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Jupiter Macron, un chef de guère

lundi 16 avril 2018 à 09:00

L’actualité est décidément bien calme en France, tant et si bien que le gouvernement et le chef de l’État peuvent consacrer leurs agendas fort chargés et leurs considérables moyens financiers et intellectuels – surtout intellectuels, bien évidemment – à des sujets d’importance qui méritent amplement l’implication de toute la Nation.

Oui, soyons honnête : peut-on vraiment parler d’un souci à Notre-Dame-Des-Landes ? Ce serait vraiment avoir peu de foi dans l’appareil policier de l’État français qu’imaginer des difficultés dans le nettoyage de la zone occupée par cette petite poche de gauchistes tout crottés de la glaise humide du patelin. En pratique, l’affaire fut rondement menée puisqu’en quelques heures et après quelques petites grenades lacrymogènes, les terres furent débarrassées de l’engeance occupante et rendues à leurs propriétaires légitimes sous les hourras de la foule désireuse de retrouver rapidement l’état de droit.

Ou presque, puisqu’après une semaine, il ne reste plus que plusieurs centaines d’occupants (contre quelques dizaines avant l’intervention des CRS) dans la zone boueuse consciencieusement jonchée de cochonneries par les amis de la Terre et autres opposants écologistes au projet idiot de bétonnage aéroportuaire. Tout va donc très bien et la situation ne s’enlise pas dans le limon détrempé du bocage nantais.

Et puis, il faut admettre que les petits prurits revendicatifs d’une certaine catégorie d’ « étudiants » dans les facultés françaises ont été rapidement jugulés et le retour au calme est déjà palpable dans les universités auparavant agitées. Ou presque là encore, puisqu’on se doute bien que le fait, pour une poignée d’excités, d’empêcher des centaines d’étudiants de suivre leurs cours et de passer leurs examens ne pourra plus être toléré longtemps dans la France macronienne correctement gérée.

En outre, la République a été suffisamment En Marche dernièrement pour enfin faire revenir l’ordre et le calme dans ces douzaines de cités anciennement laissées à l’abandon par la Loi, où les trafics en tous genres se pratiquaient au vu et au su de tous, et où police, pompiers et urgences médicales n’avaient plus le droit d’entrer sans déclencher des émeutes. À présent, tout est propre, carré, et sous contrôle, ou presque.

Enfin, force est de constater que les prêcheurs radicaux (et « radicalisants ») de certaines mosquées salafistes sont maintenant correctement suivis voire expulsés, et que le renseignement, auparavant quelque peu bousculé par une organisation confuse, des chefs pléthoriques nageant dans la soupe des acronymes républicains de commissions et autres centres opérationnels de commandement divers et variés, est maintenant optimisé, réduit à sa plus simple expression efficace et que plus aucun acte de terrorisme ne viendra endeuiller le pays.

Si l’on ajoute l’embellie économique absolument évidente et l’optimisme assez revigorant qui transpire de tous les organes médiatiques, la situation française est à ce point excellente qu’elle donne une bonne marge de latitude à notre président pour distribuer sa bonne parole à l’étranger.

Il était donc inévitable qu’Emmanuel Macron, comme Flamby François Hollande avant lui, se lance dans l’une ou l’autre opération militaire qui lui permettrait de montrer que ce qu’il fait à l’intérieur se voit aussi à l’extérieur (et réciproquement). Il n’était que temps pour le président jupitérien de donner des leçons outre-Méditerranée, comme Sarkozy et Hollande avant lui, car même si coloniser fut un crime contre l’Humanité (si l’on s’en tient aux tenants actuels de la contrition systémique et de l’autoflagellation permanente), en revanche, balancer quelques missiles téléguidés représente un progrès humanitaire certain.

Au passage, on devra s’étonner de la méthode choisie, puisqu’elle consiste à puissamment ventiler les stocks de produits chimiques et neurotoxiques à coup de bombes, pour éviter, dit-on, qu’Assad ne ventile puissamment ces stocks à coup de bombes… Mais baste, passons et demandons-nous plutôt quel est le but réellement poursuivi, indépendamment des résultats obtenus, sujets à caution ?

Rétablir la paix dans la région ? Comme le conflit dure depuis au moins 8 ans, on peut douter qu’ajouter quelques missiles au tableau actuel va permettre un élan décisif vers la paix.

