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Sécurité en France ? Débrouillez-vous !

lundi 5 février 2018 à 09:00

Pendant que les ministres luttent âprement contre les promotions sur le Nutella, au moins la France peut-elle s’enorgueillir d’être bien gérée et que l’ordre, la justice et la loi y règnent sans conteste.

D’ailleurs, c’est avec une organisation ordonnée et bien encadrée que le trafic de drogue s’organise tous les jours dans les endroits les plus stupéfiants du pays, à commencer par certains domaines directement dépendant du ministère de la Justice sur lesquels se sont dernièrement développés de juteux points de vente.

Le fait divers est relaté dans les colonnes de La Provence où l’on apprend qu’un réseau de vente de stupéfiants a pris ses habitudes sur les 9 hectares du domaine de l’unité éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), à Marseille (ville par ailleurs charmante) : dans un souci évident pour les commerçants de se rapprocher toujours un peu plus de leur clientèle, les dealers se sont installés, en toute impunité, au contact des délinquants en réinsertion.

L’article est édifiant puisqu’il ne fait pas mystère que la situation existe depuis longtemps, que l’impunité des dealers y est à peu près totale et que ce sont même ces commerçants alternatifs qui se chargent de la « sécurité » du site en contrôlant les allées et venues des agents de la PJJ, probablement afin de garantir que les transactions se passent dans des conditions optimales.

Rassurez-vous, tout est malgré tout sous contrôle. Ou à peu près. Ou vaguement, comme le laisse entendre Franck Arnal, directeur interrégional adjoint de la PJJ lorsqu’il déclare :

« … nous n’avons pas la maîtrise de ces manifestations de violence et de territoire. Il nous faut pourtant réagir, sinon c’est l’État qui recule. »

Oh, allons, Franck, qu’allez-vous imaginer là ? Comment croire que cette impunité et cette évaporation complète des forces de l’ordre et des principes de base de la justice serait en quelque sorte illustratifs d’un énième recul de l’État français ?

Ce serait comme si… mmmh, voyons… comme si les fusillades continuaient de plus belle dans un pays où le port d’armes à feu est interdit et la détention lourdement règlementée ! Improbable !

Bien sûr, mon brave Franck, vous pourrez toujours pleurnicher sur l’une ou l’autre échauffourée survenue dernièrement à Calais dans lesquelles une petite brochette de migrants, assez peu inclusifs, ont fermement expliqué leur point de vue à une autre tripotée de migrants lors d’un échange de coups de feu peu règlementaires et pas du tout vivrensemblesques.

Ce genre de fusillades est fort regrettable puisqu’à force de se tirer les uns sur les autres, c’est un potentiel Victor Hugo en devenir qui finira par tomber un jour, c’est évident. Il semble aussi relativement évident que le message sécuritaire envoyé est plutôt confus puisqu’admettre ces fusillades, c’est admettre que des armes à feu circulent quasi-librement dans le pays (oh !), que les migrants sont peu ou pas encadrés du tout (oh !), que les forces de l’ordre sont complètement débordées (oh !), et que la gestion globale de tout ce foutoir est largement ouverte à discussion (oh !).

Mais baste, il ne faudrait pas s’arrêter à ces petites anicroches ! La République saura survivre à ça (et à bien pire), notamment parce qu’en définitive, force reste à la loi la communauté la plus armée, n’est-ce pas.

Oh ! Comment peut-on écrire ça, en France, en 2018 ?

Peut-être parce qu’au lieu de prendre en compte les belles idées de nos politiciens, on se doit de regarder les choses en face pour constater que dans la vraie vie, les forces de l’ordre font de plus en plus souvent de la figuration ?

En effet, aux faits divers choisis précédemment, il conviendra d’ajouter ce dernier, très illustratif de la situation réelle du pays, loin des fantasmes de justice et d’ordre républicain dans lesquelles barbotent nos élus.

Les faits sont aussi banals que dévastateurs pour la Douce Socialie du Bisounoursland : un retraité propriétaire d’une maison à Garges-Les-Gonesses est informé par la police locale que son bien est squatté par une troupe de Roms qu’on ne pourra tout simplement pas déloger parce que … pizza !

Entregent du propriétaire malheureux, force des réseaux sociaux ou magie du communautarisme appliqué ? Toute une bande de joyeux « jeunes de cités », encouragés par un youtubeur influent, débarque alors et vire manu militari les Roms importuns, quasiment sous les bravos circonspects des médias qui se sont bien retenus de caractériser les actions des uns et des autres, au contraire d’un passé pas si lointain (deux ans) où de vilains fascistes riverains avaient finalement expulsés des Roms un peu envahissants sans (oh mon Dieu !) en passer par la voie légale (gasp !).

