PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

Mise à jour

Mise à jour de la base de données, veuillez patienter...

Comment débuter dans Bitcoin et les cryptomonnaies

vendredi 26 mai 2017 à 09:00

Il y a tout juste sept ans avait lieu la première transaction du système Bitcoin : deux pizzas larges étaient achetées par Laszlo Hanyecz, un développeur américain, qui dépensait alors 10.000 bitcoins pour obtenir les précieuses denrées. Précieuses, ces pizzas le sont à présent alors que le Bitcoin atteint et dépasse allègrement les 2200€…

Comme je l’expliquais en effet le 10 mai dernier, Bitcoin est actuellement en pleine fièvre : plusieurs régulateurs financiers ont en effet assoupli leur position vis-à-vis de la monnaie électronique ce qui a notoirement aidé le cours du Bitcoin à s’élever au dessus de 1500$ l’unité.

Cependant, l’effervescence ne s’est pas calmée puisque les cours ont continué de grimper ces derniers jours. Peut-être les récentes avancées en matière de gouvernance du Bitcoin ont-elles provoqué un regain d’intérêt pour la monnaie numérique ? En tout cas, il semble raisonnable de croire que la mise en place progressive de ces nouvelles mesures améliorera la fiabilité de la cryptomonnaie, et c’est probablement cette idée qui pousse les investisseurs à surenchérir sur son cours actuel, le propulsant maintenant au-dessus de 2000€.

Ceci posé, on peut fort bien profiter de cette effervescence (qui confine, il faut le dire, à une certaine hystérie). Après tout, il n’y a pas de raison que le capitalisme ne soit réservé qu’aux industriels en cheville avec le pouvoir et comme les cryptomonnaies ont le vent en poupe, autant essayer d’en profiter, surtout que rares sont actuellement les outils financiers qui dégagent un rendement décent. C’est pourquoi ce petit billet sera essentiellement pratique et décrira ce que vous pouvez faire pour, vous aussi, participer à cette nouvelle économie numérique.

Bien évidemment, il ne s’agira pas ici de prendre des risques inconsidérés : si vous désirez vous lancer dans l’aventure des cryptomonnaies, faites-le avec l’argent que vous êtes prêts à perdre sans sourciller, typiquement pas celui des courses ou du loyer, mais plutôt les quelques euros que vous aurez envie de jouer pour comprendre la nouvelle donne numérique.

En définitive, acheter des monnaies électroniques n’est finalement pas différent d’acheter les actions d’une entreprise technologique innovante. Cela comporte une espérance de gain similaire (si l’entreprise décolle, son action grimpe et si la monnaie numérique devient prépondérante, son jeton gagne en popularité et en valeur) et permet de surcroît une intéressante randonnée dans le monde numérique ; au-delà du simple profit financier, l’opération comporte aussi une valeur éducative qui peut permettre à tout honnête individu de se faire une meilleure idée de ce que sont ces monnaies numériques, bien mieux que ne le pourraient les articles souvent consternants d’une presse traditionnelle largement dépassée.

Pour commencer le petit tour dans le royaume des monnaies numériques, on peut débuter par des plateformes d’échange qui permettront de convertir facilement nos euros en bitcoins. Pour cela, je peux vous encourager à aller voir du côté de Kraken ou Bitstamp qui offrent toutes les deux des facilités pour ces échanges. Dans les deux cas, il faudra vous enregistrer sur le site.

Afin de transférer un montant en euro vers ces plateformes, il vous faudra aussi fournir quelques éléments d’identification. Généralement, il s’agit d’une copie électronique de votre carte d’identité ou de votre passeport, ainsi qu’une facture récente (gaz, électricité, internet) pour prouver votre adresse. Eh oui : même si le reste des transactions et des monnaies numériques peut voyager à la vitesse de la lumière, même si les protocoles mis en pratique par Bitcoin et d’autres cryptomonnaies sont extrêmement rapides, l’interfaçage avec le monde réel reste toujours aussi rugueux, et le régulateur étatique n’y est absolument pas étranger. Du reste et notamment pour les Français, le virement banque-à-banque depuis votre compte bancaire traditionnel vers la plateforme de votre choix sera aussi une étape pénible puisqu’il faudra, là encore, faire les démarches nécessaires auprès de votre établissement financier afin que la destination (Kraken, Bitstamp, Poloniex ou autre) leur soit connue.

