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En France, Christophe Barbier aime tendrement l’internet chinois

dimanche 5 janvier 2014 à 11:36

Ce vendredi 3 janvier, un éditorialiste très médiatique a ouvertement déclaré souhaiter un contrôle d’internet à la mesure de ce qui se pratique dans la plus grande dictature communiste de la planète. Tout va bien, c’était en France. Et ça se reproduira.

Tout se passe donc au cours d’une émission de la radio RMC, dans laquelle le débat tourne, pour changer, sur les frasques culino-provocatrices d’un humoriste douteux dont l’intérêt se borne à fournir à une gauche en désarroi un excellent sujet d’occupation pendant que le pays s’enfonce dans la médiocrité généralisée. Au cours de cette émission se pose évidemment la question de savoir comment museler l’enquiquinant trublion. En effet, dans une démocratie qui se respecte, dès qu’une opinion, un geste ou une parole froissent, les journalistes, les éditorialistes, les philosophes, les sociologues et autres psychologues d’État montent au créneau pour défendre le droit d’empêcher les crime-pensées de s’exprimer.

christophe barbier aime tendrement christophe barbierEt il n’y a pas plus bruyant défenseur du Droit à Museler Les Méchants Penseurs que ces chroniqueurs mondains acoquinés depuis bien longtemps avec le pouvoir, baignant dans le capitalisme de connivence en frétillant de l’arrière-train avec délectation, au premier rang desquels on trouve bien sûr Christophe Barbier, responsable (mais pas coupable, bien évidemment) de la rédaction de l’Express, et dont la capacité d’analyse parvient difficilement à égaler celle du mouton qui fournit, jadis, la laine dont est faite son inséparable écharpe rouge, devenue marque déposée d’un boboïsme populaire en carton.

Il fallait s’y attendre en invitant ce poseur écharpé : dès lors que fut abordée la question d’un contrôle sur internet, notre fier éditorialiste, se dressant comme un seul homoncule, ne put s’empêcher d’éructer la première idiotie qui lui passa par son yaourt intracrânien. À chaque vilénie proférée sur les ondes ou dans un spectacle, la Justice devrait faire son travail, morbleu ! Peu importe que cela soit déjà le cas, peu importe que cela n’ait aucun effet tangible, la Justice doit passer, deux fois et avec de beaucoup de sauce, s’il le faut !

Mais surtout, si les propos sont tenus sur Internet, qu’ils soient poursuivis, qu’ils soient contrôlés ! Et puis d’abord, le brave Christophe nous l’explique sans frémir,

« Internet n’est pas un no man’s land, on peut combattre juridiquement ceux qui violent la loi. »

Ce qui est parfaitement exact : toutes les lois actuellement en vigueur suffisent amplement à poursuivre le petit internaute qui viendrait à déraper, à tenir des propos nauséabonds, à faire preuve d’incitation à des comportements que la morale républicaine et du vivrensemble réprouve pénalement, bref, à bouter le racisme, la xénophobie hors de nos frontières numériques.

Mais si tout ceci existe, si tout ceci est possible, et si, d’après Barbier, il faut poursuivre, poursuivre, poursuivre, cela ne suffit pas. Alors même qu’il vient de déclarer qu’Internet n’est pas un no man’s land, et avec cet élan que seuls les caddies de supermarché pleins et sans freins accumulent lorsqu’une descente trop raide les mènent au parking où ils viendront s’encastrer contre une voiture mal garée, il poursuit en déclarant tout de go, je cite :

« Internet est un champ d’impunité parce que ça explose dans tous les sens. »

Vous le voyez, le petit caddie plein de victuailles qui a pris trop de vitesse et s’enfonce dans une colonne en béton ? C’est Christophe qui, emporté dans son élan, se contredit en 5 secondes montre en main. Un coup, l’internet n’est pas un no man’s land, un coup, c’est un champ d’impunité. Mais le micro est toujours branché. Le caddie a encore de l’énergie, l’inertie n’est pas épuisée et l’analyse n’est pas finie. Barbier continue donc, sans fléchir :

« Ca se régule, aussi, internet. Entre nous, les Chinois, ils y arrivent bien. Si les dictatures y arrivent, il faut que les démocraties fassent l’effort, aussi, de faire respecter la loi sur internet, sinon, ce sera dictature ou dictature. »

saperlipopette !Oui, vous avez bien lu et non, je n’ai rien inventé : au milieu de ce déferlement de conneries consternantes dans lequel on apprend qu’une démocratie doit se hisser au niveau d’une dictature (oui oui), on retiendra qu’un éditorialiste français réclame en trépignant et en s’agitant devant un micro d’une radio assez populaire que l’internet français soit mis en coupe réglée comme l’est celui des Chinois.

Je passe bien sûr sur l’incompétence ridicule du pauvret qui ne comprendra jamais la différence fondamentale entre l’internet installé en France, qui ne pourrait disposer que de filtrage a posteriori tant l’infrastructure fut au départ montée sans le moindre épurateur lorsqu’il se déploya, lentement, dès les années 90, et celui des Chinois qui fut dès le départ concentré et limité puisque sous la responsabilité d’entreprises d’État ; finalement, il ne s’agit pas d’une question technique même si les obstacles à la réalisation du rêve humide de Barbier promettent quelques moments de rigolisme hadopitoyable.

