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Made in France, E18 : « RSI-gît »

vendredi 6 juin 2014 à 09:00

Tranches de vie ordinaires en République Démocratique (et Populaire) Française, imaginées mais pas dénuées de réalité – Épisode 18 : « RSI-gît. »

Par h16 et Baptiste Créteur.

La France est un pays d’ordre et de méthode. Il y a des choses qui se font, d’autres qui ne se font pas, mais quoi qu’il arrive, s’il y a une procédure pour les unes et les autres, elle sera appliquée à la lettre. Qu’on postera avec assiduité, tant que cela sera nécessaire. C’est d’ailleurs cette application rigoureuse de la méthode qu’a pu tester Marisol.

Marisol, c’est la femme de Louis, un travailleur indépendant, et un indépendant très travailleur. Comme tout indépendant, Louis cotise bien sûr au RSI, le « Régime Social des Indépendants ». Seulement voilà : même si Louis est fort travailleur, la conjoncture n’est pas toujours tendre et après des mois, puis des années difficiles, son activité a diminué tant et si bien qu’il ne parvient plus à faire face à ses charges et cotisations. Les jours passent, et ajoutent à son désespoir qu’on peut d’ailleurs mesurer, règle graduée en main, à la hauteur toujours plus imposante de la pile de courriers de relance des différentes administrations réclamant leur pitance toujours plus fort, comme des petits poussins affamés. Et constamment, l’administration la plus insistante, la plus demandeuse, la moins disposée à accorder des délais est précisément le RSI. Au vu du nombre de relance et de l’acharnement de l’organisme, Louis s’est plusieurs fois demandé si l’acronyme ne cache pas une sale blague, celle d’un organisme qui entend mettre vraiment les indépendants au régime.

Les derniers courriers sont plus que menaçants, ils virent à l’agressif. L’appétit féroce du Régime n’est toujours pas comblé, des actions coercitives vont être menées, des huissiers vont être lâchés, des comptes seront fermés, des poursuites seront engagées… Et des issues seront bouchées.

foutralysAprès s’être fait tout seul, Louis se fait tout petit. Ces relances, quasiment belliqueuses, l’inquiètent, l’obsèdent, l’obnubilent. Petit à petit, Louis s’assombrit. Marisol sent bien son mari se renfermer, mais elle ne sait pas plus que lui quoi faire pour calmer les fringales du gros régime joufflu. Jusqu’à ce jour fatidique où, ne parvenant plus à faire face, Louis commet l’irréparable. Dans la lettre où il explique son suicide, rédigée au dos d’un courrier de relance où des montants obscènes sont mentionnés en gras, Louis explique qu’il ne supporte plus l’idée de voir débarquer chez lui des huissiers venus saisir ses biens, lui qui a toujours promis de prendre soin de Marisol. L’absence de toute pitié de l’organisme inhumain, le harcèlement bureaucratique paperassier de plus en plus ubuesque, les longues heures à se cogner au téléphone du Vivaldi mal découpé ou du Chostakovitch en distorsion, en pure perte, auront poussés le brave homme à l’irréparable, à l’abandon, au bail-out terminal.

cerfa travail dissimuléBon. C’est très triste, tout ça, mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : Louis une fois mort et enterré, le RSI a toujours faim. L’équilibre financier de ses caisses est bien plus fragile encore que l’équilibre mental de Louis à quelques secondes de son geste. Le recouvrement des sommes dues ne peut donc attendre la fin du deuil de Marisol. Et puis le mélodrame, tout ça, ça va bien cinq minutes, mais il y a des courriers de relance à écrire, des courriers à mettre sous enveloppe, des enveloppes à timbrer puis à envoyer, et tout ça n’est pas gratuit, ça coûte même un paquet de pognon, ma petite Marisol. Il faut bien que quelqu’un paye et même si Louis s’est désisté d’un coup de pied non chaland à la chaise qui le soutenait, ce n’est pas pour ça qu’on doit s’arrêter de réclamer en si bon chemin.

Sauf que Marisol n’entend pas tout à fait se laisser faire. Prise de colère devant une telle indécence, elle répond à la dernière missive et enjoint les agents du RSI « de lui écrire au cimetière. », puisqu’après tout, c’est là qu’il réside à présent.

Ce qui devait arriver arrive bien évidemment, et puisqu’il faut écrire au cimetière, le RSI le fait. Louis reçoit donc bien sa lettre au cimetière ; ou plus exactement, elle est remise à Marisol par un jardinier inquiet qu’on puisse écrire à un mort. Et lorsqu’une brève explication lui est donnée, il est même choqué d’apprendre que l’objet de la correspondance est le recouvrement de sommes dues.

