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Cambriolage et propriété privée : ne comptez pas trop sur la police

mercredi 7 mars 2018 à 09:00

Être propriétaire en France n’est pas toujours une chance. À mesure que les lois et les décrets s’empilent, cela devient même, tout doucement, un fardeau que beaucoup découvrent, amers, à la faveur d’une de ces désagréables aventures que les réseaux sociaux relaient parfois.

J’évoquais, il y a quelques semaines, le cas emblématique de ce retraité dont le bien immobilier se retrouvait squatté par une bande d’individus sans scrupules et qui avait heureusement pu bénéficier de la mobilisation d’un groupe de jeunes de cité voisine pour déloger les indésirables, pendant que la Loi et les forces de l’ordre se contentaient essentiellement de prendre des notes, de loin, en conservant une saine retenue apte à garder les esprits calmes et la paperasserie maigre.

Aujourd’hui, je vous propose le témoignage de M., une lectrice qui me relate ses péripéties récentes au sujet de la maison de ses beaux-parents. Comme on va le voir, les caractéristiques de la déconvenue sont étrangement similaires au cas précité, tout comme l’est l’abandon complet des autorités dans leur rôle d’assurer l’ordre, la paix et la protection des biens et des personnes.

Ce jeudi premier mars, le mari de M. l’appelle pour lui signaler que la maison de ses beaux-parents, en voyage et injoignables pour trois semaines, a été cambriolée, une première fois le mardi, et une seconde fois le mercredi.

Premier fait intéressant : directement suite à la première intrusion dans la nuit de mardi, le voisin a prévenu sa belle-sœur qui est allée porter plainte…

En pure perte puisqu’elle n’a pas procuration des propriétaires du lieu. Quand bien même le délit a été observé, personne ne se déplacera, parce que, vous comprenez, la propriété privée, c’est sacré, n’est-ce pas.

En pleine nuit de mercredi, vers trois heures du matin, le même voisin voit de la lumière puis deux hommes sortir de la maison déjà visitée. Ce voisin, décidément bien prévenant, appelle la belle-sœur qui ne sait toujours pas quoi faire, le commissariat l’ayant déjà « gentiment » envoyé promener la fois précédente (mesdames et messieurs, vos impôts au travail).

Au matin suivant, retournant voir la maison, elle n’a pu que constater que les cambrioleurs étaient revenus, en laissant la lumière allumée partout. Afin de sécuriser un tant soit peu la fenêtre défoncée par laquelle ils étaient entrés (deux fois), elle prévient le reste de la famille.

Il faut en effet agir vite : des individus qui viennent plusieurs fois de suite, qui bénéficient ainsi de l’absence de tout dépôt de plaine (forcément), tout cela peut conduire, après 48 heures, à une de ces situations fort désagréables où des squatteurs deviennent subitement indélogeables au pays des Droits de l’Homme et du Cambrioleur.

Voilà notre lectrice M. dans une bien fâcheuse position. Son mari envisage ainsi d’aller voir sur place afin de réparer les dégâts et expulser de lui-même les éventuels indésirables qui pourraient s’y trouver encore, mais cela pourrait poser de graves sentiments d’insécurité et une soirée aux urgences. Peut-être la voie légale reste-t-elle préférable ?

C’est donc au commissariat le plus proche qu’elle tente de déposer plainte. M. a en effet habité dans la maison de ses beaux-parents. Sur le passeport, c’est même encore l’adresse mentionnée. Elle y a encore des affaires. En tant qu’occupante des lieux, peut-être le dépôt de plainte sera-t-il possible ?

Que nenni : au commissariat, elle tombe sur un jeune homme charmant mais qui lui explique (tenez-vous bien) que, n’étant pas propriétaire, elle ne peut pas porter plainte. Étonnant, n’est-ce pas ? Il conseille d’appeler le 17.

Les surprises ne s’arrêtent pas là puisqu’au 17, M. tombe de façon inattendue sur un trou du cul un préposé qui lui explique ne rien pouvoir faire : malgré la recension complète des événements, malgré la présence d’individus potentiellement dangereux dans la maison, et bien qu’on puisse souhaiter qu’une patrouille de police se déplace (au moins pour constater les problèmes), notre préposé au 17, sans doute parfaitement conscient de sa position privilégiée, explique doctement qu’ « il n’est pas là pour l’assister », qu’elle le « fatigue avec son voisin », et qu’elle n’a qu’à rentrer dans la maison pour aller chercher les papiers de l’assurance, seule chose qui semble importer pour notre valeureux fonctionnaire.

M., dépitée, raccroche. Le flic du commissariat lui propose alors d’aller devant la maison, et d’appeler la police une fois sur place en disant qu’il y a quelqu’un dedans. Ils ne pourront alors pas refuser de venir.

Voilà donc M. retournant devant la maison et qui n’y voit personne mais y entend du bruit. Le volet, défoncé, est visible de l’extérieur ; le voisin y a mis du scotch qui a, depuis, été arraché. M. appelle les policiers.

… Qui, finalement, arrivent. Polis, sympathiques même, ils s’empresseront cependant d’expliquer qu’ils ne peuvent rien faire (à ce point du récit, l’étonnement doit commencer à s’estomper, n’est-ce pas).

