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Egalité homme/femme : pas de violence, pas de vacances !

vendredi 10 janvier 2014 à 09:00

En France, rien ne va plus. Notre ministre de l’Économie et des Finances est impuissant pour l’économie nationale, même s’il faut (selon ses dires) mettre à son crédit la reprise européenne. Sans doute un peu ; les entreprises qui veulent s’implanter en Europe le font, grâce à lui, plutôt chez nos voisins que chez nous. Le chômage augmente, les courbes s’inversant après quelque verres et dans les fantasmes présidentiels. La météo est peu clémente ; l’hiver s’est abattu sur le pays qui se retrouve soudainement noyé dans une tempête de quenelles et de facepalms, au point de crisper toute la population.

On sent les uns prêts à frapper sur les autres, ce qui n’est vraiment pas très bisou. Certes, pas autant que des contrôleurs URSSAF qui ont bu mangé après minuit, mais tout de même. Heureusement, le Ministère du Droit des Femmes À Ne Pas Se Faire Taper Dessus voit les choses en grand avec des méthodes qui évoquent des expériences grandeur nature de plusieurs décennies : c’est la lutte permanente pour savoir qui a la plus grosse … implication dans les objectifs du soviet Comité Interministériel aux Droits des Femmes. Un Haut Fonctionnaire en charge de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes a été désigné à la courte paille dans chaque ministère et supervise la mise en œuvre de la Feuille de Route pour l’égalité femmes – hommes, dans laquelle chaque ministre s’est impliqué personnellement.

moscovici pour l'égalité devant l'impôt

Cette feuille de route, déclinée dans tous les parfums ministériels (vanille, Justice, fraise, Défense, pistache, Éducation Nationale, etc…) représente donc une somme de petits PDF à consulter à cette adresse avec la fébrilité qui sied lorsqu’une information capitale filtre enfin de ces tours d’ivoire où de si sages décisions sont prises quotidiennement et dégoulinent sur le peuple trop heureux de se faire ainsi oindre à gros bouillons tièdes. Tout ceci fait des tas d’occasions joyeuses de communiquer : une réunion de présentation par ministère, une synthèse, un bilan par le politburö comité central, et des tas de jolis rapports sur cette coopération genrée d’un troisième type au sein des organes (androgynes) de l’État.

saperlipopette !On notera des actions d’une rare ampleur, comme le recensement de l’ensemble des commissions consultatives ou délibératives relevant de son autorité par le ministère du Commerce Extérieur qui veillera aussi à promouvoir les femmes Barbara Gould dont la réussite est exemplaire notamment dans le domaine de l’exportation. Le pipeau prend ici des ampleurs d’orchestre philharmonique.

Au ministère du Dressement Reproductif, on s’engage à aller bien plus loin en faisant vibrer les cœurs de l’armée rouge du ministère au son de l’Égalité tout au long de l’année, avec des actions emblématiques. Attention mesdames, Arnaud Montebourg veille sur vos droits :

Ça décoiffe, ça dépote, ça pousse de la mamie en déambulateur, ça, môssieu ! MalHeureusement, ce n’est pas tout : certains ministres limitent leurs ambitions à la publication de leur newsletter et au choix des rubriques de leur internet. Arnaud, lui, va bien plus loin et n’hésite pas, au nom de l’égalité, à raviver la discrimination :

Le soutien à l’entrepreneuriat féminin, aussi appelé discrimination positive, est une discrimination. La discrimination, c’est mal, sauf quand c’est Najat qui pratique ou fait pratiquer. Et puis la mixité des métiers ravira vraiment celles qui pourront alors enfin concilier leur vie de famille avec leur profession de marin-pêcheur.

égalité sexuelle salariale : grimpez à bord pour une bonne tasse d'égalité !

Mais au-delà de ces réjouissants projets, la production de données avec des petits zizis et des petites foufounes pardon sexuées est surprenante : en France, on se refuse à établir des statistiques distinguant l’appartenance à quelque groupe que ce soit, surtout s’il s’agit d’une minorité. Impossible de savoir qui remplit les prisons (Zemmour a payé pour avoir tenté), impossible de tracer les origines des uns et des autres, c’est parfaitement interdit, discriminatoire, attentatoire au vivre-ensemble, et pour tout dire, ça frôle le délit de quenellage. Mais alors, à quoi la production de statistiques sexuées pourra-t-elle bien servir ? À tout hasard et si certains veulent une réponse (ou simplement saluer l’action des ministères que vous payez avec vos impôts), sachez que tous seront représentés au Global Summit of Women à Paris en juin 2014.

(Au passage et en aparté, on peut se demander ce qui se passerait si nos ministres avaient l’idée aussi sotte que grenue d’aller s’afficher à un hypothétique Global Summit Of Men… Comme quoi, l’égalité est finalement quelque chose d’extrêmement subjectif par les temps qui courent.)

Comme on le voit, la protection des femmes avance et les place de mieux en mieux à l’abri de la violence. Si quelqu’un est contre, qu’il le dise maintenant ou se taise à jamais. Oui, vous, là-bas, au fond ? Pardon ? Oui ? Ah… Comment ça, ça ne vous arrange pas ? Hum… D’accord : notons (et veillons à inclure dans les feuilles de route de l’année prochaine) que les femmes doivent être protégées de la violence, sauf si elles sont consentantes, et encore moins si elles sont volontaires : on découvre en effet l’histoire ahurissante de deux agents de la SNCF qui ont payé deux mineurs (tout effet pervers d’un système judiciaire en pleine déliquescence étant bien entendu à écarter) pour les agresser afin d’obtenir des congés.

