadré, surveillé et considéré, par défaut, comme un délinquant potentiel, et lorsque ça ne suffit pas, on entravera purement et simplement ses déplacements. De cette façon, il faut faire comprendre au peuple qu’il doit maintenant rester chez lui et attendre sagement le dénouement des confrontations entre les meutes de loups pour savoir à quel sauce il devra être mangé. Ce peuple qui a jadis tant choyé sa liberté n’est plus qu’un esclave au service de petits maîtres, veules et sans scrupules. Finalement, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Changement, c’est l’Immobilisation. Et le pire n’est même pas qu’elle soit imposée au peuple, mais que celui-ci s’en accommode.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/06/13/31838-la-france-prudente-choisit-limmobilisation-totale


Loi ALUR et Cécile DuFAIL

jeudi 12 juin 2014 à 09:00

Mauvais karma pour les Bisounours : contrairement à un plan de route établi au micro-poil de longues années en avance, des imprévus se sont glissés sur le trajet qu’ils comptaient emprunter (moyennant des prêts à taux bas et des facilités de crédit assez exceptionnelles). Et patatras, voilà donc un nouvel échec du gouvernement, inévitable et parfaitement prévisible, qui se déplie lentement devant nos yeux.

L’immobilier n’est décidément pas un marché facile pour les joyeux étatistes, et plus ils sont dogmatiques, plus fortes sont les chances que leurs aventures interventionnistes leur pètent violemment au museau. C’est exactement ce qui est en train de se produire avec les rocambolesques bricolages législatifs que Cécile Duflot nous aura laissés en héritage après deux ans d’acharnement à raconter, faire et défaire n’importe quoi n’importe comment.

On s’en souvient, toute l’histoire de la loi ALUR, puisque c’est d’elle dont il s’agit ici, est une démonstration parfaite de ce que peut faire l’incompétence comme dégâts lorsqu’elle est jetée au milieu d’un ministère dont les moyens financiers ne sont pas aussi nuls que sa ministre de tutelle. À l’épisode précédent, nous avions actualisé le schéma indiquant le parcours institutionnel d’une loi débile dans notre belle République du Bisounoursland. Il est temps, à présent, de le rafraîchir pour tenir compte des derniers développements : l’échec étant avéré, la facture va être adressée à tous les contribuables, tous les propriétaires et tous les locataires de France.

Loi ALUR - étape finale

En effet, à cette étape, le bilan ne fait plus aucun doute.

D’une part, le dispositif « Duflot » d’investissement locatif s’est banané en rase campagne avec le bruit mou de petits fruits blets lancés sur un mur. Les conditions d’accès incompréhensibles ou trop restrictives ont largement entamé l’intérêt de ce type de prêts qui n’ont finalement concerné qu’une toute petite partie des Français. D’autre part, la loi Duflot prévoyait la cession gratuite (ou fortement décotée) de terrains constructibles appartenant à l’État, mais n’a abouti finalement qu’à une poignée d’opérations (moins de dix). Le ridicule ne tue pas mais fait quand même des ravages.

À ces merdoiements tout à fait dans l’esprit gouvernemental, il faut aussi admettre que tout avait été fait pour que la conjoncture n’aide en rien les petites poussées catarrheuses de la pauvre Cécile sur le sujet : comme l’État avait absolument tout fait pour protéger et maintenir sous oxygène le marché de l’immobilier à la suite de la crise de 2008, les prix des biens disponibles ne se sont pas réajustés comme ils l’ont fait dans d’autres pays. Actuellement trop hauts pour les salaires moyens français, ils n’ont pas permis à de nouveaux acheteurs de devenir solvables.

