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[Redite] Monsanto, l’éternel coupable

dimanche 29 octobre 2017 à 11:00

Article initialement paru le 17.10.2016

Il y a un an, je notais la recrudescence dans les journaux de petits papiers enflammés relatant la tenue d’un procès, aussi bidon que stalinien dans son essence, visant à condamner Monsanto et ses abominables produits qui mutent du chaton mignon. Il faut dire que de brûlantes études menées par tout un CIRC prouvaient à qui mieux-mieux la nature absolument cancérigène de certains des vilains intrants vendus par la firme américaine.

Cependant, depuis quelques mois, les éléments permettant de remettre un peu de mesure dans les études du CIRC s’accumulent. Outre les évidentes exagérations dont l’institut parsème ses productions, il semble maintenant qu’il a quelque peu oublié certains pans entiers des résultats obtenus sur les études du glyphosate et notamment celles qui montraient l’absence de lien avec le cancer.

Zut et flûte, les choses semblent finalement bien plus complexes que prévu. Verra-t-on la presse s’empresser de revenir sur ce qui semble maintenant avéré et remettre l’église au milieu du village ? Ne rêvez pas.

Quoi qu’il en soit, en complément, on pourra aussi se reporter à cet article complet de Nathalie MP sur le sujet.

Pour fonctionner auprès des esprits impressionnables, une religion a besoin de quelques principes de bases immuables : l’apport de réponses à toutes les questions philosophiques importantes (qui suis-je, pourquoi suis-je là, pourquoi est-il impossible de trouver un plombier le dimanche ?), la description d’un but généralement plus grand que l’individu qui vise à le transcender et lui amener la rédemption pour toutes ses fautes, réelles ou imaginaires, et la désignation du mal, de ce qu’il ne faut pas faire, de la faute ou de l’ennemi ultime qu’il s’agira de combattre.

Dans la religion écologiste, les réponses sont fournies par la Nature qui Sait Pourquoi Les Plombiers Sont Introuvables Le Dimanche connaît et attribue un rôle à chacun, la purification transcendantogène passe par une syntonisation parfaite avec Gaïa, et l’ennemi numéro un est évidemment celui qui veut s’affranchir des limites imposées par l’univers.

nature is not always perfect

Dans ce triptyque, Monsanto joue bien évidemment le rôle de cet ennemi.

Et quel bel ennemi : multinationale roulant sur les dollars de la méchanceté et (forcément) de la corruption, firme capitaliste sans foi ni loi à l’origine de l’agent orange qui déferla sur le Vietnam et tua plein d’innocents dans d’atroces souffrances, c’est surtout la méga-corporation qui insinue des OGM (forcément méchants) partout où elle le peut et badigeonne de glyphosate des champs entiers remplis de petits travailleurs indiens dont les poumons se troueront plus tard dans des spasmes abominables avant une agonie misérable.

Peu importe que la firme qui fit cet agent orange n’a rien à voir avec le semencier. Peu importe même que cet agent orange n’ait pas été inventé par Monsanto. Peu importe qu’une demi-douzaines d’autres firmes ont aussi produit cet agent orange sans jamais se retrouver sous le feu des accusations écologistes à ce sujet. Peu importe que cette firme soit finalement bien plus petite que Starbucks ou Xerox. Peu importe que Monsanto ne soit pas du tout la seule entreprise à breveter des semences (tous les semenciers le font). Peu importe que tout ceci soit amplement sourcé : Monsanto est un diable pratique.

À tel point qu’une tripotée d’organisations non gouvernables a décidé d’organiser un procès factice de l’abominable firme qui fournit le monde en produits méchants pour dissoudre des agriculteurs en plein champ et empoisonner les 99% avec du maïs mutant dévoreur de tripes. Le 14, 15 et 16 octobre, Monsanto s’est retrouvé accusé de « violations des droits humains, crimes contre l’humanité et écocide » à La Haye, ou la firme sera jugée (et condamnée, soyez-en sûr) pour tous ces horribles crimes.

Évidemment, le choix de La Haye aux Pays-Bas ne doit rien au hasard puisqu’il s’agit aussi du siège de la Cour Pénale Internationale (CPI). Les activistes qui organisent leur parodie de procès tentent ici, par la proximité géographique, de laisser croire au public que Monsanto aurait maille à partir avec cette Cour.

Et pour parfaire l’illusion, les effervescents militants ont poussé le réalisme jusqu’à faire juger le cas par – je cite Le Monde, jamais en retard pour relayer une fanfaronnade écolo« cinq juges de renommée internationale », comprenant notamment une consultante sénégalaise pour la CPI pour le Rwanda, une assistante australienne auprès du bureau du procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, un rapporteur mexicain au tribunal Russell sur la répression en Amérique latine, bref un quintuplet d’acteurs périphériques qui n’ont jamais été juges mais qui sauront trouver la force morale de tomber sur Monsanto à bras raccourcis, qui, au passage, n’est pas représenté dans ce tribunal.

organic food without pesticidesEn somme, des militants massivement anti-OGM, anti-pesticides, anti-capitalistes tiennent une imitation caricaturale de procès exclusivement à charge, ouvertement pour condamner la firme et seulement elle sur des chefs d’accusation particulièrement flous et attrape-tout, à commencer par le néologisme d’écocide, qui revient au menu une énième fois. L’écocide, c’est cette lubie écologique qui consiste à faire croire qu’il n’existerait pas déjà toute une batterie de lois relatives à la protection de l’environnement, et qu’il faut donc en créer de nouvelles pour à la fois définir cette abominable atteinte, et à la fois préciser la taille des geôles et des cachots qui attendent ceux qui s’en rendraient coupable.

