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SNCM : encore un échec pour l’État et les syndicats

mercredi 14 mai 2014 à 09:00

On s’en souvient : l’État a régulièrement mis des sous (les nôtres) dans les transports, avec à chaque fois des succès pour le moins mitigés qui ne l’ont pas empêché de continuer allègrement. Et c’est notamment le cas dans les transports maritimes avec la SNCM, joyeusement créée en 1969, et dont la lente agonie, commencée avec l’arrivée d’une vilaine concurrence, est en train de s’achever dans de douloureux tressautements.

La situation n’est guère brillante : malgré d’importantes subventions de l’État (toujours actionnaire), selon l’Observatoire régional des transports de la Corse, la part de marché de la SNCM dans les liaisons entre l’île et le continent chutait de 50% à 25% entre 2000 et 2012, année à laquelle ses pertes dépassaient les 30 millions d’euros.

SNCM-2.jpgL’histoire de la compagnie, notamment sur les 20 dernières années, est saupoudrée de grèves du personnel, de gabegies, de vols, de détournements, tant de fonds que de bateaux (comme en septembre 2005, avec GIGN à la clé), péripéties qui expliquent en bonne partie les déboires observés et la perte continue de clients. Le blocage syndical récurrent ajoute quelques clous au cercueil, et les difficultés inhérentes au port de Marseille (et à sa légendaire gestion par des dockers souples et compréhensifs) achèvent la mise en bière d’une société portée à bouts de bras par l’argent public de trop longues années.

On a donc une société de transports, dans laquelle l’État est lourdement engagé (Transdev est détenu par la CDC à 50%, détient la SNCM à 66%, et l’État y est engagé directement à 25%, pour un total de 58%), qui accumule les subventions et les pertes depuis des années, incapable de s’adapter à la perte de sa rente de situation à l’arrivée de la concurrence, et dans laquelle les syndicats (la CGT en premier chef), tant des ports que de la société elle-même, avaient organisé trafics et détournements mafieux pour le plus grand bonheur de leurs finances et de celles de leurs adhérents. Au bout d’un moment et aussi incroyable cela puisse paraître, tout ceci s’est vu (eh oui), les clients sont allés voir ailleurs et ce qui devait arriver arriva donc : l’argent vint à manquer.

La semaine dernière, stupeur et tremblements : selon des informations fuitées au Canard Enchaîné, et par le truchement d’une bidouille invraisemblable, l’État sauverait (encore une fois) la compagnie maritime. Selon le journal, un rapport établi par la CDC et la Banque Publique d’Investissement, remis discrètement au secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, privilégierait la constitution d’une société publique locale (SPL) ou d’une société d’économie mixte (SEM) par la région Corse, qui achèterait elle-même les navires pour les louer à « prix d’ami » à la SNCM et en échange, l’État compenserait avec une subvention à la région. C’est exactement le genre d’ « amis » que le contribuable français apprécie à son juste prix dont l’étiquette indique 800 millions d’euros.

Croustillance ultime, cette opération ne fait que contourner le précédent problème de la subvention directe à la compagnie, laquelle avait été sanctionnée par la Commission Européenne. Cette dernière, agacée, avait rappelé que ce genre d’abondement public à des compagnies de transport n’est pas autorisé en ce qu’il déforme le marché (non, sans blague !) et avait donc demandé le remboursement des aides, évaluées à 440 millions d’euros. (Rassurez-vous, le contribuable ne verra rien de ces montants.)

Or, à voir ces gesticulations autour du dossier, tout ceci ressemble à un aveu d’échec de l’État qui sait que la société, si elle veut survivre encore un peu, doit être subventionnée. En effet, si sur le long terme, cette entreprise est rentable, pourquoi la subventionner ? Et si cette entreprise n’est décidément pas (ou plus) rentable, pourquoi diable la subventionner encore ? Ce n’est pas comme si Corsica Ferries, le concurrent, n’était pas capable d’assurer un service décent. Apparemment, le consommateur a fait son choix. Le contribuable, lui, n’a que le droit de se taire. Autrement dit, l’État sait que cette société est vouée au dépôt de bilan ou à la faillite pure et simple, mais tant que le trésor public pourra continuer à arroser, on préfèrera le faire cracher plutôt qu’apurer la situation et lâcher enfin le contribuable.

SNCM-1.jpg

Il en va donc, à l’évidence, d’un intérêt politique et les 2000 postes de travail, corses et marseillais, ne sont pas étrangers à l’affaire.

La subvention directe étant impossible, la subvention indirecte particulièrement capillotractée (et en plus, zut, elle s’est vue), il va donc falloir trouver un moyen de sauver les meubles. Une revente aussi complète que possible est bien envisagée, mais la situation actuelle de la société ne permet même pas de limiter la casse : Jean-Marc Janaillac, le PDG de Transdev, est prêt à céder les 66% de la SNCM que sa société détient. Mais voilà : personne n’en veut.

