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France, 2018 : l’occupant intérieur met le turbo

lundi 19 mars 2018 à 09:00

En France, le travail, c’est la Santé, avec un S majuscule puisque lorsqu’on travaille trop, c’est bien la prison qui pend au nez de l’impétrant. On pourrait croire qu’ainsi, l’État entend préserver une douceur de vivre effectivement imposée à tous. Il n’en est rien.

Ici, on parle bien d’une lutte sans merci contre ceux qui ont l’impudence de sortir des clous disposés par la loi et surtout les administrations, ce véritable occupant intérieur dont j’ai déjà parlé dans de précédents billets.

Cette force d’occupation n’a pas de temps à perdre en considérations oiseuses sur l’utilité sociale du travail, sur les besoins fondamentaux de l’économie, du commerce ou même, plus humainement, des besoins de base des individus : elle s’en moque. Ce qui lui importe est que tout le monde rentre bien comme il faut dans les cases qu’elle a construites, sans la moindre exception et que le moindre écart, aussi moral soit-il, soit lourdement sanctionné.

J’en veux pour preuve quelques récentes affaires dont les réseaux sociaux et, parfois, les journaux se sont fait l’écho.

C’est ainsi qu’on apprend qu’un boulanger se retrouve sanctionné pour avoir osé travailler sept jours dans la semaine. L’arrêté de la DIRECCTE, l’administration préfectorale qui sait mieux que les habitants qu’elle administre ce qui est bon pour eux, qui sait mieux que le boulanger ce qui est bon pour lui, qui sait mieux que les commerces alentours ce qui est nécessaire de ce qui est futile, est en effet très clair : depuis 1920, il est formellement interdit aux boulangeries d’ouvrir sept jours sur sept. C’est ainsi. Et ce qui était vrai en 1920 doit l’être encore de nos jours, où les campagnes ne se dépeuplent pas, où les commerces de proximité ne ferment pas, où les petits commerçants ne sont pas déjà écrasés d’impôts, de taxes et de ponctions vexatoires.

Fascism : do you think it'll be this obvious ?Comme le rapporte l’article, ce boulanger poursuivi pour avoir osé fournir un service et du pain à ses clients n’est pas le premier à tomber dans l’escarcelle d’une administration en mal d’argent et d’exercice de son pouvoir de nuisance : en réalité, c’est récurrent et nombreux sont les commerces à se faire ainsi harponner sur des motifs tous aussi ridicules les uns que les autres. Ne comptez pas sur la hiérarchie de ces administrations pour lâcher du lest : si on est parvenu, avec rigueur, obstination et sens impeccable du devoir, à envoyer des millions de gens à une mort certaine, tabasser des commerçants à coup d’amendes ne posera aucun souci moral à la ribambelle de petits kapos qui clameront tous, comme un seul homme, ne faire que leur strict devoir.

D’une même façon aussi épiquement répugnante que la DIRECCTE, c’est au tour de l’URSSAF de démontrer encore une fois à quel point l’humanisme a totalement disparu de ces officines administratives sans âme et dont le but n’est plus qu’un incessant besoin d’écraser tout individualisme, toute différenciation, de préférence en suçant financièrement l’hôte et si possible jusqu’à ce que mort s’en suive.

Dans l’un de ces élans minables qui caractérisent les bureaucraties devenues folles mais continuent, bien au-delà de toute raison, d’appliquer vaille que vaille et à la lettre les règlements les plus ridicules, voilà qu’une URSSAF rigoureusement hontectomisée réclame plus de 80.000 euros à la communauté Emmaüs de Cambrai-Fontaine Notre-Dame dans le Nord.

URSSaf

Cette dernière est en effet accusée par l’URSSAF de salarier ses membres puisque la communauté ne se cache pas de verser un pécule de 340€ par mois à ses compagnons (soit 12€ par jour, l’équivalent des frais de repas) ; en vertu de quoi, l’association caritative qui vit essentiellement des dons se retrouve à devoir payer des cotisation sociales que l’organisme s’est empressé de calculer à hauteur de 82.059 euros ce qui ne manquera pas, si ce montant devait être effectivement déboursé, de mettre l’association en faillite.

