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Le 10ème Homme

jeudi 28 février 2019 à 09:00

Chères lectrices, chers lecteurs, chers commentateurzétateuses,

À la faveur de ce dernier jour de février, je vous annonce le lancement d’une lettre mensuelle, le 10ème Homme, dans laquelle je vais lourdement sévir.

Le 10ème Homme, mais qu’est-ce donc ?

Si neuf personnes pensent pareil, le rôle du dixième homme est de penser différemment. Ce dixième, c’est cet individu qui dans ce groupe choisit la position souvent peu enviable de défendre un point de vue opposé à celui des neuf autres. C’est celui qui refuse d’accepter les informations en fonction du messager mais tente d’en éprouver la véracité et la solidité à l’aune des faits et de ses raisonnements, en essayant toujours de faire passer la logique et le bon sens au dessus des sentiments, des émotions et des impressions.

Le but de cette publication est de donner une information politiquement incorrecte, sans langue de bois, de préférence utile et agréable à lire et qui ne dépend pas bien sûr ni de la publicité ni de l’Etat, mais de ses lecteurs.

Pour un prix fort modique, vous aurez la possibilité de découvrir, une fois par mois, un dossier sur différents sujets d’actualité, de société, politiques, économiques ou sur les chatons mignons. Le but de ce dossier est de présenter quelques éléments de réflexion, de synthèse et – c’est en tout cas le but choisi – d’apporter un point de vue supplémentaire, nouveau et différent, sur le sujet en question, voire – soyons fou – des idées de solutions ou des propositions concrètes lorsque c’est possible.

Oui, chères lectrices, chers lecteurs, chers commentateurzétateuses, en cliquant sur l’image ci-dessous, vous aurez la possibilité de vous abonner et découvrir les fabuleuses aventures du Dixième Homme.

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Source : http://h16free.com/2019/02/28/63000-le-10eme-homme


Vous reprendrez bien un peu de Nutri-Score avec votre gras trop salé ?

mercredi 27 février 2019 à 09:00

L’élite aime le principe du code-couleurs. Peut-être parce que c’est facile, coloré et drôlement pratique pour faire passer sans difficulté des idées simplistes. En tout cas, le règne de la pastille bigarrée est appelé à s’étendre.

On l’avait vu avec l’apparition de gommettes à l’école, proposées par Najat Vallaud-Belkacem où, par le truchement de cet habile code-couleurs, l’élève pardon l’apprenant n’était plus soumis au diktat abominable de la notation imposant, d’une façon aussi sournoise qu’impérieuse, des classements et donc une insoutenable compétition turbolibérale au sein même des établissements.

De la même façon, on se souvient que depuis des lustres, les gouvernements successifs font absolument tout pour régenter notre assiette. Comme en France, ce qui s’y passe oscille entre le sacré et l’intouchable, il a fallu des années d’une propag information continue et d’efforts concertés de toute l’administration de santé publique pour parvenir à cadrer un peu les dérives abominables dont se rendaient coupables les Français avec une constance et un appétit qui s’approchait bien trop du plaisir de vivre pour qu’ils soient laissés tranquilles.

De programmes idiots en campagnes d’informations débilement culpabilisantes, l’élite s’est décidée à mener une véritable guerre contre ce qui rend la vie supportable au pays des taxes et des cerfas : le fun se comptera dorénavant en petites portions minutieusement packagées et ne devra être ni trop salé, ni trop sucré, ni trop gras.

mangibougisme, programme nationale d'interdiction du fun

Dans cette lutte ouverte entre d’un côté, la nourriture officielle à base de brocolis bouillis qui, sans vous garantir une vie en bonne santé vous assurera de la trouver nettement plus looooongue, et la nourriture habituelle qui pourrait éventuellement vous la raccourcir en vous laissant le visage marqué par la bonne chère, là encore le gouvernement ne pouvait évidemment pas se passer d’un système de code-couleurs qui fait maintenant le succès des informations essentielles à portée de ses citoyens les plus simplets.

C’est très sûrement pour cela qu’un député La France Insoumise Qui Refuse Héroïquement De Prendre Deux Fois Du Dessert, Loïc Prud’homme, a déposé une proposition de loi « visant à protéger la population des dangers de la malbouffe ». Chacun sait en effet que la malbouffe, planquée dans les rayons interlopes et les têtes de gondoles mal famées, n’attend qu’un instant de faiblesse pour bondir sur la population désarmée et la rendre instantanément obèse et atone (ce qui ne gênerait pas les politiciens si l’atonie n’entraînait pas aussi une dangereuse recrudescence de l’abstention).