Cela fait des années que ces militants tentent, par tous les moyens, de pousser cette notion d’écocide dans les petits papiers juridiques internationaux afin de matraquer toute firme qui ne s’aplatirait pas à leurs commandements religieux. Au passage, dans cet exercice grotesque, on retrouve d’ailleurs – et ça en dit long – Corinne Lepage, toujours à la pointe des combats gagnés d’avance et des procès en sorcellerie, cette avocate dont on n’aura pas de mal à rappeler les meilleures saillies sur la nécessité de tenir proprement à jour des listes d’opposants à ses théories fumeuses, afin de leur faire payer, le jour venu, leurs idées nauséabondes. La tenue de liste de déviants, que voilà une belle activité qui ne plonge pas immédiatement celui qui la pratique dans le bonheur sucré des heures les plus youplaboum de notre Histoire, n’est-ce pas ?

Vous l’aurez compris : on ne peut qu’être consterné par ce genre de petits prurits militants.

D’une part, il illustre assez bien le fond particulièrement nauséabond de ces individus qui ne rêvent que de grands procès, de tribunaux bien fermes et bien droits, de bûchers bien hauts et de prisons bien basses. Fut un temps, les communistes passaient leur temps à ce genre de lubies. L’écologie servant de roue de secours à ce collectivisme échoué sur les bancs sablonneux de l’Histoire, il n’est pas étonnant que les vieilles habitudes ressortent.

D’autre part, on doit s’étonner du choix de la cible, Monsanto, encore une fois Némésis indépassable des mouvements anti-OGM, anti-agriculture industrielle, anti-capitaliste, anti-tout. Pourquoi nos frétillants énergumènes ne s’attaquent-ils jamais à d’autres firmes ? Peut-être parce qu’elles seraient toutes nettement plus grosses et donc immédiatement trop dangereuses au vu de procès (réels, ceux-là) en diffamation que ces ONG et autres associations aspirateurs à subventions risqueraient fort de perdre avec fracas ?

Mieux encore, le choix du sujet laisse pantois. Pourquoi, avant d’essayer d’aider les proverbiales générations futures, nos belles-âmes écologiques n’essaient pas de sauver les générations actuelles ? Il est où, le procès contre les dictateurs les plus visibles et les plus néfastes de la planète ? Ils sont où, ces militants, lorsqu’il s’agit de dénoncer les responsables de tous ces morts, ici et maintenant ? On attend encore un procès monté par des ONG contre Obama et ses drones ; contre l’Arabie Saoudite ou le Qatar et leur vision si particulière des droits de l’Homme ; contre Maduro et sa politique économique catastrophique qui a plongé tout un pays dans la misère (au point d’obliger l’État vénézuélien à lâcher l’idée d’un contrôle des prix tant la situation était désespérée) ; et les exemples ne manquent pas. Mais apparemment, nos petits chevaliers de Gaïa préfèrent, de loin, s’en prendre – encore et toujours – à Monsanto, plus facile à faire détester après des décennies de propagande outrancière.

Enfin, comment ne pas noter le choix bien franco-français de notre presse si délicieusement neutre et balancée de relayer ces clowneries pathétiques ? Aucun organe ne manque à l’appel : Libération, Le Monde, RFI, France Inter, RTL, tous se sont dressés pour expliquer en détail ce qui ne relève à l’analyse que d’une mise-en-scène à charge grotesque.

Pignouferies de presse

En réalité, pas un article, pas un militant ne rappellera qu’il peut, justement, tenir ce genre de parodie de Justice précisément parce qu’il a le ventre plein grâce aux progrès apportés par Monsanto et toutes les autres firmes agro-alimentaires, semencières ou phytosanitaires de la planète. On assiste ici aux tristes pitreries d’enfants riches et repus vivants dans des sociétés si opulentes que ces guignols peuvent consacrer plusieurs semaines (!) – le « jugement » final ne sera pas communiqué avant décembre – à ce genre de spectacle sans souffrir de n’avoir pas labouré, planté, récolté et traité pendant ce laps de temps.

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Source : http://h16free.com/2017/10/29/59450-redite-monsanto-leternel-coupable


Cryptomonnaies : l’étape suivante ?

vendredi 27 octobre 2017 à 09:00

Cela fait plus d’un mois qu’est paru le dernier billet concernant les crypto-monnaies. Alors que des phases décisives de la croissance de Bitcoin se jouent en ce moment (et j’aurai l’occasion d’y revenir prochainement), il me paraît nécessaire de prendre un peu de recul et de brosser un panorama rapide de ce qui nous attend dans ce domaine.

Et ce recul est d’autant plus nécessaire que Bitcoin et les cryptomonnaies commencent à gagner en notoriété. À la suite de la bulle de 2013 et de son éclatement, quelques journaux spécialisés et plusieurs magazines s’étaient pourléché les babines dans des petits articles revenant à la fois sur la valorisation insensément rapide de la cryptomonnaie et sur l’effondrement qui avait suivi, en insistant sur les utilisations frauduleuses (forcément frauduleuses) que cette nouvelle monnaie permettait alors : trafics d’arme ou de drogue, contrats ciblés, que sais-je encore, tout était bon pour bien rappeler au péquin lambda que ce genre d’initiative, non correctement régulée par l’Etat et correctement sanctionnée par de belles et grandes autorités légales, ne pouvait aboutir qu’à une catastrophe financière et morale évidentes.

Les années qui suivirent furent particulièrement calmes puisque l’augmentation qui eut lieu ensuite prit deux années, faisant repartir Bitcoin de 200€ environ en 2015 vers plus de 900€ en janvier 2017. Passant le cap de 1000€ en janvier 2017, les médias recommencèrent à s’intéresser à cette monnaie. Depuis, l’augmentation quasi-continue du cours et les nouveaux sommets atteints récemment ont défrayé la chronique (Bitcoin flirte régulièrement au dessus de 5000€ pièce actuellement).

De façon intéressante, pendant toute cette période, les Etats du monde entier ont régulièrement hésité entre l’interdiction, l’indifférence et l’enthousiasme vis-à-vis de cette nouvelle économie qui se met en place. De la même façon, les grandes entreprises spécialisées qui dans la finance, qui dans la monnaie, qui dans les échanges inter-bancaires, se sont prononcées régulièrement pour soutenir ou condamner l’existence de ces nouvelles crypto-monnaies.

