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Addictions aux jeux vidéos et au porno : heureusement, l’État va intervenir

lundi 11 juin 2018 à 09:00

On s’en doutait, mais la dernière enquête de terrain du Fondapol avec des chiffres et plein de statistiques précises le confirme sans le moindre doute : les jeunes de 14 à 24 ans sont de plus en plus accros et, pire encore, cela s’amplifie. Alcool, tabac, réseaux sociaux, jeux vidéos, pornographie, lolcats et enquêtes statistiques sur leurs habitudes, les sujets d’addiction se multiplient pour les jeunes français. Vite, il faut absolument agir !

Et ça tombe bien : l’enquête ayant commodément été remise aux parlementaires tout récemment, une action musclée sera certainement à l’ordre du jour.

Il faut dire qu’il y a de quoi : consommation d’alcool en hausse (et ce d’autant plus que le jeune est diplômé), tabagie galopante (et ce d’autant plus que le jeune n’est pas diplômé), drogues diverses (depuis le cannabis jusqu’aux drogues dures), aucun vice ne semble échapper à la jeunesse qui, après un ou deux chouinements pour un bac trop dur à avoir, se retrouve munie d’une formation en chocolat (ou diplomatine), confrontée à des problèmes – bien réels ceux-là – d’emplois inexistants sur un marché sinistré et des perspectives d’avenir moyennement rigolotes quel que soit le guignol locataire de l’Élysée.

Et au-delà de ces psychotropes et autres altérants, ce qui semble retenir l’attention des médias et des enquêteurs est ce véritable « tsunami » (le mot est d’eux) qui arrive, à savoir l’addiction aux écrans notamment pour ce gros quart des 18-22 ans qui passent plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux ou ces 16% sur la même tranche d’âge à passer le même temps sur les jeux vidéos.

Enfin, plus grave que tout cela réuni, c’est bel et bien l’addiction au porno qui semble déclencher les derniers spasmes d’horreur chez ceux qui prennent connaissance des résultats du Fondapol : pour le politologue Dominique Reynié, « Chez les 14-15 ans, 8% regardent du porno plusieurs fois par jour dont 5% de filles. Ils font leur apprentissage de la sexualité dans les pires conditions !». Au passage, on se demande un peu pourquoi le politologue juge bon de singulariser les 5% de filles. Est-ce pour dénoncer une représentation trop faible d’icelles dans la statistique, ou est-ce pour blâmer les garçons de prendre autant de place devant les écrans ?

Mystère et boule de gomme et malgré cela, l’enquête n’y va pas par quatre chemins, ni dans ses résultats, ni dans ses recommandations.

Sous-titrée « L’urgence d’une politique de santé et de sécurité publiques », elle ne laisse qu’assez peu le choix pour laisser la société s’organiser par elle-même et s’empresse de fournir, dès la première page, dès les premières lignes, une solution indépassable : il va nous falloir une bonne grosse politique de santé et de sécurité publiques, ma brave dame et mon bon mossieu, pas de doute.

C’est donc sans surprise qu’on découvrira dans la presse plusieurs articles détaillant l’enquête et ses recommandations, dans une sorte de service avant-vente aux députés qui s’empresseront, une fois l’opinion chauffée à blanc, de valider toutes les alléchantes propositions de Plans Quinquennaux Contre Les Addictions chez les Jeunes.

En effet, tout dans cette enquête aura été fait pour que nos élus saisissent bien toute l’ampleur de l’enjeu : outre la drogue pour laquelle il va falloir trouver un moyen d’empêcher la production, la distribution et l’achat, outre la cigarette pour laquelle tout le monde va bien devoir s’interroger sur l’accessibilité trop grande, outre l’alcool qui semble tout de même un peu trop facile à obtenir, force est de constater que des millions de contenus illicites sont disponibles à un ou deux clics de souris près !

Heureusement, on sait d’expérience que des solutions existent.

Les précédentes tactiques contre la drogue ont largement montré leurs performances. La guerre contre la drogue, ça marche du tonnerre de Brest et les résultats sont tout à fait probants.

Pour la cigarette, comme les chiffres récents indiquent qu’un million de personnes ont arrêté de fumer, personne n’ira regarder ceux du marché noir ni celui de la cigarette électronique. Les mesures mises en place par l’État ont été puissamment couvertes d’un succès retentissant et puis c’est tout.

Du côté de l’alcool, il semble limpide que les mesures visant à la sobriété sont une réussite toute aussi complète. Dès lors, pourquoi ne pas continuer sur la lancée ?

De ces constats emprunts d’un optimisme béat calculé, une seule conclusion peut être tirée : ce qui a marché dans ces différents domaines ne peut que marcher avec le même succès dans la pornographie et le jeu vidéo puisqu’il semble maintenant décidé que l’État devra y mettre son grain de sel bon ordre.

