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France, terre de paix et d’amitié

mardi 3 septembre 2019 à 09:00

Ceci n’est pas un billet, c’est un simple constat, sur un peu plus d’un mois. Je vous laisse tirer les conclusions que vous voulez.

1. Les meurtres en France sont en pleine augmentation. Heureusement, des actions fermes de police et de justice sont en cours pour juguler le problème, n’est-ce pas.

2. Voici une liste, sur quelques semaines, de ce qui se passe dans le pays. Tout porte à croire qu’il y a 20 ou 30 ans, le tableau aurait été sinon différent, en tout cas plus difficile à dresser. On pourra raisonnablement douter que le nombre de fusillades qui y avait alors lieu était aussi élevé. Si mon lectorat a des statistiques fiables, je suis intéressé.

12.07.2019, à Royan : 1 blessé

16.07.2019 à Stains : 2 morts

19.07.2019 à Paris : 1 mort

28.07.2019 à Ollioules : 3 morts

02.08.2019 à Nantes : 2 blessés. On notera au passage qu’« Il s’agit de la dixième fusillade sur la place Mendès France ou à ses abords immédiats depuis deux ans »

03.08.2019 à Nantes encore : 1 mort

03.08.2019 à Simandres : 2 blessés

05.08.2019 à Marseille : 1 mort

13.08.2019 à Draguignan : 2 blessés

15.08.2019 à Kingersheim : 1 mort, 2 blessés

20.08.2019 à Aulnay sous bois : plusieurs blessés sur un tournage de clip.

24.08.2019 à Aubervilliers : 1 mort et 1 blessé

25.08.2019 à Montpellier, Perpignan et Nîmes pour un total de 1 mort et plusieurs blessés.

28.08.2019 à Brest : 2 blessés.

Et sinon, dans la catégorie « On ne plaisante pas avec la nourriture en France », signalons la reprise en main très ferme de la qualité culinaire de certains quartiers par des habitants qui n’hésitent pas à remettre les choses au clair.

Heureusement que l’usage d’armes à feu est très strictement contrôlé en France. Quant aux armes blanches, heureusement de ce côté là, tout va bien.

Oups.

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Source : http://h16free.com/2019/09/03/64078-france-terre-de-paix-et-damitie


Greta d’un côté, Wong de l’autre : on a les héros qu’on peut

lundi 2 septembre 2019 à 09:00

La situation à Hong Kong s’assombrit de jour en jour : alors que les manifestations continuent dans l’ex-colonie britannique depuis le 31 mars de cette année, et que la dernière, samedi 31 août, s’est soldée par de très nombreuses arrestations par le pouvoir communiste chinois amenant à plus de 900 le nombre d’individus détenus, on apprend l’arrestation de Josuah Wong.

Vendredi 30 août, le parti Demosisto a annoncé l’arrestation de son secrétaire général Josuah Wong, militant pro-démocratie hongkongais âgé de 23 ans qui fut aussi le visage du mouvement des Parapluies en 2014.

Depuis plusieurs mois, Hong Kong est secoué par une mobilisation populaire sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, notamment organisée par la mouvance pro-démocrate. Ces manifestations ont été déclenchées suite à la volonté de Pékin de pousser un amendement contre la loi d’extradition des ressortissants hongkongais que beaucoup de manifestants considèrent comme une remise en question complète de l’indépendance de la justice locale vis-à-vis du pouvoir communiste de Pékin. Si la plupart de ces manifestations monstres se sont déroulées dans le calme, certaines ont dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l’ordre.

Depuis la Révolution des Parapluies en 2014, Pékin tente de resserrer son pouvoir sur la province de Hong Kong en réduisant progressivement les libertés dont jouissent pour le moment ses ressortissants.

Josuah Wong, comme les autres figures du précédent mouvement et de celui qui agite la province actuellement sont tous des militants farouchement convaincus que leur liberté (d’expression, d’opinion, de déplacement ou de commercer) est maintenant gravement menacée par les agissements du gouvernement communiste chinois dont l’étau, sur Hong Kong et sur le reste de tout le pays, n’a cessé de se refermer ces dernières années, mettant lentement mais sûrement un terme à la période d’ouverture que la Chine a connu avec Jiang Zemin et Hu Jintao.

