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La trop lourde pénibilité du législateur

mardi 21 janvier 2014 à 09:00

Pénibilité : c’est sur ce mot que devront réfléchir prochainement les entreprises, leurs patrons et leurs salariés dans les prochains mois. Et à détailler ce que les mesures gouvernementales révèlent progressivement, « réfléchir » est un délicat euphémisme pour « se prendre la tête dans des proportions épiques », d’autant que tout indique que la facture finale risque d’être fort salée…

Comme d’habitude, tout part d’un constat implacable pour aboutir à une idée à la fois complexe et idiote. En effet, afin de mieux raboter les retraites tout en continuant d’utiliser, vaille que vaille, un système collectiviste qui finira par la misère généralisée, il a été décidé qu’on augmenterait progressivement et arbitrairement la durée de cotisations ; or, comme certains métiers sont effectivement plus difficiles que d’autres, le législateur, dans son agitation spasmodique habituelle, a décidé de mettre en place des mécanismes d’ajustement de la durée totale pour tenir compte, précisément, de cette pénibilité. Immédiatement, le pire est arrivé sous la forme d’une usine à gaz monstrueuse : le 18 décembre dernier, la loi de réforme des retraites adoptée par le Parlement a introduit le dispositif du « compte pénibilité », ouvrant ainsi une nouvelle boîte de Pandore dans les finances publiques déjà peuplées d’une myriade de ces boîtes.

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Depuis, c’est en effet une succession discrète mais continue d’articles qui paraissent dans la presse, pas trop chaude pour relayer le sentiment pourtant global qui monte doucement que tout ce bordel législatif va encore ajouter une couche monstrueuse de problèmes sur les entreprises qui en avaient déjà trop à gérer.

Sentiment d’ailleurs partagé par le gouvernement lui-même, encore une fois empêtré entre ses intentions, toujours aussi généreuses avec l’argent, la bonne volonté et le temps des autres, et ce qui s’annonce en pratique comme une petite route cahoteuse, en pente raide et débouchant, comme on va le voir, sur un gouffre (d’abord financier, puis, on s’en doute, social).

Certains s’interrogent sur le coût administratif des mesures proposées, qui vont encore se concentrer sur les parties les moins productives des entreprises (ressources humaines, gestion comptable). À la suite de cette question, on peut se demander, comme Renaud Vatinet dans Le Monde, qui conseille les conseillers ? En effet, par quelle torture de l’esprit en vient-on à croire que le compte de pénibilité envisagé dans la loi va se traduire par autre chose qu’une pénibilité supplémentaire de gestion pour les entreprises ? On pourrait croire que les crânes d’œufs des administrations qui ont abouti aux conclusions qu’il fallait un tel compte avaient réalisé, au moins sommairement, une étude d’impact ; or, comment se fait-il que cette l’étude ne mette pas en évidence les conséquences économiques et sociales de l’introduction de ce bidule supplémentaire ?

Car en effet, le choc de simplification se traduit encore une fois par un choc de pénibilité, une nouvelle brouettée de lois, de règlements et de mesures qui vont alourdir la charge de gestion des entreprises, … et celle des administrations étatiques et para-étatiques qui vont devoir, de leur côté, vérifier que ce qu’ont fait les entreprises est correct, qu’il n’y a pas de fraude ici ou là, et que tout ça aboutit bien à l’effet escompté (pour rire, des fois que le système tombe bêtement en marche une fois de temps en temps).

petit facepalmComment, en effet, mesurer vraiment l’exposition des salariés à la pénibilité, si ce n’est en mesurant le bruit qui les environne, le temps qu’ils passent dans telle ou telle position, la part des tâches répétitives, etc… ? Les abrutissantes conneries débitées par le gouvernement ou les députés seront-elles comptés comme des pénibilités recevables dans le compte en question ? Rien que cette partie promet d’épiques discussions au sein des entreprises, subjectivité des mesures aidant. Mesures prises, il faudra les rapporter correctement dans les fiches individuelles à transmettre au salarié et au gestionnaire du « compte pénibilité ». Cette transmission promet là encore sa cargaison de litiges, qui viendront s’ajouter aux possibilités déjà nombreuses de frictions entre salariés et employeurs…

small implied facepalmEt ceci n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg législatif qui va à nouveau éperonner le Titanic France, seul pays où le capitaine du navire semble faire marche arrière pour mieux rentrer à nouveau dans le bloc de glace, à plusieurs reprises, histoire d’être sûr de ne pas l’avoir loupé.

Les petits calculs réalisés par l’économiste François Ecalle, dans un récent article de la Tribune, éclairent l’ensemble du dispositif d’une lumière pas du tout rassurante qui ajoute à la complexification législative le souci d’un impact financier dantesque et, bien évidemment, absolument pas prévu par l’État ni provisionné par les entreprises qui vont devoir se farcir le bazar.

Pour le moment, la fameuse (fumeuse ?) étude d’impact chiffre à deux milliards d’euros le coût, en 2030, de cette mesure. Autrement dit, sur les 5 milliards d’euros d’économies prévues par l’allongement de la durée des cotisations retraites, 40% se retrouvent mobilisées dans ce procédé ; on continue à perdre d’un côté ce qu’on avait péniblement mis de côté. Le principal souci du calcul qui aboutit à ce résultat est qu’il est basé sur une estimation du nombre de Français dont le travail pourrait bénéficier de ce compte de pénibilité, estimé à 18%.