En revanche, il me sera difficile de passer sur l’appel même pas voilé à la censure et à la restriction la plus drastique de l’expression politique sur internet (ou partout ailleurs du reste). Barbier prend ici la dictature communiste chinoise comme mètre-étalon de ce qu’il faudrait réaliser pour venir à bout des méchants qui ne pensent pas droit comme il faut. Si l’on peut se réjouir qu’il n’ait pas pris, avec un peu de cynisme, les États-Unis comme exemple, se rend-il seulement compte que c’est avec ce genre de saillies, ce genre de raisonnements calamiteux que les plus solides dictatures, les fascismes les plus durables se sont installés ? Se rend-il compte que cette pensée ne lui a pas échappé par hasard d’une bouche qui se gargarise d’habitude de liberté d’expression et de grandiloquence journalistique ? Se rend-il compte qu’il donne ici un boulevard à ceux dont il prétend être l’ennemi ?

cat facepalm

Parallèlement, on peut se demander où sont tous les autres journalistes qui sortent du bois en criant au loup à chaque fois qu’un politicien tente de les faire taire ? Où sont les défenseurs insubmersibles de la liberté d’expression lorsqu’il s’agit d’un des leurs qui dit absolument n’importe quoi ? Quels seront les nécessaires Jaurès qui accuseront Barbier d’avoir lâché une énormité de trop ?

Bien sûr, il ne faut pas perdre de vue que Barbier n’est en pratique que l’un de ces petits tâcherons insignifiants d’une presse lourdement subventionnée, elle-même plus qu’un vague rouage de la transmission démocratique et républicaine du message officiel de bienpensance des élites.

Mais ce que les petites éructations bilieuses de l’éditorialiste montrent surtout, c’est que la pensée même d’une censure et d’un filtrage internet à la mode chinoise n’est absolument plus taboue pour ces gens qui entendent former l’opinion du peuple. Pour un Barbier qui s’exprime et qui montre l’étendue de l’arrogance de ces gens, combien n’en pensent pas moins et œuvrent effectivement pour qu’il en soit ainsi dans un avenir très proche ?

Fascism : do you think it'll be this obvious ?

—-

Et pour ceux qui n’en croient pas leurs yeux et préfèrent leurs oreilles, voici l’enregistrement correspondant de l’émission.

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Source : http://h16free.com/2014/01/05/28298-en-france-christophe-barbier-aime-tendrement-linternet-chinois


La vieille France rentre en guerre contre les vilains MOOC

vendredi 3 janvier 2014 à 09:00

Chaque nouvelle année nous propulse un peu plus dans l’avenir. C’est en se rappelant ces évidences qu’on constate parfois à quel point une frange de la population française a, obstinément, choisi de regarder le passé pour s’y accrocher vaille que vaille et tout faire pour empêcher le reste du monde d’avancer vers la nouveauté, le changement et une nécessaire évolution, lui préférant résolument la fixité, par la loi s’il le faut, d’un conservatisme dépourvu de la moindre intelligence.

Récemment, l’exemple des Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (VTC) a permis d’illustrer caricaturalement cette tendance grotesque : les taxis, se sentant menacés par l’apparition inévitable de véhicules disponibles sur demande au travers d’applications modernes sur téléphones, ont fait des pieds et des mains pour imposer à leurs nouveaux concurrents un délai d’attente minimal (de 15 minutes) avant de servir leur clientèle, afin de ne pas les concurrencer, eux seuls étant détenteurs du droit de maraude qui leur permet d’alpaguer le client directement, à la demande et dans la seconde.

CorporatismeLa loi parfaitement ridicule, passée récemment, a déclenché l’hilarité et la consternation tant dans le pays que partout dans le monde où les touristes sont souvent confrontés à l’absence criante de véhicule disponible dans les principales villes de France tant l’inadéquation entre l’offre et la demande est criante concernant les taxis. Si le conservatisme, par nature, est loin de n’avoir que des mauvais côtés, il n’en reste pas moins que c’est le plus rétrograde qui a ici triomphé des VTC au détriment des clients bien sûr, de l’emploi évidemment, de la fluidité du trafic, du tourisme ou même de l’écologie si on y réfléchit deux minutes.

C’est parfaitement con et c’est aussi parfaitement français dans l’esprit. Et je n’exagère pas du tout en assimilant cette malheureuse histoire de VTC et de corporatisme des artisans-taxis à l’esprit français puisqu’on retrouve exactement les mêmes ressorts dans la création d’un nouveau collectif anti-MOOC.