Partant de là, on ne peut attendre qu’avec impatience les recommandations étatiques en matière d’addictions. D’ailleurs et pour rappel, les recommandations sanitaires de l’État en matière alimentaire consistent à favoriser les sucres de tous types sur les lipides et les protides et elles n’ont pas du tout entraîné l’explosion des cas de diabète et d’infarctus. On peut donc raisonnablement imaginer que la même brochette de gens hyper-compétents établiront des normes solides et bien pensées en matière d’internet, de jeux vidéos, de pornographie et surtout de sexualité responsable, citoyenne, probablement éthique, inclusive et éco-consciente.

Tout ceci est extrêmement rassurant.

Au passage, il ne vient à l’esprit de personne de rappeler que tout ceci relève en définitive de la responsabilité parentale et individuelle, et qu’à mesure que l’État se charge de ces responsabilités en se croyant capable de les remplir, parents, adolescents puis jeunes adultes se sentent d’autant plus dépossédés de cette responsabilité et des conséquences qui s’y attachent. Peut-être est-il trop tôt, le désastre n’est-il pas encore assez grand pour oser aller jusqu’à prétendre qu’en réalité, la société civile n’a surtout pas besoin d’un État qui intervient à la place des parents et des individus à leur place mais justement, de son exact contraire ? Peut-être le peuple français, largement sous morphine étatique, a-t-il besoin d’une dose encore plus massive parce que, c’est sûr, cette fois, ce sera la bonne et que les problèmes, qui sont apparus progressivement à mesure qu’on augmentait les doses de socialisme, de collectivisme et d’interventionnisme, ne disparaîtront qu’une fois un certain seuil (encore lointain) enfin franchi ?

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

En attendant donc que toute une pyramide des addictions et des petites méthodes pour les combattre fasse son apparition, contentons-nous d’être heureux que ces nouveaux problèmes soient pris à bras-le-corps par les législateurs au track record si bon et par ces administrations aux résultats si flamboyants.

Et puis, bonne nouvelle, les préservatifs sont maintenant gluten-free (même si, je le rappelle, on n’est pas supposé l’ingérer de toute façon).

Si avec ça, on ne va pas vers un avenir riant, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

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Source : http://h16free.com/2018/06/11/61195-addictions-aux-jeux-videos-et-au-porno-heureusement-letat-va-intervenir


[Redite] Et il faudrait avoir confiance dans la Justice de son pays…

dimanche 10 juin 2018 à 11:00

Article initialement paru le 12.06.2016

Pendant que l’État consacre des sommes tous les ans plus importantes à sa communication et à ses médias officiels, France Téloches en tête, la justice française continue de s’enfoncer dans un marasme assez flagrant où les petites affaires mal gérées sont cachés par les grosses, médiatiques, mal gérées aussi.

Malheureusement, tout indique que ceci n’est pas un accident de parcours momentané mais suit bel et bien une tendance de dégradation globale, comme le montre assez clairement cet article d’il y a deux ans qui relatait quelques faits divers plus ou moins cocasses illustrant assez bien que le fonctionnement de l’institution judiciaire française devient de plus en plus illisible pour le justiciable de base.

Dernièrement, trois affaires de justice ont retenu mon attention, et avec elle, celle des réseaux sociaux. La presse nationale les a évoquées, très rapidement, avant qu’une autre actualité (footballistique) ne balaye les scandales, délave les sentiments et éparpille les outrés. C’est dommage, tant ces petites histoires de prétoire forment un tout cohérent que beaucoup s’obstinent à ne surtout pas voir.

Il y eut, tout d’abord, la triste condamnation d’un maire qui, hardi, avait choisi de faire réaliser des travaux de curage d’un cours d’eau dépendant de sa commune.

Daniel Amblevert, maire de Sainte-Florence (Gironde), une commune de 130 habitants, doit définitivement s’acquitter d’une amende de 1500 euros, ainsi que verser 5000 euros de dommages et intérêts à la SEPANSO, la fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest. Son impardonnable crime fut en effet d’avoir procédé au nettoyage d’un cours d’eau sans autorisation préalable, nettoyage qui, selon l’accusation, a été nuisible au débit de l’eau et à la vie aquatique, avec bien sûr de graves « conséquences environnementales sur la faune et la flore ».

what wtf whaaat

Évidemment, il faut bien comprendre que si les cours d’eau et les fossés ne sont pas entretenus, on peut s’attendre à des conséquences aussi graves (voire catastrophiques), notamment pour les habitants, comme les récentes inondations d’une partie de la France l’ont démontré fort à propos. Mais voilà : les associations écologistes ne peuvent permettre qu’on bouscule les écosystèmes, les petits batraciens et les poissons frétillants sans leur demander leur autorisation ou, le cas échéant, celle de la Kommandatur l’administration compétente. Car, en France (et notre élu l’apprend à ses frais), il y a une administration compétente pour absolument tout, et surtout n’importe quoi. Le formulaire Cerfa est la première production du pays, ce n’est pas un hasard.