Ici, la volonté de nuire ne fait absolument aucun doute et, comme d’habitude, l’occupant se retranche derrière l’application froide, stricte et parfaitement inhumaine de ses principes les plus délétères pour justifier son opération d’annihilation méthodique d’une opération charitable :

« On ne fait pas de différence en fonction des entreprises, c’est le principe de l’égalité de traitement. La question est, doit-on appliquer la loi dans certains cas et pas dans d’autres ? La réponse est non »

Car tout le monde sait que l’égalité stricte est d’autant plus nécessaire qu’elle permet d’éradiquer la charité (qui se passe de l’État). Tout le monde sait que ces cotisations, une fois perçues et la communauté Emmaüs définitivement fermée, apporteront un évident bénéfice à la collectivité, à commencer par celle des inspecteurs et des agents de l’URSSAF qui n’oublient jamais de se payer leur salaire, eux. Tout le monde sait aussi que cet égalitarisme de parasites gloutons ne dépend que de la volonté spécifique de ces organismes et de ces inspecteurs.

Ici, ceux qui pensent qu’il s’agit de cas malheureux, de petits grains de sable dans les machines huilées d’administrations efficaces et justes, se trompent lourdement ou font preuve d’une naïveté assez stupéfiante. Ce genre de cas est en réalité péniblement récurrent, comme en attestent mes nombreux autres billet sur le sujet.

Ceci montre d’ailleurs que, malgré les articles de presse, malgré les billets, malgré la publicité désastreuse que ces faits divers entraîne à l’encontre des officines administratives responsables, malgré l’outrage visible et la colère du peuple lorsqu’il en prend connaissance, malgré les protestations, tout continue pourtant comme si de rien n’était.

Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas fortuit : l’occupant intérieur s’en fout complètement.

L’occupant intérieur n’est pas là pour le bénéfice du peuple. Il n’a jamais été là pour ça et s’enorgueillit même de faire son travail en dépit du peuple s’il le faut, jugeant que si la loi a été votée, si les décisions ont été prises, si la machine est en marche et si elle écrase au passage quelques individus, c’est parfaitement normal, calculé voire désirable : non seulement, cela prouve à tous qu’elle fait quelque chose (peu importe que ce soit néfaste), mais aussi cela démontre sa propre puissance et qu’il ne faut surtout pas la contrarier.

Auto-justifiant ainsi son existence et pouvant par la même occasion semer, en plus de la colère, un peu d’effroi dans le cœur facilement impressionnable du peuple qui paie pour ses exactions, l’occupant intérieur n’a que faire des gémissements et des cris de ceux qu’il exploite et persécute : ce n’est pas une erreur, c’est fait pour ! Ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité !

Et donc non, ce genre de méfaits n’est pas un hasard : une force d’occupation ne peut absolument pas se permettre la moindre générosité ni le moindre arrangement amiable avec ceux qu’elle colonise. Non seulement, elle risquerait que ses largesses et ses petits compromis soient pris pour de la faiblesse ce qui reviendrait, à terme, à signer sa propre disparition mais en plus, dans le cas français, cela reviendrait à admettre une faille intellectuelle dans l’égalitarisme qui est, dans ce pays, la mesure de toutes choses.

Or, si une vérité est intangible en France, c’est bien que tout le monde doit cracher au bassinet, tout le monde doit se faire ponctionner, même et d’abord les plus faibles !

Oh, certes, certains politiciens, certains habiles bien en cour échappent aux ponctions et aux avanies des administrations, mais en réalité, c’est qu’ils font directement partie du système et doivent d’ailleurs y prêter régulièrement allégeance pour bénéficier de ces passes-droits. Mais pour les autres, les sans-dents et ceux qui ne sont rien, le couperet tombe toujours (et côté lame, bien sûr).

L’occupant intérieur continue donc ses méfaits. Le peuple râle, rouspète, pleure ? Tant mieux ! L’occupant intérieur s’en fout, il est là pour ça !

