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[Redite] Du zouk pour tous

dimanche 24 septembre 2017 à 11:00

Article initialement paru le 14.09.2016

Il y a un an, le constat était sombre : les entreprises privées investissaient de plus en plus dans les biens et services culturels, provoquant la marchandisation tous les jours plus forte de ce domaine qu’on croyait épargné par les affres du capitalisme grâce à l’État, son Ministère de la Culture et ses délicieuses subventions… Qui viennent à manquer à mesure que les fonds se font plus restreints. Heureusement, depuis, Macron a été élu et on sait que tout ceci n’est plus qu’un mauvais rêve : la saine gestion des deniers du contribuables amènera prospérité et surplus budgétaires qui pourront dès lors être consacrés à rémunérer de fougueux artistes d’État… N’est-ce pas ?

Quant aux quotas de chants corses et de zouk, rassurez-vous : ils sont toujours dans les tuyaux. On ne change pas une équipe qui gagne et des idées qui mènent à la catastrophe, n’est-ce pas ?

La question taraude tout le monde… Ou disons, tous les artistes dont la survie dépend, in fine, du bon vouloir de l’État et de leur ministère de tutelle : comment s’assurer que l’argent public continuera de couler comme il faut, là où il faut, alors que (horresco referens) les entreprises privées investissent de plus en plus dans les biens culturels ?

Oui, bon, certes, je sais que cette terrible angoisse ne doit pas étreindre tant de monde que ça, mais il n’en reste pas moins que la question reste posée, pleine d’anxiété, par un récent article du Monde entièrement consacré à cette palpitante question : comment bâtir une politique culturelle alors que des entreprises privées qui ne dépendent pas de l’impulsion politique peuvent, à tout moment, créer des fondations, des musées ou des happenings culturels festifs, citoyens et surtout pas payés avec l’argent des autres ? Comment orienter toutes ces masses d’argent bien juteux vers les bons artistes officiels ?

Pour Le Monde et son journaliste, la question se pose avec acuité en ces termes : la France a inventé l’État culturel (ben oui, ce que faisaient jadis les Soviets avec leurs artistes officiels n’a rien à voir, bien sûr), mais l’argent du privé y prend de plus en plus de place et pas seulement au travers du mécénat : certains musées, monuments ou salles de concert, aux ressources financières de plus en plus réduites, se retrouvent forcées aux pires extrémités consuméristes pour équilibrer leurs budgets. Pire, on voit même de la part du privé un plaisir non feint à se substituer à la puissance publique :

« le privé voit bien que l’État souffre, et il en profite pour être plus intrusif »

oooh filocheRooOooh ! Quel salaud ! Profiter d’un État à terre pour ainsi prendre la relève et subventionner des artistes à fonds perdus ou pire encore, avec de viles envies de profit derrière ! Mais ce n’est pas tout ! L’intrusion du privé sur les plate-bandes de l’État se traduit aussi, de l’autre côté, par une diminution du mécénat direct : ce que les fondations mettent dans un beau musée tout neuf, elles ne le mettent pas dans des dons généreux aux institutions officielles. Et ça, mes petits amis, c’est un bon gros manque-à-gagner pour la puissance publique qui risque de se retrouver en slip à force de ne plus pouvoir tabasser le contribuable de nouvelles taxes.

Oh, zut et zut à la fin.

oh noes

Vous le voyez bien : cette question, qui paraissait presque badine pour le citoyen lambda, celui qui travaille, paie des impôts et subventionne donc les cacas thermomoulés de Piotr Vladüuisky ou un plug géant place Vendôme sans le savoir, est absolument cruciale pour toute une population d’artistes et surtout d’intermittents de la culture qui papillonnent fiévreusement autour et dont le job serait subitement remis en cause par la disparition aussi souhaitable que douloureuse du Ministère de la Dépense Publique Pour Favoriser Une Culture Plutôt Qu’Une Autre.

