PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

[Redite] Bonnets Rouges : et la presse prit parti

dimanche 25 novembre 2018 à 11:00

Billet initialement paru le 13 novembre 2013

Il y a cinq ans tout juste, la colère des Bonnets Rouges agitait la France. On s’en rappelle : l’issue de ce mouvement fut la disparition d’une écotaxe bien poivrée qui menaçait de s’abattre violemment sur les routiers (puis, plus tard, sur les automobilistes) au prétexte déjà fallacieux de lutter contre la pollution, le climat qui change et les écrouelles.

À l’époque, la Presse, aussi neutre que ses subventions étatiques massives le lui permettent, avait fait preuve d’une retenue héroïque en ne qualifiant le mouvement que de poujadiste et à l’évidence fomenté par des individus populistes et démagogiques.

Toute ressemblance avec les Gilets Jaunes de cette année s’arrête là : chacun sait que ces derniers sont, en plus d’être poujadistes, carrément nazifachos en plus d’être d’estrème-drouate populiste et veulent résolument la mort de la planète ainsi que des générations futures en leur proutant du gros diesel au museau.

Ah, qu’il fait bon vivre dans ce pays où les organes d’information font un si remarquable travail !

Tiens, il semblerait qu’enfin, après une analyse aiguisée, précise et pointue, menée en grande partie par les puissant calculateurs Médiavac 2013 et Politron-17.88, l’insupportable mouvement de grogne qui prétend s’étendre en France soit en réalité le résultat d’une énième petite poussée poujadiste de l’une de ces franges nauséabonde de la droite poussiéreuse venue directement d’un siècle passé et qu’on croyait oubliée.

Intéressante succession d’événements. Depuis que certains Bretons se sont achetés des bonnets rouges, la France regarde, de plus en plus surprise de se découvrir une âme rebelle, elle qui a pourtant coupé la tête de ses rois, démis plus d’un politicien et envoyé par dessus bord un nombre considérable (et même, à bien y réfléchir, comique) de constitutions, de systèmes politiques et de dirigeants en l’espace de deux siècles.

Et alors que la France regarde, elle semble vaguement sortir d’une torpeur qui l’aura poussée à accepter un peu tout et n’importe quoi, à commencer par une série de dirigeants de plus en plus consternants à mesure que le temps passait.

hollande 100 pct ridicule

Tout a commencé, on se le rappelle aisément, par le constat de plus en plus inquiétant d’un nombre violemment croissant de faillites dans l’Ouest français. Et avec ces faillites, les esprits locaux se seront rapidement rendus compte que la situation économique, déjà tendue, s’était subitement aggravée avec l’arrivée prochaine de l’écotaxe, qui transformerait de fait certaines exploitations tout juste rentables en gouffres financiers faillitaires. Oui, cet État, alpha et oméga de la vie en France et en Bretagne, allait signer l’arrêt de mort à petit feu et par rage taxatoire à un nombre grandissant d’entreprise. Zut alors.

nono démonte-bourg mittalEt cette région, qui avait assez majoritairement voté pour le candidat pédalo-flambyste, se retrouvait à hurler son désespoir sans recevoir en retour la moindre once d’écoute. Peut-être les Bretons se seraient-ils contentés d’un Montebourg, état neuf, très peu servi ; peut-être le crachin local s’harmonise-t-il mal avec les heures de capilliculture biocosméticienne nécessaires à la vague joyeuse de poils ombrageux qui ornent courageusement le crâne du trop frétillant ministre ; peut-être ce dernier n’a pas eu le temps, entre deux frétillances pour Mittal ou Goodyear, d’aller jeter un œil. Toujours est-il qu’il n’aura pas fait l’effort d’aller voir sur place s’il y était. Ça tombe bien : il n’y était pas, pas plus que tous les autres ministres et élus d’importance. Seul un petit Mélenchon rabougri se sera pointé pour prendre un pot avec ses trois amis locaux, roter un coup et insulter les Bretons.

Et puisque la gronde avait compris, confusément, que certains des dépôts de bilan n’étaient pas dus à autre chose qu’au poids des taxes et autres vexations fiscales parfaitement inouï, il n’était que logique que certains des Bretons fassent un détour champêtre par-ci par-là et détruisent proprement ce que l’envahisseur bobo-parisien écolo-compatible tentait de faire passer pour une mesure idoine afin de réduire la pollution.

La presse, devant un tel spectacle, s’est retrouvée rapidement dépassée. Des ouvriers, des salariés, des employés, des agriculteurs, des gens qui, finalement, ne sont ni des patrons, ni des capitalistes, ni de futurs expatriés fiscaux, qui se plaignent, en territoire français, que les taxes seraient arrivées à un point trop élevé ? Oh oh oh. Qu’allez vous croire-là ?

Pignouferies de presse

Les premiers éditos sont donc hésitants. On détecte un souci : à trop donner la parole à ces agitateurs, certains pourraient comprendre que oui, ces portiques écotaxe ne sont que le début d’une traque permanente des usagers de la route. Certains pourraient comprendre que les camions ne sont que le début de la ponction. Certains pourraient comprendre que, normalement, les impôts locaux, les impôts directs et indirects, les sommes colossales qui sont prélevées partout, tout le temps, par l’État et les collectivités servent déjà, largement, à payer la maintenance de ces infrastructures. Certains pourraient se rappeler qu’en vertu du principe de non affectation comptable de cette taxe, il n’y a en réalité aucune chance qu’elle serve en priorité à la réparation des routes que les méchants camions détruiraient à chaque passage, les vilains.