Une fois cette étape franchie et votre compte approvisionné, les choses sérieuses peuvent commencer puisque vous pouvez alors acheter et vendre les cryptomonnaies de votre choix qui sont disponibles sur la plateforme considérée. Pour le moment, au-delà de Bitcoin, je vous encourage à regarder aussi de près les cryptomonnaies comme Monero, ZCash, Litecoin ou Ethereum.

Dans une optique de spéculation, Ripple peut aussi constituer une alternative intéressante. Pour ceux qui se sentent une âme encore plus aventureuse, il existe des sociétés qui se chargent de fournir un rendement pour des bitcoins qui leur sont prêtés. Typiquement, ces sociétés appliquent des algorithmes de trading relativement agressifs sur les différents marchés et parviennent routinièrement à récolter autour de 0.5% à 1% par jour ouvré. Ceux de mes lecteurs qui sont intéressés sont invités à me contacter à ce sujet.

Pour ceux qui désirent simplement thésauriser leur monnaie numérique, l’option de la laisser en compte sur les plateformes d’échange peut constituer un souci. Après tout, Bitcoin est entièrement conçu pour se passer de tiers de confiance : pourquoi, dès lors, ne pas constituer sa propre banque en utilisant l’un ou l’autre procédé efficace sur le marché ? Ceux qui sont tentés par un porte-monnaie électronique pourront se reporter à Ledger Nano S par exemple. Les autres pourront étudier les clients plus ou moins légers comme Electrum ou Armory, ou envisager l’utilisation de clients « en ligne » comme blockchain.info. Ces derniers clients sont valables pour Bitcoin, mais on trouve aussi les mêmes pour d’autres monnaies, voire des clients qui supportent plusieurs monnaies comme Cryptonator par exemple. Dans tous les cas, une fois le client choisi, il vous suffira, côté plateforme d’échange, de préciser l’adresse de destination vers laquelle envoyer vos achats pour que ces derniers soient effectivement transférés, généralement en quelques dizaines de minutes.

Comme vous le voyez, entrer sur le marché des cryptodevises n’est pas insurmontable. Bien sûr, l’achat ou la vente de ces monnaies ne constitue probablement pas le fond de panier normal d’un portefeuille diversifié d’investisseur prudent : cela reste pour le moment une opération de niche qu’on mènera surtout pour tester le marché et en comprendre les mécanismes, et bénéficier ainsi d’une formation à peu de frais.

Certes, ces quelques paragraphes d’explication ne remplaceront jamais l’expérience directe d’un achat/vente de cryptomonnaies sur un marché particulièrement bouillonnant. Certes, essayer le « trading » ou le simple achat de bitcoin reste une opération relativement plus complexe que l’achat d’un paquet de chewing-gums. Mais malgré tout, la période actuelle est relativement propice à ce genre d’expérimentation : les marchés de cryptodevises sont particulièrement vifs et l’innovation qu’elles apportent dans le domaine de la monnaie et de la finance constituent de toute façon une véritable révolution.

Si nul ne sait si Bitcoin, dans 5, 10 ou 20 ans, sera encore la principale cryptomonnaie, et combien vaudra 1 BTC, il est en revanche certain que n’importe qui peut maintenant participer à ce nouveau marché. Et rien qu’à titre éducatif, ce serait dommage de passer à côté.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/26/58265-comment-debuter-dans-bitcoin-et-les-cryptomonnaies


Éviter les renoncements

mercredi 24 mai 2017 à 12:24

Cela fait maintenant trois semaines que notre nouveau président rebondissant est en poste. Sans aucun doute possible, le style n’est décidément ni celui d’un Sarkozy effervescent et brouillon, ni l’indécision confuse d’un Hollande empoté. Tout montre que le nouveau locataire de l’Elysée s’emploie déjà à imprimer une marque différente dans la politique française. Reste à savoir laquelle.

Il faut dire que ce n’est guère aisé. Certes, depuis l’extérieur, il est toujours assez simple de lancer des projets et d’imaginer que l’intendance suivra. Après tout, c’est toujours ainsi que cela se passe : le programme électoral est pondu, les grandes orientations décidées, les décisions fermes sont prises et pouf, la caravane s’avance dans la direction souhaitée. Ou à peu près et tant qu’on n’est pas en contact avec la réalité.

Dans le monde réel, ce qui semblait aller de soi il y a encore un mois ressemble déjà à un petit casse-tête sur lequel doit se greffer des considérations politiques et diplomatiques parfois complexes.

