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[Redite] Macron : l’excitation du renoncement

dimanche 10 décembre 2017 à 11:00

Article initialement paru le 12.12.2016

Il y a un an, Emmanuel Macron lançait officiellement sa campagne sous un tonnerre d’applaudissements ainsi qu’une absence vaporeuse et calculée de tout programme politique palpable. Depuis, les applaudissements se sont tus (quelques huées se sont même fait entendre à l’occasion d’obsèques commodément récupérées), et le programme ne s’est toujours pas matérialisé…

La primaire socialiste est peut-être lancée, mais rien ne l’indique vraiment. Quelques candidats improbables se sont, vaguement, exprimés dans une presse pas vraiment galvanisée. Valls a pourtant démissionné avec force mise en scène et reportages en direct de Matignon et de l’Élysée, mais rien n’y fait : objectivement, tout le monde s’en fiche. Parallèlement, Emmanuel Macron semble enflammer les foules.

C’est ainsi que le 10 décembre 2016, un véritable phénomène s’est produit au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris puisque des milliers de personnes ont été prises d’une transe quasi-biblique en écoutant el lider carismático Macròn exposer les grandes lignes de son « programme » politique.

Tout y était : ambiance surexcitée, drapeaux, discours fleuve, promesses à gogo (et à gogos), grandes déclarations lyriques et même l’indispensable voix cassée des fins de soirées en boîte de nuit à hurler des formules toutes faites pour essayer de choper. Pas de doute : on est bien loin du freluquet de la politique qui a passé deux ans de stage de « Field Office Manager » à Gouvernement SARL où il aura essentiellement apporté le café et des polycopiés baveux aux vieux éléphants socialistes et il aura régulièrement ruiné la communication des caciques par quelques sorties faussement choquantes sur l’entreprise, les profits et sa façon de faire les choses.

C’est, véritablement, un homme, que dis-je, une bête de scène qui vient de naître avec du poil aux pattes, de la testostérone à revendre et un vrai potentiel à signer pour une pub L’Oréal. Ça va dépoter sévère, ça va claquer de la mamie, ça va envoyer du steak, ça va brutaliser du chaton mignon, c’est Manu qui vous le dit !

Et avant d’éplucher un peu le programme qu’il n’en finit pas d’esquisser, reconnaissons tout de suite que l’homme a su y faire puisque, défiant l’establishment, il est tout de même parvenu à rassembler des milliers de personnes à cette occasion, que la rumeur insiste qu’il aurait bel et bien levé près de 3 millions d’euros auprès de donateurs (dont on ne sait rien) pour financer sa campagne, qu’il en rencontre encore régulièrement et qu’il compte emprunter encore plusieurs millions afin d’assurer une campagne tonitruante.

Autrement dit, on sait maintenant qu’on n’a plus à faire à un individu lambda, qui se serait mis au trot en marche seul, mais bien à quelqu’un qui a, très probablement, préparé ses arrières et ce, depuis un moment. Tant mieux : il gagne ici en crédibilité et permet d’inquiéter durablement les autres candidats qui se bousculent au premier rang. Peut-être cela incitera ces derniers à clarifier leurs propositions et à se démarquer autant que possible les uns des autres, nous sortant ainsi de la purée de poix illisible dans laquelle les néo-corporatistes de droite et les paléo-socialistes de gauche ou l’inverse tentent de nous noyer depuis quarante ans.

Cependant, toute cette forme survitaminée aux couleurs chatoyantes et au micro qui pulse du décibel fébrile ne doit pas nous faire passer au-dessus du fond, car petit-à-petit se lève le voile sur ce qui se cache derrière « Je vous fais marcher » « En marche », le mouvement de Macron. Et là, c’est tout de suite moins excitant.

Oh, bien sûr, comme un précédent article de Contrepoints le faisait remarquer, il y a bien quelques points surnageant qui pourraient faire penser à une réforme dans le bon sens de l’État et de ses administrations : une fiscalité du travail plus engageante, un droit du travail simplifié, décentralisation, tout cela semble intéressant. Sauf que c’est très flou : peu ou pas de précisions sur la forme que prendraient concrètement ces réformes, leur ampleur, leurs coûts et la façon dont il envisage de financer tout ça (et non, là, le crowdfunding ou l’appel au don ne suffira pas).