Faire s’écrouler le régime d’Assad ? Peut-être, mais dans ce cas, la question de son remplacement se pose immédiatement. On sait ce qu’on perd, quoi qu’on pense du leader syrien, mais on peine à voir ce qu’on peut gagner en face, la situation étant, comme en Libye, assez peu claire et fortement sujette à des tensions internes et externes…

De toute façon, l’historique n’est guère bon sur les précédentes opérations militaires (françaises ou occidentales en général) : de l’Irak à l’Afghanistan en passant par la Libye, on ne peut pas dire que les interventions furent couronnées d’un succès flamboyant, d’autant qu’en plus, elles furent à chaque fois motivées par des éléments ou des « preuves » qui se sont tous révélés plus ou moins bidons au fil des années, ce qui impose de prendre les déclarations actuelles avec un minimum de recul…

En outre, les opérations menées par le Généralissime en Chef François Hollande ont été aussi peu suivies d’effet durables que celles du Grand Chef de Guerre Sarkozy.

Celles de Jupiter Macron permettront-elles d’améliorer le sort des Syriens ? Au vu des précédents, on peut raisonnablement en douter.

Mais indépendamment de ces questions, en attendant, cela n’améliore absolument pas le sort des Français.

Tout juste cela donne-t-il l’occasion aux armées françaises de tester leurs derniers missiles de croisière mais à 2.8 millions d’euros le missile, alors que nos finances sont exsangues et qu’on empile les dettes dans le nucléaire (Areva), les transports (SNCF) et à peu près partout ailleurs, il serait probablement temps de revoir quelque peu les priorités de la politique française.

De façon générale, il est assez piquant de constater que Macron, exactement comme ses prédécesseurs et avec une probabilité de réussite exactement similaire, recherche avidement à l’extérieur du pays une distraction aux problèmes qu’il ne parvient absolument pas à résoudre à l’intérieur. Usant de la même tactique politicienne pour occuper la galerie, le voilà parti guerroyer sans mandat, au frais du contribuable.

Macron, devant l’aventure syrienne, aurait pu se montrer différent des précédents clowns politiciens qui l’ont précédé. Entre deux micro-réformes et un manque assez flagrant de courage politique, il a choisi la facilité et la reproduction à l’identique d’un schéma déjà connu, déjà essayé, déjà foiré.

Son année passée au pouvoir ne fut vraiment pas excellente. Cette nouvelle péripétie n’augure rien de bon pour les quatre qui lui restent.

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Source : http://h16free.com/2018/04/16/60743-jupiter-macron-un-chef-de-guere


[Redite] Baisser les impôts de 110 milliards par an, c’est possible

dimanche 15 avril 2018 à 11:00

Billet initialement paru le 05.04.2015

En France, le temps passe sans pour autant altérer la course des événements et des décisions politiques qui semblent avoir été prises dans des temps immémoriaux et appliquées consciencieusement depuis. Ainsi, il semble avoir été décidé, il y a plusieurs décennies, que les dépenses des administrations publiques ne pourraient qu’augmenter et que le déficit de l’État ne pourrait aller que croissant. Depuis, tout indique que ces principes ont été gravés dans le marbre et sont devenus inaltérables.

Il y a trois ans, je notais pourtant qu’on pouvait presque facilement faire économiser 110 milliards d’euros à l’État, tout en faisant plaisir aux gauchistes. Avec l’avènement de Macron au pouvoir, on pouvait (naïvement) croire qu’une solution approchante aurait été tentée. Malheureusement, les bonnes habitudes et les principes (toujours gravés dans le marbre) sont les plus forts : il n’en a rien été.

Les dépenses, les impôts et les déficits continuent d’augmenter.

Magie de l’internet et des petites infographies animées et colorées, on découvrait récemment dans un article du Figaro que les deux années et demi passées sous la férule de Hollande avaient permis aux impôts de gonfler d’un peu plus de 90 milliards d’euros, qui seront supportés par une base contribuable à la fois moins large et plus pauvre, ponctions obligent.

hollande poids de l'impôt

Eh oui, mine de rien, une petite hausse de la TVA par ci, une augmentation de l’impôt sur les sociétés par là, et, de petits milliards en petits milliards, on parvient à une somme rondelette d’augmentations tous azimuts, de l’ordre de 126 milliards d’euros. Cette hausse n’est même pas compensée par les petites baisses et les crédits d’impôts saupoudrés sur différents secteurs pour donner le change : lorsqu’on retire ces 36 milliards de baisses, il reste une ardoise de plus de 90 milliards. Finalement, l’austérité dont on nous rebat les oreilles se traduit essentiellement par cette averse de ponctions sans que s’amenuise le train de vie de l’État et notamment sa prodigalité à redistribuer l’argent des autres.