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Source : http://h16free.com/2018/03/19/60576-france-2018-loccupant-interieur-met-le-turbo


[Redite] Des fraudeurs sachant frauder

dimanche 18 mars 2018 à 11:30

Billet initialement paru le 14.03.2016

Trouver un emploi, en France, relève d’autant plus du parcours du combattant que la structure étatique officielle, Pôle Emploi, s’acquitte fort mal de sa mission, pour un prix élevé et des résultats très médiocres. Il y a un an, on apprenait une histoire ahurissante sur une fraude patentée. En un an, on pourrait croire qu’un peu de ménage aurait été fait.

Rassurez-vous, en France, il n’en est rien : comme en attestent de nombreux articles de presse relatant fraudes, arnaques et autres gabegies phénoménales, le merdoiement intense de l’officine publique de gestion du chômage continue de plus belle, avec votre argent et dans une décontraction assez visible.

Il s’en passe, des choses, chez Paul Employ ! Si certains croient encore qu’il ne s’agissait que d’un aimable établissement public normalement chargé de mettre en relation ceux qui proposent des emplois avec ceux qui en recherchent, ils omettent en réalité sa seconde mission : celle d’employer directement un nombre croissant de personnes à son propre fonctionnement. Et si le résultat de la première mission est assez peu probant, celui de la seconde laisse, là encore, à désirer.

LOL-emploi.gouv.fr

On apprend en effet, au détour d’un Canard Enchaîné qui fera certainement date, que Paul Employ a ainsi contribué à alimenter la pente de la courbe du chômage dans le mauvais sens, en se séparant avec pertes (mais très peu de fracas) de son directeur informatique à la fin de l’année 2013, le pauvret venant ainsi ajouter une fiche numérique supplémentaire aux trop nombreuses données que son ex-équipe traitait alors.

Un directeur qui quitte l’institution, rien que de très banal, sauf lorsqu’on détaille le contexte de ce remaniement de ressources humaines.

D’une part, le directeur, avant d’être licencié dans le cadre d’une « rupture conventionnelle », a été préalablement mis à pied à titre conservatoire : l’homme avait en effet utilisé son poste stratégique à la direction informatique de l’Unédic, la structure qui gère les fonds de Paul Employ, pour toucher, en plus de son salaire, une indemnité comme chômeur (assez rondelette, allant jusqu’à 4982,30 € d’allocation mensuelle).

D’autre part, il n’a été découvert que parce qu’un autre salarié, dans son équipe, est tombé sur le nom de son supérieur en poste, dans la liste de chômeurs indemnisés. Mésaventure fort gênante, parce qu’elle confirme, s’il était besoin, qu’il est parfaitement possible de se retrouver dans l’étrange position d’être salarié et de toucher malgré tout des indemnités chômages indues. Difficile ici d’évaluer l’ampleur de la fraude, mais cette mésaventure montre bien la légèreté des contrôles en place, qui semblent faits a posteriori, au petit bonheur la chance, mais surtout – et c’est le plus ahurissant – ne semblent même pas permis : l’employé n’avait pas l’autorisation de son supérieur hiérarchique pour effectuer cette consultation du fichier.

Ceci le conduira d’ailleurs directement à la case Paul Employ, de l’autre côté du guichet, une fois licencié pour cette faute, et entraînera probablement des frais pour cette institution lorsque les prud’hommes, saisis par le lanceur d’alerte, remettront l’Église au milieu de la piscine, comme d’habitude en France.

pole emploi po demploi

Enfin, l’affaire prend un tour carrément grandiose lorsqu’on apprend en plus que le directeur-fraudeur, dans le cadre de ses fonctions, était chargé d’encadrer l’équipe qui cherche les profils suspects, c’est-à-dire de débusquer les fraudeurs qui perçoivent des indemnités auxquelles ils n’ont pas droit.

Tout ceci est extrêmement rassurant pour les gens honnêtes qui, au mieux, comptent sur la bonne gestion de l’établissement public pour retrouver un emploi, ou, au pire, participent à son financement au travers des lourdes cotisations qu’on les oblige à payer.