C’est ainsi que la politique, ce n’est jamais simple : Richard Ferrand, l’actuel ministre de la Cohésion des Territoires (allez savoir ce que c’est), se retrouve subrepticement emberlificoté dans une affaire délicate alors même qu’il vient tout juste d’arriver dans ses bureaux. Le Canard Enchaîné révèle aujourd’hui que la mutuelle dont Richard Ferrand était le directeur a loué ses bureaux à une société civile immobilière dont la gestionnaire n’était autre que la compagne du député du Finistère.

À cette révélation (que tout le monde, dans l’entourage de Ferrand, feint de ne pas du tout découvrir) doit s’ajouter celle qui voudrait que notre nouveau ministre ait employé son fils comme assistant parlementaire en 2014 durant plusieurs mois pour un montant total brut d’un peu moins de 9000 euros. Certains candidats à la présidentielle ne s’en sont pas remis.

À présent, il s’agira pour Macron de savoir si son ministre en vaut tout de même la chandelle (ce qui prouvera que, finalement, la politique en France n’a pas tant changé que ça) ou si au contraire, ce genre de passé (de passif ?) est maintenant trop lourd à porter pour n’importe quel gouvernement.

En somme, Macron va devoir improviser quelque peu. Et s’il le fera évidemment pour Ferrand, il va devoir le faire pour à peu près tout le reste aussi, depuis l’état d’urgence qu’il va devoir prolonger, comme l’autre président avant lui, pour les mêmes raisons futiles, jusqu’à la fameuse réforme du Code du Travail dont tout indique qu’elle ne pourra pas se passer exactement comme le nouveau président l’avait prévu.

Pour commencer, il semble bien que la réforme ne pourra pas entièrement se faire à coups d’ordonnances. En réalité, elles filent même plutôt de l’urticaire aux partenaires sociaux, qui ont logiquement poussé le chef de l’Etat à mettre de l’eau dans son vin : outre que le président explique « difficile de connaître exactement à l’avance le temps parlementaire » ce qui lui permet de justifier quelques aménagements, l’ampleur de la réforme qui sera portée par ces ordonnances risque fort de nettement diminuer d’assise.

Bien sûr, pour le moment, la volonté ne manque pas et pour Macron, l’affaire est entendue : d’ici 12 mois, les réformes du travail, du chômage et de la retraite seront achevées. Mais chacune des réunions avec les différents syndicats, chacun des points d’étapes qui parsème le trajet semblent à chaque fois alimenter de nouveaux petits renoncements, et ce d’autant plus que la presse se fait fort de rappeler au jeune président que les Français restent particulièrement circonspects sur le sujet : selon une enquête réalisée pour Franceinfo, ils se montrent très partagés sur l’opportunité d’ « aller plus loin que la loi El Khomri » pour réformer le Code du travail puisque 48% y sont favorables alors que 51% y sont opposés. En outre, ces mêmes Français souhaitent, à 63% d’entre eux, que le président « tienne le plus compte possible des objections des syndicats, quitte à revoir les réformes qu’il veut proposer »

Autrement dit, si Macron décide effectivement d’appliquer ces ordonnances (qu’au demeurant, rien ne permet d’affirmer qu’elles sont prêtes), il va tout de même lui falloir composer avec des syndicats et des Français qui ne sont manifestement pas prêts à lui laisser les coudées franches.

Eh oui : Macron n’a pas été élu suite à un élan populaire. Il n’est pas le résultat d’une liesse, d’une envie de réforme ou de changement profond de politique française. Non, il est le résultat d’une décomposition de la droite et de la gauche, ce centre un peu mou et attrape-tout qui se satisfait très bien, d’habitude, de demi-mesures molles et de réformettes timides. Dans ce cadre, Macron n’a pas derrière lui la ferveur nationale apte à rebattre les cartes et, surtout, à réformer le pays de fond en combles. Tout juste a-t-il un assentiment tiède d’une partie de la population qui trouve en lui un pis-aller passable, et le froid calcul de ces paquets de politiciens qui ont compris qu’il valait mieux adapter leurs convictions plutôt que se retrouver sans emploi dans un mois.

Compte-tenu de l’état du pays (dont certains départements commencent à ne plus pouvoir verser le RSA), compte-tenu de l’état des relations entre les différents partenaires sociaux qui n’attendent qu’une occasion pour sortir dans la rue, compte-tenu de l’état des administrations, Macron va devoir déployer des trésors d’imagination pour parvenir à faire avancer ses réformes. Selon toute vraisemblance, l’épreuve de force ne pourra être évitée : d’un côté, les syndicats (et l’habituelle salade de rouges plus ou moins correctement azimutés) qui n’entendront certainement pas se laisser marcher dessus, quand bien même ils ne représentent à peu près plus rien ; de l’autre, un gouvernement qui n’aura aucune latitude puisque s’il abandonne, le quinquennat ne sera plus qu’une nouvelle parenthèse hollandiste.