Un consensus semble cependant s’établir : si la valorisation de Bitcoin continue pour certains à faire penser à une fièvre irrationnelle, il n’en reste pas moins que la technologie générale qui permet à tout le monde d’échanger des valeurs monétaires en pair-à-pair, quasi-instantanément et à des frais extrêmement modiques, le tout sans tiers de confiance, marque un développement fondamental, réellement révolutionnaire, des principes bancaires tels qu’on les connaît depuis les Médicis.

Ce qui n’empêche pas les Etats de faire des boulettes, amusantes une fois pris le recul : on se rappelle en effet que les Etats-Unis avaient, en 2010, forcé les grandes compagnies de cartes de crédit à refuser toutes transactions avec la fondation Wikileaks, obligeant cette dernière à accepter les dons en Bitcoin pour survivre. Les avoirs de la fondations, conservés depuis tant bien que mal en cryptodevise, n’ont pas arrêté de fructifier bien au-delà des espérances les plus folles de ses fondateurs. Comme l’expliquait Assange récemment, la fondation a vu ses gains enregistrer une croissance de 50.000% libellés en dollars.

Bref : non content d’avoir donné à Bitcoin une vraie utilité (ici, permettre à une fondation de continuer à fonctionner), cette interdiction étatique aura aussi enrichi la fondation en question. Mieux : elle aura montré à tout le monde l’étendue réelle des pouvoirs étatiques et la collusion permanente de l’Etat avec les organismes financiers (ici, Visa et Mastercard) qui lui permet de leur tordre le bras à chaque fois qu’il l’estime nécessaire.

Excellent rappel qu’« en matière de monnaie, les Etats ont tous les droits et les particuliers aucun », comme le disait fort justement Gabin dans « le Cave se rebiffe » :

… Ou tout du moins, jusqu’à Bitcoin.

En effet, depuis son arrivée (rapidement suivie par la multiplication de nouvelles moutures plus ou moins inventives), les tentatives des Etats de mettre le holà se sont essentiellement soldées par des échecs rigolos : au fur et à mesure que leur emprise semble vouloir se rapprocher des points de contact avec ce qu’ils maîtrisent (le cash traditionnel, les comptes en banque habituels), de nouvelles initiatives voient le jour qui permettent de se passer tous les jours un peu plus d’intermédiaire. On pourra citer OpenBazaar (qui évolue sagement et permet de faire des transactions directes, en pair-à-pair, sans point centralisé), ou même Shapeshift.io qui autorise les échanges monétaires intra-cryptos ou avec les monnaies « fiat » traditionnelles là aussi sans passer par une plateforme centralisée. Notons que ces développements sont d’autant plus vivaces que le besoin s’est fait sentir à chaque intervention étatique brouillonne.

Oui, c’est bel et bien une révolution majeure, et une révolution capitaliste et libérale par essence : depuis que Bitcoin a montré qu’il était possible de faire de tels échanges monétaires, rien n’interdit plus maintenant d’imaginer des solutions techniques pour garantir des échanges avec plusieurs centaines, plusieurs milliers de transactions à la seconde. Or, si l’on compare avec les établissements traditionnels (qui offrent actuellement des performances comparables en terme de transactions directes), la différence est criante : ces établissements, centralisés, sont à la fois bien plus coûteux et bien moins sécurisés que les crypto-solutions proposées. Les banques traditionnelles ne peuvent pas prétendre, même de loin, à ces rapidités de traitement (envoyer des fonds à l’autre bout du monde en moins de 10 minutes est une réalité praticable pour plusieurs cryptos actuelles et pour aucune banque internationale).

Enfin, il existe dorénavant plusieurs protocoles (zk-snarks, MimbleWimble par exemple) et plusieurs monnaies (Monero, ZCash, Dash) qui garantissent un niveau élevé de confidentialité et d’anonymat dans les échanges. On peut fort raisonnablement penser que les recherches et développements continueront dans le domaine pour garantir des échanges sécurisés et impénétrables pour les Etats… Ce qui garantit par construction que ces derniers verront leur échapper leur plus grand pouvoir : celui de battre (et dévaluer) monnaie et avec, de fiscaliser leurs citoyens.

Oui, par construction, la révolution qui se joue actuellement va profondément remettre en cause la position et la puissance des Etats, en minant par la base leur puissance financière et fiscale. Dans ce cadre, il n’est pas du tout invraisemblable de penser à la remise en cause de l’hégémonie du dollar qui ne pourra pas survivre à un basculement rapide de l’économie vers les cryptomonnaies. Ne perdez pas de vue qu’en tous temps, les capitaux sont toujours allés là où ils sont les mieux traités : la fiscalité devenant de plus en plus délirante ou paranoïaque, il y a fort à parier qu’on assistera, dans les prochaines décennies, à une véritable hémorragie de capitaux traditionnels au profit de crypto-capitaux que les Etats auront toutes les peines du monde à évaluer, taxer ou même saisir. Au passage, cette fuite des capitaux du fiat vers les crypto entraînera (et entraîne déjà) un accroissement de l’utilité (et donc des prix) de ces cryptos.

Cette perte de pouvoir assure, avec évidence, d’âpres combats à venir entre les Etats et les cryptomonnaies, leur développement, les équipes qui les soutiennent, les sociétés qui les sécurisent : on peut s’attendre à des batailles frontales (interdictions, régulations plus ou moins intelligentes, etc…). Mais tout comme les paradis fiscaux n’ont jamais cessé d’exister alors même que les Etats disposent, s’ils le veulent, de tous les outils pour les fermer, on peut déjà parier sur leur impossibilité de contrôler les cryptos (rappelons que les centaines de millions d’euros dépensés par de nombreux pays pour stopper les échanges P2P de MP3 puis de films n’ont abouti à absolument rien de concret).

