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Rideau !

dimanche 8 avril 2018 à 11:00

Eh oui, c’est encore un de ces petits moments de l’année où, félon, je vous abandonne pour quelques jours afin de retourner à mon jardin et mes habituelles occupations à base de chatons rigolos (mais privés).

Ce premier trimestre a été particulièrement bien rempli et je profite de ce petit billet pour remercier mes 15 lecteurs (oui, j’ai noté une nouvelle arrivée), commentateurs et habitués qui lisent, analysent, relaient et corrigent mes productions régulières. Vos efforts pour relayer les billets portent leurs fruits, ne relâchez pas la pression.

Pour vous occuper ces prochains jours, j’ai bien évidemment téléphoné à Emmanuel M., actuellement locataire à l’Elysée, à qui j’ai demandé et qui s’empressera certainement de trouver une demi-douzaine de sujets farfelus ajoutés à l’un ou l’autre brochet projet rigolo pour vous offrir une actualité bien remplie. Je ne m’inquiète pas : le pays part suffisamment en sucette et de façon suffisamment enjouée pour garantir une production d’idioties gouvernementales soutenue.

À bientôt.

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Source : http://h16free.com/2018/04/08/60733-rideau-2


Et maintenant, le Doggy Bag en marche !

vendredi 6 avril 2018 à 09:00

En France, tout le monde sait que la société civile ne peut pas s’orienter correctement sans la bonne direction de l’État, gardien bienveillant – forcément bienveillant – du cheptel citoyen. Pour la diriger, rien de mieux que quelques coups de bâton et quelques carottes qu’on n’enfonce pas toutes dans les orifices disponibles : pour un État omnipotent, légiférer permet toutes les fantaisies et autorise toutes les audaces. Et c’est ainsi que, par la magie de la loi, la société française va découvrir le doggy bag.

Oui, vous avez bien lu et non, il ne s’agit pas d’une pratique sexuelle alternative.

La pratique du « doggy bag », c’est cet usage anglo-saxon et plus typiquement nord-américain qui consiste à emporter le reste des assiettes proposées au restaurant dans une barquette qu’on pourra consommer plus tard.

Cette pratique est d’autant plus répandue aux Etats-Unis que les portions alimentaires y sont fort généreuses au point de souvent rassasier le consommateur à mi-assiette. Dans un pays où l’argent dépensé justifie en lui-même l’obtention d’une quantité donnée et bien acceptée de biens ou de services, il était finalement assez logique qu’apparaisse cette habitude : après tout, le client a payé pour un plat complet, et même s’il n’a pas pu tout manger, la moitié restante de l’assiettée lui appartient quand même et lui restituer dans un emballage idoine ne choque personne outre-Atlantique.

En France, les habitudes sont évidemment différentes.

D’une part, les portions distribuées sont généralement plus modestes. Habitude d’une consommation plus sage ou culture de mets plus fins dont le rapport volume/prix est probablement défavorable aux restes dans l’assiette, allez savoir… En tout cas, rares sont les établissements qui, dans le pays, proposent spontanément cette facilité aux clients à petits appétits. Du reste, encore plus rares sont les clients qui émettent le souhait de repartir avec leurs restes, peut-être par peur du ridicule ou plus simplement parce que l’idée semble saugrenue de se trimbaler sous le bras, après un dîner aux chandelles, avec son rôti de veau ou sa langue de bœuf mitonnée avec soin par le chef local.

Néanmoins, une situation parfaitement neutre comme celle-ci, acceptée du reste par une écrasante majorité de gens, ne peut pas rester sans réponse de la part des élites qui nous gouvernent ou, plus exactement, de ceux qui, à l’Assemblée Nationale, écrivent des lois pour se désennuyer et sortir de la torpeur dans laquelle les plongent de trop copieux repas que la cantine locale, réputée fort bonne, distribue très généreusement. À cette absence de problème, il fallait donc une réponse rapide et forte.

Eh bien rassurez-vous, c’est dans les tuyaux : un amendement en ce sens vient d’être adopté par la Commission Développement Durable de l’Assemblée Nationale.

L’idée derrière cet amendement est, comme très souvent, l’une de ces petites dalles en céramique de bon sentiments qui pavent avec application la route de l’enfer administratif et bureaucratique que le pays s’efforce de devenir : en substance, il s’agit de lutter contre le gaspillage.

