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L’enquiquinante image négative des migrants

mercredi 21 juin 2017 à 09:00

On apprend dans la presse — rendue molle autant par les élections que par une canicule qu’elle a longtemps refusé d’appeler ainsi — qu’un barrage de migrants a tourné au drame dans la nuit de lundi à mardi dans le Nord. Saprizut, voilà que le vivrensemble vient de prendre une beigne.

Triste accident que celui qui s’est donc déroulé mardi, vers 3h45 du matin, sur l’A16 : tombant sur un barrage de troncs d’arbres posés sur la chaussée par des migrants, deux camions ont brutalement freiné pour tenter d’éviter la collision. Si ces derniers sont parvenus à s’arrêter, la camionnette qui roulait derrière eux n’a pas eu autant de chance et a percuté l’un des poids-lourds puis a pris feu, tuant le chauffeur. L’autoroute a bien sûr été fermée et une déviation, rapidement saturée comme il fallait s’y attendre, a été mise en place.

Avec une telle description clinique dont la presse est friande au point d’évoquer ensuite calmement le problème général que les migrants peuvent poser avec ce genre de barrages, on en viendrait presque à croire que cet abominable accident qui termine si mal n’est, en définitive, qu’une mésaventure voire une péripétie bien malheureuse qu’on se doit d’endurer, de temps en temps, sur les routes de France (un peu comme le terrorisme qui provoque parfois des petits désagréments ici ou là et auquel il va bien falloir s’habituer, mes braves enfants – après tout, la cigarette et les mélopées de Kendji Girac tuent plus de monde à l’année, hein). Il manque presque, dans ces articles du Monde ou du Parisien, l’une ou l’autre interjection de dépit sur l’embarrassement que ces écarts au bon goût et à la festivité citoyenne provoquent pour donner une idée précise de la gêne ressentie dans les classes jacassantes.

Certes, les politiciens ont largement froncé les sourcils : Notre Frétillant Président À Tous, Emmanuel, a assuré être très mobilisé, mais reconnaissons tout de même qu’il eût été de mauvais goût qu’il expliquât s’en tamponner le coquillard. Apparemment, lui et son ministre de l’Intérieur vont s’employer à distinguer les demandeurs d’asile des migrants économiques, et l’affaire sera dans le sac. Mais si. C’est évident.

Certes, les journalistes ont fait œuvre de salubrité en décrivant les faits, tous les faits, rien que les faits, avec le calme et le détachement qui sied dans ce genre de pénibles péripéties. Après tout, il eût été inconvenant de s’étonner d’une situation qui tend à se répéter un peu trop, à questionner l’ampleur des moyens mis en œuvre pour l’éviter.

Ainsi, personne ne semble s’étonner que ces barrages aient lieu, encore et encore. Pourtant, il y a de quoi : depuis quand en France laisse-t-on ainsi agir des brigands de grand chemin autre que la maréchaussée officielle ?

Ainsi, personne ne s’émeut vivement que la sécurité de nos autoroutes soit ainsi remise en cause. Tout juste trouvera-t-on cela dangereux (ah bah oui, ça peut tuer, zut alors). On n’entendra pas des masses Chantal Perrichon, l’hystérique présidente de la Ligue contre la violence routière, monter au créneau dans ce qui ressemble bien à une forme assez claire de violence, sur la route, qui entraîne pourtant des dégradations, des incidents, des blessures et maintenant la mort. D’un autre côté, parions que si elle intervient, ce sera pour réclamer rapidement que ces portions d’autoroutes soient limitées à 30 km/h et bardées de radars photogènes, afin de punir une bonne fois pour toutes ces camionneurs enivrés de vitesse.

Ainsi, personne ne semble halluciner de rappeler qu’on est en France, dans un Etat où, normalement, la loi limite assez clairement le droit des individus à disposer des barrages sur les routes, qu’on soit ressortissant ou non du pays.

Ainsi, le calme et la pondération devront rester de mise lorsqu’on apprendra que la nuit précédente, des réfugiés avaient déjà créé un tel barage à peu près au même endroit, mais qu’heureusement, il avait « rapidement été retiré par les policiers et les agents de la DIR » dont on est heureux d’apprendre qu’ils seraient payés pour ça, youpi tralala. Dans le même temps, un poids lourd avait fait l’objet de jets de pierres, parce qu’apparemment, le barrage ne suffit pas.

Tout est donc normal ou presque, la circulation est sous contrôle ou presque, l’ordre et la sécurité règnent en France ou presque, et on a proprement mis au coffre les deux onces de lucidité qui devraient normalement amener toute la presse et toute la population à déclencher un ouragan de boulettes de merdes monstrueux devant la gestion d’une telle affaire.