Ce qui explique sans doute le changement rapide du directoire survenu il y a quelques jours : Marc Dufour, jusqu’alors président, n’a pas été reconduit dans ses fonctions lors du dernier conseil de surveillance. Manifestement, l’État est si profondément englué dans cette histoire qu’il se retrouve avec une seule issue possible, la revente étant exclue : le dépôt de bilan, histoire d’apurer les dettes (et flouer quelques créanciers, dont … l’État) ou diriger l’ensemble vers une mise en liquidation (qui flouera … l’État), ce qui, quoi qu’il arrive, aboutira à ne conserver que 500 salariés sur les 2000 que compte actuellement l’entreprise.

D’un côté, l’État (au travers de la CDC et de la BPI) semble tout faire pour éviter une fin funeste à la société, qui mettrait en péril les politiciens du cru, et aurait à n’en pas douter un retentissement national. De l’autre, l’État, au travers de Transdev, a fait ses calculs et moyennant un peu d’huile dans les rouages (l’éviction du président Dufour en fait partie), préfère sabrer les trois-quarts du personnel pour tenter de sauver ce qui peut l’être. Situation amusante : l’État va devoir composer avec l’État, pour limiter les dégâts politiques ou sociaux qui n’auraient jamais eu lieu si l’État n’avait pas mis ses gros doigts boudinés dans le dossier en premier lieu.

En effet, comment, devant ce fiasco aussi mémorable que coûteux, ne pas se demander pourquoi le contribuable a été impliqué dans cette affaire ? On pourrait m’objecter qu’il n’était pas absurde que l’État subventionne la compagnie compte tenu du principe de « continuité territoriale ». Sauf que cette dernière a été instaurée en 1976, bien après la création de la société, et donne plus l’impression d’être un argument-excuse pour distribuer de la subvention qu’autre chose. Pourquoi l’ouverture à la concurrence, survenue en 1996, n’a-t-elle pas eu lieu plus tôt ? Outre la baisse de tarifs, elle a permis d’assurer une meilleure desserte de l’île, allant en cela dans le sens de cette fameuse « continuité territoriale ». Enfin, on doit surtout se demander pourquoi l’État pond du rapport pour sauver l’entreprise d’un côté et semble décidé à couper ses pertes de l’autre, et pourquoi il est à ce point incapable de s’organiser pour donner une direction claire à cette compagnie ?

D’autre part, force est de constater que les déboires de la compagnie ne datent pas d’hier et qu’ils sont – c’est stupéfiant – concomitants avec les exactions de plus en plus spectaculaires des syndicats, CGT Marins en tête. Comment ne pas comprendre que si le mal s’est installé avec les subventions et les avantages distribués par l’État, c’est par le syndicalisme que l’entreprise s’est formolée, s’empêchant ainsi toute adaptation salutaire à l’évolution du marché ? Comment ne pas y voir un thème récurrent avec ce qui se passe actuellement pour la RATP ou la SNCF, les mêmes maux provoquant les mêmes symptômes et la même issue fatale ponctuée de petits couics misérables ?

Enfin, du point de vue du contribuable, une question reste, lancinante : combien de temps cette plaisanterie coûteuse peut-elle continuer ?

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Source : http://h16free.com/2014/05/14/30946-sncm-encore-un-echec-pour-letat-et-les-syndicats


Cette réforme territoriale qui n’aura pas lieu

mardi 13 mai 2014 à 09:00

Et alors que le pays accumule quelques soucis de trésorerie, de chômage et de moral, le chef de l’État a finalement choisi de mettre tous ses efforts sur une réforme territoriale dont tout indique qu’elle était à la fois attendue, indispensable et parfaitement réalisable dans un temps très court. La machine médiatique est en marche : réforme territoriale ce sera donc !

Il ne se sera écoulé que quelques jours entre le moment où le Président aura décidé de lancer cette réforme et le moment où les rédactions se sont toutes penchées sur la question pour produire moult articles afin de répondre à la question lancinante que tout le monde se pose apparemment : comment va-t-on donc procéder pour alléger le mille-feuille administratif français ?

Pour le moment, toutes les étapes précises de cette réforme sont encore dans les cartons, bien rangées les unes derrières les autres, mais on sait déjà, heureusement, que l’entreprise n’est pas vaine puisqu’elle permettra d’économiser un paquet d’argent. Vallini, Le secrétaire d’État à la réforme territoriale, s’est d’ailleurs fendu d’un entretien au Figaro qui chiffre tout ça :

« Les meilleurs spécialistes pensent qu’en tablant sur des économies d’échelle et des suppressions de doublons qui pourraient à terme représenter de 5% à 10% on arrive à un gain annuel de 12 à 25 milliards d’euros à moyen terme. »