Surprise ! La Loi Consommation, en place depuis quelques années et malgré les efforts invraisemblables (et rigolos) de Benoît Hamon de fourrer ses doigts partout où il le pouvait, ne prévoit pourtant pas de lutter contre les restes à la cantoche. Eh non, jusqu’à présent, rien n’impose au restaurateur de proposer ce « doggy bag » à ses clients.

Heureusement, ce tragique oubli va être réparé : parce que, selon les dernières statistiques affolantes disponibles sur la question, les pertes de nourriture sont cinq fois plus élevées au restaurant qu’au foyer (157 grammes par personne et par repas), parce que l’habitude existe outre-atlantique et parce qu’en France, elle ne semble pas s’implanter toute seule, les élus vont obliger les restaurateurs à mettre ce « doggy bag » à disposition de leurs clients.

Encore une fois, par la magie de la loi, on va transformer ce qui est du ressort de l’habitude ou d’une interaction entre individus consentants en une nouvelle obligation qui donnera au client une nouvelle raison de se plaindre (sport national) lorsqu’on ne lui proposera pas ce qui deviendra son Droit Inaliénable Le Plus Strict. Et encore une fois, ce qui auparavant relevait de la bonne intelligence du cuisinier de gérer correctement ses portions afin d’offrir un rapport qualité-prix compétitif va maintenant se déliter au profit d’une obligation générale et fourre-tout.

Restera à la loi l’intéressante définition de ce qui constitue un reste dans une assiette : à partir de quelle quantité de grains de riz, de nouilles ou de brocolis en sauce pourra-t-on décemment exiger son doggy-bag ? Si l’assiette n’a pas été proprement léchée ou saucée avec un petit bout de pain, les reliquats de sauce constituent-ils un motif suffisant de doggy-bag ? Et si oui, devra-t-on le fournir dans des récipients standardisés, évidemment normés et réclamés à l’aide de l’inévitable cerfa républicain ?

Tant de questions palpitantes qui ne manqueront pas d’occuper les députés et les sénateurs lorsque l’amendement, suivant le parcours institutionnel habituel, passera de Commission en Commission avant son adoption.

Pendant ce temps, il semble que personne ne s’affligera de cette nouvelle débauche de moyens à la résolution d’un problème inexistant, le gaspillage étant en réalité à peu près inexistant dans une économie capitaliste correctement gérée, ce capitalisme étant par essence même le premier moteur de l’optimisation anti-gaspillage. Et en plus, ce n’est pas moi qui le dit, mais Karl Marx lui-même dans le livre III du Capital…

S’il y a gaspillage, c’est bien plus sûrement le résultat d’une société où la responsabilité des uns est diluée dans les droits des autres, où les coûts de ce gaspillage sont ainsi cachés à ceux qui devront finalement payer la facture.

Plus sûrement encore, plutôt que de regarder dans l’assiette des autres, nos aimables députés feraient bien de regarder tout le gaspillage de papier que ces propositions ridicules et niaiseuses provoquent, tout ce gaspillage d’énergie législative employée pour créer de nouvelles normes et de nouvelles habitudes artificielles imposées pour façonner une société selon leurs désirs à coup d’obligations et d’interdictions. Énergie qui ne sera pas employée, du reste, à sabrer dans les monceaux de normes, d’obligations, de cerfas plus ou moins impénétrables que l’administration nous pond à rythme soutenu.

Lorsque Macron fut élu, la petite proportion de Français qui l’a poussé au pouvoir se doutait-elle que le renouvellement politique se traduirait par ce genre de fumigènes parlementaires ? Qu’on aboutirait finalement à l’exacte copie des délires législatifs des mandatures précédentes ? Qu’en plus de gaspiller de l’énergie à ces fadaises, de mobiliser inutilement des intelligences sur des sujets aussi futiles, on perdrait en plus un temps précieux pour améliorer, effectivement, le quotidien des Français ?

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Source : http://h16free.com/2018/04/06/60723-et-maintenant-le-doggy-bag-en-marche


Aidez-vous les uns et les autres mais surtout pas en France !

mercredi 4 avril 2018 à 09:00

Dans la plupart des pays, il est de bon ton d’aider son prochain qui, à un moment ou un autre, pourrait bien rendre la pareille. Et puis, disons-le tout franchement, une société saine repose évidemment sur des valeurs d’entraide qu’on appelait jadis charité et qui, une fois nationalisée et vigoureusement subventionnée par l’État, devient la solidarité (avec, d’ailleurs, le même effet de bord que ce que toute subsidiation provoque immanquablement).