Évidemment aussi, si notre élu avait eu l’absence d’esprit de demander ces autorisations, l’obtention des sésames aurait pris un certain temps (voire un temps certain), et, avec quelques risques, les inondations auraient eu lieu avant le curage. Dans cette hypothèse, il aurait bien sûr été condamné pour n’avoir pas fait le nettoyage imposé par la loi.

Évidemment enfin, il ne fait aucun doute que les hommes de loi ont ici exercé en connaissance de cause, experts pointilleux de leur domaine, et que tout a été fait dans les règles : personne ne pourra donc dire que la justice française condamne n’importe qui, n’importe comment, tout le monde devra, impérativement, accepter que tout ceci est parfaitement normal, et chacun pourra repartir en se disant que « justice a été rendue ». Ou au moins, « le droit a été dit ». C’est plus modeste, mais c’est à la portée de nos vaillants juristes.

Pour la Justice, en revanche, notion philosophique complexe, il en va quelque peu autrement. Mais on s’en fiche, n’est-ce pas : nous sommes en France, jadis pays des Droits de l’Homme et à présent pays des hommes de droit.

gifa - what - tom cruise

La seconde affaire fleure bon l’histoire drôle, ou loufoque, ou simplement grotesque dans son déroulé. On touche du doigt l’absurdité kafkaïenne que tout le système judiciaire français est capable de produire. Comme il n’y a pas eu mort d’homme (pour le moment), on doit même pouvoir trouver amusante cette suspension momentanée du bon sens. Car il faut en manquer, de bon sens, pour payer sa caution judiciaire, d’un montant élevé, intégralement en billets de 500 euros. Car il faut en manquer, de bon sens, pour utiliser des billets à l’odeur suspecte d’alcool et de colle. Car il faut en manquer, de bon sens, pour la faire payer par 29 acolytes qui se pointent au Tribunal, petites enveloppes rebondies à la main. Car d’un autre côté, il faut au système dans son intégralité en manquer, de bon sens, pour que l’ensemble de l’opération puisse s’achever sans que ni le prévenu sous caution, ni ses acolytes payeurs, ne soient finalement empêchés dans leurs démarches.

Oui, vous l’avez compris : pour être remis en liberté avant son procès à Lyon, un détenu incarcéré à Moulins-Yzeure et suspecté dans une affaire de stupéfiants a réussi à faire payer sa caution de 500.000 euros par 29 individus, avec des sommes de 7.000 à 70.000 euros en billets de 500.

Bien sûr, toute l’opération étant suspecte et l’argent sentant presque littéralement l’opprobre, les billets ont été saisis et une enquête en flagrance pour blanchiment a été ouverte, mais malgré tout, le prévenu et ses petits amis sont repartis libres.

gifa confused - wtf - what

Là encore, pas de doute sur la légalité de la remise en liberté : il n’y a pas de limite au paiement d’une caution en liquide, il n’est pas interdit de faire appel à des amis, et la caution donnée, rien ne pouvait s’opposer à la bonne marche de la justice. Le droit, encore une fois, a été parfaitement respecté par ces hommes de droit toujours scrupuleux, toujours pointilleux. Bien évidemment, il flotte malgré tout comme un gros sentiment d’impunité et d’injustice pour le citoyen lambda qui apprend la nouvelle et pour qui la Justice ne ressemble pas trop à cet exercice là. Mais on s’en fiche, n’est-ce pas : le droit a été dit.

Pour la troisième affaire, on ne peut s’empêcher de retrouver quelques traits saillants avec les deux exemples précités. En substance, une patrouille de police est prise à partie par un groupe d’individus (la presse, égale à elle-même, choisit le terme « jeunes » pour les désigner) dont l’un finit par décocher un violent coup de poing à un policier et prend la fuite pendant que le fonctionnaire s’effondre, pris de convulsions. Malgré tout, deux hommes sont interpellés, et l’auteur du coup se rendra plus tard… Pour être relâché après quelques heures par le parquet qui lève les trois gardes à vue en expliquant :

« Nous avons eu une panne informatique due aux inondations. Nous n’avions plus aucune visibilité sur les antécédents des mis en cause. Faute de savoir dans quel délai nous allions être dépannés, on a levé la garde à vue. »