Au passage, la police, essentiellement spectatrice, n’aura donc servi ni à empêcher que la maison soit squattée en premier lieu, ni à virer les squatteurs, ni à empêcher la venue d’une bande de jeunes, ni à empêcher l’expulsion des « occupants sans titre » (que la loi, fine et bien ajustée, semblait pourtant protéger parce que … pizza !).

L’efficacité du Service Public Régalien de Sécurité nous offre ici une publicité assez phénoménale de ses compétences et de son efficacité. Notons au passage que le Service Public Régalien de Justice n’est pas du tout étranger à cette incompétence, et que le sabotage consciencieux de ce dernier service doit à peu près tout au travail systématique de nos politiciens.

Certains, un peu trop enthousiastes, verront ici une sorte de libéralisme en application : après tout, ces jeunes actifs, n’hésitant pas à sortir pour déloger des indésirables, sont manifestement tout à fait d’accord pour faire respecter le droit de propriété, principe libéral essentiel. Si l’on ajoute la vente et le commerce libres de drogue ainsi qu’une largesse très grande pour la détention et le port d’armes que beaucoup de ces individus pratiquent, l’argument semble solide.

Il est vrai qu’à force de délitement et d’incompétence (voulue ou subie), les forces de l’ordre poussent bien à la constitution de milices que j’évoque régulièrement. Malheureusement, bien loin d’un mouvement qui viendrait en appui des forces de l’ordre et sous l’œil bienveillant d’un législateur acquis à l’individualisme, cela vient en dépit des institutions qui partent en saucisse.

Du reste, le libéralisme n’a jamais pu prospérer autrement que lorsque l’état de droit est assuré. Or, ici et en pratique, c’est la déliquescence avancée de toute la société française qui s’illustre : un propriétaire, très probablement « encouragé » par un droit du logement invraisemblable, laisse son bien à l’abandon. Des Roms, rompus à l’occupation conflictuelle, utilisent les trous légaux béants pour y emménager. Suite à l’appel d’un gourou des interwebs faisant vibrer la corde identitaire, des jeunes de cités débarquent et virent les Roms. Pendant ce temps, la police compte les points.

En 2018 en France, en lieu et place du respect de la Loi et de la Justice s’installent progressivement des milices et des règlements de compte plus ou moins violents où se mêlent délitement social, pauvreté et replis communautaire.

Forcément, ça va bien se terminer.

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Source : http://h16free.com/2018/02/05/60192-securite-en-france-debrouillez-vous


[Redite] Une France apaisée mais pleine de fusillades

dimanche 4 février 2018 à 11:00

Billet initialement paru le 20.02.2017

En février 2017, la France connaissait une vague de fusillades qui… Ah mais non en fait : il s’agissait d’un mois tout à fait banal dans lequel les fusillades étaient pourtant courantes. Comme, du reste, ce mois-ci, un an plus tard, qui a commencé avec encore une petite « rixe », c’est-à-dire une fusillade entre migrants à Calais.

Heureusement, le port d’armes est interdit et la détention d’armes à feu, dans le pays, est strictement contrôlée, sinon on peut être sûr que ce serait le Far-West américain, etc, etc. N’est-ce pas ?

La campagne électorale est maintenant lancée à plein régime, ce qui permet d’intéresser le bon peuple français avec des sujets palpitants comme la colonisation algérienne, les tractations mélenchono-hamonesques et le grand orchestre d’instruments à vent d’Emmanuel Macron. Et heureusement que ces clowns sont là : sans eux, on prendrait conscience qu’il y a quelque chose de pourri dans la République du Bisounoursland.

Pourtant, tout le monde sait qu’en France, grâce à l’énergique pacification de la société entreprise depuis plus de 40 ans, la plupart des problèmes ont été réglés et que, d’années en années, la condition du peuple s’est franchement améliorée : sécurité fiscale puis sécurité financière ont permis à toutes les classes sociales de marcher main dans la main, jusqu’au moment où la sécurité physique fut totale et parfaite.