« Même au cimetière, ils ne vous laissent pas tranquille. »

Avec un tel cadre, il n’est guère étonnant que l’affaire fasse un peu de bruit, au point que les journaux locaux s’emparent de l’affaire, sur le mode « En page 4, Marisol et son histoire ». Mais quand bien même le RSI poursuit-il des cadavres de ses encombrantes relances, il lui en faut plus pour s’excuser. La procédure reste la procédure, la méthode de recouvrement reste en place, les sommes dues sont toujours dues, et ce, même si Louis n’est plus.

Et tout est clair, limpide et parfaitement expliqué sur les courriers que Marisol peine à déchiffrer, ses gros yeux pleins de larmes : les sommes dues se résument à l’ultime cotisation de Louis, qui permettent de couvrir ses prestations santé un bon gros trimestre après son décès (des fois que) ainsi que toutes les cotisations relatives à l’activité professionnelle postérieure à son décès, quand bien même la cessation de cette activité avait été effectuée dans les temps et dans les formes. Et peu importe que le décès ait été enregistré dans les règles : pour le RSI, la mort n’est pas une raison suffisante pour arrêter inconsidérément d’assurer sa santé.

socialsecurity

Le cœur brisé, le ventre retourné et l’esprit plein d’une colère sourde, Marisol s’empresse de régulariser l’ultime cotisation de Louis, se fendant tout de même d’une lettre incendiaire au RSI où elle demande explicitement à être laissée tranquille.

Sans succès.

Cerfa euthanasie simplifiéeRien n’arrête une procédure lancée avec méthode. C’est précis et pointu, ces petites choses-là. C’est comme sur des rails : une fois lancé, rien n’arrête le train du RSI. On a à peine le temps de dire « non merci » qu’on est déjà arrivé à ces destinations où seul le travail rend libre. Moyennant quoi, le RSI continue donc ses relances, ses injonctions de payer, ses mises en demeure, et ses autres lettres compliquées auxquelles Marisol ne comprend plus rien.

Dans sa tête, tout tourne de plus en plus vite. L’étau est maintenant aussi resserré autour d’elle qu’il l’était sur son mari quelques semaines auparavant. Dans un ultime sursaut, cynique et narquois, elle écrit à l’organisme une missive dans laquelle elle lui demande d’adresser ses prochaines relances « à Saint-Pierre, qui transmettra ». Puis, du même geste que Louis, Marisol pousse la chaise qui la retient encore ici-bas.

Sur sa tombe, recouverte de courriers de relance, figure désormais un épitaphe unique au monde : « RSI-gît Marisol ».

Vous vous reconnaissez dans cette histoire ? Vous pensez qu’elle ressemble à des douzaines de cas relatés par la presse ? Vous lui trouvez une résonance particulière dans votre vie ? N’hésitez pas à en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Source : http://h16free.com/2014/06/06/31650-made-in-france-e18-rsi-git


Bernard Monot, l’économiste du Front National, serait libertarien ? Vraiment ?

jeudi 5 juin 2014 à 09:15

Comme la France baigne dans un abominable bain d’ultralibéralisme, les électeurs en ont eu marre et votent donc, de plus en plus, pour le Front National. Cependant, pour toute la gauche, ce même vote est tragique tant le Front National est ultralibéral. Quant à la droite, elle est officiellement contre toute forme d’ultralibéralisme, son leader naturel, Sarkozy, s’étant plusieurs fois exprimé en ce sens.

le honzec - la domination libéraleIncroyablement, dans cet océan de lutteurs farouches contre toute forme de libéralisme, qu’il soit ultra ou néo, un homme apparaît en décalage, d’autant plus qu’il est l’économiste officiel du Front National : Bernard Monot n’y va pas par quatre chemins et se déclare même « libertarien en matière économique ». De nos jours, voilà qui a au moins le mérite d’être fort couillu. Et le bougre réitère même en précisant le fond de sa pensée :

Nous nous inspirons très fortement de l’école autrichienne d’économie par opposition à l’école de Chicago qui nous a conduits dans la situation où nous sommes.

Ah, pour sûr, balancer une telle bombe dans le paysage économico-politique français, sans prévenir, alors qu’il est rempli de façon exclusive au mieux de keynésiens, au pire de collectivistes marxoïdes, c’est s’assurer d’une attention toute particulière des médias, ne serait-ce qu’en provoquant une épidémie de crises cardiaques. D’autant qu’un examen rapide de sa fiche Wikipedia pourrait laisser supposer qu’il sait de quoi il parle : après tout, il annonce être un spécialiste des marchés financiers qui a travaillé chez Natixis, Allianz et HSBC avant de rejoindre la Caisse des Dépôts et Consignations.