Certains pourraient alors se rendre compte que l’écotaxe n’est qu’un prétexte pour taxer encore plus. Certains pourraient se rendre compte qu’il ne s’agit que d’une étape pour tabasser encore un peu plus les entreprises, puis les particuliers, en se gargarisant à la fois de remarques moralinées sur la Nature, les petites fleurs, le méchant CO2 qui n’est pas un polluant mais qui est supayr pratique pour faire peur, et sur tous les beaux services publics (que le monde nous envie mais ne nous copie pas) que le pays nous concède dans sa magnanimité moyennant une ponction de 53% de notre richesse.

Bref : à trop donner la parole aux contestataires anti-taxes, on risque, très clairement, de tomber dans le vilain poujadisme, ou, pire encore, à faire plier le gouvernement devant l’hydre ultranéolibérale, celle qui réclame toujours plus d’austérité, de sacrifices d’enfants solidaires dans le sang d’ouvriers éco-conscients.

portique multitaxe Bercy

small double facepalmLa première phase de réplique fut donc, tactiquement, de faire porter le chapeau à la précédente équipe en place. D’une part, c’est connu, les absents ont tort, et d’autre part, une taxe supplémentaire, ça ne peut qu’être de droite (tout le monde sait qu’à gauche, on ne spolie pas les petits, les ouvriers, les faibles). Et ça tombe bien, en plus, la première mouillée dans cette affaire fut NKM, candidate à la mairie de Paris avec son programme kikoolol. Avec une telle cible, la presse se déchaîna.

small facepalmManque de bol : s’il est évident que l’ensemble de l’affaire Ecomouv’ / Ecotaxe a été troussé comme à l’habitude, à la hussarde et dans un champ de foin encore humide, les erreurs et connivences habituelles ne sont malheureusement pas suffisantes pour incriminer plus que ça la droite, l’UMP ou même NKM. Zut alors. Pire encore, enquête menée, on se rend compte que les protagonistes du sulfureux dossier sont encore en poste pour la plupart (comme le directeur de cabinet de Cécile Duflot, une autre belle cible, malheureusement encore dans le gouvernement et officiellement à gauche, donc intouchable). Zut et rezut.

Consternation, un partout, la balle au centre, ça n’ira pas, d’autant que la contestation continue de monter, tient bon et s’envenime. Il faut faire quelque chose, mes petits amis, cela ne peut plus durer. Regardez : non seulement, ils brûlent les portiques écotaxe, mais de mystérieux citoyens contribuables automobilistes casseurs extrémistes s’en prennent rapidement aux autres dispositifs automatiques de taxation : les radars commencent à prendre cher.

Oh. Triple zut, cela ne sent pas bon. D’autant qu’à bien y réfléchir, enfiler deux ou trois pneus sur un radar, l’arroser d’essence et l’enflammer, ça ne prend guère qu’une ou deux minutes et qu’en un temps aussi court, il devient difficile de choper les vilains tortionnaires de gendarmes électroniques.

La presse, devant le désastre qui s’annonce (pour les finances de la République) passe la multipliée : rapidement se succèdent les reportages sur le coût des radars (un radar qui brûle, c’est 8000 chatons qui ne trouveront pas refuge dans un lieu payé par l’État cet hiver – pensez-y !), le détail des dépenses engagées pour démonter, nettoyer, réparer ou reconstruire un magnifique portique (un portique qui tombe, c’est trente espèces d’animaux qui vivaient en symbiose qui sont décimées, c’est vingt fonctionnaires qu’on ne pourra pas augmenter cette année !) ; il ne nous sera bien évidemment pas épargné l’indispensable reportage sur les salariés de la boîte Ecomouv’ qui se retrouvent fort peinés par ces péripéties qui vont remettre en cause leur job à eux.

(Personne pour noter que sans cette taxe, l’argent ne sera pas ponctionné, restera dans des mains qui iront le dépenser en choses certainement plus utiles pour l’humanité qu’un portique hideux au milieu d’une route ; et je ne suis pas sûr que le sort des mâtons intéresse les prisonniers lorsque la prison ferme.)

detruire un radar tuer un chaton

Mieux encore, alors que brûlent les radars routiers, cette presse servile ne peut s’empêcher d’aller interroger les thuriféraires du Tout À l’État qui se réjouissaient qu’un maillage assez fin soit mis en place pour choper de l’automobiliste, aussi inoffensif soit-il. Oh que c’est triste, ces radars qui brûlent : c’est une sécurité de moins sur les routes, voyons, mes enfants que faites-vous là ? Vous vous trompez de cible ! Ben voyons. On réconciliera aussi très bien ces remarques avec l’absence de radars dans beaucoup d’autres pays européens, avec pourtant des mortalités aussi en chute (et plus basses qu’en France, comme en Allemagne où certaines portions sont mêmes sans limitations de vitesse du tout).