Dans le même temps et avec cette ironie que le sort nous dispense régulièrement, on apprend l’arrivée de Greta Thunberg à New-York. Les quelques jours qui ont suivi son arrivée auront été l’occasion pour tous les médias occidentaux de donner dans le reportage de terrain et les articles journalistiques d’une pertinence folle.

Et alors que l’hystérie réchauffiste continue – le GIEC annonce à nouveau dans une bordée de conditionnels baveux des millions de réfugiés climatiques, quand bien même ses précédentes prédictions se sont révélées complètement fausses – il ne nous aura été épargné aucune minute du passionnant périple atlantique de la militante écologiste qui, du haut de ses 16 ans, entend explicitement nous faire tous paniquer un bon coup, cette émotion étant, c’est bien connu, la meilleure des méthodes pour faire preuve de raison et agir de la façon la plus sage.

Pour rappel, notre adolescente s’était retrouvée embarquée sur un voilier de compétition pour effectuer une traversée Plymouth – New-York afin d’éviter de prendre l’avion, dont la pollution et le bilan carbone horrifiait la jeune fille. On notera que son retour en Europe se fera malgré tout de façon aérienne, et que le bateau, qu’il faudra bien faire rentrer de toute façon, sera ramené par ses skippers affrétés directement à New-York … par avion eux aussi.

Le bilan environnemental de l’opération, à l’instar d’à peu près toutes les initiatives écologiques médiatiques actuelles, est donc phénoménalement désastreux mais peu importe : dans cette société qui ne vit que de symboles, l’image d’une fillette cherchant à déclencher la panique chez les dirigeants mondiaux semble conquérir le cœur des rédactions et des gouvernements du monde entier.

On ne peut s’empêcher de constater un contraste violent dans ces deux événements proches l’un de l’autre.

D’un côté, un militant risquant littéralement sa vie pour cette notion de liberté qui semble particulièrement oubliée de nos jours en Occident. Il faut être particulièrement endoctriné, dogmatique et perdu dans des concepts fumeux (comme Edwy Plenel par exemple) pour voir dans le combat de Josuah Wong autre chose qu’une affirmation courageuse du besoin de liberté et d’un refus du communisme et du totalitarisme et pour croire y voir un refus du capitalisme ou un désir invraisemblable de contrôle plus important du gouvernement sur sa vie : si toute la population de Hong Kong (ou presque) est dans la rue actuellement, c’est pour réclamer davantage de libertés, et parce que ces libertés (dont le capitalisme découle) ont permis à ces individus de vivre heureux, de prospérer et de s’enrichir.

De l’autre, comment ne pas comprendre le projet particulièrement funeste qui se cache derrière les admonestations plus ou moins bien articulées de la jeune militante écologiste ? Comment ne pas voir l’exhortation à un gouvernement mondial, à un nouveau totalitarisme du carbone où chaque action sera minutieusement mesurée à l’aune de son impact, réel ou supposé, sur un environnement par ailleurs fantasmé ? Comment ne pas voir les connivences hideuses entre les vendeurs de technologies catastrophiques et les gouvernants trop heureux de trouver dans ces discours l’occasion de pressurer les peuples de taxes et d’interdictions faciles à sanctionner (moyennant amendes) ? Comment ne pas comprendre que l’agenda écologique actuel n’est qu’un collectivisme de plus, basé sur une peur, bien ancestrale celle-là, de catastrophes à venir toutes plus énormes les unes que les autres ?

Et alors que Josuah Wong réclame plus de liberté pour lui et ses concitoyens, Greta Thunberg réclame avec véhémence moins de libertés pour tous (de déplacements, de choix, d’expression, …). Alors que Wong cherche à s’exprimer le plus librement possible, Thunberg et ses suiveurs enfiévrés œuvrent résolument pour faire taire ceux qu’ils qualifient de sceptiques (comme jadis on distribuait de l’anathème « impie » à ceux qui doutaient trop vocalement), seuls les climato-crédules ayant droit aux médias et à l’oreille des gouvernants.