Pour rappel, un MOOC est une forme d’éducation où des cours sont donnés en ligne, la plupart du temps en libre accès, avec une partie « magistrale » généralement composée d’une vidéo ou d’une présentation parfois animée, sur internet, et d’une partie interactive où les personnes qui ont choisi d’assister et de participer au cours peuvent échanger entre elles. Cette dernière peut avoir lieu dans un lieu physique, éventuellement sous la forme d’une classe ou d’un amphithéâtre, ou bien avec les moyens modernes de partage au travers d’un canal d’échange (IRC par exemple). Actuellement, des bibliothèques de vidéos impressionnantes se constituent, contenant des centaines de cours sur des douzaines de sujets différents. Ces bibliothèques existent pour la plupart en anglais, mais des initiatives françaises sont apparues et comblent leur retard.

Autrement dit, on assiste à l’apparition d’une forme alternative de distribution du savoir, bien au-delà de ce que peuvent faire l’Université ou l’école typique de nos aïeux. Dans ce cadre, le savoir est distribué, facilement accessible, disponible à toute heure du jour et de la nuit, où que l’on soit, y compris depuis un lit d’hôpital, dans des pays très éloignés des professeurs.

On comprend sans mal le changement révolutionnaire qu’apportent les technologies dans le domaine de l’éducation puisqu’elles cassent la barrière des distances et du temps, qu’elles permettent une interaction très poussée tant avec les autres élèves intéressés par la matière qu’avec une quantité impressionnante d’enseignants qu’il était impossible d’imaginer aborder dans le cadre traditionnel des Universités d’antan.

éducation ennuyeuse

En France, pays de plus en plus recroquevillé sur lui-même et — comme on l’a vu avec les taxis — terrorisé à l’idée d’innovation et de disparition des corporatismes, cette révolution ne pouvait bien évidemment pas se passer sans heurts et sans de vigoureuses manifestations de désapprobation. C’est donc chose faite avec ce Collectif Anti-MOOC à côté duquel Libération, épave journalistique caricaturale dans le choix de ses combats moisis, ne pouvait passer sans en relayer bruyamment la lutte d’arrière garde.

Oui, vous avez bien compris : comme une solution élégante et pratique à la distribution du savoir se dessine clairement dès à présent, que les clients pardon élèves en sont directement bénéficiaires, il était temps pour les habituels syndicats gauches et gauchistes d’agir pour sauver leurs meubles. C’est ainsi que le Collectif anti-MOOC, patchwork bigarré des éternels détritus de mai 1968 (syndicalistes CGT au premier rang) et des inévitables associations lucratives sans but de pouilleux estudiantins comme Solidaires Étudiants ou l’UNEF, est violemment monté au créneau du bastion éducationnel français pour en défendre chaque millimètre carré avec la fougue caractéristique des jeunes, des imbéciles et des apparatchiks aux senteurs naphtaline.

Grâce à une enfilade d’arguments consternants, le collectif entend donc, je cite, « (s’)oppos(er) fermement à la mise en place des Mooc, qui poursuit la politique néolibérale conduite dans l’enseignement par les ministres Valérie Pécresse et Geneviève Fioraso. » Oui, vous avez correctement lu « politique néolibérale » dans ce gloubiboulga écrit par l’un de ces communistes un peu tristounet aux réflexes pavloviens qui, dès qu’intervient un changement, même minuscule, à sa routine journalière de glandouille syndicale, lève le poing au ciel, l’œil parcouru de spasmes nerveux, pour crier haro sur la politique néolibérale, quand bien même l’interventionnisme étatique se déchaîne depuis des lustres en France, notamment dans l’enseignement. Et pour ce genre d’olibrius (que vos impôts ultralibéraux aident à vivre confortablement), les MOOC représentent en effet l’aboutissement catastrophique d’une évidente dérive capitaliste : comme ils le font remarquer tout le long de leur pesant billet, les initiatives à la base de ce concept sont privées, d’une part, ce qui les frappe immédiatement d’infamie, et sont d’origine américaine d’autre part, ce qui constitue probablement l’un des pires crimes qui soient.

dinosaure communistePire, selon nos dinosaures staliniens, l’apparition de ces cours en ligne aboutira à l’uniformisation de l’éducation, chose qui est très très mauvaise lorsqu’elle provient du privé (mais excellente lorsqu’il s’agit du collège français, unique par obligation, ou des programmes scolaires sur tout le territoire, scrupuleusement vérifiés, etc…) Charge au lecteur de comprendre pourquoi une telle uniformisation apparaîtrait soudain, alors que si internet a bien prouvé quelque chose depuis 30 ans, c’est qu’il permettait l’éclosion incessante de nouvelles applications, de nouveaux concepts, de nouveaux paradigmes majeurs, bref l’antithèse même de l’uniformisation.

En outre, prétendre comme le font ces rigolos de supermarché que « l’accès au numérique est socialement différencié », dans un pays où le taux de pénétration Internet fixe atteint 80% de toute la population, celui de l’Internet mobile est supérieur à 40% pour toutes les classes sociales, et où plus de 25 millions d’individus glandouillent sur Facebook, c’est un peu se moquer du monde pour tenter de nous faire croire que Kevin et Jennifer n’ont aucune possibilité d’accéder à ces cours parce qu’ils seraient dans la mauvaise classe sociale. Ceci fera pouffer l’observateur moyen de la tranche des 15-25 ans, celle qui est, justement, largement la plus connectée et la plus concernée par les MOOC.

