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Dépense publique en France : vers l’infini et au-delà !

vendredi 22 décembre 2017 à 09:00

La fin de l’année approche à petits pas serrés. Les fêtes, les retrouvailles familiales et les vœux sirupeux du Président de la République tomberont à point nommé pour nous faire oublier nos petits tracas quotidiens. D’autant que les bonnes nouvelles s’empilent actuellement à un rythme soutenu.

On apprend avec une joie non feinte que beaucoup de Français ne seront pas au chômage cette année et les années prochaines.

En effet, la Fonction Publique recrute. Encore et toujours plus.

De façon vraiment réjouissante, il semble en effet admis que toutes les coupes budgétaires qui se sont succédé ces dernières années (mais si, puisqu’on vous le dit), que la tempête d’austérité de force 9 qui a sévi sur le pays (puisque je vous dis que c’était de l’austérité !) et que les résolutions fermes, déterminées et contrôlées au millimètre de nos politiciens dans le domaine du contrôle de la masse salariale de l’État n’ont pas suffi à désamorcer l’élan pris par les administrations publiques sur les quarante dernières années : propulsées par leur pondéreuse inertie, les voilà qui embauchent 20.400 fonctionnaires de plus en 2016 par rapport à 2015 et ce malgré la diminution (oui, vous avez bien lu) des effectifs dans la fonction publique territoriale de 0.4%.

On comprend aisément que ce petit mouvement de diminution dans la fonction publique territoriale était un geste manqué. Non seulement, la fonction publique d’Etat continue d’embaucher hardiment, mais la fonction publique hospitalière grossit toujours. Sa bonne santé lui permet encore de trouver des forces pour augmenter ses effectifs de 0.2%, même si un petit essoufflement se faire sentir (puisqu’elle était parvenu à grossir de 0.3% l’année précédente).

Autrement dit, le nombre de fonctionnaire augmente toujours. En triturant un peu les chiffres, l’INSEE parvient à trouver des situations où l’augmentation est moins forte qu’ailleurs, mais youpi : une augmentation, même plus faible, reste une augmentation.

Il serait dommage d’approcher de la fin d’année avec une besace trop peu remplie de petits cadeaux.

C’est pour cela qu’une seconde excellente nouvelle sera ajoutée à ce billet : non, en France, tout le monde n’est pas payé avec un lance-pierre. Et sans prendre le cas, très particulier, de nos députés condamnés aux coquillettes-beurre par suite d’indemnités trop rikikis, il reste encore heureusement dans ce pays de vraies solutions pour un salaire dodu, par exemple en étant haut fonctionnaire pour Bercy.

Ce que dénonce la Cour des Comptes — de façon bien pusillanime alors que les fêtes approchent, n’est-ce pas — en notant que certains émoluments ont un « niveau élevé et difficile à justifier ». S’y ajoutent aussi quelques irrégularités qui vaudraient certainement de solides contrôles fiscaux aux entreprises privées qui les appliqueraient mais qui se termineront en chanson (car nous sommes en France, nous sommes au Ministère des Finances et nous sommes opulents et compréhensifs).

Bien évidemment, entre ces emplois publics qu’il faut bien payer d’une façon ou d’une autre, ces salaires de hauts fonctionnaires qu’il faut bien abonder d’une façon ou d’une autre, et ces dépenses parfois quelque peu fastueuses de certains politiciens qu’il faudra bien éponger d’une façon ou d’une autre, la France, généreuse et pas trop bégueule, a choisi d’appliquer une méthode simple composée de deux volets.

Le premier consistera à accroître la dette. Les générations futures, de toutes façons rôties par le réchauffement climatique, seront aussi étouffées par la dette que nos dirigeants leur accumulent gentiment sur le dos depuis des décennies. Ce n’est pas si fréquent que toute une génération dispose du choix de son suicide : écologique ou financier. Compte-tenu de la direction prise, le cumul semble probable.

Le second est toujours efficace et puisqu’on tape sur les enfants, tapons aussi sur les parents pour faire bonne mesure : les impôts seront mis à contribution.

Eh oui : alors que la masse salariale de l’État devient obèse, que le nombre de fonctionnaires augmente gaillardement, tout indique que, pour 2018 – joie, bonheur et CD de Jul coincé en boucle – les ménages vont voir leurs impôts et taxes augmenter encore un peu ! Selon l’Insee (le même organisme qui a découvert plein de nouveaux fonctionnaires embauchés en 2016), les Français paieront au moins 4,5 milliards d’euros en plus en 2018.

Rassurez-vous : l’égalité devant l’impôt imposera que ces augmentations ne porteront que sur une petite partie des Français, ceux qu’il conviendra de faire fuir avec tact pour assurer aux générations futures un avenir particulièrement croustillant.

Je résume.

D’un côté, un État qui grossit, inexorablement.

De l’autre, des impôts qui s’insinuent partout.

Coïncidence ?

Mais bien sûr que oui !

Tout le monde sait que pour les emplois des uns et des autres dans la fonction publique, pour tous ces salaires confortables, l’argent provient directement d’un chaudron que le gouvernement a trouvé au pied d’un arc-en-ciel et qu’il a du arracher aux leprechauns qui le protégeaient vaillamment : Emmanuel Macron, solidement harnaché sur sa licorne de combat, est allé repousser les méchants lutins qui tentaient de le tenir à l’écart de la grosse marmite remplie d’or. Après quoi, triomphant, il est allé porter le butin dans les coffres du pays et s’est empressé d’en reverser une partie au bon peuple reconnaissant.