Les trois prévenus repartent donc, libres. Quelques jours plus tard, les policiers interpellent à nouveau trois des quatre jeunes mis en cause, dont l’auteur du coup de poing… Et là encore, le parquet décide de les remettre en liberté avec une convocation au tribunal en avril 2017.

gifa - what - hein - wtf

Rassurez-vous : tous ces événements respectent le droit, et, un jour, peut-être en avril, la justice sera rendue. Là encore et bien évidemment, on ne peut s’empêcher de penser que la Justice, elle, s’est retrouvée quelque peu maltraitée, laissée pour morte dans une poubelle de quartier, dans l’indifférence quasi-générale. Mais les hommes du droit seront là, courageux, pour expliquer qu’il faut en passer par là, que le monde réel est complexe et que l’épaisseur des codes de loi provoquera inévitablement quelques petites tensions ici et là.

Et peu leur importe, finalement, que la justice qui est rendue n’a plus grand rapport avec cette Justice que le peuple rend par et pour lui-même. Peu importe, finalement, que les actions de ce système deviennent progressivement illisibles pour ceux qui demandent justice, ou la subissent. Peu importe, finalement, l’exemple absolument désastreux que ces faits divers (et tant d’autres, par centaines, toutes les semaines) offrent aux citoyens, aux délinquants et aux criminels, et peu importe que leur multiplication déforce complètement le système lui-même et la notion de Justice dans ce pays. Peu importe que face à la multiplication de ces farces où sont déréglés tous les curseurs de la moralité et du bon sens d’une société qui ne marcherait pas sur la tête, le citoyen justiciable perde définitivement toute confiance dans le système et peu importe sans doute qu’il décide, inéluctablement, de se faire Justice lui-même, l’actuelle justice en place en étant incapable…

Peu importe, voyons, puisqu’en tout cas, le droit est respecté !

gifa hm wait what wtf

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Source : http://h16free.com/2018/06/10/61189-redite-et-il-faudrait-avoir-confiance-dans-la-justice-de-son-pays


Pendant ce temps, les cryptos innovent

vendredi 8 juin 2018 à 09:00

Bien que la France ait fermement décidé d’être le centre du monde, et en attendant que la note de service correspondante parvienne à tous les autres pays, les palpitantes aventures des cryptomonnaies continuent. Et même si la France s’en fiche quelque peu, elle qui a choisi presque consciemment de rater ce train d’innovations là, cela n’empêche pas la communauté des développeurs et utilisateurs de ces nouvelles monnaies de faire preuve de beaucoup d’imagination.

Les derniers mois ont été riches en rebondissements.

Et ici, je ne parle pas seulement des variations de cours au jour le jour, tant ces derniers fluctuent sauvagement d’une semaine à l’autre. Presqu’indépendamment de ces hausses et de ces baisses soudaines, de nouvelles initiatives voient le jour qui s’appuient soit sur l’aspect monétaire de ces cryptomonnaies, soit sur les autres caractéristiques saillantes offertes par la blockchain, à commencer par son immutabilité et sa répartition planétaire.

Depuis le mois de décembre 2017, on ne peut que noter les développements rapides de ces différents domaines. Je prendrai quelques exemples pour illustrer mon propos et montrer la vivacité du milieu qui laisse envisager l’avenir avec sinon sérénité, au moins l’assurance que ceux qui participent à ces communautés ne se tournent pas les pouces.

Réseaux Sociaux

Ainsi, différents projets se sont notoirement développés dans le domaine des réseaux sociaux.

On pourra citer memo.cash ou blockpress dont le principe consiste à copier Twitter, la plateforme de « micro-blogging » qui permet d’échanger rapidement avec le reste du monde (ou personne le plus souvent), avec quelques modifications majeures : chaque message entraîne une inscription sur la blockchain, ce qui entraîne deux choses.

D’une part, cela impose que celui qui produit le message (que ce soit un nouveau message ou une réponse à un message déjà existant) doit le faire en payant cette transaction, éliminant dans une certaine mesure la présence normalement indépassable de trolls : quand on paye pour communiquer, on réduit sa communication à l’essentiel. Notons cependant que les frais de transactions étant minimaux (on parle de quelques fractions de centimes au plus), la désincitation reste modérée.