Mieux encore : le vrai problème de cet accident n’est pas qu’un type qui conduisait un camion pour gagner sa vie vient de la perdre, il n’est pas qu’une famille ne reverra jamais son fils ou son père. Non, pas du tout : pour certains, la vraie crainte, c’est que tout ceci vienne « ternir la vision déjà contrastée de la population locale sur la question des migrants », comme le dit l’article du Parisien (auparavant lié) avec un sens de la formule assez phénoménal.

Pour Claire Millot du collectif Salam, qui n’était manifestement pas au volant de la camionnette,

« Ce drame va donner une image négative d’eux alors qu’ils sont tout simplement poussés par le désespoir . C’est plus difficile de passer depuis quelques mois mais c’est toujours possible. Ils s’accrochent tous à cela. Avant, il suffisait de trois semaines, maintenant cela nécessite plusieurs mois. Seulement, parfois, certains craquent et tentent le tout pour le tout. »

Comme c’est ballot ! On tente le tout pour le tout, et pouf, on tue quelqu’un et flûte et zut, ça donne ensuite une image négative !

Pour d’autres, comme Christian Salomé, président de l’association « L’Auberge des migrants », si le danger augmente sur les autoroutes, c’est parce que ces migrants sont pourchassés. L’hypothèse inverse que les migrants en question seraient pourchassés parce qu’ils prennent de plus en plus de risques, qu’ils provoquent de plus en plus de problèmes ne semble pas être une hypothèse de travail raisonnable, quand bien même les faits semblent pourtant pencher de ce côté plutôt que l’autre.

En fait, il est ici bien difficile de trouver une réflexion solide sur l’état lamentable du pays qu’illustre pourtant fort bien cette affaire dramatique.

Comment ne pas voir les lacunes en terme de gestion des forces de l’ordre, lacunes soigneusement entretenues en faisant passer la sécurité des citoyens bien après la tranquillité d’esprit des politiciens qui les dirigent ? Comment ne pas comprendre que le problème migratoire actuel est d’autant plus aigu que la justice, celle qui doit normalement encadrer le droit d’asile, les renvois et les incarcérations pour faits délictueux ou criminels ne suit pas ? Comment ne pas faire le lien entre l’état justement lamentable de cette justice et le temps mis par celle-ci pour traiter de chacun des cas qui lui est soumis, imposant par le fait même des temps de procédures inhumains qui enkystent le problème au lieu de le résoudre ? Comment ne pas voir que ce n’est certainement pas avec de nouvelles lois et de nouvelles procédures s’ajoutant à celles déjà pléthoriques et complexes que le problème va se résoudre ? Comment ne pas comprendre que confondre l’humanisme le plus essentiel avec une complaisance aussi grande que politiquement avantageuse ne peut aboutir qu’à des situations de plus en plus dramatique comme celle-là ?

Malheureusement, ni la presse, ni les politiciens passés et actuels, ne semblent vouloir prendre la question sous ces angles. Aux atermoiements et aux larmes pseudo-humanistes s’opposent les discours faussement virils. Tout ne reste que blabla et agitation cosmétique pendant que les vrais problèmes, de police et de justice, continuent de s’installer, de s’enkyster et de pourrir la vie des Français, sans aucunement améliorer la vie des migrants non plus.

Les déclarations fumigènes des ministres « en marche » ne rendent guère optimiste.

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Source : http://h16free.com/2017/06/21/58537-lenquiquinante-image-negative-des-migrants


Des petits extrêmes peu légitimes ?

lundi 19 juin 2017 à 09:00

Et finalement, ce n’est pas une Assemblée si monochrome que prévue. Malgré la victoire écrasante, pardon, la déferlante, pardon, le raz-de-marée, pardon, le tsunami électoral que tous les analystes, commentateurs, chroniqueurs et autre sondageographes nous vendaient âprement depuis plusieurs jours, la République qui était au bord du gouffre et qui s’est mise En Marche récolte une majorité claire, absolue, confortable mais nettement inférieure aux plus de 400 députés qui étaient pronostiqués.

Youpi, donc.

Sauf qu’évidemment, revient inévitablement sur la table la douloureuse question de l’abstention. Parvenant à 56% lors de ce scrutin, elle place un record net et montre de façon assez claire que la plupart des Français s’étaient largement démobilisés. Bien évidemment, la presse traditionnelle s’est empressée d’analyser ce chiffre et avance la panoplie habituelle de raisons, allant de la plus niaise (il faisait beau) à la plus circonstancielle (les Français étaient lassés de voter) en passant pudiquement sur la plus probable (la foi citoyenne dans cette mascarade s’érode doucement à chaque pantalonnade démocratique), et se laisse à tendre, une fois de plus (une fois de trop) son gros micro mou aux politiciens qui s’empressent de jouer du xyloglotte en rythmes chaloupés, sur l’air maintenant connu du « ♩ il faut écouter le silence des urnes ♪ ».