Et bien évidemment, en filigrane des gémissements plaintifs de ce Collectif anti-progrès, on trouve l’éternelle bataille du Cétémieuhavan, dans laquelle nos couineurs ne s’embarrassent pas de réalité et mentent ouvertement en pipeautant que les MOOC restreindront la pédagogie à la seule production figée d’un cours sans interaction entre le professeur et sa classe (ce qui est faux, on l’a vu), le tout enrobé dans une « liberté pédagogique qui n’aura plus de sens », là où cette liberté, scrupuleusement encadrée depuis des lustres par les tombereaux de directives, circulaires, programmes officiels et autres décrets ministériels, a largement été intoxiquée, sanglée à son lit de souffrances et régulièrement piquousée d’idéologie nauséabonde collectiviste issue, justement, de cette même bande de clowns néfastes qui viennent maintenant pleurnicher sur leur perte évidente de pouvoir.

Oui, nous sommes en 2014 et nous avons toujours, en France, nos fabricants de chandelles qui luttent pied à pied contre les ampoules électriques plutôt que d’en vendre : à la lecture de leurs ratiocinations, on comprend intuitivement que leurs cris pour empêcher le développement des MOOC donnent de véritables lettres de noblesse à cette révolution pédagogique : si ces ânes conservateurs trouvent ça si abominable, c’est que cela peut effectivement saboter leur pouvoir, leurs manigances et leur emprise, et c’est donc absolument indispensable pour sortir l’Éducation Nationale des griffes de ces idéologues poussiéreux.

PS : on lira avec profit le démontage en règle de Philippe Silberzahn sur le sujet

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Source : http://h16free.com/2014/01/03/28176-la-vieille-france-rentre-en-guerre-contre-les-vilains-mooc


Comme en 2013, le gouvernement sera là en 2014 pour nous sauver tous. Fuyez.

jeudi 2 janvier 2014 à 09:00

Le pays sort lentement de sa léthargie post-prandiale dans laquelle les fêtes l’avaient plongé. Petit à petit, tout le monde reprend le travail, et d’instinct, devant les difficultés de la situation, tous les services de l’État se tendent comme un seul homme pour résoudre la myriade de pépins que le pays va devoir affronter devant cette nouvelle année.

Ainsi, Manuel Valls, le Ministre qui fait à l’Intérieur ce dont on rit à l’extérieur, envisage de faire interdire la quenelle (le geste, pas la spécialité culinaire), jugeant sans doute qu’une petite loi ou un joli décret empêchera efficacement les individus de pratiquer, tout comme une loi interdisant de mourir de faim résoudrait probablement bien des problèmes, et que la loi pour ne jamais manquer de toit a permis de faire disparaître immédiatement les SDF. Bien évidemment, le fait que le petit Manuel de l’Intérieur Propre et Bien Rangé se soit gentiment fait quenelliser la tête il y a quelques temps ne joue en rien sur sa décision, ferme et courageuse, de mobiliser son énergie et quelques uns de ses nombreux fonctionnaires sur cette cause à la fois noble, humaniste et indispensable à la bonne marche du pays. Il faut ce qu’il faut.

valls : une quenelle, où ça ?

Au Ministère de l’absence d’Économies et des Finances lacunaires, on a choisi de ne faire aucune espèce de publicité pour les changements qui sont introduits dès ce début d’année. On se demande pourquoi : comment ne pas se réjouir de voir qu’au moins, à Bercy, ils travaillent durement pour calibrer les ponctions étatiques au plus juste ? Comment ne pas tenir compte des magnifiques avancées dans les taux (la TVA grimpe, comme les taux pour les emprunts d’État, c’est mignon ce mouvement d’ensemble) ?

Et surtout, il serait dommage de passer à côté de la cohérence d’ensemble de la politique gouvernementale en matière de droit du travail. Un coup oui, un coup non, un coup c’est permis, un coup c’est interdit, voilà qui rend épique l’établissement de règles simples pour la conduite des affaires dans le pays et qui redonne un vrai parfum d’aventure à la monotonie naturelle de la création d’entreprise, du capitalisme à la Pépère et du développement d’activité sur le sol national, non ?

Prenez par exemple la durée d’un temps partiel. On pourrait croire, lorsqu’on est un adulte normal, responsable, avec deux pouces et un QI supérieur à sa température anale, que cette durée pourrait résulter d’un accord contractuel entre un type qui veut travailler moins que le temps complet et un type qui veut l’embaucher pour une durée inférieure à celle d’un contrat de travail complet. Partant de là, on imaginerait des adultes qui signeraient des contrats et s’arrangeraient entre eux.

oooh filocheBon, cette image est évidemment complètement farfelue puisqu’elle ne fait intervenir aucun fonctionnaire d’État, ni, encore pire, aucun syndicaliste et — abomination suprême — renverrait les vieux débris communistes antédiluviens chargés de l’inspection du travail à leurs études, loin du monde réel trop abrasif pour leur peau sensible (Gérard F., si tu me lis, sache que j’ai de la tendresse pour les espèces en voie de disparition terminale).