Après l’Ecotax qui lutte contre la pollution, les radars qui luttent pour la sécurité, il fallait terminer le spectacle avec quelque chose de grandiose : par exemple, en amalgamant joyeusement les Bonnets-Rouges à des casseurs, certes, mais surtout, d’extrême-droite. Facile : pensez-donc, siffler Hollande, un 11 novembre, ne peut être que l’œuvre de fascistes extrémistes, de réactionnaires rétrogrades, de conservateurs cul-serrés incapables de comprendre l’absolue nécessité d’une bonne taxe routière et d’une ponction anti-vitesse aussi aléatoire que subtile. Et puis, des salariés qui voient crever leur entreprise et au lieu de se taire, s’en prennent aux impôts, cela ne peut pas être de bons Français, voyons !

La suite, on la devine sans mal : les sondages se multiplieront dans lesquels on découvrira cette partie étonnante du peuple français qui aime tendrement les radars et la fausse sécurité routière qui vient avec, cette partie du peuple qui a bien compris comment, avec des portiques, on allait lutter contre le CO2, les algues vertes et les typhons aux Philippines, cette partie du peuple, la plus veule, la plus molle, la plus couarde, qui préfèrera toujours qu’on taxe (les autres), qu’on se taxe tous jusqu’à la croissance et jusqu’au paradis, parce que, comprenez-vous, les autorités ont dit que c’était comme ça que ça marcherait.

Mais concrètement, ils sont où ces Français qui aiment les radars routiers ? Ils sont où, tous ces Français qui aiment voir se multiplier les gendarmes automatiques qui flashent les pères de famille dans les lignes droites d’autoroutes vides ? Ils sont où, ces Français si naïfs pour ne pas comprendre que l’écotaxe n’est qu’un petit début, que les camions sont les têtes de convois et qu’ils y passeront ensuite ? Ils sont où, ces Français qui se sentent à l’aise lorsqu’ils paieront, au 1er janvier, 20% de TVA ? Ils sont où, ces Français qui sont heureux de voir leurs heures supplémentaires leur rapporter des clopinettes (surtaxées) ? Ils sont où ceux qui sont heureux de leurs hausses d’impôts, et des cotisations qui font fermer les entreprises ?

Mais surtout, elle est où, la presse qui devrait évaluer le ras-le-bol qui continue de monter, inexorable, qui touche maintenant toutes les professions, toutes les catégories socio-professionnelles, tous les salariés ? Elle est où, cette presse qui devrait remonter ce cri, pourtant clair, que trop, c’est décidément trop, et que non, plus d’impôts et de taxes ne sauveront pas le pays ? Elle est où, la presse, pour remonter le sentiment que le peuple en a très clairement assez de la bande de clowns qui le gouverne ?

… Elle est à l’Élysée ou Matignon, sans doute. Pour prendre des notes ?

radar et missile

J'accepte les BCH !

qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Source : http://h16free.com/2018/11/25/62337-redite-bonnets-rouges-et-la-presse-prit-parti


Les fanfaronnades de Darmanin

vendredi 23 novembre 2018 à 09:00

Tout se met donc en place, petit-à-petit, presque calmement. Le pays, lentement mais sûrement, se crispe sur ses habitudes parmi lesquelles on a choisi, sans honte, d’établir le niveau des recettes fiscales par rapport aux prévisions de dépenses au lieu de l’inverse.

L’imagination étant vraiment au pouvoir, les idées de dépenses ne manquent pas. Soyons franc : comme il s’agit de l’argent des autres, elles ne manqueront même jamais.

Il faut donc, coûte que coûte, trouver toutes les sources possibles d’abondement à ces dépenses plus ou moins fastueuses. À ce titre, c’est à Bercy que l’imagination est la plus débridée.

Récemment, et ce fut même l’occasion d’un petit billet explicatif, on apprenait par la bouche de Gérald Darmanin, le frétillant Ministre de l’Action et des Comptes publics, que Bercy allait investir pour son avenir (celui de Bercy autant que celui de Darmanin, d’ailleurs) : grâce à l’adjonction d’un logiciel malin qui va fouiner sur les réseaux sociaux, l’administration fiscale entend repérer et coincer les évadés et les fraudeurs fiscaux ou, en tout cas, ceux qui ont la mauvaise idée d’afficher un train de vie scandaleusement opulent en comparaison d’une imposition scandaleusement faible.

Que voilà un sympathique concept, dont on ne découvre que récemment une première estimation de la facture : apparemment, on peut arriver à traquer facilement les internautes fraudeurs pour la bagatelle de 20 millions d’euros.

Comme je l’avais noté avant même de connaître le montant qu’on envisageait de cramer dans un beau feu de joie, on sait déjà que toute cette opération va remarquablement bien se dérouler. Ce n’est pas le premier projet informatique mené par l’État. Ce n’est pas la première fois qu’il entend révolutionner tel ou tel aspect de ses services. Ce n’est pas la première fois qu’il cherche à pister le citoyen, le contribuable, l’internaute pour l’empêcher de penser de travers, de payer en dehors des clous, de poster des mèmes idiots ou de faire péter l’un ou l’autre portique multi-taxe.