De façon ni étonnante, ni particulièrement fine, chacun de ces politiciens interrogés sur cette épineuse question en profitera pour se poser la question sous-jacente de la légitimité des élus : eh oui, m’ame Ginette, avec aussi peu d’électeurs par élu, pourront-ils réellement prétendre représenter quelque chose ? Décidément, les piliers de bar n’ont qu’à bien se tenir.

Dans cette myriade de réflexions profondes, on ne pourra s’empêcher de noter celles, encore plus délicieuses, des leaders ou porte-paroles ou têtes de listes des partis extrêmes, France Mélenchonsoumise d’un côté et Front Marine Nationale de l’autre : à chaque fois et dans leur bouche, cette abstention est parée d’étranges vertus.

Ainsi, elle amoindrit de façon claire la portée du message qu’entend porter Emmanuel Macron et ses députés : élus avec une telle abstention, c’est être mal élu et, en tout cas, il sera difficile de prétendre avoir derrière soi un peuple en pleine ferveur. De ce point de vue, Marine et Jean-Luc n’hésitent pas à rappeler qu’ils feront, à chaque fois que possible, appel à la rue pour venir en aide à leurs petites troupes législatives qui s’opposeront avec bravoure à l’hydre macronesque, ♫ tsoin tsoin ♫.

Et dans le même temps, avec cette facilité du paradoxe que les politiciens sont toujours prompts à manier avec dextérité, cette même abstention ne semble pas amoindrir d’une quelconque façon les scores obtenus par les députés franco-insoumis ou les fronto-nationalistes. Le député des extrêmes sait qu’il bénéficie d’une assise populaire solide de laquelle est absente, ou quasiment, tout indigne grumeau d’abstention ; il a, lui, le peuple derrière lui, vibrant d’une seule âme, prêt à (re)prendre la Bastille si jamais le totalitarisme venait à s’installer par le truchement d’un Macron trop puissant.

Mieux encore : l’abstention peut, dans leur bouche, être carrément récupérée sans souci, car, c’est évident, ceux qui se sont abstenus auraient voté pour eux, c’est sûr.

Et tout ceci de justifier sans vergogne d’appeler, avec force trémolos, à la résistance dans la rue et à réclamer des référendums avec bruit. En tout cas, pour Jean-Luc, le combat est engagé, il est d’importance et il se voit déjà nimbé de responsabilités plus grandes encore que son groupe d’élus à l’Assemblée.

Tout cela est bel et bon, mais il y a tout de même un petit souci : c’est complètement faux.

La triste réalité est que si l’abstention a, effectivement, amoindri la prétendue ferveur populaire qui pourrait se trouver derrière le mouvement de Macron, elle l’a d’autant plus fait pour les mouvements extrêmes.

Forcément, pour Le Pen ou Mélenchon, c’est nettement moins glamour à admettre, notamment après leurs scores plutôt élevés des élections présidentielles, mais les faits sont têtus : ceux qui sont allés voter au premier puis au second tour sont très majoritairement ceux de Macron et ce de façon absolument limpide.

Cette évidence semble avoir bien du mal à pénétrer le crâne de certains élus et elle mérite donc d’être redite : si cette abstention record démontre bien quelque chose, c’est qu’au contraire de ce que prétendent nos deux populistes dans leurs péroraisons télévisées, les Français ne veulent pas de ces deux partis comme opposition à Macron.

Et le plus beau, c’est que leur si faible motivation pour les candidats du Front National ou de la France Insoumise doit se comprendre en face d’une mobilisation pour Macron déjà fort peu élevée. Autrement dit, on voit d’autant plus de députés des extrêmes à l’Assemblée que les Français ne se sont guère mobilisés pour les autres, et pas l’inverse : si les Français peu enthousiastes du macronisme les avaient jugés crédibles, ils se seraient déplacés pour voter pour eux et ils seraient plus nombreux, à coup sûr.

En somme, cette abstention record enlève beaucoup plus de légitimité aux extrêmes qu’aux partis traditionnels. Dans ce cadre, ni le Front National, ni la France Insoumise n’apparaissent donc comme des opposants légitimes à Macron et ses députés En Marche.

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Source : http://h16free.com/2017/06/19/58523-des-petits-extremes-peu-legitimes


[Redite] Serions-nous plus libre sans État ?

dimanche 18 juin 2017 à 11:13

Article initialement paru le 20.06.2012

Certes, il y a (encore !) des élections ce dimanche et beaucoup en parleront dans leurs éditos, blogs et autres papiers journalistiques enfiévrés. Cependant, comme nous savons tous quelle sera l’issue de ce dimanche (plus d’Etat et moins de liberté pour tout le monde), je vous propose de profiter de l’actuelle période des examens du baccalauréat pour revenir plutôt sur les sujets de philo d’il y a cinq ans et voir que les conclusions qu’on pouvait tirer alors sont encore valables maintenant.