Moyennant quoi, la réalité française sera douillettement bordée de lois encadrant bien tout ça, qui redéfiniront cette année encore la durée minimale du temps partiel qui passe donc en ce début d’année à 24 heures par semaine. Tous les patrons qui auraient eu besoin de salarier quelqu’un pour 20h pas plus (par exemple) ne pourront le faire. L’emploi en France dit merci à cette « avancée » législative. Les 5 millions de chômeurs aussi.

Et puisqu’on parle code du travail, que va-t-il advenir exactement de la pénibilité, cette notion nouvellement introduite au bénéfice du calcul des retraites, déjà pas simple et qui va encore se complexifier un peu et qui, si l’on s’en tient aux textes, promet de grands moments de pirouettes comptables et organisationnelles au sein des entreprises, puisque l’appréciation de la pénibilité sera faite au cas par cas, avec des contrôles a posteriori (et des gémissements a priori) ?

oh filocheQuant au travail le dimanche, l’avenir est plein d’incertitudes croquignolettes avec des fermetures de magasins à la clef. Jusqu’à récemment, on se rappelle qu’il était donc officiellement interdit de travailler le Jour du Seigneur, puisqu’en bon pays laïc, la France a choisi de faire fermer ses commerces ce jour-là (sauf les boulangers-pâtissiers qui fournissent les gâteaux après la messe, les électriciens parce qu’on n’aime pas cuisiner froid, les cinémas parce que sinon, on s’ennuie ferme, et d’autres menues exceptions pour que tout continue à fonctionner, mais en moins vivant). Rassurez-vous : à l’approche des municipales, et vu que la fermeture dominicale signe l’arrêt de mort pour certains magasins, il a été rapidement signé un petit décret de derrière les fagots pour autoriser à nouveau l’ouverture des enseignes de bricolages.

Comme on le voit, tout ceci est du solide, du simple, du facile, du balisé, du prévu de longue date et c’est donc d’autant plus facile d’entreprendre en France, de créer de la valeur et des emplois puisque tout (impôts, législation, environnement) concourt à vous laisser bosser dans les meilleures conditions possibles. Que demande le peuple ?

Bulletin de voteMais toute cette agitation de ces puissants ministères ne sont rien à côté de la détermination calculée et des actions épiques qu’entreprennent les plus importants des ministres. Ici, on pense immédiatement à deux d’entre eux, véritables fers de lance du N’importe Quoi Bruyant érigé en méthode de gouvernement et en politique d’avenir : Najat Vallaud-Belkacem tout d’abord et l’inénarrable Arnaud Montebourg, sans lesquels — il faut bien le dire — la politique n’aurait pas ce petit grain de folie ridicule qui nous la rend si sympathique et si joyeuse lorsqu’on ira voter (pour les plus crédules d’entre nous), courant mai de cette année, entre deux cuites monumentales.

najat genialEn effet, Najat Vallaud-Belkacem n’a même pas attendu d’être en 2014 pour bombarder les interwebs de ses petites déclarations ; la porte-parlote du gouvernemaman est ici dans son rôle, il est vrai, mais comme Switchie sur son blog, on ne peut qu’être consterné par l’avalanche de bidules tous plus foutraques les uns que les autres que la pauvrette nous a rassemblés dans une infographie indigeste, afin de nous présenter l’étendue des dégâts que l’ensemble du gouvernement entend porter au pays pendant toute cette année : pas un domaine ne sera épargné, pas une loi ne sera oubliée, chaque ministère ira de sa petite crotte législative. C’est génial, non ?

montebourg moquage de visage

D’autant qu’on sait déjà qu’elle sera (lourdement) épaulée du chevalier de la Table Bancale. Et pour préparer psychologiquement le pays à ces assauts gaillards, Montebourg n’a rien trouvé de mieux que nous présenter un calendrier de ses Douze Redresseurs. Ne riez pas : c’est avec vos sous.

Les petits-fours ont été mangés. L’allocution du Président est terminée. Les ordres de mission pour cette nouvelle année sont partis : c’est décidé, 2014, ce sera 2013, mais en plus grand, plus fort, plus loin.

Pour ceux qui le peuvent : fuyez. Pour les autres, tremblez. Que vous ayez fui ou que vous trembliez, de toute façon, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2014/01/02/28230-comme-en-2013-le-gouvernement-sera-la-en-2014-pour-nous-sauver-tous-fuyez


Un futur plein d’avenir

mercredi 1 janvier 2014 à 09:00

Ça y est, nous y sommes : 2013 est remballée, 2014 vient de sortir, toute neuve ! Normalement, ici, le rédacteur moyen insère une petite phrase bateau du style « je vous la souhaite bonne avec santé et amour » ou une autre puissante pensée issue en droite ligne d’un de ces petits biscuits chinois qui achèvent un repas, généralement plantureux en cette période.