Il y a cependant un petit quelque chose qui gêne. Ce n’est pas dans le fait, improbable mais pas impossible, que le FN ait réussi à dénicher quelques économistes un peu crédibles à présenter dans une presse avide de scoops rigolos. Ce n’est pas non plus dans l’idée assez rocambolesque que le Front se serait donné la peine d’écrire vraiment un programme économique au-delà des gimmicks faciles de tribuns auxquels nous ont habitués les Le Pen ; après tout, une fois qu’on a chopé une ou deux personnes un peu versées en micro et en macro-économie, établir un plan n’est pas très compliqué, puisqu’il suffit de manipuler suffisamment de jargon et de petits graphiques pour donner le change.

Ce qui gêne véritablement c’est l’émulsion instable d’huile essentielle de libertarianisme ou même de libéralisme avec une grosse quantité d’eau tiède socialiste à tendance nationaliste. C’est tellement improbable que cela mérite qu’on regarde ça de plus près.

bernard monot

Et ça tombe bien, le programme du FN en matière économique, et notamment un plan de désendettement de la France, est disponible en ligne. Et pour y être, il y est : c’est long, parsemé de petits graphiques acidulés (qui montrent une maîtrise correcte de Excel, encore que la version doit dater un peu à en juger les couleurs abominables choisies pour ne surtout pas discriminer les daltoniens), et ça part dans une explication touffue de l’état des lieux.

Partons du principe que l’analyse est correcte, et regardons ce qui est préconisé. Lorsqu’on épluche le programme, force est de constater qu’il s’agit d’une avalanche d’interventions de l’Etat préconisées pour à peu près tous les problèmes, et de toutes les façons possibles. Dans l’agriculture, on trouve des créations de Caisses, de Fonds d’intervention, des lois pour obliger ceci ou cela, de la régulation par paquet de douze. Pour l’emploi et l’industrie, là encore, on régule, on accroit de façon autoritaire les fonds d’amorçage, on crée une Banque Publique de Financement, on décide de la même façon une réindustrialisation par l’utilisation habile d’une Planification Stratégique de la Réindustralisation qui roxxe du mouton, une batterie de droits de douanes plus ou moins féroces (parce que, c’est bien connu, ça marche !). Pour que tout ça fonctionne, il faudra recentraliser (les données, les administrations), et bien sûr modifier quelque peu la fiscalité… Et pas en alignant celle du travail sur celle du capital, mais l’inverse. Ce qui, mes petits amis, ressemble furieusement à l’enfer fiscal que nous met actuellement en place Hollande, mais ce n’est pas important, puisque c’est l’adversaire et donc, il a tout faux.

Dans l’ensemble des nombreuses pages consacrées aux violentes fessées économiques que le Front National entend administrer aux Français pour les renvoyer dans les années 50 pardon vers les sommets économiques qu’ils n’auraient jamais dû quitter, il surnage de surcroît quelques éléments clefs, fort bien résumés par Gaspard Koenig dans un récent article du Point : du planisme à gogo, de la nationalisation en veux-tu, en voilà, un sain retour aux frontières douanières, et une pincée de prix règlementés, voilà qui fait un cocktail délicieux.

Bien évidemment, c’est parfaitement consternant sur le plan économique, puisque chacune de ces recettes a été consciencieusement essayée par d’autres pays, dans d’autres époques, ainsi que par la France, tant jadis que maintenant, sous diverses formes. Et, bizarrement, ces « solutions » ont régulièrement prouvé leurs effets d’autant plus néfastes sur l’économie qu’ils étaient bénéfiques pour les politiciens qui les employaient. En outre, tout ceci sent délicieusement tout autre chose que le libéralisme, qu’il soit « autrichien », néo, ultra, turbo ou même faisandé. Eh oui : quand ça a l’odeur du socialisme, la couleur du socialisme, et la forme du socialisme, c’est plus que probablement du socialisme.

FN youpi cette fois ci c la bonne

Mais il y a pire, et c’est dans le délire monétariste qu’on peut le lire. Pas de doute, il faut au moins un économiste aux poignées d’une telle brouettée d’inepties : si l’on peut encore argumenter sur la sortie de l’Euro (qui n’aurait rien de simple, ne résoudrait pas les problèmes structurels français, indépendants de la monnaie, mais reste techniquement possible), on voit mal comment une dévaluation pourrait aider l’économie. À moins bien sûr de considérer que le condamné qui creuse sa tombe sous la menace d’une arme aide son assassin…

Non, décidément, Monot peut bien se déclarer libertarien à tendance pastafariste, tout indique aux traces qu’il a laissées dans le programme économique du Front National soit qu’il n’a rien compris aux théories libérales, soit qu’il a laissé libre-cours aux délires étatistes habituels de sa patronne. Tout se passe comme si Sulzer, Monot et de Rostolan (ou de la Tocnaye, peu importe au final), le groupe semi-officiel d’ « économistes » du FN, s’étaient réunis il y a quelques années déjà autour d’une table pour parler économie, avec une solide bouteille de whisky, pour finir morts bourrés. Le résultat, largement retravaillé ensuite, donnerait probablement le galimatias vichyste qu’on peut lire.