Notons que si elles avaient fait partie d’un syndicat, nul doute que ces congés leur auraient été accordés ; leurs motifs étaient légitimes puisqu’on apprend de l’enquête relayée par les médias que :

L’une voulait se consacrer à la danse, l’autre rejoindre sa famille en Guadeloupe.

Mais tous n’ont pas la même chance. Certains, certes mal affûtés, oublient que l’agression doit être simulée ; à ce sujet, certaines femmes sont d’excellentes simulatrices et ont réussi le tour de force à faire croire qu’elles avaient un lien juridique avec la présidence de la république, voire qu’elles effectuaient un travail réel et mesurable dans l’un de ces innombrables ministères croupions que notre République s’enorgueillit de pouvoir payer avec ses fonds replets.

najat simule

Et lorsque l’agression n’est pas simulée, cela devient comme un statut facebook trop genré : compliqué. Finalement, tout ceci est bien fait pour ces hommes qui, lorsqu’ils paient des syndicalistes pour les séquestrer, se font réellement séquestrer, et dans de mauvaises conditions en plus ! Pas de vacances aux frais du contribuable de la princesse au bout du compte, ni d’inquiétude pour les syndicalistes qui après tout ne faisaient que leur travail de nuisance.

On le voit bien, la France est entre de bonnes mains. La cohérence d’ensemble est garantie par l’égalité variable des uns et des autres devant la loi ; l’égalité hommes-femmes est assurée, puisqu’elle a été décidée en haut lieu et sera surveillée par un comité, ce qui constitue comme chacun sait un gage de réussite ; les travailleurs sont toujours honnêtes, en particulier lorsqu’ils se sentent investis d’une mission de service public ; les patrons, ces voyous, se font gentiment séquestrer par de sympathiques syndicalistes qui reconnaissent ici implicitement que la justice a toujours su être suffisamment égale pour eux et continuera, on en est sûr, à l’être dans l’avenir.

Dormez bien, braves gens ; grâce à vos dirigeants compétents et à leurs feuilles de sentiersroutes lumineuses, vous serez tous égaux dans la misère.

Socialism : making everybody equally poor since 1917

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Source : http://h16free.com/2014/01/10/28374-egalite-des-femmes-pas-de-violence-pas-de-vacances


Newsweek et la chute de la Maison France

jeudi 9 janvier 2014 à 09:00

Quand ce n’est pas la Perfide Albion qui tacle méchamment la Patrie Des Droits de l’Homme et le Phare de l’Humanité, ce sont les Américains qui s’en chargent bien volontiers. On se souvient qu’il y a un peu plus d’un an, une Une particulièrement critique de The Economist avait déclenché un prurit violent chez nos politiciens outrés de découvrir qu’on osait faire du french bashing à ce niveau là. Bien évidemment, aucune leçon n’en avait été tirée, et le frétillant vendeur de tapis ministériels, Arnaud Montebourg, avait même tenté l’humour (exercice périlleux dans lequel il n’est pas trop doué) en qualifiant l’hebdomadaire anglais de Charlie Hebdo de la City. Puis tout était redevenu calme.

Par calme, je veux bien entendu dire que le gouvernement avait continué les mêmes idioties qu’il lui était reprochées dans l’article, les débats de fonds ont continué à être soigneusement évités, les réformes scrupuleusement enterrées et les réajustements budgétaires drastiques très vite oubliés. Bref, business as usual comme on dit lorsqu’on parle franglish. Et voilà qu’en ce début d’année, une journaliste américaine relance le bastringue avec un article paru dans Newsweek, sobrement intitulé « The Fall Of France » que même nos politiciens, pourtant si embarrassés devant la langue de Shakespeare, sont parvenus à comprendre immédiatement.

Damned, l’article n’est pas tendre ! En quelques paragraphes méchamment écrits dans une langue parfois totalement imperméable aux journalistes français qui l’analyseront rapidement plus tard, la journaliste constate l’état général de déliquescence du pays, son chômage massif, son exode des cerveaux, ses zacquis sociaux bien trop coûteux, son État omniprésent et ses élites totalement déconnectées de la réalité à commencer par un François Hollande délicieusement rétro. Bien évidemment, c’est parfaitement intolérable pour les politiciens et cette frange de la population auto-déclarée élite de la nation qui se sont immédiatement offusqués de cette réalité, jetée à leur face sans prévenir.

Heureusement pour eux, l’article a été écrit en enrobant les remarques les plus justes dans une crème épaisse de poncifs plus ou moins débiles et de contre-vérités douteuses. Grâce à celles-ci, Najat Vallaud-Belkacem et Pierre Moscovici (d’ailleurs brocardé dans l’article) ont pu lui sauter dessus à pieds joints, ragaillardis qu’ils étaient de voir la foule de leurs compatriotes, bien rengorgés de leur propres certitudes, les accompagner dans la contre-offensive qui fut ensuite menée (article du Monde en tête). Ouf. Grâce aux remarques ironiques (comme celle sur le mot « entrepreneur » qui n’existerait pas en français) et à ces approximations, on va pouvoir démonter du Yankee ou de l’Anglaise à peu de frais (et ce sera même à portée d’un minustre ou d’un journaliste, c’est dire) ; le service après-vente peut alors prendre le relai sur tous les bons sites de France, qu’ils fussent de droite ou de gauche.