L’année dernière, on découvrait que la philo, c’est überfacile, à condition d’être hypermou. Cette année, les sujets de philosophie sont tombés et nous avons donc droit à toute une panoplie de sujets frétillants de sous-entendus : ils permettront de tester à la fois la capacité de l’élève moyen à reproduire fidèlement un argumentaire abordé dans ses cours et, bien avant ça, d’évaluer son conformisme respectueux des conventions qui lui aura été inculqué pendant la grosse dizaine d’années qu’il aura passée sur les bancs de l’école.

Plusieurs de mes lecteurs réguliers m’ont ainsi fait part d’un des sujets, « Serions-nous plus libre sans État ? », qui attire bien sûr l’attention pour tout libéral, voire tout anarcho-capitaliste, qui passe par là et à qui on va, presque sadiquement, demander son avis.

Cependant, ce serait oublier les autres sujets. Outre celui déjà évoque, on trouve ainsi les suivants :
« Que gagne-t-on en travaillant ? »
« Toute croyance est-elle contraire à la raison ? »
« Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? »
« Travailler, est-ce seulement être utile ? »
« Peut-il exister des désirs naturels ? »

Ami lecteur, sauras-tu détecter les appeaux à trolls dans ces sujets ? En effet, comment ne pas déceler chez ceux qui ont pondu ces sujets une envie de lire du Marx, du Sartre, du Proudhon (ou, soyons fou, du Bakounine) — mais surtout pas du Friedman (David) ? Comment ne pas noter que le travail semble occuper, cette année, une place importante, là où l’année dernière, la science et l’art se taillaient la part du lion ? L’époque serait-elle aux questions plus matérialistes ?

Toutes ces questions se bousculent dans ma tête pendant que je me demande ce que j’aurais bien pu écrire si j’avais eu ces sujets…

Serions-nous plus libre sans État ?

Il y a de cela bien longtemps, les gens vivaient sans État. D’âme, surtout. Ils vivaient de chasse, de cueillette, de trucs totalement bios sans le moindre pesticide. Ils ne mangeaient pas gras, pas sucré, pas salé, pas fun. Pour leur santé, ils bougeaient beaucoup, plus, mieux que de nos jours en tout cas. Mais tout ceci ne les empêchait pas de mourir jeunes avec des chicots à la place des dents. Alors, un beau matin, lassés de ces conneries bios et de ce sport fatiguant, ils ont décidé de créer l’État pour résoudre l’ensemble de leurs problèmes.

Oh, n’allez pas croire que cette dernière phrase est exagérée ou caricaturale. Il va de soi que l’avènement de l’État tel qu’on le conçoit maintenant aura pris un peu plus de temps que celui qu’il aura fallu au lecteur pour passer du mots « dents » au mot « Alors ». Mais fondamentalement, une fois l’ensemble des institutions cristallisées pour permettre à un petit nombre d’individus d’extraire le travail d’une multitude à leur bénéfice exclusif, la marche joyeuse vers l’accroissement des prérogatives de l’État ne s’est plus interrompue.

Une fois l’État installé, c’est comme une verrue plantaire ou ce gros lourdaud de Roger quand il y a un match de foot : impossible à déloger, ou alors, il faut beaucoup d’alcool. À tel point que, de nos jours, l’habitude s’est installée et chacun croit y trouver son compte. Roger a son fauteuil attitré, la verrue gêne mais se laisse oublier lorsqu’on est dans un bain bien tiède, et la simple évocation d’une vie sans l’État provoque des sueurs froides jusqu’aux correcteurs du bac de philo qui introduit le mot « plus » dans sa fourbe question et s’évite ainsi de demander « Serions-nous libre sans État ? »

Ici, bien évidemment, je pourrais broder sur le thème en notant que l’État limite la liberté puisqu’il impose des lois, lois votées avec — a priori — une minorité de personnes pas d’accord (quand ce n’est pas une majorité, comme ce sera le cas avec la nouvelle Assemblée Nationale, du reste).

Dans le ping-pong traditionnel que représente une copie de philosophie moderne, j’enchaînerais alors sur quelques remarques en rapport avec les pulsions humaines qui, sans État, se déchaîneraient mais si mais si, puisqu’on vous dit que l’État, c’est la société, la loi, l’ordre et le petit bisou du soir avant d’aller au dodo.

Et là, j’aurais la note médiocre qui sied à une copie de philosophie parfaitement insipide comme, justement, l’Édulcoration Nationale en entraîne à produire au kilomètre comme de la saucisse industrielle, note d’ailleurs administrée par quelqu’un qui dépend directement de l’État pour ponctionner ses concitoyens avec la plus ferme efficacité et lui assurer un salaire sinon élevé du moins régulier.

Car après tout, à la question officielle, insidieusement chargée, correspond l’autre question, à laquelle personne ne voudra répondre mais qui mérite son pesant de cacahouètes : quelle liberté nous reste-t-il exactement, avec l’État ?

On m’objectera qu’il nous en reste plein, de jolies libertés.