Et ce n’est pas non plus la première fois qu’un tel projet se plantera, comme Louvois avant lui ou comme la petite Sirhen de l’Éducation Nationale… Ah oui, au fait, vous n’en avez que peu entendu parler, mais après Louvois et son demi-milliard d’euros de catastrophe industrielle retentissante, Sirhen, c’est ce logiciel destiné à prendre en charge les ressources humaines de l’Éducation Nationale, qui aura englouti 320 millions d’euros … en pure perte.

Devant ces chiffres, les 20 petits millions d’euros consacrés à la chasse au kéké sur Facebook paraissent presque maigres.

Mais on doit se rappeler que, d’une part, l’opération est logiquement vouée à l’échec tant ces réseaux sociaux ne sont en rien le reflet de la réalité et inciteront surtout les contribuables à se méfier encore plus de toute interaction en ligne avec le gouvernement. D’autre part, l’État n’a jamais été capable de démontrer la moindre capacité à réussir un projet informatique d’ampleur.

Autrement dit, voilà 20 millions qui vont aller à la poubelle (en passant probablement par la case « dérapage budgétaire à 100 millions » histoire de se rapprocher des précédents dodus).

Les fanfaronnades de Darmanin seront probablement mises en sourdines lorsque le fabuleux logiciel, acheté à grands frais, se révélera particulièrement mauvais ou impuissant à traquer les fraudeurs jusque dans les chiottes de Renault-Nissan.

Cependant, peut-on vraiment être surpris de la médiocrité du personnage lorsqu’on se rappelle qu’il y a un an – le 24 novembre 2017 – ce même pipeauteur frisé se laissait aller à ironiser avec décontraction sur une éventuelle jacquerie que provoquerait l’augmentation du prix des carburants ?

En effet, un an donc avant l’actuel mouvement des Gilets Jaunes, le sénateur LR Jean-François Husson et l’écologiste Ronan Dantec avaient alerté – en vain manifestement – le gouvernement sur le risque de « voir naître une nouvelle vague de bonnets rouges » face à la hausse des taxes sur le carburant.

Le ministre Darmanin, constatant qu’il fallait bien trouver des recettes pour toutes les belles dépenses prévues, avait balayé d’un revers de la main l’hypothèse d’une telle fronde : après tout, si ces dépenses étaient engagées, c’est bien parce que tout le monde réclamait ces infrastructures, indispensables ♩ au vivrensemble, à la puissance du pays et à la survie ♫ de son patrimoine ♬ culturel tsoin tsoin ♪.

L’idée même qu’il faille, à un moment donné, faire une croix sur les dépenses précisément parce que les recettes n’y sont plus (et que, en pratique, les populations concernées sont de moins en moins chaudes à claquer des thunes pour ces infrastructures pas réellement indispensables), cette idée n’a traversé l’esprit de personne à ce moment-là.

Mais voilà : comme le disait fort bien Margaret Thatcher, le socialisme fonctionne bien jusqu’au moment où l’argent des autres vient à manquer… ce qu’on observe actuellement, et qui laisse planer comme un gros doute sur la capacité des finances à supporter encore longtemps les gabegies en cours.

Plus inquiétant encore, ces péripéties d’il y a un an éclairent d’une lumière franchement crue la capacité d’anticipation des clowns à roulette qui nous gouvernent… Ou plutôt, de son absence : Darmanin n’avait à l’époque manifestement pas du tout compris le message pour une fois réaliste des Sénateurs.

À l’aune de cette aventure, on ne peut que s’inquiéter de la façon dont le gouvernement entend traiter le problème des Gilets Jaunes.

Plus aiguë encore sera cette même question des capacités du gouvernement à gérer le déficit budgétaire et l’état des finances publiques alors que, cette année encore, les dépenses publiques continuent d’augmenter, que les prélèvements publics battent des records, et que l’impôt sur les sociétés aussi.

D’ailleurs, on tabasse les entreprises d’impôts car tout le monde sait que les taxes sur le lait sont payées par les vaches. Ce qui permet d’avoir, en face, des services publics d’une redoutable efficacité et d’une qualité irréprochable (notamment l’inspection du travail, le fisc ou les douanes qui peuvent intervenir 24 h/24, mieux et plus vite que la Justice, la Police ou l’Armée).

Dans ce contexte, les fanfaronnades de Gérald Darmanin n’apparaissent absolument pas rassurantes, surtout que c’est le même champion qui est en charge du Prélèvement de l’impôt à la source.

Alors que le pays traverse un moment difficile, ses dirigeants ont décidé de s’empiffrer de petits fours, de faire une soirée mousse et de mettre à fond la musique disco. C’est donc en toute logique que, lorsque la réalité viendra frapper à leur porte, ils n’entendront rien.

C’est dommage, parce que la réalité ne se contente jamais de seulement frapper gentiment à la porte et d’attendre : elle passe assez rapidement aux coups de bélier. Et là, je la sens bien en train d’installer un canon de 105.

Forcément, ça va bien se terminer.

Source : http://h16free.com/2018/11/23/62323-les-fanfaronnades-de-darmanin


Quelles perspectives pour les Gilets Jaunes ?

mercredi 21 novembre 2018 à 09:00

On pourrait ergoter, mais comme je le notais dans un précédent billet, le mouvement débuté samedi 17 novembre a effectivement permis de lancer un premier message : la taxation que les Français subissent a atteint le point haut où il commence à devenir rentable de sortir de chez soi pour rouspéter. Comme je le notais aussi, cela n’a absolument pas empêché le sommet et son gouvernement ni de cordialement mépriser le cri du cœur venu de la base, ni de continuer à la taxer.