Outre l’évident plaisir un tantinet patriotique que certains se feront à démontrer à quel point il est difficile de se procurer du lait à 5.88€ le litre, la presse trouvera en tout cas un avantage certain à secouer un peu le débat, d’autant que, de l’autre côté, Newsweek remet rapidement les couverts devant les réactions outrées de tout ce que le pays compte d’éminents défenseurs ; et puis ça tombe bien : Newsweek aurait, dit-on, envie de relancer une version papier dans l’hexagone, et cette polémique aura au moins le bon goût de replacer son nom dans les têtes françaises ; un peu de soufre sur un nom, cela fait vendre, n’est-ce pas ?

unes de The Economist consacrées à la France

Cependant, le souci tant avec le French Bashing mal torché de Newsweek qu’avec les réactions aussi outrées que rigolotes d’un Mosocivi ou périplaquistes à la Le Mâonde, c’est qu’il permet à ceux qui se sentent morveux de se moucher avec la main du voisin, ou, pour le dire autrement, de compter les tiques de l’éléphant en essayant d’oublier qu’il s’est assis au milieu du salon. Alors, oui, certes, on peut bien tenter, comme le fait de façon assez consternante l’article du Figaro, de répondre à l’humour polyglotte initial (qui a fait mouche, très manifestement) en notant la mauvaise traduction littérale de « to be continued » (sans capter le clin d’œil pourtant évident à la nullité des Français en langues) et en concluant par un idiome anglais, démontrant amplement que la blagounette sur les entrepreneurs était restée parfaitement opaque à la plupart des critiques. Mais ce faisant, on oublie la forêt pour l’arbre (et on se le prend quand même en pleine figure au passage).

Parce qu’en réalité, des articles critiques sur la France, vue depuis l’étranger, il y en a un paquet ; et que ce soit en allemand, en anglais ou dans ces autres petits dialectes exotiques rigolos du reste du monde mal éclairé par le Phare de l’Humanité, nombreux sont ceux qui, lucides et argumentés, arrivent aux mêmes exactes conclusions de celui de Newsweek : tous remarquent un déclin de plus en plus rapide et prononcé de ce pays. Or, ce message, celui d’un déclin évident de la France, celui d’une perte de compétitivité, d’attractivité, celui d’un délitement général du pays par le haut, via ses élites, ce message ne passe toujours pas, aussi argumenté soit l’article, aussi calme et factuel soit l’éditorialiste. La sonnerie retentit, les feux de signalisations se mettent à clignoter au rouge, les barrières s’abaissent, … mais le train ne passe décidément pas.

Et devant ces articles qui arrivent aux mêmes conclusions, aucun de ces politiciens ou de ces journalistes partis à la bataille contre les méchants yankees et vilains britons ne voit qu’ils sont écrits par des auteurs qui sont a priori plutôt favorables à la France, qui y ont vécu longuement ou y vivent encore, que ce sont des gens qui admirent (ou admirèrent) ce pays. Or, cette critique, venant de personnes qui ont un penchant très favorable pour le pays, devrait être analysée pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle provoque comme prurit chez les patriotes en culotte courte.

Et plutôt que s’exciter sur les traductions françaises littérales à dessein ou sur le prix supposé du lait, les fines plumes du pays, ses meilleurs penseurs et ses excellents politiciens devraient plutôt se demander ce qu’il y a de pire : quelqu’un qui vous dit « vous vous fourvoyez » ou quelqu’un qui se fourvoie et hurle dès qu’on lui en fait la remarque ? À qui doit-on le plus faire confiance : à ces politiciens qui crient à l’outrage alors que chacune de leurs actions montre qu’ils poussent le pays tous les jours un peu plus dans le fossé, ou aux auteurs de ces papiers piquants qui, voyant les choses de l’intérieur avec leurs yeux d’étrangers ou de l’étranger de leurs yeux d’expatriés constatent un délitement de plus en plus grave ? Lesquels sont les mieux placés pour juger : ces politiciens, ces journalistes qui vivent et bénéficient dans les grandes largeurs d’un système qu’ils ont créé et entretenu aux dépends de tout le reste du peuple ou ces étrangers qui décrivent, maladroitement parfois, ce qu’ils voient et ce qu’ils croient, et dont les arguments sont corroborés tant par les chiffres économiques, le nombre croissant d’expatriés ou la mauvaise ambiance générale du pays actuellement arcbouté sur des quenelles de clochers ?

financial times goodyear hostagesEt surtout, qu’y a-t-il de pire : l’image de la France renvoyée par ce genre de vilains articles légèrement abrasifs ou l’image que la France renvoie elle-même au monde lorsqu’elle laisse impunis ceux qui séquestrent des patrons ? Messieurs les outragés, messieurs les politiciens, messieurs les journalistes qui rapportez les propos d’un Mailly qui ne voit pas de problème à la séquestration d’individus pour des motifs syndicaux, quelle image croyez-vous renvoyer ? Parce qu’actuellement, pendant que vous quenellez et que vous bataillez contre Newsweek, de pleins articles sur le Financial Times ou Business Week sont consacrés à l’accueil qui est fait aux patrons d’entreprises en France…

Quelle image croyez-vous que la France renvoie lorsque Reuters annonce que le Printemps aussi va se retrouver traîné en justice pour avoir offert du travail le dimanche dans un pays qui compte 5 millions de chômeurs, pardon 5.5 millions comme insiste de le préciser Le Monde dans son pathétique listing des erreurs newsweekesques ? Quelle image renvoie la France lorsque sa police place en garde à vue deux gamins qui font un signe débile ?