Et si, à l’époque, en effet, il pouvait traîner au Front quelques libéraux égarés, soit ils sont partis depuis, soit ils ont perdu toute crédibilité dans le domaine libéral. Au départ, Monot devait probablement faire partie de ce bataillon de cadres qui au début des années 80 se serait retrouvé au RPR mais qui ont choisi le FN après 1986 et la gauchisation galopante du centre-droit due notoirement à Chirac. C’est en effet à cette époque qu’un certain nombre d’individus passés par le RPR (et le Club de l’Horloge) saute le pas et rejoint le Front (Blot et Mégret en font ainsi partie) dans une espèce de pulsion de « national-libéralisme », si tant est que cela puisse réellement exister.

De ce point de vue, il faut conserver à l’esprit que le Front National a toujours fonctionné comme la « voiture balai » de la politique française (par exemple en récupérant dans les années 80 le discours du RPR, qui s’écrasait mollement devant le terrorisme intellectuel de la gauche), alors qu’aujourd’hui, il recycle le vieux discours souverainiste de la fin des années 90. À ce titre, on attend avec délectation les années 2020 où le Front, s’il existe encore, recyclera peut-être les discours délicieusement rétro des années 2000… Décidément, le FN, c’est un peu comme un alcootest pété de la politique en France : toujours positif et toujours coincé sur une couleur bleu marine sans réel intérêt.

Bernard Monot, malgré ses multiples revirements idéologiques (notamment en matière économique) est resté au Front National sans doute parce qu’il y voyait un intérêt personnel (et sa récente élection accrédite cette thèse). Mais de libéralisme ou de libertarianisme, finalement, point.

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Remerciements à Frédéric Mas

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Source : http://h16free.com/2014/06/05/31458-bernard-monot-libertarien-vraiment


Truecrypt : une histoire éclairante

mercredi 4 juin 2014 à 09:00

Une tempête a soufflé la semaine dernière sur Internet. Oh, pas une de ces tempêtes médiatiques basée sur un lolcat truculent, un président enscooterifié ou un buzz médiatique facile, et c’est probablement pour cela que vous n’en avez pas entendu parler. Il n’en reste pas moins que ce qui s’est passé autour de Truecrypt est particulièrement intéressant.

logo truecryptAvant d’aller plus loin, rappelons que Truecrypt est un logiciel gratuit, dont le code source est disponible, qui permet de chiffrer des données sur un disque dur. Le chiffrage est ainsi fait que l’utilisateur légitime, qui fournit son mot de passe au démarrage de la machine, ne voit pas la différence avec un disque dur normal (non chiffré) ; l’encryptage est réalisé à la volée, de façon transparente pour le système d’exploitation ou l’utilisateur. En revanche, un utilisateur qui ne dispose pas de la clé d’accès ne pourra pas lire le disque ainsi chiffré.

Ce logiciel existe depuis une dizaine d’années, et son mode de fonctionnement très simple mais efficace lui a valu une excellente renommée auprès de ses millions d’utilisateurs. Le cryptage utilisé (qui peut être basé sur AES, Serpent et Twofish) est suffisamment solide pour que le FBI, notamment, ne parvienne pas à le casser dans une affaire financière où des disques, saisis comme pièces à conviction, n’ont pas livré leurs secrets après des mois d’analyse par le bureau fédéral américain.

C’est donc avec consternation que mercredi 31 mai, la page officielle du logiciel qui présentait le produit a été remplacée par une page rudimentaire expliquant essentiellement que Truecrypt n’est pas sûr, et que l’utiliser ne permet pas d’assurer la confidentialité de ses données. La consternation est d’autant plus grande que l’ensemble du message est rédigé et signé avec les clés habituelles des développeurs officiels du produit, et qu’il invite les utilisateurs à se rabattre sur Bitlocker pour Windows, produit notoirement connu pour disposer de facilités spécifiques de décryptage pour les autorités américaines. Or, jusqu’à présent, Truecrypt avait pour lui d’avoir résisté à l’épreuve du temps en n’ayant jamais présenté de grandes vulnérabilités. En outre, un audit de la cryptographie utilisée est actuellement en cours pour déterminer sa solidité générale. Les failles rapportées en avril dernier ne montraient en tout cas rien qui permette de classer le produit comme à ce point dangereux à utiliser. D’ailleurs, l’un des pontes de la cryptographie, Bruce Schneier, expliquait récemment continuer à utiliser le produit malgré les quelques problèmes découverts.