Dans ce tableau, la France, toujours prompte à pointer du doigt les turpitudes des autres pays et à larguer sur le reste du monde de façon guère chirurgicale ses barils de moraline par palettes entières, a choisi de relayer avec précision les pérégrinations de Greta qui n’a pour le moment pris aucun risque physique ni intellectuel avec ses discours et son parcours. En revanche, la même France fait preuve d’une pudeur de violette lorsqu’il s’agit de condamner les exactions du régime communiste de Pékin ; sa presse et ses politiciens sont restés fort discrets depuis le début des manifestations et la couverture des événements n’est que récente.

Du reste, il sera difficile d’oublier la position française (ou plutôt son absence chimiquement pure) concernant d’autres individus comme Snowden ou Assange.

La France a résolument choisi une gamine de 16 ans endoctrinée qui plaide pour un autoritarisme écologique, et s’est complètement détournée de ceux qui ont littéralement mis leur vie en danger pour des idéaux qui sont, pourtant, gravés dans notre Constitution…

On a décidément les héros qu’on peut.

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Source : http://h16free.com/2019/09/02/64262-greta-dun-cote-wong-de-lautre-on-a-les-heros-quon-peut


[Redite] La société française à deux étages

dimanche 1 septembre 2019 à 11:00

Article initialement paru le 29.08.2013

Ce dimanche, parlons immobilier sur deux étages avec un billet qui, en six ans, n’a pas vieillit d’une fêlure et n’a pas eu besoin d’un ravalement de façade…

L’accession à la propriété, de nos jours, en France, peut conduire à tout et notamment à mesurer, en prise directe, l’état général de déliquescence du pays.

Pour plus de praticité, l’aimable lecteur qui nous rapporte ses aventures sera appelé Pierre par la suite ; pour faire comme les rédactions à sensation des journaux actuels, je tiens bien sûr à préciser que le prénom a été changé et choisi au hasard dans une liste contenant toute la dose de diversité et la parité nécessaire pour éviter la moindre discrimination et l’amalgame malheureux. Notez que j’aurais pu choisir Sven, Mouloud, Batman ou Pimprenelle, mais, vous le verrez, le sujet est suffisamment sérieux pour qu’on évite de s’éparpiller.

Bref.

logo ca - le bon sens a de l'avenirL’histoire est récente, puisqu’elle débute en juin de cette année. L’été s’installe, les petits oiseaux gazouillent, les arbres et les massifs municipaux des multiples rond-points se fleurissent à grands frais et Pierre se lance dans l’achat d’un bien immobilier. Pour cela, il va passer par des enchères publiques : un bien a en effet retenu son attention. Il s’agit d’un modeste immeuble de rapport constitué de deux logements, identiques, sur deux étages, et d’un local commercial, libre, au rez-de-chaussée. Pierre a pris soin, avant d’envisager l’achat, de consulter le dossier rédigé par l’avocat du créancier. Ce dernier, le Crédit Agricole, indique les conditions qui amènent ce bien aux enchères : le précédent propriétaire l’avait acquis en 2008, pour un montant de 162.000€, intégralement financé par un crédit sur 25 ans, alors que ses revenus de salarié d’une agence immobilière n’étaient que de 2250€ mensuels. « Le bon sens a de l’avenir », dit-on au Crédit Agricole, réputé pour une être une indécrottable bande d’optimistes.

enchères - balaisL’enchère est de courte durée, Pierre est le seul enchérisseur présent, et le montant initial est même revu à la baisse pour un total final de 60.200€… Le marché immobilier n’est plus ce qu’il était jadis, semble-t-il. Une fois reçu le jugement d’adjudication, validant Pierre comme nouveau propriétaire, ce dernier décide de rendre visite aux locataires afin de leur faire connaître leur nouveau propriétaire, et prendre connaissance des contrats locatifs qu’il n’avait pu obtenir avant l’achat.