M. n’étant pas propriétaire, il leur est impossible de rentrer pour voir, malgré le volet défoncé, malgré le voisin qui explique qu’il a vu deux gars d’une vingtaine d’année sortir la nuit et qu’il n’a rien fait car « il pensait qu’ils allaient le tuer, vu leur tête »… La loi est décidément bien inflexible pour les honnêtes gens.

Pour rentrer, il faut une clé. Par chance, le mari de M. en dispose d’une et, une heure plus tard, la police est rappelée pour rentrer dans la maison. Ce sera la police municipale qui se pointera.

Une fois à l’intérieur, il n’y a personne ; la rapidité d’intervention de l’ensemble des services d’ordre et de sécurité du pays ont probablement laissé quelques latitudes aux aigrefins pour agir, prendre deux fois des nouilles, se reposer et repartir tranquillement. M. constate les dégâts, et la police municipale, dans un grand geste auguste plein de cette fougue qui la caractérise, … repart car elle ne peut rien faire, seule la police nationale étant habilité pour ce genre de choses.

Le 17 sera donc à nouveau appelé. Et là, en quelques secondes moins de dix minutes deux heures plus tard, la police peut constater que, en effet, oui, c’est à présent confirmé, c’est certain, tout à fait, il y a bien eu cambriolage et ils repasseront (mettons demain) pour faire le relevé d’empreintes.

Bien sûr, ni M., ni son mari, ni personne ne peut porter plainte : personne ne sait exactement ce qui a été volé ou endommagé, n’est-ce pas ! Seuls les propriétaires, en voyage et injoignables, pourront le faire. Quant à la plainte pour squat, elle ne pourra pas être déposée non plus dans les 48 heures. Si, d’aventure, les intrus ont eu l’idée lumineuse de commander une pizza le mardi soir pour s’installer à nouveau le jeudi soir, tout ce petit monde l’aura dans l’os.

La morale de cette histoire est assez déprimante pour un pays qui se gargarise du respect de ses lois, de sa justice, et qui se permet régulièrement de distribuer des bons points d’humanisme aux autres.

En somme, si vous êtes témoins d’un cambriolage, ne vous enquiquinez ni à tenter de l’interrompre (vous risquez gros, pour rien), ni à prévenir la police : vous n’êtes pas le propriétaire et rien ne se passera de toute façon. Au mieux, ce qui arrive est la faute à pas de chance, et les services de l’État que vous payez pour assurer la sécurité de vos biens s’en tamponnent le coquillard aimablement, poliment, mais de façon consciencieuse. Au pire, ces mêmes services vous enverront paître dans les termes les plus clairs.

petit facepalmPeu importe les conséquences juridiques de votre incapacité à porter plainte, quand bien même l’infraction est constatée. Encore une fois, venir en aide à vos voisins est non seulement inutile mais, pire, découragé en République du Bisounoursland où tout le monde sait qu’il ne se passe jamais rien d’affreux de toute façon. Et arrêtez de nous emmerder avec votre sentiment de cambriolage de proximité, zut à la fin.

Une petite note d’espoir cependant : il apparaît, comme souvent, que là où les imbéciles douillettement installés dans leur fauteuil peuvent très bien vous encourager à rentrer dans une maison possiblement squattée (et en souffrir les conséquences dont eux se fichent éperdument), il n’en va pas de même pour les fonctionnaires qui sont au contact de la réalité de terrain, dont l’immobilité apparaît surtout comme la conséquence des lois idiotes que la République pond à rythme cadencé.

Ce témoignage pourrait être un cas particulier. Il n’en est rien, ce qui accroît le désarroi des gens honnêtes et qui ne manquera pas d’exacerber leurs réactions le jour où, devant l’inanité des politiques en place, ils se décideront spontanément à ne plus se laisser marcher dessus.

Je me demande combien de temps ce genre de clowneries dramatiques peut encore continuer…

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Source : http://h16free.com/2018/03/07/60468-cambriolage-et-propriete-privee-ne-comptez-pas-trop-sur-la-police


Le pouvoir des minables

lundi 5 mars 2018 à 09:00

C’est assez régulièrement que les petites avanies de la vie courante en France trouvent une place dans ces colonnes. Certains, la critique facile et l’art malaisé, me reprocheront paresseusement de trop me pencher sur des micro-faits divers… Oubliant tout aussi paresseusement que ces notules s’entassent par centaines, formant par leur accumulation une structure bien spécifique que l’analyse permet de dégager.

Pour illustrer, il suffit de s’attarder quelques minutes au-delà des gros titres baveux de la presse quotidienne. En regardant les « insolites » et autres « chiens écrasés », on découvre de belles brouettées d’articles consternants (et pas seulement au regard de leur respect approximatif de la grammaire, de l’orthographe et de la syntaxe françaises).

Il suffit par exemple d’exhiber le cas étrange de ce couple, tancé par le Juge aux affaires familiales du tribunal de Lorient pour avoir tenté d’appeler leur fille Liam. Pour le magistrat, aucun doute possible : Liam est un prénom masculin et en affubler ainsi une fille relève d’une évidente volonté de nuire à l’enfant.