L’été promet d’être agité.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/24/58302-eviter-les-renoncements


Cannes ou le festival de Netflix

lundi 22 mai 2017 à 09:00

Avec le nouveau gouvernement Edouard Philippe, les Français viennent de recevoir leur part de rêves et de paillettes et c’est sans doute pour cela que la presse a eu bien du mal à aborder l’autre actualité starlettes du moment : le festival de Cannes vient de dérouler son célèbre tapis rouge sur la Croisette.

Et cette année, en parallèle d’une activité politique particulièrement chargée qui verra sans aucun doute la nouvelle Ministre de l’Aculture pavaner sur les marches du Palais, il y a déjà de quoi de se mettre un petit scandale ou deux sous la dent : il eut été particulièrement improbable, incongru même, que la Croisette n’ait pas été le siège, cette année encore, d’une nouvelle polémique sulfureuse et cette année, c’est à la faveur de nouveaux arrivants dans le monde pourtant très fermé du grand écran que le tapage aura lieu.

Pensez donc ! Alors que tout semblait concourir pour un maââgnifique festival haut en couleurs, voilà qu’un producteur-distributeur de films débarque sans prévenir sans s’occuper des petites habitudes du cru ! Netflix a décidé de ruer dans les brancards, c’est absolument scandaleux : en proposant deux films en compétition à Cannes cette année, la firme américaine a certainement passé toutes les bornes des limites et même au-delà !

Il faut le dire, l’affront est impardonnable : Netflix a décidé de ne pas faire sortir ses films en salle. Et pour cause : la firme américaine est en effet spécialiste du film à la demande, sur tablette, PC ou téléphone, pas du tout sur grand écran. Et les deux films qu’elle présente à Cannes cette année n’ont aucune vocation à se retrouver un jour sur les écrans de cinéma de la planète entière. Voilà un outrage sans limite qui fâche déjà les exploitants en salle, les festivaliers et les membres du jury : les premiers ne pourront pas espérer faire de l’argent en présentant ces films (et pour cause) ; les seconds sont trop heureux de faire une polémique à pas cher, quant aux troisièmes, ils cherchent à savoir si l’affront devra être lavé ou simplement oublié. En attendant, Pedro Almodóvar, le président de cette soixante-dixième édition, a quand même affirmé qu’il ne se voyait pas remettre la Palme à un film qui ne sortirait pas en cinéma.

Cette petite poussée d’urticaire cultureuse est tout de même intéressante en ce qu’elle montre, une fois encore, à quel point les modes de consommation ont changé plus vite que les habitudes. On peut bien sûr espérer que la plupart des professionnels du cinéma s’adapteront à la nouvelle donne des films à la demande, mais il n’en reste pas moins qu’une frange continuera de s’exciter contre les nouvelles technologies, les nouveaux modes de distribution et de consommation, afin de faire perdurer, coûte que coûte et vaille que vaille, un procédé qui n’existe que depuis à peine plus d’un siècle.

De ce point de vue, la Croisette cannoise, qui représentait il y a encore quelques dizaines d’années un lieu de strass, de paillettes et de modernité, tend à dépeindre maintenant un art vieillissant où il ne s’agit plus d’étonner, de surprendre ou de renouveler, mais de conforter ou de rassurer ceux qui dépendent ultimement de la vente et de la distribution de films.

Car c’est bien d’eux qu’il s’agit en réalité ici. Certes, on peut toujours admettre que pour l’un ou l’autre esthète cinématographe, rien n’est plus vivant, plus grand, plus beau que l’écran de cinéma et qu’à ce titre, aucun expédient ne pourra être trouvé pour le remplacer. Certes, le cinéma, par définition au moins au début, s’entendait être un plaisir culturel de groupe. Soit. Mais l’avènement des fichiers multimédias, des tablettes et des téléphones aura largement bousculé la donne.

À tel point, d’ailleurs, que ces nouveaux modes de consommations ont largement accru la quantité de films engloutie par les spectateurs sur les vingt dernières années, et dans ce cadre, l’apparition des films à la demande (Video On Demand) est en réalité un vrai pas en avant pour une meilleure distribution des films. Du reste, au contraire de tous les petits couinements stridents poussés par les distributeurs traditionnels de films, force est de constater que le cinéma ne s’est jamais aussi bien porté qu’actuellement.