C’est avec consternation mêlé d’une absence totale de surprise qu’on apprend ainsi que le Sénat a donc, probablement pour fêter l’entrée en jeu des Gilets Jaunes, augmenté une taxe sur les mutuelles de 40%.

C’est ainsi qu’on apprend qu’une taxe supplémentaire sera bientôt mise en place pour la collecte des poubelles (pourtant déjà couverte par les taxes locales, d’habitation et foncières, dont les modifications récentes n’ont pas fait que des heureux).

On pourra se rassurer en constatant que l’avalanche taxatoire touche aussi les Parisiens (hormis leurs élites, ne nous égarons pas) qui verront bientôt une nouvelle taxe sur les meublés touristiques. Notons au passage que malgré cette taxe, instaurée pour compenser l’hypothétique baisse de la taxe d’habitation, la Mairie s’empresse d’expliquer pourquoi elle a bien pu augmenter. L’ingénierie financière dans la Capitale (et son trou de plusieurs milliards d’euros maintenant), c’est du sérieux.

Une bonne nouvelle dans ce fatras de taxes naissantes : celle instituée sur les Netflix et autres Youtube a fini par rapporter 7 millions « pour le cinéma français ». Rappelons qu’à l’instar des taxes sur le lait qui sont payées – comme chacun sait – par la vache, les taxes sur les vidéos en ligne sont bien évidemment payées par les sociétés de distribution. Mais si. Puisqu’on vous le dit. Le Français, heureux, en redemandera sans doute.

Comme il redemandera sans doute une grosse louchée de sécurité routière ; la limitation à 80 km/h ayant déjà eu des résultats fumants, on va à présent proposer les « contrôles routiers furtifs » : puisque la signalisation des radars par des panneaux et sur les applications mobiles dédiées permettait à beaucoup d’éviter la prune, il a été judicieusement décidé de mettre fin à cette signalisation. On appréciera la raison invoquée (la lutte contre la criminalité) qui est à la sécurité routière ce que la taxe carburant est à la lutte contre la pollution ou la tournante des Cités au romantisme amoureux : un bon gros foutage de gueule des familles ; il suffira d’apprendre que, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2018, le gouvernement a choisi de réaffecter 577 millions d’euros de ces taxes « écologiques » vers le budget général pour bien le comprendre.

Devant ces derniers éléments récents, pas de doute : la prise de conscience que la bastonnade taxatoire est allée trop loin semble bien lente au gouvernement.

En revanche, elle est bien présente chez les politiciens d’opposition et chez les syndicats.

WauquiezChez les premiers, le simple fait qu’ils tentent par tous les moyens de récupérer le mouvement montre qu’ils ont nettement perçu son caractère populaire et transversal à la société française. Voir un Wauquiez ou un Mélenchon trainer leurs yeux globuleux et humides de désir populaire dans ces manifestations ne laisse pas l’ombre d’un doute sur l’ampleur du mouvement qui ne les aurait jamais intéressés s’il n’avait concerné qu’une trop faible proportion de votants…

Chez les seconds, la nature même du mouvement, indépendant de tout syndicalisme, empêchera nos amis encartés de se rattacher, même de loin, à ce genre de manifestations. Griller de la merguez achetée sur les fonds du syndicat ne pose aucun souci ; envisager de le faire pour de la merguez sauvage, non sanctionnée officiellement par un baron syndical, c’est absolument impensable et introduirait une concurrence malsaine qu’en bons anticapitalistes, ils ne supportent pas.

Bref : un gouvernement résolument sourd, des politiciens concernés parce que cupides (au moins électoralement), des syndicalistes terrorisés de voir leur terrain de jeu se dérober sous leurs pieds… La situation, quasi-inédite, est en place.

On doit à présent s’interroger sur les suites possibles sachant que le mot d’ordre (la baisse des taxes et donc, au final, la baisse de la dépense publique) est parfaitement légitime.

En effet, comme la grève de l’impôt n’est guère envisageable (et qu’elle est sévèrement punie par la loi à tel point qu’il vaut mieux tuer un policier, la clémence de la justice sera plus facile à réclamer), il n’y a plus qu’un nombre limité d’options pour aboutir à l’effet désiré.

Au-delà de l’extension du mouvement avec une démonstration de force dans Paris même, qui est d’ores est déjà envisagée, et outre les propositions que je développais ici qui reviennent à gripper les abominables tubulures multiples de nos administrations empesées dans leurs décrets, circulaires et procédures bureaucratiques ubuesques, notons celle déjà mise en place par certains Gilets Jaunes : bloquer certaines administrations.

L’idée de ces Gilets Jaunes est intéressante : eux ont bien compris que le nerf de la guerre ne résidait finalement que dans un nombre fort réduit d’institutions. Principales perceptions des impôts, caisses locales de l’URSSAF, les quelques endroits névralgiques en France où les amendes, PV et autres taxes sont collectées… On a vite fait le tour des quelques « places fortes » dont le blocage en bonne et due forme entraînerait une nervosité extrêmement grande de la part de l’élite en place (et je passe sur Bercy, forteresse symbolique).