La matinée touche à sa fin. Se rendant au premier étage et toquant à la porte, une dame de 35 ans environ, en robe de chambre, lui ouvre la porte. Pierre lui explique l’objet de sa visite : il désire simplement prendre connaissance du bail. Elle le fait entrer, ce qui permet à notre homme de découvrir qu’elle est l’heureuse maman de quatre enfants. Les fouilles qu’elle mènera dans les minutes qui suivent dans une paperasse assez peu organisée ne permettront pas de retrouver le document recherché, Pierre lui demande simplement le montant du loyer qu’elle acquitte. Petite surprise : elle s’avère incapable de lui dire le montant. Elle n’en paye rien, puisque « c’est la CAF qui gère tout ça ». Pierre insiste : après tout, c’est elle qui a signé le bail, et elle a forcément des courriers de la caisse d’allocations familiales sur le montant versé chaque mois au propriétaire. Malheureusement, les recherches s’avèreront aussi infructueuses que les précédentes. L’allocataire retrouve tout de même son numéro, habilement stocké dans son téléphone portable, ce qui permettra peut-être au nouveau propriétaire de retrouver l’information auprès du payeur réel.

… Auquel il se rend et apprend que le montant de l’APL de cette dame s’élève à 478€ versé directement au propriétaire. Heureuse surprise : compte-tenu de la localisation du bien, de son étage et des paramètres habituels, Pierre pensait le loyer moins élevé. Quant aux changements de propriétaire, tous les papiers devront être envoyés par courrier, avec le cerfa machin, le coup de tampon bidule et vous signez là et tout sera automatique et merci et bonne journée.

Bien évidemment, deux mois plus tard, et malgré l’envoi de tous les papiers nécessaires, la CAF ne parviendra pas à payer directement sur le compte de Pierre, comme prévu. Sur place, on expliquera à Pierre que, faute d’effectifs suffisants, par manque de moyens et parce qu’il n’y a pas assez de gens présents, et tout ça, les courriers ont un mois et demi de retard, et les virements des deux mois précédents ont encore été réalisés sur le compte de l’ancien propriétaire, mais rassurez-vous mon bravmôssieu, les paiement auront bien lieu rapidement, « Charge à nos services de récupérer les sommes indûment perçues par l’ancien propriétaire » (connaissant la situation de ce dernier, on leur souhaite bien du courage pour recouvrer les sommes).

Les bonnes nouvelles s’enchaînant joyeusement, un coup de téléphone le lendemain permet à la locataire du premier d’indiquer à Pierre qu’elle a retrouvé son bail et les papiers de la CAF. Leur lecture permettra d’établir que le montant du loyer est en réalité de 340€, et que le montant des prestations de cette dame est de 1542€ mensuel hors APL. Pierre profitera d’un nouveau passage à la CAF pour tenter de comprendre le différentiel entre le loyer versé par l’organisme et le bail du loyer. Stupéfaction (confirmée ensuite à la lecture du guide du bailleur) :

« Non, non, Monsieur, point d’erreur de nos services. Il arrive dans certains cas que le montant versé soit supérieur au loyer. Les droits de cette dame en aide au loyer sont de 478€. Charge à vous de faire le remboursement du trop perçu au locataire. »

bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !

Parallèlement à cette histoire CAFkaïenne, Pierre a bien évidemment tenté de rencontrer les locataires du second étage. Rarement là, ils sont difficiles à joindre. Après quelques jours, Pierre tombe en fin d’après-midi sur un garçonnet de neuf ans qui lui ouvre et lui apprend que ses parents travaillent et ne seront là le soir que vers 20H.

La prise de contact aura donc lieu le soir même. Pierre fait alors connaissance d’un couple dont le mari est artisan boulanger et la femme tient la boutique, qu’ils ont repris depuis quatre ans à quelques 300 mètres de l’appartement. Le bail, présenté rapidement, est de 340€, comme à l’étage inférieur. Mais ici, la CAF n’intervient pas : ils nagent en effet dans l’opulence avec des bénéfices de 19.800€ annuels et leur trop petit nombre d’enfants (un seul, pensez donc !). Les histoires de loyer évoquées, la discussion roule gentiment sur les banalités habituelles de la pluie et du beau temps, de la fatigue qu’on peut comprendre pour ceux qui se lèvent à 4H du matin et qui ferment leur boutique à 19H30, et sur les petits soucis d’argent. Eh oui. Le RSI (vous savez, le régime des indépendants si cher à nos artisans) vient d’envoyer un gros rappel (9.200€). Évidemment, aucune explication de ce rappel n’aura été fournie, ni par le comptable, complètement perdu, ni par les services concernés de l’organisme, complètement incompétents. ‘ Manquerait plus que ça ! On est en France, éternelle et merveilleuse, merdalafin.