Or, ce nombre est très sujet à caution puisque les critères de pénibilité sont, en réalité, assez larges : position debout, contrainte posturale, bruit excessif, travail en poste, cadence automatique, norme de production journalière, demande extérieure obligeant à une réponse immédiate, exposition au produit chimique, … Difficile d’imaginer que seuls 18% des travailleurs sont alors directement concernés par le « compte pénibilité »… A cela s’ajoute l’évidente augmentation, au fil du temps et des pénibles récriminations syndicales, du nombre de critères valides pour avoir droit à demander l’abondement du « compte pénibilité ». On voit mal, dès lors, comment, avec un nombre nettement plus important de Français concernés, le coût de la mesure pourrait rester cantonné aux deux milliards évoqués dans l’étude d’impact.

retraites

À ce point de la description de l’ensemble architectural que notre épique législateur et nos belles administrations entendent mettre en place, vous vous doutez bien sûr du fiasco prévisible et monstrueux vers lequel nous nous acheminons goguenards. Comme d’habitude, un problème issu de l’État sera résolu par l’État en créant un nouveau problème, encore plus complexe que le précédent. En effet, le « compte pénibilité » entendait au départ résoudre le problème de l’inégalité de la difficulté d’un travail face à l’égalitarisme broyeur mis en place pour le nombre d’années de cotisations avant de partir en retraite. Là où rendre aux individus la maîtrise de leurs cotisations, en valeur et en volume, aurait élégamment résolu le problème (mais dépossédé les syndicats de leur pouvoir), la solution proposée ne va qu’ajouter son lot de misères à une situation déjà quasiment inextricable.

Et comme cette tendance qui consiste à résoudre un problème par un problème plus grave encore n’est pas près de s’arrêter, la conclusion générale s’impose encore une fois, sans appel : ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/01/21/28554-la-trop-lourde-penibilite-du-legislateur


Les palpitantes aventures de Jean-Michel Krugman

lundi 20 janvier 2014 à 09:00

Aujourd’hui, je vais vous parler, un peu, de Paul Krugman. Ce n’est pas que le personnage soit particulièrement intéressant, mais de temps en temps, je fais preuve de générosité et je décide de consacrer un peu de mon temps à une œuvre de charité. Cette fois-ci, je vais donc essayer d’apporter quelques éléments de réflexion au sujet de celui qui fut prix Nobel d’Économie avant de sombrer corps et âme.

Je vous rassure tout de suite : ces éléments ne sont pas destinés à ce brave Paul, qui est maintenant dans une autre galaxie, très très lointaine, et donc inaccessible à toute remarque de bon sens. En réalité, ils s’adressent en priorité aux journalistes, notamment français, qui continuent de voir dans l’ancien nobélisé une espèce de gourou sur lequel on peut appuyer toute analyse imbibée de keynésianisme bien moisi.

À la décharge de Krugman, la France a toujours été un paradis pour ses saillies, même les plus ridicules. Avec ses théories consternantes, avec son penchant à gauche parfaitement assumé et totalement irrationnel, et avec ses petits éditos qui tentent régulièrement de camoufler son militantisme socialiste quasi-rabique derrière une fine couche d’économisme de bazar, s’il n’était déjà américain, il aurait été Français et se prénommerait sans doute Paul-Édouard ou Jean-Michel.

krugman house bubble

Et le brave Jean-Michel Krugman aurait eu toute l’écoute des médias « importants » de France qui lui ouvrent déjà leurs colonnes. Le dernier exemple en date illustre à merveille l’obséquiosité dégoulinante qu’ils ont déjà à l’encontre du bonhomme et qui serait sans nul doute décuplée fut-il né Français et baptisé Jean-Michel. En effet, on apprend, de différentes sources aussi sûres que peut l’être la presse française ultra-subventionnée, que l’économiste a flingué (pour reprendre les termes toujours finement choisis de Libération) la « nouvelle politique de François Hollande » dans une récente tribune du New-York Times, le pauvre organe qui lui laisse faire son trampoline militant sur base pluri-hebdomadaire.

Notez au passage qu’à chaque fois qu’un article français paraît sur l’éditorialiste, la titraille s’emballe et insère presque systématiquement le « prix Nobel d’économie » qui va bien (chose que se refuseraient à faire les mêmes journalistes s’il s’agissait d’un Hayek ou d’un Mises, ces derniers, provenant du Camp du Mal, ne méritant pas qu’on rappelle leurs titres).