À lire le papier du Monde, on comprend que l’heure est grave et on saisit l’ampleur de l’effroi qui mouille leurs petits yeux et agite leurs esprits de cette question lancinante : « comment faire pour que l’État conserve ses doigts dans le pot de confiture et puisse arroser ceux qu’il veut ? »

Je voudrais cependant les rassurer : nous sommes en France et, à tout problème de distribution gratuite d’argent des autres correspond une solution simple qui passe par l’extorsion et l’utilisation de la coercition. Avec ou sans le sourire. Autrement dit, dans tous les domaines y compris le culturel, il suffira toujours à l’Etat de passer une loi pour transformer un « manque à gagner » en milliers d’opportunités sonnantes et trébuchantes.

C’est d’ailleurs exactement ce qu’entendent faire nos députés grâce au projet de loi relatif à « l’égalité et à la citoyenneté », qui contient quelques croustillantes dispositions relatives aux médias, dont l’obligation pour les diffuseurs (chaînes de radio et de télé) d’une proportion de 4% d’œuvres musicales interprétées dans une langue régionale en usage en France, et ce dans le cadre de leurs obligations déjà existantes d’œuvres musicales d’expression française.

gifa yeah ok great

Très concrètement, cela revient à imposer un quota d’œuvres musicales spécifiques dans le cadre déjà contraignant des œuvres musicales françaises que les radios françaises ont l’obligation de diffuser, coûte que coûte et vaille que vaille. Pour les télés, outre plus de pouvoir au CSA, ce projet de loi prévoit aussi d’introduire des impératifs de diversité, pour contrecarrer la « sous-représentation » des personnes « perçues comme non-blanches » (selon les termes de l’article).

Au terme de la loi, ceci aboutirait à imposer des quotas de chants corses ou en créole à toutes les radios françaises, et ce alors que ces œuvres ne s’inscrivent pas toujours dans la ligne éditoriale de la radio (« Skyrock, Rap and R’N’B and I Muvrini non stop » ?) et, pire, que la quantité de titres disponibles ne permet probablement pas d’atteindre ces fameux quotas (et non, on ne peut pas toujours tout combler, même avec du Frankie Vincent).

Pour le moment, le projet de loi, adopté à l’Assemblée nationale, est en cours d’examen par le Sénat. Peut-être la Chambre haute, sentant l’aspect rocailleux et assez impraticable des amendements et nouveaux articles introduits, va-t-elle édulcorer un peu les consternantes idées de nos députés, mais l’idée générale est là, lancée, et n’attend qu’un bon moment pour mûrir et rentrer en force.

Or, c’est bien de force qu’il s’agit et qui permet d’apaiser définitivement nos artistes et nos intermittents de la subvention : quoi qu’il arrive, si jamais l’État devait vraiment manquer de fonds pour une exposition absolument indispensable à la perpétuation du phare de l’Humanité, si jamais (ô, horreur !) la Culture devait être trop envahie de ces fonds privés qui ne dépendent que du bon vouloir d’un riche magnat et non de la force publique à discrétion d’un ministre ou d’un politicien habile, rassurez-vous : la Loi saura remettre de l’ordre, la loi agira pour prendre dans les poches de Pierre et donner à Paul, la loi interdira les uns et adoubera les autres.

Car l’État sait mieux que le marché ce qui est culturellement bon pour vous.

crotte de chien volante, par Paul McCarthy

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Source : http://h16free.com/2017/09/24/59140-redite-du-zouk-pour-tous


SFR et fibre optique : Halte au débit

vendredi 22 septembre 2017 à 09:00

Drame abominable en République Socialiste du Bisounoursland : on est en train de perdre une belle occasion de dépenser de solides sommes d’argent en provenance directe des poches du contribuable. Pour certains élus, c’est une véritable torture.

Tout a commencé en juillet dernier. Dans la moiteur d’un été aux températures évidemment trop élevées suite à un réchauffement climatique débridé, la société SFR a annoncé prendre l’initiative de déployer la fibre optique partout en France, et ce, sans utiliser d’argent public. La stupeur, que dis-je, l’effroi mêlé de consternation se sont immédiatement répandus dans le pays, à commencer chez les élus.