Oubliant bien vite les Dominique, Ange, Camille, Lou, Sacha ou Yannick, il s’agit manifestement pour notre indispensable Juge de poser un acte fort : il a été arbitrairement décidé que Liam serait masculin, un point c’est tout.

Dans le même temps, un autre juge, d’un autre tribunal, laisse passer « Marseille » pour le prénom d’un enfant. C’est aussi ça, l’égalité devant la justice française ou cette parodie qu’on veut faire passer pour telle.

À ces prénoms dont l’avenir dépendra ultimement du bon vouloir d’un préposé aux Saintes Écritures Administratives Républicaines, on pourra ajouter le cas, ubuesque, de cette femme enceinte sévèrement verbalisée pour avoir – abomination intenable en République Festive ! – emprunté un couloir de métro dans un sens interdit.

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Oui, vous avez bien lu et l’affaire a fait les choux gras de quelques fascicules journalistiques : Le Monde, Le Parisien, BFM et d’autres n’ont pas pu résister à l’envie de revenir sur cet invraisemblable comportement d’agents RATP qui, le mardi 28 février, n’ont rien trouvé de mieux à faire pour occuper leur temps que de verbaliser cette femme enceinte qui a eu l’impudence de prendre un sens interdit lors d’une correspondance à la station Concorde pour gagner un peu de temps sur son trajet.

Au passage, on ne pourra s’empêcher de noter que l’amende de 60€ est notoirement supérieure à celle que cette femme aurait supportée si elle avait voyagé sans ticket. Pendant le même temps, les passagers de la régie de transports parisiens doivent se coltiner les accordéonistes plus ou moins déclarés, les pickpockets, les mendiants voire les groupes d’individus interlopes aux pratiques douteuses (voire carrément illégales) sans qu’on trouve, dans les parages, le moindre agent prêt à verbaliser ces activités louches. Que voulez-vous, une femme enceinte a sans doute l’énorme désavantage de ne pas pouvoir s’encourir rapidement pour échapper aux petits chefaillons de station.

Alors que le pays croule sous le chômage, que les problèmes d’incivilité s’accumulent et que le sentiment d’insécurité galope gaiment un peu partout, on pourrait s’attendre à ce que ceux qui sont chargés d’y remettre bon ordre soient directement employés au cœur des foyers les plus vifs.

Il n’en est rien. Au contraire, c’est à la frange des problèmes, en bordure des ennuis, des délits, des crimes et des exactions qu’on retrouvera toute la faune et la flore de nos agents, inspecteurs et autres forces de l’ordre exerçant leurs petits pouvoirs sur ceux qui, en pratique, posent le moins de problèmes.

C’est bien sûr le cas d’une gendarmerie lourdement équipée pour fondre sans ménagement sur le conducteur de Doblo en plein oubli de limitation de vitesse plutôt que le groupe terroriste en pleines préparations. C’est toujours le cas des agents RATP à la sortie de couloirs à sens unique. C’est enfin le cas pour l’Inspection du Travail, abonnée régulière de ces colonnes tant ses sévices sont nombreux et ses avatars médiatiques (Filoche, Hidalgo) représentatifs de ce qui se fait de mieux en matière d’intransigeance dogmatique et d’autoritarisme de kapo travesti en humanisme facile.

Dans le dernier cas en date, il s’agira de rouler les mécaniques huilées de la répression musclée pour bien faire comprendre à ces cochons de patrons ce qu’il en coûte d’oser laisser ses employés utiliser des tickets restaurants le dimanche !

Eh oui, que voulez-vous : la France est certes un pays laïc, mais faut pas pousser ! Le dimanche est sacré, notamment pour les tickets restaurant dont tout le monde sait que leur utilisation ce jour-là est évidemment signe d’une fraude patentée, d’une tentative éhontée de détournement de fonds (via les exonérations de charges sociales, pensez donc !) et de dissimulation d’avantages au regard de la Loi.

C’est sans aucun doute ce qui motivera l’Inspection du Travail, devant cette abomination, à ouvrir un épais dossier et écrire une longue lettre à ce patron qui aura laissé ses salariés dériver de la sorte dans les affres de l’illégalité la plus flagrante, notamment dans l’utilisation de ces tickets, un dimanche, dans un McDonald’s (dont on peut immédiatement soupçonner la machiavélique complicité).

On comprendra aussi que l’énergie dépensée par ce foutriquet cet inspecteur du travail n’aura jamais été mieux employée : mobilisant son temps et l’argent des contribuables pour ce genre de broutilles grotesques, il va maintenant pouvoir harceler le patron, occuper son temps pour régulariser une situation dans laquelle il n’y a aucune victime réelle. Parallèlement, ce même fumiste inspecteur ne pourra pas se consacrer à d’autres tâches plus importantes dont on se doute qu’elles ne manquent pourtant pas.

Notre société a donné un pouvoir de plus en plus grand à l’État, la collectivité, au groupe, et, par voie de conséquence, de plus en plus restreint à l’individu ; progressivement dépouillé de sa responsabilité, l’individu n’a plus de pouvoir sur sa propre vie.