Le reste de l’audit permettra peut-être de trouver une faille suffisamment importante pour remettre en cause le modèle utilisé par Truecrypt depuis 2004, année de son apparition, mais on peut légitimement en douter. En tout cas, les exécutables des versions historiques, disponibles sur la version précédente du site avant ce revirement dramatique, n’ont pas montré d’anomalies douteuses.

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La situation est donc particulièrement étrange puisqu’on découvre qu’une équipe, qui a travaillé pendant dix ans sur un produit qui a déjà largement prouvé son efficacité, vient de saborder complètement son travail en redirigeant ses utilisateurs vers des alternatives douteuses. Les rumeurs vont évidemment bon train sur les forums spécialisés, mais essentiellement, trois hypothèses surnagent au milieu des différentes possibilités plus ou moins farfelues :

- D’une part, il pourrait bien y avoir une grosse faille de sécurité, grosse au point que les développeurs ont préféré saborder leur outil plutôt que l’admettre ou tenter de la réparer. C’est évidemment une réaction très étrange d’autant que le code source, largement disponible, aurait permis une correction rapide par la communauté des développeurs intéressés à la survie et à la maintenance du projet.

- D’autre part, il pourrait s’agir d’une méthode de la part de l’équipe de développement pour laisser tomber tout support du produit, et inciter (par la peur, donc) le reste du monde à reprendre en charge le développement. Cette hypothèse intéressante est développée ici, et permet en tout cas de relativiser la disparition de la page officielle et des codes sources des précédentes versions. Du reste, internet étant ce qu’il est, on trouve facilement des bibliothèques qui contiennent toutes les versions de Truecrypt jusqu’à mercredi dernier.

- Enfin, la nouvelle page du site rapidement bricolée tendrait à faire penser à un « warrant canary », expression américaine utilisée dans un cas assez spécifique de législation américaine : en substance, lorsqu’un fournisseur de service reçoit une assignation secrète (essentiellement celles en lien avec le Patriot Act, article 18 U.S.C. §2709(c)), il lui est interdit de divulguer à des tiers son statut légal (grossièrement équivalent à une mise en examen), mais il peut, sur demande d’un client, indiquer si, sur une période donnée, il n’était pas sujet à une telle assignation. Par analogie, l’acte étrange de l’équipe de développement de Truecrypt serait une forme de mise en garde minimaliste permettant de prévenir les utilisateurs que l’ensemble de l’équipe a subi des menaces ou des pressions de la part d’une organisation gouvernementale et qu’à ce titre, l’ensemble des développements de Truecrypt est sujet à caution.

on the internet nobody knows youre a dogL’avenir dira peut-être ce qu’il en est exactement, mais au-delà des péripéties qui secouent actuellement le monde de la cryptographie et celui, plus large, des logiciels de chiffrement de disques à la volée, on peut néanmoins noter qu’encore une fois, la communauté Internet a prouvé sa capacité d’organisation. En effet, moins d’une semaine après l’annonce surprise de l’abandon de Truecrypt est apparu un nouveau site, Truecrypt.ch, dont les auteurs entendent reprendre le flambeau, incorporer les corrections éventuelles que l’audit, toujours en cours, auraient jugées nécessaires, et maintenir le code actuel. On ne peut, à ce stade, présumer de la capacité de ce binôme de développeurs à maintenir le code et le produit, mais leur prompte réaction montre en tout cas que le chiffrement de données personnelles est une idée jugée suffisamment importante pour mobiliser rapidement les énergies.

Et c’est le cas : d’un côté, nous avons des institutions gouvernementales dont les moyens grossissent de façon exponentielle, et dont le but ultime est bien de tout savoir sur vos plus intimes motivations, vos convictions religieuses, politiques ou sentimentales. Pour celles-là, la cartographie précise de chaque être humain est devenu un préalable non seulement nécessaire mais aussi techniquement réalisable (ce qui est encore plus effrayant) à leur soif inextinguible de contrôle. Ces institutions ne reculeront devant aucun moyen pour vous ficher, quand bien même (de l’aveu même de ceux qui y travaillent) la masse de données résultante ne leur sera pas utile pour remplir leur ordre de mission officiel. Terrorisme, crimes et délits, oubliez ça : ces technologies servent d’abord et surtout à surveiller tout le monde.