En outre, il y a tout de même beaucoup trop de gros morceaux d’étatisme bien gras dans son « programme », terme décidément fort galvaudé et définitivement mal adapté à ce qui ressemble plutôt à un patchwork pastel de promesses vagues et de slogans un peu creux. Entre le camouflage des cotisations salariales dans une CSG bien dodue, une augmentation de la fiscalité du revenu du capital de 1,7% (alors même que la fiscalité du capital est déjà un handicap catastrophique en France), des bricolages plus ou moins heureux en défaveur des retraités par exemple, il y a largement de quoi prendre autant de recul que nécessaire de la Fabuleuse Aventure du Guilleret Monsieur Macron.

Mais surtout, et alors même que le premier tour des élections est encore à plusieurs mois, notre brave Emmanuel semble sur certain sujet clairement En Marche… Arrière : il semblait pourtant entendu que notre homme voulait revenir sur les 35 heures, qui sont devenues au fil des ans l’un des dogmes les plus intouchables et imputrescibles du système social à la française et surtout, le marqueur typique du socialisme français. Manque de bol, le discours de samedi dernier n’a guère laissé de doute : le candidat ne touchera finalement pas à la durée légale. Remballez. Et lorsqu’on lit l’avalanche de propositions sociales (socialistes) de Macron, on comprend que l’ex-ministre tente à présent de ramasser les miettes de la gauche du milieu, du centre et de l’à-peu-près auquel son programme chuchote assez bien.

Bref, avec plus de beurre en broche que de libéralisme, beaucoup d’éléments de langage mais rien derrière, des réformes comparables à des séries françaises (floues, mal cadrées et financées par tout le monde et personne à la fois) et, déjà, des renoncements sur des éléments majeurs, toute cette excitation nous a un petit parfum déjà senti, déjà vu, déjà entendu.

Oui, ce petit parfum d’attrape-gogos, qu’on peut déceler avec la couverture médiatique extrêmement complaisante à son égard (le nombre d’articles qui lui sont consacrés est bien plus grand que pour n’importe quel candidat de la primaire socialoïde, par exemple), qui occulte à présent avec application le bilan franchement médiocre de deux années au ministère de l’Économie, et qui refait furieusement penser aux meilleurs moments d’un certain Alain Juppé il y a quelques mois.

La presse semble désirer ardemment Macron, peut-être parce qu’il est neuf, parce qu’il n’a pas de casseroles, et parce qu’il permet peut-être enfin à la gauche de trouver un point de ralliement pas trop violent, presque décent, modestement centré et capable de fédérer à l’instar de ce que fut un Bayrou en 2007 qui n’est plus maintenant que l’ombre rabougrie de lui-même.

Macron, c’est un peu le centre gentil, réformateur mais pas trop, opposition rêvée à Fillon, qui ne viole pas trop l’égo des sociaux-démocrates, coincés sans lui devant un choix pathétique avec Montebourg, Hamon ou Mélenchon. Mais Macron, ça ressemble un peu trop à Juppé, la jeunesse en plus, avec ce côté phénomène très médiatique, trop peut-être pour être totalement authentique.

Et pour les Français, malheureusement et au vu du programme et de ses déclarations, tout tend à faire penser que Macron n’offre aujourd’hui qu’une révolution de coton, ce coton que les kidnappeurs enduisaient jadis de chloroforme…

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Source : http://h16free.com/2017/12/10/59826-redite-macron-lexcitation-du-renoncement


Pannes à la SNCF : les symptômes d’un mal profond

vendredi 8 décembre 2017 à 09:00

À l’approche des fêtes et des grands chassés-croisés de fin d’année, tout le pays frétille à l’idée de se mettre sur son 31. C’est peut-être ce qui a poussé la SNCF à moderniser son infrastructure et à tripoter ses aiguillages. Instantanément et grâce à une dose d’efficacité et de compétence concentrées, le dimanche 2 décembre fut une catastrophe complète.

Comme pour la précédente panne de juillet dernier qui avait touché un poste de commande d’aiguillage de Vanves, le trafic a été très fortement perturbé sur une bonne partie du réseau ferré français, même si, à en croire les explications plutôt vagues de la direction de la SNCF, l’incident de ce début décembre n’a rien à voir avec un défaut d’isolation sur l’installation électrique : cette fois-ci, c’est un « bug informatique » et pas un petit souci électrique, le « bug informatique » étant de nos jours à la panne matérielle ou à l’erreur humaine traditionnelle ce que le mistigri est au jeu de carte ou la poisse au casino, sorte de concept fourre-tout terriblement commode pour camoufler des dérives peu reluisantes.

