PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

Le népotisme en cinq leçons

jeudi 6 février 2014 à 09:00

Entré il y a bien longtemps dans la politique pour assouvir ce besoin de résoudre les problèmes des autres même quand ils n’en avaient pas, vous y êtes resté suffisamment longtemps pour en connaître tous les rouages, tous les coups fourrés et les manigances sordides. Ayant sacrifié votre vie à votre carrière, vos rejetons, de solides bons-à-rien glandouilleurs, doivent maintenant être casés rapidement ou risquer de devenir d’encombrants fardeaux. Ferez-vous l’erreur d’un népotisme trop visible ?

Pour éviter ce piège, voilà quelques conseils que vous devrez suivre impérativement pour éviter l’écueil de ce favoritisme risqué qui pourrait vous coûter cher médiatiquement.

jean sarkozy epad1.

Le premier conseil est d’évidence mais il fait partie de ces banalités qui doivent être rappelées régulièrement : pour placer votre progéniture aux sommets, attendez tout de même qu’elle ait fini ses études. Si la valeur n’attend certes pas le nombre des années, pour certains postes, il faut tout de même avoir un diplôme ou au moins pouvoir prétendre avoir accompli un cycle d’études complet. On se souviendra des déboires d’un certain Jean Sarkozy lorsqu’il fut subitement propulsé à la tête de l’EPAD (établissement public en charge de l’aménagement du quartier La Défense) alors que son diplôme de droit n’était pas encore tout à fait acquis et qui avait légèrement fait rire dans les journaux, au point de forcer le pouvoir en place à ne pas valider l’option prise et renvoyer le cher enfant à ses études.

jean paul huchon2.

Le second conseil sera plus subtil : si népotisme il y a, ne l’accompagnez pas d’une juteuse subvention qui finira par se voir dans les comptes de l’institution publique que vous pilotez ! Bien sûr, placer un fils ou une fille quelque part nécessite parfois un petit encouragement financier envers cette institution qui subira accueillera votre descendance mais la somme doit rester modeste. Et non, 400.000 euros n’est pas une somme modeste, monsieur Huchon, même s’il s’agit de votre fils et de votre belle-fille, et qu’un musée du Chili se trouvera ragaillardi par cette arrivée pratique d’argent du contribuable français (et francilien, en l’occurrence). Quelques discrètes enveloppes, quelques milliers d’euros et une bonne bouteille, ça passe encore, mais plusieurs centaines de milliers d’euros, non. La démesure peut vous perdre, éloignez-vous en !

3.

Le troisième conseil vous imposera la discipline de népotiser avec jugeote : si vous devez pistonner votre enfant, assurez-vous qu’il ne soit pas trop ostensiblement mauvais ou trop en décalage avec le niveau requis. Par exemple, Amin Khiari, le fils de la vice-présidente socialiste du Sénat, a été viré du Pôle Léonard de Vinci parce qu’il manquait cruellement de compétences, mais touchait tout de même 165.000 euros par an. Le pompon, bien sûr, fut lorsque sa délicieuse maman tenta de récupérer pour lui … la présidence de l’EPAD, celle-là même qui avait vu exploser Jean Sarkozy en vol quelques années plus tôt !

En tout cas, retenez que vos lardons devront avoir un niveau minimum sauf à se faire repérer. Et n’essayez pas l’EPAD, c’est mort de chez mort, vérolé autant par l’UMP que par le PS.

4.

Le quatrième conseil vous concernera plus directement : si vous tentez le népotisme, c’est bien parce que vos enfants, aussi peu capables soient-ils, comptent un peu pour vous. Dans ce cas, épargnez-les des querelles internes de votre parti, qui pourraient rejaillir à mauvais escient lorsque vous aurez enfin réussi à placer vos rejetons. Ceci vous évitera les sueurs froides qu’on devine sur l’échine courbée par le labeur d’un Jean-Yves le Drian auquel sera revenu la lourde tâche de déminer les bisbilles intestines dans les différentes ailes du Parti Socialiste, bisbilles ressorties à la suite de l’embauche de son fils Thomas en qualité de chargé de mission auprès du président du directoire de la SNI, une boutique de gestion de parc HLM…

Nepotism-North-Korea

5.

Enfin et surtout, quoi qu’il arrive, partez du principe qu’à l’heure d’internet, qu’en cette période où tout finit par se savoir, se twitter, se partager sur Facebook, votre népotisme ressortira à un moment ou un autre. Dans ce cas, et même si c’est évident, niez toute tentative de favoritisme, niez farouchement comme jadis certains ministres le firent, « les yeux dans les yeux » s’il le faut. N’admettez rien, et mieux, contrattaquez vertement en traitant vos adversaires de fachos ou d’extrémistes sans foi ni loi. Et c’est ainsi que même lorsque l’évidence crève les yeux, même lorsque l’ambassade de France elle-même corrobore l’information, vous pourrez largement éparpiller la critique et faire oublier votre coup de piston royal sous les tombereaux d’accusations ridicules que vous userez contre ceux qui nuisent à vos intérêts.

