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Made in France E3 : « Jeu de mains, jeu de vilains »

vendredi 14 février 2014 à 09:00

Tranches de vie ordinaires en République Démocratique (et Populaire) Française, imaginées mais pas dénuées de réalité – Épisode 3 : « Jeu de mains, jeu de vilains. »

Par h16 et Baptiste Créteur.

On aura beau dire ce qu’on veut, la France est un pays si calme et si peu criminogène qu’un Président peut s’y balader en scooter. Bien sûr, il garde tout de même une escorte policière jamais dépourvue d’une arme à feu. Il a le droit, lui. Les citoyens normaux, désarmés et donc seulement contribuables, n’ont de toute façon rien à craindre. On est en France.

Et c’est en France que vit Arnaud, un garçon sympathique dont la joie effervescente est communicative.

D’un naturel frétillant, il n’hésite jamais, entre deux vibrations allègres de son abondante chevelure bouclée, à rendre service, à distiller les mots gentils et les conseils avisés comme d’autres distribuent les prospectus. Mais parfois, le destin se montre capricieux et joue des tours même aux plus sympathiques d’entre nous.

Et ce soir, le destin, bien français lui aussi, est même chafouin. Alors que la nuit, franchement fraîche en ce mois de février, s’est déjà installée sur la ville, Arnaud rentre tranquillement de son cours de Krav Maga, quand il se fait soudain héler par un triplet de jeunes gens. Arnaud comprend instinctivement qu’il va devoir ici composer avec l’un de ces groupes de jeunes, généralement festifs, souvent bruyants, peu citoyens mais parfois déçus voire franchement rétifs. Dans un quartier pourtant normal, à la fin d’une journée pourtant tranquille, Arnaud sait qu’il va devoir faire face à une situation dont on se sort difficilement sans heurts.

polite self defenseLes petites gouapes l’accostent et lui font rapidement savoir, avec un langage délicieusement fleuri et une insistance peu ouverte au débat, qu’ils apprécieront grandement la générosité dont Arnaud saura faire montre en leur offrant une cigarette. Arnaud, qui ne mange ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé, et qui ingurgite scrupuleusement cinq fruits et cinq légumes par jour avec une eau parfois pétillante mais bien Made In France (c’est fou !), n’a bien évidemment jamais sombré dans la nicotinomanie. Lui qui s’évertue à conserver un esprit sain (et citoyen, n’est-ce pas) dans un corps sain, s’adonner à la cigarette (même électronique), c’est, quelque part, échouer à repousser l’industrie du tabac, le capitalisme éhonté, et, quelque part, une certaine forme de fascisme de consommation, hein, voyez-vous, parce qu’enfumer les autres tout ça, c’est mal. Bref : Arnaud ne fume pas, et doit malheureusement renoncer à toute générosité à ce sujet.

Mais les fripouilles n’en démordent pas : selon elles, Arnaud aurait une fâcheuse tendance à faire le chien, serait issu d’une relation hors mariage, et camouflerait mal un égoïsme peu approprié en ces temps de disette financière. Le petit groupe continue à faire monter la tension au point d’insinuer qu’il aurait eu volontairement quelques coïts avec sa mère, ou sa sœur (les propos ne sont pas toujours clairs, et la confusion de vocabulaire rend le dialogue un peu âpre entre Arnaud et le groupe).

Fair play, Arnaud les prévient ; champion interdépartemental de Taekwondo et pratiquant assidu depuis huit ans de Krav Maga, il ne s’en laissera pas conter facilement mais il souhaite cependant trouver avec eux une issue pacifique (et intérieurement, ça l’ennuierait beaucoup d’esquinter sa toute nouvelle marinière que sa bonne amie Fleur lui a offerte pour la Saint Valentin). Étonnamment devant cette proposition pourtant équilibrée, ses interlocuteurs refusent et expriment ouvertement le souhait de « niquer sa race », chose qui doit leur sembler d’autant plus facile qu’Arnaud n’a pas une carrure spécialement impressionnante, et que cela résonne pour eux comme un défi.

De façon prévisible, ce sera le plus petit et le plus nerveux de la troupe de semi-habiles qui devient le premier de ses agresseurs ; malgré sa surprise (tout se passe fort vite, dans ce monde), Arnaud parvient à parer la gifle. Malgré sa nervosité, il les met à nouveau en garde qu’il pourrait leur en cuire, et réitère malgré tout son souhait de se séparer sans blessures d’un côté ou de l’autre. Sa proposition est pourtant à peine achevée que le premier impétrant revient à la charge.

Arnaud, tout en parant sans mal le coup de poing de son agresseur, lui place un direct précis dans la mâchoire. Le coup, parfaitement exécuté, met durablement le freluquet hors de combat. Mais au lieu de reconnaître leur défaite, les autres tentent de se jeter sur Arnaud, l’un d’eux sortant même de la poche de son costume traditionnel (survêt’-basket-casquette) un couteau à cran d’arrêt. Ce qui devait arriver arrive, et assez vite : après un combat de quelques secondes à peine, les fripons gisent au sol, Arnaud ayant tout de même encaissé un coup de poing dans les côtes.