Voilà voilà, les meilleurs spécialistes ont fait leurs petits calculs et annoncent une économie possible allant du simple à plus du double (en gros, on parle de 18.5 milliards d’euros plus ou moins 6.5 milliards) soit une marge d’erreur de 35% et dont le montant (plus de six milliards) représente 40% de l’effort d’économies que le plan Valls propose d’engager. À côté d’une telle marge d’erreur, même les calculs du GIEC sur le réchauffement qu’on aurait dû observer les 16 dernières années sont d’une précision diabolique…

hollande et le parapluie magique

Mais bref, n’ergotons pas : c’est déjà miraculeux qu’un calcul, aussi vague soit-il, ait été fait. En substance, il s’agit de dire que la disparition de certains doublons dans les collectivités (qui crament un budget de 250 milliards d’euros) permettrait de faire des économies d’échelle à hauteur de 5 à 10%. Comment sont trouvés ces pourcentages, nul ne sait exactement mais sachez que d’excellents « spécialistes » y ont travaillé. En tout cas, moyennant quelques suppressions de doublons, pouf, on trouve un gisement d’économies palpables.

Devant une telle opportunité, les médias, déjà fort alléchés par l’idée d’une Grande Réforme, après avoir appelé un ami se sont empressés de demander l’avis du public. Surprise totale, il est d’accord ! Plus précisément, 55% des Français se déclarent favorables à la suppression des départements. En contraste, cela veut dire que 45% trouvent un intérêt (direct ou indirect) à la conservation de cet échelon administratif, ce qui semble à la fois beaucoup et étrange dans la mesure où absolument rien n’impose que ce soit cet échelon plutôt qu’un autre qui soit en charge des missions qui lui sont actuellement confiées. En substance, que certaines (l’infrastructure routière par exemple) soient reportées à la région et que d’autres (les hôpitaux, les établissements scolaires) soient gérées par les communes ne change absolument rien à la petite vie du citoyen français qui n’a en réalité aucun besoin du département. Si son utilité pouvait avoir un sens du temps de Napoléon et des déplacements fastidieux dans un grand pays, de nos jours et avec les moyens de communication modernes, la région est un découpage possible qui ne handicapera à peu près personne.

Hollande et sa clique s’apprêtent donc à sucrer les départements. Fort bien, mais — comme le dit Vallini qui n’a pas perdu le nord — il faut agir vite. Parce qu’après avoir reporté le 27 novembre 2012 le scrutin d’élections territoriales normalement prévu en 2014 à l’année 2015, Hollande tente maintenant de le repousser vers 2016, histoire de modifier un peu les régions, et, d’ici 2021, dissoudre les départements. Et repousser de deux ans, temporiser, ajourner, atermoyer, c’est clairement une méthode pour le Roi Solex (au passage, on peut s’estimer heureux de la nature constitutionnelle du calendrier électoral pour la présidentielle, sans laquelle notre brave énarque aurait choisi de la repousser aussi).

vite réformons les régionsMaintenant, si l’on écarte le petit calcul électoral ainsi tenté, on ne peut s’empêcher de noter qu’en surcroît de l’écran de fumée que cette réforme a créé dans les médias, la manœuvre n’en reste pas moins très hasardeuse.

D’une part, la suppression des conseils généraux entraînera la disparition de milliers de postes de fonctionnaires et d’élus qui travaillent dans ces structures. C’est très bien mais pour ces derniers, la douloureuse question de leur reconversion se pose : comme Don Salluste qui paniquait à l’idée de perdre sa place de ministre, que vont pouvoir trouver comme occupation nos élus ? Après tout, ils ne savent rien faire, ils sont élus… Dès lors, on peut compter dans leurs rangs autant d’opposants farouches à Hollande.

D’autre part, en termes financiers, pour qu’une économie se réalise, il va falloir éliminer effectivement la masse salariale correspondante. Électoralement, c’est catastrophique d’autant que la fonction publique territoriale n’a jamais arrêté de grossir. Sucrer un niveau administratif, c’est renvoyer dans le privé un nombre considérable de personnes. C’est absolument nécessaire, mais électoralement suicidaire pour Hollande qui, avant toute autre personne, ne pense qu’à lui et sa réélection.

D’autant qu’une telle réforme, à moins d’y aller au pas de charge (ce qui serait du jamais vu pour un Hollande perdu dans ses petits compromis et un immobilisme minutieusement calculé), sera inévitablement coûteuse au moins au départ : la réorganisation, même si elle dégage des économies d’échelles et supprime des doublons, passera par une phase où les relocalisations, les démembrements et les réaménagements provoqueront des frictions qui ne seront pas gratuites. Autrement dit, le premier effet de la réforme sera un accroissement des dépenses publiques avant de pouvoir compter sur une économie quelconque, accroissement qui sera, soyez-en sûr, lourdement médiatisé sur l’air de « La Casse Du Service Public »…

Tous ces éléments aboutissent tous au même résultat : la réforme n’aura pas lieu. Politiquement et électoralement, le chef de l’État n’y a pas intérêt, et économiquement, l’État n’est pas suffisamment en fonds pour se le permettre sur le mode d’une série d’ajustements gentillets.