Si vous respectez bien ces différents conseils, et si, de façon générale, vous jouez discrètement et profil bas, vos enfants jouiront eux aussi des deniers de la République, des effets de réseau et des petits arrangements et autres renvois d’ascenseur que la vie politique vous aura aménagés au cours du temps. Vous m’objecterez à raison que ces conseils ne garantissent pas, même respectés, que vos manœuvres resteront discrètes ; bien sûr, il faudra toujours s’arranger avec les journalistes, et ce sera d’autant plus vrai que tous ne peuvent pas être subventionnés, et que tous ne sont pas de votre bord politique.

Mais rassurez-vous : la France est un tel fromage qu’un petit trou de plus pour vos enfants y passera probablement inaperçu !

J'accepte les Bitcoins !

1H7NVMyZoZsQndM8Qb7R2zHQJxyp5wLVDS

Vous aussi, foutez Draghi et Bernanke dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2014/02/06/28919-le-nepotisme-en-cinq-lecons


Le non-choc fiscal et la dette qui grossissait, grossissait, grossissait …

mercredi 5 février 2014 à 09:00

Il y a quelques mois, le président Hollande et le gouvernement Ayrault, prenant la mesure du marasme dans lequel le pays s’enfonce, sont montés aux créneaux pour annoncer, urbi et orbi, une réforme fiscale d’importance, quelque chose qui allait enfin remettre la France sur les rails multiples de la simplification administrative et fiscale, de la croissance et de l’emploi retrouvé. Moyennant un chantier qui allait durer tout le quinquennat (et même un peu plus) et une remise à plat des taxes, ponctions et prélèvements, la réforme allait gravement envoyer du steak, on verrait ce qu’on verrait et accrochez-vous bien.

Las.

On sentait déjà, au bilan de l’année 2013, que le « choc fiscal » n’avait pas été à la hauteur des espoirs gouvernementaux : jugé peu efficace, il aurait même cassé la reprise économique française (un peu comme on casse la course d’un éléphant en lui tirant dans les pattes).

Et pour l’année 2014, on sent déjà des soucis : les meilleures intentions du monde ne sont rien si l’intendance, lourde, tatillonne et pusillanime, ne suit pas. Apparemment, à Bercy, ils se sont refilés le mot — ces gros fainéants — pour ne surtout pas permettre aux valeureux combattants de la fiscalité française d’aboutir à leurs nobles buts. On découvre, au bord du désespoir et dans un épais rapport pondu par un groupe de travail interadministratif entre la DGI, la Sécu et d’autres molochs gluants, que la fusion CSG-Impôt sur le Revenu ne sera pas possible. Rooh, c’est dommage de laisser ainsi tomber une idée pareille qui était d’ailleurs l’un des engagements de campagne du candidat Hollande (le n°14) ! On peut au passage se demander comment il lui était venu une idée pareille tant sa réalisation semblait délicate, la CSG étant considérée comme une cotisation sociale, et l’Impôt sur le revenu comme un impôt, les deux n’étant pas assis sur les mêmes assiettes, ni les mêmes modalités…

Et c’est doublement gênant parce qu’en parallèle, les finances du pays ne se portent pas exactement bien, ni même de mieux en mieux. On apprend en effet qu’un autre rapport, Haut Conseil du financement de la protection sociale et qui sera probablement aussi vite enterré que celui sur la complexité de la fusion CSG/IR, estime que les déficits accumulés pourraient dépasser 100% du produit intérieur brut de la France en 2060, dans une joie et une bonne humeur qu’on comprendra parcimonieusement mesurée pour le dire gentiment. Bon, évidemment, 2060 est une échéance fort lointaine ce qui rend l’alarmisme du rapport un tantinet déplacé, mais le message essentiel d’une dérive de plus en plus grave des comptes sociaux reste cependant clair : aux déficits publics déjà abyssaux, il va falloir ajouter des déficits sociaux toujours plus profonds.

À ce rythme, on a du mal à imaginer autre chose qu’une faillite retentissante dans un avenir plus ou moins proche.

Et cette impression ne s’évapore pas lorsqu’on voit les solutions envisagées et lentement mises en place en loucedé par un gouvernement idéologiquement à la rue : comme la fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu semble mal barré, comme d’un autre côté, les déficits publics et sociaux augmentent autant que la pression fiscale, pourquoi ne pas … augmenter la pression fiscale en annulant la déductibilité de la CSG à l’impôt sur le revenu ? En effet, et grâce à l’application des mathématiques socialistes habituelles en France, payer moins d’impôts que prévu sur ses impôts, c’est un avantage fiscal qu’il va vite devenir nécessaire de corriger selon Christian Eckert dont les dernières déclarations fiscales ont dû être bien trop légères pour pouvoir lui ramener les pieds sur terre.

