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Macron : des réformes à pas de fourmis et des économies inexistantes

mercredi 27 juin 2018 à 09:00

Ah, décidément, ce n’est vraiment pas simple d’être Monsieur Manu, le Président De La République ! Vu depuis son poste de ministre, puis du poste de candidat, l’affaire semblait pourtant bien engagée : moyennant de solides réformes en poussant les boutons ici, là et là, et en abaissant ce levier-ci tout en remontant ce levier-là, pouf, on remettait le pays au travail et tout le monde était content. Las, il y a beaucoup plus de boutons et de leviers que prévu, et beaucoup, beaucoup plus de monde pour en interdire l’accès.

En principe, il suffisait pourtant d’engager de vigoureuses réformes de fond et de forme et l’affaire était pliée assez rapidement. On lui avait dit, et il le savait, que tout devrait se jouer sinon dans le six premiers mois, au maximum dans la première année. Après, lassitude de l’exercice du pouvoir, fatigue du peuple attendant des résultats, tout risquait de devenir plus complexe, plus gluant, plus long à dépanner.

Il avait donc lancé, en fanfare, moult révisions, force réformes et grands textes de lois auprès d’un parlement dont la composition, ultra-favorable à son brochet projet, permettait d’attendre une mise en musique rapide et sans faille.

Cependant, des petits grains de sables se glissèrent dans la machine bien huilée du nouveau président, de son nouveau gouvernement, de son nouveau parlement, de son nouveau parti et de ce nouveau peuple qui, mine de rien, ne semblaient pas tout à fait aussi volontaires que prévu dans leurs démarches pro-actives de changement calculé.

En fait de réformes, qu’on espérait fondamentales, profondes et revigorantes, ce fut essentiellement des petits changements, souvent minimaliste, parfois purement cosmétiques, annoncés et médiatiquement poussés en fanfare : celle du code du travail ne jouera qu’à la marge et sur le long terme, et sa traduction en terme d’effets restera de toute façon mineure ; les bricolages sur l’ISF touchent peu de gens, la baisse des impôts sur les entreprises s’étalent mollement jusqu’en 2022 (ce qui veut dire qu’elles ont encore le temps de se faire tabasser fiscalement ailleurs) et toutes ces petites bidouilles seront amplement compensées dans le mauvais sens par la complexité effarante introduite avec la retenue à la source ; les autres bricolages (dans la formation ou la gestion du chômage par exemple) semblent, là encore, une longue enfilade de patchs et autres rustines sur des systèmes fondamentalement vérolés. Je n’évoquerai pas la « réforme » de la SNCF qui, hormis un nombre invraisemblable de jours de grève, d’incidents de réseau et de passagers mécontents, n’a entraîné aucune perspective d’en finir une fois pour toute avec la dette abyssale et les caprices insupportables de la vieille dame incontinente.

Beaucoup d’observateurs, fins analystes de la vie politique française, feront mine de récriminer devant cette courte liste et cette appréciation négative des efforts fournis : « oh, mais, que dites vous là ! Toutes ces réformes, tous ces textes kilométriques de loi qui épuisent du député par douzaines, tous ces aménagements et ces modifications partout dans des codes de lois, bien sûr que si, c’est important, c’est courageux, c’est fortiche même ! » Et tous ces observateurs en concluront à la mauvaise foi, au procès à charge et à l’absence de lucidité.

Malheureusement, ils auront beau fermer leurs yeux et leurs petits poings en espérant, fort fort fort, que ces « réformes » vont avoir un impact majeur, la réalité refuse de se plier à leurs prières, aussi ardentes soient-elles. Et pour cause : la belle vigueur des révolutions envisagées s’est complètement évaporée dans la bureaucratie, les petits détails administratifs et les compromis politiques médiocres.

D’une part, l’État profond, c’est-à-dire les administrations, les agences, les entreprises plus ou moins publiques et tous les rentiers de la République n’entendent absolument pas laisser passer la moindre réforme d’envergure qui aboutirait d’une façon ou d’une autre, supposée ou réelle, à amoindrir leurs privilèges.