Bien évidemment, nous sommes en France et une histoire pareille ne pouvait se terminer sans une belle apothéose de n’importe quoi. Rassurez-vous, elle y est puisque l’indélicat fraudeur a eu la présence d’esprit de négocier une « rupture conventionnelle » en quittant ses fonctions, … ce qui lui permettra de toucher la somme de 160.000 euros (après un peu plus d’un an de présence).

on appelle cela du foutage de gueule

Bien entendu, cette fraude est scandaleuse à plusieurs niveaux.

Bien sûr, elle est scandaleuse parce l’individu peu scrupuleux a usé et surtout abusé de sa position pour taper dans la caisse, sans vergogne. On ne sait pas si les sommes indûment perçues seront remboursées, mais on peut raisonnablement imaginer que ce sera absorbé par l’indemnité de fin de contrat. Si ce n’est pas le cas,la perte sera totale pour les cotisants dont, il faut bien le dire, tout le monde semble se contrefoutre ici. Et si c’est le cas, il n’est même pas impossible d’imaginer que l’indemnité sera amplement suffisante et que notre indélicat fraudeur pourrait en ressortir avec un joli bénéfice. Tout ceci est délicieux.

gifa mad explosion

Le scandale ne s’arrête pas là puisqu’il faut aussi noter qu’il a aussi utilisé, sans la moindre honte, le règlement interne à l’encontre de celui qui l’a dénoncé, pour le faire virer. On ne saura pas qui, du fraudeur ou de l’institution, a été le plus zélé à couvrir l’affaire – qui pour rappel s’est déroulée en 2013 – et éviter que tout ceci ne s’ébruite, mais on comprend le niveau de corruption et d’immoralité qui doit régner dans l’établissement pour qu’une telle manœuvre puisse s’opérer et que tout ceci reste à peu près secret jusqu’en 2016, plusieurs années après.

Le scandale atteint un niveau supplémentaire puisque, non content d’avoir joué le système contre lui-même, notre fraudeur a même fini par toucher des indemnités pour son brillant parcours.

Vous l’avez compris : nous avons ici un magnifique exemple de dévoiement total d’une fonction pour se servir de tous les avantages qu’elle procure, bien au-delà de tout ce que la décence permet d’imaginer. De près comme de loin, l’attitude des protagonistes de l’affaire, tant côté fraudeur que côté Pôle Emploi, démontre une hontectomie assez typique … des politiciens.

Oui, tout ceci n’est pas sans évoquer un précédent les concernant directement. Reportons nous il y a quelques mois, un an même avant que cette affaire ne fasse les choux-gras du Canard Enchaîné, et souvenons-nous de mars 2015, où on apprenait que les parlementaires venaient d’adopter (à l’unanimité, comme de bien entendu) un texte de loi prévoyant d’élargir les modalités d’indemnisation et de reclassement des élus en fin de mandat ou battus aux élections.

Et ceci n’est pas sans évoquer non plus le cumul des mandats dans lequel s’illustre assez régulièrement nos politiciens (coucou Cosse, coucou le Drian, coucou tant d’autres)…

cumul des mandats

Alors, oui, bien sûr, il y a une petite distance entre notre fraudeur patenté et nos habiles législateurs en culotte courte. Cette différence essentielle entre le premier cas et le second est bien sûr le couperet de la loi : notre fraudeur agit en parfaite illégalité pour commettre son forfait, et utilise ensuite la loi dans toute son extension pour réduire sa responsabilité, voire récupérer une belle mise au passage. Le second, le législateur, montre en revanche une bien meilleure compréhension du système puisque tout ce que les députés ont fait reste parfaitement légal, mais fournit in fine une belle « indemnité de licenciement » à ceux qui viendraient à perdre leur poste devant les urnes.

Autrement dit, s’il y a différence de légalité, il n’y a pas fondamentalement de différence de moralité entre les deux comportements qui reviennent, tous les deux, à commettre un acte simple, égoïste et bien compris : taper dans la caisse.

Tax Money

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Source : http://h16free.com/2018/03/18/60573-redite-des-fraudeurs-sachant-frauder


Thorium : la face gâchée du nucléaire

samedi 17 mars 2018 à 18:37

Dans ces colonnes, j’ai déjà évoqué l’énergie nucléaire et notamment la filière du Thorium.