Devant un tel montant, on serait en droit de demander, alors que la situation française est particulièrement mauvaise, un effort de la part des institutions françaises, et notamment de Bercy, pour faire un peu mieux que ces 36 milliards.

Il y a une solution. Mieux : il est possible de rendre 110 milliards d’euros aux Français qui payent des impôts. Et là encore, même de nos jours où les billets sont photocopiés à un rythme démentiel par la BCE, 110 milliards, ce n’est pas rien.

Et pour y parvenir, l’idée, simple mais efficace, serait de supprimer, purement et simplement, toutes aides, directes et indirectes, de l’État envers les entreprises. Certes, sucrer ainsi les 6000 aides référencées aboutirait probablement à quelques neurasthénies chez les fonctionnaires chargés de les calculer, de les distribuer, de les suivre et d’en tenir scrupuleusement le compte comme on peut l’attendre des institutions républicaines gérées avec la rigueur que l’on sait. Mais 110 milliards, tout de même ! Difficile de passer à côté d’une telle aubaine !

Ainsi, c’en serait aussi fini de tout ce que l’État compte d’institutions diverses, variées et généralement « catastrogènes » qui investissent les petits sous des contribuables dans des opérations financières douteuses que l’État adoube. Fini, la BPI dont les bilans sont, pour le dire pudiquement, ouverts à débat. Fini l’État stratège qui a montré, comme dernièrement avec Areva et sa perte record de 4,8 milliards d’euros, qu’il fourre aussi souvent les doigts dans son œil que dans les pots de confitures des contribuables.

Pour les contribuables, à la joie de retrouver ces 110 milliards d’euros ponctionnés s’ajouterait le bonheur de voir enfin l’État se désengager complètement des entreprises dans lesquelles il n’a normalement plus rien à faire, comme GDF, EDF, France Telecom qui ont fait régulièrement l’objet d’entrefilets dans la presse pour des subventions diverses et cossues.

crony capitalism

Bien sûr, avec cette disparition complète des subventions d’État aux entreprises disparaîtraient aussi toutes les niches fiscales afférentes, à commencer par le crédits d’impôt recherche dont le fonctionnement, pour le moins complexe pour ne pas dire opaque, aura entraîné un nombre assez conséquent de gabegies et d’utilisations douteuses, sans même évoquer, à l’autre bout du spectre, les innombrables contrôles fiscaux qui tabassent ceux qui osent bénéficier de ce fameux crédit.

Et puis, comment ne pas se réjouir de la disparition de toutes les aides aux entreprises de presse et de média, depuis les journaux jusqu’aux télévisions ? Bien sûr, pour certains, cette nouvelle indépendance financière se traduirait à l’évidence par une faillite retentissante, mais peu nombreux seraient les Français à regretter perdre certains éléments les plus subventionnés de leur « patrimoine journalistique » …

corporations in bed with governmentDu reste, ce qui est vrai au niveau des médias l’est bien sûr au niveau de toutes les entreprises en général, dont un nombre un peu trop grand a appris à ne plus se passer de ces aides, subventions et autres niches, et la fermeture de ce généreux robinet serait pour elles comme la signature d’un arrêt de mort inéluctable. Peut-on vraiment regretter que les entreprises les plus faibles disparaissent ? En regard de ce que cette suppression promettrait, je n’en suis pas sûr.

En effet, si une entreprise va bien, pourquoi la subventionner ? Et si elle va mal, pourquoi mobiliser l’argent des contribuables dans un tel projet ?

Ne peut-on plutôt trouver des actionnaires, des investisseurs dont c’est, justement, le métier, pour reprendre, aider et porter ces entreprises en difficultés, en dehors du giron public où tant de milliards furent dépensés en pure perte, tant de fois ? En plus, si la France a bien besoin d’entreprises actuellement pour absorber un chômage galopant, elle a surtout besoin d’entreprises fortes et indépendantes d’un État devenu omniprésent, cacochyme et fiscalement obèse.