Pas de doute : comme les autres bricolages que Hollande nous aura offerts depuis deux ans, cette « réforme » territoriale n’est qu’un nouveau gadget communicationnel pour occuper la presse qui saute trop joyeusement sur le sujet, alors que les situations nationale et internationale imposeraient pourtant un autre agenda.

En mai 2013, devant la déconfiture que fut sa première année au pouvoir, Hollande aurait dû prendre la mesure de son poste et de sa mission, et arrêter la bidouille. Il n’en a rien fait et deux ans après son élection, il n’est toujours que le Président de la République de Corrèze.

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Source : http://h16free.com/2014/05/13/31046-cette-reforme-territoriale-qui-naura-pas-lieu


N’aidez pas votre prochain, il pourrait en rester quelque chose

lundi 12 mai 2014 à 09:00

Avec l’aide de tous, la République du Bisounoursland progresse chaque jour. Bien sûr, cela demande régulièrement des efforts, quelques petits ajustements et l’inévitable coup de pelle derrière la nuque du récalcitrant, mais soyez assurés que ceci est pour le mieux. Et n’oubliez pas : dans cette République, par solidarité, vous serez obligé d’aider votre prochain, puis on vous châtiera. Aucune bonne action ne restera impunie.

Certains pensent ici que j’exagère. Ils ont raison. Il est évident que certaines actions charitables, si elles sont faites de façon suffisamment subtile et discrète, échapperont à une sanction. Mais pour les autres, ostentatoires donc méprisables, vous aurez ce que vous méritez. ‘ Fallait pas voter socialiste.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Bien évidemment, cela va provoquer quelques soucis. Lors d’une situation tendue, ne pas aider votre prochain risque bel et bien de vous mettre en situation délicate. On se souvient du cas épineux relaté dans ces colonnes récemment d’une agression dans le métro lillois qui avait illustré de façon évidente que la société, toujours plus vilaine, méchante, ultralibérale et individualiste, n’avait plus ces réflexes d’antan permettant d’assurer la sécurité d’une femme poursuivie par les avances et les tripotages grossiers d’un poivrot envahissant. On se rappelle aussi qu’une frêle sénatrice avait découvert l’étrange apathie de ses semblables alors qu’elle se faisait gentiment dépouiller par un individu aussi louche que rapide à la course et que personne n’était venu à sa rescousse. Dure leçon de vie pour les Lillois, dure leçon de vie pour Laurence Rossignol : la société, la collectivité, le groupe, les gens (les autres) laissent parfois faire des choses sans broncher, tout de même, ma brave dame, c’est inouï, c’est scandaleux, c’est vraiment lamentable.

Où va-t-on si dans le pays qui a, à ce point, sanctuarisé le vivrensemble et le bisou républicain, on ne s’entraide plus les uns et les autres à coups d’associations lucratives sans but qui distribuent des bons points et des anathèmes pour bien remettre sur les rails de la pensée positive ceux qui auraient le malheur d’en sortir ? Où va-t-on ?

aider les autresEh bien apparemment, on va aux urgences. Parce que justement, lorsque l’individu se décide à agir, il lui arrive parfois quelques désagréments : aider peut provoquer des trous graves, qui nécessiteront ensuite des interventions chirurgicales, un suivi psychologique pour la victime, pour celui qui l’a aidé et évidemment pour l’agresseur, beaucoup, beaucoup de paperasse administrative et une difficulté supplémentaire pour faire croire à tous que la police fait son travail, que la sécurité dépend de l’État, et qu’il n’est jamais utile, voire qu’il est dangereux donc défendu d’avoir sur soi de quoi se défendre.

En vertu de quoi, lorsqu’une passante se fait agresser, n’allez pas bêtement vous faire trouer. Essayez, autant que faire se peut, de changer de trottoir, d’appeler la police avec votre téléphone portable en précisant qu’il y aura des donuts gratuits (ça aide à booster la motivation des forces de l’ordre, probablement), et filmez la scène. Ça ne servira probablement à rien pour l’enquête de police (celui qui agresse est déjà « défavorablement connu des services de police ») qui aura lieu après l’homicide, mais cela peut faire un joli buzz sur Youtube ensuite.

Mais surtout, aider, c’est rentrer dans le cadre complexe d’un contrat, probablement tacite mais bien réel, entre vous et la personne que vous aidez. Et ce contrat, même si vous ne le saviez pas, comporte de nombreuses clauses, est évidemment encadré par toute une myriade de lois toutes plus subtiles les unes que les autres qui font que, quoi qu’il arrive, vous allez prendre cher ensuite, si ce n’est pas de la main de l’agresseur, au moins de la main de la victime à laquelle vous portez secours.