Bilan : le papier timbré a été envoyé, et qu’importe si le rappel parait démesuré par rapport à l’activité de la boulangerie. Qu’importe finalement si cette somme, plus que probablement indue, n’est là que pour éponger les dettes d’un système qui s’écroule tous les jours un peu plus sous nos yeux. Qu’importe. C’était payer ou les huissiers. La bourse ou la vie (professionnelle, au début). Le boulanger clora la conversation dans un soupir :

« Mais rassurez-vous. Nos loyers ont toujours été versés en temps et en heure. »

Tout va bien, alors.

Pierre quitte donc l’artisan et sa famille, un peu sonné de la différence si radicale d’un étage à l’autre. Certains, en France, bénéficient plus de l’égalité et de la fraternité que d’autres. En passant par l’arrière-cour le menant à la sortie du bâtiment, il tombe sur deux vélos d’enfant. L’un d’eux est flambant neuf, un BMX 380 prêt à décoller pour de nouvelle aventures. L’autre est un vieux clou qu’on aurait du mal à recycler même à la communauté Emmaüs. Le premier appartient à l’un des fils de la locataire du premier. Pas le second.

ModernWelfareTout ceci n’est, bien sûr, qu’un exemple parmi tant d’autres et il est impossible, à partir de cette tranche de vie, d’établir une statistique, d’analyser une tendance de fond, de tirer de grandes conclusions sur l’état réel de la société. Il s’agit pourtant d’un témoignage vécu, d’une tranche de cette réalité que nos politiciens, notamment ceux qui se trouvent si mal payés, ne peuvent absolument pas toucher du doigt ni même approcher. Cette tranche, aussi malingre et critiquable soit-elle, entraîne cependant quelques questions.

Ainsi, on peut se demander si la fraternité dont la République se gargarise bien volontiers au perchoir est aussi belle à regarder en pratique ; les aides, qui coûtent si cher à ponctionner, sont-elles vraiment distribuées aux plus méritants ? Permettent-elles vraiment l’émergence ou la perpétuation de valeurs qui fondent la vie en société, qui s’appuient notamment sur l’équité, la justice, qui encouragent l’effort et sa juste rétribution ? Ainsi, est-il vraiment souhaitable que le travail des uns permette aussi manifestement l’oisiveté des autres ?

Et moralement, que peut-on attendre d’une société qui n’offre plus de perspective pour un artisan et sa famille, ou qui en offre plus à des personnes qui ont choisi l’assistanat qu’à celles qui ont choisi le travail ?

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Source : http://h16free.com/2019/09/01/64252-redite-la-societe-francaise-a-deux-etages


En France, il est désormais interdit de juger les juges

vendredi 30 août 2019 à 09:00

Le diable est, dit-on, dans les détails. En Socialie, les petits détails sont législatifs et sont insérés, discrètement, au détour de l’une ou l’autre réforme, loi de programmation ou décret d’application que la République se fera fort d’appliquer avec soin par la suite. La mise à jour de l’article 33 du 23 mars 2019 de la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice illustre fort bien mon propos.

Vous n’en avez probablement pas ou très peu entendu parler et c’est normal tant la vie en République Française du Bisounoursland est calme et très légèrement barbante : qui pourrait s’occuper de l’insertion d’un petit article législatif dont l’objet semble, à la lecture, particulièrement accessoire ?

En effet, cet article 33 semble interdire toute utilisation de l’identité des magistrats de la Justice française pour en tirer quelque analyse statistique que ce soit. En tournure légale, cela donne ceci :

« Les données d’identité des magistrats et des membres du greffe ne peuvent faire l’objet d’une réutilisation ayant pour objet ou pour effet d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. »

Plus exactement, la loi est ainsi écrite qu’elle interdit formellement d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. Et pour bien faire comprendre à quel point cette interdiction est importante, elle est assortie d’une peine de cinq ans d’emprisonnement.