Vous voudriez nous faire croire, messieurs les journalistes pinailleurs, les patriotes à la glotte vibrante, les politiciens outragés, que ces articles de Newsweek, tout ce méchant french bashing, c’est du pipeau, vraiment ? Sérieusement ?

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Source : http://h16free.com/2014/01/09/28354-la-chute-de-la-maison-france


Des villes décidément trop couillues

mercredi 8 janvier 2014 à 09:00

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire dans le léger, le diaphane, loin du politique, de l’économique et des lourdes questions du déficit budgétaire chronique, des maux de tête de contribuables et – a contrario – de la bonne mine rebondie de Moscovici. Nous allons parler de ville, de genre, et de toutes ces choses abominablement masculines qui étouffent l’égalité en France au niveau du vécu, des transports, du bâti et des cités de France.

Si, ici, vous pouffez en vous demandant quelle absurdité je vais bien pouvoir vous raconter, sachez que votre réaction n’est que le fruit de votre machisme à peine contenu et de votre soumission décontractée au patriarcat sournois dans lequel s’ébroue tous les jours la société sans que personne, à part quelques personnes correctement conscientisées, n’y trouve à redire. En effet, il n’est qu’à lire un récent article d’un Slate manifestement encore perdu dans les brumes alcoolisées de lendemains de fêtes arrosées pour comprendre que la France a mal à ses Villes bien trop masculines et machistes pour qu’il ne soit pas tenté, immédiatement, quelque chose.

petit facepalmTout commence donc par un constat, que l’auteur qui n’a pas froid aux yeux n’hésite pas à qualifier d’intelligent : quand on fait une cartographie des noms de rues d’une ville (Rennes pour l’exemple), on se rend compte que ces noms sont (trop) souvent masculins. Une analyse genrée (c’est une analyse du sexe du sujet en question) permet d’ailleurs de lever tout doute : les femmes sont minoritaires dans le nommage des rues. On peut se demander, une fois cette terrible (forcément terrible) constatation effectuée, ce à quoi elle nous pousse ; c’est vrai, ça : une fois qu’on sait qu’il y a plus de rues aux noms d’hommes célèbres que de femmes célèbres, quelle action mener et pourquoi ? Parce que voyez-vous, comme l’explique le fier folliculaire en charge de l’article en question, s’« il ne s’agit pas de «féminiser» l’espace urbain », on va devoir tout de même se pencher sur cette épineuse, palpitante et prégnante question pour comprendre comment la ville est devenue discriminante à cause de ça, et comment la rendre plus vivable pour tous (et donc pour les femmes si vous me suivez bien).

Car oui, apparemment, pour certains, le fait que les rues soient plus souvent nommées à partir d’hommes que de femmes rend la vie délicate en ville ; je n’exagère pas puisqu’on peut même lire que ces problèmes de genre, non ou mal traités, génèrent « de la violence » dans nos cités. Qu’il s’agisse des immeubles qui (c’est évident) tiennent lieu de gros zizis tout durs élancés vers les cieux, ou des stades de foot qui ne sont qu’une autre façon de représenter des trililis féminins, il est plus que temps de mettre en place une « planification urbaine genrée ».

Implied Facepalm

On pourrait se demander pourquoi. On aurait le droit de demander une liste, même pas exhaustive, des principaux griefs de l’actuelle urbanisation machiste qui génère tant de violence de genre. Et si on le faisait, on n’obtiendrait aucune réponse parce que l’article préfère s’occuper du « combat pour l’espace » des femmes dans les rues.

small facepalmBien évidemment, n’attendez pas là non plus une explication concrète de ce qu’il conviendrait de faire pour limiter le besoin d’un combat pour l’espace des femmes, ou pour favoriser les (je cite) « pratiques nocturnes de la ville par les femmes ». Ici, il ne s’agit pas d’expliquer, mais de dénoncer des faits horribles, qui stigmatisent du Bisounours au canon de 105, qui écrabouillent de l’égalité genrée et qui étripent du chaton mignon avec les couteaux ébréchés de la statistique foireuse : on apprend en effet que dans les transports en commun, on trouve 8 hommes pour 2 femmes, selon un article du Monde, et que c’est dû selon l’auteur à la masculinité évidente du métro. Et non, cette statistique bidon n’est pas liée à l’insécurité bien française dans les transports en commun. Le fait que vos sens vous permettent de voir un ratio de 50/50 d’hommes et de femmes dans le métro new-yorkais ou tokyoïte à toutes heures du jour ou et de la nuit est un mensonge parce que vous n’avez pas été correctement éduqué, et puis c’est tout.