D’ailleurs, une suppression des aides d’État aux entreprises, cela veut aussi dire une fiscalité nettement plus lisible et prévisible et, par voie de conséquence, une plus grande difficulté pour certains, politiciens en tête, à camoufler leurs intérêts lorsqu’ils passent des lois. En effet, comment oublier que derrière beaucoup de subventions se cachent en réalité des aides déguisées aux entreprises dans lesquelles ces politiciens ont, hasard et coïncidences heureuses, lourdement investi ?

Enfin, sur le plan médiatique, ces suppressions auraient le mérite évident de rasséréner l’électorat normalement acquis à la cause hollandiste et à tous les suiveurs mélancho-filochistes qui hurlent depuis bien trop longtemps au scandale que peuvent représenter de telles sommes ponctionnés sur les Français pour leurs entreprises. Voilà qui devrait faire réfléchir un président dont les sondages post-charlesques ne sont redevenus banalement médiocres.

Et ça, couper l’herbe sous le pied des gauchistes qui réclament la disparition de ces aides depuis si longtemps, après tout, ça n’a pas de prix.

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Source : http://h16free.com/2018/04/15/60739-redite-baisser-les-impots-de-110-milliards-par-an-cest-possible


Rideau !

dimanche 8 avril 2018 à 11:00

Eh oui, c’est encore un de ces petits moments de l’année où, félon, je vous abandonne pour quelques jours afin de retourner à mon jardin et mes habituelles occupations à base de chatons rigolos (mais privés).

Ce premier trimestre a été particulièrement bien rempli et je profite de ce petit billet pour remercier mes 15 lecteurs (oui, j’ai noté une nouvelle arrivée), commentateurs et habitués qui lisent, analysent, relaient et corrigent mes productions régulières. Vos efforts pour relayer les billets portent leurs fruits, ne relâchez pas la pression.

Pour vous occuper ces prochains jours, j’ai bien évidemment téléphoné à Emmanuel M., actuellement locataire à l’Elysée, à qui j’ai demandé et qui s’empressera certainement de trouver une demi-douzaine de sujets farfelus ajoutés à l’un ou l’autre brochet projet rigolo pour vous offrir une actualité bien remplie. Je ne m’inquiète pas : le pays part suffisamment en sucette et de façon suffisamment enjouée pour garantir une production d’idioties gouvernementales soutenue.

À bientôt.

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Source : http://h16free.com/2018/04/08/60733-rideau-2


Et maintenant, le Doggy Bag en marche !

vendredi 6 avril 2018 à 09:00

En France, tout le monde sait que la société civile ne peut pas s’orienter correctement sans la bonne direction de l’État, gardien bienveillant – forcément bienveillant – du cheptel citoyen. Pour la diriger, rien de mieux que quelques coups de bâton et quelques carottes qu’on n’enfonce pas toutes dans les orifices disponibles : pour un État omnipotent, légiférer permet toutes les fantaisies et autorise toutes les audaces. Et c’est ainsi que, par la magie de la loi, la société française va découvrir le doggy bag.

Oui, vous avez bien lu et non, il ne s’agit pas d’une pratique sexuelle alternative.

La pratique du « doggy bag », c’est cet usage anglo-saxon et plus typiquement nord-américain qui consiste à emporter le reste des assiettes proposées au restaurant dans une barquette qu’on pourra consommer plus tard.

Cette pratique est d’autant plus répandue aux Etats-Unis que les portions alimentaires y sont fort généreuses au point de souvent rassasier le consommateur à mi-assiette. Dans un pays où l’argent dépensé justifie en lui-même l’obtention d’une quantité donnée et bien acceptée de biens ou de services, il était finalement assez logique qu’apparaisse cette habitude : après tout, le client a payé pour un plat complet, et même s’il n’a pas pu tout manger, la moitié restante de l’assiettée lui appartient quand même et lui restituer dans un emballage idoine ne choque personne outre-Atlantique.

En France, les habitudes sont évidemment différentes.