Sociologiquement, il est fort intéressant de constater l’aura quasi-christique dont dispose le gars Krugman en France : ce dernier étant ouvertement keynésien, ouvertement démocrate, ouvertement socialiste pour tout dire, ouvertement pro-Obama (le terme groupie n’est pas trop fort en l’occurrence), et officiellement nobélisé, il était impossible à tout l’establishment journalistico-politique français, très majoritairement keynésien, démocrate, socialiste en diable, et parfaitement pro-Obama, de passer à côté. On comprend dès lors pourquoi les plus beaux morceaux de bravoure du Jean-Michel d’Outre-Atlantique semblent ignorés de ce côté-ci de l’océan.

krugman internet

Pourtant, difficile d’oublier que si Krugman a bien reçu un Nobel, ce n’était pas pour la pertinence de ses visions politiques ou son keynésianisme, loin s’en faut. Difficile pour quelqu’un qui se renseigne un peu d’oublier que Krugman fut bruyamment en faveur d’un gonflement musclé de la bulle immobilière aux États-Unis, bulle qui explosera ensuite avec les dégâts qu’on connaît. Difficile pour quelqu’un qui suit un peu le personnage de passer à côté de ses prédictions humoristiques sur l’Internet, dont il était sûr que l’impact en 2005 ne dépasserait pas celui du fax. Difficile aussi de passer sans pouffer sur les déclarations proprement ahurissantes du même Krugman qui estime qu’une menace extra-terrestre pourrait se transformer en boom économique (un peu comme la Seconde Guerre Mondiale qui fut, par la reconstruction afférente, un véritable coup de booster économique, si l’on omet les millions de morts et les années*hommes perdues dans l’affaire).

Mais pour un journaliste français, tout ça passe comme une lettre à la poste, précisément parce que c’est n’importe quoi mais que c’est estampillé « Nobel ». Le sophisme de la vitre cassée, dénoncé par Bastiat et ici mis en application avec tendresse par le Jean-Michel Krugman d’Amérique, tout le monde, en France, s’en contrefiche. Bastiat aurait dû s’appeler Jean-Paul ou Jean-Michel, et pas Frédéric, c’est tout.

Malgré tout, et comme on ne peut pas se contenter de rappeler le parcours médiatique un tantinet chaotique d’un économiste pour juger de ses prouesses dans son domaine d’expertise, regardons plus avant ce qui a déclenché la vague de petits articles pétillants d’une presse française acquise aux discours du Jean-Michel américain ; dans son petit billet daté du 16 janvier, Krugman se lâche complètement à la suite de la conférence de presse de François Hollande, dont les annonces constituent selon l’économiste un véritable scandale : le président français serait en train de réaliser un virage libéral, et il remettrait le couvert pour une bonne louchée d’austérité en France.

Pourtant, Krugman le dit et le répète en se mâchouillant la barbe : « scrogneugneu, l’austérité, ça ne marche pas voyons enfin les enfants ! ». Et il en veut pour preuve les croissances anémiques, les taux de chômage records, les difficultés financières et les tensions économiques palpables dans tous les pays d’Europe pour accréditer sa thèse. Ici, les journalistes boivent du petit lait, leur inculture économique et l’absence réelle de toute volonté de recherche sérieuse leur rendant ici de fiers services.

Car, disons-le clairement, Krugman se trompe sur au moins trois chefs. Vous me direz, c’est normal, il est keynésien, militant politique et socialiste, ce qui le qualifie largement en matière d’échecs. Mais au-delà de ces raisons intrinsèques, les faits, têtus, lui donnent tort.

le honzec - la domination libéraleD’une part, économiquement, Krugman se fourre le doigt dans l’œil et les journalistes, toujours aussi finauds, l’aident grandement à lui pousser jusqu’à l’omoplate : il n’y a pas de virage libéral de la part de Hollande. Une France qui crame 57% de ses richesses produites dans le Tout-à-l’État ne peut pas prétendre, même de loin, à la moindre parcelle de libéralisme. Un pays qui a trouvé comme « solution » à la crise un renforcement de toutes les législations du travail, des corporations, un pays qui a toujours fait la place belle au capitalisme de connivence, aux affaires entre copains et coquins, et qui n’a jamais varié d’un iota sa politique économique placée systématiquement à gauche ne peut pas prétendre au libéralisme.

Pire encore, Krugman se plante ici politiquement : Hollande ne fera jamais de virage libéral, social-libéral ou même social-démocrate. Hollande est un animal politique, il émet avec sa bouche les sons qui lui permettront d’obtenir le maximum de suiveurs, de prébendiers et autres thuriféraires pour assurer son propre avenir. Si la conjoncture politique avait dicté qu’il déclare le bleu comme nouvelle couleur tendance, il l’aurait fait, quand bien même il serait venu cravaté de rouge. Ici, Krugman montre toute l’étendue de sa naïveté en imaginant qu’un type comme François Hollande pourrait éventuellement mettre ses actions en face de ses paroles, ce qui serait, proprement, inédit en France depuis plusieurs décennies. Et pardon, mais l’éloignement géographique du Jean-Michel américain n’explique pas tout : Obama est, chez eux, un excellent exemple de ce qu’on peut pipeauter pendant des années tout en conservant le pouvoir (Guantanamo, anyone ?).