C’est en tout cas ce qu’on pouvait comprendre aux réactions pour le moins effarées de certains d’entre eux et notamment Patrick Chaize, le sénateur de l’Ain et président de l’AVICCA, l’association qui représente les collectivités locales dans le numérique. Pour lui, pas de doute, la proposition de SFR est carrément « ubuesque et ressemble à un coup de poker pour déstabiliser le secteur et remettre en cause ce qui a été fait ». Ah ça, vraiment, on frise l’incident au Babyliss de combat !

D’autant que même si notre élu ne semble pas en croire ses petits yeux apeurés, les efforts de la firme de télécommunication pour doubler son concurrent Orange partout où elle le peut laisse entrevoir que la société de Drahi ne plaisante pas : si elle est à ce point prête à tout pour damer le pion de l’opérateur national, on pourrait se laisser penser qu’effectivement, la volonté de fibrer tout le pays est bien là.

Zut, mince, crotte et caca boudin, cela n’est pas du tout ce qui était prévu !

À tel point que des mesures sont d’ores et déjà envisagées pour remettre sur le droit chemin l’impétrant fibreur fou.

Et là, alors que les choses prenaient déjà une tournure particulièrement étrange, la situation devient proprement invraisemblable puisqu’en dernière analyse, l’opérateur détenu par Patrick Drahi est en passe de se substituer à la puissance publique en investissant massivement dans les territoires ruraux, où – normalement – ces investissements sont pris en charge par les collectivités.

Et ça, mes braves petits amis contribuables, c’est une déclaration de guerre d’autant plus douloureuse qu’aux yeux des élus, rien n’empêche aujourd’hui SFR de mettre sa menace à exécution !

Saperlipopette ! Où va le monde si, maintenant, des sociétés privées se passent des politiciens et de tout leur aréopage froufroutant d’administrations dispendieuses ? Où va-t-on si on laisse ainsi une société utiliser son bon droit et son pognon pour amener le progrès et la lumière dans ces endroits que les élus entendaient gratifier de leur lumière et de leur progrès ? Au début, on laisse faire, goguenard. Ensuite, on se consterne, on s’agite, mais on voit les choses échapper à tout contrôle. À la fin, on se retrouve avec des services distribués par des sociétés privées qui ne demandent rien aux politiciens et sur lesquelles il devient impossible de faire pression ni d’obtenir l’un ou l’autre bakchich dodu en arrière boutique.

Oh que non, ça ne peut pas marcher comme ça en France.

Une poignée de sénateurs, encore et toujours menée par ce brave Patrick Chaize qui ne loupe pas un barreau une occasion d’ouvrir le dossier, s’est donc mobilisée pour rédiger un texte qui empêcherait SFR de se livrer à ce que nos élus considèrent comme de la concurrence déloyale. En toute logique.

Parce qu’en France, écrire une loi pour empêcher une société privée de faire son travail, c’est tout à fait normal.

Parce qu’en France, l’élu type préfère la puissance publique, l’argent du contribuable et la collectivisation des dettes et des erreurs de gestion à l’argent privé et l’individualisation des profits… et des risques.

Parce qu’en France, proposer une alternative capitaliste à une décision unilatérale étatique est une concurrence déloyale. Et surtout parce qu’en France, si cette concurrence n’est pas déloyale, la loi peut être changée après coup pour qu’elle le devienne.

Et pour le gentil Chaize, il ne s’agit pas tant de mettre des barreaux bâtons dans les roues de SFR que de sécuriser les investissements publics, ce qu’il justifie ainsi :

« Je travaille sur une proposition de loi qui aurait pour objectif de sécuriser les investissements publics. Si ces investissements existent, c’est pour pallier les carences du privé. Il serait donc contre-productif qu’une entreprise privée ait changé d’avis. Imagine-t-on un nouveau réseau d’eau ou d’électricité venant concurrencer ceux des villes ? »

Et pourquoi pas ? Que les deux réseaux cohabitent, et que le meilleur gagne ! Si le réseau privé n’est pas bon, il périclitera aux frais de Drahi et de ses actionnaires. Rien de grave… À moins bien sûr de considérer que c’est le réseau public qui sera systématiquement perdant… Ce qui reviendrait à admettre qu’on a dépensé tout cet argent pour rien – oh, zut, le sénateur se serait-il trahi ?