Le raisonnement est, comme d’habitude, simple et parfaitement stupide : une partie de la CSG, qui est un impôt payé sur le salaire brut (et donc sur une somme dont on ne touche pas la totalité), peut être déduite des revenus ce qui amoindrit l’autre impôt (sur ce revenu). Évidemment, plus on a un revenu élevé, plus on paye d’impôts, et plus on peut déduire de CSG. Pour Eckert qui aime semble-t-il terriblement prendre dans la poche des autres, le fait d’avoir moins d’impôts à payer sur ses impôts est une « injustice à corriger » car, tenez-vous bien, « seuls ceux qui paient l’impôt profitent de cet avantage fiscal. Pas les autres ! »

peekaboo facepalm

(Oui. Le fait de pouvoir diminuer ses impôts quand on en paye est un avantage sur ceux qui n’en paient pas. Le niveau de Facepalm atteint ici est ahurissant. J’en remets un autre, tiens.)

ultimate facepalm

Je note que, dans la presse, aucun journaliste n’a relevé cette saillie consternante de bêtise d’un député, payé, justement, par nos impôts. Je regrette, un peu désabusé, qu’aucun gratte-papier n’ait eu la présence d’esprit ou la toute toute petite paire de couilles d’écrire que ce raisonnement d’âne bâté méritait clairement les moqueries les plus grasses et une campagne médiatique destinée à ruiner tout espoir pour le pauvret de se faire jamais réélire. Mais baste, passons, nous sommes en France, après tout, et quoi qu’on dise ou fasse, certains voteront obstinément pour les pires saprophytes…

Le résultat, bien sûr, restera le même : les taxes augmenteront, les impôts aussi, le choc fiscal sera celui d’un uppercut correctement administré, et l’économie française continuera donc de s’effondrer. Et si je dis ça, ce n’est pas parce que je suis un incorrigible pessimiste ; enfin, si, aussi, mais pas seulement : c’est parce que la France est déjà dans le peloton de tête des pays les plus mal lotis en terme d’impôts. C’est parce que la France est maintenant en tête pour les prélèvements de tous genres, tant sur les entreprises que sur les particuliers. C’est parce que la France perd chaque année qui passe des places dans le classement de la liberté économique et que chaque place perdue se traduit mécaniquement par du chômage, de la perte de pouvoir d’achat et une extension de la misère populaire. C’est parce que le taux de marge des entreprises françaises est 10 points en dessous de la moyenne européenne. Et c’est parce que l’inculture économique crasse des Français encourage les politiciens à persister dans leurs erreurs, à taper sur le capital qui n’est que du travail différé, à taper sur l’actionnariat là où l’État est pourtant le plus gros actionnaire du pays…

Les politiciens de ce pays prennent maintenant tous les problèmes à l’envers, résonnent comme des barriques vides, ânonnent des ritournelles keynésiennes, anti-capitalistes et collectivistes qui, tous les jours, poussent un paquet supplémentaire de Français dans la misère et un autre vers l’exil. Et lorsque le peuple s’en rend compte, que fait-il ? Tout montre qu’il en réclame une deuxième couche.

Ce pays est foutu.

stats-impots-pib
(Remerciements à Ministère Propagande pour l’infographie)

J'accepte les Bitcoins !

19EZdcgwZ1Fq2nrG8sWj7G5huLWVKkXSve

Vous aussi, foutez Draghi et Bernanke dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2014/02/05/28898-le-non-choc-fiscal-et-la-dette-qui-grossissait-grossissait-grossissait


Les bonnes idées policières de l’Union Européenne

mardi 4 février 2014 à 09:00

Il s’en passe des choses, en coulisse des administrations européennes : manifestement, des gens sont rudement au travail pour nous offrir une société plus douce et plus câline à tel point que vouloir en sortir semblera si ridicule qu’on vous en empêchera efficacement. Et si l’on en croit Auto Express, un magazine anglais spécialisé dans les voitures, cela prendra la forme – totalement surprenante, bien sûr – d’un nouveau dispositif sécuritaire dont les clefs de contrôle seront remises dans les mains étatiques…

Tout part d’un constat alarmant : certains malfrats n’hésitent pas à utiliser des voitures pour commettre des délits, des crimes et pour s’enfuir ensuite. L’action de la police consiste alors à devoir prendre en chasse les vilains et les méchants, ce qui peut provoquer une prise de risque, des tôles froissées et des gens qui meurent. Accessoirement, c’est aussi très mauvais pour l’environnement, et c’est, on peut le dire, une dépense d’énergie inutile dans ce monde où chaque joule compte. Dès lors, comme c’est un problème évident de société, les autorités compétentes, les périphériques et les accessoires se sont penchées sur la question d’autant plus qu’il était technologiquement envisageable de trouver une solution élégante, relativement simple à mettre en place et parfaitement scandaleuse dans l’esprit, ce qui ne gâte rien.