Pour la plupart, cette frustration, sourde et lancinante, sera ressentie sans être jamais ni analysée ni même combattue. Pour certains, elle sera comprise et trouvera avec le libéralisme un début de réponse aux problèmes rencontrés : en redonnant aux individus la responsabilité de leurs actes et la liberté qui y est attachée, on lui redonne des marges de manœuvres, une façon concrète d’agir dans sa vie, de lui donner le sens désiré.

Pour d’autres en revanche, bien plus nombreux, l’analyse et la compréhension étant souvent hors d’atteinte ou, pire, masquées par les discours ambiants et la contrainte sociale, il s’agira de retrouver cette parcelle de pouvoir dont ils auront été spoliés au travers des domaines étroits où leur responsabilité est engagée. Typiquement, on retrouvera leur comportement inflexible et dépendant seulement de leur bon vouloir, derrière le guichet de l’une ou l’autre administration où le sort d’un autre individu sera entièrement à leur merci ; c’est ce même désir d’exercer un pouvoir, jouissif, sur la vie d’autrui, qui s’appliquera lorsqu’un agent RATP viendra sanctionner cette femme enceinte. C’est exactement le même mécanisme lorsqu’une batterie « d’inspecteurs du travail », tristes exécutants d’un code de loi poussiéreux, pourchasseront quelques individus pour des peccadilles en lieu et place de ces inspections dans les endroits où, justement, elles seraient les plus nécessaires (mais aussi, les plus dangereuses et donc les moins rémunératrices en regard du risque réellement encouru).

L’État, en dépouillant les individus de leur liberté d’agir pour eux-mêmes, a créé des armées de frustrés dont la capacité de nuisance pour autrui est alors inversement proportionnelle au risque qu’ils prennent en appliquant leur parcelle de pouvoir. Et malheureusement, ceux qui croient que c’est un effet de bord malencontreux du collectivisme se trompent : c’est un effet recherché.

Il n’y a pas de meilleur contrôle des individus que l’arbitraire appliqué par ceux qui ne savent rien faire d’autre.

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Source : http://h16free.com/2018/03/05/60451-le-pouvoir-des-minables


[Redite] Méchants, méchants pesticides : la ridicule croisade du Monde

dimanche 4 mars 2018 à 11:00

Article précédemment paru le 27.03.2016

Le journalisme en général et Le Monde en particulier sont régulièrement en proie à l’une ou l’autre lubies qui lui font croire à leur propre importance ; quand ce n’est pas l’égalité salariale impossible à atteindre et dévoyée par un patronat patriarcal machiste ou l’obsolescence programmée fondamentalement destinée à spolier l’honnête consommateur, ce sont les zhabominables pesticides que les agriculteurs et toute l’industrie chimique germano-américaine tentent de nous faire bouffer à pleines cuillerées. Et il y a deux ans, c’était sur ces derniers que s’attardait une batterie d’articles du fascicule gauchiste : selon Le Monde, pas de doute, tout était fait pour nous empoisonner.

Deux ans après, malgré l’accumulation d’études prouvant l’absence d’effets cancérigènes du glyphosate, tout est exactement pareil et Le Monde en remet une couche, travestissant leurs biais idéologiques et l’abandon calculé de tout esprit scientifique dans leur journalisme de supermarché. Il suffira pour s’en convaincre de lire le titre de leur dernière tentative de décodage propagande…

Nos certitudes écologiques semblent tous les jours amoindries par les travaux scientifiques, les découvertes récentes et l’esprit critique qui refuse de laisser le champ libre aux certitudes dogmatiques et ce malgré un travail de sape permanent d’une presse bien décidée à nous vendre de la catastrophe. Heureusement, de fiers capitaines restent droits dans la tempête de doutes qui s’abat sur eux et continuent, vaille que vaille, à distiller leur idéologie décroissante, altercomprenante et gravement éco-conscientisée.

feth.jpgEt dans ces capitaines de navires en perdition, comment passer à côté de Stéphane Foucart du Monde ? Fermement accroché à la barre d’un esquif journalistico-écologique de fortune qui prend l’eau de toute part à mesure que se révèle l’escroquerie du Réchauffement Climatique dit Anthropique, il a décidé de prendre une girouette pour boussole et nous emmène dans des aventures scientifiques aussi douteuses qu’amusantes.

Et c’est donc sans surprise qu’on découvre sa dernière prouesse journalistique par le truchement d’un article visant à montrer que le rapport coût-bénéfice de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture serait négatif.

Notre brave Stéphane, idéologie décroissante en bandoulière, a décidé de nous entretenir d’une passionnante « étude » réalisée par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) – c’est français, c’est de la qualité française ! – étude qui essaye d’estimer les externalités négatives des pesticides (les coûts qu’ils entraîneraient) et qui montrerait que dans certains cas, ce coût pourrait excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides.

gifa yeah ok shkreli

Avant même d’aller plus loin, notez que j’ai parlé d’une « étude » (en utilisant les guillemets) et d’estimations, et qu’on utilise ici des doses industrielles de conditionnel pour tartiner l’article. C’est normal : tout ce gros conditionnel gluant ainsi que l’utilisation d’une simple review qui a essentiellement listé des articles trouvés par internet comme s’il s’agissait d’une véritable étude est un cas banal de journalisme français comme on en trouve assez régulièrement, avec toutes les dérives habituelles de cette triste maladie. Comme d’habitude (et ce qui explique largement l’intérêt compulsif du journaleux du Monde), sous couvert de science, des chercheurs ont essentiellement fait du mauvais journalisme.