Pas étonnant, dès lors, qu’à chaque période électorale, les sujets économiques passent très loin au second plan. Pas étonnant que la sécurité des citoyens ne concentre guère d’attention tant le pays est un havre de paix. Comme globalement, tout va plutôt bien, il ne reste plus dans les agendas des journalistes, des chroniqueurs politiques et des politiciens que des questions périphériques sur les petits ajustements qu’on peut encore faire à la magnifique machine huilée qu’est devenue la France, tant et si bien qu’on en est à réfléchir sur la distribution universelle et généreuse des dividendes d’une richesse revenue en fanfare, la sortie de l’euro tant notre économie, solide, garantirait une monnaie en béton armé, ou d’autres mesures frappées au coin du bon sens.

optimisme

En tout cas, c’est la seule explication valable qui me vient à l’esprit quand je vois avec quelle légèreté sont traitées les fusillades régulières qui ont lieu un peu partout dans le pays, et à Marseille en particulier.

Comment ? Vous n’avez pas remarqué ?

Pourtant, quelques titres ont parsemé la presse furtivement, entre deux saillies vagues de politiciens en campagne, et il ne faisait aucun doute qu’une fois encore, le pays et l’arrière-pays s’illustraient autrement que par « vivrensemble » et distribution de câlins.

C’est ainsi que vendredi, on apprenait la mort d’un individu suite à une fusillade. Les circonstances de cette fusillade sont suffisamment « croquignolesques » pour qu’on y consacre quelques mots : deux véhicules, dont une grosse cylindrée, se sont mis à poursuivre une Twingo noire à près de 150 km/h sur l’A55, obligeant les autres automobilistes à s’écarter et à ralentir. Quelques minutes plus tard, après avoir terrorisé plusieurs automobilistes et leurs familles sur leur passage, deux des trois véhicules se retrouveront sur le toit, le conducteur de la Twingo sera abattu puis carbonisé par les occupants du troisième véhicule qui prendront la fuite.

Pour le préfet des Bouches-Du-Rhône qui ne manque manifestement ni d’aplomb ni d’inventivité, tout ceci se résume à – je cite – un bête « homicide par règlement de comptes », le règlement de compte devenant de nos jours un objet vraiment très contondant.

Notez que tout ceci se passe à Marseille en 2017 et pas à Chicago en 1930, et notez qu’une telle série aux États-Unis nous aurait valu d’improbables commentaires des foutriquets habituels sur le port d’arme, la mentalité foncièrement différente des Américains et sur la nécessité évidente de bien encadrer la possession d’armes à feu (parsemé d’un petit « ouf, en France, ce n’est pas comme ça »). Mieux encore, certains, naïfs ou idiots, pourront insister sur le caractère exceptionnel de ce genre de faits divers.

Ils ont, bien évidemment, tort.

En fait, l’aspect exceptionnel ici est dans le faible nombre de victimes et c’est à peu près tout. Les fusillades, dans ce pays, sont devenues en réalité assez régulières. Un petit coup d’œil aux nouvelles locales permet de bien comprendre l’importance du phénomène : Bobigny compte ces derniers jours trois blessés dont un grave à cause d’une fusillade, Aix, Gignac et Marseille complètent la série hebdomadaire. La semaine précédente, Allauch et Marseille encore une fois trouvaient une place dans la même rubrique.

Je pourrais aussi, pour l’amusement, ressortir un précédent billet de 2015 dans lequel je faisais état d’une semaine presque banale en Bisounoursie socialiste où, sur sept jours, on trouvait cinq fusillades à différents endroits, fusillades initiées et terminées par la faune locale et jamais par la police qui, comme la cavalerie, arrive toujours après les faits.

De façon très concrète, très claire, la France est devenue une terre de fusillades et on ne doit l’absence de réaction à cette réalité tangible qu’à la cécité commode d’une part des grands médias et à l’envie de ne surtout pas voir cette réalité dérangeante par une proportion majoritaire des politiciens et, il faut bien le dire, des citoyens pour qui fusillade est seulement synonyme d’Amérique. De ce point de vue, la propagande par action ou, comme ici, par omission, fonctionne assez bien.

Il n’en reste pas moins que le pays est, au moins localement, en proie à de véritables guérillas de gangs mafieux que ne semblent arrêter ni la police, ni la gendarmerie, ni la justice ni la kyrielle de politiciens bigarrés qu’on nous offre d’un plateau télé à l’autre.

De façon tout à fait symptomatique et parfaitement en lien avec cette ambiance catastrophique qui règne sur certains pans entiers du territoire français, on assiste aussi à une violence récurrente et systématique lors de manifestations. Les dernières en date, prenant plus ou moins prétexte des violences policières subies par Théo, se soldent par plus d’une douzaine d’arrestations suite à des exactions qu’absolument rien ne justifie, de la même façon qu’absolument rien ne justifie d’aller brûler les voitures personnelles de policiers qui n’ont rien à voir avec l’affaire (cinq jusqu’à présent).