Et c’est donc dans le cadre d’ENLETS qu’on découvre la « solution » que nos élites envisagent pour ce piquant problème. ENLETS, c’est l’abréviation de « European Network of Law Enforcement Technology Services », et ce bidule, rattaché à Europol, fut créé en 2008 comme un sous-groupe de travail consacré à l’application de la loi, lors de la présidence française du Conseil de l’Union Européenne (ce qui n’étonnera personne, les idées qui partent en sucettes provenant toujours et avec une constance stupéfiante des mêmes nids collectivistes). Or, suite à une fuite d’un récent rapport (qu’on pourra donc lire ici), on découvre, au milieu du blabla bureaucratique habituel, un peu après quelques paragraphes consacrés à la reconnaissance automatique de plaque d’immatriculation (un grand classique pour les radars français, écotaxe ou pas), que les policiers branchés envisagent sérieusement la mise en place européenne d’un système permettant l’arrêt à distance d’une voiture. En substance, l’idée est d’avoir une sorte de télécommande avec un gros bouton « arrêt » qui mettra fin à la course poursuite avant même qu’elle ait lieu :

Remote Stopping Vehicles : Cars on the run have proven to be dangerous for citizens. Criminal offenders (from robbery to a simple theft) will take risks to escape after a crime. In most cases the police are unable to chase the criminal due to the lack of efficient means to stop the vehicle safely. This project starts with the knowledge that insufficient technology tools are available to be used as part of a proportionate response. This project will work on a technological solution that can be a “build in standard” for all cars that enter the European market. –

Les voitures en fuites sont dangereuses pour les citoyens ; les criminels n’hésiteront pas à prendre des risques pour échapper à la justice. Dans la plupart des cas, la police est incapable de rattraper le criminel faute d’un moyen efficace pour arrêter le véhicule en toute sécurité. Ce projet débute en sachant qu’il n’y a pas encore d’outils technologiques disponibles pour une réponse proportionnée. Ce projet travaillera sur une solution technologique qui pourra être standardisée à toutes les voitures entrant le marché européen.

De prime abord, cette idée n’est pas à proprement parler complètement idiote. À l’instar d’un enfant qui a toujours le choix d’arrêter net sa voiture télécommandée avant qu’elle ne tombe dans un trou inopportun, le principe qui consiste à couper le moteur d’une voiture alors qu’un criminel tenterait de s’enfuir à son bord est séduisante : plus de course-poursuite, plus de risques pris par le malfaisant pilote, plus de donuts policiers rageusement jetés dans une poubelle pour pouvoir s’engouffrer les mains libres dans la voiture de patrouille toutes sirènes hurlantes et partir en chasse dans un crissement furieux de pneus surchauffés, et surtout, plus de litrons d’essence brûlés dans une débauche énergétique ni durable, ni bisou.

CopDonut

Mais voilà : le diable se cache dans les détails.

D’une part, sur le plan technique, ce n’est (heureusement) pas encore plié : arrêter une voiture à distance suppose par exemple qu’elle puisse recevoir le signal d’arrêt un peu n’importe où, ce qui impose des contraintes fortes en termes technologiques ; ainsi, où doivent être positionnés les émetteurs pour être sûrs d’envoyer un message reçu par le véhicule ? Comment s’assurer que le message ne soit envoyé que par des forces de l’ordre et pas par des petits malins qui, à leur tour, stopperaient les policiers ? D’autre part, comment s’assurer que le boîtier ou le dispositif d’arrêt contrôlé ne sera pas purement et simplement enlevé dans les voitures prises par les malfaiteurs, ce qui aboutirait à une situation où les honnêtes citoyens pourraient voir leur véhicule immobilisé pour un oui ou un non, pendant que les criminels et les petits malins, eux, seraient toujours libres de se déplacer comme ils l’entendent ? (Tout parallèle avec la détention et le port d’arme sera écarté, parce que ce n’est pas pareil et puis c’est tout.) Et puis, on l’oublie un peu vite, mais s’il est relativement simple d’empêcher une voiture de démarrer, arrêter une voiture en pleine course peut rapidement s’avérer dangereux si le dispositif ne le fait pas correctement, et on n’est jamais à l’abri d’une réaction inapproprié du conducteur…

Plus délicat, la question de savoir comment s’assurer que ce message ne sera envoyé qu’à bon escient par les forces de l’ordre reste délicate à traiter et c’est ce qui rend l’ensemble du dispositif particulièrement scandaleux : la dérive est évidente, qui permettrait à une autorité d’empêcher certains de ses citoyens de se déplacer comme ils l’entendent, en utilisant des prétextes adaptés (par exemple au hasard, la lutte contre le terrorisme ou les pédonazis des autoroutes qui pullulent dernièrement). Mieux : si on peut empêcher une voiture de rouler, on peut alternativement lui limiter l’accès à certaines portions du territoire, ou lui imposer un bridage électronique de sa vitesse.

donut copsBien sûr, un tel dispositif rendrait caduc les radars, ce qui veut dire que l’État y réfléchira à deux fois avant de le mettre en place. Mais d’un autre côté, le bénéfice retiré d’une flotte de véhicules civils tous parfaitement obéissants n’est pas à négliger dans cette période où l’on cherche tous les jours à retirer des mains d’adultes anciennement responsables tout ce qui offre des coins durs et potentiellement douloureux, ce qui pourrait les blesser ou les rendre plus libres de leurs allées et venues.