Je vous conseille donc ce très intéressant documentaire d’Arte paru récemment et qui montre de façon assez claire comment les choix politiques (et notamment militaires) ont orienté la construction de réacteurs nucléaires avant tout capables de produire, en marge de l’électricité civile, du plutonium militaire pour la fabrique de bombes, au détriment de réacteurs nucléaires à sels fondus, bien plus sûrs.

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Source : http://h16free.com/2018/03/17/60592-thorium-la-face-gachee-du-nucleaire


Aéroports : ces poumons économiques méconnus

vendredi 16 mars 2018 à 09:00

Ça y est, l’avion vient de se poser. Roger, mon irritant voisin de fauteuil, va pouvoir relâcher ses sphincters après un vol d’autant plus éprouvant qu’il se sait grugé par les compagnies aériennes : pour un siège trop étroit et des cacahuètes douteuses, elles lui ont soutiré son bel argent qui ira engraisser des actionnaires apatrides turbocapitalistes.

À présent, avant de retrouver ses occupations habituelles, il va devoir traverser l’aérogare ce qui pourrait être l’occasion de se détendre voire de réaliser de bonnes affaires.

Pas pour Roger.

Roger est l’un de ces Français qui, quoi qu’il fasse, le fait en râlant et si possible en accusant le capitalisme mondialisé apatride destructeur de l’environnement, de la richesse des peuples et de l’inévitable petit chaton.

Pour Roger, la galerie marchande de l’aéroport est une espèce de grand centre commercial débridé sans âme, temple insupportable édifié au profit et à la consommation. A contrario, il se souvient avec émotion des aéroports d’antan, un peu rustiques mais fonctionnels et surtout sans cette myriade de magasins, de débits de boissons, de pianos et de coins-lounge qui lui sont de toute manière inaccessibles.

Difficile aussi d’oublier les parkings d’alors, sales et sombres certes, mais surtout gratuits (i.e. payés par d’autres, n’est-ce pas) et l’unique compagnie de taxis proposant ses services simples et prévisibles à un tarif unique, réglementé, et pas exactement adapté à la grande consommation. Il regrette enfin le temps béni où le pékin moyen ne lui marchait pas sur la Samsonite parce que ce pékin moyen ne pouvait tout simplement pas se payer un voyage en avion et venir l’emmerder, lui, Roger, qui n’a pas que ça à faire. Il aimait bien les terminaux flamboyants, ronds et signés par de grands architectes stipendiés. Il n’aime pas les aéroports modernes qui en possèdent plusieurs, dans lesquels on se perd, on marche longtemps, on s’énerve, reliés entre eux par des navettes d’un populaire inacceptable et qui sentent le dessous de bras.

Ce que Roger ignore, c’est que depuis la libéralisation aérienne débutée en 1992, une concurrence féroce et bénéfique oppose ces plates-formes qui ont, comme les compagnies aériennes, développé leur modèle d’affaires et sont devenus des entreprises dont le domaine de compétences et l’activité économique dépasse très largement le cadre de l’aéronautique.

Aujourd’hui, l’impact socio-économique des aéroports européens représente près de 12,5 millions d’emplois (oui : millions !) de manière directe, indirecte, induite ou par effet catalytique, ce qui représente un apport de 675 milliards d’euros au PIB de l’Union européenne (4% de la totalité de l’économie européenne).

Cliquez sur l’image pour l’agrandir – Source: Economic Impact of European Airports, InterVISTA, 2015

Et pendant que Roger ahane bruyamment en manutentionnant maladroitement sa valise surchargée, rappelons que dans la chaîne de valeur de l’aviation, l’aéroport n’est pas un point initial ou terminal, mais un maillon, certes capital, permettant de générer de l’activité économique tant en amont qu’en aval.

En France, 1,142 million d’emplois dépendent de l’activité aéroportuaire ; en Allemagne c’est 1,267 millions et ces chiffres sont similaires en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Turquie… Ce qui fait autant de gens dont le bifteck dépend de cette industrie et qui du coup se demandent, le soir au coin du feu, si la nostalgie de Roger n’est pas un brin déplacée !