Magie du parcours habituel de la production législative dans le pays, entre les mains de la majorité présidentielle, le projet de loi s’est transformé en proposition « visant à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments et à encourager les bonnes pratiques alimentaires », ce qui rend l’idée marginalement plus opérationnelle.

Et dans la nuit du 21 au 22 février, nos vaillants légiscribouillards ont voté un amendement rendant obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires : le code-couleurs bouffométrique, mesurant la bonne compatibilité de la bouffe nourriture avec les rares maladies remboursées par la Sécu recommandations officielles, vient de naître !

Le Nutri-Score, c’est – surprise ! – ce système coloré de notation des aliments, établi sur une échelle allant de A à E (parce que de 1 à 5 serait ambigu, je présume ?) et du vert au rouge, selon la « qualité nutritionnelle » de l’aliment.

Ce Nutri-Score, c’est du solide : essentiellement basé sur les travaux de la Food Standards Agency anglaise (car les Anglais sont réputés pour leur rapport à la nourriture), il permet de distinguer les aliments qui contiendraient les nutriments nécessaires à une vie saine, pétillante de santé et modérément fun, des aliments très méchants aussi déséquilibrés que les couteaux antirépublicains, réputés provoquer l’obésité, des maladies cardio-vasculaires, le scorbut et l’achat compulsif d’albums de Jul.

Certes, il restera pour ce Nutri-Score à passer l’étape du Sénat qui pourrait s’opposer à son onctueux déploiement sur tout le territoire français mais on comprend qu’il ne s’agit que d’une question de mois, d’années peut-être et qu’au détour d’un texte de loi ou d’un autre, il finira bien par s’imposer.

Et c’est fort bien ainsi : non seulement, ce Nutri-Score permet d’entériner avec force (et couleurs) le fait maintenant évident qu’on prend les Français pour des gamins de maternelle auxquels il faut absolument expliquer, avec des gommettes colorées, quels sont les aliments officiellement autorisés, mais en plus, ce nouvel affichage publicitaire, qui vient en surcroît des mentions légales habituelles mangibougiques, offre une nouvelle voie royale à toutes les pressions des lobbies industriels auprès des agences de notation et du législateur qui, rappelons-le, se retrouve plus souvent à la cantoche de l’Assemblée qu’au Carrefour du coin pour se remplir le bedon dodu. Cela promet.

Au-delà de ces aspects quelque peu marginaux, ce Nutri-Score permettra d’ajouter un peu plus de confusion dans l’esprit du consommateur moyen qui en est probablement resté aux belles (et horriblement néfastes) pyramides alimentaires des années 80 où les sucres, féculents et autres céréales occupaient toute la base et où les viandes et les poissons étaient cantonnés à la portion congrue.

En outre, en simplifiant à l’extrême la « qualité nutritionnelle » des aliments sur une échelle construite à l’emporte-pièce, on abandonne tout espoir de laisser le consommateur se prendre en main comme un adulte responsable.

De la même façon que les gommettes scolaires écrasent complètement la finesse d’une notation standard en confondant par exemple un 11/20 avec un 13/20 et de ce fait, réduisent les capacités de l’élève à évaluer correctement son travail, ce Nutri-Score risque bel et bien de déclencher des effets indésirables à commencer par celui, évident, de certaines substitutions plus ou moins heureuses des ingrédients dans les recettes industrielles. Elles se traduiront soit par un Nutri-Score artificiellement meilleur, soit par un renchérissement des produits ce que le Français moyen ne compensera pas autrement qu’avec cette malbouffe qu’on entendait combattre en premier lieu.

Enfin, quand on se rappelle que, traditionnellement, l’État, ses agences et les experts qui s’y bousculent ont régulièrement marqué l’histoire par leur incompétence et périplaquisme systématique, on ne peut qu’être dubitatif devant ce nouveau développement de la Société Tristoune des Légumes Vapeurs ; après tout, non, les graisses ne sont pas l’ennemi qu’ils dépeignent et non, la guerre contre le sel n’a rien de justifié.