Le procédé technique reste, pour le moment, de la science-fiction. Mais soyez certains que les années prochaines verront se lever chacun des obstacles à sa réalisation et lorsqu’il faudra installer les boîtiers de contrôle, nos policiers européens seront prêts. Comme je le notais dans un billet précédent, l’État et ses thuriféraires n’hésiteront jamais à mettre leur nez et leurs doigts dans les nouvelles technologies si elles leur permettent d’accroître leur pouvoir, quand bien même le résultat est, au final, désastreux. Le principe des objets connectés est, de ce point de vue, plus qu’alléchant.

Et appliqué aux voitures, c’est, véritablement, le rêve humide des totalitaires.

J'accepte les Bitcoins !

1AgKEPfBQCKdEdvm45FydsWokqkHLvaSwA

Vous aussi, foutez Draghi et Bernanke dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2014/02/04/28900-les-bonnes-idees-policieres-de-lunion-europeenne


Les Français favorables à des propositions-choc sur le chômage, vraiment ?

lundi 3 février 2014 à 09:00

Selon un sondage étonnant demandé par iTélé et le Parisien et réalisé par BVA, les Français seraient soudainement prêts à entendre les propositions de la CGPME, pourtant qualifiées de « choc » par les journalistes et les sondeurs. Un changement serait-il en train de s’opérer dans les mentalités ? Des idées nouvelles, innovantes et qui pourraient frôler le succès de façon crédible auraient-elles été émises ? Rassurez-vous, tout ceci est très exagéré.

shy cat propositionsEn réalité, lorsqu’on épluche tant les propositions de la CGPME que les petits articles de presse qui décrivent les résultats du sondage en question, on se rend compte qu’en fait de propositions-choc, on a quelques éléments factuels qui, effectivement, détonnent dans le brouhaha ambiant habituel sur le chômage, mais qui, il faut bien le dire, restent encore bien timorés.

Ainsi, d’après le sondage, deux tiers des Français seraient favorables à une radiation automatique des chômeurs qui refusent plus de deux offres « raisonnables » d’emploi, charge je suppose au législateur de définir ce que raisonnable veut dire, avec les tombereaux de cas complexes et de cris syndicaux qu’on imagine sans mal. Plus piquant encore, 61% souhaiteraient « exclure du régime spécifique des intermittents les techniciens du spectacle, qui pourraient être soumis au droit commun » ; à l’évocation d’une telle proposition, la neige risque bien d’envahir les écrans télés, et nombre de spectacles, films et autres animations cultureuses se verront brutalement arrêtées, à n’en pas douter. Enfin, 59% estiment nécessaire la mise en place d’une dégressivité des allocations à partir d’un an, ce qui provoquera probablement l’une ou l’autre manifestation bloquante dans les rues de Paris et d’ailleurs.

Pas de doute, ces propositions méritent effectivement le qualificatif de « choc » lorsqu’on les replace dans le contexte d’habitude clairet des ajustements que les gouvernements s’emploient à bricoler pour combattre le chômage. Cependant, ces propositions se limitent à la partie « indemnisation du chômage », et visent essentiellement à diminuer le déficit catastrophique de cette couverture collectiviste.

Sur le plan de la lutte contre le chômage, on comprend donc que ces projets ne sont qu’un début. Et si (soyons fous) on voulait vraiment lutter contre le chômage français, il faudrait aller plus loin. Et pour le coup, le terme de « choc » sera probablement un euphémisme.

Ainsi, un des éléments clefs pour toute entreprise dans sa démarche d’emploi est la sécurité fiscale ; un moratoire des taxations, des bidouillages fiscaux et sur la production démente de lois par le monstre de Bercy constituerait une véritable révolution tant l’habitude aura été prise, par tous les gouvernements sur (au moins) les quarante dernières années de « résoudre » des problèmes par la ponte régulière d’une nouvelle loi, d’une nouvelle taxe, d’un nouvel impôt et d’une nouvelle complexification des codes. Garantissez, pendant une période significative (5 ans, par exemple), l’absence totale de loi nouvelle en matière fiscale et vous assurez aux entreprises un environnement stable propice à l’embauche.

Évidemment, la législorrhée actuelle relègue cette proposition au rang de rêve éveillé.

Timidement proposée et de façon indirecte dans le document de la CGPME, la baisse des charges constitue aussi une excellente piste pour inciter les embauches. Pour cela, on peut effectivement coupler cette baisse avec celle des indemnités, éventuellement laissée à l’appréciation du couple employeur / employé. Rassurez-vous : ceci hérisserait suffisamment de politiciens, de syndicalistes et de Français en général pour s’assurer que jamais une telle proposition ne verra la moindre application.

On pourrait aussi se baser sur les expériences des autres pays qui ont constitué des exemples en grandeur réelle de ce qu’il faut faire (ou éviter). Ainsi, la réduction notable du temps de couverture, par exemple en le plafonnant à une année au maximum, a donné des résultats significatifs dans plusieurs pays, dont le Danemark dont j’ai déjà parlé ici. Oui, réduire le temps d’indemnisation réduit le taux de chômage, mais non, ce sera pas mis en place dans le pays parce que c’est à peu près équivalent à croquer du chaton en place publique, c’est assez mal vu.