Et puis, cette privatisation « galopante » est très relative. En Europe, moins de la moitié des aéroports est entièrement ou partiellement privatisée (48.6%), alors que ce sont eux qui accueillent près de 75% du trafic passagers européen.

Ne vous faites pas un film : pour une fois l’Europe est à la pointe du progrès puisqu’à l’échelle mondiale la part des aéroports privés (entièrement ou partiellement) n’est que de 26,9% …

En Europe, la sûreté représente 20% des coûts opérationnels (ce chiffre dépendant directement de l’évolution de la menace terroriste internationale) ; alors qu’aux USA ces coûts sont pris en charge, en tout ou en partie, par l’État, ils incombent en Europe aux aéroports qui doivent mécaniquement les récupérer par le biais d’une redevance. Il faut savoir que le ratio coût-revenu par passager n’est pas impressionnant ! En 2014, PriceWaterhouseCooper publiait une étude considérant la période allant de 2010 à 2016 et dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne fait pas rêver :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Eh oui : n’en déplaise à Roger, la situation est loin d’être rose pour les sociétés qui exploitent les aéroports.

Malgré une croissance impressionnante du nombre de passagers et de vols et l’augmentation de la part de revenus non-aéronautiques (parfois près de 50% des revenus totaux), 47% des aéroports européens affichent des pertes (et 76% des aéroports qui accueillent moins de 1 million de passagers par an). Les redevances aéroportuaires, payées par les compagnies aériennes, ne couvrent pas les coûts opérationnels des aéroports, alors que ces revenus représentent en moyenne 48% des revenus totaux.

Les rodomontades de notre épais Roger n’y changeront rien : les aéroports ont diversifié leurs business et leur offre au bénéfice du passager dont la facture serait nettement plus salée sans cette diversification.

Un petit tableau résume ceci :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

D’autant qu’en pratique, personne n’a jamais obligé Roger à dépenser son argent dans les magasins d’aéroport, ni à écouter le manchot qui massacre Chopin sur le Steinway du hall des arrivés, ni à acheter un smoothie vendu à des prix défiant toute planification budgétaire !

just think of it as a tax

Roger, autant empêtré dans les sangles de ses encombrants bagages que dans son inculture économique, ne comprend pas qu’au-delà du fabuleux développement socio-économique des régions qui comptent un ou plusieurs aéroports sur leur territoire, la mutation de ce secteur lui a donné le choix : tout comme il peut le faire lors de l’achat de son billet, Roger peut aussi vérifier s’il n’est pas plus intéressant de partir d’un autre aéroport que celui de sa ville. S’il hésite à s’y rendre en voiture, il y a de fortes chances qu’un train pourra l’y amener avec, dans certains cas, la possibilité de n’acheter qu’un seul billet alors qu’une partie du voyage s’effectue en train et une autre en avion (c’est ce qu’on appelle l’intermodalité).

Les aéroports pratiquant d’autre part des tarifs de redevances disparates, ce qu’on appelle globalement « taxes aéroportuaires » peut devenir l’élément décisif dans la planification de son voyage quand on sait que la zone d’achalandage d’un aéroport comme Bruxelles englobe, outre la Belgique, le Nord de la France, le sud des Pays-Bas, le Luxembourg et une partie de l’Allemagne.

Mais que l’on se souvienne de l’article précédent qui narrait déjà les turpitudes de Roger : la part des taxes et redevances dans le prix du billet d’avion dépasse 40% et il en est de même si l’on rapporte le problème à l’aéroport. La situation au sol peut même se révéler bien pire si l’on se rappelle que tous les intervenants, tous les acteurs économiques impliqués dans la translation du pénible Roger sont taxés et imposés individuellement et vont bien entendu récupérer le tout sur les prix au détail (une entreprise ne paie pas réellement de taxes, seul l’acheteur final débourse).

Bref, Roger aura encore longtemps de quoi rouspéter …

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Source : http://h16free.com/2018/03/16/60556-aeroports-ces-poumons-economiques-meconnus


Ces artistes étrangers qui se passent de subventions… et les autres

mercredi 14 mars 2018 à 09:00

Drame en Inde : comme nous l’apprend Libération avec une gourmandise difficilement cachée, les responsables politiques indiens semblent faire peu de cas de l’Art, au contraire d’Emmanuel 1er, notre sémillant président, actuellement en visite d’État sur place.