Enfin, et c’est tout de même toujours aussi consternant de voir qu’un économiste peut à ce point raconter des balivernes si elles servent son petit agenda personnel, l’austérité en Europe n’a pas été mise en place. Ni en France, ni en Grèce, ni ailleurs. Jamais. Oh, pour sûr, on a pressuré les contribuables, on a écrasé le secteur productif d’impôts, de taxes et de vexations fiscales diverses. Mais les coupes claires dans l’administration, la diminution du poids de l’Etat et de son rôle dans la société, ça, en revanche, c’est … du flan : il n’en a jamais été question. Le poids des prélèvements n’a pas arrêté d’augmenter en France, le poids du secteur non-marchand aussi, l’interventionnisme d’État bat son plein. Krugman, en feignant de croire que la France pourrait prendre un virage libéral ou social-démocrate ou pédalo-flambyste, joue à l’idiot inutile, ou se laisse lui-même berner par ses propres illusions économiques.

krugman zone

Quant aux journalistes, ils relaient, frétillants d’aises à l’idée qu’un Prix Nobel De 2008 puisse ainsi égratigner Hollande qui oserait tenter un truc de fou dont Tout Le Monde Sait (à commencer par le nobélisé en question) Que Ca Va Dégrader La Situation, mais si mais si, puisqu’on vous le dit.

Jean-Michel Paul, faites-vous une raison : vos éditos sont vaguement rigolos lorsqu’ils concernent les États-Unis, mais franchement, pour la France, restez chez vous, vous dites de grosses âneries. Non, Hollande n’a pas pris de virage libéral ou quoi que ce soit. Il continue, têtu, toujours tout droit, bien perpendiculairement au mur de la réalité qu’il va nous faire prendre en pleine tête.

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Source : http://h16free.com/2014/01/20/28631-les-palpitantes-aventures-de-jean-michel-krugman


Pour vraiment en finir avec les stagiaires

dimanche 19 janvier 2014 à 10:30

C’est un sujet qui n’est que rarement abordé dans la presse, et, à vrai dire, encore moins dans ces colonnes. Peut-être est-ce dû au fait qu’il est lourd de symboles d’une époque difficile, peut-être ce sujet touche-t-il de façon trop douloureuse le vécu de beaucoup d’entre nous, et notamment de tous ces chroniqueurs qui ont eu, un jour, à passer par là, ou peut-être, plus simplement, est-ce un sujet assez barbant ? Allez savoir, en tout cas une chose est sûre : on parle fort peu des stagiaires.

Rassurez-vous, comme ils sont en France de plus en plus nombreux, c’est un sujet qui va revenir régulièrement sur la table ; et comme on compte actuellement plus d’1.6 million de personnes officiellement stagiaires, le gâteau électoral commence à devenir appétissant. On comprend donc très bien pourquoi le législateur s’est soudain senti une vocation à mettre ses petits doigts boudinés dans la « belle » mécanique qui avait été mise en place pour saboter réguler les stages (et dont on peut noter les premières tentatives en 2006, année à laquelle le pays avait vaguement remué sous les pleurs stridents d’une génération qui s’était elle-même qualifiée de précaire).

Comme je l’ai dit, j’ai assez peu traité le sujet des stagiaires. J’ai donc décidé de me renseigner directement à la source et j’ai consulté le quintuplet de stagiaires qui m’ont été attribuées lorsque je suis rentré à Demaerd Industries comme plombier de combat. Oui, je suis comme ça, la perspective d’avoir à échanger quelques phrases simples avec ces petites créatures ne m’effraie pas et je suis donc allé les voir pour leur parler de ce projet de loi. Dès le début, elles se sont montrées intéressées.

stagiaires souriantes

« Voilà les filles, je vous explique. Le gouvernement est en train de se pencher sur le cas des stagiaires, et il est en train de travailler sur un projet de loi qui vise à limiter votre nombre par entreprise et aussi, parce que c’est écrit dans le projet, à revaloriser votre statut. Bon, y’a d’autres choses en plus de cet élément, bien sûr, mais l’idée, c’est ça, c’est de revaloriser votre statut et de limiter votre prolifération, tout ça. Ça vous plaît, les filles ? »

stagiaires joyeuses

À vrai dire, je m’attendais à ce genre de réaction : quand on est jeune, on ne sait pas toujours à quel point les politiciens sont fourbes, ou simplement stupides et provoquent systématiquement des effets de bords indésirables et rapidement hors de contrôle dès qu’ils se mêlent de la vie des autres avec les informations idiotes qu’ils rassemblent n’importe comment en écoutant tel ou tel lobby ou, pire encore, tel ou tel syndicat. Une fois l’euphorie passée, un peu d’analyse lève tout doute : comme d’habitude, cette future couche pamperso-législative supplémentaire vise à protéger les stagiaires des petits désagréments de la vie en entreprise et va terminer par un fiasco épais et rédhibitoire qu’une prochaine loi, dans un ou deux ans, visera à corriger en apportant un lot supplémentaire de problèmes inextricables et de solutions vexantes pour tout le monde.