L’année 2018 s’annonce déjà formidable : grâce à son charisme dévastateur, notre président à déjà repéré une grotte qui contient mille et un trésors et dont il connaît l’incantation magique nécessaire à son ouverture. D’un ferme « Sésame, ouvre-toi », il saura s’accaparer de nouvelles richesses qui, soyez en sûrs, iront bénéficier à tous en République du Bisounoursland et permettront aussi de mettre du baume sur les fiches de paie des hauts-fonctionnaires, embaucher de nouvelles forces vives dans nos institutions les plus indispensables, et surtout éviter tout alourdissement des taxes et ponctions que le bon peuple subit.

Vous verrez : tout va très bien se passer.

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Source : http://h16free.com/2017/12/22/59933-depense-publique-en-france-vers-linfini-et-au-dela


Bruno Le Maire en lutte contre les méchants intertubes

mercredi 20 décembre 2017 à 09:00

Pour le moment, Bruno Le Maire est officiellement Ministre de l’Économie et des Finances. Et pour le moment, il faut bien l’occuper. L’actualité, heureusement, lui offre quelques sujets à la fois simples et consensuels qui lui permettront d’éviter la gamelle retentissante que fut sa gestion de la problématique Taxe sur les dividendes et dont le feuilleton n’a pas fini de nous coûter cher.

Enfin, quand je dis « simples et consensuels », c’est bien évidemment sans compter sur la capacité assez stupéfiante qu’ont beaucoup d’Énarques de ce pays de transformer avec habileté tout ce qu’ils touchent en cirque dispendieux à l’issue contraire à celle espérée. Si l’on y ajoute au contexte une bonne dose de technologies que, généralement, les politiciens du cru ne maîtrisent pas du tout, cela nous offre d’excellentes occasions d’illustrer l’adage « l’erreur est humaine, mais pour une bonne catastrophe, il nous faut un énarque » qu’ont amplement démontré de fins stratèges comme Ségolène Royal, François Hollande ou tant d’autres avant eux.

C’est muni de ce préambule rassurant qu’on peut à présent étudier la dernière lubie en date du ministre : prétextant les pratiques abusives d’Amazon, Bruno Le Maire a courageusement décidé d’attaquer en justice le géant de la distribution et de lui réclamer une solide amende de 10 millions d’euros.

On comprendra que l’angle d’attaque change en fonction des besoins et de la capacité des hommes de l’État à ponctionner des sommes plus ou moins rocambolesques sur le dos de commerçants, mais l’idée est actuellement la suivante : en scrutant les différentes clauses qu’imposent les plates-formes internet à leurs partenaires, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a estimé qu’Amazon abusait largement de sa position dominante. La liste des griefs est longue et absolument édifiante puisqu’elle montre qu’Amazon est absolument sans pitié pour les vendeurs qui voudraient profiter de sa vitrine et du nombre de clients qui passe devant elle.

Ainsi, la DGCCRF a noté qu’Amazon pouvait changer ses contrats en imposant, du jour au lendemain, des délais de livraison plus courts. Les pauvres commerçants, pressurés et le flingue d’Amazon sur leur tempe, n’ont d’autre choix que d’accepter ces changements de règle inopinés.

Tout comme il leur est absolument impossible de se passer de cette plate-forme qui leur impose des vérifications administratives à n’en plus finir (à tel point qu’on dirait l’une ou l’autre bureaucratie française, à la différence qu’on ne peut absolument pas se passer d’Amazon là où, les contraintes imposées par les administrations françaises sont heureusement tout à fait facultatives).

Pire encore : Amazon entend contrôler la qualité du service rendu par ses contractants, et peut ainsi révoquer ad nutum un contrat avec un fournisseur qui n’aurait pas été à la hauteur. C’est parfaitement scandaleux dans un pays qui s’est toujours accommodé des petites approximations d’un service définitivement latin et dont l’aspect humain prime avant tout, erreurs et rigolades au détriment du client comprises.

Mais on le comprend : de nos jours, il est absolument impossible de se passer d’Amazon. Il est tout aussi impossible de respecter les contrats que cette société fait signer à nos petits commerçants qui sont évidemment exploités par l’hydre américaine turbo-capitaliste. Il faut donc agir, en justice de préférence et par la voie de l’État dont on connaît l’historique impeccable en matière de résolution de conflits et d’amélioration des situations conflictuelles tendues. En outre, les exploits personnels de Bruno Le Maire incitent à une grande confiance dans l’issue de cette plainte et des suites qui lui seront données.

Pas de doute, ça va roxxer. Merci Bruno.

On le voit, le présent est rassuré. Mais le futur reste à bâtir et pour aplanir les difficultés, Bruno a déjà retroussé ses manches et ça va roxxer encore plus fort.

Bruno est sur sa lancée, il est focalisé, il est dans le flow, il est chaud patate : les intertubes, ça le connaît ! Il maîtrise totalement le web et les lolcats n’ont aucun secret pour lui. Impossible de s’arrêter en si bon chemin alors qu’un nouveau domaine en friche n’attend que son intervention salvatrice et que le monde entier est là, les yeux rivés sur sa performance ! Et quoi de mieux, pour un ministre de l’Économie et des Finances, que s’attaquer à ces nouvelles cryptobidules aux usages sulfureux qui ne font rien qu’à venir narguer les États et tenter de leur soustraire de la bouche le pain gratuit des autres ?