Et pour s’en convaincre, on pourra lire les arguments déployés par nos chercheurs et relayés avec gourmandise par le petit journaliste en mal de propagande écolo facile : pour ce triplet, c’est sûr, les coûts des pesticides (calculés par leurs soins) sont largement supérieurs aux bénéfices qu’on peut en retirer. Méchants, méchants pesticides !

Et ces coûts, calculés pour les Etats-Unis, arrivent tout de même à la somme impressionnante de 35 milliards de dollars. Cette coquette somme se répartit en plusieurs postes, dont le premier (de 18 milliards de dollars) correspondrait (conditionnel obligatoire) au coût des décès par cancers directement imputables aux pesticides. Apparemment, cela représenterait 2000 vies perdues, soit … 9 millions de dollars par vie.

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Voilà qui est particulièrement princier. Eh oui : comme le remarque très logiquement Anton Suvalki dans un récent article, même en oubliant qu’en réalité, rien ne permet de relier définitivement ces 2000 morts-ci à ces pesticides-là, on ne pourra s’empêcher de noter qu’à ce prix de 9 millions de dollars, les 500.000 décès effectivement constatés tous les ans aux Etats-Unis coûteraient plus de 5000 milliards de dollars, soit 29% du produit intérieur brut américain, ce qui en soit est parfaitement grotesque puisque cela revient à dire que l’ensemble du coût des maladies contractés sur place dépasserait largement 100% du PIB en question. À ce rythme, on se demande encore comment les Américains font pour seulement survivre.

Dans les autres postes de coûts, dans son article d’analyse des cabrioles du Monde, Anton Suvalki revient aussi sur d’autres éléments farfelus. Je vous encourage à aller le lire, c’est assez édifiant, notamment le passage sur les oiseaux (évalués à 35$ pièce, dont 30 comme « valeur récréative »).

Pour ma part, j’ai surtout noté l’idée ébouriffante des « frais d’évitement », qui seraient induits par les excédents de dépense des ménages qui ont opté pour l’alimentation biologique afin de minimiser le contact avec les pesticides.

gloubiboulga : on mélange tout, on s'amuse, on rigole

En introduisant cette notion, on touche ici au sublime. Partant de ce principe, absolument plus rien n’échappe à des coûts d’externalité négative qui sont d’autant plus élevés que l’alternative, pardon, l’évitement, est coûteuse. Par exemple et suivant le même principe, on devrait compter comme externalité négative tous les coûts des jets privés que les millionnaires achètent et utilisent pour ne pas avoir à emprunter les transports en commun. Et toujours selon le même principe, le coût des transports en commun est une externalité négative assez phénoménale qu’on doit incorporer dans le calcul du bénéfice de la marche à pied : après tout, prendre le bus entraîne bien des « frais d’évitement » d’une longue randonnée citadine…

Applicable à tout et n’importe quoi, un nouveau monde de macro-économie délirante s’offre alors à nous. Tout étant une affaire de choix, et les choix plus onéreux étant par définition toujours au détriment des choix moins coûteux, les externalités négatives au sens de ces « chercheurs » et de notre « journaliste » chevronné jaillissent alors de partout dans un gloubiboulga chimiquement pur dont on peut alors asperger le lecteur avec toute la force d’une bouche à incendie.

gifa party hard girafe

Moyennant quoi, on se demande exactement ce qui a poussé nos brillants bricoleurs de la macro-économie alternative à s’arrêter en si bon chemin : avec un peu de fougue, au lieu de trouver 40 milliards de dollars de coûts, ils auraient largement pu en trouver 100 voire 1000 à condition de bien pousser tous les frais d’évitement dans le tableau global.

Dès lors, peu importe les bénéfices puisqu’on pourra toujours faire correspondre en face des sommes aussi grandes (et farfelues) que possible pour les ridiculiser. Le fait que grandisse sans cesse le nombre d’humains nourris grâce à l’usage ces pesticides ne rentre pas en ligne de compte ; le « bénéfice de non évitement » est impossible à calculer puisque pour ce faire, on doit imaginer un monde sans pesticides, c’est-à-dire soit avec une population nettement moins importante, soit avec une population mal nourrie nettement plus grande. À combien s’établit le bénéfice d’un humain qui atteindra l’âge d’un an parce qu’il aura été correctement nourri ?

pignouferies.jpg

Et c’est précisément parce que ce calcul est impossible, et parce que le calcul inverse (celui du coût des pesticides) est si facile à bidonner comme le démontrent ces « chercheurs » et ce « journaliste », qu’on se retrouve avec de si beaux exemples de pignouferies de presse où l’on en vient à considérer très calmement des coûts de santé qui dépassent le PIB d’une nation pourtant manifestement pas complètement ruinée, ou des « frais d’évitement » que trente secondes de réflexion rangent immédiatement dans la catégorie des foutaises cosmiques lourdement chargées d’idéologie.