Voilà donc nos magistrats bien à l’abri de toute analyse statistique de leurs biais et penchants, de leur laxisme ou de leur sévérité ou, plus encore, de leur éventuel militantisme engagé dont les effets pourraient se faire sentir dans les décisions qu’ils prennent. Bien évidemment, telle n’est pas la cible officielle de la loi qui s’affiche plus sûrement comme un moyen d’éviter l’introduction, en catimini, de techniques d’intelligence artificielle sur les jugements rendus et l’analyse a priori des habitudes des uns et des autres pour permettre de calibrer les angles de défense ou d’attaque par des firmes d’avocats solidement outillées en technologies modernes.

C’est en tout cas ce que certains articles de presse expliquent, assez justement du reste, pour contextualiser l’apparition de cette loi que seuls les magistrats en question semblaient appeler de leurs vœux (qui ont donc été très favorablement entendus par le législateur). En substance, l’idée est aussi simplette que bassement communiste puisqu’elle tend à faire croire que la justice ne pourrait pas être un bien de consommation comme un autre, et qu’au travers d’une loi idoine, on pourrait ainsi empêcher une forme de consumérisme débridé (capitaliste, apatride et turbolibéral évidemment) dans le choix d’un tribunal ou d’un magistrat…

C’est bien sûr complètement idiot, tant est parfaitement artificielle une telle interdiction dans ce XXIème siècle interconnecté : il suffira à une société de droit étranger de collecter les données françaises (disponibles publiquement) pour réaliser les statistiques honnies et faire le profilage complet des magistrats, qu’elle pourra ensuite mettre à disposition de ses clients (français ou étrangers), tout en étant hors de portée de cette loi. C’est grotesque mais ça rassure les corporations françaises.

Mais en marge de cet aspect et tant que les décisions des tribunaux seront publiques et consultables facilement (gageons que ça changera vite), cette loi permet aussi de garantir qu’aucune statistique potentiellement médiatique et fort désagréable ne vienne se glisser dans le paysage judiciaire français.

Pas question qu’on puisse déterminer les juges les moins enclins à l’incarcération de délinquants multirécidivistes. Pas question non plus qu’on puisse repérer ceux ou celles d’entre eux qui seraient un peu laxistes, un peu trop favorables à un sexe plus qu’un autre, ou dont les vues politiques teinteraient les jugements (oh, qu’allez-vous penser là, honteux blogueur !). Non, vraiment, pas question qu’on puisse ainsi ternir les réputations des magistrats en face de faits statistiques quantifiables qui pourraient leur être opposés.

Plus fondamentalement, cet article (coïncidentalement rattaché aux mêmes sanctions que celles prévues pour les impétrants pratiquant les statistiques ethniques) revient à interdire purement et simplement aux Français d’avoir une idée précise de ce que vaut leur Justice, et, par contraposée, à empêcher que les juges, qui ne sont que des humains, puissent s’amender et tenter de rendre des décisions aussi uniformes et équitables que possibles.

Pire encore : l’introduction de cette nouvelle interdiction intervient alors qu’aucun scandale majeur contre l’un ou l’autre juge défaillant n’a émaillé l’actualité. Oh, il y a bien eu de nombreux scandales judiciaires (Mur des cons notamment), des traitements évidemment biaisés (répression des Gilets jaunes comparé à certains autres groupes activistes, …) mais, jusqu’à présent, personne n’avait eu l’idée de publier des statistiques sur un juge…

Autrement dit, ce nouvel article de loi semble précéder toute velléité de concrétiser cette idée, un peu comme si ceux qui l’ont poussé n’avaient pas totalement la conscience tranquille. Et ainsi, par prévoyance, ils étendent la tactique de mise sous le tapis déjà employée pour les statistiques ethniques. Après tout, elle a bien fonctionné pour priver tout contradicteur d’arguments chiffrés (nourrissant dans la foulée censure et complotisme dans un mélange jamais bon à long terme), pourquoi ne pas l’employer aussi dans ce domaine là ?