De l’autre, il n’existe guère que ces moyens cryptographiques pour se préserver quelques domaines de vie vraiment privée, où l’État et ses agences ne pourront venir mettre leur yeux. Il est donc absolument impératif que des systèmes voient le jour, soient maintenus et massivement utilisés pour assurer à chaque humain un minimum de protection contre les grandes oreilles gouvernementales.

Cette affaire Truecrypt montre encore une fois qu’aucune technologie n’est acquise, aucune sécurité n’est trop forte contre les moyens que déploient les États pour asservir leurs populations. Et cette affaire montre aussi, heureusement, que nombreux sont ceux qui en ont conscience et qui sont prêt à sacrifier leur temps et leur savoir pour calmer les ardeurs gouvernementales.

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Source : http://h16free.com/2014/06/04/31539-truecrypt-une-histoire-eclairante


Cette réforme territoriale qui n’a pas eu lieu

mardi 3 juin 2014 à 09:00

Bien malheureusement, tout se déroule comme prévu : annoncée en fanfare par un Président qui cherche désespérément un point d’accroche dans sa dérive politique de plus en plus violente, la réforme territoriale prend forme. Et comme prévu, c’est la forme d’une vessie vide : à peine ébauchée, elle engendre déjà le bruit mou d’un dégonflement ridicule.

vite réformons les régionsEt là où on imaginait facilement des compromis douteux, l’exécutif a correctement dépassé les prévisions en alignant les maladresses coûteuses, tant sur le plan économique que politique. Entre le rattachement du Poitou-Charente au Centre alors que tout le monde s’attendait à le voir rejoindre l’Aquitaine, les contours bretons qui ne changent pas (tout comme les Pays de Loire) alors qu’il y avait une occasion rêvée de rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne, et la région Nord-Pas de Calais qui reste inchangée alors qu’une partie au moins de la Picardie l’aurait avantageusement rejointe, on voit que le bricolage territorial a été fait a minima, sans aucun redécoupage profond et parfois nécessaire pour coller aux réalités de terrain. Tout cela ressemble plus à une manœuvre de calendrier électoral qu’à une réelle refonte administrative et sent bon la précipitation (d’ailleurs confirmée par les grognements de certains élus, tant de droite, prévisibles, que de gauche, qui n’arrivent pas à trouver le découpage proposé à leur goût).

Bref, pour une réforme qui devait sauver le quinquennat, la montagne a accouché de la proverbiale souris, et tout indique que, dans un faux mouvement, elle l’a écrasée. Parce que pour le moment, en termes d’économie, ce bricolage précipité ressemble à l’ajout d’une nouvelle couche subtile, la super-région, dont on voit mal quelle forme physique elle va pouvoir prendre tant le paysage français est déjà largement encombré de structures locales dispendieuses et de corps administratifs pléthoriques langoureusement étalés sur le territoire aux frais du contribuable.

Bien sûr, avec un peu de chance et de courage, cette super-région signera la fin de la couche inférieure (régionale), mais comme je l’ai mentionné dans un précédent article, cela ne se traduira vraisemblablement par aucune perte de poids des collectivités territoriales correspondantes : non seulement, on voit mal des milliers de postes doublonnant disparaître ainsi et venir gonfler les chiffres du chômage, déjà monstrueux, mais en plus, pendant que la super-région va s’organiser, d’inévitables frictions vont avoir lieu (Où installer les bureaux ? Où déplacer les équipes ?), frictions qui vont à l’évidence coûter un pognon certain. Rassurez-vous, ce sont toujours les mêmes qui vont payer : vous. Et tout ceci nécessitera un cran qu’on a du mal à déceler, même après un examen minutieux, dans les gesticulations hollandistes.

Sur le plan politique, j’attends de voir les batailles picrocholines qui vont s’engager lors du débat parlementaire qui doit s’ouvrir à la suite de la présentation de cette nouvelle carte. Certes, en balançant ainsi cette réforme au moment où l’UMP est au plus mal, Hollande espère raisonnablement mettre l’opposition dans l’embarras, qui devra choisir entre un antagonisme qui passera facilement pour stérile et des dissensions internes pour osciller entre l’abstention agacée et l’acceptation gênée. De ce point de vue, c’est à peu près gagné. On pourra cependant regretter que le « président de tous les Français » (lesquels ?) soit ainsi versé dans les petites bisbilles politiques plutôt que dans l’art délicat de la direction de tout un pays. Les chroniques y gagneront ce que le pays y perdra en temps et en moyens. Comme d’habitude.