Devant les exemples à foison de recommandations foireuses, de petits stickers mal adaptés et de populations orientées dans la mauvaise direction depuis des décennies, on se doit de conserver un recul prudent devant cette nouvelle initiative bigarrée.

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Source : http://h16free.com/2019/02/27/62975-vous-reprendrez-bien-un-peu-de-nutri-score-avec-votre-gras-trop-sale


Le colon roulait trop vite

lundi 25 février 2019 à 09:00

La presse, prudente, en parle peu mais l’événement a bien eu lieu : Emmanuelle Wargon s’est fait choper en flagrant délit d’excès de vitesse à 150 km/h sur l’autoroute A1, alors que la vitesse était limitée à 110km/h en raison d’un pic de pollution.

C’est vraiment malencontreux. Pauvre Emmanuelle Wargon ! Se faire ainsi bêtement attraper !

Comment ça, Wargon qui ?

Allons, contribuable français ! Vous devriez pourtant la connaître, c’est une de vos commis que vos impôts payent grassement ! Wargon, c’est rien moins que la secrétaire d’État auprès du ministre des petits Oiseaux Écologiques et des Éoliennes à air chaud ! Et même si on a, surtout actuellement, du mal à la prendre en photo tant ses déplacements sont rapides, cette secrétaire travaille d’arrache-pied pour aider le pays dans son actuelle transition écologique, sa réduction de la pollution, son évolution vers des mobilités douces, des vitesses calmes et des énergies propres…

Transition écologique qui lui imposerait, semble-t-il, de faire rouler son chauffeur à des vitesses aussi polluantes qu’impardonnables en cette période de contrition climatique. Questionnée par la presse, la secrétaire d’État explique, dans un petit sourire crispé, que cette vitesse insolente ne serait que la résultante d’un emploi du temps particulièrement chargé :

« J’étais prise par un timing très serré (…) C’est une forme de système où on a beaucoup d’engagements dans une journée, il faut aller vite d’un endroit à un autre »

Et si l’on est moins charitable et plus près de la réalité, on conviendra plutôt qu’il s’agit d’une piètre gestion de la réunionite aiguë qui anime nos mouches du coche et leur impose donc d’être à la foire et au moulin, en se déplaçant aussi vite que possible sur les routes, les rails et dans les couloirs aériens de France, au mépris des règles pourtant imposées à tous par ces mêmes commis.

Au passage, on se demande d’ailleurs comment font ceux qui, ni ministres ni secrétaires d’État, doivent se fader les limitations à 80 km/h, les radars ou les immobilisations directes de véhicules, et qui ont, eux aussi, des emplois du temps chargés. Peut-on d’ailleurs réellement comparer l’emploi du temps d’un ministre (ou à plus forte raison, d’une simple secrétaire d’État), aussi chargé soit-il, puisqu’il n’aura pas réellement à pâtir d’un retard, à celui d’un autre individu pour lequel un rendez-vous manqué peut provoquer des fins de mois difficiles ?

Bien évidemment, attrapée par la presse et dûment questionnée sur cet excès, Wargon s’est empressée de faire un mea culpa de circonstance, assurant qu’on ne l’y prendrait plus, promis juré craché !

« Je sais (…) que les Français attendent de moi, de nous collectivement, un comportement plus exemplaire. « 

Moui. Certes. Mais en fait, non : si les Français attendent très clairement quelque chose de vous, c’est bel et bien un comportement exemplaire, individuellement. Chacun d’entre vous, secrétaires d’État et autres ministres, députés comme sénateurs, édiles divers et élus variés, devez effectivement arborer un comportement exemplaire.

Et attention, pas « plus exemplaire » comme la Wargon, bien gonflée, tente de faire passer en loucedé, mais bien « exemplaire » tout court dans la mesure où, pour le moment, il ne l’est pas du tout tant c’est un truc qu’on n’a plus vu en République française depuis un moment.

J’exagère ?

Devra-t-on remettre sur le tapis tous les douloureux précédents qui s’empilent dans l’histoire républicaine de ce pays, passant par certains points hauts comme cette truculente affaire Cahuzac où on découvrait, pas trop étonné mais assez écœuré, que celui qui entendait lutter contre la fraude fiscale était un pratiquant assidu d’opérations frauduleuses ?