Interrogés ou titillés par ces événements, il va de soi que nos politiciens ont réagi avec la présence d’esprit et la lucidité qu’on retrouve facilement chez certains petits primates lorsqu’il s’agit d’attraper des fruits goûtus tout en se grattant une couille : Marine Le Pen juge nécessaire d’interdire les manifestations (si les gens sont violents, interdisons les gens), François Fillon remet sur la table l’idée d’une majorité pénale à 16 ans, quant au clown qui sévit encore comme président et à son factotum en plastique qui lui sert de ministre de l’Intérieur, ils n’ont rien trouvé de mieux qu’à se taper une petite opération de communication personnelle aussi putassière qu’hypocrite.

Autrement dit, soit les politiciens n’ont rien à dire sur ce qui ressemble à un mode de vie très alternatif dans le pays et qui échappe de plus en plus à toute forme d’autorité, soit ils s’expriment sur le sujet et enfilent avec application des bêtises périplaquistes en lieu et place d’un traitement de fond, durable.

Les principes, les lois, la volonté des citoyen excédés par un laxisme multi-décennal, les moyens techniques, financiers et humains, tout existe déjà pour revenir à une situation normale d’un pays dit civilisé, d’état de droit et de respect de la personne. Malheureusement, une frange de la population, la presse et l’intelligentsia politique n’ont toujours pas compris.

À mon avis, dans un proche avenir, elles peuvent se préparer à quelques surprises.

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Source : http://h16free.com/2018/02/04/60206-redite-une-france-apaisee-mais-pleine-de-fusillades


Propreté de Paris : les factures, les rapports et les rats s’accumulent

vendredi 2 février 2018 à 09:00

Traditionnellement dans ce pays, le vendredi est plutôt le jour du poisson. Cependant, ce vendredi-ci, à la faveur d’une actualité très humide, je vous propose plutôt du rat et de l’âne.

Ces dernières semaines, il a beaucoup plu. La Seine s’est donc naturellement gonflée. Ses berges peu entretenues et de plus en plus encombrées des aménagements humains qui la contraignent fort ont pas mal contribué à l’augmentation du niveau des eaux au point d’inquiéter la capitale du pays dont les doigts de pieds ont commencé à tremper.

Parallèlement, savamment entretenue dans une crasse indigne par des générations de syndicalistes, de politiciens dogmatiques et de fonctionnaires déresponsabilisés, la Ville a vu ces dernières années sa population de rats et d’autres parasites des sociétés humaines exploser au point qu’on constate maintenant leur présence bien au-delà des seuls laboratoires de l’institut Pasteur (ou de ceux de Volkswagen dont la rupture de stock les a sans doute poussé à prendre des sociali singes).

Et si la plupart de ces parasites n’ont pas eu à souffrir des crues soudaines (c’est le cas des agents de verbalisation qui ont pu continuer leurs rondes sans problème), il en va différemment des rats qui, repoussés par les eaux hors des égouts, sont devenus nettement plus visibles ces dernières semaines au point de faire grogner un peu partout dans les journaux. Apparemment, la Seine et ses inondations ont un bras séculier et le glaive rongeur…

J’avais d’ailleurs évoqué le problème dans un précédent billet en me demandant ce qu’allait bien pouvoir faire pour résoudre ce problème récurrent une équipe en place depuis des années et qui n’a pour le moment montré ni sa capacité d’action, ni un historique particulièrement flamboyant en matière de gestion de l’hygiène en général et les rats en particulier.

Question qui n’est pas restée en suspens très longtemps puisqu’un début de réponse se profile déjà : on apprend en effet, par le truchement du journal Le Canard Enchaîné et du magazine Capital, que la Maire de Paris, Anne Hidalgo, a organisé des conférences citoyennes sur la propreté des rues.

Cependant, quelques détails rendent l’affaire particulièrement poivrée (et quand on parle de rats, il vaut mieux, ça occulte certaines odeurs) : afin de mettre en œuvre la volonté de la Maire de plus impliquer les citoyens dans son plan propreté de mars 2017 (le troisième depuis son élection), Anne Hidalgo a fait organiser des conférences citoyennes dans ce thème, soit sept commissions de 15 habitants chacune. On attend les marches exploratoires sur le thème avec gourmandise.

Avec son phrasé inimitable et si spécifique de la nouvelle logorrhée socialiste, à la fois creuse et pleine d’adjectifs agressivement niais, la Maire souhaitait alors « faire émerger de belles propositions » pour rendre à Paris une hygiène un tantinet plus en ligne avec son statut de grande capitale touristique.