Lorsque les batailles ne seront pas frontales, elles seront indirectes avec la disparition du liquide, qui a déjà commencé, et les tentatives (qu’on pressent déjà pathétiques) des institutions étatiques de produire leurs propres versions de cryptomonnaies : compte-tenu des succès « retentissants » des firmes étatiques en matière d’informatique et de projets logiciels flamboyants, on peut là encore parier sur des développements … hasardeux et peu propices au succès et dont la concurrence avec les cryptos privées promet de donner toujours plus de crédit aux dernières au détriment des premières dont les coûts de recherche, de développement et de production, forcément financées en fiat, finiront d’achever la trésorerie malade de nos Etats défaillants.

Le monde, toujours en mouvement, n’a jamais paru évoluer aussi vite. Les nouvelles technologies (biotechs du type CRISPR/Cas9, impression 3D, intelligence artificielle) apportent déjà, en elles-mêmes, des promesses de progrès absolument incroyables en elles-mêmes, mais indubitablement, avec les crypto-monnaies, nos sociétés et nos organisations sociales changeront plus dans les 20 prochaines années qu’elles n’ont pu évoluer sur les 2000 précédentes.

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Source : http://h16free.com/2017/10/27/59050-cryptomonnaies-letape-suivante


Propriété privée chinoise : pour rappel, la Chine est toujours communiste

jeudi 26 octobre 2017 à 09:00

J’ai récemment reçu, de la part d’un de mes lecteurs expatriés (que je remercie au passage), un intéressant descriptif de ce qui se passe actuellement en Chine. Et alors que Xi Jinping semble avoir le vent en poupe, le pays est toujours une dictature et il est parfois bon de se le rappeler. Et dans une dictature, la notion de propriété privée n’a décidément pas le même sens qu’ailleurs ; dans ce cadre, la comparaison avec la gestion française de cette même propriété privée, même si elle est pleine d’entorse, laisse l’avantage à la France. Pour combien de temps encore ?

En Chine, on vient donc d’assister à la destruction extra-légale de dizaines « d’abris de jardin », c’est-à-dire des parcelles constituées d’une maisonnette et d’un bout de terrain contenant des plantations sous serre. Cette année, la location de ces petites propriétés comme résidence secondaire est en effet devenue très populaire parmi la classe moyenne pékinoise, avant que le gouvernement n’y mette son nez évidemment.

Un de mes amis pékinois m’a envoyé la photo suivante, un soir d’août :

Il s’agit des ruines d’un « abri agricole » (da pengfang, 大棚房) qu’il louait (1) dans la banlieue de Beijing. Adjacent à celle-ci étaient une serre et une petite parcelle de terrain, sur lesquelles il cultivait quelques plantes et arbres fruitiers. Ce type de résidences secondaires est récemment devenu populaire au sein de la classe moyenne pékinoise, car elles représentent un loisir peu onéreux qui répond aux préoccupations de la population urbaine sur la qualité de l’air ou de la nourriture.

Plusieurs centaines de ces constructions ont été détruites entre le 14 et le 15 août dans cette zone, sur décision unilatérale et arbitraire du gouvernement local. Ces destructions semblent être courantes récemment dans les environs de la capitale, mais je n’ai constaté de visu que celle-ci.

Les autorités ont justifié ces destructions en arguant que les aménagements effectués sur ces terrains contrevenaient aux lois en vigueur. Toutefois aucune décision de justice n’a pu être produite pour justifier cette démolition.

La raison inavouée, et aussi beaucoup plus plausible, est que nous sommes à la veille du 19e Congrès du PCC, période éminemment propice aux débordements sécuritaires et à l’arbitraire étatique. Ces destructions s’inscriraient alors dans une stratégie de contrôle et de reflux des populations immigrées de l’intérieur (waidiren, 外地人) installées dans la région pékinoise. Ces « abris agricoles » pouvant être utilisés pour loger des immigrants désargentés, le pouvoir préférerait ne pas prendre de risques et tout détruire.

Ce n’est évidemment qu’une hypothèse, les véritables raisons peuvent être beaucoup plus triviales (simple différend entre le gérant de la zone et une huile du gouvernement local).

L’auteur de l’article traduit ci-dessous, paru sur Wechat dans les jours qui ont suivi la démolition, est un des locataires qui a vu son bien détruit. Je ne connais pas personnellement l’auteur, je n’ai aucun contact avec lui et cette traduction n’a en aucun cas reçu son autorisation. Toute erreur ou imprécision est de mon fait.

Par prudence, j’ai effacé toute mention qui permettrait d’identifier trop facilement le lieu et/ou les personnes dont il est question ici.

Cette affaire me semble particulièrement emblématique du véritable obstacle au développement de la Chine : l’absence d’état de droit et de notion moderne de propriété privée. Peu importe les chiffres mirobolants (et probablement truqués) de la croissance chinoise, peu importe les changements de slogan et d’orientation du pouvoir, peu importe même la soi-disant lutte contre la corruption dont Xi Jinping s’est fait le champion : la Chine ne pourra pas atteindre un développement satisfaisant pour sa population tant qu’elle ne satisfera pas aux exigences les plus élémentaires de l’état de droit. Cette affaire, quoiqu’au fond anecdotique, montre le chemin qu’il reste à parcourir.


Je ne sais pas de quel niveau du gouvernement(2) l’ordre de s’occuper des « abris agricoles » est venu, mais ce qui est sûr c’est que les autorités dans toute la ville se sont levées comme un seul homme pour l’exécuter !

Les média officiels n’ont eu qu’à annoncer qu’il fallait en finir avec cette odieuse menace, qu’aussitôt s’est levé la clameur d’une armée de bulldozers partant à l’assaut.

Je suis moi-même locataire d’un de ces « abris agricoles », sauf que contrairement à ce qu’on raconte dans les journaux, le mien n’a rien d’une villa sur la Côte d’Azur. J’ai planté quelques arbres fruitiers sur mon lopin, un potager à l’intérieur de la serre, la surface habitable doit faire 9m² à tout casser. Il y a une mezzanine, c’est vrai, en bas il faut courber l’échine pour aller au toilette, en haut se plier en quatre pour entrer dans son lit. En bas, j’ai installé des sanitaires rudimentaires, une plaque chauffante, sur la mezzanine qui ne fait guère que 3m de long sur 2m de large, un lit spartiate qui me servait pour la sieste, ainsi qu’un minuscule climatiseur pour avoir un peu de fraîcheur. Non pas que l’isolation soit si bonne que je ne saurais faire usage d’un appareil plus imposant, mais tout simplement parce qu’il n’y aurait pas la place de le mettre.