Sur le papier, on découvre donc que si la loi passe, le nombre de stagiaires sera limité par entreprise, leur durée aussi, et que le statut de ces stagiaires va être amélioré. C’est important, en France, le statut : c’est un peu le lubrifiant ultime dans le pays, socialement parlant. Les gens n’ont plus vraiment de métier, ils ont un emploi (comme celui du temps), et les plus chanceux ont un statut (et pour certains, en bronze massif, ce qui explique leur totale immobilité). Et là, dans ce fameux Statut du Stagiaire, la loi veut garantir des protections relatives aux durées maximales de présence (parce que faut pas pousser, hein), la possibilité de valider son stage malgré son interruption (parce que, faut pas pousser, hein), l’exonération d’impôt sur le revenu des gratifications reçues pendant le stage et des autorisations d’absence en cas de paternité ou de grossesse. Il était temps : on ne compte plus les stagiaires qui accouchent à même les photocopieuses…

stagiaire enceinte

Toutes ces bonnes résolutions qui vont bientôt entourer le stagiaire forment un tout parfaitement cohérent qui vise à statufier pardon protéger les pauvres petites bestioles qui, jusqu’à présent, se faisaient dévorer tout cru par le patronat, et comme pour toutes bestioles, il va falloir (je cite l’un des promoteurs du projet, la député Chaynesse Khirouni) « favoriser le développement de stages de qualité », pour obtenir, je suppose, une viande de stagiaire plus ferme et plus goûtue, ainsi qu’instaurer leur inscription dans un beau registre de contrôle, « afin de mieux tracer leur présence » … comme les poulets. On comprend vers quoi tout ceci se dirige, et d’ailleurs, Ginette, qui a bien coaché Geneviève Fioraso, la ministre en charge de tout ce bazar, l’a bien compris :

licence de stagiaire

En limitant le nombre de stagiaires par la loi, il n’est pas invraisemblable d’imaginer que des tensions notables vont se créer dans ce domaine déjà par ailleurs particulièrement tendu. Eh oui, à mesure que les formations diplômantes (ou non) fournies par l’Édulcoration Nationale peinent à assurer un niveau quelconque de ceux qui les suivent, les entreprises ont pris le relai de deux façons.

D’une part, elles ont appuyé sur le passage par le stage pour s’assurer que le profil pourrait correspondre à un besoin d’embauche futur, et pour beaucoup d’entre elles, ont assuré à leur frais la formation de ceux qui allaient (espéraient-elles) rejoindre leurs rangs. C’est un vrai pari dans la mesure où l’embauche n’est pas assurée, tant parce que les conditions de marché évoluent beaucoup, que parce qu’un jeune formé peut décider d’aller voir ailleurs…

D’autre part, les conditions d’embauche (CDD ou CDI) devenant de plus en plus complexes, les entreprises ont eu recours à cette forme bâtarde de période d’essai extensible pour combler à la fois la demande croissante des jeunes pour des stages, parfois nécessaire pour obtenir un diplôme, et la demande croissante en petites mains pour des tâches subalternes, moins complexes ou plus répétitives dans l’entreprise : eh oui, comme le salaire minimum et ses charges afférentes augmentent, toutes les tâches auparavant dévolues à ces niveaux de paie deviennent trop chères, et sont alors en priorité redirigées vers les stagiaires, beaucoup moins coûteux.

Une fois qu’on a compris ces deux précédents points, on voit tout de suite que la limitation du nombre de stagiaires dans une entreprise ne va rien résoudre du tout : les petites tâches ne seront plus remplies, et les stagiaires devront se battre pour espérer obtenir un poste au sein des rares entreprises qui pourront encore se lancer dans ce genre de démarches sans s’attirer les foudres des syndicats de stagiaires et autres agglomérations irritantes de saprophytes périphériques. J’attends avec impatience le développement des combats de stagiaires potentiels dans de la gelée de groseille, cela promet des moments épiques.

stage fight

Le précédent billet qui évoquait les problèmes des stagiaires datait de 2006 et pointait déjà ce qui va se passer : les stages lourdement réglementés, le statut du stagiaire une fois figé dans une bonne grosse loi, les entreprises réfléchiront à deux fois avant de mettre le doigt dans ce mécanisme et l’offre diminuera. Il aura donc fallu presque sept années pour que le lobbying porte ses fruits mais rassurez-vous : enfin, le stagiaire sera bouté de France.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/01/19/28558-pour-vraiment-en-finir-avec-les-stagiaires


Le Léviathan se mord la queue, coupons lui les bourses

vendredi 17 janvier 2014 à 09:00

Un billet de Baptiste Créteur et h16

Les élites sont satisfaites. La République Populaire & Démocratique de France avance sur les différents chantiers que ses dirigeants éclairés se sont donnés pour mission de faire aboutir à horizon 2150 2050 : une économie moderne, une société égalitaire, un Homme Nouveau avec du Pain et des Jeux Pour Tous.

Certes, quelques nids de poule se sont creusés sur la route sinueuse de la servitude l’égalité ultime : la First Lady Girlfriend du Président n’est pas au mieux de sa forme depuis que des photos de la Second Girlfriend ont été publiées ; le ministre de l’Intérieur, obligé de prendre à son compte certains combats que son Président lui a lâché dans les pattes pour calmer ses ambitions, n’a franchement pas brillé dans sa stratégie anti-quenelles et la tempête qui a suivi ne semble pas prête de s’apaiser. Le Président devra donc choisir entre ses prétendantes, toutes évidemment attirées par son physique avantageux, son impressionnant charisme et les quelques menus bénéfices que confère la proximité de son cœur : conseillers en communication, garde rapprochée, tentatives de nominations

Certes, ces petits aléas rendent l’avancée vers une meilleure société un peu plus chaotique. Mais le fond reste : l’Etat est là pour notre plus grand bien. Malheureusement, les Français ne semblent pas tous convaincus qu’il agit toujours dans leur meilleur intérêt. Bon, il faut avouer qu’il ne semble lui-même pas toujours le savoir : régulièrement, rien ne va plus entre étages du mille-feuille administratif, entre comités et agences, entre l’attaché culturel de la communauté de communes et le responsable évènementiel du conseil régional ou le président de l’association locale loi 1901 des Modeleurs d’Intemporels… au point que les uns portent parfois plainte contre les autres.