D’autre part, les syndicats, les médias et tout ce que le pays compte d’influents engagés n’ont absolument pas envie de voir leur part du gâteau diminuer sans broncher. Laisser le champ libre à Macron, c’est prendre un risque important de remise en question de ces petits viagers juteux qu’ils ont installés ces 40 dernières années (ou plus).

En outre, il faut bien comprendre que, malgré l’affichage médiatique d’une volonté de fer, malgré la communication musclée destinée à rassurer tout le monde sur des intentions fermement fixées et des convictions boulonnées au corps, Macron lui-même n’a rien d’un révolutionnaire : on parle d’un énarque, d’un inspecteur des finances dont le seul fait d’armes marquant pendant son temps à Bercy fut la mise en place de lignes de car dont l’impact fut, finalement, très modeste. Si l’on ne peut pas vraiment nier la mise en avant exubérante d’une certaine détermination pour remettre le pays sur les rails, on peut largement douter de la volonté réelle, consciente, de passage à l’action et le courage de vraiment ruer dans les brancards.

En pratique, Macron a, comme ses prédécesseurs, tenté de corriger quelques problèmes mineurs qui préoccupent un peu les Français, et c’est tout ce qu’il a fait parce que c’est à peu près toute la marge de manœuvre qu’on lui accorde, peuple compris : il suffit de voir que d’un côté, ce peuple admet sans problème que trop d’argent est claqué dans les aides sociales, et que de l’autre, il réclame que le président renforce sa politique sociale pour bien saisir l’ampleur du problème de cet électorat bicéphale et schizophrène.

Dans le temps d’un an de quinquennat, on est (encore une fois, comme sous Sarkozy, comme sous Hollande) passé d’une volonté de tout remettre à plat, éventuellement avec fracas, à des réformettes de petit législateur besogneux, des discussions oiseuses sur de la vaisselle ou une piscine, des bricolages mineurs, des vexations multiples à 80 km/h et des économies de bouts de chandelle.

Alors que le pays aligne des statistiques catastrophiques (chômage, dette, déficits, dépense publique stratosphériques et dépenses sociales open bar de numéro un mondial), que le nombre de pauvres continue d’augmenter, que la bureaucratie se fait tous les jours plus délirante, personne au gouvernement ne semble prendre la mesure des vraies mesures courageuses qu’il faudrait prendre, à commencer par des économies drastiques.

Le régalien continue de faire les frais de quelques coupes souvent hasardeuses : alors que le ministère de la Culture baigne dans un pognon de dingue (10 milliards d’euros), la Justice doit « composer » (et faire avec seulement 7 milliards) au risque de libérer des dealers faute de juges.

Pompon des réformettes : la cataracte d’impôts et de taxes directes et indirectes continue de tomber, mais les recettes baissent, démontrant l’ampleur des gabegies, des fuites, de l’abandon croissant des Français industrieux qui préfèrent la mettre en veilleuse ou s’en aller plutôt que se faire refaire le fondement avec un trépan fiscal de la taille d’une installation pétrolière offshore.

Et toujours pas d’économies solides en vue, seule transformation qui, en rétrécissant enfin le périmètre de l’État-maman, aurait libéré des énergies et des possibilités de croissance. On pratique la microchirurgie dans les recettes, sans comprendre que c’est le volet dépense qui mérite d’être motoculté aux engins lourds de chantiers.

En fait de transformation, Macron fait paysagiste armé d’un coupe-ongle dans un jardin à la française abandonné depuis un demi-siècle, qu’on camoufle tant bien que mal à coup de communication, de slogans creux et d’un xyloglotte très raffiné mais qui ne change pas de l’habituel.

Combien de temps ceci peut-il encore perdurer ?