Au début du mois d’août, l’autorité du village de XXX a placardé sur toutes les portes un « avis » nous prévenant qu’on allait s’occuper des « abris agricoles », avis bientôt suivi d’un autre du propriétaire de la zone pour nous avertir des travaux à faire pour se mettre en conformité. Le lendemain, nous étions anormalement nombreux sur notre parcelle, les voitures encombraient les allées. Nous sommes tous venus qui pour démonter ses toilettes, qui pour enlever ses plaques chauffantes, qui pour dissimuler à la hâte un bout de terrain cimenté en douce, en un mot pour nous mettre en conformité avec la loi. Les plus jeunes d’entre nous ont créé un groupe sur Wechat(3) sur lequel il donnait des conseils à leurs aînés sur les travaux à faire pour être tranquille. Ironie du sort, c’est de ce groupe de conversation qu’est venu le désastreux individu qui nous a frappé !

Comment le qualifier ? Sale gosse lui irait bien, a moins que ce ne soit plutôt une de ces personnes aigries à la recherche de n’importe quelle excuse pour faire parler un peu d’elle. Je ne sais plus sous quelle identité elle était connue dans notre groupe de conversation, mais elle a honteusement déformé la réalité pour produire un article mensonger dans lequel nous passons pour des nababs sans scrupules. Quelques exemples de ce sommet de journalisme : le minuscule bureau dans lequel s’effectuaient les tâches administratives est devenu « une structure de coordination pour le développement de la zone ». On va dire que je chipote ? À peine !

Nous avions un entrepôt commun pour nos semences et notre engrais dans la zone. Dans son article, cet entrepôt est inexplicablement devenu « un complexe de restauration collective ». J’y ai encore deux sacs de fumier, si ça vous tente je vous invite à dîner ! Non ?

Le propriétaire stockait une baignoire dans une des serres, sans qu’aucun de nous n’ait jamais su ce qu’il comptait en faire exactement. Il n’en fallait guère plus à notre pisse-copie pour transformer nos paisibles retraités en amateurs de shows tels qu’on en trouve dans le « Red Light District » de certaines villes européennes. Ça vous dérange si papy se rince l’œil pendant que vous prenez votre douche ?

Comment un compte-rendu si faux et malhonnête a pu sortir de presse reste pour nous un mystère. Cet article est paru en ligne le 14 vers 4h du matin. Quelques heures plus tard, alors que nous n’avions reçu aucun avis de démolition d’une quelconque cours de justice, ni aucun avis d’expulsion des autorités locales, une foule de jeunes hommes casqués en uniforme noir a fait irruption dans la zone. Ils étaient accompagnés de plusieurs engins de chantier. Nous en avons même oublié de regarder le taux de particules fines dans l’air ce matin-là : c’était la guerre ici !

Une journée n’a pas suffi. Les démolisseurs sont alors revenus le lendemain pour terminer leur sinistre besogne. 62 ans presque jour pour jour après la capitulation de l’Empereur du Japon, nous aussi, vieillards rabougris pas les ans, hissons le drapeau blanc ! Nous ne faisons pas le poids face à cette armée de gaillards casqués et tatoués de la tête au pied(4) ! Nous ne pouvons que regarder à bonne distance alors qu’ils se déchaînent contre nos terrains ! L’après-midi, le champ de bataille est sous la loi martiale, les responsables politiques locaux sont venus sur place. Moi, je ne suis qu’un vieillard sans grade, comment me verraient-ils de si haut ? Pourquoi viennent-ils, selon vous ? Pourquoi si ce n’est pour être pris en photo en train de planter le drapeau rouge ? On aurait dit la libération de Nankin. Mais dites-moi, nous qui jouons les « réfugiés » dans l’histoire, que comptez-vous faire de nous ?

Parlons un peu d’une de nos voisines. Mamie Le a plus de 70 ans, dont 36 ans d’ancienneté dans le Parti. Elle a 4 sœurs, dont la plus jeune a déjà la soixantaine. Les 5 sœurs ont entrepris cette année d’aménager leur lopin et l’abri attenant : pas un clou ni un planche n’est le fruit d’un quelconque détournement de fonds, pas une fleur ni une salade de leur potager qui ne soit le fruit de leur labeur, et tout cela pourquoi ? « Pour s’amuser, pardi ! » N’est-ce pas ça que l’on appelle une « société harmonieuse » ?

Ces lopins sont occupés à 70% par les anciens « jeunes éduqués »(5) qui, ironie de l’histoire, vont aujourd’hui d’eux-mêmes cultiver la terre avec ardeur ! Les hommes labourent, les femmes font la cuisine, qu’y a-t-il de mal à cela ? Est-ce que quelqu’un pourrait remonter mon humble doléance au Président Xi : est-ce qu’on a encore le droit de faire ça ? N’est-ce pas la « société harmonieuse » dont vous faites la promotion ? À moins que la « société harmonieuse », ce ne soit de nous forcer à venir en masse quémander au gouvernement qu’il nous verse l’obole pour nos vieux jours ?

Décidé par les masses pour le bénéfice des masses : c’est tellement beau qu’on dirait une proposition du Parti Communiste Chinois.

Franchement, n’est-ce pas de ce genre d’initiatives dont nous avons besoin aujourd’hui ? 500 foyers, plus de 1000 individus qui font face au gouvernement ? Cette fois, ce dernier n’a même pas pris la peine d’enrober son action dans la propagande, ni de mobiliser les citoyens par un patient travail idéologique, au lieu de ça ils se sont contentés de venir se faire prendre en photo en train de planter le drapeau rouge sur nos ruines. On avait l’impression que ce jour-là ce n’était plus une simple mise en conformité avec la loi, mais véritablement un acte de guerre. Comment se peut-il qu’autant de gens qui ont travaillé paisiblement toute leur vie pour subvenir aux besoins de leur famille devienne du jour au lendemain des vauriens et des traîtres que le gouvernement puisse traiter ainsi en ennemi ?