Oui, plein, bien rangées sur des palettes dans des hectomètres de papier bulle, prêtes à partir au loin. Plein de libertés proprement découpées en tronçons d’une égale longueur (avec poinçon des Poids & Mesures de Sèvres), savamment disposés dans les tiroirs à clef de la législation française. Des milliers de libertés pesées, empaquetées avec délicatesse et même tendresse parfois, déjà imbibées de formol et aux senteurs naphtalines…

La liberté d’association ? À chaque législature, de nouvelles lois subtiles déterminent avec toujours plus de précision ce qui est, ou pas, une association licite, une religion licite ou pas, une entreprise licite ou pas, une démarche licite ou pas. Belle liberté que de devoir se conformer aux centaines d’articles et contraintes légales pour donner à l’État la possibilité de savoir ce qu’on fait, où on va, ce qu’on pense, avec qui on le fait et tant d’autres choses dont on se demande pourquoi l’État s’en mêle en premier lieu.

La liberté d’expression ? Celle qui permet maintenant à n’importe qui de faire fermer n’importe quel site internet sous n’importe quel motif fallacieux ? Celle qui permet de traquer tout individu qui aurait dérapé sur tout sujet déclaré illicite, allant du racisme au négationnisme voire aux recettes de cuisine pour peu que l’envie de légiférer passe par là ? Cette liberté d’expression si particulière qui, depuis la copie de philo jusqu’à l’éditorial servile d’un torchon subventionné, depuis les conversations de la machine à café jusqu’aux sketches soi-disant comiques à la téloche, permet à tout le monde de dire exactement la même chose sans jamais varier d’un pouce de peur de « déraper » et de se cogner en procès l’une de ces associations que le pouvoir aura jugé éminemment utile ?

La liberté de faire ce qu’on veut avec sa propriété privée ? Où, exactement, dans ce pays, permet-on aux gens d’être entièrement libres et responsables de leur terrain, de leur maison, de leur voiture ? Qu’est-il advenu de la liberté de défendre ses biens, les êtres qui nous sont chers ?

Qu’est-il advenu de la liberté de se déplacer librement et sans contrainte lorsque n’importe quel syndicat teigneux peut, dans le meilleur des cas, paralyser des axes majeurs, ou dans le pire, prendre en otage et séquestrer ?

Qu’est-il arrivé à la liberté de contracter entre adultes consentants et responsables ? Où est passée la liberté de commercer avec qui on veut, comme on veut, dans le respect des clauses contractuelles réciproques ? Comment rattacher la liberté qu’octroierait l’État avec les milliers d’articles de tous les codes qui régulent absolument tous les aspects de la vie du citoyen ?

parc bébéSerions-nous plus libres sans État ? Ah mais, mes braves lecteurs, la bonne question, plus simplement, c’est « sommes-nous encore libres ? » Sommes-nous réellement libres quand l’État ne nous considère plus que comme un enfant irresponsable qu’il aura, grâce à l’avalanche de lois et de moyens répressifs, collé au milieu d’un joli parc en bois, aux joujoux colorés, et laissé à brailler pendant qu’il vaque à ses occupations, occupations qui consistent à dresser de nouveaux barreaux à notre parc ?

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Source : http://h16free.com/2017/06/18/58519-redite-serions-nous-plus-libre-sans-etat


La République est en marche mais elle prend déjà une sale direction

vendredi 16 juin 2017 à 09:00

Qu’y a-t-il de plus horrible que de constater que la France a récemment basculé dans la pire des abominations, sans que personne ne s’en rende compte ? Je veux bien sûr parler du catastrophique retour de la mode des claquettes-chaussettes dont la presse s’émeut déjà et dont on sait qu’elle va probablement contaminer d’innombrables victimes qu’aucun traitement ne pourra arracher aux souffrances inouïes qu’elle entraîne. Ah, et puis, accessoirement, le pays, muni de ces claquettes-chaussettes, s’est mis En Marche. Mais la direction choisie commence à inquiéter.
libéraux
Ici, je pourrais parler des affaires qui entourent le ministre Ferrand.

Le pluriel est de mise puisqu’à l’affaire initiale d’immobilier juteux autour d’une mutuelle en Bretagne, décrite par le Canard Enchaîné avant les législatives, s’ajoute celle récemment mise au jour par Médiapart entre les deux tours et qui, tout comme la première, essentiellement douteuse sur le plan moral, serait là encore le sujet d’écarts éthiques.

Le média payant en ligne s’interroge ainsi : « Pour régler ses mensualités, le député Ferrand a-t-il utilisé des fonds publics, en l’occurrence son IRFM ? » Même si cette pratique de rembourser un emprunt sur fonds publics a finalement été réglementée en février 2015, l’interrogation fait remonter la douloureuse question de la probité des représentants d’En Marche.

Cette question est d’autant plus prégnante qu’elle est reposée à la suite des affaires concernant le ministre Bayrou.