Mais en France, question entraide, il faut y aller mollo.

Oui, venir en aide à son prochain, dans ce pays, est un acte forcément réfléchi, mûri à l’aune de l’expérience et des péripéties qui secouent l’actualité. Faire don de son temps, de son argent, de ses biens ou effectuer un service de façon désintéressée, sur un coup de tête, peut parfois provoquer des effets que certains pourraient hardiment qualifier d’adverses voire désagréables.

Sans même aller chercher dans les récents événements tragiques qui ont tout de même montré que certains n’hésitaient pas à trouver réjouissant le sacrifice pourtant ultime du Colonel Beltrame, force est de constater que la France a bien du mal à gérer ceux qui ont choisi d’aider les autres sans passer par les bonnes voies officielles, qui font des dons mais qui méritent un contrôle fiscal bien poivré, ou qui ont eu l’idée aussi sotte que grenue de contrebalancer une situation injuste par une intervention personnelle immédiate.

C’est ce dernier cas qu’illustre un récent différent musclé entre d’un côté, l’un de ces sentiments d’insécurité défavorablement connu des services de police, et de l’autre, trois légionnaires manifestement pas trop au courant de ce qu’il ne faut surtout pas faire en France.

Les faits sont, comme d’habitude, d’une banalité confondante : dimanche matin, dans le cadre d’une opération habituelle de redistribution de richesses par ingénierie sociale comme on en voit de plus en plus dans ce pays, un jeune mineur arrache le téléphone portable d’une jeune fille dans un wagon de métro, au niveau de la station Saint-Ambroise (XIe) sur la ligne 9 parisienne.

Rien que de très routinier pour les habitués des transports en commun parisien, ce qui n’a pas empêché trois légionnaires en permission à Paris, âgés de 21 et 24 ans, d’être témoins du vol et de décider, très étrangement, de se mettre à poursuivre notre ingénieur social improvisé. La bonne santé et le jarret pétillant de nos fiers soldats leur permettent de rattraper le voleur au niveau de l’impasse Truillot, derrière le boulevard Voltaire (XIe).

Étonnamment, notre futur prix Nobel en communications cellulaires a choisi de ne pas se laisser faire. Las : la Légion ne forme pas suffisamment au vivrensemble et nos trois engagés ont décidé de faire rentrer quelques notions de base (pour tout dire probablement fort conservatrices) dans le crâne de notre jeune apprenti en sciences sociales, au point de lui péter une dent (ce qui, compte tenu de la situation, est finalement un moindre mal).

Pour faire bonne mesure, le trio de légionnaires et le voleur ont été placés en garde à vue. Comme je vous le disais en introduction, il ne pouvait être envisagé qu’on décide ainsi de flanquer une rouste à un voleur, ni – à plus forte raison – qu’on puisse féliciter des militaires d’avoir fait exactement ce pour quoi ils sont payés et entraînés, c’est-à-dire protéger la population qui paye leur solde. Pour la substitut du procureur qui aime les prisons trop pleines et les tribunaux correctement engorgés, il était nettement plus important que ces légionnaires soient poursuivis.

Cette affaire n’en finit pas de surprendre puisqu’au cours de leur garde à vue, les légionnaires dépités ont lâché :

« Si c’est pour se retrouver en garde à vue, la prochaine fois, on n’interviendra pas pour défendre une victime. »

Oh.

Franchement, que voilà une attitude étrange !

Cela nous rappelle avec acuité les péripéties d’une certaine Laurence Rossignol, alors sénatrice de son état et qui avait, souvenez-vous, découvert le sel de la vie lorsqu’un individu même pas élu lui avait sobrement piqué son pognon lorsqu’elle était, un 14 juillet, en train d’en retirer à un automate bancaire.

La pauvre sénatrice, elle aussi dépitée, s’était mise à courir après son voleur sans pouvoir le rattraper, et s’était par la suite épanchée dans les colonnes du Courrier Picard où elle expliquait trouver insupportable l’attitude des riverains, impassibles devant ses déboires et ses appels à l’aide.

En cela, elle rejoignait les constats affolés de certains commentateurs à la bonne conscience en bandoulière qui fustigeaient l’absence de réaction de la foule lors d’une agression à caractère sexuel dans un métro de Lille.