Le 16 août il ne restait rien de ce que nous avions fait, tout était enterré dans les décombres. Les fruits sur les arbres, la vigne que j’avais plantée avaient été arrachés par les combattants. Et mes oies, où sont-elles ? Mes poules ! Les citrouilles de Mamie Le ? Arrachées ! Un vrai carnage, on dirait qu’un tremblement de terre de magnitude 8 vient de passer par là ! Et ces « soldats », ils ont déjà entendu parler des « Trois grandes règles de discipline et des huit points d’attention »(6) ? Tant qu’on y est, ils n’avaient qu’à voler l’argent et les poules, comme des vrais bandits !

Catastrophe ! Un instant d’inattention, et nos droits se sont envolés comme des oiseaux dont on aurait négligé de fermer la cage ! État de droit, qu’ils disaient…

La grande armée est passée par là, ne laissant que désolation derrière elle !

Il pleut aujourd’hui, l’engrais biologique qui se trouve désormais enfoui sous les ruines va pourrir, il ne manquerait plus qu’une épidémie par dessus tout ça.

Mes frères, mes sœurs, fuyez tant qu’il en est encore temps !

[Fin de l’article traduit]


[Notes]
1. La notion de propriété privée reste très floue en Chine. Formellement, l’État seul peut être propriétaire de la terre. Ici, un investisseur a « acheté » à l’État l’usufruit pour l’ensemble de la « zone », qu’il a divisée en parcelles qu’il sous-loue ensuite à des particuliers comme mon ami. Pour simplifier les choses, j’ai décidé de parler de « locataire ».

2. Détail anecdotique, mais intéressant : l’auteur remplace systématiquement le terme 政府, « gouvernement », par « ZF », abréviation de la transcription pinyin « zhengfu ». Stratégie courante d’évitement de mots-clés trop facilement repérables sur un média aussi surveillé que Wechat.

3. Application de conversation en ligne extrêmement populaire en Chine, c’est aussi un réseau social, un médium d’information, un porte-monnaie électronique etc. Évidemment, il est prudent lorsqu’on utilise Wechat de supposer que tout ce qui s’y passe est parfaitement transparent pour le gouvernement.

4. Simple supposition, mais la mention des tatouages laisse penser que ce ne sont pas des policiers qui se sont chargés de la basse besogne de démolition, et ce n’est pas la première fois que j’entends que les autorités n’auraient guère de scrupules à déléguer à la pègre les opérations d’intimidation les plus scabreuses d’un point de vue légal. Toutefois, en l’absence de preuves…

5. 知识青年 : littéralement « jeunesse intellectuelle ». Terme désignant particulièrement la jeunesse éduquée des grandes villes qui alla parfois de son plein gré, le plus souvent contrainte et forcée, travailler à la campagne à l’époque de la Révolution Culturelle.

6. Doctrine de l’Armée Populaire de Libération relative à l’attitude à adopter vis-à-vis des populations civiles, souvent condensée dans la formule « [ne prendre au peuple] pas même une seule aiguille ou un bout de chiffon ». Cette doctrine a été globalement respectée par les troupes communistes durant la guerre contre le Japon et la guerre civile qui s’ensuivit, et a joué un rôle non négligeable dans la victoire finale des communistes.

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Source : http://h16free.com/2017/10/26/59426-propriete-privee-chinoise-pour-rappel-la-chine-est-toujours-communiste


Youpi, une jolie vignette automobile éco-espionne !

mercredi 25 octobre 2017 à 09:00

Aujourd’hui, les enfants, nous allons aborder un sujet très important que nous n’abordons pas souvent en République du Bisounoursland : la pollution. C’est vraiment un mal très vilain qu’Etat-maman s’emploie à combattre et que, grâce à vos efforts à tous, mes petits chéris, nous arriverons à faire disparaître ! Mais pour cela, il va falloir s’attaquer à une grosse méchante source : les voitures !

Eh oui, mes petits chérubins : regardez autour de vous ! Il n’y a aucun doute possible, nos grosses voitures proutent du méchant mazout cramé en roulant. Ce n’est vraiment pas gentil pour Notre Mère La Terre qui nous accueille et nous nourrit ! Oh, vraiment, nous sommes méchants et sales avec nos inventions du diable, à plus forte raison quand nous les utilisons, et encore plus lorsque nous y prenons plaisir !

luke i am your car

Typiquement, un automobiliste avec une vilaine conduite agressive, pleine de méchants coups de freins, d’abrutissantes accélérations, de coups de volants intempestifs et – forcément – de coups de klaxon bruyants consommera bien sûr beaucoup plus qu’un automobiliste civil, calme, pondéré, citoyen et éco-responsable attentif à une conduite douce, mais – et on le sait moins – ce chauffard belliqueux produira bien évidemment beaucoup plus d’horribles petites particules polluantes qui viendront ensuite boucher les poumons des bébés, des femmes enceintes, des asthmatiques et de beaucoup d’autres infortunés – mais pas ceux de Christophe Maé qui pourra nous égayer encore longtemps de ses douces mélopées.

Eh oui, conduire comme un grossier personnage est non seulement dangereux mais aussi écologiquement méprisable ! Et ce n’est pas moi qui vous le dis, mes petits canards, c’est l’IFPEN !

Comment, vous ne savez pas ce qu’est l’IFPEN !? Il s’agit pourtant de l’ancien Institut Français du Pétrole, dont le nom et la mission ont évolué pour tenir compte à la fois des besoins impérieux de ne plus promouvoir le pétrole – trop cracra beurk beurk – mais plutôt les Energies Nouvelles, d’où le « EN » ajouté à « IFP » déjà présent. C’est suite à la magnifique et puissante loi Grenelle II que son nom et son statut ont été adaptés aux évidents besoins de notre siècle qui devait en finir une fois pour toute de ce pétrole brutalisant pour passer à toutes ces belles et nouvelles énergies câlines et duveteuses.