Cependant, la proposition-choc, celle qui cogne directement dans les parties sensibles, celle qui permettrait d’obtenir un résultat immédiat et qui donnerait réellement un nouveau souffle au pays, celle qui transformerait durablement l’entrepreneuriat français, actuellement acte de torture chinoise masochiste que certains s’impose par naïveté, en réelle opportunité pour créer de la richesse et des emplois sereinement, ce serait la remise à plat complète et définitive du code du travail pour en limiter la portée, l’épaisseur et le détail à un minimum aussi faible que possible, avec à la clef l’abolition du SMIC et du temps maximum de travail.

En général, ici, les politiciens, qui n’ont jamais été équipés ni pour se renseigner vraiment sur ce qui se fait hors de nos frontières, ni pour seulement réfléchir, pètent vigoureusement un câble, suivis très vite par les syndicalistes traditionnels qui, éructant immédiatement quelques jurons gutturaux, accumuleront alors bave aux lèvres et yeux injectés de sang pendant que leurs membres aux muscles brusquement turgescents seront pris de spasmes violents sous l’effet d’une furie colérique indomptable.

Abolir le code du travail ? Sucrer le SMIC ? Faire sauter les limitations de temps de travail ?

supprimer le code du travail

Ah je vous avais prévenu : ici, on est dans la proposition-choc, la vraie, celle qui déclenche des petites bouffées meurtrières des organisations syndicales et des politiciens accrochés comme pas deux à leur terreau de chômage et de salariés captifs sans lesquels leur utilité et leur représentativité tombe rapidement à zéro… En réalité, si cette proposition semble à ce point iconoclaste, elle n’en reste pas moins tout à fait crédible et applicable pour obtenir l’effet désiré, à savoir une réduction du chômage.

Ainsi, les observations empiriques montrent que plus un marché du travail est flexible, plus le chômage sera bas et inversement, plus il est contraint, plus le chômage augmente.

Ainsi, on peut noter que bien des pays ont un code du travail bien plus léger que le code français, qui grossit chaque semaine de plusieurs articles là où la plupart des autres n’est que rarement tripoté par le législateur. Le code du travail suisse, par exemple, ne fait que quelques dizaines de pages à comparer aux centaines de pages et milliers d’articles qui compose le notre avec les résultats débilitants, kafkaïens et contre-productifs que nous observons tous les jours. Et qu’on ne vienne pas me dire que la Suisse est le paradis des tortionnaires, des sweat-shops et des esclaves. L’absence de SMIC y est aussi constaté, et tout comme dans d’autres pays (l’Allemagne), cela n’empêche pas le salaire moyen et le revenu moyen d’être supérieur à celui des Français ; et au contraire de ce que peut prétendre les collectivistes en culotte courte qui sévissent en France, ceci n’est pas un hasard.

antigone code du travailMais voilà : comme je le remarque plus haut, ces propositions, qui ont eu des effets notables et positifs au Danemark, qui montrent tous les jours leur efficacité dans les pays nordiques, en Suisse, en Allemagne, tout cela ne résistera jamais à la fureur des syndicats et des politiciens pour lesquels il faudra une autre proposition, celle qui consiste à, d’une part, retirer le politique du contrat de travail, qui ne doit être que le résultat d’une négociation entre adultes consentants (l’employeur et l’employé), sans y ajouter le rôle de l’État dont les 50 dernières années en France ont montré qu’il n’amène que misères et décrépitude. Et d’autre part, il faudra impérativement revoir le rôle des syndicats, dont la représentativité nanoscopique ridicule donne une indication claire de leur rôle dans l’économie.

On le comprend : toucher ainsi à plusieurs Graal (le SMIC, le code du travail, le rôle de l’État, le rôle des syndicats) assure de façon certaine que non, les Français ne sont pas favorables à des propositions-choc pour lutter contre le chômage, et que tant qu’ils ne le seront pas, le chômage continuera d’occuper une part importante du paysage économique français, pour leur plus grand malheur.

Pire : comme aucune de ces propositions ne sera jamais mise sur la table, et comme aucune des propositions, plus timorées, de la CGPME ne le seront non plus, la situation de l’emploi en France, déjà très mauvaise, continuera d’empirer.

Indéniablement, ce pays est foutu.

J'accepte les Bitcoins !

1JBxffPSj7NFHyB6xMUhQSxG87MfDyDPm2

Vous aussi, foutez Draghi et Bernanke dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2014/02/03/28879-les-francais-favorables-a-des-propositions-choc-sur-le-chomage-vraiment


Fleur Pellerin, French Tech, Hadopi et foutage de gueule

dimanche 2 février 2014 à 10:00

Aujourd’hui, parlons numérique. Ça tombe bien, il y a abondance de matière actuellement, et notamment du côté politique où l’on sent que certains s’agitent encore (à nos frais) pour tenter de tirer la couverture à eux.

Fleur PellerinEt qui mieux que Fleur Pellerin pour incarner cette petite agitation sporadique dans le domaine ? Qui mieux qu’elle peut intervenir dans les marchés numériques et mettre ce petit brin de pagaille et de dépenses publiques inutiles pour montrer que le gouvernement fait quelque chose, alpha et omega communicationnel de tout gouvernement français qui sait qu’il aura un bilan à établir au moment des élections ?