Ainsi, même si le piratage semble faire des ravages avec des yeux remplis de larmes et pleins de morts du petit cheval, les chiffres ne laissent aucun doute : la lutte contre le piratage est particulièrement contre-productive dans le monde en général, et en France tout particulièrement. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre avec délice l’étude qu’à fait paraître l’INSEE il y a tout juste un an sur l’effet redistributif de la loi HADOPI sur la part de marché des films américains : non seulement, HADOPI et son cortège de vexations ridicules ne servent à rien, mais encore en plus favorisent-ils les films américains au détriment des français ; l’introduction de la loi est associée à une augmentation de la part de marché des films américains de 9% mais sans augmentation de la demande totale pour les films en salle. Autrement dit, la lutte contre le piratage parvient à rendre moins attractifs les films français (qui ne le sont déjà pas beaucoup en moyenne). Bien joué.

De la même façon, il y a fort à parier que les petits mouvements de prurits malencontreux vis-à-vis de Netflix risquent bien de se retourner… contre ceux qui les commettent : vouloir à tout prix enclaver le cinéma dans un mode unique de production, de distribution et de visionnage, c’est à terme signer son arrêt de mort tant il semble évident que le cinéma qui existait il y a encore 30 ans va profondément changer. De la même façon, imposer qu’un film primé à Cannes soit absolument distribué en salle, c’est une énorme bêtise : normalement, les palmes sont une récompense pour une oeuvre cinématographique, pas une oeuvre de distribution. Il y a tout à parier que si Netflix ou un autre du même tonneau gagne un jour cette palme, il fera sortir son film dans une salle anecdotique afin d’obtenir l’imprimatur de la distribution.

En outre, et c’est probablement le pompon, le passage en film à la demande constitue une vraie réponse contre le piratage : non seulement, l’offre de films en streaming répond à la demande qui trouve tant de mal à s’épancher sur les canaux traditionnels fort dépourvus et en plus, contre un prix modique, l’utilisateur dispose d’une vaste bibliothèque de titres de films et de séries dont il n’a besoin de s’occuper que lorsqu’il la regarde. C’est souvent moins de tracas que les déchargements interlopes, les petits papiers ridicules de HADOPI ou les sites louches remplis de trojans goûtus. En somme, le distributeur redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cessé d’être, à savoir celui qui distribue des films à ceux qui le demandent, bien avant de devoir faire l’insupportable gendarme qui n’a de cesse que terroriser sa clientèle.

Dans quelques jours, la Croisette pourra refermer ses portes, enrouler son tapis et éteindre les lumières. La polémiques Netflix n’aura guère vécu, heureusement. Le cinéma français, tout confit de sa propre importance, saura faire abstraction des nouvelles tendances et du nouveau paradigme et, dans un profond bâillement, pourra s’assoupir doucement.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/22/58262-cannes-ou-le-festival-de-netflix


[Redite] Houellebecq, démocratie directe et cases à cocher

dimanche 21 mai 2017 à 11:00

Article initialement paru le 25 mai 2014

Il y a trois ans se déroulaient des élections européennes qui donnaient l’occasion à Michel Houellebecq de s’exprimer sur sa vision de la démocratie et de l’état du pays en terme de gouvernance. La période actuelle renouvelle ces questionnements, coincée entre une élection présidentielle à nulle autre pareille et des législatives dont tout indique qu’elles seront renversantes.

Ce dimanche, des millions de personnes vont se bousculer pour aller voter et exercer ainsi ce droit inaliénable qu’a chaque citoyen européen de pouvoir aliéner les autres à son échelle. Ils vont tous joindre leur voix à ce chœur magistral louangeant la démocratie, permettant ainsi à une joyeuse troupe de 751 personnes d’émarger au budget de l’Union, et, accessoirement, de les représenter, eux, leurs petites lubies et cette compulsion étrange qu’ils ont de vouloir absolument que des décisions soient prises aussi loin d’eux sur des sujets qui ne les concernent la plupart du temps jamais.

Voter ? Vraiment ?Avec un peu de recul, on ne peut qu’être surpris de cet engouement pour la chose démocratique. Tout indique que c’est la grande affaire de tous, que chaque personne majeure et citoyenne de l’Union est imbibée de l’utilité et de l’importance de l’exercice démocratique. Non seulement il faut aller voter, mais en plus, ne l’oubliez pas, « des gens sont morts pour ça », voyons ! Moyennant quoi, une fois cette fanfreluche gobée avec un peu de miel républicain, tout le monde est content.