C’est décidé, Bruno part au créneau : alors qu’Amazon titube déjà sous les coups de boutoir de ses amendes, le ministre entre ouvertement en guerre contre le Bitcoin et, son regard bleu acier rivé sur l’horizon qu’il sait déjà rempli de régulations strictes pour les cryptomonnaies et de barbelés aiguisés pour ceux qui s’en servent, a ainsi déclaré :

« Je vais proposer (… qu’à) l’occasion du sommet du G20 en avril nous ayons une discussion tous ensemble sur cette question du bitcoin, sur l’évaluation des risques et sur les possibilités de régulation du bitcoin »

Fini de rire pour le Bitcoin : Bruno est dans la place ! Il faut en finir avec ce Far-West terrible où des gens utilisent sans la moindre réglementation tatillonne cet argent numérique au passé trouble et aux usages interlopes et peuvent ainsi déplacer librement leurs capitaux d’un point à l’autre du globe sans que TRACFIN, Bercy et ses services en soient informés ! Il ne faut surtout pas que les petits contribuables du cru puissent s’échapper du paradis fiscal français.

Et puis aussi, oups, j’allais oublier, tout ceci est pour « garantir la sécurité aux épargnants », bien sûr. Car l’épargnant est un petit mammifère fragile et généralement très bête qui met son argent dans des banques accréditées par l’État (quel génie !), qui achète un peu trop facilement des bons d’Etat (s’il savait !) et qui va même parfois jusqu’à mentir qu’il est fier de payer des impôts (oui, oui, à ce point). Nul doute, dès lors, qu’il faille absolument encadrer ses achats compulsifs de ces cryptomonnaies subversives.

Voilà. C’est dit. Le « comment » reste à trouver mais on sait déjà qu’il y aura force amendes, pléthore redressements et moult lois pour encadrer tout ça, à commencer par les plates-formes d’échange entre les monnaies fiat (estampillées belles & bonnes par l’État et le brave Bruno) et les cryptomonnaies du diable infiscalisable : fini l’anonymat des transactions (qui n’a jamais existé), bonjour l’obligation d’identification des clients sur ces plates-formes (qui a toujours existé) ! Vite, empressons-nous d’imposer ce qui existe déjà et de mettre fin à ce qui n’existe pas !

Et de toute façon, Bruno sait qu’il a le temps de légiférer et d’imposer ses petites lois bien avant qu’apparaissent des plates-formes décentralisées, directement en pair-à-pair et sans point central sur lequel faire pression. Ce n’est pas comme si Bisq, Shapeshift, Decentrex, Bitshares, Counterparty, Openledger et quelques autres n’existaient pas déjà ! Bruno sait que son agitation servira le Bien et le Beau, que l’État sortira gagnant de cette lutte nécessaire, et que la France y gagnera forcément de nouveaux galons.

Le travail est lancé. Tel le laboureur à pied traçant un sillon de plus en plus profond dans une glaise très meuble, Bruno Le Maire pousse sur le soc d’une charrue législative qui enfoncera la France bien au-delà de ses bottes dans le sol d’une réalité gluante : à force de cogner comme un sourd sur Amazon ou les autres sociétés que l’élite française à jugées trop turbocapitalistes pour être laissées tranquilles, à force de légiférer partout, tout le temps en prétendant toujours protéger ceux qui n’en demandent pas tant, le message finira par passer : ne vous installez plus en France. Si vous y êtes, partez. On ne veut plus de vos innovations, de vos inventions, de vos progrès technologiques. Vous embarrassez nos élites avec vos machins disruptifs. Les intertubes, c’est pénible.

Partez. Ouste.

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Source : http://h16free.com/2017/12/20/59911-bruno-le-maire-en-lutte-contre-les-mechants-intertubes


Neutralité du net, le faux principe fondateur

lundi 18 décembre 2017 à 09:00

Article écrit par h16 et Philippe Lacoude

L’abominable Trump, ce président devenu si facile à haïr, a encore frappé : jeudi dernier, il a laissé la Federal Communication Commission (FCC), l’organisme chargé de réguler les télécommunications des émissions de radio, télévision et Internet, se débarrasser d’une loi commodément appelée « Neutralité du Net ». Immédiatement, la consternation et un terrible syndrome de yeux humides se sont répandus sur toute la planète, à commencer par les médias les plus engagés.

Ah, la « neutralité du net » ! Que n’a-t-on écrit sur ce sujet !

L’idée, en substance et comme je l’ai déjà plusieurs fois exposé ici ou , c’est ce concept selon lequel chaque utilisateur a le droit d’avoir accès à un internet dont le contenu n’est pas filtré en fonction de son fournisseur d’accès, son appareil ou son prestataire de service, et que si un méchant constructeur, un vilain prestataire de service ou un maudit fournisseur venaient à filtrer le net pour ne laisser passer, par exemple, que les octets fraise et pas les octets vanille, la Neutralité du Net arriverait séant et déclarerait : « Nan, c’est mal, car vous avez le Drwâ à un Internet Non Filtré ».

D’ailleurs, c’est tellement un droit que, depuis 2015, grâce à une petite régulation de la FCC d’à peine plus de 300 pages, tout prestataire de télécommunication qui fait transiter ces petits paquets tous égaux n’a plus le droit de les trier en fonction de la source, de la destination ou (surtout) du contenu de ces paquets. Il est désormais interdit aux fournisseurs d’accès de bloquer arbitrairement des contenus légaux et surtout, surtout, de ralentir ou d’accélérer les flux de données sans justification ou de prioriser certains contenus transitant par leur réseau moyennant paiement.

Malheureusement et comme je l’exposais en introduction, la FCC a choisi de faire sauter cette loi et d’envoyer au broyeur les 300 pages délicatement tricotées par des douzaines de juristes chevronnés dans leur sabir si onctueusement pratique pour camoufler les intérêts particuliers, le capitalisme de connivence et les effets de bords imprévisibles.