Eh oui. Vous ne le saviez pas ? Rassurez-vous, certains, eux, le savent très bien et utilisent cette information à bon escient. C’est le cas par exemple de l’inénarrable MRAP (le mouvement contre une certaine forme de racisme et pour l’amitié entre certains peuples) qui aide actuellement un groupe de sans-abris dans leurs démarches juridiques visant à traîner en justice une association qui a eu l’imprudence de les aider et l’impudence de manquer de moyens ce faisant.

Que voulez-vous, il ne fallait pas laisser impunie une bonne action : cet hiver, l’association LAHSo avait eu la bonne idée d’héberger ces sans-abri en urgence dans un « village mobile » à Villeurbanne. Lorsque le centre a fermé à la fin de la trêve hivernale, l’association n’ayant proposé aucune solution alternative (quelle bande de salauds !), les SDF, aidés du MRAP, l’ont attaquée parce que bon, ça ne se fait pas d’aider ainsi à durée limitée !

aidez le mrap

Quelle joie de vivre en France ! Quel bonheur d’aider ainsi des SDF pour savoir qu’ensuite, eux et le MRAP se retourneront contre vous pour abandon ! Quel plaisir de comprendre que la loi est si bien faite qu’aucune aide, même temporaire, ne saura être fournie sans que d’importantes conséquences en soient tirées ! Les gentils, les généreux n’ont que trop frimé à la surface de la Terre ! Il y en a assez de ces gens qui jettent ainsi leur bonté et leur charité à la face de ceux qui manquent de tout, même de décence !

Heureusement que l’État et ses lois sont là. Sans lui, qui pourrait se retourner ainsi contre son bienfaiteur ? Et d’abord, qui distribue des droits imposés à la société toute entière, si ce n’est l’État ? Qui, si ce n’est l’État, a réussi à faire disparaître derrière des tonnes d’associations légalistes et fielleuses les proverbes de bon sens comme « à cheval donné on ne regarde pas les dents » ?

Grâce à lui, on est passé d’une société d’entraide et de charité à une société où les interactions individuelles sont toutes régulées, normées, balisées par la loi. Tout devient explicitement contractualisé, et chaque manquement de l’une ou l’autre partie peut et doit se terminer au tribunal. Les gentils, les généreux, les charitables doivent être écrasés. C’est fini, il n’y a plus de « gentlemen’s agreement » qui a été remplacé par une soupe monstrueuse de petits caractères et de notes en bas de page, d’alinéas touffus et de paragraphes serrés de clauses qui ne pourront se terminer, in fine, qu’en arguties juridiques insupportables et coûteuses.

le silence de la loiPire, à ce légalisme galopant (d’ailleurs très bien décrit dans Le Silence de la Loi, de Parren, aux Belles Lettres, que je recommande chaudement) qui pourrait n’être qu’un encombrement de plus dans les relations entre les individus s’ajoutent maintenant les réclamations véhémentes de certains de ces individus justement soutenues par ces lois : après tout, si elles existent, autant les appliquer et réclamer alors goulument tout ce qu’on peut, tant qu’on peut, pour ne pas se sentir spolié de tous ses fameux droits ! Et tant pis si, dans la foulée, cela doit faire quelques dommages directs ou collatéraux ! Une association d’aide qui se retrouve poursuivie ? Bah, qu’importe : une autre se recréera aussi sec pour la remplacer, non ? De toute façon, l’argent ne manque pas, puisque c’est l’État qui paye, voyons…

On comprend bien que ce genre de raisonnement ne fonctionne qu’un temps. Au bout d’un moment, d’une part, les finances publiques ne suivent plus. Et d’autre part, les bonnes volontés s’étiolent. Et, comme dans le métro lillois ou devant les automates bancaires de Compiègne, les gens se lassent d’intervenir pour aider leurs prochains qui le leur rendront, bien violemment, au centuple et dans les gonades.

Tous, en réclamant toujours plus d’encadrement, toujours plus de droits, toujours plus d’interventions de l’État dans votre vie, vous avez réclamé ce qui vous arrive à présent. Les libéraux vous avaient prévenus, vous ne les avez pas écoutés.

Ne venez pas vous plaindre.

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Source : http://h16free.com/2014/05/12/31022-naidez-pas-votre-prochain-il-pourrait-en-rester-quelque-chose


À quand le député stagiaire ?

dimanche 11 mai 2014 à 11:00

Selon différentes sources journalistes bien renseignées, 10% de nos députés auraient eu un jour l’expérience de l’entreprise. C’est devant la faiblesse de ce pourcentage, d’ailleurs même pas remis en cause, qu’une association patronale, au nom réjouissant d’ « Entreprise et Progrès », propose d’en envoyer quelques uns en stage histoire de les former à cette réalité qui leur est bien souvent complètement inconnue.