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Source : http://h16free.com/2018/06/27/61302-macron-des-reformes-a-pas-de-fourmis-et-des-economies-inexistantes


Dépenses sociales : un pognon de dingue

lundi 25 juin 2018 à 09:00

Stupéfaction il y a quelques jours lorsque, frappé par une lucidité toute calculée, Manu Le Président s’est rendu compte que les dépenses sociales du pays étaient particulièrement dodues mais que les résultats, en face, laissaient amplement à désirer : dans une saillie au franc-parler qui a tout tourneboulé les médias, voilà que le locataire élyséen découvre qu’on dépense « un pognon de dingue ».

Bien évidemment, l’idée pour l’équipe de communicants de Macron consiste à essayer d’amener les médias et le pays après eux à prendre à bras le corps la problématique de ces dépenses sociales, alors que la nécessité d’économies commence à se faire sentir (assez vaguement et pas à une vaisselle ou une piscine près, n’exagérons rien), tout en ne proposant très précisément rien qui puisse, d’une façon ou d’une autre, déclencher quelque prise de conscience que ce soit.

Bien évidemment, quand bien même le constat est correct, la fine fleur du journamisme de piposophie comprend la manœuvre, évidemment politique, qui vise d’après elle à surtout faire oublier le problème migratoire. La dette, les résultats merdiques, la pression fiscale, tout ça n’existe pas réellement.

Pourtant, à 33% du PIB du pays et à hauteur de plus de 700 milliards d’euros, la France représente au niveau mondial et à elle seule 10% des dépenses sociales, comme nous l’apprend un Libération frétillant d’aise que ce ne soit pas 15%, oubliant de bien mesurer l’énormité du chiffre.

Du reste, soyons heureux : la protection sociale du chômage, ça marche très bien ! De plus en plus de chômeurs, une précarité qui s’est installée et se répand malgré les excitations et les agitations spasmodiques de tous les gouvernements, et des cotisations afférentes qui ne font qu’augmenter, voilà véritablement une recette qui a fait ses preuves et que les Français semblent approuver.

L’assurance maladie marche si bien qu’on oblige à présent tous les salariés à disposer d’une complémentaire qui, au final, ne parvient toujours pas à rembourser les frais les plus banals (lunettes, dentisterie de base) ; on continue de se tortiller la nouille pour savoir s’il faut ou pas rembourser l’homéopathie alors qu’aucun bénéfice médical n’a jamais réussi a être prouvé, ce qui coûte un pont au cotisant. On continue de rembourser des trouzaines de séjours en cure et autres aménagements de conforts, des trajets en taxi en lieu et place d’ambulances qui pallient les manques et autres absurdités règlementaires. En collectivisant la santé, on a de facto forcé les uns à payer les vices des autres, on a obligé la population à suivre des recommandations médicales de plus en plus douteuses (depuis la pyramide alimentaire jusqu’aux statines en saupoudrant de scandales médicaux que la dilution de responsabilité et le capitalisme de connivence à tous les étages expliquent fort bien).

Franche réussite.

Mais de loin, le pompon reste sans doute tout ce qui concerne la dernière période de notre vie, depuis la retraite jusqu’à l’assistance médicale des personnes âgées dépendantes.

La notion de pension décente est devenue une vaste blague pour une portion croissante de la population : bercée de la douce illusion qu’elle cotisait pour ses vieux jours, la vérité qu’elle ne faisait que payer pour ceux de ses propres anciens a fini par poindre lorsqu’elle a, à son tour, tenté de toucher quelque chose d’un système essentiellement pyramidal dont l’avenir ne dépend que d’une démographie qui n’a plus aucun lien avec la réalité.

Autrement dit : après avoir cotisé toutes ces années, pouf, le réveil est brutal lorsque la pension minuscule (frôlant l’injure) arrive à la fin du premier mois de retraite, lorsque les impôts continuent d’augmenter alors que les pensions baissent, lorsqu’on parle de sucrer les pensions de réversion, lorsqu’on comprend qu’on s’est fait complètement avoir. On n’évoquera pas les pensions grotesques de la plupart des artisans et autres commerçants que leur verse un RSI à la gestion à la fois catastrophique et honteuse.