Un détail le frappe cependant : autour de l’un d’eux commence à se former une flaque de sang. Eh oui : dans la courte agitation qu’aura constitué l’altercation, l’un des agresseurs a glissé sur une plaque de verglas et s’est fracassé les dents sur la chaussée. Sans attendre, Arnaud appelle les pompiers, préoccupé par le sort de l’individu désormais inconscient. Pendant ce temps, les autres canailles s’enfuient sans demander leur reste et sans s’occuper plus que ça du sort de leur infortuné camarade d’arsouille.

Malgré tout, Arnaud est charitable et décide d’accompagner le blessé aux urgences. Il remplit une déclaration de police, racontant la scène aussi fidèlement que possible, et ne manque pas d’invoquer la légitime défense, évidente.

self defense pro tip

Sa surprise sera grande quelques mois plus tard lorsqu’il est convoqué au tribunal. Il appert en effet que l’utilisation de ses aptitudes au combat le rend coupable d’une utilisation de force supérieure à celle de ses agresseurs. En effet, le couteau n’a pas été retrouvé, et le jeune déçu blessé (qui aura obtenu 9 jours d’incapacité totale de travail auprès d’un médecin plein de commisération) s’est empressé d’évoquer le racisme pour expliquer la rixe qui l’a mis à mal. Moyennant quoi et comme il n’a pas fui après la fessée mémorable qu’il a administrée aux petites frappes, ce qui lui aurait évité pas mal de paperasse, il est condamné à deux ans de prison avec sursis, le racisme s’étant ajouté aux coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de 8 jours.

C’est un verdict fort gênant, parce qu’ainsi, Arnaud perd tout espoir de devenir un jour l’avocat qu’il a toujours rêvé d’être, son casier judiciaire n’étant plus aussi vierge que son cœur est pur.

Eh oui, en France, jeu de mains, jeu de vilains !

Cette histoire est loin d’être totalement imaginaire. Si elle vous rappelle quelque chose, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Source : http://h16free.com/2014/02/14/29111-made-in-france-e3-jeu-de-mains-jeu-de-vilains


Une belle gestion communale

jeudi 13 février 2014 à 09:00

« Pour vivre heureux, il faut vivre caché », dit le bon sens populaire. Et c’est ce que pensent probablement les maires et présidents de communautés de communes : rien ne vaut la retenue pour mener les affaires de leur ville et s’assurer une réélection aisée après plusieurs années de bons et très discrets services. Mais voilà : la politique vit mal avec la modération et ne s’embarrasse de l’à peu-près que lorsqu’il s’agit des résultats qu’on doit vanter. Et plus la ville est grande, plus sa gestion devra évoluer entre les eaux troubles du marketing politique et le marécage gluant des égos surdimensionnés de certains maires.

Et d’ailleurs, il existe plusieurs métriques de l’ampleur de ces égos.

Contribuables Associés proposait récemment l’Argus des Communes, basé sur l’état général de leurs comptes. C’est un bon début : il existe une corrélation entre la profondeur des déficits creusés et les désirs impérieux d’un maire de laisser une trace marquante, voire fatale, de son passage.

gatignon veut du pognonÀ ce titre, on pourra se rappeler les efforts acharnés de certains pour signer des prêts farfelus, construits sur la différence de change, par exemple entre l’Euro et le Franc Suisse, à une période où cette dernière était favorable à l’Euro. Normalement, une lecture même rapide des conditions de prêts proposés permettait de comprendre très vite qu’à la moindre bourrasque, le taux très variable de l’emprunt contracté deviendrait stratosphérique et passerait d’un petit 2% à plus de 10%. Normalement, le bon père de famille, qui ne sommeille que d’un œil en chacun des contribuables, aurait dû se réveiller en sursaut devant des montages financiers pareils. Mais il a été copieusement assommé par les vapeurs enivrantes des égos de ces maires qui signèrent sans plus y penser ; les échéances de prêts à 30 ans (i.e. trop loin dans le futur) aident beaucoup ce genre de comportements irresponsables. Il ne faudra que quelques années pour qu’une sévère gueule de bois s’installe, amenant dans des médias complaisants les gémissements pathétiques de Gatignon, maire de Sevran et endetté jusqu’au cou suite à sa gestion aussi clientéliste que catastrophique, gémissements à peine couverts par les couinements populistes et calculés d’un Bartolone qui n’a jamais été en reste pour reprendre deux fois de la confiture républicaine à même le pot.

Le Bartolophone

Ces prêts (toxiques seulement par leur capacité à empoisonner les incontinences budgétaires de maires dispendieux) ont participé à l’endettement catastrophique de certaines communes ; pour d’autres, des emprunts plus classiques mais bien trop gros au regard de leurs réelles capacités ont suffi à plonger des municipalités dans l’embarras financier. Mais qu’ils soient toxiques ou traditionnels, le résultat est le même : un endettement parfaitement en ligne avec les désirs de grandeurs des politiciens locaux, et une métrique redoutable pour la taille de leurs personnalités enflées.

bus 4Pour ma part, je proposerais une autre métrique, qui, bien qu’imprécise, a le mérite d’être ludique : la busologie, ou le fait d’observer les bus et les aménagements en matière de transports en commun installés par les municipalités pour plaire aux joyeux citoyens de la commune. Et avec ces bus, il y a matière à analyser !