Est-il seulement nécessaire de revenir en détail sur l’affaire Benalla ? Pour ceux qui le veulent, ils pourront toujours consulter cet excellent billet de Nathalie MP, mais l’essentiel est de comprendre qu’encore une fois, la République et ses institutions n’ont vraiment pas brillé par leur exemplarité ni dans l’ascension fulgurante du jeune ami du Président, ni dans le traitement des affaires dans lesquelles il se trouve à présent englué.

Doit-on réellement parler du cas Juppé, repris de justice mais malgré tout récemment nommé au Conseil Constitutionnel, et – par dessus le marché – nommé là par un président de l’Assemblée Nationale lui-même emberlificoté dans une affaire judiciaire dont absolument rien n’indique une issue heureuse ?

On pourra toujours arguer, à l’aune de ces derniers exemples, que la République, maline, s’est probablement dit qu’il n’y aurait jamais meilleur douanier qu’un contrebandier repenti. Malheureusement, à ce wargontrain-là, il n’y a bientôt plus que des contrebandiers à la tête de l’État dont la différence objective avec une mafia devient de plus en plus évanescente.

Et c’est bien tout le problème : Wargon peut bien tenter de faire passer ses excuses pour une contrition maladroite, personne ne la croira parce que tout le monde sait qu’elle continuera, comme ses petits copains, à se comporter comme un colon en territoire conquis.

Du reste, c’est exactement ce qu’ils sont.

Ayant, depuis plusieurs décennies, abandonné toute velléité de venir réellement du pays profond, la petite caste des élites françaises ne se comporte absolument plus comme un groupe au service des gens qui les ont élus, mais comme une caste d’occupation dont le but est d’accroître d’abord ses propres privilèges et ses propres passes-droits, d’augmenter sans cesse ses richesses et dont l’administration est le bras armé, collectant les productions à leur profit premier.

C’est dans cette optique qu’on explique fort bien l’attitude qui consiste à ne jamais se sentir concerné par les lois, taxes et autres avanies qu’ils déversent sur le peuple conquis. Qu’il n’ait pas été conquis par la force mais par la persuasion, le mensonge puis par les urnes n’y change rien puisque le résultat est le même : au-delà d’un certain rang dans les administrations, au-delà d’un certain nombre d’électeurs adoubant l’élu, le pays n’est plus une charge qu’on doit servir, mais une recette qu’on s’empressera d’amputer à sa guise.

Et ce sera d’autant plus facile que les lois sont faites pour les autres, ce peuple qui paye et qui – magie d’une inculture crasse entretenue par une instruction misérable – en redemande goulûment.

Ne vous y trompez pas : l’excès de vitesse de Wargon n’est pas une erreur, un oubli de la règle ou une simple entorse aux lois en vigueur. C’est une nouvelle démonstration que ceux qui nous gouvernent sont du même pays mais absolument pas du même monde.

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Source : http://h16free.com/2019/02/25/62960-le-colon-roulait-trop-vite


[Redite] Propreté de Paris : les factures, les rapports et les rats s’accumulent

dimanche 24 février 2019 à 11:00

Article initialement paru le 02.02.2018

Petit-à-petit, les consciences s’éveillent à un fait nouveau : Paris, le centre mondial de l’humanisme, des beaux-arts, de la classe et du luxe français, ne serait plus aussi plaisante que naguère. Pire : la Ville Lumière serait même carrément crade, submergée par les poubelles, les rats et un « sentiment » d’insécurité maintenant aussi dommageable qu’un coup de cuter ou une giclée d’acide sulfurique en pleine face.

Heureusement, comme il y a un an, la mairie fait face. Son édile a même clairement identifié la source du problème : ce ne sont pas le laxisme socialiste, la désorganisation permanente des services, un syndicalisme maladif ou une gestion budgétaire absolument calamiteuse ; cela aurait pu être AirBnB ou Uber, mais finalement non, c’est… le réchauffement climatique, pardi !

Traditionnellement dans ce pays, le vendredi est plutôt le jour du poisson. Cependant, ce vendredi-ci, à la faveur d’une actualité très humide, je vous propose plutôt du rat et de l’âne.