Enfin, content, il faut le dire vite. Parce que la démocratie, actuellement, ne semble réjouir vraiment personne. C’est tellement vrai que c’est devenu le marronnier des journalistes politiques à chaque élection dans laquelle ils découvrent, la bobine blafarde sous le choc de la révélation, qu’une part de plus en plus grande de citoyens ne s’est finalement pas déplacée pour la grand-messe. Sapristi, à ce rythme, les élus vont avoir de plus en plus de mal à asseoir leur légitimité, mes petits canaris !

Pariez donc qu’il y aura, à l’issue de ce scrutin européen, les mêmes têtes abasourdies par la hauteur de l’abstention d’abord et par l’inévitable résultat amer de la consultation qui ne sera pas, on peut l’imaginer sans mal, du goût de chacun, avec cette abominable « montée des extrêmes » parfaitement prévisible pour l’observateur aguerri qui verra d’abord une lassitude grandissante des gens honnêtes pour ces mascarades chronophages. Et tant qu’à faire dans le marronnier, on retrouvera immanquablement quelques hérauts de la démocratie directe, solution évidente à tous nos problèmes de représentativité de l’élite politique.

Bien évidemment, avant le vote, ce fut le cas d’un paquet de formations politiques plus ou moins colorées et farfelues. De façon plus anecdotique, mais aussi plus amusante, signalons la récente interview de Michel Houellebec dans Lui du mois d’avril, dans lequel Frédéric Beigbeder, l’actuel patron de la revue masculine, l’interroge notamment sur « son projet pour la France ».

Dedans, on y apprend que l’auteur souhaite « … généraliser la démocratie directe en supprimant le Parlement. » et que le président de la République devrait être élu à vie mais instantanément révocable sur simple référendum d’initiative populaire. Comme je l’ai dit, il n’y a rien ici qui ne change de ces nombreux partis et autres groupuscules qui entendent « remettre le citoyen au centre de la République », ou « assurer le renouveau démocratique du pays » afin de résoudre l’énorme « problème de représentativité » constaté actuellement.

houellebecq

Pour Houellebecq, si cette démocratie directe est si importante, c’est parce qu’il y a eu « plusieurs tours de vis supplémentaires », et que, pour lui, « le gouvernement semble vouloir augmenter le malheur des gens, dans des proportions peut-être inédites » … Pas de doute, selon l’écrivain, ces tours de vis et cette augmentation du malheur des gens provient de l’inadéquation grandissante entre le peuple et le gouvernement, inadéquation contre laquelle il entend lutter avec une bonne dose de démocratie directe :

Il faut plus de démocratie directe si l’on veut sortir de cette crise de la représentation politique dans laquelle nous sommes.

Et pourquoi pas ? Après tout, se passer des clowns actuels serait en tout cas une bonne idée. Cependant, s’il semble clair que leurs choix politiques actuels sont calamiteux, peut-on être absolument certains que les choix de tout le peuple seront plus éclairés ? En quoi la démocratie directe protège-t-elle du populisme ?

En rien. Contrairement à ce que beaucoup croient, la Confédération Suisse, souvent citée en exemple de démocratie directe, ne fonctionne pas grâce à celle-ci, mais en dépit d’elle et chaque votation approche le pays un peu plus des « paradis » socio-démocrates aux états étouffants de socialisme qui l’entourent. Il n’est qu’à voir le grossissement progressif des textes de lois qui accompagne le résultat des votes, ou les petits cris stridents que poussent les journaux français quand un vote ne va pas dans le sens attendu pour comprendre qu’en réalité, cette magnifique expérience démocratique ne change pas des masses de celle qu’on connaît ailleurs et est sujette aux mêmes aléas populaires.

Et quand bien même cette démocratie directe permet au peuple de s’exprimer plus directement, pourquoi la démocratie deviendrait-elle alors plus légitime ? En quoi le fait qu’elle soit directe permet de s’assurer de façon solide qu’une courte majorité du peuple ne va pas voter l’aliénation d’une courte minorité ?

Là encore, rien. Et ontologiquement, la démocratie, aussi directe soit-elle, n’est absolument rien d’autre qu’une forme de dictature du nombre, ni plus, ni moins éclairée qu’un despote.