Et oui, après tout, pourquoi pas ? Et si on envoyait nos députés, pendant la prochaine pause estivale, faire un stage dans une entreprise, histoire qu’ils découvrent un peu comment cela se passe, en vrai, sur le terrain ? En lançant l’opération « Moi, Parlementaire, une semaine dans les pas d’un PDG », l’association « Entreprise & Progrès » — qui regroupe 120 entrepreneurs et patrons d’entreprises de toutes tailles et de tous secteurs — pose plusieurs excellentes questions à la représentation nationale :
- Que connaissent-ils vraiment de l’entreprise ?
- Sont-ils prêts à aller sur le terrain ?
- S’ils ne connaissent pas le monde de l’entreprise, comment peuvent-ils s’estimer représentatifs de la population française ?

Denis Terrien, le président de l’association, explique que son idée est venue du constat « que les députés français connaissent peu l’entreprise » (ce qui est une façon gentille de dire qu’ils sont, dans leur écrasante majorité, de parfaits ignorants de la question). Le but de ces stages est de faire assister le député à « une réunion d’investissement, une réunion avec des partenaires sociaux, une réunion d’embauche, pour mieux comprendre la vie de l’entreprise » … Et, probablement, d’aborder les questions que j’évoquais au précédent paragraphe.

Questions auxquelles les députés se sont déjà très rapidement employés à répondre aussi mal que possible, en se défilant, bien sûr, et en passant bien vite à un autre sujet. C’est dommage, les vacances approchent et il sera d’autant plus dur pour eux de trouver un stage s’ils s’y prennent à la dernière minute, bande de petits coquins. D’autant que le sacrifice n’est vraiment pas violent puisque le stage envisagé ne dure qu’une semaine.

the internship - les stagiaires

Oui, vous avez bien lu : la proposition n’est bien que d’un stage d’une semaine, ce qui laissera à nos élus largement assez de temps pour prendre des vacances avant de retourner « travailler » en septembre, moment auquel ils pourront faire un petit bilan de leur expérience en entreprise en pondant une nouvelle brouettée de lois idiotes (par exemple, visant à supprimer la précarité en l’augmentant d’un coup).

Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir : cette idée de stage est intéressante à plus d’un titre.

Déjà, pour commencer, elle permet de rappeler que les députés n’ont pour la plupart aucune idée de ce qu’est l’entreprise. C’est toujours gênant pour des gens qui seront, par la suite, chargés de mettre leurs gros doigts dedans par le truchement de lois toutes plus complexes et détachées du terrain les unes que les autres. D’autre part, cela permet de mettre sur la place publique l’importance d’un stage, d’une exposition à l’entreprise, et par là même, faire naître l’idée qu’un député ne devrait raisonnablement pas émettre un avis sur le monde du travail, de l’emploi salarié ou de l’entreprise sans avoir pris part, au moins une fois dans sa vie, à une telle expérience.

On pourrait ainsi imaginer augmenter la durée de ce stage à trois mois, période suffisante pour avoir un meilleur aperçu de ces petites tâches récurrentes qui font la joie du chef d’entreprise : déclarations de TVA, délais fournisseurs, établissement de feuilles de paie, gestion du personnel et des congés maladies extensifs obtenus par certains salariés peu scrupuleux acoquinés avec certains médecins accommodants, relations (joyeuses) avec les banques, relances URSSAF, inspecteurs du travail, contrôles fiscaux, paperasserie diverse et variée imposée par la loi mais dont l’utilité pour la bonne marche de l’entreprise est strictement nulle, etc… Inutile ici de dresser une liste exhaustive de toutes les petites vexations auquel le patron d’une PME ou d’une TPE est confronté, ce serait plus long que le billet lui-même. En revanche, nul doute que le stage du député serait rapidement mis à profit : ce dernier pourrait par exemple être employé à remplir les Cerfas et autres formulaires rigolos que notre administration pond à tire-larigot.

licence de stagiaire

Le calvaire moyen ne servirait sans doute pas à décrasser les élus les plus hermétiques à toute forme d’intelligence, mais aurait, on peut en être sûr, un petit côté vaccinant sur les autres qui pourrait se traduire dans une législhorrée un peu moins vigoureuse (on peut rêver).

D’autre part, on pourrait aussi envisager très sérieusement de rendre un tel stage rigoureusement obligatoire après l’élection d’un député ou d’un sénateur, obligeant celui-ci à n’entrer en fonction que muni d’un certificat de passage, obtenu par exemple à la remise d’un rapport de stage en bonne et due forme. Bien évidemment, le député ou le sénateur ne pourrait en aucun cas travailler dans une entreprise de plus de 1000 personnes, ou dans une entreprise où l’État a des parts ou une participation, même lointaine, l’idée étant ici d’éviter toute collusion et conflit d’intérêt malencontreux qui heurterait, on peut en être sûr, le citoyen honnête qui s’agite en chaque Français (et donc, en chaque élu). Et quand on y pense, quel bénéfice on pourrait tirer de ces élus fraîchement affranchis par la vie réelle, arrivant sur les bancs de l’assemblée trois mois après leur élection, une fois l’excitation électorale calmée, et les pieds retombés sur terre !