D’une part, les portions distribuées sont généralement plus modestes. Habitude d’une consommation plus sage ou culture de mets plus fins dont le rapport volume/prix est probablement défavorable aux restes dans l’assiette, allez savoir… En tout cas, rares sont les établissements qui, dans le pays, proposent spontanément cette facilité aux clients à petits appétits. Du reste, encore plus rares sont les clients qui émettent le souhait de repartir avec leurs restes, peut-être par peur du ridicule ou plus simplement parce que l’idée semble saugrenue de se trimbaler sous le bras, après un dîner aux chandelles, avec son rôti de veau ou sa langue de bœuf mitonnée avec soin par le chef local.

Néanmoins, une situation parfaitement neutre comme celle-ci, acceptée du reste par une écrasante majorité de gens, ne peut pas rester sans réponse de la part des élites qui nous gouvernent ou, plus exactement, de ceux qui, à l’Assemblée Nationale, écrivent des lois pour se désennuyer et sortir de la torpeur dans laquelle les plongent de trop copieux repas que la cantine locale, réputée fort bonne, distribue très généreusement. À cette absence de problème, il fallait donc une réponse rapide et forte.

Eh bien rassurez-vous, c’est dans les tuyaux : un amendement en ce sens vient d’être adopté par la Commission Développement Durable de l’Assemblée Nationale.

L’idée derrière cet amendement est, comme très souvent, l’une de ces petites dalles en céramique de bon sentiments qui pavent avec application la route de l’enfer administratif et bureaucratique que le pays s’efforce de devenir : en substance, il s’agit de lutter contre le gaspillage.

Surprise ! La Loi Consommation, en place depuis quelques années et malgré les efforts invraisemblables (et rigolos) de Benoît Hamon de fourrer ses doigts partout où il le pouvait, ne prévoit pourtant pas de lutter contre les restes à la cantoche. Eh non, jusqu’à présent, rien n’impose au restaurateur de proposer ce « doggy bag » à ses clients.

Heureusement, ce tragique oubli va être réparé : parce que, selon les dernières statistiques affolantes disponibles sur la question, les pertes de nourriture sont cinq fois plus élevées au restaurant qu’au foyer (157 grammes par personne et par repas), parce que l’habitude existe outre-atlantique et parce qu’en France, elle ne semble pas s’implanter toute seule, les élus vont obliger les restaurateurs à mettre ce « doggy bag » à disposition de leurs clients.

Encore une fois, par la magie de la loi, on va transformer ce qui est du ressort de l’habitude ou d’une interaction entre individus consentants en une nouvelle obligation qui donnera au client une nouvelle raison de se plaindre (sport national) lorsqu’on ne lui proposera pas ce qui deviendra son Droit Inaliénable Le Plus Strict. Et encore une fois, ce qui auparavant relevait de la bonne intelligence du cuisinier de gérer correctement ses portions afin d’offrir un rapport qualité-prix compétitif va maintenant se déliter au profit d’une obligation générale et fourre-tout.

Restera à la loi l’intéressante définition de ce qui constitue un reste dans une assiette : à partir de quelle quantité de grains de riz, de nouilles ou de brocolis en sauce pourra-t-on décemment exiger son doggy-bag ? Si l’assiette n’a pas été proprement léchée ou saucée avec un petit bout de pain, les reliquats de sauce constituent-ils un motif suffisant de doggy-bag ? Et si oui, devra-t-on le fournir dans des récipients standardisés, évidemment normés et réclamés à l’aide de l’inévitable cerfa républicain ?

Tant de questions palpitantes qui ne manqueront pas d’occuper les députés et les sénateurs lorsque l’amendement, suivant le parcours institutionnel habituel, passera de Commission en Commission avant son adoption.

Pendant ce temps, il semble que personne ne s’affligera de cette nouvelle débauche de moyens à la résolution d’un problème inexistant, le gaspillage étant en réalité à peu près inexistant dans une économie capitaliste correctement gérée, ce capitalisme étant par essence même le premier moteur de l’optimisation anti-gaspillage. Et en plus, ce n’est pas moi qui le dit, mais Karl Marx lui-même dans le livre III du Capital…

S’il y a gaspillage, c’est bien plus sûrement le résultat d’une société où la responsabilité des uns est diluée dans les droits des autres, où les coûts de ce gaspillage sont ainsi cachés à ceux qui devront finalement payer la facture.