Bien sûr, le tableau ne serait pas complet si, en parallèle de ces retraites massacrées, on n’y empilait pas d’autres problèmes directement consécutifs de quarante années de gabegie, de laxisme budgétaire, d’impréparation chronique et de désorganisation calculée.

Régulièrement, l’un ou l’autre scandale humain dans un Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) permet de rappeler à tous ce qui nous attend peu ou prou si l’on n’a pas pris de solides dispositions (financières notamment) bien en amont : là encore, le résultat est à la hauteur de tout ce que peuvent produire le capitalisme de connivence, des incitations économiques perverses, l’avalanche de lois, normes et autres règlementations complexes, le collectivisme et la dilution complète des responsabilités dans un tout-à-l’État mortifère.

Il suffit de lire les nombreux témoignages, récurrents, des personnels et des clients de ces établissements pour mesurer l’ampleur du problème. Bien évidemment, lorsqu’il est confronté au problème, le Français moyen (et son gouvernement, tout aussi moyen) s’empresse de réclamer… plus d’État, sans doute parce qu’avec la première place au monde des dépenses sociales, l’État n’en fait pas assez et que tout cet ultraturbolibéralisme, ça commence à bien faire.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Et heureusement, magie du socialisme oblige, à force de réclamer un accroissement majeur de l’emprise de l’État sur tout le traitement social du début, du milieu et de la fin de vie, le Français l’obtient : alors qu’une journée par an est déjà entièrement consacrée à travailler pour l’État et personne d’autre, on envisage de doubler ce nombre, et ce alors même que les pistes pour faire des économies et tenter de mettre un peu d’ordre dans cette immense foutoir n’ont même pas encore été seulement évoquées.

Le plus beau restant la constatation – effarée – que même avec ce niveau de dépenses sociales complètement affolant et qui, financièrement, ne peut amener le pays qu’à la faillite (Venezuela, nous voilà !), une part importante des Français (autour de 30% !) n’en profite même pas… alors qu’ils pourraient. On imagine sans mal le regain de Bonheur Intérieur Brut si cette nouvelle masse de Français entreprenait subitement les démarches pour bénéficier activement de la manne sociale disponible !

En somme, oui, le pays dépense des montants tous les jours plus élevés pour ses dépenses sociales. Ce faisant, les nécessiteux, loin de s’évaporer, se font tous les jours plus nombreux. Devant la détérioration de la situation et au lieu de prendre du recul et de remettre en cause ce modèle qui ne fonctionne pas, les Français choisissent d’en rajouter.

« Les montants explosent, la pauvreté aussi ? Accélérons le mouvement ! »

Si ça, ce n’est pas dépenser un pognon de dingues, qu’est-ce ?

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Source : http://h16free.com/2018/06/25/61311-depenses-sociales-un-pognon-de-dingue


[Redite] Si délicieuses dépenses sociales …

dimanche 24 juin 2018 à 11:00

Article initialement paru le 29.06.2015

Eh oui, « on met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas ». Comme en témoigne de billet d’il y a trois ans, la situation n’est pas nouvelle puisqu’en juin 2015, on mettait aussi un pognon de dingue et les gens ne s’en sortaient pas mieux. Depuis, on a accru les dépenses sociales, on a augmenté la dette du pays, … et le résultat est encore plus mauvais. Nous n’en avons probablement pas encore assez fait.

Oui. C’est cela : il doit être possible d’augmenter les impôts et ainsi, dépenser plus, non ?

En France (et notamment depuis le début du quinquennat Hollande), quand il pleut, c’est à verse et quand ça dévisse à l’extérieur, ça part en vrille à l’intérieur. Logiquement, alors que la situation internationale se fait chaque heure plus tendue, entre les énièmes péripéties grecques et le spectre de plus en plus présent d’une bulle financière sur le point d’éclater, on devait s’attendre aussi à une détérioration record de la situation économique purement nationale. Rassurez-vous : c’est aussi le cas.