Maintenant, j’ai bien conscience que tout ceci poserait un petit problème assez technique : lorsqu’on constate la moyenne d’âge de l’assemblée nationale, on doit se rendre à l’évidence : disperser cette brochette de vieux croûtons dans des stages en entreprise risque de s’avérer particulièrement délicat. Je passe sur l’évidente problématique des plus de 70 ans (une cinquantaine tout de même) qui devraient être débarqués purement et simplement, au motif que la retraite en France est, jusqu’à preuve du contraire, avant 70 ans (et puis ça renouvellera les bancs de l’Assemblée en diminuant ses frais de naphtaline). Reste à présent le gros de la troupe, c’est-à-dire des sexagénaires et autres quinquagénaires dont, je le rappelle, la majorité n’a jamais réellement connu le travail en général, et le travail en entreprise en particulier.

montagne de paperasseComment imaginer ces apparatchiks, flanquant le patron d’une PME, à remplir des formulaires qu’ils ont aidé à mettre en place alors que, pour la plupart, la concentration nécessaire pour en lire la première page dépasse de loin celle qu’ils sont capables de mobiliser dans le cours d’une journée entière ? Comment croire que des Cazeneuve, Estrosi, Duflot ou Cambadélis pourraient tenir trois mois avec une vraie mission, un vrai travail, sans aide-de-camp, sans chef de cabinet, sans secrétaire, sans stagiaire ou sans béquille d’aucune sorte, alors que l’écrasante majorité de leur travail consiste maintenant à faire acte de présence et qu’ils ont minutieusement oublié toute idée d’effort personnel depuis leurs plus tendres années, qu’ils ne lisent leur dossier qu’une ou deux minutes avant d’en parler et que leurs fulgurantes pensées se résument le plus souvent à aligner des mots aussi creux que possible pour éviter de déclencher de la grogne entre deux élections ?

À l’évidence, il y a, avec cette idée de stage pour nos élus, matière à creuser mais on ne pourra s’affranchir de la nécessaire réflexion sur le renouvellement des élites, leur lien avec le monde réel, et l’impératif absolu qu’ils ont à s’y reconnecter de toute urgence…

Cela presse. Je ne suis vraiment pas sûr qu’il y reste encore du temps pour redorer la fonction.

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Source : http://h16free.com/2014/05/11/30943-a-quand-le-depute-stagiaire


Made in France, E14 : « Mireille l’abeille face au ratel étatique »

vendredi 9 mai 2014 à 09:00

Tranches de vie ordinaires en République Démocratique (et Populaire) Française, imaginées mais pas dénuées de réalité – Épisode 14 : « Mireille l’abeille face au ratel étatique »

Par h16 et Baptiste Créteur.

Comme l’ont prouvé les prix Nobel d’économie Martine Aubry et Lionel Jospin, le travail en France est un gros gâteau de taille fixe qu’il convient de découper en parts de plus en plus fines à mesure que le nombre de demandeurs d’emploi augmente. Mais attention : si on fait des parts trop fines, le travailleur se rabougrit, s’étiole, se fane et ne repousse plus. S’il faut un plafond, il faut aussi un plancher. Et c’est ce plancher que Mireille a récemment découvert.

D’ailleurs, ça tombe bien qu’on parle plancher, parce que Mireille s’en occupe très souvent. Mireille est de ces femmes courageuses qui ne rechignent pas à la tâche. Parce qu’elle aime rendre service et est, de son propre aveu, maniaque de la propreté, Mireille est devenue femme de ménage. Alors les planchers, ça la connaît.

Mais bon, même si elle aime le travail bien fait et la propreté impeccable, elle ne peut pas travailler à temps plein. Physiquement, à 53 ans, elle ne se sent plus la force d’abattre plus de 15 à 18 heures dans une semaine, ce que lui demandent ses cinq à six employeurs. En outre, elle dispose d’un petit revenu foncier, ce qui lui permet de boucler ses fins de mois. Ce n’est certes pas mirobolant, mais si on le lui demande, Mireille dira sans problèmes qu’elle est une femme heureuse : un travail qui lui plaît en qualité et en quantité, que demander de plus ?

retro vintage cleaning comic 50s lady

Cependant, récemment, trois de ses clients sont partis en maison de retraite car, même avec son aide, ils ne parvenaient plus à affronter le quotidien. Porter une casserole d’eau quand on a de l’arthrose, signer une déclaration d’impôt pour la première fois de sa vie, monter les escaliers avec des rhumatismes et entretenir une maison, aussi petite soit-elle, ce n’est pas une mince affaire et Mireille en sait quelque chose. Et elle sait aussi que le plus dur, quand on vieillit, c’est la solitude et l’ennui ; alors, au lieu de s’apitoyer sur son sort, Mireille va régulièrement visiter ses anciens clients à la maison de retraite. Il n’en reste pas moins que sa charge hebdomadaire a diminué de moitié, et ses revenus ont sensiblement diminué. Et si la perspective de payer un peu moins d’impôt peut, éventuellement, adoucir la situation, Mireille se demande comment elle va s’adapter à ce changement de situation financière.