bus 1Il faut savoir en effet que la France est le premier marché européen pour les bus urbains, devant l’Allemagne. Ce n’est pas anodin, puisqu’un petit bus par-ci, un petit bus par-là, et rapidement, on se retrouve avec des centaines de milliers de véhicules qui parcourent les villes de France en proutant généreusement du diesel cramé mais forcément écologique puisqu’il remplace, dit-on, des douzaines de voitures (lorsqu’il est plein) et représente sinon un imposant et visible déplacement de 13 tonnes de métal pour un unique chauffeur le reste du temps. Et c’est cet aspect visible qui motive bien sûr les maires des villes et autres présidents de communautés de communes à investir massivement dans ces transports en commun.

bus 2En effet, les élus qui, pour parvenir à leur place, ont compris certains aspects essentiels de la politique, des transports en commun et de leur publicité personnelle, veulent systématiquement des bus spécifiques, adaptés à leur ville et à l’image qu’ils veulent en donner. En conséquence, d’une ville à l’autre, tous les bus sont différents. En Allemagne, aux Pays-Bas, en Pologne ou en Suède, le pragmatisme nordique, économe et un peu morne règne bêtement, les villes se mettent d’accord pour toutes acquérir les mêmes bus, interchangeables, ce qui leur permet de passer commande ensemble et de réduire les coûts. Mais en France, pays latin où tout se termine en taxes pardon en chansons, les élus y voient un moyen de réaliser une bruyante opération de communication et réclament donc un bus unique, au design étudié pour leur ville. Pour eux, c’est évident : le troupeau de moutontribuables dont ils ont la charge montera plus volontiers dedans s’il le trouve joli, et ce même si en réalité, tout le monde s’en fiche et attend surtout d’un bus qu’il arrive et parte à l’heure.

bus 3Et puis le bus est aussi le moyen de badigeonner certains syndicats de bisous républicains : l’aménagement sur mesure de la cabine du conducteur est un passage obligé du constructeur même si cela coûte une blinde (de l’argent des autres). Le personnel communal a ses habitudes et le maire ne voudra jamais le brusquer. Dans chaque commune qui renouvelle son matériel de transports en commun, les mêmes impératifs se dégagent : les syndicats sont puissants, et il n’est jamais bon de se fâcher avec le syndicat des conducteurs de bus.

Oui, je sais, cette métrique est étrange. Mais je vous garantis qu’elle fonctionne : regardez, dans votre ville, le rythme auquel l’équipe communale renouvelle ses bus, les repeint de couleurs douteuses ou chatoyantes, affuble le service d’un nom ridicule et fait grand bruit de la nouvelle desserte qu’elle met en place. Si, pour vous et sans vous tromper, c’est une nouvelle dépense indue, pour eux, soyez en certain, c’est une belle gestion communale !

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Ce billet a servi de chronique pour Les Enquêtes du Contribuables

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Source : http://h16free.com/2014/02/13/28055-une-belle-gestion-communale


Les joies multiples de la gestion d’entreprise en France

mercredi 12 février 2014 à 09:00

Tu es jeune, tu viens de décrocher un beau diplôme ou tu as la niaque et tu veux toi aussi découvrir les joies du capitalisme, être ton propre patron et vivre le Rêve Français, commencer tout petit et terminer les poches remplies d’euros après ton introduction au CAC40 ? Alors n’hésite plus, découvre les joies de l’entrepreneuriat en France et crée ton entreprise ! Tu verras, c’est super !

Ah oui, au fait, si tu te lances, tu auras peut-être à te préoccuper de certaines tâches administratives. Et rapidement, tu comprendras qu’une fois devenu patron de ta petite entreprise, tu as en fait signé … un contrat de mariage avec l’État.

Et question vie commune, tu vas voir qu’il ne te lâchera pas d’une semelle. Oh, non pas qu’il soit particulièrement amoureux de toi (ni toi de lui, tu verras). Simplement, comme souvent dans les mariages arrangés, il faut s’attendre à ce que ton partenaire soit uni avec toi pour le meilleur, le pire, et surtout pour ton argent.

cercueil commercants artisansEt il est gourmand, le bougre. A tel point que fleurissent actuellement d’étranges panneaux (en forme de cercueil) dans les vitrines de commerçants de plus en plus nombreux, excédés de voir leurs charges exploser alors que leur chiffre d’affaire stagne et leurs conditions de travail restent parfaitement identiques. Il faut dire, on les comprend ; comme l’explique cet article du Monde, le coiffeur d’une petite commune découvre que pour le 4ème trimestre 2013, il doit maintenant payer 7135 euros de taxes, contre 6439 pour le précédent sans que ses tarifs ou le nombre de ses employés aient varié.

Amer constat relayé par le journaliste :

« Tout est pris par l’État », se fâche le coiffeur, appuyant sur le dernier mot comme s’il nommait un ennemi personnel.

Comme si ? Ah mais non, mes braves. L’État est bel et bien la seule entité actuellement en France qui peut se permettre d’être l’ennemi personnel d’un nombre toujours grandissant de petits patrons, d’artisans ou de commerçants.

Et ce n’est pas fortuit, ce n’est pas par erreur ni sur un malentendu : c’est parfaitement délibéré. Cela n’est que le résultat inéluctable de quarante années de politiques débiles, contre-productives, collectivistes et énarchiques déconnectées de toute réalité de terrain.