Et c’est d’autant plus inquiétant que les informations suivantes n’ont pour ainsi dire pas été relayées par la presse nationale, trop occupée à regarder les sorties lapidaires de Valls ou les dernières âneries de Cambadélis. Pourtant, la nouvelle méritait sans doute qu’on s’y attarde même si l’actualité chargée justifie sans doute qu’il faille un peu de temps pour la faire revenir à la surface.

En substance, on découvre une inquiétude croissante des départements devant la croissance incontrôlée des prestations sociales.

Autrement dit, les départements n’ont plus une thune. Ce ne serait pas vraiment problématique si l’État, de son côté, disposait de quelques réserves. Mais ce n’est pas le cas et on commence à comprendre qu’en cette période de disette financière, il va falloir faire des efforts pour joindre les deux bouts, et ce d’autant plus que nous ne sommes qu’en Juin. Or, si avoir des problèmes de trésorerie en octobre, c’est enquiquinant, alors en Juin, cela devient franchement problématique.

Tax Money

D’autant que, comme je le notais, la raison principale du manque de trésorerie n’est pas liée à une dépense incontrôlée des fournitures de bureau qu’il serait facile de calmer, mais bien des prestations sociales au bout desquelles se trouvent des individus qui n’ont bien souvent pas vraiment d’alternative solide si celles-ci devaient s’interrompre, même momentanément.

Le constat, pourtant, ne laisse aucun doute et part d’une lettre de l’ODAS, l’Observatoire national de l’Action sociale, qui note il y a quelques jours que, je cite, « sans évolution du mode de financement de leurs compétences obligatoires, les Départements ne pourront plus, dans leur grande majorité, équilibrer leur budget dans un proche avenir. » Autrement dit, la distribution d’argent public continue de plus belle, son débit a même nettement augmenté (1.4 milliards de dépenses en plus en 2014 par rapport à 2013), et l’État, à sec, ne pourra bientôt plus du tout garantir l’équilibre des finances départementales.

Ce constat est partagé tant à droite qu’à gauche. Le bureau de l’ADF (Assemblée des départements de France), classé à droite, s’est alarmé de « la croissance incontrôlée des allocations individuelles de solidarité (AIS) qui conduira à l’asphyxie mortelle des départements » pendant que de son côté, « le groupe de gauche insiste sur l’urgence de la situation des finances départementales ».

Dans ces dépenses sociales, le premier poste des allocations versées est clairement le RSA (à 58%) dont les dépenses ont progressé de 9,2% en 2014. Les autres postes (l’APA – Allocation personnalisée d’autonomie – et la PCH – Prestation de compensation du handicap) sont aussi concernés par ces problèmes de trésorerie. Or, à moins bien sûr d’une inversion de courbe du chômage que bien peu espèrent encore, la situation devrait continuer de s’aggraver. Le plus gênant étant qu’on ne sache absolument pas à quoi s’en tenir ; d’après Claudine Padieu, directrice scientifique de l’ODAS,

« Contrairement aux autres postes, les économistes ne parviennent pas à réaliser des prévisions fiables pour le RSA. La hausse de ces dépenses est d’autant plus préoccupante qu’elle est imprévisible »

Zut, il va être délicat de planifier quelque chose (ce qui est une horreur pour nos amis les planistes), et tout indique que ça ne va pas aller mieux tout seul. Zut et zut.

Dès lors, on ne s’étonnera pas de retrouver quelques gémissements de conseillers départementaux, pour le moment discrets dans la presse locale, constatant, effarés, que la source d’argent gratuit des autres, qui tombait jusque là avec une belle régularité, commence à s’assécher. Zut, zut et rezut, il va falloir supprimer certaines subventions. Zut, zut, et rezut, tout ceci donne un parfum de déroute aux finances locales et pousse même certains à évoquer, sans ambages, un « krach budgétaire territorial ».