Il va de soi, c’est évident, c’est sûr qu’à présent, l’Internet ne sera plus jamais le même ! La neutralité ayant été retirée, les fournisseurs vont maintenant donner libre cours à leurs plus bas instincts, lâcher les chiens du capitalisme sauvage sur les petits chatons mignons de l’internet libre et s’en serra terminé des petits sites artisanaux, des blogs engagés, des vidéos d’amateurs et de la liberté d’expression !

Rassurez-vous, cette hécatombe prévisible de petits chatons cyber-neutres ne restera pas sans réponse. Tout ce que l’internet contient de petits soldats de la liberté d’expression s’est levé comme un seul homme et, de blog en média conscientisé, relaie immédiatement son courroux et son indignation, « no pasaran » et tout ça. Ce qui donne inévitablement lieu à quelques articles consternant comme ceux du Monde par exemple, qui débitent âneries sur âneries comme d’autres de la saucisse industrielle.

Il faut dire qu’il y a tous les ingrédients pour que les éternels écorchés du capitalisme se dressent d’un coup et partent sur leurs petits poneys de bataille, à l’assaut de la méchanceté et de l’injustice qui se niche décidément partout dans ce monde : tout le monde sait que les intertubes doivent être neutres, dès le départ ! Tout le monde sait que c’est grâce aux gouvernements et à des législations finement étudiées que tout s’est bien passé jusqu’à présent ! Tout le monde sait que si on laisse les opérateurs libres de faire ce qu’ils veulent, ce sera la loi du plus fort (i.e. de la jungle, avec du renard libre dans un poulailler libre) et que les petits internautes n’auront plus accès à tout internet, que les petits sites seront inaccessibles et que tout ira forcément très mal.

Tout le monde sait aussi que si des grandes entreprises comme Facebook, Google, Netflix et Youtube (avec ses 54% de bande passante à eux deux) et tant d’autres ont pris vocalement position en faveur de cette neutralité du net, c’est que c’est forcément pour l’intérêt des petits internautes, n’est-ce pas ! Forcément.

Et ce, même si Facebook a eu (par un passé récent que nos fiers soldats de la neutralité ont totalement oublié) une attitude équivoque à ce sujet.

Et ce, même si les études économiques montrent que les investissements ont ralenti (3.6 milliards de dollars en moins en 2016, par exemple) à la suite du passage de la « neutralité du net » en 2015.

Il est vrai qu’un fournisseur d’accès pourrait se demander pourquoi innover s’il lui est impossible de différentier son offre et de s’adapter à l’utilisation de sa bande passante. Mais les soldats de l’internet neutre n’ont que faire des études économiques puisqu’il s’agit d’une question de principes : internet doit être neutre, c’est comme ça, même que d’abord, c’est « un principe fondateur » comme le pérore Le Monde niaisement, et ce, même si cette notion n’existait pas avant 2015 et que ça marchait quand même très bien.

Parce qu’en fait de principe fondateur du Net, cette loi était surtout le résultat d’une nouvelle connivence capitalistique entre le gouvernement fédéral américain et de gros fournisseurs de contenu (voyons, voyons, qui cela peut-il bien être ?) qui n’entendent pas trop se retrouver coincés dans des accords de peering coûteux avec … des gros fournisseurs de tuyaux, généralement eux aussi en situation de monopole de droit (grâce à de précédentes louchées législatives).

Vous commencez à comprendre le tableau ?

Eh oui : un matin de février 2015, l’administration Obama s’est réveillée avec la grande frousse de voir Comcast (un des principaux ISP américains) donner la priorité à certains paquets plutôt qu’à d’autres. Ce n’était pas le cas, mais… on ne sait jamais et il ne faut jamais laisser passer l’occasion d’une belle régulation. Tous les paquets devinrent égaux de naissance.

C’est bien sûr une idée idiote, d’abord parce que les fournisseurs ne le faisaient pas en 2014 et ensuite parce que si l’un d’entre eux le fait, le risque est grand de voir le consommateur aller chez son concurrent.

Et lorsque le concurrent n’existe pas, n’est-il pas plus pressant de comprendre pourquoi et d’y remédier plutôt qu’imposer des contraintes supplémentaires qui aboutissent à la situation actuelle ? (D’autant plus qu’aux États-Unis, un monopole n’est pas du ressort de la FCC, mais de la FTC, la Federal Trade Commission.)

Car après tout, dès que l’offre peut être diversifiée, des concurrents au statu quo apparaissent : en l’occurrence, il n’y a pas un moyen unique d’amener l’Internet à un client. On peut passer par autre chose que le câble… Fibre, 5G, réseaux existants (téléphone et électriques), satellite, radio en ligne de vue, … Rien n’empêche de dégrouper le câble…

En pratique, les règles de « neutralité du net » permettaient surtout de ne pas innover et les faire tomber permet de revenir aux bons vieux jours où les fournisseurs d’Internet avaient aussi leur portails web et offraient quelques services dont les geeks ne se servaient pas mais qui étaient le produit le plus utilisé par le consommateur moyen.

Bref, imposer la neutralité du net, c’était surtout se tromper d’interlocuteur et résoudre un non-problème sans résoudre celui qui existait vraiment : corriger des monopoles locaux – garantis par une loi locale – par une réglementation nationale qui bride l’investissement est économiquement parfaitement idiot. Mais bon : comme ce fut poussé par l’administration Obama, c’était forcément très bien.