Bug ou pas, le résultat est le même puisqu’il s’est soldé par des dizaines de milliers de voyageurs restant à quai, les bras ballants et les mains pleines de coûteux tickets devenus inutiles.

À la suite de cette pagaille mémorable, certains (voyageurs ou non) se sont immédiatement interrogés sur la capacité de la société nationale à faire face à ses responsabilités, à apprendre de ses (trop nombreuses) erreurs, à corriger les problèmes connus et (défi !) à proposer des solutions alternatives viables et rapides aux problèmes inconnus qui pouvaient survenir.

L’interrogation est si forte que, pour bien faire comprendre aux Français que tout ceci ne peut pas rester sans réponse, Elisabeth Borne, apparemment ministre des Transports en ce moment, a haussé le ton pour convoquer le patron de la SNCF Réseau, Patrick Jeantet. Dans le monde merveilleux de l’État tout puissant, il suffit en effet de convoquer le type à la tête d’une société d’État pour qu’immédiatement, des actes fermes soient posés, des solutions trouvées, des corrections apportées, et pouf, des trains roulent comme il faut.

Apparemment, le consensus actuel s’établit sur la nécessité de réorganiser la façon dont sont gérés les grands travaux de la SNCF, vieille dame incontinente qui perd des fonds, des trains et des parts de marchés de tous les côtés. Evidemment, lorsqu’on lit en détail le froufroutant nuage de mesures qui sont prises à la suite de l’incident, on se doute bien que la situation ne va finalement pas changer du tout au tout instantanément : on va continuer ce qui a été mis en oeuvre à la suite de la précédente panne de juillet (mais mieux) et on va surtout faire plein d’audits (miam, avec de vrais morceaux de commissions dedans !).

En somme, si la qualité se dégrade, c’est essentiellement parce qu’il faut tout refaire et qu’on va devoir souffrir le temps de la transition depuis l’état actuel, déplorable, à l’état futur (peut-être moins déplorable ?). Vu ainsi, pas de doute, la SNCF va nous apprendre à maîtriser le réflexe glutéal et le restockage massif de vaseline en flux tendu.

Certes, à la décharge de la société ferroviaire, les travaux entrepris visent à améliorer une situation devenue dangereuse tant l’infrastructure part en quenouilles un peu partout, et qu’il fallait donc s’attendre à ce que, parfois, ces travaux impactent négativement la bonne marche de la circulation des trains.

Le hic reste malheureusement que cette bonne marche est très hypothétique.

En effet, si l’on peut charitablement mettre la précédente panne de juillet sur le compte du Pas De Bol qui, lentement, devient une véritable devise nationale, il sera en revanche bien plus compliqué de conserver sa bienveillance quand on commence à éplucher l’enfilade de problèmes que le réseau ferré connait avec une régularité plus solide que ses trains.

Ainsi, si l’on se penche sur les performances globales de la SNCF sur le réseau ferré français, il ne faut pas beaucoup de recherches pour retrouver facilement les traces passées de problèmes, soucis et autres enquiquinements qui parsèment la vie des usagers de province.

La région parisienne concentre les réseaux, les passagers et, bien évidemment, les tracas. Sur ces dernières semaines, c’est une avalanche que même la panne de dimanche dernier ne parvient pas à camoufler.

Notons des pannes régulières sur le RER A, sur le RER B, sur le RER B et le RER D (combo), dans différents métros avec une répétition et une constance qui permet aux moteurs de recherche sur internet d’associer rapidement SNCF avec panne et RATP avec grève.

On m’objectera à raison que j’entretiens ici une confusion entre la RATP et la SNCF. Ce serait oublier de noter que si, effectivement, les infrastructures et les entreprises sont différentes, la vétusté du matériel, les pratiques commerciales alternatives, le mépris millimétré de l’usager (usagé ?) et la culture de la grève inopinée sont étrangement similaires dans les deux entités…

Coïncidence ?