D’autre part, l’écriture de ces messages dans la blockchain les rend de fait ineffaçables. Dans ce contexte, fini les tweets gênants qui disparaissent opportunément. Cela impose une certaine discipline avant de poster un message qui sera inscrit sans péremption et sans droit à l’oubli… Le protocole étant ouvert et facile à implémenter, n’importe quelle plateforme (comme memo.cash ou blockpress) peut offrir cette messagerie à tout utilisateur. On comprend dès lors qu’elle devient impossible à censurer. Au contraire de Twitter qui bannit régulièrement des utilisateurs soit à la demande d’autres utilisateurs, soit d’autorités étatiques ou d’associations plus ou moins légitimes, le système proposé donne réellement une chance de disposer d’une plateforme de libre-expression…

On pourra aussi évoquer la plateforme de blogging Yours qui permet d’écrire des billets et de les publier tout en laissant la possibilité aux commentateurs et aux internautes inscrits sur cette plateforme de rémunérer directement l’auteur. On se rapproche ici des usages traditionnels puisque les blogueurs offrent généralement la possibilité à leur lectorat de s’abonner éventuellement moyennant finances, ou de participer à leurs frais via rémunération ou dons. Cependant, Yours monétise aussi la partie commentaire et permet aussi à ceux qui ont rémunéré un commentaire de qualité de toucher une petite partie des rémunérations subséquentes. Au final, toute la plateforme permet des centaines de microtransactions pour des montants très faibles (quelques centimes à chaque fois) en touchant un public de plus en plus large, offrant une réelle alternative aux systèmes de paiements actuels basés sur les monnaies fiat et des frais de transaction comparativement bien plus élevés.

Utilisation des cryptomonnaies

Au-delà de ces usages périphériques à la cryptomonnaie elle-même, d’autres projets se sont eux concentrés sur l’amélioration de l’expérience utilisateur lors de l’usage direct de ces cryptomonnaies.

On pourra noter en particulier une version équivalente à AirBnB entièrement basée sur les cryptomonnaies les plus prisées du moment, sur
Cryptocribs. Le principe est simple : en tant que loueur, vous pouvez placer votre bien en location à la journée sur le site, et vous pouvez vous faire payer en cryptos pour cette location. En tant que locataire, vous pouvez chercher une place à louer pour la durée de votre choix, et payer dans la crypto de votre choix parmi celles disponibles sur le site (BTC, BCH, LTC, ETH).

Au passage, même s’il est évidemment fortement recommandé de bien remplir les obligations fiscales liées à ces locations, on se demande comment, si le principe remporte du succès, l’État va bien pouvoir contrôler tout ceci tant les transactions basées sur les cryptomonnaies peuvent se faire évasives.

Et de la même façon que Cryptocribs copie le concept d’AirBnB dans le monde des cryptomonnaies, Coinfundr reproduit celui d’Indiegogo ou de Kickstarter, consacrés au financement participatif ou crowdfunding. L’intérêt de passer par des cryptomonnaies est rapidement évident : là où les intermédiaires de paiement et la plateforme peuvent traditionnellement représenter 8 à 10% de frais sur les levées de fonds effectuées, Coinfundr se contente de 3% (et reste même gratuit pour les opérations charitables). En outre, une fois les fonds récoltés, ils sont mis à disposition des porteurs de projet dans les minutes qui suivent au lieu des quelques semaines traditionnellement nécessaires aux plateformes habituelles pour faire les transferts.

Enfin, difficile de terminer ce petit passage en revue de quelques solutions innovantes développées récemment sur les cryptomonnaies sans mentionner Cointext. Véritable révolution pratique qui permet de toucher tous les utilisateurs équipés d’un simple téléphone portable (et pas uniquement un smartphone), Cointext permet de faire transiter des fonds (en Bitcoin Cash) d’un bout à l’autre de la planète sans plus passer par un tiers de confiance ou sans utiliser une banque ou des officines de transfert (comme Western Union par exemple). L’ensemble des transactions se réalise par de simples SMS (ce qui ne nécessite même pas internet).

Inutile de développer plus avant l’impact que ce genre de système peut avoir tant il autorise les transferts de sommes modestes depuis des pays riches vers les pays pauvres où Internet et les smartphones constituent encore l’exception plutôt que la règle, mais où les téléphones et le système SMS fonctionnent correctement. On parle ici d’une réelle opportunité pour tout une classe de population, jusqu’à présent complètement tenue à l’écart du monde bancaire, d’échanger des sommes d’argent de pair à pair, d’un bout à l’autre du globe. Les perspectives et opportunités ouvertes par ce genre d’application sont gigantesques.

Je pourrais citer encore un paquet d’autres innovations (comme Joystream par exemple, qui permet le partage de fichier à la BitTorrent avec rémunération des sources, ou OpenBazaar qui offre un équivalent d’eBay en version décentralisée et basées sur les cryptomonnaies, …) mais un billet n’y suffirait pas : même si les prix se sont tassés, même si la presse semble s’être quelque peu détournée des cryptomonnaies à mesure que les cours s’assagissaient, le domaine est en réalité en pleine effervescence.