Ce qui lui a donc donné une excellente raison d’aller voir, entre deux petits fours cérémonieux auprès des autorités locales, un artiste du cru qui s’est empressé de lui faire visiter son atelier. Ouf ! Heureusement qu’Emmanuel Macron s’y entend pour prêter l’oreille à ces castes artistiques méprisées par les dirigeants locaux dont certains artistes, présents au côté du président français, n’hésitent pas à dire qu’ils sont (évidemment) « très à droite » (ce qui n’a évidemment pas été oublié par Libération – gourmandise, quand tu nous tiens !).

Sans ces artistes, sans ces impromptus du président, il est évident que l’Inde sombrerait à n’en point douter dans l’inculture la plus crasse, de laquelle nul Taj-Mahal ou nul Bollywood, bref nulle culture indienne ne saurait émerger. Pour tout dire et au niveau artistique, l’Inde est apparemment une vaste terre vierge de toute subvention étatique, ce qui ne lasse pas d’affoler quelques artistes sur place et, à la suite, Libération qui se doit donc de reprendre certains propos :

« (les) subventions à l’art, il n’y en a jamais eu, quels que soient les gouvernements. C’est un concept qui n’existe pas, et c’est pourquoi le marché a fait son entrée dans le secteur… »

Mais là, patatras, c’est le drame : la conclusion tirée n’est pas exactement celle à laquelle on pourrait s’attendre dans un article de Libération bien comme il faut puisqu’on lit ensuite :

« …et que nous exposons tous dans des galeries. La libéralisation et le marché ne signifient pas seulement la liberté d’acheter et de consommer, mais aussi de parler et de penser par nous-mêmes. Nous devons conserver ces libertés. »

Oui, vous avez bien lu : des artistes, dans un pays dont on peut dire sans hésiter que ses dirigeants sont « très à droite » (peut-être pas jusqu’à fricoter avec le fascisme, mais disons turbocapitalistes, au minimum), vivent de façon plus que détendue, revendicative même, l’absence de subvention et l’intervention visible des forces du marché dans le domaine de l’art.

Si, très manifestement, le président Macron n’a pas semblé le moins du monde concerné par ces aspects, il n’en reste pas moins qu’il y a là matière à débat largement suffisante pour défriser instantanément du caniche nain syndicalisé en France : pensez donc, si l’information venait à se savoir, si, à Paris et « dans les milieux autorisés », on apprenait que tout un peuple frétille d’aise de l’absence de subventions étatiques dans le domaine artistique, on pourrait aller jusqu’à en concevoir une petite terreur des familles à l’évocation chuchotée que le marché pourrait aider l’art et qu’en conséquence, l’arrêt des subventions pourrait s’envisager sérieusement.

Et si j’évoque cette hypothèse d’horreur c’est bien parce que, au moment même où le président français faisait le kéké en Inde en découvrant des artistes non subventionnés, une sympathique bande de branleurs « militants » débarquaient au Louvre pour y mener l’une de ces inénarrables actions-choc de conscientisation du citoyen.

Ici, je renverrai au palpitant exercice journalistique des Inrocks pour retrouver les informations relatives à cet indispensable happening destiné au réveil des consciences endormies des contrib-pardon citoyens : le collectif Libérons le Louvre et l’ONG 350.org ont donc organisé lundi dernier ce qu’il convient donc d’appeler une « performance » devant le tableau de Géricault, « Le Radeau de la Méduse ».

Le mot « performance » est probablement un peu galvaudé ici tant il ne s’agissait pas ici pour les militants-artistes revendicateurs de réaliser un exploit ou une quelconque prouesse puisque nos zigotos manifestants se sont contentés de s’affaler mollement par terre, obligeant le musée à fermer son aile. Bien évidemment et moyennant un petit effort de rédaction, les spasmes artistiques prendront une autre envergure, mais le résultat est le même : une demi-douzaine de zartistes ont momentanément jonché le parquet du musée devant le « Radeau de la Méduse » parce que …

Parce que Total, pardi !