Plus sûrement encore, plutôt que de regarder dans l’assiette des autres, nos aimables députés feraient bien de regarder tout le gaspillage de papier que ces propositions ridicules et niaiseuses provoquent, tout ce gaspillage d’énergie législative employée pour créer de nouvelles normes et de nouvelles habitudes artificielles imposées pour façonner une société selon leurs désirs à coup d’obligations et d’interdictions. Énergie qui ne sera pas employée, du reste, à sabrer dans les monceaux de normes, d’obligations, de cerfas plus ou moins impénétrables que l’administration nous pond à rythme soutenu.

Lorsque Macron fut élu, la petite proportion de Français qui l’a poussé au pouvoir se doutait-elle que le renouvellement politique se traduirait par ce genre de fumigènes parlementaires ? Qu’on aboutirait finalement à l’exacte copie des délires législatifs des mandatures précédentes ? Qu’en plus de gaspiller de l’énergie à ces fadaises, de mobiliser inutilement des intelligences sur des sujets aussi futiles, on perdrait en plus un temps précieux pour améliorer, effectivement, le quotidien des Français ?

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Source : http://h16free.com/2018/04/06/60723-et-maintenant-le-doggy-bag-en-marche


Aidez-vous les uns et les autres mais surtout pas en France !

mercredi 4 avril 2018 à 09:00

Dans la plupart des pays, il est de bon ton d’aider son prochain qui, à un moment ou un autre, pourrait bien rendre la pareille. Et puis, disons-le tout franchement, une société saine repose évidemment sur des valeurs d’entraide qu’on appelait jadis charité et qui, une fois nationalisée et vigoureusement subventionnée par l’État, devient la solidarité (avec, d’ailleurs, le même effet de bord que ce que toute subsidiation provoque immanquablement).

Mais en France, question entraide, il faut y aller mollo.

Oui, venir en aide à son prochain, dans ce pays, est un acte forcément réfléchi, mûri à l’aune de l’expérience et des péripéties qui secouent l’actualité. Faire don de son temps, de son argent, de ses biens ou effectuer un service de façon désintéressée, sur un coup de tête, peut parfois provoquer des effets que certains pourraient hardiment qualifier d’adverses voire désagréables.

Sans même aller chercher dans les récents événements tragiques qui ont tout de même montré que certains n’hésitaient pas à trouver réjouissant le sacrifice pourtant ultime du Colonel Beltrame, force est de constater que la France a bien du mal à gérer ceux qui ont choisi d’aider les autres sans passer par les bonnes voies officielles, qui font des dons mais qui méritent un contrôle fiscal bien poivré, ou qui ont eu l’idée aussi sotte que grenue de contrebalancer une situation injuste par une intervention personnelle immédiate.

C’est ce dernier cas qu’illustre un récent différent musclé entre d’un côté, l’un de ces sentiments d’insécurité défavorablement connu des services de police, et de l’autre, trois légionnaires manifestement pas trop au courant de ce qu’il ne faut surtout pas faire en France.

Les faits sont, comme d’habitude, d’une banalité confondante : dimanche matin, dans le cadre d’une opération habituelle de redistribution de richesses par ingénierie sociale comme on en voit de plus en plus dans ce pays, un jeune mineur arrache le téléphone portable d’une jeune fille dans un wagon de métro, au niveau de la station Saint-Ambroise (XIe) sur la ligne 9 parisienne.

Rien que de très routinier pour les habitués des transports en commun parisien, ce qui n’a pas empêché trois légionnaires en permission à Paris, âgés de 21 et 24 ans, d’être témoins du vol et de décider, très étrangement, de se mettre à poursuivre notre ingénieur social improvisé. La bonne santé et le jarret pétillant de nos fiers soldats leur permettent de rattraper le voleur au niveau de l’impasse Truillot, derrière le boulevard Voltaire (XIe).

Étonnamment, notre futur prix Nobel en communications cellulaires a choisi de ne pas se laisser faire. Las : la Légion ne forme pas suffisamment au vivrensemble et nos trois engagés ont décidé de faire rentrer quelques notions de base (pour tout dire probablement fort conservatrices) dans le crâne de notre jeune apprenti en sciences sociales, au point de lui péter une dent (ce qui, compte tenu de la situation, est finalement un moindre mal).