Pire encore, l’explosion paperassière faisant suite aux prouesses législatives de Duflot ont laissé plus d’un vendeur ou d’un agent immobilier pantois. En effet, pour qu’une promesse de vente soit valable, il faut désormais fournir une masse invraisemblable de documents administratifs (règlement de copropriété, procès-verbal des trois dernières assemblées générales, état de division des lots…) qui non seulement ralentissent le processus de vente, mais en plus coûtent pour leur collecte du temps et des moyens financiers dont ne disposent pas toujours les vendeurs. Après le ridicule, c’est le choc de simplification qui fait des dégâts.

Enfin, même les dispositions de la loi ALUR qui n’ont pas encore trouvé leur décret d’applications font frémir tant les propriétaires que les professionnels de l’immobilier, refroidissant encore un peu plus un marché déjà particulièrement visqueux.

epic failTout ceci est déjà calamiteux. Si l’erreur est humaine, pour une vraie catastrophe, il faut en revanche faire intervenir nos amis socialistes : à ces pitreries coûteuses s’ajoutera donc, pour ce nouvel épisode, une communication cacophonique dont le gouvernement est maintenant coutumier.

Selon Europe1, on apprend, de sources gouvernementales plus ou moins en coulisses et de professionnels de l’immobilier de plus en plus déconfits par l’étendue des dégâts, que le gouvernement s’apprêterait à « détricoter » la loi ALUR (expression qu’on retrouvera un peu partout dans le cours de l’après-midi) : officieusement, l’encadrement des loyers serait oublié et la garantie universelle des loyers (GUL) serait réétudiée pour trouver des alternatives. Et pour parvenir à cette entourloupe des familles, il suffirait d’appliquer la méthode habituelle du « votée sans son décret », devenue un grand classique dès qu’il s’agit de faire marche arrière discrètement.

Par un furieux hasard, on apprend à la suite de cette information que finalement, le gouvernement dément officiellement vouloir retoucher à cette magnifique loi. D’ailleurs, Émilie Piette, la directrice du cabinet de la ministre du logement, Sylvia Pinel, l’assure :

« Il n’y a pas de remise en cause de la mise en œuvre de la loi ALUR »

(On admettra bien sûr qu’on la voit mal abonder bruyamment dans le sens d’Europe1, seul le Roi Solex pouvant ouvertement passer pour une andouille sans en subir la moindre conséquence.) Tout comme il semble acquis que la « fuite » vers Europe1 n’en était pas une, et que le démenti n’en est donc pas vraiment un, on peut en tout cas en conclure que cette loi est très mal engagée, qu’elle constitue bel et bien un épieu profondément enchâssé dans l’arrière-train gouvernemental (d’ailleurs dodu), et qu’elle va de toute façon être aussi massivement que discrètement remaniée à coups de non-décrets et de bricolages divers et variés pour en limiter les effets.

L’épisode communicationnel rigolo qui nous a été offert a probablement été conçu pour mesurer les forces en présence et l’étendue des latitudes dont le gouvernement dispose pour charcuter cette loi indigente. Mais apparemment, l’idée même de faire amende honorable et de l’annuler est parfaitement impossible : mieux vaut largement présenter une facture démentielle au peuple français qu’avoir le courage d’admettre son erreur.

Comme je l’ai dit, l’échec est donc connu, son coût est quasiment déjà acté, et la facture, en cours de rédaction, sera envoyée, petit-à-petit, à tous les Français. Bien sûr, on pourrait conclure en disant que ce FAIL pose un marqueur net dans la carrière de Cécile Duflot. Malheureusement, rien n’indique que cet échec gluant soit le seul que la fine équipe en place va nous offrir. La façon dont on enquille doucement le compte pénibilité, qui n’est qu’un exemple parmi d’autres des brillantes idées socialistes appliquées à la couture sociétale et au patchwork citoyen écoconscient, ou les idées quotidiennement navrantes de Montebourg permettent d’affirmer qu’une longue succession de gamelles retentissantes nous attendent dans les prochains mois.

Encore une fois, l’État a tenté de nous aider et s’est donné à fond. Le résultat est terrifiant.

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Source : http://h16free.com/2014/06/12/31836-loi-alur-et-cecile-dufail