La solution est bien évidemment de supprimer la réglementation nationale et la réglementation locale. La nationale vient donc de sauter, les États et les communes (ainsi que les petits soldats neutres) doivent à présent s’occuper de la locale…

En outre, il y a du favoritisme qui est bon pour le consommateur. Par exemple, pourquoi les paquets de peer-to-peer devraient avoir la même priorité que les paquets de jeux vidéos ? Pourquoi ne pas offrir au consommateur cette possibilité de prioriser ses paquets ? Un gamer trouvera plus intéressant que ses paquets UDP soient bien mieux routés que les paquets TCP pour du HTML ou du Youtube dont il n’a pas usage le plus fréquent. Du reste, cette qualité de service et le « traffic shaping » existent depuis des lustres et la « neutralité » n’y a rien changé.

Mieux : pourquoi demander à un internaute pauvre de payer finalement le même forfait qu’un riche alors qu’en segmentant, il pourrait économiser et ne payer que ce dont il a vraiment besoin ? Pourquoi, en somme, faire payer aux pauvres l’internet dont les riches ont envie ?

Encore une fois, derrière de belles paroles, de beaux principes (pas franchement « fondateurs » mais très « vendeurs ») et de belles intentions, on a créé un fantasme, celui d’un internet où tout le monde aurait accès à tout de façon indifférenciée et sans que les coûts réels ne soient effectivement supportés par ceux qui les engendrent en premier lieu. Ce type de paradigme, où tout le monde bénéficie d’un service qui n’est jamais payé par ceux qui l’utilisent vraiment, a un nom : le collectivisme.

Et comme tout collectivisme, il est destiné à l’échec.

Internet n’a jamais été un paradis collectiviste mais bien une construction produite par le marché libre. La bande passante, ça se paye et si, actuellement, de grosses entreprises milliardaires et gourmandes en bande passante ou en infrastructure réseau sont pour cette neutralité du net, c’est que le capitalisme de connivence est déjà là.

Corporatisme

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Source : http://h16free.com/2017/12/18/59880-neutralite-du-net-le-faux-principe-fondateur


[Redite] Abaissement des vitesses routières : parce que l’automobiliste est un délinquant qui s’ignore

dimanche 17 décembre 2017 à 11:00

Article initialement paru le 10.12.2014

Il y a trois ans, on en parlait déjà : et si on abaissait la vitesse maximale sur les routes de France ? Depuis, le sujet a progressé et finira bien par s’imposer à tous, d’une façon ou d’une autre, soit par la loi, soit par la faillite complète de ce pays qui obligera les citoyens à se déplacer exclusivement à pied, posséder une voiture ou de l’essence devenant un luxe inabordable…

En Socialie française, la marche vers le progrès est parfois malaisée, mais elle n’en persiste pas moins. Et comme le progrès implique que tout le monde arrive à bon port sans la moindre égratignure, épargné par tous les bobos de la vie, y compris et surtout ceux qui lui donnent son intérêt, on évitera donc de s’y précipiter. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de réduire les vitesses maximum autorisées sur le réseau secondaire.

Oh, pour le moment, il s’agit simplement, comme l’explique le Ministère, d’un test, limité à quelques routes et puis c’est tout. Bernard Cazeneuve, le chips mou qui sert de prétexte au maroquin de l’Intérieur, l’a confirmé mercredi dernier. C’est important pour lui, cette notion de test, parce que cette mesure est très impopulaire même si des « experts » (toujours les mêmes) prétendent qu’une telle réduction permettrait d’épargner de 350 à 400 vies par an.

En effet, Hollande s’est trompé de courbe puisque la seule à s’être inversée récemment est celle de la baisse de la mortalité routière. Ceci a entraîné une augmentation assez sensible de la pression des pouvoirs publics sur les routes de France, pression largement entretenue par les habituels lobbies d’acharnement anti-automobilistes au premier rang desquels on trouve une Sécurité Routière pour laquelle tant qu’un véhicule roule, un danger existe.

La lutte contre le conducteur automobile continue donc, sans relâche. Et pendant qu’on continuera à l’espionner, le traquer, en mesurer la vitesse et le nombre de points sur son permis, on en profitera aussi pour le poursuivre de taxations et de malus à l’achat pour avoir eu l’impudence de choisir un véhicule diesel, sachant que le véhicule essence sera, lui, tabassé de ponctions au moment du passage à la pompe. L’interdiction du diesel est pour bientôt.

Moyennant quoi, l’ex-automobiliste, échappant à l’opprobre et à la ruine que constitue une voiture (hideux engin d’individualisme pollueur !), pourra se jeter joyeusement sur les vélos que les municipalités lui mettront à disposition, pour profiter de l’affabilité des agents de police locaux qui lui remonteront les bretelles et lui grignoteront le portefeuille par le truchement d’amendes spéciales, amplement méritées pour avoir voulu, encore une fois, se rendre du point A au point B en toute indépendance.

Voyons le bon côté des choses : la marche vers le progrès, déjà fort chaotique, se fera dorénavant sur des vélos, non polluants, ultimement respectueux des codes routiers qu’il sera d’autant plus facile à honorer qu’il n’y aura plus de voitures.

cat deal with it

Tout ceci est bel et bon, et on voit d’emblée qu’une fois le diesel interdit, les routes limitées à 0 km/h (seule limitation en mesure de garantir que plus personne ne mourra par la vitesse en voiture) et les vélos apprivoisés, le monde en sera plus calme, plus serein et plus apte à fournir cette sécurité qui semble tant manquer à cette frange de la population qui a décidé pour tous ce qui est bon pour nous.