D’autre part, il semble évident qu’il va y avoir pas mal de remous lorsqu’on va devoir diminuer effectivement le nombre d’élus histoire de coller à la structure administrative nouvellement mise en place. Je vois mal comment le brave Hollande va pouvoir ménager sa majorité alors que, quoi qu’il arrive, un paquet d’élus qui y grenouille actuellement va se retrouver sur la sellette, au moins à moyen terme. Inutile de dire que la fragile majorité parlementaire dont il dispose actuellement risque bel et bien de s’évaporer à mesure que les choix déchirants vont s’opérer. Et en terme de finances, je ne prends pas un gros risque en pariant sur le fait que le nombre d’élus ne diminuera pas tant que ça, attendra la fin des mandats courants, et se fera quasiment à budgets constants. Là encore, aucune économie à attendre de ce côté là.

bricoler les territoires

Quant à la suppression des départements, Hollande a finement choisi la solution de facilité qui consiste à reporter tout ceci aux calendes grecques, autour de 2020, date à laquelle tout peut être arrivé, le meilleur comme le pire. Et avec Hollande aux manettes, on imagine mal le meilleur, qui arriverait plus sûrement sur un malentendu ou un gros coup de chance que sur une réelle décision courageuse du chef de l’exécutif.

Cette suppression étant assortie, de surcroît, d’une révision constitutionnelle qui semble impossible à obtenir tant sa majorité est légère, il s’assure tranquillement que les départements sont là pour encore un bon moment (et les économies afférentes disparaissent comme une promesse de plus à mettre au débit du Roi Solex). En revanche et comme prévu, la petite manipulation politique qui visait à repousser gentiment les prochaines élections régionales en 2015 a parfaitement fonctionné puisqu’il faudra attendre l’automne de cette année pour qu’elles se déroulent. D’ici là, le chef de l’État espère probablement, afin de limiter la casse politique, avoir retrouvé une croissance, ou, alternativement, avoir su pipeauter les chiffres du chômage de façon plus crédible que jusqu’à présent.

Au bilan, je maintiens ce que je disais il y a deux semaines : la réforme territoriale va s’avérer extrêmement pénible et compliquée à mettre en place et se traduira concrètement par du vent politique, des dépenses supplémentaires et aucune espèce d’amélioration sensible du mille-feuille administratif. Ce qui devait aller vite s’étalera au moins jusqu’en 2020 (six longues années), et pour un observateur lambda avec deux onces d’honnêteté cela veut essentiellement dire que, pendant six ans, les factures ne diminueront pas, que du contraire même.

Pour une France qui avait un besoin urgent d’économies et de simplification administrative, le bilan est plus que mitigé : les anciennes régions n’ont pas disparu, les départements sont encore là pour un moment dans le meilleur des cas, les économies annoncées peinent à se concrétiser. Seules sont bien visibles les petites manœuvres politiciennes de bas étage.

La réforme, la vraie, attendra encore.

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Source : http://h16free.com/2014/06/03/31606-cette-reforme-territoriale-qui-na-pas-eu-lieu


Paquets neutres et vapotage

lundi 2 juin 2014 à 09:00

On ne pourra pas avoir une France heureuse tant que des individus continueront, obstinément, à faire le contraire de ce qu’on leur dit, notamment manger trop gras, trop salé, trop sucré, bien sûr, mais pire encore, boire plus que de l’eau plate et fumer autre chose que du lard. Et puisque Marisol Touraine est ministre de la Santé, elle a décidé d’agir pour mettre fin une bonne fois pour toute à cette hystérie de plaisirs coupables et de rigolade incontrôlée au pays des Droits de l’Homme.

Bienvenue en FranceCar dans ces droits, il y notamment celui, inaliénable, imputrescible et ignifugé, de mourir en bonne santé. Ce droit, ne l’oublions jamais, a été obtenu de haute lutte par des citoyens courageux qui se sont battus pour l’obtenir et qui sont tous morts pour lui. Dès lors, il faut que l’État, qui a été fermement mandaté pour ça, s’occupe de bannir les déviances et les addictions de notre beau pays. Et pour que cela fonctionne, on procèdera par petites touches successives.

Il y eut tout d’abord l’interdiction de la publicité pour le tabac, puis, pour des raisons de santé, son bannissement des lieux publics, puis l’instauration des images choc sur les emballages, parallèlement à une hausse continue et de plus en plus raide des prix pratiqués. Conformément à ce qu’on pouvait attendre, les ventes ont commencé à fléchir puis à nettement diminuer (pendant que la contrebande explosait). Mais Marisol Touraine sait que cela n’est pas suffisant. À présent, il faut passer à l’étape suivante : la mise en place des paquets de cigarettes neutres.