Le pluriel est encore de mise puisqu’à l’affaire initiale qui concerne des emplois soupçonnés fictifs d’assistants parlementaires rémunérés par le Parlement européen, s’ajoute l’intervention particulièrement maladroite du ministre auprès de journalistes de Radio-France qui a personnellement contacté la cellule investigations de la radio publique en pleine enquête sur son parti.

Malheureusement, le ministre Bayrou ne peut pas se permettre ce que le citoyen Bayrou peut faire, comme, d’ailleurs, le chef de parti Bayrou l’expliquait doctement en 2007. Ce dernier peut toujours se fendre d’un coup de téléphone outragé auprès d’un journaliste de Radio-France ; qui n’a pas déjà eu envie de les appeler devant l’écart entre le coût de la redevance et la qualité abyssale de leur propagande ? Mais le premier, ministre d’Etat, à la Justice qui plus est, ne peut guère se permettre d’aller fourrer son nez et ses petits doigts gourds dans une enquête en cours, indépendance médiatique oblige, et surtout pas quand elle concerne le parti politique du ministre en question, indépendance de la Justice oblige aussi.

Corruption : j'en veux moins, ou plus d'opportunité pour en profiterBref, au sein du gouvernement de la République En Marche, on sent déjà quelques malaises s’installer. D’autant que la dernière affaire ci-dessus a occasionné une fort jolie partie de ping-pong entre le premier ministre Edouard Philippe et le rescapé du Modem. Ce dernier, toujours aussi imbu de lui-même, refuse de rentrer dans le rang des ministres macroniens, persuadé qu’il tient là le fruit de son intelligence politique et une revanche sur des années de nihilisme électoral dans lesquelles l’avaient plongé ses invraisemblables positionnement idéologiques.

L’avenir proche nous dira s’il a autant de marges de manœuvres qu’il se l’imagine, mais il apparaît déjà, après quelques semaines seulement de mandat, que le choix par Macron du chef du Modem comme ministre de la Justice semble provoquer plus de soucis que de bénéfices électoraux, de plus en plus hypothétiques et de moins en moins nécessaires.

À la limite, ces affaires et l’obstination butée du ministre pourraient constituer d’excellents motifs pour se débarrasser et de l’encombrant maire de Pau et du micro-parti centriste, laissant ainsi Macron et son assemblée En Marche régner sans partage et sans avoir besoin de faire la moindre concession à qui que ce soit.

Ce qui sera d’autant plus pratique pour passer les lois et réformes que Macron évoquait lors de sa campagne.

Oh, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : compte-tenu de la modestie des « réformes » envisagées, les risques sont faibles que, subitement, le nouveau président se découvre des envies puissantes de chantiers législatifs profonds. Sa grosse majorité à l’Assemblée, peut-être même aidée d’un nouveau groupe de sénateurs « En Marche » à la Chambre haute, ne risque donc pas de servir à refonder de façon drastique le Code du travail ou la Sécurité sociale : n’en déplaise aux Insoumis, tout indique qu’on restera sur ces sujets dans le domaine balisé des petites retouches d’usage.

En revanche, sur d’autres domaines où le candidat Macron n’avait guère exprimé de positions franches et solides, les surprises s’accumulent déjà.

Et elles ne sont pas bonnes du tout.

Difficile en effet de se réjouir de l’actuel projet de loi du gouvernement Philippe qui vise à faire entrer, lentement mais sûrement, l’actuel état d’urgence dans le cadre du droit commun.

Comme bien souvent dans les pires trahisons de l’état de droit au profit d’un nouveau rabotage des libertés, cette idée lumineuse est avant tout présentée comme moyen de sortir gentiment de l’actuel état d’urgence, qui – en attendant – va être prorogé (pour la sixième fois, ne boudons pas notre plaisir) au prochain Conseil des ministres du 21 juin, la semaine prochaine. Et donc, pour sortir de cette situation normalement exceptionnelle donnant de larges marges de manœuvres au gouvernement, on va la transformer en situation exceptionnellement normale, afin – je cite – de « renforcer la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure », en plaçant quasiment toutes les mesures de cet état d’urgence dans le droit commun.

Pour un gouvernement qui devait mettre en musique la volonté exprimée par Emmanuel Macron le 24 mai dernier de vouloir organiser la sortie de l’état d’urgence, voilà qui met singulièrement les pendules à l’heure, et pas celle d’un retour à la normale. Pour le coup, le changement, c’est peut-être maintenant mais c’est sûrement inquiétant, et pas seulement pour quelques activistes libéraux ou libertariens : n’importe quel juriste avec deux sous de bon sens comprend rapidement les dérives qui peuvent s’ouvrir avec de telles propositions, et ce d’autant plus que les mesures actuelles de l’état d’urgence n’ont apporté significativement aucune sécurité supplémentaire. Avec les juristes, pas étonnant que la presse s’inquiète (y compris étrangère).