Les cryptomonnaies sont là, et la révolution qu’elles amènent ne fait que commencer.

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Source : http://h16free.com/2018/06/08/61140-pendant-ce-temps-les-cryptos-innovent


Sans l’État, qui ferait émerger des « médias engagés » ?

mercredi 6 juin 2018 à 09:00

Voilà, ça y est, le branle-bas de combat est lancé dans l’audio-visuel public : des réformes sont officiellement lancées ! Et le moins qu’on puisse dire est que Françoise Nyssen, apparemment ministre de la Culture, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Au vu des propositions dévoilées lundi, si réforme il y a, ce ne sera pas au scalpel ni même à la truelle, mais plutôt au canon de 105.

Ne nous mépronons pas : quand j’évoque ici des réformes musclées, je ne voudrais surtout pas faire penser qu’enfin, le ministère s’est rendu compte du gaspillage flagrant que représentent France Téloches et sa myriade d’acteurs satellites barbouillés du nom « France », son budget dantesque et ses médiocres productions.

Non.

Ici, bien malheureusement, il s’agit de proposition de réformes pour introduire une nouvelle couche particulièrement épaisse de propagande, et ce avec une décontraction qui serait touchante s’il ne s’agissait pas de claquer l’argent du contribuable pour lui fourrer encore une fois de force une masse consternante d’âneries au fond du gosier, en l’annonçant ouvertement, crânement même.

Comme l’indiquent les quelques articles que la presse a pondus, il ne s’agit rien moins pour Nyssen que de – je cite – « changer les mentalités » des Français. Un bien beau programme que voilà : puisqu’apparemment le peuple ne pense pas comme il faut, et puisque changer le peuple prendra un peu de temps encore, hâtons le résultat voulu avec un bon lavage de cerveau changement de mentalités.

Dans le détail, on découvre bien sûr quelques réformes cosmétiques comme la suppression d’un canal hertzien (France 4) dont personne ne s’apercevra de la disparition, ainsi qu’une valse hésitation sur France 0, le canal dont le nom indique le nombre de téléspectateurs et qui pourtant semble mériter de continuer à émettre ses émissions fantômes. Mais bien avant ces petits bricolages marginaux, Françoise Nyssen a surtout insisté sur l’importance des réformes idéologiques que le service public devrait prochainement porter.

Le mot idéologique convient ici parfaitement : entre la mise en place d’une inévitable plateforme de lutte contre les « fausses nouvelles » (i.e. rumeurs et autres informations non sanctionnées par un organe officiel et/ou adoubées par les pouvoirs en place), la dénonciation d’une prétendue sur-représentation de l’homme blanc de plus de 50 ans dans les médias (ceux qui paient la redevance apprécieront) et les missions que la ministre a fixées pour l’audiovisuel public, il devient difficile de camoufler ce brûlant désir de Propagande d’État Officielle sous une simple démarche de réorganisation structurelle. Le doute n’est en effet pas possible lorsque Nyssen évoque ces missions en jugeant certains Français « hautement réactionnaires », ce qui nécessite que les chaînes et radios du groupe public se chargent enfin de « changer les mentalités sur le terrain ».

Ah, ces imbéciles de contribuables qui pensaient niaisement que ce service public avait pour mission de les informer de façon aussi neutre que possible ! Quels idiots ! Tout le monde sait pourtant que, leurs pensées étant de plus en plus nauséabondes, ce service qu’ils paient de leur poche devra absolument les leur remettre d’équerre, fissa ! Sachant cela, ces contribuables étourdis (un coup de pelle fiscale derrière la nuque, ça fait souvent ça) se réjouiront donc de savoir que Nyssen a fort heureusement sanctuarisé 560 millions de leurs euros pour que la production de sucreries bien-pensantes continue sans relâche.

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Ah, voilà qui est revigorant ! Plus d’un demi-milliards d’euros seront donc cramés habilement dirigés vers des productions de merde militantes engagées permettant de conscientiser les cerveaux disponibles et les nettoyer de toutes ces vilaines idées peu recommandables qui empêchent manifestement le gouvernement et son administration d’avancer là où il veut à la vitesse qu’il veut.

Et avec un demi-milliard, on peut en payer, des programmes de qualitaÿ ! Combien de frétillantes émissions de Ruquier, ses invités et ses barils de 200 litres de moraline gluante, dont l’objet semble à chaque fois d’insulter vos convictions ou de moquer vos habitudes conservatrices, rétrogrades voire carrément réactionnaires ? Combien de palpitantes révélations d’Église Glucet à l’assaut du capitalisme et des multinationales polluantes, méchantes et immorales, dans lesquelles vous travaillez ? Combien de passionnants documentaires sur l’agriculture respectueuse, les mobilités douces, les gastronomies éco-conscientes que vous ferez fort de mettre en place, ou ceux sur ce climat déréglé à cause de vos méchantes habitudes de téléspectateur avachi devant son poste ?