Pignouferies de presse

Du reste, la présence dans cet article ridicule d’un lien sur un autre article, tout aussi ridicule, qui date de plus d’un an donne une indication du sérieux général de ce qui est entrepris ici : l’utilisation extrêmement instable et explosive d’une pignouferie de presse de magnitude 5 dans une autre pignouferie de presse de magnitude encore supérieure peut entraîner des effets adverses catastrophique (et rigolos), mais cela n’est pas, en réalité, totalement fortuit. Car si c’est en effet du gros pipeau bien gras, cela ressemble tout de même à un élément supplémentaire dans un plan d’ensemble redoutable.

omg wtf catEh oui, il ne faut pas longtemps pour comprendre que cette multiplication récente d’articles frappés au sceau douteux du WTF est bel et bien une tendance générale, comme l’illustre cet autre article, tout aussi WTF, mais au contenu autrement plus inquiétant. Ah zut et zut. On veut faire dans le léger, le diaphane, le pas politique pour deux ronds de flans, et malgré tout, on se retrouve à tomber à nouveau dans les remugles de la politique politicienne bien terre-à-terre, le tout emmené par la porte-parlote du gouvernement.

Mais c’est la vie et elle nous emmène (la vie et la porte-parlote) vers l’un de ces sommets sans lesquels elle ne vaudrait pas le coup d’être vécue (la vie, seulement la vie). Car au même titre qu’on la retrouve dans une presse titubante au milieu des vapeurs d’alcool et des subventions délétères, la question du genre et de la mixité sera aussi posée, inlassablement, par la minustre en mal d’existence au-delà de ses petites déclarations porte-parlotesques (dont, il faut bien le dire, les Français normaux se fichent complètement). Pour Najat Vallaud-Belkacem, cent fois il faudra remettre le couvert sur l’égalité homme-femme au travail : pour une égalité entre les hommes et les femmes vraiment plus égale, et aussi une meilleure croissance, Najat Vallaud-Belkacem préconise des métiers plus mixtes.

Oui oui, vous avez bien lu : une meilleure croissance. Car c’est limpide : pour assurer une bonne croissance, il faut de l’égalité entre les hommes et les femmes et un laitage tous les matins pour les petits entre 3 et 15 ans. C’est médicalement prouvé :

« La mixité des métiers est une clé de notre compétitivité retrouvée car elle est le plus sûr moyen d’accroître la réserve de talents disponibles »

Au passage, on notera qu’une « réserve de talents disponible » veut dire, essentiellement, « des gens qui ne sont pas occupés », quasiment par définition. Amuse tes amis : remplace le groupe de mots « réserve de talents disponibles » par « chômeurs » dans la phrase ci-dessous et découvre le résultat évident des excitations ridicule de la pauvrette. Et trêve de plaisanterie, il faudrait peut-être envoyer un e-mail SMS fax courrier pli cacheté à la porte-parlote qui n’est pas tout à fait en phase avec son époque puisque même dans les pays les plus férocement enquillés dans cette histoire d’égalité homme/femme (comme la Finlande), le tropisme sexuel des métiers reste obstinément présent, même avec des décennies de lavage de cerveau et des tombereaux d’argent public dépensés pour plier la réalité.

Losing : if at first you can't succeed, failure may be your style.

Vous l’avez compris, tous ces petits articles s’enfilent les uns derrière les autres parce qu’il y a bien un but au bout : celui de complètement modifier la société telle qu’elle existe. Peu importe que les plaintes émises soient celles d’un groupe très réduit (mais très bruyant) de personnes qui n’admettront jamais que les succès (souvent masculins) dans la médecine, l’ingénierie, la technologie – ou la science en général – ont fait plus en quelques centaines d’années pour libérer les femmes de leurs fardeaux que les nanogroupes de féministes revanchards adulés par Najat. Peu importe que ces nanogroupes ne représentent péniblement qu’eux-mêmes.

Car moyennant le bon nombre d’articles, moyennant la bonne propagande et le petit bruit de fond, répété à l’envi, tout le temps, en tous lieux, en tous temps, disséminant toujours le même crin-crin et la même idée simpliste d’une oppression permanente, l’agenda finira par passer comme une lettre à la poste. Et si besoin, ce sera par la force.

Avec Najat, pariez sur la force.

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Source : http://h16free.com/2014/01/08/28314-des-villes-decidement-trop-couillues


Déflation, chômage en hausse et moral en baisse ? Heureusement, les syndicats agissent !

mardi 7 janvier 2014 à 09:00

Enfin, l’Europe remonte le museau. Toute la presse en parle et constate, presque joyeuse, que les perspectives européennes ne sont plus aussi sombres qu’on aurait pu le croire il y a encore quelques semaines. Comme le mentionne un récent article de Thibault Doidy de Kerguelen sur Contrepoints, l’Italie retrouve la croissance, les carnets de commande se remplissent, et la création d’emploi repart ; l’Allemagne enregistre en décembre un rythme de croissance de l’indice manufacturier le plus élevé depuis deux ans et demi, et l’économie britannique montre les mêmes signes de bonne tenue.