S’il y a, certes, un problème de moyens avec la justice, il y en a aussi un autre : celui de sa politisation à outrance, de son trop grand laxisme dans certains cas et de sa trop grande sévérité dans d’autres, de son inadéquation aux demandes de la société et de l’incompétence de certains juges enfin. Tout autant d’éléments que ces statistiques dévoileront inévitablement et que cette interdiction veut camoufler en criant « Ne regardez pas du côté de la justice, c’est interdit ! », comme un gamin qui crierait « Je n’ai rien fait, je n’ai rien fait, c’est pas moi, c’est pas moi, n’allez par regarder par là, il n’y a rien ! »

Très inquiétante démarche que celle qui consiste à interdire le thermomètre pour cacher la fièvre.

this will not end well

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Source : http://h16free.com/2019/08/30/64229-en-france-il-est-desormais-interdit-de-juger-les-juges


En marche … arrière, et surtout à petite vitesse

mercredi 28 août 2019 à 09:00

Dès le départ et lorsqu’il avait lancé, en fanfare, son brochet projet pour la France, le président Macron souhaitait mettre le pays « En Marche ». À mesure que le dirigeant français s’enfonce dans son quinquennat comme une chips molle entre les deux coussins dans un gros canapé en cuir, le doute s’immisce sur la volonté de réellement faire avancer le pays.

En fait de le mettre en marche, Emmanuel Macron semble avoir poussé le pays à reculons : les réformes fanfaronnées dans toute la presse se dégonflent les unes après les autres, et les vagues bricolages présentés comme des progrès ressemblent de plus en plus à des reculades ou des atermoiements qui riment plus avec piétinement qu’avec avancement.

Les derniers résultats des élections européennes, bien que lourdement entachées d’une abstention record, ont de surcroît envoyé un message très clair au frétillant quadragénaire qui les interprète pourtant simplement comme un besoin des Français pour davantage d’écologie ou, plus prosaïquement, lui ont rappelé que sans vigoureusement ripoliner ses élucubrations politiques d’une solide couche de vert tendre, il risquait de se prendre une peignée aux élections suivantes.

La presse, comprenant le pari élyséen, lui a donc emboîté le pas dans cette nouvelle orientation écoloïde, ce qui aboutit aux torrents d’imbécillités niaiseuses auxquelles nous assistons actuellement, depuis les idioties sur les effets néfastes potentiels, supposés et particulièrement imaginatifs du réchauffement climatique sur notre avenir (ce dérèglement entraînant – par exemple – la prochaine crise financière ou les précédentes crises humanitaires, la disparition du poisson ou des nuages, …), jusqu’à l’hystérie complète devant l’un ou l’autre événement en rapport direct ou pas avec l’environnement (comme c’est le cas avec l’Amazonie).

On aboutit au final à un véritable tir groupé du politique et du médiatique pour bien nous faire comprendre que tout, absolument tout allait être fait pour nous sauver la mise d’une fin apocalyptique, contre notre gré s’il le faut, et grâce à l’empilement judicieux d’interdictions, de taxes et de contraintes (car tout le monde sait que les taxes et les interdictions, ça marche !).

C’est ainsi qu’on se retrouve avec les déclarations consternantes du président concernant la marine marchande, déclarations reprises sans la moindre remise en question par la presse, lors du dernier G7. Pour Macron, une des solutions pour réduire les émissions de dioxyde de carbone consiste à réduire la vitesse des cargos :

« De manière solennelle, pour la première fois, nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes pour réduire la vitesse des navires »

Eh oui : les calculs des transporteurs, des organisations plus ou moins non-gouvernementales, des journalistes et des politiciens du Ministère des Petits Oiseaux et de l’Air Pur sont formels puisqu’en réduisant sa vitesse de 12 à 11 nœuds (de 22 à 20 km/h), un pétrolier réduirait sa consommation de carburant de 18%…

Apparemment, personne ne semble trop se soucier de quelques éléments pourtant importants : ralentir le commerce maritime, cela veut aussi dire de façon quelque peu tautologique (mais apparemment nécessaire à rappeler) qu’un bateau qui avance moins vite prendra plus de temps à faire le trajet qu’on lui demande, et arrivera donc plus tard au port de destination. Or, ceci a des conséquences économiques évidentes à commencer par le fait qu’en accroissant les durées des flux, on en augmente substantiellement les coûts et les contraintes. Quand il s’agit de pétrole, cela peut avoir un impact (sur les cours). Quand il s’agit de nourriture, cela peut modifier là aussi sensiblement les impératifs de récolte, les pertes en transport, entraîner d’autres coûts annexes (chaîne du froid)…

Tout ceci n’est pas gratuit et l’introduction de ces nouvelles limitations, lorsqu’elles sont ainsi imposées par des politiciens et non par des contraintes de marché, revient à contraindre une série de prix qui s’en retrouvent inévitablement biaisés, rarement en faveur du consommateur.