Mais oui, enfin ! Là où les artistes indiens se font stipendier sans sourciller par les industriels et autres mécènes capitalistes et peuvent alors expliquer qu’ils conservent ainsi leur liberté, en France, une brochette, pardon, une troupe, pardon un collectif vient se répandre au sol dans des déclamations grandiloquentes pour protester contre le mécénat de Total, groupe pétrolier connu pour ses nombreuses méchancetés d’autant plus méchantes qu’elles sont non seulement mégacapitalistes mais aussi pétroleuses.

Pour cette phalange d’activistes ostensiblement endeuillés de vêtements , le choix de ce tableau n’est pas aussi ridicule qu’il y paraît à l’observateur sain : en fait, ces naufragés font « penser à tous ceux qui doivent quitter leur pays pour des raisons climatiques », dont chacun sait que le nombre n’a pas arrêté d’expl… d’augm… de varier pas mal ces vingt dernières années. Pour rappel, en 2005, l’ONU avait lancé tout un joli tas d’estimations sur le nombre de ces déplacés climatiques putatifs, pour devoir, une décennie plus tard, battre en retraite devant l’inanité de ses prédictions et l’obstination d’une réalité qui refusait de corroborer ses cauchemars catastrophistes chauds et humides.

On pourrait bien sûr gloser longtemps sur ces gens qui doivent quitter leurs pays pour des raisons économiques ou plus souvent encore, politiques. Les vastes pans de populations qui quittent actuellement le Venezuela pour aller trouver à manger dans les pays voisins ne sont pas déplacés pour des raisons climatiques. Les migrants qui débarquent par milliers à nos frontières n’ont aucun lien avec le climat de leurs pays (certainement plus agréable que celui de nos contrées, balayées par la neige de ce réchauffement climatique à -10°), mais beaucoup avec leur économie désastreuse propulsée – coïncidence étonnante – par tous les beaux principes socialistes, depuis le Zimbabwe jusqu’à l’Afrique du Sud. Quant aux réfugiés syriens, le climat s’est effectivement pas mal réchauffé chez eux, mais cela tient malheureusement beaucoup plus aux explosifs militaires qu’au CO2 dégagé par leurs voitures.

Tout ceci est finalement comique, navrant et piquant.

Il est d’abord comique de voir ces zartistes auto-proclamés pleurnicher sur un mécénat qui rend des œuvres et des musées abordables là où leur happening ridicule les rend très concrètement inaccessibles à ceux venus les admirer.

Il est ensuite assez navrant de constater que ce sont des zigotos d’un pays riche qui dénoncent (pour changer) le méchant capitalisme et les méchantes opérations de Total, pendant que les artistes d’un pays en voie de développement ont, eux, très bien compris le danger de fermer l’art aux capitaux privés au point qu’ils se réjouiraient franchement d’un mécénat de Total leur permettant de s’exprimer librement – comme, du reste, le Musée du Louvre qui rappelle d’ailleurs que « le mécénat de la Fondation consiste à soutenir des projets proposés par le musée sans intervenir dans les choix artistiques », chose qu’on peut difficilement dire du Ministère de la Culture et des tombereaux de subventions accordées d’abord aux amis et connivences (dont fait très probablement partie notre brochette d’activistes tout de produits pétroliers vêtus).

Il est enfin particulièrement piquant de constater que ces activistes ont courageusement choisi de fustiger Total qui donne son argent pour que nous puissions admirer des chefs-d’œuvre plutôt qu’aller voir Bachar El-Assad, Nicolas Maduro ou Robert Mugabe pour leur reprocher leurs politiques destructrices et les nombreux morts, pas du tout hypothétiques, pas dans les générations futures mais bien actuels, dont ils sont directement responsables…

Eh oui, « l’artiste » moderne, le ventre plein et la lutte douillette, calcule ses opportunités. Décidément, Festivus n’aime pas les risques.

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Source : http://h16free.com/2018/03/14/60531-ces-artistes-etrangers-qui-se-passent-de-subventions-et-les-autres