En fait, en Allemagne, ce serait même l’euphorie si l’on s’en tenait aux chiffres distribués par une presse avide de bonnes nouvelles économiques, rares jusqu’à présent. Avec un taux de chômage sous les 7% et plus de 230.000 créations nettes d’emplois en 2013, la première économie de l’Union Européenne et de la zone euro montre ici des signes clairs que son économie reprend vivement des couleurs.

current account balance by country - jan 2014Cependant, cette bonne santé presqu’insolente mérite qu’on prenne un peu de recul quelques secondes, notamment lorsqu’on regarde (par exemple) le solde budgétaire(*) commercial allemand et qu’on le compare à d’autres économies. En effet, avec un surplus tournant autour de 7%, l’Allemagne se positionne très clairement dans les pays qui vendent bien plus qu’ils n’importent. Si l’on peut évidemment se réjouir d’une économie allemande manifestement plus saine que celles d’autres pays, ces surplus, tant par leur importance que leur nature, vont inévitablement provoquer quelques effets de bords, pas tous souhaitables.

On imagine sans mal les frictions qu’il va y avoir avec les autres pays de la zone euro qui doivent, eux, faire des coupes drastiques pour simplement équilibrer leur budget (et, pour certains d’entre eux, ne les font même pas). La tentation pour ces derniers, parfaitement socialiste mais très ancrée dans les habitudes, de réclamer une redistribution de ces gros surplus ou d’un assouplissement de la politique monétaire de la BCE sera extrêmement forte, et probablement impossible à réfréner. Les prochains Conseils européens promettent un peu d’agitation.

InflationDans les agitateurs de la première heure, vous pourrez compter sur la France, éternelle et merveilleuse, phare du monde moderne avec de vrais morceaux d’égalitarisme dedans : avec l’approche des municipales, tous les partis feront assaut d’agressivité vis-à-vis de l’Europe pour bien montrer qu’ils ne s’en font pas conter par les technocrates bruxellois apatrides néolibéraux. Dès lors, peu importe les actions de tempérance de la Bundesbank pour éviter l’ouverture en grand de toutes les vannes monétaires de la BCE, vous pouvez être à peu près certains qu’à conditions politiques favorables, les Français seront les premiers à réclamer bruyamment le retour des LTRO (long term refinancing operation, ou, en langage normal, « Le Monnayage Pour Tous »).

Et les bougres ont déjà de beaux arguments ; outre le fait de renvoyer l’Allemagne à ses études (après tout, « elle n’a pas besoin d’être aidée, elle baigne dans les surplus », peut-on dire en substance), le spectre de la déflation s’installe tous les jours un peu plus. Pour le moment, c’est la périphérie européenne qui trinque : Chypre enregistre ainsi sa première déflation en un demi-siècle. Mais les chiffres pour le reste de l’Union ne laissent guère de doute : ça se contracte pas mal du côté de la distribution de crédit.

credit contraction europe jan 2014

N’oubliez pas : dans une économie basée sur la réserve fractionnaire et l’inflation, la distribution de crédit est impérative pour que la machine ne s’arrête pas; et dès lors, peu importe les dégâts, les élites (politiques notamment) qui dépendent ultimement de ce système pour garder leur place feront tout ce qu’elles peuvent pour éviter cette déflation.

Et pendant que l’Allemagne enregistre des performances solides, la France socialiste s’enfonce.

Bien sûr, il y a toujours le douloureux problème de son secteur automobile, toujours malade, rarement convalescent et dont les chiffres récents indiquent une rechute pour l’année 2013, camouflée dans la presse par un petit rebond de décembre qui tient bien plus aux amusantes mesures gouvernementales pour favoriser le secteur comme la baisse des limitations de vitesse, l’augmentation des malus ou de celle du prix des carburants.

Mais même au-delà de l’automobile, les chiffres ne sont franchement pas bons : l’indice PMI français plonge. Oh, mais, que vois-je ? Encore une courbe qui ne s’inverse pas ! Celle des demandeurs d’emplois indemnisés est en hausse en novembre, ce qui persiste à donner cette coloration si particulière aux déclarations ridicules du chef de l’État, de son premier ministre ou de Michel Sapin, l’intermittent du spectacle actuellement en charge du Chômage.

Bien évidemment, tout ceci a un impact direct sur le moral des Français qui, malgré toute la bonne humeur de façade affichée par nos ministres (qui continuent de recevoir leurs indemnités, merci bien), enregistre actuellement une chute record.

Déflation, chiffres catastrophiques, chômage en hausse et moral en baisse ?

Ne vous inquiétez pas, tout le monde n’a pas abandonné la France en rase campagne. Quelques individus, armés de leur seul courage et d’une bonne dose de culot, se sont retroussé les manches pour redresser la situation, paver le chemin (de bonnes intentions) et arpenter le sentier lumineux vers un succès qu’on imagine déjà flamboyant.

Et à l’avant-garde de cette courageuse phalange de l’action positive, comment s’étonner qu’on retrouve nos fiers syndicats, dont l’emploi du temps chargé par la multiplication de plans sociaux leur a tout de même laissé quelques minutes pour participer aux discussions sur l’autorisation de travailler le dimanche pour les enseignes de bricolages. Leur réaction, parfaitement constructive et pragmatique en ces temps de disette économique, est assez simple :

« C’est assez clair, on est contre. »

Peu importe ici que les salariés, eux, soient pour que les enseignes ouvrent. Peu importe que certains magasins soient au bord de la faillite si jamais on les contraint à fermer ce jour-là. Peu importe que les clients s’en trouveraient satisfaits : les syndicats n’ont pas obtenu de contreparties (ie : un petit bakchich) pour accepter une telle entorse à leur repos dominical qui permet à ces fervents catholiques pratiquants de ne pas louper une messe indispensable à leur équilibre religieux.