Eh oui : les 2000 milliards de dettes qui ont été accumulés pour satisfaire tout le monde en protégeant tout le monde derrière des services publics toujours plus nombreux, toujours moins budgétés, toujours plus coûteux, en distribuant des roudoudous sociaux à qui en demandait, ces 2000 milliards, il va bien falloir les payer à un moment ou un autre. Et avant même d’en arriver à cette colossale montagne de dettes, il va aussi falloir payer les dizaines de milliards de déficits que chaque gouvernement enregistre de façon décontractée comme bilan de ses exactions au pouvoir pour chaque année écoulée.

Or, l’argent ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. Il n’est qu’à un seul endroit, dans les poches des consommateurs, et dans les comptes des entreprises qui leur fournissent des biens et des services. Pour les premiers, on va taxer et imposer. Pour les seconds, on va imposer et taxer encore plus (parce que ce sont des salauds de patrons, ne l’oublions pas). Moyennant quoi, on va saigner tout ce qui peut saigner.

Malheureusement, quand on y regarde de plus près, passer des cercueils factices à but revendicatifs à des cercueils réels, bien destinés à rejoindre la terre, il n’y a même pas un pas. Parce que si les premiers cercueils représentent la mort des centaines de petites entreprises et de boutiques d’artisans en France, massacrées par les impôts, les charges et les tracasseries administratives kafkaïennes et permanentes, les seconds cercueils, eux, sont ceux de tous ces patrons qui se suicident.

mort au patron

La presse n’en a guère parlé, mais les chiffres sont là, accablants, et bien plus graves que ceux des suicides à la Poste ou à France Télécom, qui déclenchent pourtant l’hystérie des médias. Ils sont même pires que ceux des suicides à l’Éducation Nationale (que, pour le coup, les médias ne relaient jamais, alors qu’ils sont aussi préoccupants). Et quand la presse parle de ces suicides de patrons, c’est fort discret. Pourtant, on parle de deux suicides par jour

Et comment ne pas sérieusement envisager le suicide lorsqu’on se retrouve, tous les jours, à devoir batailler contre une administration tentaculaire et parfaitement obtuse à vos difficultés qu’elles ont en général créées en premier lieu ? Quelle voie de sortie honorable lorsqu’on se retrouve confronté, tour à tour ou en même temps, aux cancrelats du fisc, des URSSAF, de l’inspection du travail, des douanes, des administrations communales, départementales, régionales, nationales, des collecteurs de la SACEM et toute l’imposante myriade de directions diverses et variées de l’une ou l’autre administration spécifique (ou non) à votre domaine d’activité dont l’existence est justifiée par son activité, activité qui consiste à récupérer auprès de vous des informations que les autres ont déjà collectées et des taxes aussi diverses qu’incompréhensibles ?

J’exagère ? Malheureusement, les exemples sont pléthores d’entreprises ou d’associations poursuivies pour des motifs tous plus douteux les uns que les autres, dans un environnement législatif plus que mouvant.

Pour illustrer le côté « motifs douteux », on peut prendre le cas soufflé par mon ami Olivier Vitri (qu’on peut suivre sur Twitter ici) :

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Une association loi 1901 de plongée, qui emploie quelques salariés, risque la faillite suite à un redressement fiscal décidé par une administration dont on sent que la motivation première n’est absolument pas l’activité économique et la sauvegarde de l’emploi mais les simples rentrées fiscales, coûte que coûte.

Quant à l’environnement législatif festif, citoyen et tous les jours plus complexe, il me suffira d’évoquer le tout récent projet de loi qui vise à obliger les spectacles vivants à payer leurs bénévoles. Il semble que les ministres de la Culture et du Travail, jugeant sans doute n’avoir pas assez fait de dégâts avec leurs précédentes exactions, se sont apparemment décidés à obliger tous les spectacles vivants à payer les bénévoles qui travaillent pour eux, comme les sons & lumières, bagad bretons et autres fanfares.

En effet, comme ces spectacles fonctionnent très bien (à l’instar de celui du Puy-du-Fou), il fallait légiférer ! Et quoi de mieux que considérer les bénévoles y participant comme des travailleurs dissimulés ? Et quoi de mieux que les soumettre au droit du travail, ce qui oblige à leur rémunération ? Pas difficile de comprendre ici que l’intérêt de la manœuvre est de récupérer les mannes financières que ces spectacles brassent parfois, de façons directes ou indirectes, et de collecter ainsi de dodues cotisations alors que les caisses, déjà exsangues, sont sur le point de faire faillite. Les catastrophes économiques qui en résulteront ensuite ne sont évidemment d’aucun intérêt dans le cadre de cette gestion de court-terme à laquelle on est maintenant habitué en France.

Bref : qu’on soit une association, qu’on soit un spectacle vivant reposant sur des bénévoles, qu’on soit un artisan, un commerçant, un petite entreprise, peu importe : la gestion d’entreprise en France devient tous les jours plus joyeuse. Et comme l’État s’arroge tous les jours une part plus importante de la richesse produite, comme les politiciens ne voient dans ces entreprises qui fonctionnent qu’une source de plus à ponctionner, comme les administrations ne voient en elles qu’une nouvelle justification pour leur raison d’être, de faillites en suicides et de dépôts de bilan en fermetures définitives, le pays ira inéluctablement à sa déroute.