Ces dernières semaines, il a beaucoup plu. La Seine s’est donc naturellement gonflée. Ses berges peu entretenues et de plus en plus encombrées des aménagements humains qui la contraignent fort ont pas mal contribué à l’augmentation du niveau des eaux au point d’inquiéter la capitale du pays dont les doigts de pieds ont commencé à tremper.

Parallèlement, savamment entretenue dans une crasse indigne par des générations de syndicalistes, de politiciens dogmatiques et de fonctionnaires déresponsabilisés, la Ville a vu ces dernières années sa population de rats et d’autres parasites des sociétés humaines exploser au point qu’on constate maintenant leur présence bien au-delà des seuls laboratoires de l’institut Pasteur (ou de ceux de Volkswagen dont la rupture de stock les a sans doute poussé à prendre des sociali singes).

Et si la plupart de ces parasites n’ont pas eu à souffrir des crues soudaines (c’est le cas des agents de verbalisation qui ont pu continuer leurs rondes sans problème), il en va différemment des rats qui, repoussés par les eaux hors des égouts, sont devenus nettement plus visibles ces dernières semaines au point de faire grogner un peu partout dans les journaux. Apparemment, la Seine et ses inondations ont un bras séculier et le glaive rongeur…

J’avais d’ailleurs évoqué le problème dans un précédent billet en me demandant ce qu’allait bien pouvoir faire pour résoudre ce problème récurrent une équipe en place depuis des années et qui n’a pour le moment montré ni sa capacité d’action, ni un historique particulièrement flamboyant en matière de gestion de l’hygiène en général et les rats en particulier.

Question qui n’est pas restée en suspens très longtemps puisqu’un début de réponse se profile déjà : on apprend en effet, par le truchement du journal Le Canard Enchaîné et du magazine Capital, que la Maire de Paris, Anne Hidalgo, a organisé des conférences citoyennes sur la propreté des rues.

Cependant, quelques détails rendent l’affaire particulièrement poivrée (et quand on parle de rats, il vaut mieux, ça occulte certaines odeurs) : afin de mettre en œuvre la volonté de la Maire de plus impliquer les citoyens dans son plan propreté de mars 2017 (le troisième depuis son élection), Anne Hidalgo a fait organiser des conférences citoyennes dans ce thème, soit sept commissions de 15 habitants chacune. On attend les marches exploratoires sur le thème avec gourmandise.

Avec son phrasé inimitable et si spécifique de la nouvelle logorrhée socialiste, à la fois creuse et pleine d’adjectifs agressivement niais, la Maire souhaitait alors « faire émerger de belles propositions » pour rendre à Paris une hygiène un tantinet plus en ligne avec son statut de grande capitale touristique.

Or, l’émergence a un coût : 224.580 euros selon un rapport d’une mission d’enquête du Conseil de Paris. Plus de 200.000 euros qui couvrent bien sûr l’organisation de ces intéressantes réunions de quartier depuis l’automne dernier mais aussi la réalisation d’un rapport dont les résultats méritent un détour dont nous fait profiter le Canard, avec par exemple une conclusion qui laisse rongeur songeur puisqu’on peut lire dans le document de 14 pages que, je cite, “la perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté”, probablement pour dire en plus diplomatique que Paris est devenu assez crado.

Le montant de l’addition reste particulièrement salé pour un document de 14 pages dont on se doute qu’il contient quelques belles évidences et qui ne risque pas révolutionner la gestion des parasites, la dératisation en milieu urbain et les idées en matière de poubelles, d’égouts et de détritus. Cependant, cette addition, ce document et ces comités de quartiers vitaminés animés par l’Anne de Paris s’ajoutent en pratique à une précédente mission d’information et d’évaluation (MIE) sur la propreté de la ville, qui n’a elle pas coûté un rond aux contribuables et avait déjà effectué le gros du travail que la Mairie s’est empressée de lancer en parallèle.

Comme nous l’apprend cet article du Figaro, il apparaît en effet que cette MIE, lancée par Florence Berthout, maire « Les Républicains » du 5e arrondissement de la capitale, a auditionné, sur l’année écoulée, 78 maires d’arrondissements, adjoints, bailleurs sociaux, représentants de syndicats hôteliers, et d’autres pour collecter leurs constats et idées sur la propreté de la ville, aboutissant à un rapport de 232 pages et 45 propositions.