Ensuite, le rédacteur, qui est autant moyen qu’imbibé (il faut bien ça de nos jours) en rajoutera une couche pour se lamenter sur les terribles vexations (fiscales, politiques, économiques) qui nous attendent, puis tentera de faire rire en ajoutant une petite pensée confucianiste ou simplement confuse pour conclure sous les applaudissement polis d’un lectorat lui même très émoussé.

chat geluck bonne annee

Et le rédacteur moyen aurait bien tort de se priver : ce ne sont pas les sujets d’atermoiements qui manquent. La France inquiète, son président consterne et son gouvernement effare.

Mais pas cette fois. Enfin, je veux dire que même si j’entends bien vous souhaiter une excellente année 2014, disons que je n’ai pas envie de m’attarder sur les prochaines prouesses électorales que le pays va connaître et encore moins sur les troubles économiques certains qu’il va traverser. Non, cette fois, je veux parler d’un avenir qui se jouera peut-être sans la France, mais qui offre néanmoins des perspectives plus que réjouissantes.

Ici, je pourrais, à l’instar de Guillaume Nicoulaud dans son excellent article paru récemment sur Contrepoints, revenir sur les trente dernières années et constater à quel point elles furent décisives pour faire sortir un nombre toujours croissant de personnes de la pauvreté.

Je préfère cependant regarder le futur, qui continue de se remplir de promesses alléchantes. En effet, pour qui s’informe du monde par-delà les frontières de la Hollandie Démocratique Socialiste, si tout n’est certes pas rose, il y a quelques solides raisons de penser que la situation s’améliore pour l’Humanité.

Ainsi voit-on se multiplier les solutions concrètes à deux défis majeurs : l’accès à l’eau potable d’une part et à l’énergie d’autre part.

eau kenyaPour l’eau potable, la récente découverte d’une nappe phréatique géante (on parle de 200 km³ !) au Kenya pave la voie à d’autres découvertes ; Alain Gachet, le Français (eh oui), auteur du système à l’origine de celle-ci, explique en effet qu’on va pouvoir, grâce à son expertise et sa technologie, trouver de l’eau partout dans le monde. Pour beaucoup de pays, cela représente une véritable révolution capable de sortir leurs populations de la misère dans laquelle le manque d’eau les contraint à vivre. On peut s’étonner de la modeste médiatisation d’une telle découverte ; l’actualité est trop encombrée de quenelles, semble-t-il.

Quant à l’énergie, j’ai bien sûr déjà évoqué les développements actuels dans la filière du Thorium (en Chine, au Canada, en Allemagne, en Inde, en Israël, au Japon, en Norvège, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne), ce qui permet de continuer à rester extrêmement confiant devant les alarmistes du peak oil qui n’en finit pas de ne pas arriver. Mais de façon générale, la recherche d’autres méthodes efficaces de stockage d’énergie continue de plus belle.

oil from algaeAinsi, pour la production de pétrole à partir d’algues, véritable serpent de mer écolo/économique, des avancées notoires ont été rapportées dans les derniers mois de 2013 qui permettent un optimisme raisonnable ; pour le moment en effet, l’équation économique renvoyait cette technique particulière dans le domaine des lubies non rentables : pour obtenir la précieuse huile, il fallait jusqu’à présent séparer l’eau contenue dans les algues (par séchage) ce qui coûtait en temps et en énergie. Le procédé développé au PNNL, Pacific Northwest National Laboratory, par l’équipe de Doug Elliott, permet à présent de passer directement des algues humides au pétrole sans ce séchage préalable. Bien évidement, là encore, il y a fort loin de la recherche à l’étape industrielle, mais le simple fait qu’il existe maintenant une telle technologie permet d’atténuer les pessimismes.

batterie minuscule impression 3DDu côté des batteries électriques, les récentes recherches et l’utilisation ingénieuse de l’impression 3D ont permis de produire des batteries minuscules avec un très bon rendement. Sans présager d’une industrialisation massive qui sera, on s’en doute, assez complexe, des solutions se dessinent donc nettement de ce côté.

Et puisqu’on parle d’impression 3D, notons l’usage de plus en plus poussé de cette technique. Très clairement, là où l’impression 2D a connu son heure de gloire lorsque la couleur est devenue abordable pour le plus grand nombre, et que, de nos jours, n’importe qui peut disposer d’une imprimante pour moins de 100€, l’impression 3D est encore loin d’arriver au même résultat. Et si l’on peut trouver pratique d’imprimer chez soi son billet de train ou ses photos de vacances, le besoin courant d’impression d’objets reste anecdotique.

BioPrinting oreilleEn revanche, la technique est très prometteuse puisqu’elle abaisse considérablement le coût des objets uniques. Or, la médecine constitue le domaine roi de l’objet unique, qui, s’il n’est adapté qu’à un seul individu, n’en demeure pas moins très rentable voire vital. C’est le cas, bien sûr, des prothèses à façon ; l’année 2013 a vu se multiplier les vidéos expliquant comment tel amputé, en recourant à l’impression 3D, a pu obtenir un usage satisfaisant d’une prothèse trop coûteuse si elle avait été réalisée autrement. Et ce qui marche pour des prothèses semble fonctionner pour des cellules organiques ; dans un avenir possiblement proche, tissus et organes seront littéralement imprimés pour vous.

google carEt comment parler d’avenir sans parler déplacements ? Ici, ceux qui me lisent régulièrement penseront immédiatement aux billets dans lesquels je relate le développement des voitures autonomes et ils auront raison puisque certains constructeurs ont déjà mis une date sur l’apparition dans le commerce de tels engins. Et 2020 n’est pas très loin (6 ans). Mais à la limite, je préfère m’attarder sur une autre technologie, elle aussi en pleine expansion : celle des drones.