Il suffit de se rappeler des maires de certaines communes bretonnes qui portent plainte contre l’État lorsque les algues vertes, résultant de l’élevage porcin intensif massivement favorisé par l’État et la commune, envahissaient leurs plages, rendant l’air toxique et le coin moins touristique. Bien sûr, au final, le citoyen paiera mais de la même façon qu’ils tentent de facturer leurs soins de santé ou leur assurance-chômage à la collectivité, les maires reportent la charge de dépollution sur tous les Français plutôt que sur leurs administrés.

Et dans la série « l’État contre l’État », un nouvel épisode vient de sortir avec le déraillement d’un train contenant des déchets nucléaires. Dégâts mineurs, plus de bruit que de peur que de mal, l’incident n’est finalement qu’un prétexte : ce que dénonce le maire, c’est que des marchandises dangereuses traversent ainsi sa commune. Ici, peu importe qui a raison ou tort du gentil maire qui défend ses administrés ou des gentils fournisseurs de service public. Simplement, le maire de Drancy a bien compris qu’électoralement, les stades de foot ou les centres culturels rapportaient plus que les projets décharges, lignes TGV ou trucs qui font du bruit, sont dangereux ou ne sentent pas bon. C’est ici que toute la pertinence des instances ad hoc créées pour brûler l’argent public coordonner l’action de l’État à chaque niveau du mille-feuille administratif, se fait sentir pour mener les combats indispensables État contre État, après bien sûr un procès long et couteux avec des gros bouts d’impartialité dedans.

État contre État, on voit que cette série à succès peut continuer longtemps. Mais on peut aller plus loin !

oooh filocheIls auraient pu faire grève et paralyser Bussy. Ils auraient pu se déguiser en syndicalistes et défoncer la permanence du député local pour se faire entendre, ou séquestrer avec décontraction un vague employé France Télécom (voire le maire de Bussy), le tout — magie de l’État de droit — sans risquer de poursuites. Mais ils ont décidé de faire la grève de l’impôt jusqu’à obtenir l’ADSL.

« Nous sommes des citoyens de seconde zone, oubliés de tous. En revanche, quand il s’agit de réclamer des impôts, là, on ne nous oublie pas. »

De qui s’agit-il donc ? Comme l’explique l’article, adorablement tendres avec nos graines d’anarchistes rebelles de l’impôt, il s’agit d’une trentaine d’habitants de Bussy, hameau de Sainte-Anne-Saint-Priest (près de Châteauneuf-la-Forêt, 154 habitants), présentés comme « affables et accueillants » : remontés comme des coucous parce qu’ils n’ont toujours pas l’accès Internet haut-débit ; l’ADSL n’est pas envisageable, et ce salaud de France Télécom (dans lequel l’État est toujours un gros actionnaire et qui ne pense qu’au profit facile) a renoncé depuis longtemps à investir dans ce domaine.

En 2003 fut pourtant créé le syndicat mixte Dorsal, structure publique chargée d’installer le haut débit dans ces zones dites blanches, en utilisant la technologie WiMax (ondes radios). Las, Bussy résiste encore et toujours à l’Internet Haut Débit !

dorsal internet

Malgré tout,

« Dieu sait pourtant que nos élus se vantent de la couverture numérique du Limousin »

… lance un habitant en brandissant une publication du conseil régional (payée avec ses impôts), pourtant réputée pour ne contenir que des vérités solides et aucune propagande électorale. Dans la structure publique Dorsal où l’action est toujours mise en avant face au blabla inopérant, le directeur, Yan Pamboutzoglou, fait des petits bruits mous avec sa bouche et lâche, vaincu :

« Nous avons malheureusement dans la région des zones comme celles-ci où, effectivement, on ne peut rien faire. Ce n’est pas agréable à entendre, mais je rappelle que nous avons nos propres limites techniques et financières. Bussy est loin d’être un cas isolé en France. »

WTF ?Quoi ? On a une structure publique qui est chargée de répandre la bonne parole et Internet partout en France, on a des présidents de conseils généraux, régionaux et de tout le pays qui entendent réduire la fracture numérique à tout prix, et patatras, l’impulsion puissante donnée par toute la République s’englue dans des considérations terre-à-terre à base de budget serré, de limitations techniques mesquines et d’intendance ridicule ? C’est ça, la Cinquième Puissance Mondiale ? Saperlipopette ! Où partent nos impôts, hein ? Et elle est où, l’universalité républicaine ? Et l’internet pour tous, c’est pas maintenant ? Sapristi, l’État fait payer à tous des missions de service public universel qu’il n’assure pas, et fait payer aux habitants de Bussy un service qu’il ne rend pas. C’est scandaleux, n’est-ce pas.