Eh oui : sous couvert de journalisme, sous couvert de recherche, on assiste – encore une fois – au martèlement compulsif d’un message bien connu : les pesticides, c’est mal, c’est méchant. En fait, tout se passe comme si la question du titre de l’article (« Et si les pesticides coûtaient plus qu’ils ne rapportent ? ») n’était que purement rhétorique…

Alors, tant qu’à faire dans le rhétorique, autant s’interroger tout de suite : et si pour changer Le Monde faisait du journalisme, du vrai ?

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Source : http://h16free.com/2018/03/04/60448-redite-mechants-mechants-pesticides-la-ridicule-croisade-du-monde


Conférence Bitcoin – Biarritz 2018

samedi 3 mars 2018 à 10:00

Malgré mes billets réguliers, malgré vos heures passées à écumer compulsivement toutes les pages internet consacrées au sujet, il vous reste plein de questions sur Bitcoin et les cryptomonnaies ? Ne vous inquiétez pas ! Le 7 avril prochain se tiendra, à Biarritz, une conférence-formation qui répondra enfin à toutes celles que vous vous posez sur ce palpitant domaine.

Cet événement, mêlant conférences de spécialistes et d’experts dans les questions liées à l’économie, aux crypto-monnaies ainsi qu’à leurs technologies, est organisé afin d’offrir une véritable formation intellectuelle pour ceux qui sont intéressés par ces nouvelles formes de monnaies et souhaitent participer à la nouvelle économie qu’elles permettent.

Tous les détails de Bitcoin Biarritz 2018 sont disponibles sur ce site qui vous permettra en outre de vous inscrire, au travers de ce site de réservation.

Vous pourrez enfin découvrir le détail des conférences, débats et intervenants qui se succéderont ce samedi 7 avril dans le cadre prestigieux du Casino Barrière en parcourant le programme de la journée.

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Source : http://h16free.com/2018/03/03/60438-conference-bitcoin


Billets d’avions : de bien maigres profits…

jeudi 1 mars 2018 à 09:00

Un billet de Nord et h16

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage en avion sans se cogner un voisin de siège un peu lourdingue. Que voulez-vous, faire un vol, c’est souvent prendre le risque de devoir fréquenter des individus qui ne pourront pas garder pour eux-mêmes leurs opinions, souvent sans intérêt et parfois idiotes.

C’est lors d’un récent trajet que ces petites vérités me furent rappelées. Installé aussi peu confortablement que possible dans l’un de ces bus aériens glorifiés, je me suis retrouvé à supporter les assertions consternantes d’un voisin rouspétant ostensiblement contre ses conditions de voyages qui contrastaient selon lui trop violemment avec les profits (honteux, bien sûr) que les compagnies aériennes engrangeaient.

Il est vrai que dans un récent article du Wall Street Journal paru le 14 février 2018, Scott McCartney détaillait l’excellente santé financière des compagnies aériennes nord-américaines : leurs bénéfices n’ont jamais été aussi élevés pour une industrie historiquement déficitaire et héritière de décennies de subventions.

Néanmoins et malgré ce constat, dans le métier, on dit que pour devenir millionnaire, il suffit d’être milliardaire et de lancer une compagnie aérienne (notez que ça marche aussi quand on est un État et qu’on fait des lignes de chemin de fer ou des centrales nucléaires). En effet, si les compagnies aériennes européennes et nord-américaines sont aujourd’hui pour la plupart bénéficiaires, elles ont derrière elles une succession presque ininterrompue d’années de pertes d’exploitation depuis leur création, un temps où les créditeurs (au premier rang desquels se trouvent les États) subventionnaient les billets des voyageurs.

Mais aujourd’hui, n’en déplaise à mon voisin ronchonneur, l’industrie du transport aérien est extrêmement concurrentielle : il est d’autant plus difficile d’y gagner de l’argent que les marges des compagnies aériennes y sont maigres. Tous ses ronchonnements n’y changeront rien : en réalité, les compagnies classiques couvrent à peine leurs coûts avec les billets.

En fait, elles dégagent des bénéfices principalement sur les services, ceux-là même que mon turbulent voisin avait refusé de souscrire et s’en mordait les doigts  : transport de bagages, réservation et choix du siège, de la place pour les jambes, embarquement plus rapide, changements de réservations, vente des miles d’un programme de voyageur fréquent ou utilisation d’une carte de crédit émise par la compagnie… Tout ce qui vient “en plus” peut être facturé au consommateur.

À l’exception des voyages hors “classe éco”, la compagnie vend quasiment à prix coûtant et espère se rattraper avec ces services, à tel point que, parfois, les billets les moins chers sont vendus à perte, et pour s’en sortir, les compagnies sont obligées de réaliser des bénéfices ailleurs.

D’ailleurs, à en juger par l’attitude générale de Roger (appelons-le ainsi, il a une tête à s’appeler Roger), ce billet sera effectivement une perte pour la compagnie qui ne risque pas de le revoir de si tôt.