Et donc, pour ne pas déroger à la tradition d’une agitation trimestrielle dépensière, la Fleur gouvernementale nous aura donc gratifié à la fin de ce mois de janvier du lancement officiel de la French Tech, mouvement de mobilisation collectif initié par le gouvernement en novembre 2013, dont le but ambitieux est de favoriser en France les startups numériques et y rétablir l’image du pays en matière d’innovations numériques, puis de développer un écosystème s’appuyant sur ces jeunes pousses, les investisseurs, les écoles et les universités.

Et concrètement, ceci se traduit donc par l’habituel bric-à-brac de mesures diverses aux couleurs acidulées et proposées dans des packaging vitaminés d’une communication dopée au pognon des autres, le plus facile à dépenser ; la French Tech, c’est par exemple la création d’une labellisation Made By Government, destinée à distinguer les métropoles qui claquent dans le numérique une quantité notable de thunes du contribuable. Mais la French Tech, c’est aussi une « mise en visibilité internationale » et un « programme d’accélération » à base d’argent privé et d’argent public. Et enfin, parmi toutes les autres choses concrètes et palpables que représente la French Tech, on trouve bien sûr une enveloppe de 15 millions des ressources financières en provenance directe de vos poches pour soutenir des campagnes marketing, destinées à renforcer la visibilité de cette magnifique French Tech hors de nos frontières.

la french techAh et j’oubliais : la French Tech, c’est aussi (et bien sûr) un site web au design … gentillet et une identité graphique tout à fait sympatoche à base de coq rose. Je vous laisse découvrir ce joli morceau de bravoure avec de vrais morceaux de fruits secs dedans. Et n’insistons pas trop lourdement sur le fait que, 48h après le lancement, la bousculade de commentaires, de retweets et partages facebook permette au site de s’envoler dans les classements les plus prestigieux, ahem broum bref enfin bon.

dilapisSi vous avez l’impression qu’encore une fois, les robinets à pognon public viennent de s’ouvrir, c’est normal puisque c’est exactement ça. Bien sûr, de l’argent privé est abondamment sollicité et sera aussi mobilisé dans l’opération ; mais il le sera d’autant plus facilement que l’État et ses ressources fiscales inépuisables seront derrière. Notez aussi que cette ouverture de sprinklers étatiques sera très finement adaptée pour arroser les bonnes startups. Je vous laisse ici imaginer ce que bonnes veut dire dans le contexte du capitalisme de connivence qui ruine la France depuis 40 ans : ne vous inquiétez pas, tout se passera remarquablement bien, comme d’habitude dans ce genre d’initiatives, puisqu’il s’agit d’investissements et pas de subventions ! Derrière, comprenez-vous, la Caisse des Dépôts et Consignations attend un retour avec du bénéfice et du rendement, mes petits amis, ce qui garantit que tout se terminera en chansons.

pellerin karaoke

Et si je parlais plus haut de bric-à-brac habituel, c’est bien parce que l’initiative de Fleur Pellerin, aussi pimpante soit-elle, s’inscrit dans cette longue tradition de résolutions et autres plans gouvernementaux pour faire en sorte que la France soit une terre de numérique tagada et d’innovation tsoin-tsoin. Et à chaque fois, ces plans, ces initiatives, ces résolutions, ces trucs, bidules et machins publics se sont traduits par le souvenir ému et parfois humide d’émotion de cet argent dépensé en pure perte mais ô combien rigolo à narrer dans les repas de famille. Qui ne sourit pas lorsqu’il évoque les TO7 du plan calcul ? Qui n’a pas chez lui, dans sa cave, un vieil exemplaire d’un minitel qui fonctionnerait si un serveur était au bout ? Qui n’aura pas conservé un petit terminal Bibop de France Télécom dont l’expérience ruineuse aura fait bondir la Cour des Comptes ? Plus proche de nous, qui peut avoir oublié les grandes avancées technologies insufflées par le gouvernement Fillon en 2008, pour aller chercher de la croissance avec les dents numériques ? Qui pourrait passer sous silence la réussite extraordinaire de Frédéric Mitterrand en 2010 avec son plan d’action en faveur du jeu vidéo qui a connu ensuite une croissance fulgurante en France ? Ou qui aurait pu oublier le passage tonitruant de Eric Besson à l’économie numérique entre 2010 et 2012 et le bouillonnement numérique qui en aura résulté ?

Oui, je sais, l’historique des ratages est cruel, mais il permet de conserver à l’esprit une chose évidente : on est en train de mettre en place un nouveau bidouillage gouvernemental qui aboutira, comme tous les autres, à la même bouillie vague et froide, composée pour trois-quarts d’argent public dépensé n’importe comment, d’une pincée de vœux pieux et de cette solide dose de médiocrité moyenne qui permettra de reléguer l’expérimentation au rang de vague souvenir honteux après une soirée trop arrosée.