Et au-delà de ces analyses, il ne faudrait surtout pas oublier que les lois perdurent au-delà des politiciens. Si, actuellement, notre choupinet président et ses gentils ministres peuvent vaguement prétendre à leurs meilleures intentions et leur désir pur d’assurer la sécurité et une lutte farouche contre les terroristes, absolument rien n’indique qu’ils détricoteront ces mesures drastiques une fois la menace calmée.

Pire encore : un beau matin, il faut s’attendre à ce que nos probes politiciens En Marche, ayant peut-être un peu trop lassé l’électeur de leurs foulées sportives, se voient remplacés par d’autres dont on peut craindre, à force, que la probité et la grandeur d’âme ne soient pas aussi belles (pari osé, j’en conviens, mais baste, faisons-le). Ces lois si finement ouvragées pour « sortir de l’état d’urgence » pourraient alors servir d’armes redoutables entre les mains d’autoritaires parvenus au pouvoir par des discours lénifiants, creux ou carrément démagogiques.

Il serait alors vraiment ballot qu’un démagogue, parvenu au pouvoir par d’habiles manigances médiatiques et politiques, ait de telles facilités à sa disposition, ne trouvez-vous pas ?

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Travailler le dimanche, c’est permis, ça rapporte et ça crée de l’emploi

mercredi 14 juin 2017 à 09:00

Octobre 2014 : un certain Macron, trouvaille ministérielle de Hollande déposé à l’Economie, nous pond une série de propositions retentissantes par leur nouveauté, qui seront plus tard rabotées puis agglomérées dans une « Loi Macron », elle-même passée devant l’Assemblée avec la souplesse d’un 49.3 par la Panzer division du Maréchal Valls. Dans cette loi, l’ouverture des magasins le dimanche figure alors en bonne place. Depuis le 11 juin dernier, c’est chose faite : les magasins peuvent ouvrir le dimanche. Youpi.

Enfin, youpi, façon de parler.

Si l’esprit de la loi était clair, à savoir redonner aux magasins des marges de manœuvres en autorisant l’ouverture le dimanche, la lettre de la loi, elle, l’était nettement moins (simplification administrative oblige, je présume). En outre, le gouvernement et l’Assemblée de l’époque, toujours lourdement englués dans un socialisme antédiluvien à la tolérance très basse pour la liberté d’entreprendre, avait décidé de nettement raboter la portée de l’innovation introduite par le petit Emmanuel : le ministre nous avait promis le Pérou, le gouvernement se sera chargé de nous présenter un projet qui dépassait à peine Maubeuge, et la loi votée, il fut nécessaire de constater qu’il peine à rejoindre Sèvres-Babylone avec son petit ticket de métro ; en fait de libérer les dimanches, il s’agit d’assouplir les règles en vigueur en autorisant 5 à 12 dimanches ouverts supplémentaires par an, dans certaines zones et en doublant le salaire des employés concernés sur cette journée.

On s’en doute : la proposition a immédiatement déclenché l’ire de tout ce que le pays contient de syndicalistes épais, qui, s’ils sont fort heureux de bénéficier de pain frais, de services d’urgences ou d’électricité le dimanche, n’entendent absolument pas laisser à d’autres la joie d’aller faire du shopping ou leurs courses alimentaires plutôt ce jour qu’un autre en semaine. Que voulez-vous : pour ces collectivistes athées, le jour de repos dominical si typiquement chrétien est semble-t-il sacré.

la cgtC’est donc sans surprise qu’on a assisté à toute la panoplie habituelle des gémissements, des cris et des grincements de dents de l’engeance paléo-syndicale CGT et FO qui s’est caractérisée par de consternantes opérations de résistance contre les salariés eux-mêmes qui entendaient profiter de l’aubaine de salaire et d’aménagement de temps de travail que l’assouplissement leur offrait pourtant. Du reste, si les syndicalistes français se battaient pour d’autres salariés qu’eux-mêmes, ça se saurait, depuis le temps.

Et puis l’actualité s’est emballée sur d’autres sujets. D’attentats en état d’urgence, d’affaires en campagnes politiques toutes aussi hallucinantes de médiocrités les unes que les autres, la question n’a plus vraiment occupé ni les syndicalistes bloqueurs, ni les politiciens moqueurs (de visage) ni les journalistes toujours à la recherche d’un buzz à leur portée.

Le temps a donc passé et voilà donc que, depuis le 11 juin dernier, les fameuses Zones Touristiques Internationales (ZTI, dans le langage administratif fleuri de notre République) sont en fonctionnement et les grands magasins situés sur ces zones peuvent effectivement y ouvrir leurs portes le dimanche. Et ça tombe bien, quelques enseignes ont précédé la manœuvre, comme le BHV qui a commencé dès le 3 juillet dernier ou les Galeries Lafayette début janvier 2017, et peuvent déjà témoigner des résultats obtenus.