Eh oui, le problème, d’habitude pourtant simple, devient rapidement insoluble. Jusqu’à présent, il suffisait en effet de réclamer des sous à l’État. Lorsque celui-ci renâclait, la collectivité territoriale, jamais à court d’imagination, trouvait l’une ou l’autre taxe à augmenter, l’un ou l’autre impôt à retailler vers le haut, et, magiquement, l’argent rentrait. Malheureusement, ce temps de cocagne est révolu. Comme l’explique Jean-Louis Sanchez, délégué général de l’ODAS,

« Les conseils départementaux ne peuvent plus augmenter les impôts et, à ce rythme, ils ne pourront plus financer leurs dépenses sociales dans trois ans. »

Vous me direz : oh, trois ans, c’est encore une belle et longue période qui donnera certainement l’occasion à nos éternels dépensiers d’exprimer toute leur créativité, n’en doutons pas. Je me permets cependant de pointer que les dettes s’empilent, les expédients possibles s’amenuisent et les marges de manœuvres, déjà fort étroites il y a trois ans, risquent bien, à l’approche des élections et de l’impératif évident de ne pas tabasser l’électeur, de s’évanouir complètement. Autrement dit, tout ce petit monde, lentement mais sûrement, est coincé : ne pouvant plus augmenter les impôts, ne pouvant plus guère augmenter la dette, il va leur falloir diminuer les dépenses.

coincé

Comme je le disais en introduction, depuis que François Hollande a récupéré le pays des mains du précédent incompétent, lorsqu’il pleut, c’est à verse. Alors que les tensions internationales n’ont jamais été aussi fortes, que les marchés financiers affichent tous une situation bullesque et que le moindre événement imprévu (une faillite de Deutsche Bank ?) risque bien de déclencher des mouvements de panique mémorables, la situation économique nationale est inextricable. L’État, endetté jusqu’au cou, ne peut même plus faire mine d’aider les départements, eux-mêmes confortablement installés dans les dettes. Et à mon avis, ce ne sont pas les élections qui vont inciter les uns et les autres à apurer la situation.

Décidément, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2018/06/24/61308-redite-si-delicieuses-depenses-sociales


Des élus de plus en plus dangereux

vendredi 22 juin 2018 à 09:00

En France, l’administration fait, tous les jours, d’immenses dégâts et, comme un occupant intérieur, prélève une dîme chaque année plus lourde. Cependant, sa frénésie de tabassage fiscal doit beaucoup à cet esprit ponctionnaire débridé qui souffle au sein de son appareil de direction : chaque jour, à côté d’une inculture économique consternante, nos élus nous font la démonstration d’un état d’esprit totalement vicié.

Et il n’y a guère besoin d’aller chercher bien loin puisque chaque semaine, que dis-je, chaque jour amène son lot d’âneries affolantes proférées par l’un ou l’autre personnage politique d’importance relative.

Ici, il serait facile d’exhiber des exemples particulièrement comiques en tapant dans l’immense vivier de populistes d’extrême-gauche dont la réputation en matière d’inculture économique n’est plus à faire. Dans l’une ou l’autre saillie où le populisme s’y disputera l’indigence du raisonnement sous-jacent, on trouvera toujours une bonne raison d’aller saboter un pan de l’économie sous des prétextes fallacieux mais électoralement vendeurs.

Dois-je réellement m’appesantir sur le dernier tweet de Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il se demande, pas suffisamment in petto, si l’argent fait le bonheur et si, quelque part, il ne faudrait pas arrêter un peu d’accumuler bêtement, oubliant (commodément ou par simple absence de raisonnement) que c’est précisément l’accumulation de capital qui a permis, depuis l’aube des temps, de sortir l’humanité de sa condition animale et du dénouement qui s’y rattache ?