Eh oui : à la place du blocage des routes, l’impossibilité pour certains fonctionnaires des finances, des URSSAF, de l’inspection du travail ou des douanes de faire leur travail ne provoquerait aucune espèce d’angoisse existentielle auprès d’une écrasante majorité de Français qui ne se bousculeront pas pour savoir ce qu’il est advenu de leur aimable contrôleur fiscal ou inspecteur du travail ayant déboulé dans leur commerce pour y trouver motif à redressement pharaonique.

Un blocage ciblé, en somme, dont toute la subtilité résidera dans sa durée, la plus longue possible. Après quoi le gouvernement, les mains moites, sera obligé de faire intervenir l’armée – oui, rappelez-vous, ces gens entraînés à utiliser la force et dont la solde et la motivation a été consciencieusement sabotées par Louvois.

On peut imaginer que cette armée, cette police et cette gendarmerie exécuteront sans broncher les ordres lancés d’utiliser la violence pour assurer que les impôts et les taxes continueront de rentrer même si cela ne servira effectivement pas à alimenter leurs salaires mais plutôt à perfectionner le merdier dans lequel tout le monde semble barboter avec un délice discutable.

Ou on peut aussi se rappeler que tout ce beau monde a bien du mal à gérer quelques banlieues susceptibles. Certes, on ne doutera pas que viendra bien vite de la part de nos dirigeants l’ordre de tirer à balles réelles lorsque ce seront leurs voitures qui brûleront et leurs lieux de vie qui seront visés, et non plus ceux de « la base » et ces quartiers émotifs. À partir de là, les choses seront sans doute plus claires.

On peut cependant s’attendre à un éparpillement du mouvement. Au contraire de certaines catégories de salariés ultra-protégés, cette France qui se lève tôt n’a pas les moyens de faire durer l’opération.

Manifestement, le gouvernement, parfaitement hermétique aux demandes, compte là-dessus.

J'accepte les BCH !

qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Source : http://h16free.com/2018/11/21/62304-quelles-perspectives-pour-les-gilets-jaunes


Carton jaune pour Macron

lundi 19 novembre 2018 à 09:00

Samedi dernier, le mouvement des Gilets Jaunes a donc bel et bien rassemblé des centaines de milliers de Français, tous d’accord pour protester contre – au départ – les taxes trop élevées sur les carburants puis la pression fiscale dantesque qui s’abat sur une partie croissante de la population.

S’il est probablement un peu tôt pour en tirer un bilan politique (il faudra plusieurs semaines voire plusieurs mois pour voir comment le gouvernement réagira à la mobilisation observée), on peut néanmoins évoquer quelques points saillants de ces manifestations.

Dans ces derniers, on ne pourra passer leur bilan purement humain : avec plus d’une douzaine de blessés graves et une personne décédée, ce mouvement rappellera qu’à mesure que les positions des uns et des autres se feront plus radicales, les débordements et les issues douloureuses se feront plus fréquentes. Or, tout indique malheureusement que cette radicalisation n’est pas finie. Il n’est pas impensable d’imaginer tout en souhaitant le contraire que, si d’autres mouvements devaient voir le jour prochainement en France, leur violence ira probablement crescendo.

Un autre élément, plus traditionnel et plus convenu dans ce genre d’événements, est l’éternelle bataille de chiffres entre les participants d’un côté et les institutions de l’autre. Comme on pouvait s’y attendre, on aboutit à une évidente minimisation des chiffres officiels, même s’il faut reconnaître la difficulté d’en collecter de solides : le nombre de points d’action est en pratique mal connu, les forces de l’ordre n’y ont pas toujours été présentes ; le recensement semble délicat et de toute façon sera sujet à caution.

Quoi qu’il en soit, aboutir à 300.000 personnes et 2000 points nous donne 150 personnes par point de blocage en moyenne… Certaines photos laissent planer le doute sur ce genre de résultats officiels. Là encore, il n’est pas complètement invraisemblable d’imaginer qu’il y a eu, en réalité, bien plus de participants à ce mouvement. Du reste, si l’on se rappelle qu’il était soutenu à plus de 70% par la population, on aura du mal à imaginer qu’il arrive à moins mobiliser que certaines manifestations syndicalistes et traditionnelles, très catégorielles, qui n’ont jamais eu ce genre de soutien et dont la participation officielle était pourtant supérieure à 280.000 péquins. En outre, au contraire des mots d’ordre de beaucoup d’autres mouvements, celui des Gilets Jaunes, essentiellement basé sur une colère fiscale, touche à l’évidence et directement un public beaucoup plus large.

En terme d’impact réel sur le pays, il sera difficile d’aboutir à une conclusion. Le temps sera nécessaire pour se former une idée. En tout cas, l’élite parisienne et des grandes villes, bien à l’abri de l’utilisation forcée de la voiture, continue à déverser condescendance et mépris sur la classe populaire qui n’a, elle, pas le choix de se déplacer autrement qu’en automobile. Vraisemblablement, cette condescendance et ce mépris vont attiser encore un peu plus le ressentiment de cette base qui n’en peut plus d’un sommet de plus en plus éloigné des réalités de terrain.