Or, comme le détaillent de bien trop rares articles d’une presse pas du tout intéressée pour faire connaître cette bonne nouvelle, ces résultats sont franchement encourageants.

Effort : hard work never killed anybody, but it is illegal in some places

On apprend ainsi que, contrairement aux assertions péremptoires des collectivistes en mal de régulation forcenée, l’ouverture du dimanche n’a pas déclenché une cannibalisation des ventes des autres jours de la semaine puisqu’on a observé une hausse globale du chiffre d’affaires comprise entre 5% et 10%, notamment grâce aux touristes étrangers, mais aussi aux clients français qui découvrent les plaisirs du shopping dominical.

On apprend aussi que la mise en place de ces dimanches s’est faite avec l’assentiment des salariés qui, en pratique, ont même réclamé avidement ces ouvertures, à tel point que certaines enseignes ont été obligées de limiter les possibilités à une dizaine de fois par salarié afin que tous puissent profiter de la possibilité des majorations du dimanche.

Conformément à la loi, le volontariat est la base et, contrairement aux affirmations ridicules de certains syndicalistes qui ne voient toujours dans les patrons que des Thénardiers sans scrupules, la bousculade de salariés pour ces journées amène même l’employeur à aménager les horaires pour tous voire à créer des emplois, puisqu’on évoque 1000 nouveaux postes à créer.

Sapristi, oui, vous avez bien lu : cette pourtant modeste modification de la loi de surcroît largement rabotée par nos fiers socialistes (dont un nombre conséquent va très heureusement se faire éparpiller façon puzzle) parvient tout de même à satisfaire les salariés qui se retrouvent à travailler plus pour gagner plus, à donner le sourire aux patrons de gros établissements de commerce qui voient leur chiffre d’affaires augmenter et à contenter le touriste et le Français qui trouvent un jour de plus pour faire leurs achats. Évoquera-t-on les finances publiques qui se réjouissent elles aussi et qui avec ce regain d’activité dans un pays plus que morose voient de nouvelles entrées fiscales arriver vers elles ?

En substance, tout le monde y trouve son compte (sauf, bien sûr, ces syndicalistes qui ont freiné des quatre fers et qui passent à présent pour des andouilles inutiles voire nuisibles). C’est, bien évidemment, une excellente nouvelle… Excellente nouvelle dont on devrait tirer plusieurs conclusions.

La première, évidente, est que la liberté d’entreprendre, de contracter intelligemment avec d’autres individus, la libération des contraintes sur l’emploi entraînent directement une amélioration des conditions de l’employé, de l’employeur et de l’emploi en général. Ce ne sont pas de nouvelles contraintes, de nouvelles taxes ni même de nouvelles incitations financières ou comptables qui ont permis ces créations d’emploi, mais le simple retour à la liberté d’ouvrir ou non son magasin le dimanche.

La seconde, c’est que, contrairement aux idées toutes faites il y a plusieurs dizaines d’années dans la tête de certains et maintenant enkystées là, lorsqu’on laisse les gens à leur responsabilité et à leur liberté, ils savent assez bien ce qui est bon pour eux ou pas. Ceci explique très bien pourquoi de nombreux employés se sont précipités pour travailler ce jour-là, en dépit de toutes les calembredaines pénibles qu’on nous a ressassées pendant des années, visant à prouver que le travail dominical signerait évidemment la fin de la famille, l’exploitation des plus pauvres, la misère pour tous et la fin du petit cheval (au minimum).

Enfin, la dernière mais qu’on ne peut guère passer sous silence, c’est qu’encore une fois, la presse française ne fait guère son travail. Si quelques organes économiques spécialisés évoquent la question, les autres n’en ont pour ainsi dire pas parlé du tout. Peut-être ne souhaitent-ils pas effaroucher leur lecteur avec des nouvelles encourageantes qui montrent pourtant clairement la direction à prendre ? Peut-être ces organes ont-ils peur, ou trop peu envie, de répandre cette idée séditieuse que la liberté permet de retrouver du pouvoir d’achat, des marges de manœuvres, de l’attractivité touristique ou même – soyons fous – une part de bonheur ?

On m’objectera certainement qu’il est encore trop tôt pour tirer de grandes conclusions de ces timides ouvertures. J’objecterai à mon tour qu’au contraire, c’est le moment où jamais de tirer ces conclusions et de les appliquer enfin ! Qu’est-ce qui pourrait se passer de pire, dans un pays avec 3 (5 ?) millions de chômeurs, des entreprises qui ferment, des patrons qui cherchent à échapper enfin aux carcans administratifs, des finances publiques en berne et des touristes qui commencent à trouver le temps long chez nous ?

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Source : http://h16free.com/2017/06/14/58492-travailler-le-dimanche-cest-permis-ca-rapporte-et-ca-cree-de-lemploi