Pourtant, Roger aurait tort d’imaginer que ce sera différent sur une autre compagnie. En Europe, malgré leur bonne situation depuis la libéralisation des années 80-90, leurs résultats sont encore largement en-dessous de leurs homologues américaines : lorsque ces dernières gagnent 20$ par passager, le reste du monde doit se contenter de 5,65$ !

Selon le Chef économiste de l’IATA, Brian Pearce : « Ces chiffres sont sans aucun doute élevés selon les standards des compagnies aériennes, mais (…) quand on compare avec ceux des autres sociétés commerciales ils ne sont que “dans la moyenne”. »

Alors que le repas à bord est en train de nous être servi, je sens Roger européen, patriote même, et il serait donc heureux de savoir entre deux gémissements désapprobateurs de la taille des fauteuils que, malgré ces bénéfices supérieurs en Amérique du Nord, les principaux indicateurs sont meilleurs pour les compagnies européennes.

Ainsi, la croissance du trafic international leur est plus favorable puisqu’il est en augmentation de 8,2% de 2016 à 2017 en Europe là où la hausse du trafic n’est que de 4,8% en Amérique du Nord sur la même période, le RPK (Revenu par Passager par Kilomètre, qui mesure le trafic passager réel) montre une croissance mondiale de 6,7% en 2016 à 8% en novembre 2017, avec une croissance européenne de 4,6% à 7,9% sur la même période, pendant qu’en Amérique du Nord, on y observait une croissance plus modeste de 4,1% à 5,4%.

Sapristi, mais alors, se demanderait Roger s’il avait ces informations au lieu de pester contre sa tablette qui ne peut pas s’abaisser correctement contre son trop gros ventre rebondi, d’où provient donc le différentiel du bénéfice entre compagnies européennes et américaines ?

Une comparaison des résultats d’exploitation 2017 avant (marge EBIT) et après impôts (marge EAT) permet d’orienter la réflexion. Avant impôts et taxes, l’Amérique du Nord réalise 8,3% de bénéfice contre 13,2% pour l’Europe. Après impôts, la première engrange 15,4 milliards de dollars contre 7,4 pour l’Europe, là où l’Amérique du Nord représente 22,8% du trafic (passagers et fret confondus) alors que l’Europe en capte 26,1%.

À l’évidence, ce différentiel ne peut expliquer seul la différence entre les bénéfices et les marges de chaque côté de l’Atlantique, ce qui indiffère Roger, qui préfère s’étaler de la moutarde sur la chemise dans un mouvement maladroit. Cela ne se verra pas trop, tant elle est hideusement bariolée.

Pendant que Roger essuie ses cochonneries, écartons certains coûts opérationnels, essentiellement identiques pour tous : les fluctuation des prix des carburants (20% de plus de 2016 à 2017) sont les mêmes pour tous les transporteurs ou à peu près puisque le kérosène bénéficie d’une détaxe en vertu d’accords internationaux.

En revanche, selon les régions ou les pays, on peut ajouter des taxes environnementales, diverses et variées, voire la participation obligatoire à un système d’échange de quotas d’émissions de CO2, que Roger a certainement adoubé de son vote docile il y a quelques années. Tout comme il aura applaudi des deux mains les douzaines de taxes différentes qui s’appliquent (1669 combinaisons de taxes possibles au niveau mondial). Cela donne un parfum très particulier aux beuglements de Roger lorsqu’il évoque le “scandale” de l’exemption de taxation du kérosène.

À ces taxations directes, il faut ajouter celles des entreprises qui possèdent les compagnies aériennes, mais aussi celles qui possèdent les aéroports, parkings, sociétés d’assistance en escale, magasins, etc. Bref, tout le transport aérien, en plus d’être une formidable machine à créer et maintenir de l’emploi, abonde très largement au budget des Etats !

Or, en Europe, grâce à Roger, ses idées, ses votes et ses trop nombreux semblables, les impôts et les taxes sont très lourds. Coïncidence ?

Certes, ces taxes et impôts n’expliquent pas tout : entre l’Amérique du Nord et l’Europe, les deux marchés, la structure de l’espace aérien et le réseau aéroportuaire sont très différents ;  les USA n’ont qu’un seul prestataire de services de navigation aérienne (et, en gros, une tarification moindre et plus simple de l’utilisation des routes aériennes), le produit proposé par les compagnies n’est pas forcément comparable en qualité au produit européen.

En outre, il règne en Europe une concurrence féroce entre transport aérien et rail (lourdement subventionné et que Roger aurait peut être dû envisager plutôt que pester contre son siège trop étroit), avec des distances parcourues intra-UE et intra-USA et une densité de trafic très différentes.

Malgré tout, une étude de 2017 estime que la totalité des taxes-passagers perçues représentaient à peu près 6 milliards d’€ et démontre notamment que si ces taxes étaient abolies, l’économie européenne en récupérerait 97% par le truchement de la taxation indirecte des biens & services (p.ex. via la TVA), et les compagnies proposeraient mécaniquement plus de services à moindres coûts en jouissant d’une plus grande flexibilité de leurs politiques de fixation des prix, tout en maîtrisant un peu plus leurs ratios coûts-bénéfices !