Ou plutôt, imagine-t-on un réseau d’eau ou d’électricité développé aux frais du contribuable par une ville, en venant concurrencer ceux installés par une entreprise privée à ses frais ? Quelle est l’idée derrière ? Montrer que le public peut faire aussi bien que le privé ? Allons ! Si c’était vrai, ça se saurait, et on n’aurait jamais eu besoin de privatiser France Télécom pour lui faire retrouver une jolie couleur orange ! Est-ce alors pour montrer que le public sait claquer des thunes n’importe comment ? Allons ! Pas besoin de fibrer tout le monde, on est déjà au courant, à plus de 2000 milliards d’euros près !

Sacré Patrick ! Tout semble indique que lorsqu’on lui retire un joli gâteau, il s’affole.

Parce qu’en définitive, une fois qu’on a évacué les petites agitations spasmodiques des élus, on comprend que si l’affaire déclenche une telle montée d’urticaire, c’est essentiellement parce qu’un morceau de pouvoir de nos élus risque bien de leur échapper, à tel point qu’on en vient à écrire un texte de loi afin « de donner à la collectivité une autorité organisatrice » : autrement dit, quoi qu’il arrive, cela devra se faire avec l’aval des élus qui pourront enfin redevenir maîtres sur leurs fiefs.

La liberté d’entreprendre (ou la liberté tout court, du reste), le capitalisme, la concurrence, tout ça, c’est pour les gogos qui payent, hein…

Autre conséquence recherchée : revenir sur les rails des arrangements déjà pris entre eux et des sociétés spécifiques et qui assuraient aux premiers de pouvoir présenter – outre la facture – la fibre aux contribuables (avec bonus électoral possible) et aux seconds de juteux bénéfices en situation de monopole négocié. Dès lors, peu importe que la proposition de SFR implique une économie de 3 milliards d’euros : ce projet bouleverse à la fois les ententes nouées entre gens de bonne compagnie et surtout n’apportera aucun bénéfice électoral aux élus.

La guerre de la fibre est donc ouverte : elle sera âpre, sans merci et menée contre le contribuable.

En pure perte, bien évidemment.

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Source : http://h16free.com/2017/09/22/59122-sfr-halte-au-debit


Plan climat : les vacuités de M. Hulot

mercredi 20 septembre 2017 à 09:00

Le réchauffement climatique, cette abomination responsable de plein de malheurs à commencer par la multiplication de ministres intellectuellement très abîmés, est un fléau dont nous ne viendrons à bout qu’à condition de jeter, dans des gestes augustes et vigoureux, de grandes quantités d’argent par les fenêtres. Pour cela, rien de tel que faire intervenir Nicolas Hulot, actuel ministre de la Transition écologique et solidaire (si si, c’est son vrai titre, en vrai et pas pour rire).

En effet, devant la menace permanente que constituent les nuages qui pleuvent, les vents qui soufflent, la neige qui tombe et le soleil qui chauffe, notre hélicomane chlorophyllophile a été puissamment missionné par notre jeune, grand, beau et dynamique Président au sourire Pepsodent™ pour nous sortir de l’ornière dans laquelle des décennies de comportements lamentables nous avaient poussés. Pour ce faire et à la suite d’une COP21 tout ce qu’il y a de plus utile et réussie, il fallait marquer les esprits.

Et dans ce cadre, il est difficile de trouver mieux qu’établir un grand plan, sur cinq à dix ans et qu’on appellerait Plan Climat plutôt que Plan Quinquennal pour éviter les résonances joyeuses de tentatives communistes aux résultats incertains mais statistiquement imparables à 4 chiffres après la virgule.

C’est donc un tel Plan Climat que M. Hulot nous propose à présent et dont la presse se fait le relais, toute frémissante qu’elle est à l’idée de dévoiler enfin de grandes actions gouvernementales avec des effets palpables et de bon gros milliards d’euros mobilisés.

Et à voir les mesures phares, on comprend immédiatement que l’artillerie lourde (mais éco-consciente) est sortie et que le pilonnage des méchantes habitudes et des vilaines pollutions vient de commencer. Fini les atermoiements hollandesques et les pusillanimités sarkoziennes : pour assurer enfin un avenir solide à nos générations futures, on va les endetter aider à changer d’énergie, de voiture, de chaudière et d’habitudes, ou quelque chose comme ça.