Dans ces deux cas, la soi-disant passivité de la foule était mise sur le compte d’un individualisme et d’un égoïsme sans borne, façonnés par une société ultranéolibérale (ou une variante d’icelle) incitant les uns et les autres à ne surtout rien faire pour troubler les tentatives criminelles de tous ces sentiments d’insécurité défavorablement connus des services de l’État par ailleurs totalement absent. Grâce à un raisonnement implacable type « libéralisme = caca » et « agression sans réaction = caca », on en déduisait que l’un ne pouvait advenir sans l’autre, fermez le ban et lancez le programme de rééducation.

Malheureusement, la réalité rappelle (avec cette histoire soldatesque) qu’elle est un tantinet plus complexe que ces raisonnements pour enfants défavorisés : tout indique que la façon dont on poursuit ceux qui aident trop vigoureusement des victimes joue très défavorablement contre l’extension de cette pratique.

On le sait amplement depuis l’apparition de la bijouterie de combat : l’auto-défense est, quoi qu’il arrive, punissable en France. En parler est moralement condamné. L’évoquer est honni. Y penser montre une déviance. Quant à chercher à sanctionner aussi prestement que possible un malfrat, c’est chose impensable puisqu’on le sait, dans ce pays, une décision de justice, c’est comme le vin : ça demande beaucoup de sueur, pas mal de travail et plusieurs années, ça dépend de plein de facteurs aléatoires dont la météo et ça tourne parfois au vinaigre.

Dès lors, imaginer qu’on puisse refaire les plombages d’un mineur sans papier qui emmerde tout le monde depuis trop longtemps et vole tout ce qu’il peut sans que la police y puisse quoi que ce soit, c’est bien évidemment interdit et passible de poursuites.

Non, décidément, en France, s’aider et aider les autres sera minutieusement préparé, encadré, et surtout pas laissé à l’initiative personnelle. Les débordements d’entraide, les sauveteurs un peu trop enthousiastes, les redresseurs de torts pas assez calmes seront rapidement remis dans le droit chemin, avec une sanction pénale au moins égale à celle de l’agresseur (et une sanction sociale toujours supérieure, certains citoyens ayant encore cette notion idiote de probité et le désir mal placé de conserver un casier judiciaire vierge).

Moyennant quoi, l’individu fera fort de ne pas se défendre et de ne surtout pas aller défendre les autres.

C’est efficace : « la prochaine fois, on n’interviendra pas »…

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Source : http://h16free.com/2018/04/04/60708-aidez-vous-les-uns-les-autres-mais-surtout-pas-en-france


Covoiturage, télétravail et foutage de gueule

lundi 2 avril 2018 à 09:00

Si vous lisez un peu, mais distraitement, la presse quotidienne, vous n’aurez pas pu louper l’évident battage qu’elle réalise actuellement pour bien faire passer un message clair : ce mois-ci sera celui de la grève, globale, générale, totale et complète des services publics, et qu’elle est évidemment soutenue par le peuple.

Un petit coup d’œil sur la plupart des titres suffit à brosser un portrait très particulier des événements qui ne manqueront pas d’arriver dans les prochains jours.

On aurait pu avoir droit à la présentation sobre et objective des différents mouvements de grève qui vont se succéder pendant tout le mois d’avril et une bonne partie du mois de mai. Entre la SNCF, Air France, certaines Universités, certains éboueurs et d’autres services publics, tout indique que les syndicalistes du pays se sont coordonnés pour fêter aussi bruyamment que possible le cinquantenaire des événements de mai 1968 dans une espèce de grande sausage-party et un énième barbecue de merguez cégétistes que le pays a trop souvent subi.

Oui, le lien avec mai 68 est assez clair tant il est difficile de ne pas voir le désir humide de révolution et autre printemps « à gauche de la gauche » qui transpire grassement tant des revendications des syndicats que du calendrier ou des domaines concernées. Tous les organes (ou presque) d’une presse largement favorable à ce genre de petites excitations printanières sont déjà turgescents d’excitation devant les dates (nombreuses) et les services publics (toujours les mêmes) touchés par ces mouvements. Le Monde, Libération, Le Nouvel Obs, Le Huffington, tous se relaient pour transmettre la « bonne nouvelle » syndicaliste : cinquante ans après mai 1968, la France se réveille à nouveau pour bouter les élites ultra-néo-libérales et turbocapitalistes hors du pouvoir et regardez, là, là et là, le peuple est prêt à prendre la rue pour régler ses comptes, si si !