Ainsi, sur la base d’une modélisation intégrant un taux de croissance stable de 2% dans la zone économique européenne (EEA), l’impact sur le PIB d’une telle abolition serait de +0,07% en 2018 soit à peu près 10,5 milliards d’€ de PIB supplémentaire. En 2030, les projections donnent +0,13%, soit 24,9 milliards d’€ qui bénéficieraient à tous les secteurs d’activité économiques.

Pour l’emploi, cela reviendrait à créer 40.000 nouveaux postes l’année suivante et jusqu’à 110.000 en 2030 : des emplois dans tous les secteurs créés par effets directs, indirects, induits et par réaction catalytique, la majorité l’étant dans les secteurs liés au transport aérien, comme le tourisme.

Cette abolition totale se traduirait par une augmentation de 45 millions de passagers transportés sur les 3 années suivant l’abolition dont 9 millions de touristes supplémentaires soit 25,4 millions de passagers en plus en 2020. L’étude estime que ces touristes dépenseraient autour de 3,5 milliards d’€ sans compter les effets catalytiques sur les secteurs en aval de la chaîne de valeur.

Mais Roger s’en fout, lui qui s’est à moitié entortillé dans sa ceinture de sécurité dont la complexité semble l’occuper fiévreusement. S’il s’occupait en plus de ces histoires de taxes, il s’écrierait évidemment “manque à gagner”, son œil injecté de sang et ses petits poings lancés vers le plafond : pensez donc, la seule exemption accordée au kérosène et du secteur hors-taxes représente 39 milliards d’€ dans une déclaration de 2013 !

Comment l’État pourrait s’en sortir, hein, ma brave dame, sans ces impôts, taxes et ponctions diverses ? Comment calmer Roger autrement qu’à coup de somnifères puissants ou un bon coup derrière la nuque ?

Peut-être en rappelant que ce « manque à gagner » serait récupéré à 97% via la stimulation de tous les secteurs d’activité économique. En pratique, on observerait une augmentation des recettes fiscales générées par ces secteurs : taxes & impôts sur le revenu (des sociétés comme des contribuables), sur la valeur ajoutée, etc.

Rien de bien nouveau d’ailleurs : ce serait une simple application de la théorie de la taxation indirecte (voir, par exemple, « Intermediate Microeconomics: A Modern Approach’, 8th Edition, Hal. R. Varian (2010) »).

On peut tortiller les choses comme on veut, les taxes sont – ô surprise ! –  le poste le plus important dans le prix d’un billet.

En 2016, le Telegraph britannique rapportait dans un article relativement provocateur la composition d’un billet d’avion standard. Bien que basé sur une compagnie américaine, les proportions restent comparables pour une compagnie européenne : pour un vol Detla Airlines sur un Airbus A320 à pleine capacité (154 passagers) de New-York JFK à Washington Dulles International (un vol domestique, donc, dans un pays où les taxes sont supposées inférieures à l’Europe), nous avons donc :

Carburant 2,50$
Salaires du personnel navigant (1 pilote et 4 personnels de cabine) 1,50$
Coûts aéroportuaires (redevances, taxes) 13,50$
Amortissement de l’avion 11,50$
Assurance de l’avion 0,25$
Coûts de maintenance de l’avion 14,00$
Autres taxes et redevances 15,60$
Coûts opérationnels de la compagnie 10,00$

Saperlipopette ! Les taxes & redevances sont le poste le plus important (29.10$ pour un coût total de 68.85$, soit 42%) !

Sur un vol transatlantique typique, on y ajouterait 5,50$ pour la douane, 5,00$ pour l’inspection sanitaire des plantes & animaux (oui !) et une taxe au transport international de 17,70$. Pour vous donner une idée de l’équivalent européen de cette dernière taxe, la « Air Passenger Duty » prélevée au départ d’un aéroport britannique serait de 73,00£ dans le cas d’un avion de plus de 10 tonnes pouvant emporter plus de 20 passagers, soit la majorité des aéronefs utilisés pour le transport des personnes.

Il y a bien sûr d’autres coûts ancillaires, mais si vous voulez vraiment vous démotiver un bon coup (ou calmer les Roger que vous supportez autour de vous), vous pouvez jouer au petit jeu du KalkülmaTax© sur le site http://www.paxtax.eu/ (qui, ceci dit, ne donne que les taxes passager).

En définitive, l’aviation civile représente un formidable poumon économique et social et depuis peu, les compagnies aériennes sont effectivement bénéficiaires … Mais à quel coût ?

Affinés, les business-modèles permettent à présent de générer du bénéfice principalement sur la vente de produits « dérivés » du seul billet, mais pour l’instant, ce sont les autorités fiscales qui en bénéficient le plus. Et pour bien comprendre à quel point, rappelons simplement qu’en 2017, Apple a annoncé un revenu net de 48,4 milliards de dollars ; en comparaison, au niveau mondial, l’ensemble des compagnies aériennes du monde entier ne parviennent qu’à une trentaine de milliards.

Roger aura encore longtemps de quoi rouspéter …

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Source : http://h16free.com/2018/03/01/60435-billets-davions-de-bien-maigres-profits