Jugez plutôt, en vous concentrant sur les mesures phares que met en avant notre frétillant ministre écologiquement transitoire et solidaire et qu’il présente ainsi :

« Il y a quatre mesures importantes, qui s’inscrivent dans la dimension solidaire de mon ministère et constituent ce que j’appelle le paquet solidarité climatique. »

Et voilà que déboule à présent la solidarité climatique qui, comme son nom ne l’indique pas, ne signifie absolument pas que les Marseillais vont devoir prendre leur part du petit crachin brestois mais bien que le contribuable va être mis à contribution pour payer les idées géniales de M. Hulot et sa clique.

Car dans le paquet de friandises solidaires, on trouve d’abord une prime pour aider les particuliers à changer de voiture, qui sera financée avec l’argent de l’État, c’est-à-dire au mieux l’impôt (les générations courantes aident les générations courantes), au pire la dette (les générations futures aident les générations courantes – c’est vraiment très mignon).

Notons au passage toute l’innovation que constitue cette mesure, qui n’a jamais été tentée auparavant et dont les résultats promettent déjà un succès fulgurant, notamment pour les finances publiques.

Si l’on continue de piocher dans la pochette de surprises solidaires, on trouve ensuite un « chèque énergie » qui ne ressemble pas du tout à de la distribution d’argent à destination de quatre millions de ménages pour qu’ils puissent payer leurs factures énergétiques. L’idée qui consisterait à baisser ces factures (par exemple en allégeant les taxes sur ces énergies, depuis la TVA en passant par les taxes plus ou moins spécifiques sur le pétrole, le gaz, le charbon et l’électricité) est bien trop simple pour être seulement proposée. On va donc continuer à méticuleusement ponctionner ces taxes qui rendent les prix obèses pour en redonner une partie à certaines franges de la population qui n’en auraient jamais eu besoin si ces énergies n’étaient pas taxées compulsivement en premier lieu.

Notons au passage toute l’innovation qui consiste à donner de l’argent à certains, qui n’a jamais été tentée auparavant et dont les résultats promettent déjà un puissant succès, notamment pour les finances publiques.

Oh, regardez, il y a une autre friandise dans la boîte à malices solidaires de M. Hulot : ce brave ministre nous propose un crédit d’impôt pour financer les travaux d’isolation dans le cadre de la transition énergétique. Là encore, il était inenvisageable de réduire durablement les taxes sur ce genre de travaux (et sur tout le reste, après tout) ce qui aurait rendu le crédit d’impôt inutile et aurait permis de dynamiser plus qu’un seul type de services : l’idée demeure de ne favoriser qu’une étroite catégorie de travaux, de population et d’artisans, surtout pas tout le monde à la fois (la France, pays de cocagne, ne survivrait pas à tout ce bonheur inopiné d’un coup).

Au passage, difficile d’oublier que cette idée représente encore une fois une innovation grandiose, tant proposer un crédit sur l’impôt en France semble une véritable fiction romanesque qui n’a jamais été tentée et dont les résultats promettent déjà un succès retentissant, notamment pour les finances publiques.

Enfin, signalons que notre paquet de solidarités croustillantes n’est pas vide : il reste encore ce petit « coup de pouce » donné aux « ménages aux moyens les plus modestes qui veulent changer une chaudière au fioul très polluante, à condition de passer aux énergies renouvelables, comme le bois ou les pompes à chaleur. Cela pourra représenter jusqu’à 3 000 euros » qui proviendront directement de l’arrière-train d’un équidé quelconque, comme il se doit dans toute République correctement gérée.

Là encore, on est soufflé par une telle innovation consistant à filer des thunes à des catégories particulières de population, innovation bluffante qui n’a jamais été tentée précédemment et dont les résultats promettent déjà un succès fracassant, notamment pour les petites pattes arrières de nos finances publiques qui vont certainement marcher en cow-boy quelques années de plus à ce train là.