Si ces derniers sont évidemment porteurs de menaces très nettes en matière de libertés civiles, d’atteinte à la vie privée, en ce qu’ils permettent (par exemple) un flicage précis et omniprésent, ou représentent un bond en avant inquiétant en terme d’armes volantes, il ne faudrait cependant pas voir exclusivement le verre à moitié vide. Les drones sont aussi les vecteurs potentiels de changements majeurs de paradigmes.

Récemment, ils ont été évoqués comme moyen de distribution pour Amazon ; deux minutes d’analyse permettent bien sûr de refroidir tout enthousiasme à ce sujet. Cependant, derrière les annonces médiatiques d’un Jeff Bezos malin, on peut aussi trouver des projets bien plus sérieux. Celui d’Andreas Raptopoulos est, par exemple, porteur d’immenses promesses d’ores et déjà réalisables avec les techniques modernes. Si l’idée de distribution d’Amazon souffre de problèmes légaux (le survol de zone densément peuplées par des engins trimballant des kilos de charge pose de gros problèmes de sécurité) et économiques (la rentabilité face à un coursier en scooter est catastrophique), celui de Raptopoulos s’en affranchit fort bien.

La vidéo suivante, que je vous encourage à regarder (vous avez le temps, on est le premier janvier, hein), explique fort bien ce qu’il compte mettre en place. Le plus intéressant n’est pas que l’idée est, dans ses conséquences d’organisation, révolutionnaires, mais dans le fait qu’actuellement, elle est réalisable techniquement :

J’ai choisi les quelques éléments de ce billet parce qu’ils ont chacun le pouvoir de changer profondément les vies de millions d’individus sur la planète et montrent de façon éclatante que si l’avenir est rempli d’incertitudes, si l’on peut certainement y voir les germes de désordres ou de problèmes, on peut aussi y découvrir d’immenses espoirs de révolutions douces, de bénéfices partagés et de progrès concrets. Le tropisme naturel des médias les force à s’attarder sur les trains en retard ; ceux qui arrivent à l’heure n’ont que rarement droit de cité. Et ceux qui arrivent en avance et amènent avec eux ce qu’on attendait le plus sont oubliés au milieu du flot banal des turpitudes humaines.

L’Humanité s’est engagé dans un combat plusieurs fois millénaire pour l’amélioration de ses conditions d’existence. Et depuis peu, elle est en train de le gagner. Je vous souhaite une bonne année 2014.

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Source : http://h16free.com/2014/01/01/28171-un-futur-plein-davenir


Un bilan toujours aussi piteux

mardi 31 décembre 2013 à 09:00

L’année 2013 est dans sa dernière ligne droite. Les dernières scories politiques de l’année s’accumulent péniblement dans les quelques jours qui se bousculent avant le changement d’année. Même s’il ne s’impose pas vraiment, un petit bilan de l’année écoulée peut être fait.

En douze mois, et conformément à ce que je laissais sous-entendre dans plusieurs billets parus en début d’année, nous avons bien traversé l’ouragan de caca mou qu’on pouvait déjà voir se dessiner à l’aube de 2013. Bien sûr, au plan de la politique politicienne, l’affaire Cahuzac, qui aura marqué le début d’année d’une série de retentissants coups de théâtre, aura permis d’occuper la galerie et remplir les journaux subventionnés de croustillantes analyses et de fines chroniques politiques : non, le ministre du Budget n’était évidemment pas coupable, ah si finalement, il avait des comptes en Suisse, pardon à Singapour, et puis finalement les autres ministres seraient bien inspirés d’étaler leur patrimoine au grand jour, ah, voilà merci et regardons ça de plus près, ah mais que mais WTF ils sont tous quasiment pauvres, c’est incroyable, c’est invraisemblable, mais surtout ne menons pas d’enquête sérieuse.