Or, l’émergence a un coût : 224.580 euros selon un rapport d’une mission d’enquête du Conseil de Paris. Plus de 200.000 euros qui couvrent bien sûr l’organisation de ces intéressantes réunions de quartier depuis l’automne dernier mais aussi la réalisation d’un rapport dont les résultats méritent un détour dont nous fait profiter le Canard, avec par exemple une conclusion qui laisse songeur puisqu’on peut lire dans le document de 14 pages que, je cite, “la perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté”, probablement pour dire en plus diplomatique que Paris est devenu assez crado.

Le montant de l’addition reste particulièrement salée pour un document de 14 pages dont on se doute qu’il contient quelques belles évidences et qui ne risque pas révolutionner la gestion des parasites, la dératisation en milieu urbain et les idées en matière de poubelles, d’égouts et de détritus. Cependant, cette addition, ce document et ces comités de quartiers vitaminés animés par l’Anne de Paris s’ajoutent en pratique à une précédente mission d’information et d’évaluation (MIE) sur la propreté de la ville, qui n’a elle pas coûté un rond aux contribuables et avait déjà effectué le gros du travail que la Mairie s’est empressée de lancer en parallèle.

Comme nous l’apprend cet article du Figaro, il apparaît en effet que cette MIE, lancée par Florence Berthout, maire « Les Républicains » du 5e arrondissement de la capitale, a auditionné, sur l’année écoulée, 78 maires d’arrondissements, adjoints, bailleurs sociaux, représentants de syndicats hôteliers, et d’autres pour collecter leurs constats et idées sur la propreté de la ville, aboutissant à un rapport de 232 pages et 45 propositions.

La conclusion de la présidente de cette MIE est sans appel :

« 90% de ce qui est dit dans cette étude est (…) présent dans notre rapport. On a bâti des propositions concrètes sur le ‘moins salir’ et le ‘mieux nettoyer’ »

Oui, vous l’aurez compris : on a donc dépensé une coquette somme pour rassembler des données et des idées pardon de « belles propositions » sur un sujet qui avait déjà été traité et qui avait déjà permis l’élaboration d’un épais document dans lequel se trouvait déjà des propositions concrètes.

Propositions concrètes qui, sans surprise, reviennent à passer le balai… dans certaines pratiques depuis celles concernant l’absentéisme chez certains agents de la municipalité et les sanctions afférentes jusqu’au processus décisionnel trop complexe nécessitant une vraie simplification. Comme tout ceci provient de l’opposition, cela n’a probablement aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit de concret auprès d’une Maire aussi dogmatique qu’arc-boutée sur ses procédés dilatoires. De réunions en comités, de happenings festifs et citoyens en commissions consultatives colorées, les discussions vont donc âprement continuer pour savoir qui va nettoyer la capitale, quand et comment.

En attendant, les rats de Paris dansent.

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Source : http://h16free.com/2018/02/02/60178-proprete-de-paris-les-factures-les-rapports-et-les-rats-saccumulent


Taubira, sexisme et écrans de fumée

mercredi 31 janvier 2018 à 09:00

Avec l’arrivée inopinée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, on avait pu croire, quelques mois, à un véritable renouvellement de la vie politique et on avait même pu penser, se laissant aller à une naïveté facile, s’être enfin débarrassé de toute une clique de petits politiciens dogmatiques et obstinément coincés dans des schémas de pensée du XXème siècle. Las, il n’en est rien.

Rapidement, une fois le nouveau roi bien en place sur son trône, il fallut se rendre à l’évidence ce qui fut d’autant plus facile que Ségolène Royal nous a rapidement rappelé à la raison et ramené à la froide réalité politique du pays. Prestement nommée Reine des Neiges, et ce malgré des contre-performances assez phénoménales à la présidence de sa région, elle a rapidement prouvé qu’on pouvait très bien continuer à émettre des avis péremptoires même en l’absence de tout mandat électif, de tout avenir et de toute signifiance politique si ce n’est celle de point de repère pour ceux que l’échec et la médiocrité guettent impitoyablement.

Le cas Royal aurait pu être isolé. Nous sommes en France et il n’en est donc rien : après la nouvelle égérie des pingouins, c’est au tour d’autres épaves politiques de reprendre du service, largement aidées en cela par une presse complaisante et toujours en mal de marronniers pour alimenter ses étiques colonnes.