Et voilà, nous sommes au fond du trou paquet de solidarités climato-financières, et il est donc temps de résumer : pour M. Hulot, en bon socialiste, l’écologie active et ministérielle consiste donc à arroser de pognon différentes populations, à subventionner la consommation d’énergie et à pousser à la casse des véhicules pourtant en état de fonctionnement dans une sorte d’obsolescence programmée qui ne dit pas son nom (mais qui aboutit au même résultat).

Finalement, c’est peut-être là la véritable innovation de notre hélicophile pétrolophage : faire passer des vessies socialistes pour des lumières écologistes.

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Source : http://h16free.com/2017/09/20/59098-plan-climat-les-vacuites-de-m-hulot


Alimentation du corps et de l’esprit : un peu de lecture

mardi 19 septembre 2017 à 17:00

Parfois, il faut faire une petite pause, notamment pour se sustenter.

Dans un premier temps, il faudra le faire pour l’esprit, bien sûr. Et pour cela, je ne peux que vous encourager à vous procurer « L’Etat ou la grande illusion », le dernier livre produit par Damien Theillier qui nous permet de retrouver de succulents textes de Frédéric Bastiat dont la prose se fait tous les jours plus indispensable à mesure que le pays s’enfonce dans un socialisme douillet mais mortifère. Cette réédition rafraîchit la lecture d’un de nos grands économistes, malheureusement méconnu que vous pourrez vous procurer pour un prix très modique en cliquant sur l’image et en tombant sur Amazon.

Inévitablement, après avoir dévoré ce petit ouvrage, vous aurez faim de nourriture plus substantielle.

Et là, je dis « attention  ! » Les pièges de l’alimentation sucrée, maintes fois dénoncées ici comme ailleurs, se tendent déjà pour vous faire sombrer dans la malbouffe, les maux d’estomac, les maladies cardio-vasculaires voire l’apathie qui poussent (comme chacun le sait) à fredonner du Despacito, ce qui est le signe d’une mort cérébrale certaine.

Heureusement, Ulrich et Nelly Genisson ont une solution : l’alimentation cétogène qui s’accompagne (coïncidence pratique) d’un grand livre réalisé par leur soin.

Et en parlant de soin, insistons sur le résultat qui n’en manque pas : c’est un ouvrage richement illustré qui donne dangereusement envie de tout tester, deux fois, avec beaucoup de sauce – elle aussi LCHF, c’est-à-dire avec très peu de sucre et plein de bonnes graisses, celles qui contiennent du goût et les briques nécessaires à une alimentation saine. Outre une mise en page aérée et efficace, les conseils prodigués y sont clairs, les recettes appétissantes et surtout, les principes de l’alimentation cétogène sont clairement expliqués dans la première partie du livre. Tout y est, depuis les bases scientifiques (et pourquoi les recommandations officielles seraient une blague si la mort inutile de tant d’individus ne rendait pas ces errements tragiques) jusqu’aux méthodes pour se déshabituer du sucre.

Et là encore, le prix est tout à fait modique en regard de la qualité du livre et, bien avant tout, de l’impact remarquable qu’il aura sur votre santé. Au passage, signalons que les auteurs tiennent un blog bien documenté qui complémente utilement cet ouvrage.

Bonnes lectures.

(et je n’ai pas touché un rond pour ces publicités)

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Source : http://h16free.com/2017/09/19/59114-alimentation-du-corps-et-de-lesprit-un-peu-de-lecture


La réforme de l’immobilier, ce sera aussi par ordonnances.

lundi 18 septembre 2017 à 09:00

Un texte de Nafy-Nathalie et h16

Février 2010 : entre deux excitations périphériques, le président Sarkozy décide de faire des trucs pour le pays (peut-être) et de commissionner son ami Attali (sûrement) pour définir les principales mesures aptes à nous sauver.

Emmanuel Macron, alors brillant inspecteur des impôts, est nommé rapporteur de cette commission. De façon surprenante, le rapport pondu est intéressant : il prône de promulguer très vite ou – mieux encore – en même temps 316 mesures qui vont toucher tout le monde (pour éviter des sentiments de frustration ou d’injustice) et qui doivent redonner flexibilité et mobilité à un pays endormi.