En outre, la lenteur des uns fait le bonheur des autres, plus rapides. Au plan international, il apparaît fort peu raisonnable de parier sur le fait que tout le monde va ralentir alors que le premier à ne pas le faire va s’en retrouver sensiblement avantagé…

Pour le moment, les grandes sociétés de transporteurs qui se sont engagées à réduire la vitesse de leurs bateaux l’ont fait volontairement, en faisant avant tout un calcul économique et marketing : en se positionnant ainsi, elle peuvent (quitte à faire un peu de greenwashing ou écoblanchiment) prétendre œuvrer pour une meilleure planète, tout en réduisant leur facture de carburant, en tenant compte des contraintes de marchés auxquelles elles sont soumises et s’adaptent naturellement avec autant de souplesse que possible.

L’idée de Macron se traduira inévitablement par une loi qui anéantira cette adaptabilité : plus question alors, pour tel transporteur, d’autoriser exceptionnellement tel ou tel cargo à voyager plus vite sur cette ligne ou lors de ce trajet particulier afin de garder un contrat…

On le comprend : l’avenir maritime semble se diriger (doucement, tout doucement) vers une marche chaloupée et taxée pour s’assurer que rien n’arrivera trop vite.

Or, de façon inquiétante, il s’agit bien d’une tendance de fond à laquelle on assiste, alors que peu semblent prendre la mesure de ce qu’elle implique.

Il n’y a pas si longtemps, quelques décennies tout au plus, on cherchait plutôt à augmenter la vitesse de déplacement des biens, de l’information, des capitaux et des personnes. On semblait avoir compris que le temps était une denrée rare, la plus rare de toutes sans doute, et qu’il était donc désirable de diminuer le temps passé à attendre (fut-ce un bien, un service, un individu ou le résultat d’un calcul).

Il n’y a pas si longtemps, on cherchait à relier Paris à New-York en moins de trois heures et le Concorde le permettait. On cherchait à rapprocher les villes les unes des autres (quitte à engouffrer des fortunes dans un TGV au détriment de toutes les autres lignes). On cherchait à fluidifier les déplacements de ville en ville, et à l’intérieur de celles-ci.

Et puis subitement, dans quelques sociétés vieillissantes dont la France fait maintenant partie, il n’a plus été question que de ralentir.

La voiture fut la première victime, évidemment, avec la pluie de réduction des vitesses maximales autorisées au point que le 50 km/h en ville n’est plus qu’une chimère. Les aménagements urbains de plus en plus délirants, visant tous à la faire fuir hors de la ville, ont surtout multiplié les bouchons et rendu les commerces du centre inaccessibles (puis en faillite).

L’avion est maintenant sur la sellette : polluant, beaucoup trop bon marché et par conséquent proposant à trop d’individus d’aller voir ailleurs s’ils y sont, c’est une attaque en règle qu’il subit. La multiplication des contrôles et des contraintes débiles transforme un trajet de deux heures en l’air en périple de quatre heures dont deux à supporter un parcours anxiogène dans des mesures de sécurité aussi ridicules qu’inutiles. On en vient à encenser une adolescente qui refuse de prendre l’avion quitte à prendre la mer pendant plusieurs jours, ce qui impose (comble de l’ironie et de la stupidité) de multiples allers-retours en avions à tous les membres de l’équipe qui va l’entourer dans son coup de pub…

Voilà qu’on s’en prend maintenant aux bateaux, qui, gageons-le, ne seront pas les derniers sur la liste des transports qu’il faudra absolument handicaper…

Surtout ne perdez pas de vue que ce qu’on vous propose ici, ce n’est pas un monde moins polluant (il n’en sera rien), ce n’est pas un monde plus gentil ou plus doux. Non. Ce ne sera rien d’autre qu’un monde plus lent, plus mou, plus difficile à parcourir, plus pénible à arpenter, comme il le fut il y a 100, 200 ou 2000 ans de cela.

Charmante perspective !

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Source : http://h16free.com/2019/08/28/64238-en-marche-arriere-et-surtout-a-petite-vitesse