SNCM-1.jpgEt quand ce n’est pas le non-travail le dimanche, les syndicats prônent le non-travail le reste de la semaine aussi, au moyen de journées ironiquement appelées « d’action » où tout le monde reste les bras croisés, comme par exemple à la SNCM qui n’en finit pas d’agoniser pendant que d’autres sociétés, indépendantes de l’État et assainies des contingences loufoques des syndicats mafieux locaux, continuent d’opérer.

Vous voyez, pas de raison, donc, de s’affoler : même si la déflation montre le bout de son nez, même si elle sera vraisemblablement combattue par une injection monétaire dantesque avec finalement des effets inflationnistes assez violents, même si le chômage grimpe et le moral tombe au plus bas, il restera toujours en France des gens sur lesquels on pourra compter pour que la situation ne bouge pas d’un cachou.

Ce pays est donc foutu.
—-
(*) m.à.j 18:45 : une lecture trop rapide du graphique sur les balances commerciales m’a fait partir sur un excédent budgétaire allemand (qui existe, 0.5%, mais qui est bien plus faible que son excédent commercial). Le reste du billet est malheureusement toujours valide : a/ l’Allemagne se portant mieux que les pays du Sud, ce sera un argument pour l’envoyer paître si des demandes d’assouplissement monétaire sont émises et b/ la France sera probablement très bien placée pour reprocher aux Allemands leurs performances pas assez fair-play.

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Source : http://h16free.com/2014/01/07/28258-deflation-chomage-en-hausse-et-moral-en-baisse-heureusement-les-syndicats-agissent


La Culture mène à tout, surtout à de nouveaux impôts

lundi 6 janvier 2014 à 09:00

Quelle ne fut pas ma surprise récemment lorsque, feuilletant virtuellement la presse subventionnée de Franchouillie, je découvrais l’étonnante multiplication des articles relatant avec force détails toutes les richesses que le pays créerait au travers de ses nombreux projets et industries culturels. Voilà en effet une bien étonnante préoccupation en ce début d’année où l’on aurait pu croire que tout le gouvernement serait studieusement penché sur le rétrécissement des budgets.

Mais non : apparemment, il préfère se regarder le nombril et y déceler les joies de la création de richesse dans le domaine culturel. En effet, les ministères de Pierre Moscovici (qui est pour rappel en charge de l’Économie De Bouts De Chandelles) et Aurélie Filipetti (elle-même occupée au ministère de la Communication et de la Communication – et un peu de la communication sur les bords) ont confié à l’Inspection Générale des Finances et à celle des Affaires Culturelles une étude conjointe — parce qu’à plusieurs, on est plus fort pour produire des rapports — pour répondre à la question qui brûlait toutes les lèvres au gouvernement : Combien c’est-y que c’est le poids économique de la Culture en France ?

Ministère de la culture : publicité mensongèreImportance de l’emplacement des adjectifs, c’est bien le poids économique de la culture en France qui a donc été laborieusement évalué, et non le poids de la culture économique en France, ce qui aurait été très rapide et aurait aboutit à un chiffre beaucoup beaucoup plus petit. Et finalement, publié vendredi dernier, ce document montre, après le calcul précis du Bulotron 2000 du ministère de la Culture et une confirmation du Pipovac 5000 du ministère de l’Économie, que la valeur ajoutée des activités culturelles en France s’élevait en 2011 à à 57,8 milliards d’euros.

Voili, voilà, c’est dit, et il faut que cela se sache. En avant donc pour une brouettée d’articles plus ou moins bien troussés pour nous expliquer que la culture, en France, c’est du sérieux qu’on réussit même à mesurer, au laser s’il le faut.

Et pourquoi diable faut-il subitement calculer combien rapporterait la culture en France, aussi vague ce terme soit-il et aussi vaste puisse être l’étendue de ce qu’on colle sous ce dernier ? Parce qu’à mesure que les finances du pays s’appauvrissent, la levée des impôts correspondants passe de plus en plus mal auprès des contribuables dont les fins de mois deviennent assez âpres l’hiver aidant. Et comme, question coupes budgétaires, tous ces contribuables attendent encore tous qu’un début, même timide, d’efforts soit fait, le gouvernement sent qu’il va devoir justifier ses postes de dépenses un peu plus que les années précédentes.

Moyennant quoi, on a le droit aux délicieux articles de la propagande officielle. Celui du Monde, pas du tout caricatural pour un rond de saucisson, se permet même le luxe de débuter son brossage du poil de contribuable dès les premiers paragraphes, qui déboulent à temps pour justifier un titre alléchant, « L’État dépense plus de 13 milliards pour la culture » :

Non, la culture n’est pas le domaine de saltimbanques gourmands en subventions que l’on décrit parfois. C’est un secteur productif, crucial pour la « marque France ».