<script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8">

Maintenant, du côté du président de la République, Emmanuel Macron aurait politiquement tort de montrer le moindre signe de faiblesse.

D’une part, les finances du pays n’autorisent en réalité aucune marge de manœuvre ; diminuer la pression fiscale maintenant alors qu’aucune diminution des dépenses n’est prévue (loin s’en faut), c’est garantir un plus gros déficit et accroître inutilement la nervosité des marchés à l’égard des emprunts de l’État français lorsque tout indique que l’année prochaine, on aura davantage besoin de leur mansuétude. En substance, le président doit montrer au reste du monde que la force reste à l’État et que le plumage peut continuer malgré les cris de souffrance du dindon.

D’autre part, il serait délicat pour Macron de céder sur le carburant alors que, dans le même temps et dans la plus parfaite décontraction, le Sénat vient de voter une augmentation de 40% des taxes sur les complémentaires. Le moquage de visage serait par trop visible et pourrait déclencher des effets indésirables plus violents.

En pratique, tout ce que le gouvernement peut retenir de cet exercice, c’est que la pression fiscale est maintenant au point haut et que les possibilités d’augmentation directes sont à peu près épuisées. Il ne reste donc plus que les taxes indirectes, cachées et de faible montant par tête de pipe pour ménager des ressources supplémentaires à l’État obèse en pleine panique budgétaire.

Certes, il y a maintenant une opportunité crédible de réformes pour l’actuel gouvernement : les partis politiques et les syndicats traditionnels n’ayant ni vu venir cette mobilisation, ni réussi à la récupérer, Macron et le reste du « sommet » pourrait tenter de lancer quelques vraies réformes de fond pour le bénéfice de la « base », en s’appuyant sur la grogne pour la justifier politiquement ; s’il existe un bon moment pour commencer les coupes claires et pour en finir avec les douzaines de dépenses inutiles depuis les associations lucratives sans but jusqu’aux aides à la presse en passant par les comités Théodule, commissions diverses et variées, administrations placard-doré et autres ministères croupions, c’est bien maintenant.

Malheureusement, la revendication la plus souvent entendue lors de ces mouvements spontanés n’a pas été, justement, une baisse drastique des dépenses de l’État, mais une modification de la fiscalité : tristement, pour l’écrasante majorité des Gilets Jaunes, il ne s’agit pas de moins taxer, mais simplement de taxer ailleurs en commençant par d’autres qu’eux.

Autrement dit, le peuple français, lorsqu’il s’exprime, continue toujours de réclamer la même largesse dans l’intervention de l’État mais entend lui poser de nouveaux objectifs sur ceux qu’il doit ponctionner.

C’est tout sauf une solution.

C’est même une simple extension du problème, avec au mieux une modification des catégories d’individus impactés. Et c’est précisément parce que ces revendications n’ont aucun lien avec ce qu’il devient maintenant crucial de faire que Macron ne lancera aucune réforme majeure.

Dès lors, la pression fiscale ne baissera pas. Les services publics rendus ne s’amélioreront pas. La misère continuera de s’étendre.

Ce pays est foutu.

J'accepte les BCH !

qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Source : http://h16free.com/2018/11/19/62292-bilan-en-jaune


[Redite] Lutte contre le terrorisme : Bercy évidemment à la rescousse

dimanche 18 novembre 2018 à 11:00

Article initialement paru le 24.11.2015

En Novembre 2015 et comme vous pourrez le relire ci-dessous, l’actualité fiscale était à l’action musclée de Bercy pour choper du terroriste. Trois ans plus tard, si les objectifs se sont adaptés, la mainmise des inspecteurs du fisc sur votre vie privée n’a pas diminuée et continue même de s’étendre au point que Darmanin a envisagé, sans rire, d’utiliser les réseaux sociaux pour coincer les dangereux exhibitionnistes Facebook de leurs coûteuses vacances issues de revenus non déclarés…


Franchement, ça en devient caricatural : on a à peine oublié le précédent billet qui narrait les récupérations toutes plus lamentables les unes que les autres des récents attentats pour faire passer tout et n’importe quoi, que déjà Bercy déboule en bousculant tout le monde, comme un gros patapouf arrivé après la curée en criant « moi aussi, moi aussi, laissez m’en un morceau ! ».

Et pour ce Ministère qui ne sait ni économiser, ni financer quoi que ce soit, il est « subitement » apparu qu’il fallait intervenir un grand coup pour attaquer les djihadistes au portefeuille.

Présentant un copieux projet de loi visant à mettre enfin de l’ordre dans toutes ces libertés échevelées dont les Français disposent joyeusement pour acheter, vendre, et commercer sans rendre de comptes à personne, le ministre des Finances, un certain Michel Sapin, s’est expliqué de la subtile stratégie que son ministère va employer pour gêner les terroristes :

« Si des terroristes parviennent à commettre des attentats, c’est parce qu’ils peuvent se procurer les ressources financières pour ce faire, en France et à l’étranger »

petit facepalmCe qui n’est pas faux, et qui est même tellement vrai qu’on en percute la tautologie de plein fouet. Tautologie qui, au passage, pourrait aussi être construite sur le mode « Si des terroristes parviennent à commettre des attentats, c’est parce qu’ils peuvent conduire des voitures, en France et à l’étranger », mode qui nous amènerait ensuite, selon l’implacable raisonnement du pachyderme socialiste, à réguler un bon coup la vente d’automobiles, manifestement bien trop libre dans ce pays.