La conclusion de la présidente de cette MIE est sans appel :

« 90% de ce qui est dit dans cette étude est (…) présent dans notre rapport. On a bâti des propositions concrètes sur le ‘moins salir’ et le ‘mieux nettoyer’ »

Oui, vous l’aurez compris : on a donc dépensé une coquette somme pour rassembler des données et des idées pardon de « belles propositions » sur un sujet qui avait déjà été traité et qui avait déjà permis l’élaboration d’un épais document dans lequel se trouvait déjà des propositions concrètes.

Propositions concrètes qui, sans surprise, reviennent à passer le balai… dans certaines pratiques depuis celles concernant l’absentéisme chez certains agents de la municipalité et les sanctions afférentes jusqu’au processus décisionnel trop complexe nécessitant une vraie simplification. Comme tout ceci provient de l’opposition, cela n’a probablement aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit de concret auprès d’une Maire aussi dogmatique qu’arc-boutée sur ses procédés dilatoires. De réunions en comités, de happenings festifs et citoyens en commissions consultatives colorées, les discussions vont donc âprement continuer pour savoir qui va nettoyer la capitale, quand et comment.

En attendant, les rats de Paris dansent.

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Source : http://h16free.com/2019/02/24/62953-redite-proprete-de-paris-les-factures-les-rapports-et-les-rats-saccumulent


Vite, il nous faut un service public de l’Humour officiel !

vendredi 22 février 2019 à 09:00

En République du Bisounoursland, la loi définit ce qui est interdit et, par définition, ce qui reste est autorisé à l’exception bien sûr de ce qui n’est pas officiel. Dans ce cadre, il en va de l’humour comme des rillettes AOC : on ne pourra pas rire de tout, certainement pas avec tout le monde, sans le blanc-seing des autorités.

C’est en tout cas la conclusion qu’on pourra en tirer avec la petite surprise qu’aura subie Laura Laune suite à l’enregistrement de son sketch pour « Le Grand Oral » diffusé mardi 19 février sur France 2, et qui s’est vue intégralement coupé au montage.

Laura Laune, c’est cette humoriste et chanteuse belge révélée lors de la douzième saison de « La France a un incroyable talent » sur M6 en 2017 et qui s’est largement fait remarquer pour son humour noir, particulièrement décalé et qui n’hésite pas à aborder frontalement la plupart des sujets que certains qualifient pudiquement de sensibles (comme les quartiers, je présume).

Et alors que c’est la production de France 2 qui, connaissant pourtant le type d’humour de Laura Laune, l’avait contactée pour faire partie de son émission et l’avait donc enregistrée lors de son passage, voilà qu’au moment de diffuser, il n’en aura été rien retenu. Et si la production se défend mollement en expliquant avoir dû faire des coupes pour réduire les 4 heures de rushes en 2h45 d’émission effective, on s’explique cependant assez mal la disparition complète de l’artiste là où tous les autres sont parvenus à rester, malgré les coupes.

De là à en déduire que c’est la prestation elle-même qui aura mis mal à l’aise la production de France 2, il n’y a qu’un pas qu’on pourra franchir d’autant plus facilement lorsqu’on découvre la performance en question, que l’humoriste a, de toute façon, enregistrée deux jours plus tard sur scène et s’est empressée de mettre à disposition de ses fans sur les réseaux sociaux, provoquant un effet Streisand aussi rigolo que prévisible.

Evidemment, avec plusieurs millions de vues au compteur et un buzz notable sur les réseaux sociaux, bien que n’étant pas passée dans l’émission de France 2, la chanson de Laura Laune a réussi à faire parler d’elle. Du côté de la production, on se défend de toute censure : il fallait couper, c’est tombé sur elle, circulez, rien à voir.

Peut-être.

Ou peut-être France 2 se souvient-elle que la même Laura Laune avait, il y a un an et sur la même chaîne, déclenché une vive polémique suite à une blague de son spectacle que le journal de 20H avait cru bon de passer :

En somme, on peut raisonnablement s’interroger sur la perception de l’humour par le service public de télévision, et sur la cohérence qui l’anime : d’un côté, il relaye une blague qui déclenche un tollé, de l’autre il coupe une chanson qui, par voie de conséquence (et de façon prévisible) fait immédiatement un carton sur les réseaux sociaux.