Malheureusement, quelques éléments sont cependant suffisamment différents de mai 1968 pour que les médias ne puissent pas relayer la joyeuse montée de sève révolutionnaire de la même façon. Pensez donc ! Certains citoyens pourraient concevoir une gêne à cause de ces mouvements de grève et il faut donc adapter le message pour qu’il passe mieux auprès de certaines populations délicates.

Que voulez-vous, le pays a tout de même évolué depuis 50 ans : ceux qui défilaient à l’époque avaient un espoir d’une société meilleure dont ils ont amplement bénéficié, la majeure partie d’entre eux étant maintenant à la retraite. Ceux qui ont lancé des pavés à l’époque pouvaient compter avec une économie florissante et un État encore efficace parce que restreint à ses fonctions régaliennes.

À présent, la jeunesse peut surtout s’enorgueillir d’avoir du mal à lire, écrire et compter correctement, de « bénéficier » de perspectives d’emploi médiocres dans un pays rongé par le chômage, l’insécurité, le terrorisme, des déficits colossaux et, pour tout dire, l’absolue certitude que leur retraite (celle dont jouissent les soixanthuitard actuels) sera minuscule si elle existe encore lorsqu’ils la prendront.

Et lorsque la référence à mai 1968 fait sourire, c’est celle de la grève fin 1995 qui est évoquée pour rappeler à quel point les cheminots, déterminés, peuvent largement faire plier un gouvernement qui avait pourtant une majorité claire et un soutien évident du peuple lors du vote.

Cependant, si fin 1995, il avait été facile de tenir pendant le mois de novembre et décembre jusqu’aux vacances de fin d’année, il en va différemment en mai 2018. En effet, les nombreux ponts de ces deux mois que ces mouvements vont copieusement bousiller vont quelque peu amoindrir le soutien relatif de ceux qui comptaient se déplacer, se retrouver en famille ou régler des affaires qu’ils n’avaient pas pu régler pendant les périodes travaillées. Nul doute que ce soutien ne viendra pas non plus de ceux qui seront forcés à la « staycation », comme le décrit si niaiseument un Huffington Post tendrement décalé avec la réalité de terrain, oubliant sans doute qu’un voyage annulé, ce sont des frais rarement remboursés, et surtout des occasions manquées en pagaille de créer de la richesse dont ce pays a pourtant tant besoin.

En 1995, les médias pouvaient bien raconter, contre toutes les évidences et l’amoncellement de pertes abyssales du pays, devant les faillites d’entreprises, que la grève cheminote était massivement populaire. En 2018, les pertes touristiques seront dures pour beaucoup, et si en 1968, le pays avait d’amples marges de manœuvres, si en 1995, il pouvait encore se permettre quelques folies passagères, en 2018 ce n’est plus le cas tant les niveaux d’imposition et de dettes sont inquiétants.

En outre, les médias d’information ne sont plus les mêmes et devront composer avec des réseaux sociaux de toute nature qui ne pourront pas tous relayer le même unanimisme béat et heureux du suicide français auquel on assiste encore une fois.

Dans cette optique, on comprend mieux les messages mièvres relayés par les uns et les autres, à commencer par les panneaux d’affichage sur les autoroutes proposant fièrement « contre les grèves, pensez covoiturage ! », feignant de prévenir ainsi les inévitables bouchons que les déplacements automobiles obligatoirement provoqueront évidemment.

Et quand ce n’est pas le covoiturage, c’est le télétravail qui est mis en avant avec cette bonne humeur et cette fraîcheur que seules permettent une parfaite débilité et une cuistrerie à l’épreuve des faits : grâce au télétravail, vous serez plus efficace qu’au bureau, pardi ! On se demande encore pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt ! Et si vous travaillez sur machine-outil, dans un atelier ou avec des conditions spécifiques, qu’à cela ne tienne, le télétravail pourra certainement trouver une solution quelconque, non ?

En tout cas, surtout, ne ronchonnez pas, puisqu’on vous dit que ce petit désanussage citoyen payé in fine par le contribuable est pour votre bien !

D’ailleurs, Le Point a quelques petites astuces à partager avec vous, ces petits trucs de grand-mère qui permettent de passer le cap de l’adulescence syndiquée sans acné et avec des jours de grève payés, je présume.