Heureusement, Houellebecq ne s’arrête pas là et profite de son interview pour glisser une autre idée, nettement plus originale que cette démocratie directe qui ne protège de rien, même pas de la démocratie : dans son projet, le budget de l’État sera décidé par les citoyens « qui devront chaque année remplir une feuille avec des cases à cocher. Le peuple décidera ainsi quelles dépenses il juge prioritaires. »

democracy.jpg

Et ça tombe bien : cette idée ne nécessite pas la remise à plat de toute la constitution. Quelques aménagements suffiraient et apporteraient peut-être un vent nouveau dans notre pays, à commencer par le fait que les ministères seraient alors directement placés en concurrence les uns des autres pour obtenir des fonds, par nature limités. Combien de citoyens choisiraient ainsi d’abonder directement aux frasques du ministère de la Culture ? Combien préfèreront donner un peu plus à la Justice ou à l’Intérieur plutôt qu’au Logement, à l’Écologie ou aux Anciens Combattants ? Et plus pragmatiquement encore, comment ne pas saliver à l’idée des combats homériques entre certains ministres pour obtenir des fonds ? À l’évidence, le fait de proposer des mesures aussi intempestives qu’idiotes à la Montebourg ou Royal serait fortement tempéré par le couperet de ces cases à cocher citoyennes… Non, vraiment, cette idée est à creuser.

Parallèlement, ce dimanche, des millions de personnes vont exercer cette petite parcelle de pouvoir, ce petit morceau de vengeance sur ceux qui ont, à l’élection précédente, fait exactement la même chose. Youpi, les oppresseurs changeront peut-être un peu. Mais à la fin du dépouillement, il y aura toujours des oppresseurs.

Est-ce vraiment utile ? Est-ce vraiment efficace ? Est-ce vraiment souhaitable ?

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/21/58289-redite-houellebecq-democratie-directe-et-cases-a-cocher


Joli mois de mai, joli gouvernement

vendredi 19 mai 2017 à 09:00

Le Youpi™® continue ! Après le Youpi™® naturellement poussé suite à l’arrivée en fanfare d’un nouveau président très bon état général (très peu servi), voilà une nouvelle fois l’occasion de se réjouir avec la nomination d’un gouvernement resserré, de combat, efficace, jeune, frétillant et politiquement bien construit.

Et je dis ça sans ironie : reconnaissons à Macron d’avoir finement joué pour le moment puisqu’il a réussi là une belle synthèse. Du genre 1 et 2 à égale quantité, de l’énarque en bonne dose, une fine vapeur de société civile, une subtile dose d’ancien maoïste avec Gérard Collomb, une pincée d’ex-marxiste avec Jean-Yves Le Drian, du droitard bien tradi avec Darmanin, une louchée de droite molle pour Edouard Philippe, une giclée de vieux briscards Modem qui niait pourtant toute participation au gouvernement et même de l’anguille parfum Tout Ce Qui Passe avec Le Maire, vraiment, pas de doute, c’est habile.

Nicolas Hulot est aussi une belle prise, illustration rigolote qu’on peut très bien survivre à une incohérence idéologique complète, lui qui étrillait Macron il y a encore quelques semaines en estimant qu’il n’avait pas compris « que c’est bien un modèle ultralibéral qui est à l’origine de la crise écolo ». Caution people et personnalité aimée des Français qui adorent les jolies images des vertes prairies sabotées par les méchants capitalistes filmées depuis un hélicoptère éco-conscient cramant 50L de fossiles à l’heure, le petit Nicolas a finalement accepté de rejoindre la Dream Team, le tout avec un rang protocolaire qui frôle l’indécence, ce qui a le mérite évident de faire immédiatement taire toutes les cucurbitacées vertes des précédents gouvernements et des partis chlorophylophiles en complet désarroi.

Bref, il y a boire et à manger et encore une fois, Macron montre qu’il veut et sait, dans une certaine mesure, satisfaire quasiment tout le monde. Mais bien au-delà de ces constats d’usage, observons simplement le paysage politique français à la suite de ces nominations : c’est carrément une boucherie.

Pas un parti n’est épargné, pas une formation n’a survécu intacte à ce qui vient de se passer, et il y a pour cela toutes les raisons de se réjouir franchement.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il est encore bien trop tôt pour porter le moindre crédit à la brochette de nouveaux saltimbanques entrés dans l’arène du cirque Édouard Philippe. Il va falloir attendre une peu, et tout porte à croire que d’une part, les prochaines législatives pousseront à un remaniement (plus ou moins violent selon l’ampleur de la « victoire »), et d’autre part que la réalité, qui n’a pas bougé d’un chouilla, rappelera aux Français qu’un gouvernement et un Etat ne peuvent pas tout.