Un beau jour, alors qu’elle va chez son dentiste pour une visite de routine qui se transformera en ajustement d’un plombage (dont plusieurs euros seront remboursés par la sécurité sociale que le monde nous envie et qui grève si allègrement le salaire de l’industrieuse femme de ménage), Mireille discute sur le fauteuil réglable, qu’elle a toujours trouvé amusant. Entre le dentiste équipé de son masque et Mireille qui tente d’articuler avec les instruments dans la bouche, la conversation a un air comique, mais c’est très sérieusement que le dentiste lui propose de nettoyer son cabinet trois heures par semaine.

C’est inespéré pour Mireille : voilà qu’on lui propose un travail moins éreintant que chez des particuliers, qui comble en partie les heures récemment perdues, avec un salaire un peu meilleur ! Rarement visite chez le dentiste aura été plus agréable.

Rassurez-vous, nous sommes en France et la joie de Mireille sera donc de courte durée.

we can do itLe dentiste, préalablement à l’embauche de sa nouvelle femme de ménage, a consulté son expert-comptable pour les douloureuses questions de salaire. Ce dernier l’a donc naturellement informé d’une loi, qui le concerne en tant qu’employeur « non particulier » et qui entrera bientôt en vigueur, et qui portera la durée minimale hebdomadaire du travail à 24 heures. Lorsqu’il informe Mireille, elle est interloquée ; elle devra lire plusieurs fois les explications emberlificotées des sites internets barbouillés par l’administration pour comprendre exactement de quoi il retourne.

Mireille ne sait pas bien comment faire. D’une part, elle se voit mal astiquer le cabinet du dentiste 24 heures par semaine, la propreté a des limites. D’autre part, elle sent physiquement qu’elle ne pourra pas travailler plus. Sur le papier, cependant, la loi l’y oblige.

Renseignements pris, Mireille ne trouve malgré tout aucune solution. En plus, il n’y a pas beaucoup plus de gens qui ont besoin de ses services dans le voisinage, c’est-à-dire à moins d’une heure en voiture de chez elle… Et d’ailleurs, deux heures aller-retour pour une heure ou deux de ménage, le calcul économique n’est guère réjouissant.

Mireille ne baisse pas les bras. Elle qui aime se faire appeler « Mireille l’abeille » car elle est « travailleuse et sociable » ne veut pas devoir arrêter, contrainte par une loi mal boutiquée à abandonner ses clients et, pompon de l’affaire, vivre de subsides. D’abord, elle s’en est toujours sortie par elle-même et n’a pas l’intention de changer maintenant. Mais tout ceci finit par l’agacer : d’un côté, on la bassine sans arrêt avec le chômage, qui justifie toutes les ponctions, les taxes et les agitations politiciennes et de l’autre, ces mêmes agitations se traduisent par des lois … pour empêcher les gens de travailler comme ils l’entendent.

Heureusement, l’entrée en vigueur de la loi, initialement prévue pour le premier janvier 2014, a été repoussée de six mois. Mais quand elle lit que le gouvernement fait de cette loi un moyen de lutte contre la précarité, elle fulmine : c’est précisément à cause de cette loi en carton rédigée par une bande de bivalves accrochés à leur rocher républicain loin de toute réalité de terrain qu’elle va se retrouver dans la précarité, ou l’obliger à travailler bien plus que ce qu’elle aimerait, ou, tout simplement, pourrait. C’est parfaitement grotesque.

my cleaning ladyAussi grotesque, finalement, que ces salariés licenciés suite aux décisions prises contre le travail du dimanche. Mireille se demande pourquoi, alors que les Français butinent, l’État détruit leur vie et pille leur miel durement gagné. À ce rythme, non seulement elle va devoir renoncer au beurre, mais aussi aux épinards.

Mireille pourrait écrire aux députés et sénateurs, mais ça ne servira à rien, comme écrire au gouvernement ou pisser dans un violon : les politiciens n’écoutent pas les gens comme elle et n’ont aucune expérience de l’entreprise. Elle pourrait tenter de trouver un truc, pour échapper à cette loi débile. Mais plus probablement, elle ira travailler au noir. Ou, magie socialiste, plus du tout.

Merci qui ? Merci l’État !

Vous vous reconnaissez dans cette histoire ? Vous pensez qu’elle ressemble à des douzaines de cas relatés par la presse ? Vous lui trouvez une résonance particulière dans votre vie ? N’hésitez pas à en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Source : http://h16free.com/2014/05/09/30989-made-in-france-e14-mireille-labeille-face-au-ratel-etatique