Trêve de plaisanterie, on comprend mieux la grogne d’un nombre croissant de Français qui paient de plus en plus cher des services de plus en plus médiocres : de courageux indépendants ont ainsi lancé depuis quelques mois une grève des cotisations pour réclamer un RSI à la hauteur de son coût. Certains affrontent le péril administratif et judiciaire pour quitter le défunt monopole de la Sécurité Sociale et bénéficier des mêmes prestations à moindres frais, tant parce qu’ils sont contributeurs nets de la Sécurité Sociale, et parce que les concurrents privés sont mieux gérées et ne flambent pas l’argent de leurs clients.

oh filocheCes Français ont choisi d’attaquer l’État au portefeuille, de cesser de financer un Léviathan dont seuls les plus crédules pensent encore qu’il est bien géré par des individus compétents soucieux de l’intérêt général, et qui protège leurs libertés. Leur action est risquée ; légitime et parfois légale, elle n’est pas reconnue comme telle par les garants de la retraite à 55 ans, du jour de carence et de la pause sieste qui, on peut le parier, se battront pied à pied pour empêcher que ces pionniers retrouvent leur liberté.

Mais des résultats similaires peuvent être atteints à moindres risques : il est en effet possible de s’expatrier, de réduire son activité et sa consommation, et de profiter de ces alternatives à l’échange marchand qui permettent de s’affranchir de lourdes déclarations. Bien sûr, on trouvera facilement des zélateurs étatiques pour condamner ce genre de pratiques qui ont le mauvais goût de menacer leur train de vie. Mais comment défendre un État qui ne remplit plus des missions même pas légitimes ? Pourquoi abonder au budget d’un État va-t-en guerre qui accroît chaque jour un peu plus le champ de son contrôle des citoyens ? Comment justifier qu’un citoyen opposé à leurs idées soit contraint de financer le Parti Communiste, le Front National et l’Humanité ? Plus que jamais, les idées de Thoreau sont d’actualité : ainsi, il refusait il y a 150 ans de financer un État esclavagiste faisant la guerre au Mexique.

Mais il est important de ne pas se tromper de combat.

Comme ces affables et accueillants « anarchistes » de Bussy, faire grève des impôts pour demander plus de dépense est le fruit d’années de lavage de cerveau et de déformation économique. Et que l’État en vienne à porter de plus en plus souvent plainte contre lui-même indique qu’il est trop présent : il n’est pas un domaine de la vie, pas un activité humaine où il ne se soit immiscé d’une façon ou d’une autre en République Populaire & Démocratique de France. Mais demander le recul de l’État pour reprendre nos vies n’est pas un combat égoïste ; c’est la proposition d’un nouveau modèle de société qui a pour double avantage d’être viable et de ne contraindre personne à faire ce qu’il n’estime pas être juste.

C’est un combat qui entraîne risques et sacrifices, à l’évidence, mais ne rien faire, c’est prendre un risque encore plus grand et s’assurer des sacrifices immenses.

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Source : http://h16free.com/2014/01/17/28544-le-leviathan-se-mord-la-queue-coupons-lui-les-bourses


Rassurez-vous, le pire est à venir

jeudi 16 janvier 2014 à 09:00

Un Conseil de Simplification, un Observatoire des Contreparties et un Conseil stratégique de la dépense : voilà donc ce avec quoi les Français ont été enfumés mardi par un président de la République englué dans des affaires frivoles aux frais du contribuable. Heureusement, ce fut une avalanche de questions pertinentes et poussées par des journalistes qui n’ont rien lâché et ont vraiment mis le chef de l’exécutif dans l’embarras : courbe du chômage qui refuse de s’inverser, économie française qui tousse, entreprises qui calanchent par milliers, rien ne lui aura été épargné.

Ah tiens, si. Comme il était parfaitement prévisible, la conférence de presse fut un pénible exercice de communication servi d’un côté par un président délicieusement décalé des réalités et de l’autre par un parterre de journalistes dont la servilité, enrobée d’une couche d’obséquiosité gluante, aura éclaboussé les médias (étrangers notamment) comme rarement dans l’Histoire du pays.

Au passage, je mettrai l’absence de réaction vraiment virulente à l’installation d’un Observatoire des Contreparties sur le compte de la mithridatisation déjà bien avancée du peuple français, passablement habitué à ces idioties avec toute la kyrielle roborative de Commissions Théodules débiles et de ministères dont les noms (Redressement Productif, hein, mes petits amis, ‘ fallait le trouver !) constituent quasiment des moquages de visage érigés en méthode de gouvernement.

La réalité reste toujours la même et elle ne doit d’être cachée au public qu’aux limaces rampantes qui officient comme journalistes en cour actuellement : la France est en faillite, et son salut actuel ne tient que par l’emprunt, lui-même basé sur la croyance toujours fragile de nos créanciers qu’il y a encore de quoi faire dans la tonte des moutontribuables.

Et en coulisse, cependant, certains ont bien compris que des coupes devaient absolument être faites. Et bien évidemment, lorsqu’on doit couper et que cela va faire mal, on choisira par défaut les endroits où la douleur sera la plus facile à réprimer. Et puis, comme on dit que les grandes douleurs sont muettes, c’est précisément la plus Grande d’entre les muettes qui va prendre en premier : sabrer dans les dotations aux armées s’impose donc logiquement.

leboncoin porte avion charles de gaulleOh, on savait déjà que les moyens dont disposait l’Armée française n’étaient plus que l’ombre de ce qu’ils furent jadis, du temps où la France pouvait encore prétendre à son rôle de puissance nucléaire. De nos jours, la vétusté moyenne de l’équipement, les déboires informatiques (au niveau des soldes, par exemple) ou la gabegie tranquille des moyens dans une haute hiérarchie composée d’un nombre pléthorique de généraux lourdement payés aboutit, on le sait, aux résultats médiocres de nos troupes sur les sols où ils sont envoyés à la faveur d’une lubie présidentielle.