Et avec plus de quatre milliards d’euros pour tout le service de l’audiovisuel public, combien d’opportunités à la radio, à la télé, en affichages 4×3 ou même un peu partout sur le web pour vous rappeler que le gouvernement, ses sbires et son service de communication géant savent nettement mieux que vous ce qu’il faut faire avec votre argent ?

Et puis, soyons réaliste : ce n’est pas comme si ces quatre milliards pouvaient être utiles à d’autres ministères, régaliens ceux-là, comme la Justice (en souffrance depuis des décennies) ou la Police (qui fait rire de plus en plus de monde, à commencer par les trafiquants, violeurs, voleurs, fripouilles, racailles et autres petits législonautes extrémistes que nous engendrons chaque année à nos frais). Avant de commencer à faire régner l’ordre et la paix, avant de s’assurer que les citoyens, tous, respectent la loi, avant même de garantir qu’ils sont correctement protégés et en sécurité sur le territoire national, il importe bien avant ça de répandre la parole officielle avec force et détermination et noyer tout aussi fermement toute rumeur, toute faiqueniouze qui minerait la bonne humeur et le moral pétillant du peuple français !

Dès lors, on comprend qu’absolument rien ne changera sur la question de la redevance (pour le moment, notez bien) : elle continuera à s’abattre, telle la misère d’un scénario de Candice Renoir sur le pauvre monde des téléspectateurs d’On N’est Pas Couché. Et puis arrêtez de chouiner pour 140€, ce n’est même plus un plein d’essence de nos jours !

Magie du service public obligatoire et non discutable : même si on ne regarde pas, on doit payer. Même si on est opposé aux opinions politiques qui y sont dégoisées à longueur de programmes, on doit payer. Même si les éléments de langage puent le préfabriqué, même si les informations ne sont plus qu’un tissu d’âneries, on doit payer. Et même si, pour un prix inférieur, on peut choisir dans des catalogues riches et des productions de qualité chez Netflix, Amazon ou d’autres encore, on devra payer pour se faire endoctriner.

Décidément, le socialisme, c’est vraiment magique.

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Source : http://h16free.com/2018/06/06/61152-sans-letat-qui-ferait-emerger-des-medias-engages


Autolib : Hidalgo rime encore avec fiasco – ce n’est pas un hasard

lundi 4 juin 2018 à 08:30

Oh, que vois-je poindre à l’horizon de la Ville de Paris ? Mais ma parole, on dirait une nouvelle brouettée d’emmerdes monumentales ! Sapristi, ce n’est vraiment pas de chance pour la pauvre Anne Hidalgo !

Difficile d’échapper aux nombreux articles qui ont, ces derniers jours, émaillé l’actualité de la Ville de Paris tant la presse semble avoir fait grand cas des nouveaux déboires d’Anne Hidalgo dans sa gestion chaotique de la municipalité parisienne.

Il faut dire que le dernier rebondissement vaut son pesant de cacahuètes fiscales (en variété salée). Jugez plutôt : tous calculs faits, il semble bien qu’Autolib, le magnifique service de partage de voitures mis en place conjointement par le groupe Bolloré et la Mairie de Paris, accumulerait de coquets déficits à hauteur de près de 300 millions d’euros.

Lancé en 2011 avec toute la maestria de Delanoë lorsqu’il sévissait encore aux manettes de la Ville, le service n’a jamais réussi à être rentable ni même atteindre un point d’équilibre, alors qu’il devait normalement fonctionner sans aucun fonds publics et même dégager 56 millions d’euros par an selon les prévisions pas du tout réalisées sous de puissants hallucinogènes.

Malheureusement, il n’y eut depuis pas plus de bénéfices que de beurre en broche.

Bolloré, épongeant au départ les dérapages budgétaires constatés, a fini par trouver le temps long, les déficits trop gros et réclamer que la collectivité prenne ses responsabilités : suite à une procédure de conciliation entre son groupe et la mairie de Paris, il a été convenu que cette dernière prendrait la moitié des déficits à sa charge. Le 25 mai dernier cependant, Bolloré met fin aux procédures de conciliations et réclame le financement de cette dette. On peut donc garantir qu’il va y avoir une rude bataille, de chiffre et légale, entre le groupe breton et l’équipe municipale pour déterminer le montant exact des fonds que les uns et les autres devront débourser.