C’est ainsi qu’on découvre, au détour d’articulets forcés sur nos écrans par cette presse envahissante, les dernières pensées profondes de Christiane Taubira, l’ex-Garde des Sceaux quand Hollande sévissait encore. Profitant de ce qui lui reste encore d’aura, elle se retrouve invitée dans des happenings branchouilles et doit prendre la parole sur des sujets à la mode. Et dernièrement, la voilà enrôlée dans une Nuit des idées organisée à Montréal par l’Institut français.

À en juger par les saillies de l’ex-ministre, le titre de l’événementiel est assez apte : pour les idées, c’est vraiment la nuit noire qui s’installe dans les milieux intellectuels à mesure qu’une espèce de tempête de poncifs, de lieux communs et de chasse aux sorcière se répand partout.

Rebondissant sur l’actualité qui a fourni, avec l’affaire Weinstein et ses douzaines de scories, une toile de fond particulièrement pratique pour y peindre une société machiste, patriarcale, oppressante et nauséabonde, Christiane Taubira s’est donc ouvertement réjouie par avance que les hommes soient un jour confrontés à (je cite) « l’expérience de la minorité », jugeant d’ailleurs que « l’expérience de la minorité est enrichissante, elle élève ».

On pourrait bien sûr souhaiter que la réflexion de l’immense penseuse politique ne s’arrête pas là et qu’elle en vienne à réaliser, enfin, que la plus petite des minorités est l’individu lui-même et qu’à ce titre, il faut absolument tout faire pour tempérer les mouvements actuels dont tout indique qu’ils passent leur temps à amalgamer avec une belle vigueur tous les hommes, ou tous les blancs ou, pire encore, tous les hommes blancs dans le même panier d’infamie.

En attendant qu’elle mène ce cheminement logique, on pourra regretter qu’elle prenne avec autant de légèreté certaines des actions menées par divers activistes dont les comportements se rapprochent parfois de la calomnie ou de la diffamation. La délation rapide, de préférence sur les réseaux sociaux, ne semble pas problématique. Mieux, elle ne suffit pas :

« La stigmatisation sociale via les réseaux sociaux ne suffit pas, la justice doit prendre le relais et les agresseurs doivent répondre de leurs actes devant des tribunaux. »

Pour une ex-ministre de la Justice, on aura le droit de lever un sourcil : on pourra toujours jeter un type en pâture à la vindicte populaire, ce n’est pas grave puisque la Justice prendra le relais. Et s’il n’y avait qu’une délation sans fondement, eh bien tant pis : la Justice étant passée, ce qui a été vomi sur les réseaux sociaux s’évaporera sans mal, je présume. Au pire, on saupoudrera un peu de poussière de licorne sur Facebook et Twitter, et hop, les allégations mensongères s’effaceront et les préjudices disparaîtront.

On aura le droit de lever un deuxième sourcil lorsqu’on lira, toujours dans le même entretien, qu’en définitive, peu importe le nombre de lois qu’on passera puisque

Même avec toutes les lois possibles, certains hommes seront toujours des goujats

… Ce qui devrait inciter à la prudence en matière de production législative, qu’on ne retrouve absolument pas dans le cortège de belles-âmes qui ont – aussitôt que l’affaire Weinstein prenait de l’ampleur – décidé de lancer de grandes opérations de codification légale sur l’outrage sexiste dont on attend le résultat avec gourmandise, notamment la partie verbalisation qui promet de grands moments de rigolade.

En pratique, Taubira, comme la politicienne madrée qu’elle est restée, s’inscrit ici dans l’air du temps qu’elle a aidé à produire avec d’autres péronnelles (depuis Najat Vallaud-Belkacem jusqu’à la dernière friandise gouvernemamantale, Marlène Schiappa) et s’exprime comme à son habitude, avec tout la grâce d’un éléphant sur une paire de skis, pour osciller entre les banalités et les âneries de circonstance que personne n’osera relever de peur de déclencher un tsunami de réactions outrées.

Car au-delà des petites phrases de Taubira (essentiellement plongées dans les constats d’évidences enrobés dans des formulations ampoulées), il reste l’actuelle tempête médiatique qui frise parfois l’hystérie où tout devient sexiste, tout n’est plus que discrimination, lutte, et vociférations bruyantes contre (au choix, panachage possible) le patriarcat et la domination masculine ou le machisme, les inégalités homme/femme, le harcèlement, j’en passe et des meilleures (comme ceci par exemple où, je cite, des femmes et des hommes féministes « déconstruisent les mythes de la masculinité », quels qu’ils puissent être).