Pourtant, comme le rappelle un récent article paru sur Contrepoints, d’autres pays ont déjà testé des mesures sensiblement différentes. Ainsi, l’Angleterre et l’Allemagne, dont les vitesses maximales autorisées sur l’infrastructure routière secondaire sont supérieures à 80 km/h (60 mph pour l’Angleterre, et 100 km/h pour l’Allemagne), montrent tous les jours qu’une vitesse supérieure n’est pas synonyme d’accidents plus nombreux (d’ailleurs, en Allemagne, 66% du réseau autoroutier est sans limite de vitesse). Ainsi, le Danemark a choisi d’augmenter la limitation de vitesse sur son réseau principal sans pour autant constater un désastre humain. Du contraire, même : ce pays a divisé par deux la mortalité de ses routes.

Pourtant, à part cogner sur l’automobiliste en le pourchassant avec des radars, des forces de l’ordre certainement plus utiles ailleurs, et des ponctions qui abondent au tonneau public des Danaïdes, il existe probablement d’autres méthodes, d’autres solutions pour obtenir le résultat affiché officiellement. Tiens, par exemple, et si on faisait un peu confiance aux conducteurs pour se responsabiliser, une fois de temps en temps ?

no-way

Bien sûr, il semble absolument évident que sans bornes, sans limites, sans signalisation pléthorique, sans interdictions multiples et décrites dans d’épais textes de loi, chaque individu, mis au volant d’une voiture ou à bord de son vélib bi-turbo jantes alliage, va immédiatement se transformer en monstre homicide aux instincts psychopathologiques débridés ! C’est d’ailleurs ce qui s’est passé dans certaines villes (comme ici, aux Pays-Bas) où on a choisi d’abolir la signalisation routière et où le massacre routier a pris des proportions inouïes. Ou encore, dans les pays où, précisément, on n’a pas trop les moyens de dilapider de l’argent public en infrastructure de signalisation coûteuse et où les conducteurs sont livrés à eux-mêmes pour décider de la marche à suivre et de la sécurité à respecter. Et là, c’est le drame (évidemment !) …

En outre, on ne peut pas s’empêcher de penser que l’infrastructure elle-même, soigneusement mise à l’écart de toute discussion de fond concernant la sécurité routière, a tout de même un petit rôle à jouer. Comment ne pas constater que nombre de passages à niveau sont encore mal ou peu protégés en France et qu’ils sont la cause d’accidents fréquents, souvent mortels ? On n’entend pas trop la Sécurité Routière se plaindre de la vitesse des trains qui viennent pourtant méchamment heurter les cyclistes, voitures et autres camions coincés à ces points noirs… Et puis tant qu’on y pense, difficile de ne pas noter que la mortalité au kilomètre parcouru est bien inférieure sur les infrastructures autoroutières que sur les autres, ce qui montre de façon pourtant limpide que la vitesse n’est pas le facteur principal dans la mortalité routière.

À tout prendre, la baisse de vitesse sur l’infrastructure à dépendance de l’État aurait tendance à indiquer surtout que ce dernier n’ose plus laisser les gens rouler à une vitesse normale, celle observée dans les autres pays en tout cas, car il n’aurait plus confiance dans son infrastructure. Et comme c’est à lui que revient la responsabilité de l’entretenir, on peut supposer sans mal qu’elle se dégrade suffisamment pour qu’il ait trouvé cette solution, assez médiocre, pour contourner le problème : grâce à l’application de la sécurité routière, pouf, c’est magique, on roulera moins vite sur une infrastructure dégradée qu’on pourra conserver en état médiocre plus longtemps.

Bonus non négligeable : les amendes ainsi provoquées par les abaissements ridicules de vitesse permettront de renflouer un peu les caisses de l’État, et de faire pourchasser les affreux délinquants routiers par une police et une gendarmerie qui n’a pas prouvé toute son efficacité au contact d’autres types de gentils délinquants (très jeunes et/ou turbo-récidivistes).

Efficacité avant tout !

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Source : http://h16free.com/2017/12/17/59900-redite-abaissement-des-vitesses-routieres-parce-que-lautomobiliste-est-un-delinquant-qui-signore


Parlons climat : (III) Pognon, GIEC et Politiques publiques

vendredi 15 décembre 2017 à 09:00

Article écrit en commun par Nathalie MP et h16

C’est officiel et c’est merveilleux : depuis le début de la semaine, Paris est la capitale mondiale de la conscience climatique, Nicolas Hulot en est le chevalier vert et le pétulant Macron est le nouveau sauveur du monde.

« La planète brûle toujours » confiait avec sa prudence légendaire Laurent Fabius au Figaro, en concédant toutefois que « nous ne regardons plus ailleurs » et qu’il ne reste donc plus qu’une chose à faire : trouver de l’argent, beaucoup d’argent, des masses énormes d’argent, des centaines de piscines olympiques remplies d’argent frais pour accélérer vigoureusement notre entrée dans un monde d’autant moins chaud plus cool qu’il sera furieusement décarboné.

Oui, la planète brûle, c’est horrible et vous le savez car vous avez lu nos deux articles précédents (I & II) qui montrent le réchauffement colossal de la planète (une augmentation titanesque de 0,6° C au XXème siècle suivie d’une très violente stabilité depuis). Le coupable est sans aucun doute possible le CO2 dont la teneur dans l’atmosphère a vertigineusement augmenté de 0,032 % à 0,04 % entre 1960 et aujourd’hui.

Oui, la planète brûle et il nous faut donc agir : les conséquences matérielles et humaines de ce réchauffement climatique anthropique (RCA) sont déjà désastreuses (par exemple, il y avait plus de 5.000 ours polaires en 1960 alors qu’ils ne sont plus que 25.000 aujourd’hui). Mais surtout, si le pire n’est pas certain, il n’en reste pas moins « devant nous » et quoi qu’on fasse, « on n’en fera jamais assez » – dixit Nicolas Hulot.