Pour faire bonne mesure, le trio de légionnaires et le voleur ont été placés en garde à vue. Comme je vous le disais en introduction, il ne pouvait être envisagé qu’on décide ainsi de flanquer une rouste à un voleur, ni – à plus forte raison – qu’on puisse féliciter des militaires d’avoir fait exactement ce pour quoi ils sont payés et entraînés, c’est-à-dire protéger la population qui paye leur solde. Pour la substitut du procureur qui aime les prisons trop pleines et les tribunaux correctement engorgés, il était nettement plus important que ces légionnaires soient poursuivis.

Cette affaire n’en finit pas de surprendre puisqu’au cours de leur garde à vue, les légionnaires dépités ont lâché :

« Si c’est pour se retrouver en garde à vue, la prochaine fois, on n’interviendra pas pour défendre une victime. »

Oh.

Franchement, que voilà une attitude étrange !

Cela nous rappelle avec acuité les péripéties d’une certaine Laurence Rossignol, alors sénatrice de son état et qui avait, souvenez-vous, découvert le sel de la vie lorsqu’un individu même pas élu lui avait sobrement piqué son pognon lorsqu’elle était, un 14 juillet, en train d’en retirer à un automate bancaire.

La pauvre sénatrice, elle aussi dépitée, s’était mise à courir après son voleur sans pouvoir le rattraper, et s’était par la suite épanchée dans les colonnes du Courrier Picard où elle expliquait trouver insupportable l’attitude des riverains, impassibles devant ses déboires et ses appels à l’aide.

En cela, elle rejoignait les constats affolés de certains commentateurs à la bonne conscience en bandoulière qui fustigeaient l’absence de réaction de la foule lors d’une agression à caractère sexuel dans un métro de Lille.

Dans ces deux cas, la soi-disant passivité de la foule était mise sur le compte d’un individualisme et d’un égoïsme sans borne, façonnés par une société ultranéolibérale (ou une variante d’icelle) incitant les uns et les autres à ne surtout rien faire pour troubler les tentatives criminelles de tous ces sentiments d’insécurité défavorablement connus des services de l’État par ailleurs totalement absent. Grâce à un raisonnement implacable type « libéralisme = caca » et « agression sans réaction = caca », on en déduisait que l’un ne pouvait advenir sans l’autre, fermez le ban et lancez le programme de rééducation.

Malheureusement, la réalité rappelle (avec cette histoire soldatesque) qu’elle est un tantinet plus complexe que ces raisonnements pour enfants défavorisés : tout indique que la façon dont on poursuit ceux qui aident trop vigoureusement des victimes joue très défavorablement contre l’extension de cette pratique.

On le sait amplement depuis l’apparition de la bijouterie de combat : l’auto-défense est, quoi qu’il arrive, punissable en France. En parler est moralement condamné. L’évoquer est honni. Y penser montre une déviance. Quant à chercher à sanctionner aussi prestement que possible un malfrat, c’est chose impensable puisqu’on le sait, dans ce pays, une décision de justice, c’est comme le vin : ça demande beaucoup de sueur, pas mal de travail et plusieurs années, ça dépend de plein de facteurs aléatoires dont la météo et ça tourne parfois au vinaigre.

Dès lors, imaginer qu’on puisse refaire les plombages d’un mineur sans papier qui emmerde tout le monde depuis trop longtemps et vole tout ce qu’il peut sans que la police y puisse quoi que ce soit, c’est bien évidemment interdit et passible de poursuites.

Non, décidément, en France, s’aider et aider les autres sera minutieusement préparé, encadré, et surtout pas laissé à l’initiative personnelle. Les débordements d’entraide, les sauveteurs un peu trop enthousiastes, les redresseurs de torts pas assez calmes seront rapidement remis dans le droit chemin, avec une sanction pénale au moins égale à celle de l’agresseur (et une sanction sociale toujours supérieure, certains citoyens ayant encore cette notion idiote de probité et le désir mal placé de conserver un casier judiciaire vierge).

Moyennant quoi, l’individu fera fort de ne pas se défendre et de ne surtout pas aller défendre les autres.

C’est efficace : « la prochaine fois, on n’interviendra pas »…

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Source : http://h16free.com/2018/04/04/60708-aidez-vous-les-uns-les-autres-mais-surtout-pas-en-france