En fait, on pourrait croire le discours de Taubira anecdotique. On pourrait imaginer que l’avalanche d’articles, d’émissions, de déclarations et maintenant de lois qu’on subit actuellement n’est qu’un effet de mode. C’est en partie le cas, bien sûr, mais ce serait oublier un peu vite que pendant que ces questions sociétales palpitantes occupent une place prépondérante dans l’actualité, les autres problèmes ne sont pas abordés (et ne sont donc ni réfléchis, ni traités).

De la même façon que Hollande avait occupé une bonne partie de son quinquennat sur le mariage homosexuel pour la simple et bonne raison que cette question, parfaitement accessoire à la bonne vie du pays, ne coûtait absolument rien à un État exsangue, Macron, son équipe et l’immense foule des idiots utiles qui piaillent derrière lui pratiquent la même technique avec la lutte acharnée contre le sexisme, les inégalités et les impolitesses de rue (là où l’arsenal de lois existantes couvre déjà l’ensemble de la problématique, si tant est que la volonté politique existe de le faire appliquer) : on s’occupe de l’accessoire, on oublie l’essentiel (le chômage, la dette, les problèmes de logement, d’éducation, de retraites, etc.).

Pendant ce temps, incapables de fournir les outils et les méthodes intellectuelles pour réellement combattre les messages subversifs, collectivistes et néfastes, et, pire encore, distribuant elles-mêmes de bonnes doses de ces messages collectivistes, les hystériques de l’égalitarisme à sens unique nous construisent résolument un monde où on aura simplement réorienté les haines et les ségrégations au lieu de les faire disparaître.

Forcément, ça va bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2018/01/31/60158-taubira-sexisme-et-ecrans-de-fumee


Loi alimentation : on en remet une couche

lundi 29 janvier 2018 à 09:00

Magie (calculée ?) de l’actualité : alors que la France découvrait, effarée, qu’on se bat encore dans certaines régions pour se procurer des ressources vitales comme du Nutella à prix discount, le gouvernement dévoilait les grandes lignes de sa nouvelle Loi Alimentation que tout le monde attendait avec une impatience difficilement canalisable.

Oui, vous l’avez bien lu : de nos jours, en France, on se bat pour des pots de pâte à tartiner en promotion. Ce n’est pas rien : ce genre d’événements permet en effet à deux phénomènes de s’exprimer librement dans les médias.

D’une part, ces bousculades nutellisées nous offrent une avalanche d’analyses extrêmement pointues sur la pauvreté en France qui pousserait certaines populations à se ruer pour posséder un produit subitement devenu « de luxe » à la faveur de l’événement. Quand ce n’est pas cette extraordinaire exégèse, c’est celle qui veut que la société ultracapitaliste turbolibérale favorise ces empoignades grotesques. Ou alors, on a droit aux réflexions emphatiques sur l’évidente malbouffe qui envahit nos habitudes et nos placards à force de promotions scandaleusement alléchantes.

Autrement dit, une promo sur le Nutella qui dégénère, et tout ce que le pays compte d’intellectuels se met à pondre des analyses pour occuper le temps de cerveau de ceux qui ont refusé de s’en procurer.

D’autre part et c’est encore plus fameux, cela permet très commodément de pousser l’actuel agenda gouvernemental en matière de lutte contre les méchantes dérives commerciales sur les produits alimentaires. Pour une coïncidence, c’est une coïncidence mais c’est comme les promos Nutella, il serait fort dommage de ne pas en profiter.

C’est donc ainsi que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a dévoilé les premiers éléments de sa loi Alimentation, qui sera officiellement présentée le 31 janvier en conseil des ministres.

Comme trop souvent en République du Bisounoursland, tout part d’une problème idiot analysé de travers et dont la résolution sera catastrophiquement à côté de la plaque. Cette nouvelle tentative de plonger les filières alimentaires du pays dans le désarroi sera, n’en doutons pas, couronnée de succès : rappelons en effet que les précédentes occurrences avaient par exemple permis à Guillaume Garrot, alors ministre délégué chargé de l’agro-alimentaire, d’exprimer toute l’ampleur de son intelligence en réclamant (je n’invente pas) qu’on puisse enfin payer les yaourts à l’unité (c’est déjà le cas, mais peu importe), qu’on transforme les promotions « Deux achetés, trois vendus » en « Deux achetés, le troisième vendu bien plus tard » ce qui ruine totalement l’idée promotionnelle basée sur un écoulement rapide du stock, ou encore qu’on retire bien avant leurs dates limites les produits en rayon pour redistribuer sous forme d’aide et de dons alimentaires, fusillant ainsi tout l’intérêt de ces dates et détruisant consciencieusement le travail de douzaines d’associations caritatives sur le terrain depuis des années.