L’idée est donc d’enlever tout logo sur le paquet de cigarette qu’on achète d’ailleurs de moins en moins. Ne resterait sur le paquet qu’un grand espace dédié à la réception d’une jolie image à collectionner (des dents pourries, un foie endommagé, une gorge pleine de tumeurs, des yeux opaques, des chatons écrasés, François Hollande, bref, un truc détestable), et un espace, plus restreint, pour le nom de la marque de cigarettes et la variante (mentholée, brune, blonde, au bon goût de marée). Comme d’habitude, il sera mis en avant que ces restrictions s’inscrivent dans le cadre des mesures prophylactiques mises en place pour diminuer la première cause de mortalité évitable en France après le potage froid, le champagne tiède et les femmes chaudes. Pour le moment, ceci n’est qu’un projet, de plus en plus précis, visant à rendre l’acquisition de cigarettes (et de tabac en général) aussi pénible que possible sur le plan psychologique. Du reste, m’est avis qu’en ajoutant le logo des impôts ou de l’URSSAF, l’effet répulsif des photos serait accru ; mais ce n’est que mon avis, et je sais que certains pervers socialistes trouveraient un plaisir torve à voir ces logos.

Bref, il est probable que les prochains mois verront apparaître ces réjouissants paquets de cigarettes dans le commerce, fusillant encore un peu plus l’avenir des petits débitants de tabac qui, pour les plus lucides d’entre eux, se reconvertissent doucement en point de vente pour la Française des Jeux, PMU et autres jeux à gratter, en attendant que ce plaisir là soit aussi minutieusement combattu.

Rassurez-vous : le Front Anti-Fun ne se contente pas de bouter le tabac hors de France. Il a bien compris qu’il existait maintenant une échappatoire avec la cigarette électronique et le vapotage, qui, au lieu d’utiliser du tabac, se contentent de chauffer de la nicotine. Pour le moment, il n’y a pas à proprement parler de lois spécifiques sur le vapotage, ce qui fait deux bonnes raisons de légiférer.

marisol tout raide

D’une part, il ne peut, il ne doit subsister en France aucune zone, aucun comportement, aucune habitude non couverts par une loi ou un article légal. Ce serait le début du grand n’importe quoi comme il pouvait encore en exister il y a quelques dizaines d’années, où les gens faisaient tant de choses sans même imaginer demander l’autorisation (les fous !).

D’autre part, tout ce plaisir qui échappe à la fois à une saine taxation libératoire et à une indispensable moralisation publique, c’est proprement inconcevable. Laisser cela sans corriger le tir, c’est prendre un risque considérable (et interdit constitutionnellement) d’habituer les générations futures à une trop grande liberté, qui est néfaste, comme chacun le sait. Il en sera donc pour le vapotage comme pour le reste, avec une interdiction de sortir sa cigarette électronique dans les lieux publics ou de faire de la publicité pour cet objet qui séduit de plus en plus de Français, grands enfants incapables de se contrôler un minimum.

fumer nourrit l'étatEn toute cohérence donc, quand bien même le vapotage est une alternative bien plus saine que le tabac traditionnel et judicieusement taxé, quand bien même les vapeurs dégagées ne peuvent pas être cancérigènes, quand bien même un nombre grandissant d’utilisateurs dit avoir pu arrêter complètement la cigarette puis la nicotine grâce à ce procédé, et surtout quand bien même cette invention a permis de créer un marché et les emplois qui vont avec, le gouvernement va sagement entreprendre de restreindre autant que possible son usage et sa pénétration, jugeant sans doute que la toxicité du tabac n’est pas suffisamment forte pour y trouver un substitut, ou que le chômage dans le pays n’est pas assez élevé pour s’affranchir d’étrangler un peu plus un marché naissant.

Et puis en toute cohérence toujours, alors que la lutte contre le vapotage va notoirement s’intensifier, le projet de loi de la ministre entendra expérimenter une ou plusieurs salles de consommation de drogue, dans lesquelles, selon toute vraisemblance et lieu public oblige, il sera donc interdit de fumer ou de vapoter. L’individu lambda pourra donc y faire son fix d’héroïne, mais n’aura pas le droit de se fumer une cigarette (électronique ou non). Délicieux.

Bref, si la route est longue, le chemin est connu et on en a déjà parcouru une bonne partie : l’avalanche de restrictions aux libertés des citoyens français continue au même rythme, dans la plus parfaite incohérence de textes s’empilant les uns sur les autres. La guerre contre toutes formes de plaisirs, qu’ils soient solitaires ou en société, va encore gagner quelques points décisifs pour transformer ce pays, jadis loué pour son art de vivre, en mouroir à petits vieux cacochymes où le summum du fun sera une partie hebdomadaire de dominos arrosé d’une grenadine sans sucre.

Ce pays est foutu, et en plus, on ne va même pas rigoler.

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Source : http://h16free.com/2014/06/02/31530-paquets-neutres-et-vapotage