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Source : http://h16free.com/2014/02/12/29019-les-joies-multiples-de-la-gestion-dentreprise-en-france


Montebourg veut redresser productivement l’Euro à coups de pelle dans la nuque

mardi 11 février 2014 à 08:55

La sueur perle sur son front. Il ahane, la fatigue faisant parfois sentir une langueur pénible dans ses muscles mis à rude épreuve. Mais Arnaud n’abandonne pas. C’est une question de principe, de motivation interne, c’est une façon de canaliser ce feu ardent qui nourrit son ardeur, fait vibrer ses tripes et bouscule ses pensées dans un bazar cosmique effervescent et coloré. Sans se relâcher, Arnaud repart au combat.

Et il ne s’en laissera pas conter. On ne la lui fait pas, à lui : les choses vont mal, certes, mais la foi bouge des montagnes, et tant pis si la sienne ressemble à un numéro d’équilibriste du cirque Bouglione, et tant pis s’il pousse sur la mauvaise montagne qui, d’ailleurs, est plutôt une grosse pile de vieux linges sales : Arnaud ira jusqu’au bout, il ne lâchera rien, il n’abandonnera pas.

Depuis le début de cette année, les semaines qui sont passées dans le calendrier sont comme des années pesant sur ses nerfs tant la conjoncture fut difficile et la réalité, chafouine, aura refusé de se plier à ses injonctions pourtant pleines de convictions. Ainsi, rudement, il avait évoqué rapidement l’idée de claquer le museau de Google, ce dragon étranger venu piétiner les données personnelles du petit peuple français dont il avait la garde, lui et les autres preux ministres-chevaliers de la Table Gauche. Il avait donc réclamé une relocalisation autoritaire en France des données du grand animal vorace, avant de se faire expliquer en coulisse que ses demandes étant grotesques, il fallait à présent émettre rapidement un démenti poli mais ferme et que non non, finalement, on va s’arranger discrètement merci passons à la suite.

Et quelle suite ! Si, pour le dragon des internets et des lolcats, les allers et retours du cabinet montebourgeois ont bien fait rire les internautes attentifs à la démonstration de confusion et d’incompétence qu’ils offraient au public, au moins le brave Arnaud se retrouve en terrain connu lorsqu’il s’agit de parler entreprise et économie en général, et monnaie européenne en particulier.

montebourg is arnoleoneEt pour Arnaud, après avoir tour à tour désigné comme ennemis de la France économique les Coréens, les Allemands et, de façon générale, tous ces méchants étrangers qui tentent de racheter nos bijoux français, il fallait passer à un registre un peu différent, bien que toujours déclamatoire et toujours délicieusement teinté de ce dirigisme colbertiste aux senteurs vieille France.

Et pour que sa voix porte bien, que ses petits mouvements de mentons puissent convoyer correctement toute l’impétuosité et le caractère indiscutable de ses demandes, il s’est donc adressé directement au MEDEF. Ça lui change de parler à des patrons d’entreprises étrangères qui ont cette fâcheuse tendance à lui dire « oui » devant et « n’afoutr » derrière et qui lui laissent dans la bouche cette abominable amertume que l’échec risible lui provoque trop souvent.

C’est pratique, le MEDEF ! Groupement de copains et de coquins habitués au capitalisme de connivence étatique, pas un de ses membres ne peut prétendre pouvoir se passer vraiment de l’État français et pour Arnaud, il est dès lors bien plus facile de fanfaronner qu’avec un vendeur de pneus américains ou de ferrailles indiennes. L’angle d’attaque est tout trouvé : utilisons ce Pacte de Responsabilité, bricolage improbable d’un François Hollande alors coincé entre deux actualités ridicules à base de quenelles et de casque de scooter !

En substance, comme l’État français va mettre en place un Pacte de Responsabilité (avec l’évident brio qu’on lui connaît déjà), le courageux Arnaud demande en retour que les entreprises qui en bénéficieront (forcément) créent près de deux millions d’emplois. Pouf, parce que bon, c’est évident :

« J’observe que sur ces cinq prochaines années, si la conjoncture est celle que nous prévoyons, la France créera environ un million d’emplois. Dans le même temps , nous aurons aussi 650.000 nouveaux arrivants sur le marché du travail. Du coup, le chômage ne baissera que d’un point. Pour moi, l’objectif en termes de contreparties serait au minimum la création de 1,65 million d’emplois de manière à ce que l’effort des entreprises puisse contribuer à une baisse de 2 à 3 points du chômage. »

Fastoche. Un miyon d’emplois créés qui sortent par ce petit tuyau ici, et une injection de plus d’un demi-miyon par ce gros tuyau là, et donc conclusion il faut que ce petit tuyau-ci débite presque deux fois plus en ajustant le volant ici, la manivelle ici et là, et en appuyant sur le gros bouton, pouic voilà c’est fait, et un quart de tour sur le bidule là et c’est bon on ne touche plus à rien. Ça va le faire. « Si la conjoncture est celle que nous prévoyons », hein, bien sûr !