En attendant, l’observateur extérieur ainsi que le contribuable parisien pourront constater à quel point tout ceci était pourtant prévisible, tant dans son dénouement que dans le déroulement global de ce dossier au fil des années, démonstration flagrante que le capitalisme de connivence finit toujours par coûter un maximum de temps et d’argent à la collectivité.

Il faut en effet se rappeler que toute cette histoire prenait, dès le départ, une bien mauvaise tournure. Comme je le mentionnais déjà il y a plus d’un an et demi dans un précédent billet, tout partait du constat (faux et ridicule) qu’il faut absolument que la puissance publique fournisse une solution de transport économique et écologique aux Parisiens, tout en sabotant consciencieusement tout usage de la voiture dans la capitale.

Si, jusqu’à présent, la Mairie s’est employée de façon guillerette à saboter avec succès le transport individuel dans la capitale, la seconde partie – fourniture d’une solution alternative – a connu quant à elle des hauts et des bas. S’y ajoute la concurrence de nouvelles formes de transport (covoiturage, VTC) qui ont nettement amoindri l’intérêt du service. Enfin, la bonne tenue des véhicules s’est avérée problématique, souvent sujets à des dégradations ou des pannes les rendant indisponibles.

Je passerai rapidement sur la gestion calamiteuse du Vélib : bien qu’enquillant des dettes tout aussi musclées qu’Autolib (et pour des raisons similaires), le service avait au moins le mérite de fonctionner à peu près. Le changement de contrat, passant de Decaux à Smovengo, piloté par la fine équipe d’Anne Hidalgo, aura précipité les problèmes au point d’aboutir à une performance jamais égalée mais typiquement française : la grève des vélos.

Si l’on ajoute la grogne montante suite aux changements de limitations sur le périphérique (pour des raisons idéologiques et au prétexte d’une accidentologie dont tout indique qu’elle fut bidon), la fermeture des voies sur berge, provoquant des bouchons et une détérioration de l’air parisien que cette fermeture était censée améliorer, la présence maintenant encombrante de rats au milieu d’une saleté de plus en plus repoussante et la gestion foutraque des masses tumultueuses de migrants économiques et autres passant par la Capitale, on comprend que le tableau d’ensemble commence à faire fort chargé.

Dans ce tableau, la position de Bolloré apparaît donc comme un élément supplémentaire de la déroute complète de la Mairie de Paris : même si la gestion très dogmatique et idéologique de l’équipe en place pourra encore contenter quelques frétillants bobos, il est peu probable que la facture globale de ce genre de pitreries lamentables ne les fasse pas à leur tour sortir de leurs gonds. Eh oui, on rigole, on s’amuse jusqu’au moment où la facture arrive et qu’elle devient, d’un coup, trop élevée.

À présent, on est en droit de se demander ce qu’Anne Hidalgo va bien pouvoir faire pour se sortir de ce trou financier qu’elle a amplement contribué à creuser.

Si la mairie refuse de payer son écot, il semble assez probable que l’affaire traînera en longueur ce qui ne sera bon ni pour les finances, ni pour l’image de la Ville et qui pourrait quelque peu altérer les perspectives de réélection de la maire actuelle.

Si la mairie décide finalement de trouver un terrain d’entente, il serait piquant de voir les taxis et autres VTC porter plainte auprès de l’Union Européenne pour subvention ou aide publique déguisées, tant le service en question marche évidemment sur leurs plates-bandes.

Lorsque Macron est arrivé au pouvoir, on pouvait croire la question « Qui veut la peau d’Anne Hidalgo ? » purement rhétorique tant il semblait évident que cette arrivée coïncidait avec l’avalanche de problèmes que la maire semble subir avec répétition.

Cependant, à l’analyse, Macron n’est pas seul responsable.

La dette de la mairie, abyssale, n’est pas nouvelle. Et si l’affaire Bolloré / Autolib promet déjà de l’aggraver, il ne faut pas perdre de vue que les années Delanoë puis Hidalgo depuis 2014 ont multiplié l’endettement parisien par plus de trois. S’ajoutent les choix idéologiques calamiteux d’Hidalgo et son équipe qui ont poussé les entreprises et les commerces hors de la ville à force de pilonnage de la voiture et de chasse contre les classes moyennes incompatibles avec leurs vues politiques.

En somme, à Macron et ses sbires qui ne retiendront aucun coup tant leur envie de récupérer la ville est évidente, il faut ajouter un passif particulièrement délicat qu’Hidalgo, devenue sa propre ennemie, n’a su qu’aggraver.

Les prochaines élections municipales promettent d’être agitées et les prochains impôts locaux, particulièrement irritants pour les Parisiens.

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Source : http://h16free.com/2018/06/04/61132-autolib-hidalgo-rime-encore-avec-fiasco-ce-nest-pas-un-hasard