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Si l’on n’est guère étonné de trouver ce genre de propos chez quelqu’un qui se fait fort de confisquer tout ce qu’il pourra (et d’accumuler pour lui et sa clique – l’accumulation, dans ce cas là, ne le rendant pas morose), on pourra s’inquiéter un peu plus en découvrant les opinions aussi informées que frappées au coin du bon sens avec 3g d’alcool dans le sang d’un certain Guillaume Peltier, occulté jusque-là, dont on a la tristesse d’apprendre qu’il est vice-président des Républicains, poste qu’il aura décroché probablement à la suite d’une épique partie de beer-pong (je ne vois guère d’autre explication possible).

Et pour ce Vice caché jusqu’à présent, il faudrait très clairement augmenter le SMIC de 10, 15 voire 20% : eh oui, puisqu’avec 1100 ou 1200 euros par mois, il est difficile de vivre en France, l’individu propose un électrochoc en augmentant le salaire minimum d’une façon musclée, tout en prétendant rééquilibrer cette hausse par « une baisse des charges drastique » sur ces salaires. Qui sont déjà, très largement, particulièrement allégés de charges.

Autrement dit, outre l’absence assez inquiétante de connaissance du sujet spécifique du salaire minimum en France, le frétillant demi-président nous démontre une méconnaissance dramatique d’une règle de base de l’économie : si vous contraignez artificiellement un prix à la hausse, vous créez, mécaniquement, des frictions dans le marché correspondant et accroîtrez inévitablement les inefficacités. En d’autres termes, le coût de l’emploi augmentant, vous allez créer encore plus de chômeurs.

Mais le politicien n’en a cure. Tout comme Jean-Luc et ses saillies ridicules à faire pousser des dents de travers, le brave Guillaume sait qu’on attrape plus de mouches électorales avec une pinte de populisme qu’avec une goutte de réalisme.

Heureusement, ni le premier ni le second ne sont au pouvoir. Il n’y a rien de plus dangereux qu’un populiste au pouvoir, surtout s’il se double d’un parfait crétin ou d’un inculte chimiquement pur en économie. Le Vénézuéla en fait les frais tous les jours, le Zimbabwe avant lui et la France n’y échappe pour le moment que par la grâce d’un énième concours de circonstances pas trop défavorables.

Mais voilà, la chance finit toujours par tourner.

Après tout, nous avons Bruno Le Maire comme ministre de l’Économie, et ce type n’a manifestement jamais été équipé pour en parler, l’analyser et à plus forte raison, la comprendre.

En témoigne la dernière enfilade d’imbécilités qu’il a proférées avec un aplomb que seuls peuvent afficher les innocents aux mains pleines et aux crânes vides.

Ainsi, pour ce minustre, aucun doute : il faut taxer Amazon, il faut taxer leurs livraisons, et puis c’est tout.

https://twitter.com/BFMTV/status/1008963662730670081

En cela, il rejoint donc avec une belle vigueur de vainqueur le train des sénateurs parti un peu avant lui qui ont décidé de fusiller ce qui restait de commerce en France, et de réintroduire une forme pas du tout subtile d’octroi dans nos villes et nos campagnes. On attend avec gourmandise les subventions aux troubadours et autres jongleurs que la République réintroduira pour ce nouveau Moyen-Âge festif, citoyen et un tantinet rigoureux que nous dessinent Bruno et sa brochette de déconautes de l’économie.

Pour entrer en politique, il faut une confiance en soi absolument inoxydable. Ce trait permet de sélectionner les plus obstinés, et la frontière est fine avec les plus bornés. Frontière que Bruno franchit allègrement, tel un réfugié de l’économie alternative franchissant une véritable Méditerranée de concepts foireux sur le petit pédalo de son intelligence : non content de vouloir fusiller Amazon et l’e-commerce français dans le même pédalage vigoureux, le voilà qui s’en prend avec finesse à la rémunération de l’ex-PDG de Carrefour.

https://twitter.com/BrunoLeMaire/status/1007923174565085184

Eh oui : alors même que Bruno Le Maire n’a jamais été bénévole toutes ces années où il a sévi en politique (ce qui aurait mis son salaire à la hauteur de ses réussites), voilà celui qui est parvenu 5ème sur 7 candidats de la Primaire républicaine avec un imposant 2.36% distribuer des bons et des mauvais points à quelqu’un dont la rémunération dépend, au final, du bon vouloir d’actionnaires dont Bruno n’est normalement pas responsable.