Superdupont oui nide iouOuf, heureusement que le gouvernement s’emploie donc à claquer 13 milliards là-dedans, nous avons failli croire que c’était en oeuvres d’art douteuses, en répression des petites internautes, en frasques télévisuelles amusantes, ou que sais-je encore. En réalité, le message est clair : ici, d’un côté du goret, on pousse 13 milliards d’argent public, et de l’autre, là, il ressort la fameuse culture en question. Pour le reste, le goret fait du lard à hauteur de 57.8 milliards. Simple, non ?

Et il va de soi que ces 13 milliards injectés sont absolument indispensables puisque sans cela, la culture disparaîtrait rapidement du pays, comme le montrent tous ces pays qui ne subventionnent pas leur culture (ou pas autant que la France, disons) et qui ont disparu de la scène culturelle internationale comme – par exemple – tous les autres pays européens qui dépensent tous moins que nous pour ce ministère (les cons, s’ils savaient que c’est tout simplement grâce à ça qu’on rayonne tant dans le monde comme le prouve la domination des films de Pariwood !).

Mais plus sérieusement, même l’article du Monde est obligé de convenir que le rapport évoqué par le ministre Moscovici et l’onomatopée Orélifilipéti tient surtout de l’auto-justification : c’est un exercice avant tout politique pour faire passer l’idée qu’on va devoir continuer à abonder largement à ces puits sans fonds, d’une part parce que, mon bon monsieur, c’est de la créativité et donc de la richesse qui sont ainsi créées (et Bastiat avec sa vitre cassée peut aller se rhabiller, le sot) et d’autre part, pragmatiquement, si on fait même semblant de vaguement frémir sur le robinet à subvention, les intermittents de l’emploi et les cultureux de combat déboulent dans vos journaux, dans votre télé, sur vos plateaux de théâtre ou dans vos salles d’animations communales en plein spectacle des CM2 pour pleurer sur le sort ignoble qu’on leur fait subir. Politiquement, c’est très risqué pour la majorité, surtout à quelques mois d’élections, d’autant qu’elles risquent d’être un naufrage amoindri seulement par la médiocrité consternante d’une opposition à l’intermittence intellectuelle patente.

En pratique, tout est donc fait pour polir et redorer le blason du ministère de la Culture passablement amoché les mois passés grâce aux déclarations pitoyables de sa minustre, et montrer que ces tombereaux d’argent public ne servent pas à rien, et que même s’ils sont prélevés sur un peuple qui aurait eu nettement mieux à faire avec que des crottes bigarrées en PVC de six mètres de haut sur une place de gare perdue, au moins, ils génèrent de l’activité, de l’agitation, des mouvements, des spasmes. Et dans un pays qui se rigidifie tous les jours un peu plus, ces petits tressautements sont, quelque part, un peu rassurants.

filipetti en a assez d'Amazon

Mais surtout, et c’est de looooooin le plus important pour nos petits commis étatiques, toute cette manoeuvre médiatico-politicienne est une excuse plus ou moins solide pour aller tabasser ouvertement Apple, Google, Amazon, Steam et autres géants de l’internet parce que, d’après ce même rapport – comme c’est pratique – cette richesse culturelle ne retrouve pas sa part d’abondement chez ces géants là. Ils échapperaient à la juste ponction, les vilains !

Eh oui : comme le notent les tâcherons inspecteurs qui ont pondu le fier rapport, avec tout ce numérique partout qui envahit l’espace culturel des gens, les chaînes traditionnelles de création de valeur sont toutes bouleversifiées. C’est attendrissant et cela se lit ainsi :

(…) avec la généralisation des jeux dématérialisés, les chaînes de vente de jeux vidéo physiques doivent réinventer leur modèle économique ; avec la consommation en ligne de programmes audiovisuels ou cinématographiques, les chaînes de télévision sont susceptibles de faire face à une baisse potentielle de leurs recettes publicitaires. (…) dès lors que les créateurs de séries télévisées ou de jeux vidéo peuvent s’adresser directement à leurs consommateurs via des plateformes numériques (Netflix, Facebook, AppStore), la définition d’un nouveau modèle économique (…) leur permettrait de s’affranchir du financement par les « éditeurs » (chaînes de télévision, éditeurs de jeux vidéo).

Et ça, voyez-vous mes petits amis, c’est über-mal parce qu’ainsi, Apple est devenu le plus grand fournisseur de jeux vidéos, alors qu’ils n’ont pas de boutiques partout et qu’ils ne vendent pas de jolis boîtiers physiques avec plein de TVA à tous les étages. Zut et flûte. Autrement dit, ce qui avant était par nature fort concentré dans certains réseaux et certains points de passage obligés, facilement taxables par l’État, se retrouve maintenant disséminé un peu partout, et … c’est un casse-tête pour alpaguer de la taxe là-dessus, ma brave dame.

Ne vous y trompez pas : nos socialistes trouveront un moyen (mauvais mais baste, passons) pour taxer aussi ces nouveaux échanges. L’État est aux abois et ne peut plus rien laisser passer. Mais si ce rapport, ces recommandations et ces nouveaux impôts montrent une chose, c’est que tous les jours, de plus en plus de domaines échappent maintenant aux doigts rapaces de l’État.

Et pas de doute : ça rend nerveux les minustres.

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Source : http://h16free.com/2014/01/06/28263-la-culture-mene-a-tout-surtout-a-de-nouveaux-impots