Au fait, n’oubliez pas le petit point mignon sur vos droits, offert par France Info : non, non, votre employeur ne vous grondera pas si vous ne pouvez pas venir à cause de la grève. Malheureusement oui, il ne vous paiera pas. Si vous êtes votre propre employeur, comme vous êtes un salaud de patron, c’est bien fait pour vous.

Et si vous êtes financièrement à l’étroit et qu’un jour non payé vous pose de gros problèmes, rassurez-vous : les syndicalistes de la SNCF s’en foutent complètement. Ce n’est absolument pas pour vous qu’ils font grève, c’est pour eux.

En attendant, rappelez-vous que vous êtes en France, ce pays où les gens soi-disant attachés au service public font absolument tout pour le saboter et y parviennent ma foi assez bien. C’est aussi le pays où le service public est si génial que la presse subventionnée nous apprend avec une niaiserie presque agressive à nous en passer et trouver ça très bien. Formidable non ?

Source : http://h16free.com/2018/04/02/60691-covoiturage-teletravail-et-foutage-de-gueule


[Redite] La richesse pour tous, sauf en France

dimanche 1 avril 2018 à 11:00

Billet initialement paru le 14.04.2017

Il y a un an de cela, le week-end pascal était l’occasion de revenir sur un constat qu’on ne fait pas assez : l’Humanité, malgré ses déboires, malgré ses hoquets, malgré ses errements, s’en sort de mieux en mieux. Oh, certes, il y a encore moult problèmes à régler et tout n’est pas rose, loin s’en faut, dans ce bas monde. Mais les données et les faits s’accumulent : de plus en plus d’individus sortent de la misère, accèdent à l’enseignement, au confort moderne et à une vie décente. À chaque fois, le capitalisme et la liberté d’entreprendre sont des paramètres essentiels de cette amélioration.

Mais un petit pays, riche, résiste à la tentation d’y croire. La France, vaille que vaille, a décidé d’emprunter le chemin inverse, de tenter une expérience qui a déjà coûté fort cher à de fort nombreuses personnes…

Nous voilà mi-avril et c’est déjà le week-end pascal. Bien sûr, on pourrait revenir sur l’actuelle campagne présidentielle, période d’autant plus trouble qu’on ne voit vraiment pas l’horizon politique français s’éclaircir. Mais l’occasion est belle de s’attarder plutôt sur une nouvelle nettement meilleure que ces perspectives électorales peu reluisantes : malgré tout, les gens s’enrichissent.

Certes oui, on ne parle pas d’une vague de gagnants au Loto, et encore moins d’une véritable ruée vers un or mythologique où des hordes de pauvres seraient transformées en riches nababs : plus modestement, il s’agit surtout de constater que, contrairement à l’image trop souvent véhiculée, la classe moyenne continue d’accéder tous les jours à un peu plus de richesses, de facilités, de techniques et d’augmenter son niveau de vie.

C’est en effet ce qui ressort de plusieurs études réalisées au niveau mondial et qui montrent toutes une belle amélioration du niveau de vie de la classe moyenne dans la plupart des pays du monde, dans une belle cohérence d’ailleurs corroborée par les observations simples qu’on peut mener tous les jours en faisant un peu de tourisme.

Ainsi, une étude des parités de pouvoir d’achat menée sur le terrain par la Banque Mondiale en 2011 livre des résultats sans ambiguïté : les classes moyennes d’Afrique et d’Asie sont bien plus riches que prévues lors de la précédente enquête, en 2005. Ainsi, une amélioration notoire des modes et des données de calcul du PIB a permis de mieux mesurer les progrès réalisés par un nombre croissant de pays dans le monde. Ces nouvelles études ont ainsi montré, notamment concernant les prix et la croissance, que la classe moyenne mondiale, jusqu’alors estimée à 3.2 milliards d’individus en 2016, pourrait être considérablement plus étendue d’au moins 500 millions de personnes supplémentaires. Tout semble montrer que les ménages asiatiques sont nettement plus riches relativement parlant que ce qui avait été précédemment calculé.

Au niveau mondial, on observe en fait la plus rapide expansion de cette classe moyenne jamais observée dans l’histoire de l’Humanité qui a pourtant connu pas mal de phases d’expansion : il est estimé que 160 millions de personnes rejoignent ainsi cette classe moyenne tous les ans, pour au moins les 5 prochaines années à venir.