oh noesPauvre Nono. S’il n’avait pas cette capacité à frétiller aussi stupidement, on le prendrait presque en pitié. Car inévitablement, ça va piquer un peu lorsqu’encore une fois (et comme toutes les putains de fois précédentes depuis 40 ans), on se rendra compte que la conjoncture n’a pas été celle qu’ils prévoyaient (oooh, zut), que la croissance anémique n’a pas permis de créer les emplois prévus, que le pacte de responsitruc se traduit par une petite bouffée d’air tiède à l’odeur douteuse, et que les entreprises n’ont pas pu jouer le jeu, sabotées qu’elles sont par les bonnes idées de taxes nouvelles et d’impôts rigolos novateurs que le reste du gouvernement se sera empressé de trouver d’ici à Noël prochain…

Bien sûr, Arnaud a probablement, enfoui au plus profond de son être intrépide, joyeux, primesautier même, cette petite pincée de lucidité qui lui permet de comprendre, sans en rien laisser paraître, que tout ceci n’est qu’une mascarade supplémentaire que seules ses grimaces comiques arriveront à faire passer dans les médias français. Mais qu’importe : il ne joue pas l’avenir de la France, mais plutôt la montre ou son avenir propre.

Et dans ce cadre-là, rien ne vaut les déclarations à l’emporte-pièce. Alors, en plus de ces millions d’emplois créés à gros bouillons et doigt mouillé, on va aussi exhorter le reste de l’Europe à suivre le mouvement qui, de loin, ressemble bien à celui, vertical et circulaire, d’un cheval de bois sur un manège enfantin aux lampions clignotants, Arnaud juché dessus et criant « Yahou ! » l’air émerveillé. Et quand je dis circulaire et vertical, je m’explique : à court d’idées nouvelles, les caciques du PS reviennent régulièrement, circulairement même, à cette chimère qu’en tripotant la monnaie, on pourra créer de l’emploi et de la croissance. Et vertical, parce que cette fois, il s’agit d’impulser un tel mouvement, vers le bas, à la monnaie européenne.

C’est, bien sûr, parfaitement idiot.

montebourg moquage de visage

D’une part, idéologiquement à peine armés d’un petit couteau pour affronter la guerre économique moderne, les socialistes proposent ici une non-solution qui n’a jamais fonctionné nulle part, et vont se faire déchiqueter par le crépi du mur de la réalité sur lequel ils viendront se frotter langoureusement, et nous avec, pour ne pas changer les bonnes habitudes qui foirent. Une baisse autoritaire de la monnaie, décidée par une banque centrale et une autorité politique, parfaitement artificielle, sera bénéfique exclusivement pendant le temps nécessaire aux ajustements du reste des marchés (monétaires, de matières premières, de transports, d’énergie, de biens manufacturés et de services). Quelques semaines ou quelques mois plus tard, l’effet de la dévaluation sera estompé, et l’Europe (la France en premier lieu) se prendra de plein fouet les réajustements inévitables : le pétrole sera plus cher, tous les produits dérivés l’utilisant aussi, le coût du transport grimpera, etc… Même dans un monde où la France serait à peu près autonome, très majoritairement exportatrice, l’opération serait risquée et aux effets éphémères. Dans le monde actuel, une dévaluation sensible se traduira par un jeu à somme nulle, dans le meilleur des cas (et la « souplesse » actuelle des marchés montre qu’on en sera loin). Et pour une France majoritairement importatrice, cela sera extrêmement douloureux à moyen et long terme.

D’autre part, une telle mesure ne pourrait s’envisager qu’en imprimant massivement de l’Euro (ou en achetant des sommes colossales de dollars, de yens et de livres, ce dont on n’a pas les moyens), ce qui ne manquera pas de réjouir nos copains du Nord qui adoreront l’idée de diluer leur monnaie dans nos conneries. Comme, de surcroît, les Européens sont plutôt placés sur le chemin de la déflation, générer suffisamment d’inflation pour dévaluer l’euro revient à injecter (on ne sait pas trop comment) des montants titanesques dans l’économie, avec le risque évident de perdre tout contrôle des phénomènes déclenchés.Et même si on peut trouver fort drôle Montebourg allant chercher sa baguette de pain avec une brouette d’Euros fraîchement imprimés, globalement, c’est une bien mauvaise soupe qu’il veut nous vendre ici.

Comme dans tout manège, le plaisir ne dure que tant que la musique joue et avec ces « solutions », la musique s’arrêtera vite. Les socialistes comme notre brave Arnaud n’ont toujours pas compris le problème. Refusant obstinément la réalité parce qu’elle est trop moche, ils continuent de bidouiller l’économie, refusant de voir que l’augmentation continue des vexations fiscales appauvrit tout le monde, finances du pays incluses, refusant de voir que seule la diminution effective, massive et à tous les niveaux d’un État obèse pourra sauver leurs miches, refusant de comprendre que le problème, c’est l’État, c’est eux, c’est leurs idées pourries et leurs méthodes rances.

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Les fines analyses d’Eric Zemmour

lundi 10 février 2014 à 09:00

Dans une interview toute récente accordée au Figaro, l’organe de presse qui l’emploie (eh oui, il ne se refuse rien), Zemmour nous fait l’immense honneur de nous livrer son analyse sur ce qu’il pense de la gauche. Ne reculant devant rien, il en profite pour inventer le concept de « gauche Terra-Nova ».