N’en déplaise à Bruno, les rémunérations octroyées par Carrefour à ses dirigeants ne le regardent en rien et ne regardent que les propriétaires légitimes de cette entreprise privée qui finirait, magie du marché, par une faillite méritée si elle persistait à payer n’importe qui n’importe comment.

Faillite que Bruno n’envisage même pas, ce concept ayant été soigneusement gommé tant dans les administrations où il a laissé ses traces que dans toutes les boîtes où l’État met ses doigts boudinés et qui sont devenues littéralement impérissables, par la force des interventions catastrophiques de Bruno et de types de son « calibre » avant lui.

Ce faisant, le ministre de l’Économie intervient, encore une fois, dans un domaine qu’il ne maîtrise en rien, ce qui ne manquera pas de déclencher, un jour ou l’autre, des effets indésirables. Eh oui : un incompétent au pouvoir, c’est toujours dangereux.

Et ici, je ne parle malheureusement pas de prospective ou d’hypothétiques dérapages malencontreux, mais bien de faits certains et de conséquences inéluctables avec lesquels nous devrons vivre des décennies durant, de la même façon que nous vivons, ici et maintenant, avec les conséquences catastrophiques des colliers de nouilleries que les brillants prédécesseurs de Bruno ont enfilées avant lui.

Il me suffira, pour illustrer ce propos et conclure cet article, d’exhiber la dernière trouvaille du Conseil Constitutionnel dégotée par un Laurent Alexandre effaré (et il n’est pas le seul), et de constater que oui, décidément, avec ce genre d’olibrius aux commandes, ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2018/06/22/61279-des-elus-de-plus-en-plus-dangereux


Thinkerview : blockchain et gouvernance

jeudi 21 juin 2018 à 10:00

Ce mois-ci, petit détour Thinkerview dans le domaine des cryptomonnaies puisque l’équipe a choisi d’interviewer Primavera de Filippi, chercheuse au CNRS sur les aspects juridiques de la blockchain, et Rémy Bourganel, designer et qui travaille sur la gestion de l’identité numérique et l’implication de la blockchain dans ce domaine.

Dans cet entretien, nos deux intervenants passent en revue les différents concepts sous-jacents à celui de la blockchain, et exposent leurs avis sur les principaux bénéfices ainsi que les développements futurs que cette nouvelle technologie offre à l’humanité.

Ainsi, après un rapide tour d’horizon fait par Bourganel sur la technique de « consensus » qu’introduit Bitcoin, De Filippi revient sur les trois grands types d’applications que la blockchain permet, à savoir les applications financières, les applications notariales et les smartcontracts, ou contrats « intelligents », programmes dont l’exécution n’est dépendante que des mineurs, ces entités validant les transactions et assurant la réalisation du consensus au niveau de tout le réseau.

L’interview est très riche et balaye plusieurs sujets d’importance en rapport avec la blockchain : consensus, gouvernance décentralisée, identité et pseudonymat, les preuves à divulgation nulle de connaissance, consommation énergétique (qui donne aux deux intervenants l’occasion de sortir quelques âneries trop souvent entendues), monopole des banques centrales, informatique quantique, l’utilisation de la blockchain comme système de preuve et non de stockage de données, intelligence artificielle et systèmes répartis, …

J’encourage tous ceux qui sont intéressés par cette innovation à passer un peu de temps et visionner les éléments de réflexion proposés par ces deux intervenants.

Source : http://h16free.com/2018/06/21/61294-thinkerview-blockchain-et-gouvernance