Oui, la planète brûle et Emmanuel Macron est formel :

« Si on décide de ne pas agir et de ne pas changer la manière dont nous produisons, dont nous investissons, dont nous nous comportons, nous serons responsables de milliards de victimes. » (CBS, 12 décembre 2017)

Des miyards, qu’on vous dit ! … De dollars, surtout, que nos réchauffistes entendent bien s’accaparer.

C’est pour cela que Macron et Hulot ont convoqué coup sur coup le « Climate Finance Day » et le « One Planet Summit » de lundi 11 et mardi 12 décembre dernier : les Etats-Unis partis avec leurs milliards, Macron se retrouve dans la soutane de Grand Sauveur de la planète aux poches percées et sans le moindre sou d’avance.

Il faut donc trouver des financements, ajuster les impôts, « impliquer » le secteur privé, bref, inciter la finance mondiale à « penser printemps » et petites feuilles vertes jusqu’au bout ; c’est pour la bonne cause.

Pour rappel, l’Accord de Paris signé lors de la COP21 de décembre 2015 prévoyait de la part des pays riches une enveloppe « plancher » (mais dodue) de 100 milliards de dollars par an afin d’aider les pays pauvres à financer leur transition énergétique… Sachant qu’on est encore très loin du compte et que cette somme ne couvre même pas la transition énergétique des pays riches.

Billancourt, qui hébergeait jadis Renault et accueille ce « One Planet Summit », frise encore une fois le désespoir aux fers chauds : Armelle Le Comte, responsable Énergie & climat d’Oxfam France, sanglote déjà sur ces deux climathons aux résultats concrets décevants : pas de volonté politique, trop d’opérations existantes rhabillées en vert, absence de vexations fiscales et réglementaires écologiques et surtout, pas de mention de la taxe européenne sur les opérations financières alors que Macron s’était engagé à la relancer.

C’est mou, tout ça.

Non, ce qu’il faudrait, c’est du costaud, du solide, du massif, du brut d’impression comme l’explique Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence française de développement, tout à fait à l’aise :

Il faudrait « 6.000 milliards de dollars par an, pour les investissements dans les infrastructures vertes, dont 4.000 milliards pour les pays du Sud. »

Mille milliards de mille millions de mille dollars, voilà qui est parler : pourquoi cramer 100 gros milliards là où 6000 petits milliards pourraient suffire ? Après tout, ce n’est que 8% du PIB mondial (77.000 milliards en 2016) ! Au diable l’avarice ! Tavernier, servez-nous à nouveau de votre délicieux caviar, c’est le contribuable qui régale !

Devant de tels chiffres, un peu de recul s’impose. Recul d’autant plus important que les données sur le climat incitent à la prudence et que le GIEC, l’organisme à l’origine de ces données, est loin d’être aussi scientifique qu’on nous le serine. Sa fondation fut d’ailleurs motivée bien plus par la politique que par la science.

C’est pourtant sur sa recommandation de limiter le RCA à 2° C — voire 1,5 ° C — par rapport à l’ère préindustrielle que repose toute l’hystérie climatique actuelle avec pour conséquence la définition de politiques aussi coûteuses que leur rationalité est douteuse.

Le GIEC, ou « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat », a été fondé conjointement par l’ONU et l’OMM (Organisation météorologique mondiale) en 1988. Avec de tels parents, on pouvait espérer un enfant timide mais scientifique. Il n’en fut rien : émanation d’Etats en lieu et place d’entités scientifiques indépendantes, le pauvre animal souffre d’une malformation congénitale dès le départ de sa mission qui sera d’étudier les conséquences du RCA alors posé comme vérité irréfutable (la formulation a changé depuis) :

« Le GIEC a pour mission d’évaluer […] les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. »

En 1988, Michael E. Mann n’avait pas encore sorti sa courbe en crosse de hockey controversée qui servira de base (erronée) à l’alarmisme climatique, mais les opinions publiques des pays occidentaux avaient été sensibilisées dès 1972 aux enjeux écologiques tels que pollution et épuisement des ressources par le rapport du Club de Rome et la Conférence de Stockholm.

Dans ce contexte, Margaret Thatcher trouva dans la thèse du RCA un argument supplémentaire de poids pour démanteler les charbonnages britanniques non rentables, briser les syndicats de mineurs qui s’opposaient à leur fermeture et pousser l’énergie nucléaire.

La création du GIEC puis ses recommandations bénéficièrent alors de son soutien parfaitement calculé et très politicien. De formation scientifique elle-même, elle n’hésita pourtant pas à inciter la Royal Society (Académie des Sciences britannique) à trouver une relation entre les températures et le CO2 et à balayer les incertitudes scientifiques qui apparaissaient :

« Nous ne comprenons pas encore complètement les gaz à effet de serre ni comment ils vont opérer, mais nous savons qu’il est de notre devoir d’agir. » (1988)

« Nous devons appliquer le principe de précaution au niveau international […] et ne pas perdre du temps et de l’énergie à discuter le rapport du GIEC. » (1990)

Ce qui ne l’empêchera pas, au début des années 2000, de se raviser et d’adopter des positions plus réalistes, considérant finalement qu’elle s’était fait avoir par des experts plus pétris de catastrophisme que de science. Néanmoins, la décision de Thatcher lui permit d’effectuer la reconversion britannique en faveur du nucléaire. Choix judicieux puisque c’est une source d’énergie sûre et bon marché qui n’émet ni CO2 ni particules polluantes.