Difficile de ne pas rapprocher ces péripéties vasouillardes des mésaventures de l’humouriste Tex qui avait eu l’absence de lucidité de faire une blague sexiste alors que Marlène Schiappa venait d’accéder au poste de Mère Moraline du gouvernement, ce qui avait valu son emploi au mâle blanc cis. Pour le moment, Laura Laune bénéficie probablement encore un peu de son joker « femme », mais si ses incartades continuent, le service public ne pourra plus rien faire et devra lâcher sur elle les chiens du politiquement correct.

On assiste en fait ici à l’énième occurrence des tortillements intestinaux du Camp du Bien, tiraillé entre ses principes humanisto-démonstratifs où il est impératif de s’assurer de la liberté d’expression moyennant un petit panonceau « Je Suis Charlie », mais où cette enquiquinante liberté ouvre toute une série de portes sur des pentes toutes aussi savonneuses les unes que les autres, politiquement correct oblige.

Pour l’humour et la liberté d’expression, quel chemin parcouru en 30 ou 40 ans ! Ce qui fait rire de nos jours, ce qui est considéré comme subversif ou corrosif ressemble à s’y méprendre aux poncifs et constats d’évidences qu’on faisait sans même glousser il y a presque un demi-siècle et sur lesquels Desproges ou Coluche n’auraient pas écrit un spectacle.

En 1982, Pierre Desproges questionnait justement, face à Jean-Marie Le Pen et… sur le service public justement, « Peut-on rire de tout ? » Si, à l’époque, il avait montré avec brio que c’était le cas, mais « pas avec tout le monde », le même service public est en train de démontrer à présent que rire de tout n’est simplement plus autorisé.

De façon évidente, petit-à-petit, différents sujets, différents traitements sont devenus littéralement tabous ou le deviennent par la force des réactions des groupes de pression, toujours plus nombreux. Dans ce contexte, il est piquant de constater que le service public et, pour être honnête, l’ensemble des médias mainstream semblent tous les jours s’aplatir un peu plus devant ces groupes, associations et ligues de vertu qui éructent à chaque vague irritation, que ces ligues sont d’autant plus vocales qu’elles utilisent à fond l’effet « réseaux sociaux », et que ce service public et ces médias mainstream perdent chaque jour un peu plus de crédibilité et de part de marché à ces réseaux sociaux où s’ébattent également tous ceux qui, de façon diamétralement opposée, se font un malin plaisir à déclencher les colères homériques des flocons terribles de ces ligues.

Plus amusant encore et sans aucunement comparer les prestations de Laura Laune avec celles de Dieudonné, force est de constater qu’à chaque fois que nos moralisateurs officiels agissent et jugent, coupent et distribuent de l’anathème, que ce soit sur France Télévisions, Radio France ou l’un de nos nombreux journaux sur-subventionnés, à chaque fois, l’audience du malheureux écarté grimpe notablement, pendant que la crédibilité et l’audience des médias officiels se dégradent d’autant.

En pratique, la façon dont l’humour est maintenant « géré » par les médias officiels (à commencer par le service public) reflète surtout le décalage entre l’intelligentsia franco-parisienne et le reste de la population qui s’est, elle, habituée à piocher ses informations, ses interactions et ses humoristes sur Internet et ses réseaux sociaux, au grand dam des jacassants qui n’ont pas de réels moyens pratiques ni de la faire revenir sur les canaux qu’ils contrôlent, ni d’exercer vraiment une emprise durable sur le réseau mondial.

Au passage, on retrouve cette même observation de la part d’un autre humoriste lui aussi belge, Walter (que j’ai déjà évoqué dans ces colonnes) et qui, dans une récente interview au Figaro, arrive à cette même conclusion qu’il existe à présent un humour officiel, « solidaire et inclusif ».

Dès lors et tout comme Walter, j’en viens moi aussi à me dire que, selon toute vraisemblance, l’humour va progressivement se scinder en deux écoles. L’une, policée par le politiquement correct et les éruptions cutanées des Social Justice Warriors, promet de belles pages de blagues à Toto pas trop piquantes et sera librement accessible par les canaux habituels de radio et de télévision. L’autre, l’humour qui fait vraiment rire, sera rapidement cantonné aux réseaux sociaux.

Cela rappelle d’autres choses en d’autres temps…

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Source : http://h16free.com/2019/02/22/62923-vite-il-nous-faut-un-service-public-de-lhumour-officiel