Logo HADOPI : haute autorité destinée à observer les petits internautesEt le plus beau, c’est que pendant que Fleur lance ses trucs et ses machins, elle ne s’est toujours pas occupée d’arrêter les autres tuyaux d’arrosage public qui débitent toujours autant à droite et à gauche, au premier rang desquels on trouve bien sûr la HADOPI, cette excroissance sarkozienne tumescente dont une gauche empêtrée dans son incompétence n’arrive toujours pas à se débarrasser.

On apprend en effet qu’après moult atermoiements ridicules et même en tenant compte des résultats nanométriques de la Hototorité, il n’est toujours pas à l’ordre du jour de sucrer purement et simplement l’entité qui a pourtant largement démontré sa capacité de nuisance en terme d’argent public. Le seul succès de HADOPI, c’est dans la neutralité du net : tout le monde s’accorde en effet pour noter la totale absence d’impact de son existence même. Conclusion logique ? Il faut adosser le coûteux bidule au CSA, pardi ! Et pour ce qui est de la mission, elle restera identique, à base de gros yeux d’abord (e-mail d’avertissement), puis de mot aux parents (lettre recommandée) et enfin, d’une déconnexion ah non impossible disons d’une amende de 60€, et oui c’est du grand n’importe quoi mais on ne change pas une équipe qui perd (de l’argent).

Non, décidément, Fleur n’a pas le temps de s’occuper de la HADOPI, petite boule d’épines douloureuses et sans intérêt. Mieux vaut plutôt évoquer en séance, à l’Assemblée Nationale, un nouveau projet de loi sur le numérique, parce que la French Tech, ça ne suffit pas. Quand je vous ai parlé d’agitation sporadique, je n’exagérais pas.

Il faut lire les débats, suscités par la ministre déléguée des lois sur les intertubes et les bidules numériques qui font pouic, qui ont eu lieu à la chambre basse sur la protection de la vie privée sur internet ; c’est à leur lecture qu’on découvre toute l’ampleur de l’hypocrisie galopante de nos élus et la duplicité lamentable de l’État et de ses représentants en la matière.

On peut ainsi remarquer la décontraction avec laquelle les uns et les autres évoquent le cas Snowden pour louer le courage de l’homme et l’impérative nécessité d’avoir, dans nos démocraties, ce genre de lanceurs d’alerte pour éviter de laisser l’État seul à ses turpitudes sécuritaires ; pourtant, aucun de ces élus n’avait moufté lorsque la France, phare du monde moderne, patrie des Droits de l’Homme entre midi et deux les jours fériés, avait refusé de l’accueillir sur son sol. Aucun de nos ministres, aucun de ces députés ou de ces sénateurs qui bougent maintenant vigoureusement leurs petites lèvres pour exprimer vivement leur amour de la liberté d’expression n’avaient à l’époque émis des protestations lorsque la France avait fait dérouter l’avion du Bolivien Evo Morales soupçonné d’emporter Snowden à son bord ; pourtant, alors que la bourde diplomatique méritait à elle seule une véritable bronca, la France tant vantée par le discours actuel de ces hypocrites serait certainement sortie grandie d’avoir offert l’asile Snowden.

Comment ne pas sourire, désabusé, de lire que nos députés comprennent bien que certains utilisent les menaces terroristes pour accroître la société de surveillance étatique généralisée, de lire qu’ils s’élèvent doucement contre cet état de fait et qu’ils dénoncent les démagogues qui fournissent « les excuses habituelles pour justifier une surveillance totale », et comment ne pas se rappeler que tant d’entre eux n’ont pas pipé un mot lorsque l’article 20 de la récente loi de Programmation militaire est passée, comme une lettre à la poste ?

Alors, lorsque Fleur nous explique, dans un exposé extrêmement flou et farci de concepts creux, qu’il nous faut une nouvelle loi numérique pour lutter contre les pédonazis, assurer la neutralité du net, aider les entrepreneurs, pour susciter l’innovation, pour alléger les tracasseries administratives et resynchroniser la France avec le 21ème siècle, l’avalanche de niaiseries, les hypocrisies et les foutages de gueule précédents reviennent tous simultanément et déclenchent une fermeture étanche des sphincters avant l’inévitable plongée en eaux troubles qui se prépare manifestement.

Ne vous y trompez pas : chaque intervention d’un ministre dans le domaine s’est systématiquement traduite par une bordée de LOL, une avalanche de Facepalms, et une (grosse) dépense publique inutile. Le « track-record » de Fleur Pellerin n’échappe pas à la règle et on sait déjà que tous ces foutages de gueule se termineront par des finances appauvries, des libertés amoindries et des occasions manquées.

Quand comprendront-ils donc tous que nous n’attendons qu’une chose : qu’ils arrêtent d’y mettre les doigts ? Qu’ils s’en tiennent loin, aussi loin que possible ?

cat facepalm

J'accepte les Bitcoins !

1r7kC19wGPDu2Yguz3tcBtmwtu2fvdqMS

Vous aussi, foutez Draghi et Bernanke dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2014/02/02/28851-fleur-pellerin-french-tech-hadopi-et-foutage-de-gueule