Et pour repousser tous les jours plus concrètement les assauts de la vilaine pollution méchante hors de nos belles citées piétonnes et arborées, l’IFPEN travaille sur une vignette connectée.

Oh, comme c’est mignon, cette jolie petite vignette qui viendra s’apposer sur le pare-brise de nos pesants véhicules ! Vous allez voir, vous serez conquis : il s’agit tout simplement, grâce à cette vignette hi-tech connectée, de noter en direct le style de conduite de l’automobiliste, au côté du maintenant classique numéro Crit’Air que le monde nous envie avec gourmandise.

Ainsi et comme l’explique Gilles Corde, le petit futé responsable du programme à l’IFPEN,

« En cas de conduite agressive, une lettre entre A et F s’afficherait. La couleur de la vignette pourrait aussi changer »

Attention, mes amis : ici, il ne s’agit pas d’une de ces bêtes applications mobile déjà vantées par ces sociétés commerciales à but lucratif visant très prosaïquement à économiser sur le carburant, et dont on trouve la trace dans les flottes automobiles, chez les loueurs et les grandes entreprises confrontées à des coûts de déplacement importants. Non. Ici, le but est plus élevé, que dis-je, il est même noble puisqu’il vise à redonner à Gaïa ses petites joues roses et ses jolis poumons propres !

Et quel moyen astucieux déployé ici puisqu’il s’agit de pister, au mètre et au petit coup de frein près, le comportement de nos envahissants automobilistes dont on se demande encore pourquoi le gouvernement n’a rien fait pour les interdire purement et simplement, ces petits pollueurs inconséquents ! Grâce à l’invention ingénieuse de l’IFPEN, le rêve d’un flicage d’une surveillance de tous les instants est enfin à la portée de la main puisque l’objectif affiché est de faire communiquer en temps réel cette magnifique petite vignette avec les infrastructures via une connexion RFID.

Vous l’aurez compris : ce dispositif pourrait alors conduire joyeusement à une réglementation bien solide et bien carrée des accès dans les zones à circulation restreinte. Sentez-vous, mes braves enfants, la bonne odeur de la redevance régulière, de la taxe magique, de l’amende automatique et du cerfas en triplicata ?

Eh oui : magie de la technologie bien pensée pour donner de nouveaux bras et de nouvelles mains à l’Etat pour venir prendre directement dans vos poches, grâce aux multiples données qu’elle captera des automobilistes qui l’utiliseront, la vignette connectée facilitera le monitoring des émissions polluantes sur le territoire. Par exemple, dans chaque rue, elle permettra de connaître les émissions de polluants locaux et de gaz à effet de serre liés à la circulation, et permettra de traquer les pollueurs et de les ponctionner directement sur leur compte en banque sans qu’ils aient leur mot (de pollueur-payeur) à dire.

Ah, le futur semble enfin plein de promesses ! On va bientôt pouvoir non seulement espionner chaque petit déplacement de nos concitoyens et s’assurer qu’ils ne sont pas encore à fricoter des coups pendables, mais en plus les Autorités, dans leur immense clairvoyance et leur fine compétence, sauront distribuer de la prune, du papillon, de l’amende et de la contredanse à peine l’infraction constatée.

Youpi ! On va enfin pouvoir écrabouiller sous les amendes ces cloportes roulants qui osent accélérer au feu vert, freiner au feu rouge et changer de rapport de vitesse trop tard ! Raah, bonheur !, on va enfin pouvoir assommer de taxes et de vexations ceux qui font l’affront d’utiliser leur voiture, et on va enfin pouvoir benner ces industries automobiles qui sont une véritable disgrâce pour nos yeux, nos paysages et nos emplois ! Et vous verrez, ensuite, le monde sera plus propre, plus beau, plus chantant !

Mieux encore : alors qu’on sentait bien que, le temps passant, l’argument sécuritaire s’étiolait et que les radars ne suffisaient plus à calotter vivement les chauffards derrière la tête à coup de délation forcée, on a trouvé avec cette belle vignette un argument en or puisqu’il ne s’agira plus de mesquinement sauver la vie des autres, mais bien celle des plantes, des animaux, et de la Terre toute entière !

Forcément, ça va très bien marcher !

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Source : http://h16free.com/2017/10/25/59405-youpi-une-jolie-vignette-automobile-eco-espionne


La si délicate transparence patrimoniale de nos élus

lundi 23 octobre 2017 à 09:00

En France, pour chaque problème, on peut trouver un Comité ou une Autorité qui s’emploie, avec autant d’application que d’abnégation, à en trouver une solution, fût-elle impraticable ou rigologène. Ainsi en va-t-il de la Transparence de la Vie Publique qui dispose même d’une Haute Autorité dont le travail consistera à rassembler les preuves de la bonne foi financière de nos élus. Tâche d’autant plus herculéenne que nos élus ne font guère d’efforts.

Cette année et après le tsunami de « renouvellement » à l’Assemblée nationale qui aura vu une proportion inquiétante de députés transformer leur socialisme affiché en petite randonnée pédestre et d’autres à s’improviser politiciens, c’est ainsi qu’on découvre qu’une partie d’entre eux, normalement tenus de déclarer clairement leur patrimoine à cette Haute Autorité, n’ont toujours pas rendu leur copie.

C’est gênant. Ils avaient jusqu’au 21 octopardon 21 août.

Ce petit dérapage de deux jourspardon deux mois concerne maintenant 13 députés qui n’ont pas réussi à remplir les deux formulaires demandés. Comme il se doit, la Haute Autorité (et une petite partie de la presse pas trop endormie) a fourni quelques uns des noms de ces députés, dont font partie Alexandre Freschi, Jean-Claude Leclabart, Julien Borowczyk ou Sophie Errante. Notons la présence d’une « insoumise », Bénédicte Taurine, qui montre que les cerfas transparents ne passeront pas par elle.