Mais à cette détérioration continue des corps armés français, on va bientôt devoir ajouter des coupes drastiques encore jamais vues. C’est au détour d’un récent article du Point qu’on découvre l’ampleur de la catastrophe : on y apprend ainsi que même le scénario le moins douloureux reste particulièrement dévastateur puisqu’il envisage la perte de 30.000 emplois dans les armées et 15.000 dans l’industrie de défense (rassurez-vous : ces pertes seront probablement compensées par ces emplois d’avenir vitaminés, pertinents et durables que la Socialie magnanime nous a concoctés). Et dans ce cadre, le maintien de la composante aérienne de la dissuasion nucléaire est même remis en question.

Et l’hypothèse retenue du côté de Bercy est encore plus acide puisque les crânes d’œuf en charge du budget préconisent d’y aller encore plus fort et envisagent de faire sauter trois milliards d’euros de budget en deux ans, soit 10% d’une enveloppe annuelle ; cela conduirait notamment à la disparition du programme Rafale, celui de l’A400M, l’extinction de sociétés entières développant du matériel militaire. La vente du porte-avion Charles De Gaulle est même envisagée sérieusement… Le commentaire effaré d’un interlocuteur du ministère de la Défense est d’ailleurs très éclairant :

« On prend le mur en pleine gueule. On a bien tenté de faire comme d’habitude, de repousser les problèmes après 2017 ! Mais ça n’a pas marché… »

Il est nécessaire d’insister un peu sur la formule utilisée : oui, l’armée aura été pendant des décennies le premier poste dans lequel on aura coupé, précisément parce que les militaires ne se plaignent pas. Et maintenant que les coupes devraient toucher tous les autres ministères, l’armée, encore une fois appelée à trinquer en premier, n’en peut plus et fait la grimace, du reste compréhensible alors que les budgets de la Culture ou de l’Éducation Nationale n’ont pas arrêté d’augmenter, avec les résultats mirifiques que l’on constate.

armee chat triste

Pour certains, naïfs, une telle réduction tient enfin de l’action concrète et libéralo-compatible : l’état réduit son périmètre, youpi. Moui. Mais si l’on peut se réjouir d’une réduction de budget en général, j’avoue cependant que réduire celui de l’armée me laisse perplexe : si le pays court, comme je le pense, à la catastrophe, les politiciens ne sont probablement pas très avisés de réduire les moyens des seuls capables de les protéger lorsque le vent tournera. Et parallèlement, au lieu de réduire le périmètre d’action des militaires à un cadre adapté à leur budget, ils sont encore plus idiots d’envoyer régulièrement ces derniers en opérations coûteuses qui ne leur rapportent rien politiquement, qui tournent lentement au fiasco, et qui grèvent encore plus des budgets déjà miséreux. Heureusement qu’on va avoir un Observatoire des Contreparties et un Conseil de la dépense pour y mettre bon ordre !

En tout cas, même sans les précieux avis de ce formidable Conseil, certains, en haut lieu, n’ont pas perdu le nord : il n’y a plus un rond, certes, l’armée est en déliquescence avancée, en effet, mais ne nous laissons pas abattre ! Il y a encore des moyens insoupçonnés pour ponctionner encore un peu : si, jusqu’à présent, l’assurance-vie n’était pas saisissable pour le recouvrement des impôts, ceci est en train de changer.

Et tout comme les coupes claires et abrasives dans la Défense, ceci, bien que fort discret, n’est pas un petit changement fortuit. En effet, jusqu’à présent, dans le cadre de l’assurance-vie, c’est la compagnie d’assurances qui est propriétaire des fonds, et non l’épargnant qui ne dispose que d’un droit de résiliation. Cependant, la dernière loi votée et publiée au JO du 7 décembre dernier permet maintenant au fisc de mettre la main sur les sommes placées dans ces contrats ; pour le moment, cette disposition est encore limitée à ceux qui sont rachetables, dans lequel l’épargnant peut retirer l’épargne constituée, mais c’est déjà un joli début qui, on le comprend, met en appétit les agents de Bercy.

Ce mardi après-midi, François aura fait un fort joli numéro de clown. Amusant la galerie, il aura occupé les esprits avec ses bourdes (quelques unes étant même involontaires) pendant qu’en coulisse, les événements continuent leur course folle vers ce proverbial mur que la Défense semble avoir déjà percuté. Ne vous y trompez pas : lorsqu’un État brade son armée, lorsqu’il commence à redéfinir la liberté d’expression, et qu’il s’attaque goulûment à celui de propriété privée, c’est qu’il ne va pas, subitement, devenir meilleur.

Ce pays est foutu. Fuyez.

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Source : http://h16free.com/2014/01/16/28527-rassurez-vous-le-pire-est-a-venir