Mais en attendant, réjouissons-nous : depuis quelques jours, ce sont bien des couinements d’agonie qu’on entend de tous les côtés du spectre politique ; les manœuvres des uns et des autres pour tenter de sauver leur poste ou leur avenir sont particulièrement réjouissantes. Les contorsions des militants de tous bords, forcés de voter Macron au second tour et qui voient maintenant leurs partis se déliter en quenouille, sont tout aussi cocasses.

À gauche, il faudrait être vraiment bégueule pour ne pas goûter à la tête d’enterrement de Ségolène Royal qui se retrouve sans ministère ni mandat et veut tenter l’entreprenariat, sans doute pour goûter enfin aux joies d’une faillite rien qu’à soi. Cela lui changera des faillites distribuées aux autres. Difficile de ne pas se réjouir des grimaces de Najat Vallaud-Belkacem qui lâche enfin son travail de destruction méthodique de l’Éducation Nationale pour tenter de décrocher une place de député à Villeurbane. Amis lecteurs qui votez encore, ne lâchez rien : l’échec de Najat est à portée de votre main. Je passe pudiquement sur le cas de Valls dont la gluance atteint maintenant des sommets et pour lequel, là encore, l’échec devient vraiment possible, quasi-palpable. Là encore, voter contre lui pourrait procurer un plaisir simple. Réfléchissez-y.

À droite, le constat est le même : les uns et les autres fuient un navire qui ne sait plus s’il coule, s’il rentre au port, s’il change de cap ou fait un peu tout ça en même temps. Moyennant quelques décisions catastrophiques que, soyons en sûr, la droite la plus bête du monde est parfaitement capable de prendre, une bonne déroute électorale, une jolie branlée de magnitude 9 est envisageable et d’ailleurs, Fillon, devenu précisément expert en dérouillée vigoureuse, y songe déjà. Il n’a pas tort puisque là encore, les électeurs pourront se payer quelques belles mises en orbites de cadors boiteux dont la droite s’encombre avec obstination, comme NKM par exemple.

Aux extrêmes, le bonheur est déjà plein : le Front National est déjà parcouru de soubresauts ridicules. Marion Maréchal-Le Pen, lucide, a judicieusement choisi d’abandonner la Marine qui s’était sabordée au cours d’un débat d’entre deux tours absolument minable. Philipipeau, idiotement sûr de détenir la clef des prochains scrutins, se lance dans son propre mouvement socialistoïde. S’il joue bien, il pourrait courageusement se mégretiser et débarrasser enfin le pays de sa pénible présence. De son côté, Mélenchon, le bourrichon tout remonté et le melon tout gonflé, continue de croire en sa bonne étoile alors que son aura commence déjà à montrer des signes évidents d’affadissement. Là encore, avec un peu de chance et grâce à des triangulaires voire des quadrangulaires torrides, son parti pourrait ne représenter qu’un petit croupion pittoresque à l’Assemblée nationale.

Mieux encore : depuis ce nouveau gouvernement, toute la droite et toute la gauche traditionnelles sont sidérés. On n’entend plus les hordes d’imbéciles socialistes de droite et de gauche tant ils ne savent plus sur quel pied danser. Le trotskysme, le bolchevisme et les bêtises communistes n’intéressent plus personne. Le Parti Socialistes est devenu un sujet de poilades à la machine à café (Cambadélis alimentant de surcroît de belles rafales de tweets photoshoppés pour les rieurs de tous bords), les Républicains parviennent presque à se faire oublier tant leurs dissensions internes empêchent de suivre qui est avec ou contre qui, les Verts ont disparu corps et biens et le reste n’existe plus qu’à l’état de traces, comme les gaz rares.

Non, vraiment, il n’y a pas à tortiller, Macron a réussi quelque chose de phénoménal : dissoudre à peu près tout les partis français dans leurs incohérences internes.

Le souci, bien sûr, est qu’il ne l’a pas fait en apportant une solution radicalement différente, mais en se contentant de profiter de ces incohérences. Il a formé un nouveau centre, attrape-tout, idéologiquement illisible puisque patchwork de pensées bigarrées, de volontés diverses, de compromis forcément foireux puisque construits sur des désirs antagonistes. Avec deux doigts de lucidité, on comprend que tout ceci ne durera qu’un temps et que très forte est la probabilité que Macron fasse un petit sirop de socialisme mou, que dans cinq ans la part de l’État dans l’économie soit supérieure à 57% du PIB, que les prélèvements obligatoires aient encore augmentés et que la législorrhée ait encore grimpé au profit d’une complexité administrative accrue.

Certes.

Mais en attendant, rien ne nous empêche de nous gondoler. Après tout, on paye pour.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/19/58268-joli-mois-de-mai-joli-gouvernement