De façon nettement moins transparente, il semble que l’identité de sept députés parmi ces 13 soit à déterminer ; on frémit à l’idée que des têtes de liste ou des ténors de l’Assemblée pussent être présents dans cette funeste liste d’oublieux.

Par ailleurs, la Haute Autorité pointe de surcroît «des carences sur certaines rubriques qui paraissent peu ou mal prises en compte, par exemple s’agissant de l’identification des collaborateurs parlementaires et de leurs activités annexes». Rappelons que des dérapages, constatés dans le chef de certains anciens députés lancés inconsidérément dans la course présidentielle leur ont coûté l’Élysée ; il serait donc normal que, si ces omissions s’avéraient trop importantes, la justice, la presse, les médias sociaux et les meutes de chiens républicains soient proprement lâchés sur les impétrants pour qu’on en finisse une bonne fois pour toute avec ce genre de petits arrangements pas très Camp Du Bien dans l’esprit.

Concernant ces carences, on lira avec profit l’analyse de Regards Citoyens dont Le Parisien fait le compte-rendu. S’il ne ressort – comme d’habitude – rien de réellement répréhensible de l’exercice (ce qui rendra d’autant plus cocasse la découverte, dans quelques mois ou années, d’un nouveau cas de magouilles évidentes), il surnage malgré tout l’impression que nos députés n’aiment guère se livrer à cet exercice :

« Cela peut paraître pour de la mauvaise volonté dans ces cas plus que de la malhonnêteté. Il y a une obligation de sérieux lorsqu’on remplit ces déclarations sur l’honneur, et beaucoup n’aiment pas avoir de comptes à rendre. »

Volonté de ne pas vouloir rendre de comptes qui semble partagée bien au-delà de la seule Assemblée nationale française puisqu’on retrouve un problème équivalent au niveau européen : pour les députés européens, rendre public le détail de leurs dépenses et de leurs frais de fonctionnement constituerait une source trop importante de tracas pour eux et offrirait à la presse et aux groupes de pression un bien trop beau bâton pour les battre. A priori, on se demande bien pourquoi si nos députés sont aussi intègres qu’ils veulent le laisser croire…

Vraiment, qu’il est délicat de demander des comptes à ceux qui pondent les lois et peuvent, tous les jours, décider de ne pas s’y soumettre ! Rappelez-vous, d’ailleurs, que jusqu’à récemment, la divulgation des données patrimoniales de nos élus était passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros. La transparence, oui, mais surtout pas pour eux…

Et puis, qu’il est compliqué de demander un peu de transparence sur l’argent public qui est versé à ces dépositaires du suffrage universel ! Certes, on peut les comprendre : ces petites déclarations gênent d’autant plus nos députés qu’ils auront eu des discours enflammés contre les riches ou les privilégiés… Dont ils rejoignent les rangs dès qu’on épluche leurs déclarations patrimoniales, plaçant immédiatement leurs discours dans la catégorie des hypocrisies habituelles que ces arracheurs de dents professionnels tentent de nous faire passer pour des vérités intangibles.

Pour s’en convaincre, on pourrait éplucher, comme le fait Marianne, les us et coutumes de nos élus grandiloquents pour retrouver, encore une fois, ce sentiment de filoutage décontracté ; je me contenterai de noter l’art consommé dont fait preuve Alexis Corbière (un autre insoumis anti-capitaliste mais près de ses sous) dont la déclaration montre qu’il a travaillé pour deux organismes directement reliés à la sphère FI, Mediascop et l’Association de financement de la campagne, lui permettant d’empocher 2000 euros brut par mois pour chacun des postes en 2017, auxquels il faudra ajouter 3.013 euros net de la part de l’Éducation nationale comme professeur d’Histoire, et ce alors qu’il déclarait, contre toute vraisemblance, être « en disponibilité de l’Éducation nationale ».

Passons aussi rapidement sur les largesses du député Ruffin, lui aussi « insoumis » et délicieusement pratico-pratique lorsqu’il décide d’employer comme collaborateurs parlementaires plusieurs salariés du journal Fakir, fondé par l’élu. Rassurez-vous : le déontologue de l’Assemblée a tout fait accepté ce mélange des genres tant qu’il s’agissait d’un temps partiel (ben tiens), répartis à 20% pour Fakir et 80% pour l’Assemblée. On sera heureux d’apprendre que le contribuable ne subventionne pas le journal du député. Enfin, disons, pas plus que d’habitude aux travers des subventions à la presse, disons.

Comme quoi, il n’y a pas à tortiller, l’anticapitalisme … ça paye.

Mais soyons honnêtes : la mauvaise volonté affichée par les élus avec ces déclarations, leur façon de remplir parfois fantaisiste (foutaisiste ?) les petits cerfas administratifs qui rendront publiques leurs possessions et, incidemment, l’écart entre leurs discours et leurs comportements privés, tout cela n’est pas sans rappeler que tous, citoyens, aspirons effectivement à conserver ces éléments aussi privés que possible.

Or, s’il apparaît absolument normal qu’on impose une telle transparence sur les élus, qui sont après tout payés par et responsables de l’argent collecté de force (l’impôt), on oublie un peu vite que ce sont ces mêmes élus qui font absolument tout pour que la transparence fiscale soit imposée à ceux sur lesquels ils légifèrent : on ne compte plus les lois, règlements et cerfas à remplir pour s’assurer que tous vos émoluments, tout votre patrimoine et tous vos fonds soient connus de l’Etat, que vos paiements soient tous aussi traçables que possible et que l’argent liquide disparaisse (méchant cash que seuls les vendeurs de drogue, les trafiquants d’armes et les ministres des finances trimbalent dans des valises discrètes).

Autrement dit, les élus, jusqu’à récemment épargnés par ces fouilles invasives de leur domaine privé, se trouvent maintenant rattrapés par la tendance globale qu’ils ont eux-mêmes déclenchée sur leurs concitoyens, et s’en retrouvent agacés…

Je ne vais pas les plaindre.

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Source : http://h16free.com/2017/10/23/59386-la-si-delicate-transparence-patrimoniale-de-nos-elus