De façon encore plus étonnante, dans quelques années selon ces projections établies récemment, c’est une majorité de l’Humanité qui sera dans la classe moyenne ou riche… Ce qui sera la première fois dans toute son Histoire.

Or, cette excellente nouvelle, si elle parvient parfois aux oreilles de quelques journalistes, sur quelques plateaux télés désertés à des heures de toute petite écoute, n’est bien malheureusement pas parvenue aux oreilles françaises, pour deux raisons.

D’une part, parce que cette information est fort contre-intuitive pour les dernières générations de Français qui ont ce sentiment, persistant, que leur niveau de vie baisse et qu’ils sont moins bien lotis que les générations précédentes.

Pourtant, une récente étude fort peu détaillée dans la presse (là encore, période électorale oblige) vient battre en brèche cette idée : selon deux chercheurs universitaires, Hyppolyte d’Albis et Ikpidi Badji, depuis le début du siècle précédent, chaque génération a ainsi bénéficié d’un niveau de vie supérieur à la génération précédente. L’INSEE a d’ailleurs publié leurs recherches qui montrent qu’entre 1901 et 1979,

 » aucune n’a été désavantagée par rapport à ses aînées : les générations nées plus tard ont un niveau de vie au moins aussi élevé que celui de celles nées avant elles « 

Reconnaissons sans mal, cependant, que les chercheurs n’ont pas encore mené les recherches sur les générations à partir des années 70, et on se doute déjà que la tendance, nette pour les années précédentes, risque fort de s’inverser, notamment avec un creusement des inégalités au sein même des générations, expliquant ce sentiment répandu que les générations plus âgées ont profité d’un niveau de vie plus élevés que les plus jeunes.

Il semblerait bien que la France (et avec elle, certains autres pays développés) ait observé un net ralentissement dans l’enrichissement de sa classe-moyenne ces dernières années, et qu’en conséquence, tout message qui nous parviendrait du reste du monde, montrant exactement le contraire, soit devenu inaudible. Difficile en effet pour nos politiciens de vendre du bonheur et un avenir qui chante quand les 40 dernières années ont surtout démontré qu’ils n’en avaient pas le moindre échantillon sur eux.

D’autre part, cette information est méconnue parce qu’une telle nouvelle vient heurter les sensibilités politiques de beaucoup, et c’est bien plus gênant : toutes ces populations qui sortent de la pauvreté, cela doit, forcément, se faire au détriment de quelque chose. Et si ce n’est d’autres populations, c’est forcément au détriment de sentiments nobles comme le partage, la solidarité et les petits bisous ou, encore plus sûrement, au détriment de la nature.

Or, ce n’est pas ce qu’on observe : la sortie de pauvreté de ces populations n’est absolument pas accompagnée par un désastre écologique (au point qu’il faille en inventer, au niveau mondial, pour continuer à agiter des grigris alarmistes) ni par un effondrement des sociétés concernées dans un individualisme débridé. Au contraire, même : à la plus grande stupéfaction de toutes les petits collectivistes, chaque expérience communiste menée ces 100 dernières années a été un fiasco sanglant, et chaque libéralisation, chaque développement du marché libre et du capitalisme aura enclenché une incroyable explosion de la richesse et de la croissance de ces classes moyennes.

Or, en France, c’est bien un affront qu’une telle nouvelle.

C’est un affront que ces milliards de personnes soient sorties de la misère et du dénuement par l’application de recettes libérales et capitalistes, et non par les belles idées humanistes du communiste sifflotant. C’est un affront qu’on puisse seulement l’évoquer, tout comme il est un affront que ce libéralisme et ce capitalisme soit même évoqué dans une campagne présidentielle. Bilan : non seulement, on n’en parle pas, mais on évite même le sujet.

Il n’en est alors que plus tragique (ou comique, selon le point de vue) que les Français, en s’approchant tous les jours un peu plus des tentations frontistes ou mélenchonistes, montrent vouloir de ces recettes collectivistes qui ont menés à la ruine et la misère tous les pays qui les ont appliquées, tous, systématiquement, sans exception. C’en est toujours plus tragique qu’ils rejettent avec de plus en plus de force ces procédés qui ont créé ces légions de classes moyennes au ventre plein, y compris en France pendant les Trentes Glorieuses.

Socialisme, capitalisme ...

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Source : http://h16free.com/2018/04/01/60687-redite-la-richesse-pour-tous-sauf-en-france