sapin - les terroristes conduisent des voitures

Mais avant de s’attaquer aux voitures, recentrons nous sur l’argent, le nerf de la guerre et la mère de tous les vices, qui a en plus le mauvais goût d’être sécable en petits montants dès lors d’autant plus difficiles à tracer : selon Michel, « Les sommes en jeu sont souvent modestes » (eh oui que voulez-vous, plus besoin de gros montants : le marché des armes est très fluide et on a des prix discounts sur les AK47 actuellement) ce qui oblige à « resserrer les mailles du filet, pour rendre plus difficile et plus repérable (…) l’argent du terrorisme ». La dimension des mailles n’est pas évoquée, mais on comprend que Bercy ne sera vraiment heureux que lorsqu’on pourra tenir compte d’absolument tout, y compris du petit café serré que le djihadiste aura ingurgité deux jours avant de commettre l’irréparable, et qui permettra je suppose de remonter toute la filière jusqu’à El Gringo.

Une fois ces principes débiles posés, le reste est évident : il suffit de renforcer les pouvoirs de Tracfin, la cellule en charge de la lutte contre le blanchiment et le financement de toutes les activités louches (depuis le terrorisme jusqu’à l’optimisation fiscale), qui va pouvoir croiser ses petits fichiers avec ceux des Renseignements. La menace est crédible : si les terroristes qui ont une fiche S se font enfin pister avec autant de zèle que ceux qui ont des déboires avec la Banque de France ou le RSI (« l’assurance »-santé des indépendants), alors la France tient une vraie solution pour se débarrasser d’eux.

Mais ce n’est pas tout : les cartes de paiement prépayées sont aussi dans le collimateur du Sapin. Tout comme les billets de banque, ces cartes ont joué un rôle dans la préparation logistique des attentats, parce qu’elles permettent de payer de façon anonyme : « C’est un outil qui remplace le cash, qui est très discret, pas tracé. C’est quelque chose qu’il faut absolument corriger. »

Et on ne peut pas reprocher l’incohérence au patron de Bercy : le cash étant notoirement utilisé par les pédonazis, les terroristes et les cabinets ministériels, la guerre lui a été déclarée depuis un moment. Il n’est que logique qu’il en soit de même avec les cartes de paiement prépayées, qui donnent trop facilement aux individus la possibilité d’échapper aux yeux bienveillants de la police et, surtout, du fisc.

Bref, voilà bien une belle panoplie. Il ne manque plus que l’abandon du bien trop confortable anonymat des tickets restos et des chèques vacances, et on aura définitivement fait tout le tour de l’ensemble des moyens déployés par les terroristes pour opérer sur notre sol.

gifa elephant trempoline

Pour qui suit ces colonnes et d’autres aussi lucides, on a déjà largement noté les multiples tentatives liberticides en matière de finances. Ce nouvel épisode ne surprendra donc personne, et confirme bel et bien la volonté maintenant affirmée des gouvernements de se colmater les brèches possibles dans leur espionnage de toutes les transactions financières.

Bien évidemment, le terrorisme joue ici le rôle d’un prétexte assez lâche : tout individu ayant deux pouces opposables comprend rapidement qu’une omniscience de l’État en matière financière lui permet, bien avant la lutte contre le terrorisme, de se placer en intermédiaire obligé entre les individus et qu’il peut donc systématiser son espionnage, bien sûr, et sa ponction, évidemment.

Du reste et de façon parfaitement hypocrite, ce même État n’hésite pas, de son côté, à accumuler les transactions financières que d’aucuns pourraient trouver louches, et dont les liens avec le terrorisme international ne sont plus à démontrer. Il est maintenant de notoriété publique que le Qatar et l’Arabie Saoudite, par exemple, sont notoirement impliqués dans le financement massif de filières djihadistes, dans celui d’organisations politiques et religieuses de déstabilisations dans tout le Moyen-Orient et au-delà, et dans l’achat, parfois à peine voilé, de têtes de listes politiques pour leur assurer des relations diplomatiques et commerciales aussi faciles que possible.

Combattre le terrorisme, comme prétend le faire Sapin et la machine Bercy, pourrait donc, en toute logique, commencer par remettre de l’ordre dans les relations avec ces États qui ne font pas mystère de leurs opinions favorables vis-à-vis des terroristes. Combattre le terrorisme pourrait commencer par cesser les relations commerciales avec tous les pays dont on sait preuves à l’appui, ou dont on soupçonne fortement, qu’ils sont mêlés à des financements terroristes.

En lieu de quoi, encore une fois, l’État français et ceux qui le dirigent choisissent de combattre le terrorisme en mettant ouvertement leur propre population sous surveillance renforcée, cette même population qui les fait vivre et les a mis à leur place pour les protéger.

Si tous les médias ne nous rappelaient pas sans cesse que l’État est là pour nous protéger, on croirait presque qu’il veut nous emprisonner.

J'accepte les BCH !

qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Source : http://h16free.com/2018/11/18/62289-redite-lutte-contre-le-terrorisme-bercy-evidemment-a-la-rescousse