Et comme le combi Volkswagen d’Ayrault est passé comme une lettre à la poste, le train-train politicien de la République a pu reprendre sa marche cahotante, oubliant par exemple avec componction et application les promesses hollandistes devant les ouvriers de Florange. Pour le reste, il n’y avait pas besoin d’un don de divination quelconque pour comprendre que les leviers d’actions du gouvernement étaient extrêmement réduits et qu’il n’y avait guère qu’une fière augmentation des impôts, taxes et autres vexations fiscales pour lui permettre de réduire les déficits. Chose incroyable pour un but si modeste, ce fut un demi-échec : si les impôts ont en effet augmenté dans des proportions douloureuses, la baisse des déficits est un ratage de plus à ajouter sur le tableau déjà fourni de l’équipe Hollande / Ayrault.

hollande XVIÉvidemment, les effets insidieux d’une surtaxation démente ont continué de se faire sentir : le chômage a, logiquement, poursuivi sa « progression » inexorable, et les agitations contre-productives des ministères concernés n’y ont rien changé. Quant au camouflage statistique, il est devenu avec le déni de réalité une véritable norme, indubitable maître-étalon de la politique instillé directement par l’équipe à l’Élysée et Matignon. Le pays réel, lui, a tenté de sauver les meubles : ceux qui le pouvaient sont partis, ceux qui ne le pouvaient pas ont réduit leurs activités au strict minimum pour passer en dessous des radars fiscaux. Ayrault et Hollande ont fait semblant de gouverner, le pays a fait semblant de croître.

Sur le plan social, l’année 2013 aura vu apparaître différents mouvements de contestation de plus en plus vive. Au départ cantonnés aux manifestations des opposants au mariage homosexuel, la grogne a continué à se répandre pour différents motifs, parfois sociétaux, souvent fiscaux. De ce point de vue, on voit mal l’année 2014 apporter un apaisement quelconque : chaque mouvement, qu’il soit coordonné sur Internet ou celui, plus palpable, d’une foule nombreuse, semble plus décidé qu’hier à ne pas laisser filer les promesses de plus en plus mal troussées des politiciens dépassés. Ce qui était avant considéré comme une évidence non discutable est maintenant ouvert à débat ; de plus en plus de citoyens demandent à présent des comptes à leurs administrations, comme leur en donne théoriquement le droit une constitution depuis longtemps oubliée ; la Sécurité Sociale n’est plus maintenant parée de ces vertus qui firent d’elle une forteresse monopolistique imprenable pendant les 50 dernières années.

Sur le plan mondial, la République française aura su, là encore, se montrer digne de ses dirigeants en patouillant au Mali puis en remettant les couverts en Centrafrique. Dans le premier cas, après une victoire fanfaronne lourdement médiatisée par un président au plus bas dans les sondages, la situation s’est rapidement embourbée, nécessitant la présence des soldats français bien plus longtemps que prévu. La cote de popularité du président n’ayant pas bougé d’un iota, et malgré cet épisode franchement mitigé, l’armée française aura donc été convoquée à nouveau pour un tour supplémentaire, en Centrafrique cette fois et pour des raisons géostratégique franchement troubles ; la Françafrique continue donc d’occuper le pouvoir. On peut d’ores et déjà s’attendre à un résultat pareillement médiocre sur lequel la presse nationale fera fort de ne surtout pas s’étendre, sa servilité vis-à-vis du pouvoir et son usage d’un patriotisme en carton laissant tout le monde, à commencer par les observateurs extérieurs, dans un état de consternation assez général.

De façon assez logique, l’année 2013 se termine donc sur le même constat d’échec que l’année 2012 : les méthodes socialistes ou simplement keynésiennes de relances diverses par la dépense ont montré, une fois encore, leur totale inefficacité. La régulation galopante et l’interventionnisme d’état dans tous les domaines, qu’ils soient du fait de frétillants inutiles comme Montebourg ou de dangereux idéologues comme Belkacem, Peillon ou Taubira, amènent toujours aussi peu de résultats probants, et entraînent toujours autant d’effets délétères, que le peuple, lassé, commence à trouver trop coûteux pour les entériner sans renâcler.

Paradoxalement, cela ne veut surtout pas dire que la nouvelle année sera celle d’un quelconque changement.

Hollande : la grosse gamelle, c'est maintenant

D’une part, si les Français comprennent maintenant à quel point le vote socialiste, qu’il fut paré des oripeaux de la droite ou des promesses de la gauche, est un vote qui se résume, en tout et pour tout, à la conservation du pouvoir par une petite frange de parasites et à l’augmentation, régulière et ininterrompue des règlementations, des cotisations, des taxes et des impôts pour des services, en face, toujours plus mauvais, ils n’en restent pas moins obstinément attachés à la centralisation jacobine. Pour eux, il ne semble y avoir aucun salut en dehors de l’État, qui se doit de réguler, de trancher, de diriger, de dire où l’on doit aller, ce qu’on doit faire et si on a le droit ou pas de le faire. On est encore loin de la prise de conscience du trop plein d’État qui étouffe pourtant le pays.

Et d’autre part, de toute évidence, Hollande n’entendra pas lâcher le pouvoir : il a trop avalé de couleuvres, trop subi d’avanies pour ne pas se satisfaire jusqu’au bout du plaisir de renvoyer l’ascenseur à ceux qui l’ont toujours considéré comme un idiot inoffensif (rôle qu’il a toujours tenu avec brio, reconnaissons-lui ça). Il s’accrochera donc au pouvoir quoi qu’il arrive.

Et avec l’année qui s’annonce, en terme de « quoi qu’il arrive », tout peut arriver, notamment le pire.

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Source : http://h16free.com/2013/12/31/28115-un-bilan-toujours-aussi-piteux