Pour rappel, Terra Nova est ce groupuscule progressiste de formation d’idées en circuit fermé dont le but plus ou moins officiel est de fournir une base idéologique au Parti Socialiste, voire un programme politique quand le temps est clément et que le vent ne pousse pas trop dans les branchages (ce qui est rare actuellement, on en conviendra).

zemmour is mr burnsSelon Zemmour, dans le bric-à-brac des trouvailles plus ou moins heureuses de Terra Nova, le think-tank serait à l’origine, notamment, de l’idée générale selon laquelle le Parti Socialiste aurait intérêt à miser sur les immigrés, les minorités visibles, les femmes et les cadres plutôt que la frange traditionnellement populaire du pays (ouvriers, employés, classes moyennes). En gros, Terra Nova serait la direction commerciale et marketing du consortium PS et lui aurait conseillé un repositionnement important sur d’autres niches de marché.

Jusque là, on ne peut pas tenir grief à Zemmour de son analyse puisqu’elle est corroborée par les faits. Là où ça se gâte, c’est qu’à son habitude et avec la finesse de trépan pétrolier qui le caractérise, le chroniqueur politique du Figaro part rapidement dans tous les sens et ajoute à cette courte analyse (qui tient d’ailleurs plus du constat d’évidence) son habituelle et sempiternelle charge anti-libérale grossière et mal documentée.

Et ça commence dès les premières réponses qu’il fournit au journaliste : s’il semble évident que la gauche a effectué avec Terra Nova cette transition vers un abandon du peuple, en réalité, cela ne date pas d’hier !

« Comme l’a fait, avec brio, le philosophe Jean-Claude Michéa, il faut remonter beaucoup plus loin. »

Il faut remonter plus loin ! Clovis, minimum ? Non, Dreyfus suffira, car c’est à ce moment que la gauche se serait vautrée dans le pire des libéralismes qui l’aurait fait renoncer à tout ce qui faisait d’elle une bonne gauche qui tache :

Au nom de la défense des droits de l’homme, les socialistes se sont alors ralliés à la gauche libérale renonçant à leur spécificité: la volonté de contraindre l’individu au nom de l’intérêt supérieur de la collectivité. À partir de ce renoncement, le socialisme se condamnait à être ce qu’il est devenu.

jesus petit facepalmEt qu’il est laid, ce renoncement ! Que c’est moche de ne plus vouloir contraindre l’individu au nom de l’intérêt supérieur de la collectivité, à grand coup de bottes cloutés s’il le faut, avec du goulag et des morceaux de RDA dedans ! Bon, dans les faits, on a bien du mal à voir quand, exactement, cette gauche aurait, au cours des décennies qui suivirent, renoncé à flanquer les dissidents au trou, ou écrabouiller toute expression autre que la sienne par la force ou par les accusations de fascisme lancées sans interruption afin de terroriser l’adversaire. Mais si l’on doit s’arrêter aux faits, on ne s’en sort pas.

Et c’est donc débarrassé de cette contrainte que Zemmour continue sa charge. Non seulement, la gauche a abandonné sa spécificité, mais en plus, elle est maintenant vérolée de l’intérieur !

Avec le libertarisme, cette gauche charrie déjà le libéralisme sans le savoir.

Et elle ne le sait tellement pas qu’elle en discute sur Le Figaro sans en comprendre un traitre mot ! Elle ne sait tellement pas qu’elle charrie de gros bouts de libéralisme que chaque discours, chaque pamphlet de gauche, chaque journal, chaque éditorialiste à la sauce Zemmour se fend d’un billet pour cracher sur ce libéralisme qu’on voit partout, qu’on soupçonne dans tous les gestes, dans tous les esprits, mais que tout le monde se défend d’embrasser, de cautionner ou même de connaître (des fois que ça contamine).

le honzec - la domination libérale

Quel beau gloubiboulga idéologique ! En tout cas, ça permet à Zemmour de rapprocher libéral et libertaire, comme si on pouvait par exemple rapprocher un socialiste libertaire à la quéquette baladeuse comme Cohn-Bendit d’un libéral humaniste comme Hayek ; c’est parfaitement grotesque vu l’écart entre les deux mouvements, l’un scandant qu’il est interdit d’interdire là où l’autre prône la liberté associée à la nécessaire responsabilité ; c’est aussi parfaitement symptomatique d’une compréhension mathématiquement nulle du libéralisme, et une forme d’opacité mentale aux textes philosophiques fondamentaux des courants de pensée libéraux.

Il faut comprendre que pour Zemmour, le libéralisme est quelque chose de globalement néfaste et abominable. Et si la gauche (à laquelle il reste, quoi qu’il en dise, tendrement attaché) a fait faillite et ne réussit pas actuellement, ce n’est pas parce que ce qu’elle raconte est inepte, ce n’est pas parce que les idées qui l’animent sont moisies intrinsèquement ou à la base, mais c’est simplement parce qu’elle s’est laissée corrompre par ce vilain libéralisme et qu’elle a donc abandonné ses vraies bonnes valeurs :

La gauche avait abandonné la nation dès la fin du XIXe siècle et encore plus en mai 68.

Allons, Eric, entre nous, tu devrais avoir compris depuis un petit moment que le socialisme, s’il a bien cessé d’être nationaliste après les cuisantes expériences des années 40, ne l’avait fait que pour se réfugier dans l’internationalisme, qui se terminera là encore dans les catastrophiques échecs des années 80 et l’effondrement complet de l’URSS. Le nationalisme était donc has been non pas depuis le XIXème, mais bien depuis 1945, date à laquelle tant de communistes ont viré « résistants » comme du papier pH dans un bain d’acide révélateur.