Évidemment, à part la production d’enquiquinements administratifs supplémentaires et quelques amusants billets de blog, ces initiatives consternantes n’avaient apporté absolument aucune améliorations palpables des filières concernés, au contraire.

Il était donc relativement inévitable qu’on étale une nouvelle couche d’intervention étatique dans le domaine alimentaire : l’ultralibéralisme de Macron et de son gouvernement frappent donc à nouveau avec ces propositions dont le détail permet de donner une nouvelle dimension au foutage de gueule en technicolor que les Français subissent actuellement.

Eh oui : fini, les promotions excessives. Un acheté, un gratuit, ce ne sera plus possible ! On va limiter la promo à 34% de la valeur, et puis c’est tout !

Et c’est tant mieux : pensez-donc, à ce rythme là, bientôt, les gens auront des placards pleins et des portefeuilles épargnés alors que tout le monde sait qu’il vaut largement mieux des portefeuilles et des placards parfaitement synchrones, c’est-à-dire vides. Réjouissez-vous donc : l’actuel ministre de l’Agriculture Stéphane Travert se bat activement pour empêcher une hausse scandaleuse de votre pouvoir d’achat !

Et qui, mieux que le gouvernement, pour décider à votre place ce que vous devez faire de votre argent, les promotions qui vous sont bonnes et celles qui sont excessives ?

Ce n’est pas tout ! Il faut mettre fin à ces pratiques scandaleuses de ventes à perte qui permettent à trop de Français de faire de bonnes affaires. Sur certaines catégories de produits de grandes marques (comme, coïncidence, le Nutella ou le Coca-Cola), les marges des enseignes sont bien trop petites et la nouvelle loi va enfin les obliger à les augmenter. Autrement dit, c’est ♪ vrément ♫ supayr ♩, notre ministre se bat activement pour que les prix augmentent !

Sans surprise, de la même façon que Garot avait décidé de nous faire rire avec ses idées ridicules en matière de gestion des cantines, Travert propose de nous amuser avec ses propositions sur ces mêmes cantines : d’ici 2022, la moitié des aliments qui y seront servis seront bios (à hauteur de 20%) et locaux (pour les 30% restants). L’augmentation du coût des repas servis sera compensée par de généreuses portions de poudre de licorne dispensée au petit déjeuner ainsi que des chamallows grillés dans un arc-en-ciel.

Enfin, et dans une continuité – qui frise la perfection – des actions du précédent gouvernement socialiste, le ministre entend imposer des audits et des diagnostics des pratiques d’achats des entreprises de restaurations collectives parce qu’il semble évident que ces entreprises n’ont rien à carrer du gaspillage et qu’elles gèrent manifestement leurs achats d’une façon sous-optimale que seul un agent de l’État, son administration, ses procédures et ses petits cerfas en triplicatas serrés sauront redresser.

On le comprend : non seulement, il s’agit d’une nouvelle resucée des précédentes lubies de Garot dont le succès flamboyant permet déjà de se faire une bonne idée de ce qui va nous arriver, mais encore faut-il appuyer sur l’emploi de méthodes toujours aussi stupéfiantes d’innovation et de finesse politique, qui mêlent à la fois une compréhension intime des mécanismes de l’économie de marché et l’analyse en profondeur des problèmes soulevés pour faire une véritable symphonie d’âneries invraisemblables.

Tout ceci est formidable : grâce à l’énergie considérable que vous fournissez à ces histrions de l’emmerdement maximum par le truchement de vos impôts prélevés de plus en plus souvent et de plus en plus profondément, nous arrivons dans cette situation délicieuse où ceux qui sont normalement vos commis font absolument tout pour vous sucrer le peu de pouvoir d’achat qui vous restait une fois leur razzia terminée.

Et mieux que ça : l’abrutissante stupidité des propositions débitées par le ministre, si minutieusement contre-productives, ne semble défriser aucun journaliste, aucun économiste en vue dans les médias, aucun éditorialiste pourtant si prompte à sauter sur les émeutes nutellaires comme la vérole sur le bas clergé. Le peuple, anesthésié par ses intraveineuses de promotions scandaleuses, semble ne plus réagir.

Ce pays est foutu.

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Source : http://h16free.com/2018/01/29/60136-loi-alimentation-on-en-remet-une-couche