Dans sa lucidité toute particulière, Sarkozy entreprend d’appliquer à peu près un tiers de ces mesures, non sans les dénaturer au passage. C’est bien sûr nettement insuffisant.

Quelques années plus tard, le président Hollande, entre deux bâillements, confie à Emmanuel Macron subrepticement devenu Ministre le soin de mettre en œuvre les mesures les plus essentielles de ce rapport. Elles ne sont plus qu’une vingtaine et elles seront, bien sûr, copieusement dénaturées aussi.

Mais Emmanuel Macron est jeune, dynamique et il a un idéal. Il voit une France endormie et rêve d’un pays au garde à vous, qui avancerait dans le sens du rapport Attali, quitte à ce qu’elle avance à marche forcée vers une remise sur les rails.

Le 10 juillet 2015, la loi « Macron » pour la croissance et la solidarité est adoptée par le Parlement sous les vivats de la foule en délire (ou quasiment). D’ailleurs, son auteur s’en auto-congratule vigoureusement durant l’été 2016 :

« Cette loi porte une série de mesures très concrètes qui ont commencé à changer le quotidien des Français »

… Et ce même si plusieurs économistes (dont celui de la banque Saxo) estiment que c’est surtout « une loi fourre-tout (…) les résultats sont assez minimes (…) », probablement parce qu’elle traite effectivement de tout et de n’importe quoi (depuis les détecteurs de fumée jusqu’aux prud’hommes, en passant par le travail du dimanche, les bus ou la flexibilité bancaire) et que ses résultats sont limités : elle n’impacte pas l’économie de plus de 0,5%.

La montagne a donc accouché d’une souris.

Si certaines mesures font débat, celles qui impactent beaucoup l’immobilier passent pourtant totalement inaperçues.

On se souviendra par exemple de la privatisation du droit de préemption : sous couvert de rendre le foncier flexible, elle limite le droit de propriété en retirant au particulier celui de disposer de son bien comme il l’entend ; il interdit en outre la démolition des biens construits de manière illégale, et le bridera encore plus tard en promulguant une loi sanctionnant les recours abusifs sur les permis de construire.

Plus généralement, il est nécessaire de remettre cette réforme dans le contexte de la loi ALUR, qui a pour objet officiel de lutter contre l’habitat indigne et les copropriétés dégradées… En réalité, elle impacte l’intégralité du patrimoine, ne distinguant pas le bon copropriétaire du mauvais, dans le cadre d’une politique interventionniste de l’Etat. L’exemple le plus criant est celui du fonds travaux avec lequel l’Etat éduque le copropriétaire, petit mammifère incapable de prendre des décisions sans son aide, à l’épargne et à l’entretien de ses biens.

C’est ainsi que, l’air de rien, une réforme profonde du fonctionnement des copropriétés a été amorcée sous les yeux des copropriétaires sans qu’ils s’en aperçoivent et sans qu’aucun avis ne leur soit demandé : les mesures qui l’accompagnent sont soit discrètement glissées dans des textes de loi abscons ou c’est par ordonnance que leur mise en place est opérée.

La suppression de la Commission relative à la copropriété par décret du 17 février 2014, dans l’indifférence générale, ne fait bien que confirmer cette tendance. Cette Commission permettait aux organisations professionnelles, copropriétaires, notaires et avocats de débattre sur les textes réglementaires voire législatifs avant leurs consultations. Ses recommandations étaient suivies pour la mise en pratique des mesures votées. Mais voilà : l’usage pris par les ministres de contacter directement les organisations professionnelles qui en étaient membres l’a rendue inutile tout en supprimant son principal intérêt, apporter à l’Etat un avis consensuel obtenu en tenant compte de tous les points de vue.

En pratique, la loi ALUR la remplace par le CNTGI, peu consultée, et dont les avis – lorsqu’ils sont demandés – ne sont de toute façon pas suivis.