Parler comme Zemmour le fait ensuite avec l’aplomb d’un cuistre de cette gauche qui n’était plus que socialiste comme d’une gauche sociale libérale, et de cette droite conservatrice en déshérence d’un leader après la mort de De Gaulle comme d’une droite sociale libérale, c’est continuer à étaler cette magnifique purée de petits légumes politico-philosophiques fades qu’on retrouve maintenant dans tous les consommés insipides produits par douzaines dans les éditoriaux de la presse subventionnée du pays.

Le pauvre Zemmour est ici toujours aussi persuadé d’être l’un des seul à avoir compris que tout n’était plus maintenant que degrés divers de libéralisme, répétant en cela les âneries d’à peu près tout le monde (tout en changeant le packaging pour avoir l’air malin et novateur, il faut lui reconnaître ce petit talent). Et lorsque tout le monde pense que le méchant libéralisme est partout et qu’il rôde, prêt à bondir, lorsque tout le monde fait des pieds et des mains pour ne surtout pas se réclamer du libéralisme, c’est que … le libéralisme est partout, pardi, c’est évident, c’est limpide, et redonnez moi un peu de cette petite soupe, svp, c’est pour ma prochaine chronique, merci !

Implied Facepalm

Mais dans le n’importe quoi, on n’est encore qu’à mi-course. Le petit poignet fluet de Zemmour n’a pas encore saisi vigoureusement le manche à balai pour l’envoyer en bout de course, à fond dans le Grand Foutoir Total. Heureusement, avec sa saillie suivante, c’est chose faite :

Le prix à payer pour la soumission définitive de la gauche au libéralisme économique, c’est effectivement la marche en avant totalitaire vers un libéralisme sociétal.

Ah oui, la célèbre « marche en avant totalitaire du libéralisme truc » ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Eric nous parle ici de ces soldats bottés et casqués du libéralisme sociétal qui marchent à pas cadencé ! Il évoque sans doute possible les armées fascistes du libéralisme totalitaire avec de la moustache et du poil sous des bras qui se lèvent dans des gestes obscènes (ou des quenelles rigolotes, allez savoir), c’est d’une évidente limpidité ! Voyons, les soldats du totalitarisme libéral, vous voyez bien, n’est-ce pas ! Non ? Même pas un peu ?!

Tsk tsk tsk…

petit facepalmArriver à coller dans une même phrase que la gauche se soumet au libéralisme économique (dans un pays où 57% de la richesse produite est gobée par l’État), que tout ceci n’est que la marche en avant totalitaire du libéralisme sociétal, voilà qui en dit long sur la pertinence de l’analyse d’un Zemmour en pleine forme !

Comme il a bien lu tous ses classiques libéraux, il n’aura qu’à nous citer les principaux passages chez les plus illustres d’entre eux qui prônent le totalitarisme (sociétal ou autre, soyons large) ; il pourra en profiter aussi pour nous éclairer sur les manœuvres de ces salopards de libéraux à dents pointues qui ont réussi a soumettre la gauche au libéralisme économique. J’attends le détail de la recette appliquée, pour qu’on puisse réitérer ce coup fumant très manifestement réussi sur un malentendu ou par pur hasard… Et il en profitera pour nous expliquer comment il peut concilier son affirmation péremptoire d’une telle soumission avec l’obésité actuelle de l’État, la hausse stratosphérique des impôts, la baisse drastique des libertés dans tous les domaines. Il va de soi que sauf à répondre précisément sur ces derniers points, Zemmour passera ici pour un parfait clown en pavanant à droite et à gauche et en dégoisant ce genre de sottises où tous les mots s’entrechoquent pour impressionner le gogo.

La fin permet d’ailleurs de confirmer le diagnostic posé précédemment :

Je me reconnais depuis toujours dans le vieux courant bonapartiste français à la fois national et social.

Nous voilà rassuré : nous avons un éditorialiste / chroniqueur / baltringue de plus qui se reconnaît dans le conservatisme, l’interventionnisme, l’impérialisme sympathique d’un Napoléon pas du tout belliqueux, le tout saupoudré de nationalisme et de socialisme, bref, l’exemple banal et sans intérêt d’un journaliste sorti de Science-Po qui a voulu faire l’ENA, autrement dit, un parmi des centaines de cette cinquième colonne d’une gauche molle et folle qui ne sait même plus dire son nom à force de s’être perdue dans les idéologies foutraques, mais dont la base idéologique reste si terriblement délétère.

Zemmour représente un intéressant spécimen de cette droite socialiste que j’évoque régulièrement, où le salut de l’homme moderne ne passe que par l’État. Et là où beaucoup croient que ce chroniqueur offre une pensée alternative aux bêtises débitées sans arrêt par une presse de gauche, l’analyse montre qu’une fois retiré l’emballage de références culturelles foisonnantes et inutiles, ce sont toujours les mêmes mécanismes intellectuels : refus de la liberté et de la responsabilité et haro permanent sur une vision fantasmée et mal comprise du libéralisme.

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Source : http://h16free.com/2014/02/10/29046-les-fines-analyses-d-eric-zemmour