Mais pour les réchauffistes les plus échauffés, ce n’est évidemment pas suffisant : si on parle de transition énergétique, cela implique non seulement de sortir du charbon, du pétrole et du gaz, mais également de sortir du nucléaire.

On se demande si le véritable agenda écologiste n’est pas là.

Ainsi, en Allemagne, on constate aujourd’hui que la montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes (29 % de l’électricité allemande dont 12 % pour l’éolien et 6 % pour le solaire) s’est fait exclusivement au détriment du nucléaire (graphe ci-contre extrait du journal Le Monde). Ce qui impose, comble de l’ironie, d’ouvrir des mines de lignite à ciel ouvert extrêmement polluantes et de faire tourner à plein des centrales à charbon tout aussi polluantes pour couvrir les besoins.

Inutile de dire que dans ces conditions, les émissions de CO2 par habitant sont beaucoup plus élevées en Allemagne qu’en France, tout comme le prix de l’électricité (environ le double pour les deux grandeurs).

La situation électrique française est complètement différente, mais elle est également marquée par la volonté de sortir du nucléaire.

C’est pourtant un secteur qui – répétons-le – n’émet pas de CO2, dans lequel nous avons maintenant une grande expérience et qui représente aujourd’hui environ 72 % de notre production électrique. Si l’on ajoute les 12 % de l’hydraulique, et les 7 % de l’éolien, du solaire et des bioénergies, la France n’est pas loin d’avoir une électricité parfaitement CO2-free (voir graphique ci-dessous).

Las ! Bien que favorable, cette situation ne saurait convenir à nos écologistes les plus conscientisés.

Dans les principes inébranlables de l’écologie de combat, le nucléaire est une abomination qui ne peut recevoir qu’un « Nein, Danke ! » ferme et définitif permettant de mépriser toute analyse comparée des différentes sources d’énergies possibles. Mépris des faits qui sera commode pour Ségolène Royal en 2015 afin de propulser sa loi de transition énergétique ; mépris de la logique ouvertement partagé par le Nicolas Hulot de l’époque ; mépris des conséquences entériné par le frétillant Macron lors de sa campagne électorale qui reprendra telles quelles les lubies de Ségolène visant à faire descendre la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025.

Hélas pour nos trois Pieds Nickelés Ségolène, Nicolas et Emmanuel, cet objectif est totalement irréalisable sans relancer dans le même temps des centrales à charbon et à gaz. La réalité ne peut être méprisée que le temps d’une élection : la mort dans l’âme mais avec un peu plus de logique et de réalisme que nos amis allemands, le gouvernement a donc revu ses plans à la baisse.

À des fins médiatiques et électorales, nos mousquetaires du bricolage énergétique ont tout de même promis de communiquer au plus vite le nombre de centrales nucléaires qui seront fermées et quand. Ce serait vraiment trop dommage de se fâcher avec Greenpeace qui n’hésite même plus à se vautrer dans l’amalgame grossier entre pétrole et nucléaire :

« Ce n’est pas en reculant sur le nucléaire que la lutte contre les dérèglements climatiques s’accélérera. Nicolas Hulot se doit d’être le rempart contre les lobbys du pétrole et du nucléaire. »

Raisonnement sous-jacent : il faut accélérer le démantèlement du nucléaire pour faire enfin monter en puissance l’éolien et le solaire, énergies d’avenir vertes, mignonnes et créatrices d’emploi. En revanche, on n’entend plus personne lorsqu’il s’agit de rappeler que ce sont des énergies lourdement subventionnées, à l’intermittence très mal maîtrisée et incluant des terres rares pas du tout écologiques.

Récapitulons

Oui, il y a bien eu un réchauffement climatique entre 1850 et 2000, suivi d’une pause. La cause mise en avant, les émissions anthropiques de CO2, semble bien fragile sur le plan scientifique tant la science climatique est encore jeune et nous réserve régulièrement des surprises.

Mais admettons.

Cependant, si la chasse à l’affreux dioxyde de C est à ce point importante, pourquoi en veut-on plus à l’énergie nucléaire qu’au charbon ? Et si la lutte contre la pollution est si importante, pourquoi s’en prend-on plus au CO2, qui n’est pas un polluant, qu’aux particules fines et au CO notamment, polluants avérés ?

Quelle belle pelote d’incohérences bien embrouillées ! Dès qu’on en tire un fil, on découvre plus les motivations idéologiques anti-progrès, anti-développement et anti-capitaliste de l’écologie radicale qu’une quelconque démarche scientifique impartiale visant le progrès de l’Homme et de la planète.

Cette pelote d’incohérences sert cependant de support à des politiques publiques extrêmement dispendieuses visant à transformer autoritairement les comportements des gens selon le schéma classique : inciter, taxer, punir.

Les mêmes sommes investies de façon privée, dans un marché libre, concurrentiel et transparent grâce à un système de prix non faussés permettrait l’apparition d’une grande diversité d’acteurs aux centres d’intérêt variés, embrassant un grand nombre de sujets écologiques différents (et pas seulement un petit greenwashing de connivence agréable aux autorités). Cela permettrait en surcroît de trouver l’équilibre énergétique de demain compatible avec le développement humain et la protection de l’environnement.

Les préoccupations écologiques sont entrées dans le quotidien des gens. Il n’y a plus qu’à les laisser faire, tant l’économie est aujourd’hui une écologie.


Articles précédents :
4 décembre 2017 : « Parlons climat : (I) Contexte, températures et gaz carbonique »
11 décembre 2017 : « Parlons climat : (II) Ouragans, océans et ours polaires »


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Source : http://h16free.com/2017/12/15/59863-parlons-climat-iii-pognon-giec-et-politiques-publiques