Et ils le sont d’autant moins que parallèlement au CNTGI, le gouvernement a confié fin 2015 et après appel d’offres la refonte du droit de la copropriété au Grecco, un groupe de « sachants ». Comme l’indique lui-même son Président, Monsieur Perinet-Marquet, le « GRECCO est un groupe de travail pluridisciplinaire composé d’avocats, d’experts, de géomètres, de notaires et d’universitaires, qui s’est donné pour premier but une réécriture de la loi de 1965. »

La lecture de l’appel d’offres n’est pas inintéressante surtout concernant le point 2.2 qui touche à l’évolution de la gouvernance : le syndic ne serait plus le représentant légal de la copropriété mais un professionnel à consulter. Le représentant légal serait le Président du Conseil Syndical et tout ceci pour « (…) assurer la réactivité indispensable de la gouvernance en matière de grosses réparations comme de travaux d’économie d’énergie et la prise de conscience de la nécessité de préserver le bien commun par les copropriétaires. »

En somme, et sous couvert de rendre la copropriété plus flexible, il est question de donner à un petit groupe de copropriétaires le pouvoir de décider et engager des travaux importants sans l’aval des autres copropriétaires.

L’Etat est persuadé que si les travaux qu’il a décidés comme indispensables ne sont pas engagés, ce n’est pas parce que les obligations coûteuses de diagnostics ou de travaux se multiplient, que les normes changent constamment, que la bourse des copropriétaires n’est pas extensible ou que les copropriétaires n’en peuvent plus (on a vu le cas avec les ascenseurs) par exemple. Que nenni.

Pour l’Etat, c’est uniquement parce que le syndic est mauvais et/ou que les copropriétaires sont inconscients et dilapident leur argent. Forcément, puisqu’il ne décide pas à leur place, pardi !

Il ne juge donc pas utile de les consulter l’un et/ou l’autre et n’envisage même pas de consulter le peuple par l’intermédiaire de ses représentants puisqu’il décide de promulguer le tout par ordonnances.

Ordonnances par ci, ordonnances par là, on finirait presque par déceler comme une sorte de mépris à l’idée de démocratie ou, plus prosaïquement, à l’idée encore plus saugrenue que les individus, entre eux, sont finalement aptes à régler la plupart de leurs problèmes. Devant cette attitude de plus en plus présente au sein des institutions de l’Etat, difficile de s’étonner ensuite de la chute du taux de participation aux élections et de la désaffection grandissante des citoyens envers la politique.

Cependant, alors que les particuliers sont peu conscients des changements en cours, leurs associations ainsi que l’ANGC, l’association des gestionnaires de copropriété et celle des professionnels de l’immobilier commencent à montrer des dents : cet été, certains d’entre eux expliquaient vouloir faire plier Macron arguant que ce dernier avançait sans écouter ceux qui, en définitive, sont pourtant sur le terrain.

Or, lorsqu’on voit les dernières révélations de l’ARC, difficile de leur donner tort : on apprend ainsi qu’« un discret article du projet de loi sur le « droit à l’erreur et à la simplification », qui sera prochainement examiné par le Parlement, prévoit de donner habilitation au gouvernement pour retoucher le Code de la copropriété, en légiférant par ordonnances » dans un délai de 2 ans.

Oh, surprise ! Un nouvel article essentiel noyé dans une loi fourre-tout et voté en catimini ! En voilà, une vraie nouvelle façon de faire de la politique, comme promis par notre sémillant Président ! Bien sûr, le Ministre, interrogé, refuse pudiquement de confirmer ou d’infirmer. On devra donc se contenter de considérer avec attention l’annonce de l’ARC et s’inquiéter des travaux en cours du Grecco…

Tout ceci laisse pensif.

Lors de la création des Observatoires des loyers et la mise en application de l’encadrement des loyers, on se souvient des retards provoqués par la grève du zèle dans la transmission des données sur les loyers par les professionnels de l’immobilier. De là à imaginer la frustration monter chez ces professionnels, à nouveau laissés sur le banc de touche de ces « innovations » et ces grandes « réformes », il n’y a qu’un pas qu’on pourra franchir sans prendre trop de risques. Sabre au clair et verbe haut, Macron sur son petit poney dopé aux amphétamines suivi de sa clique obséquieuse se lance donc dans un nouveau chantier sans s’occuper des leçons du passé.

Forcément, cela va bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2017/09/18/59058-la-reforme-de-limmobilier-ce-sera-aussi-par-ordonnances