Est-ce une coïncidence que ces deux entreprises soient toutes deux publiques, toutes deux sous perfusions d’argent gratuit des autres, toutes deux un réservoir à syndicalistes indéboulonnables en même temps qu’une sinécure pour hauts fonctionnaires ? Est-ce une coïncidence que ces deux entreprises, confrontées à des soucis matériels, soient compactement infoutues de la moindre communication vers les clients, qu’elles continuent, dans les deux cas, à appeler usagers ? Est-ce une coïncidence que ces deux sociétés, en situation monopolistique, ne semblent faire aucun réel effort pour aligner enfin leurs coûts de structures avec leurs tarifs, tentent d’apurer leurs dettes qui sont – coïncidence – dans les deux cas abyssales ?

Coïncidence encore lorsque ces deux entreprises, directement impliquées dans les travaux pharaoniques (LGV pour la SNCF, Grand Paris pour la RATP) se retrouvent à patauger dans les problèmes (financiers, politiques, structurels) ?

Coïncidence que tout cela ? Je ne crois pas. Cela a plutôt l’air d’un symptôme, celui d’une gestion calamiteuse et de l’abandon de toute politique ferme visant à nettoyer ces écuries d’Augias où une petite quantité d’incompétents bloquent les réformes, les adaptations et la prise de conscience radicale qu’il faut absolument en finir avec ces mastodontes coûteux.

Et oui, j’ai bien écrit « en finir ».

La privatisation intégrale de ces entités et de leurs infrastructures, qui sont en réalité complètement en faillite, est absolument nécessaire pour qu’enfin les réalités économiques y pénètrent, que les usagers redeviennent des clients, que la notion de service réapparaisse, que les fautes soient réellement sanctionnées et les succès enfin à l’horizon.

Et non, ce n’est pas impossible.

D’autres pays l’ont fait, massivement, et ont obtenu des résultats tangibles qui donnent une idée exacte de ce qu’il est possible de faire (et à quel point la situation française est devenue honteuse).

De tout cela, il n’est évidemment pas du tout question dans les mesurettes proposées par cette Elisabeth Borne qui serait ministre des Transports. On va donc continuer d’un côté à bricoler et arranger comme on peut des entreprises qui s’enfoncent dans un magma de dettes et de problèmes, et de l’autre à financer les lubies pharaoniques des uns et les avantages sociaux invraisemblables des autres, et tout continuera comme avant.

Résignons-nous. De toute façon, il n’y a pas encore mort d’homme, hein.

Oups.

Re-Oups.

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Source : http://h16free.com/2017/12/08/59778-pannes-a-la-sncf-les-symptomes-dun-mal-profond


AirBnB est vraiment trop méchant avec la Mairie de Paris

mercredi 6 décembre 2017 à 09:00

Posséder un bien, en France, fait immédiatement de vous un nanti, un riche, un propriétaire ventripotent. Si, par quelque malice torve d’un destin crapuleux, vous poussez le vice jusqu’à louer votre bien au lieu d’y séjourner, fortes sont les chances que vous ne soyez qu’un de ces méprisables vendeurs de sommeil. Et si ce n’est pas le cas, vous mériterez de toute façon le pal fiscal et la taxe vexatoire.

Ces onctueux présupposés un fois posés, nous pouvons à présent nous atteler à « améliorer » la situation pour les locataires, ces petits mammifères chétifs surexploités que l’État entend protéger de tout contre tous. Or, en République du Bisounoursland, où rien ne doit dépasser, tout doit être rangé bien comme il faut dans des cases, bien régulé, quoi de mieux qu’encadrer les loyers ?

Diable oui, pourquoi n’y avions-nous pas songé plus tôt ? Il a fallu attendre le lancement de cette idée génialissime courant 2015 par la non-moins brillantissime ministre Cosse du formidablissime gouvernement Valls pour enfin encadrer les loyers français afin de les apprivoiser, ces derniers étant retombés dans leurs travers sauvages alors que le régulateur avait le dos tourné.

Cependant, des difficultés apparaîtront assez vite et Valls devra faire marche arrière, n’autorisant finalement sa Cosse de ministre à ne tenter qu’une expérience sur la ville de Paris. Joie, bonheur et petits décrets municipaux bien serrés : l’encadrement des loyers parisiens était en route sous les applaudissements du public en délire. Un an plus tard, le bilan sera cependant violemment tiédasse : encore une fois, et en accord avec une nuée compacte d’économistes expliquant que l’encadrement des loyers est une ânerie olympique, ce fut un échec minable de plus au bilan d’un gouvernement français déjà passablement chargé question médiocrité.

Pompon de l’affaire : dans certains cas, l’encadrement en question aura même permis à certains loyers … d’augmenter. Bien joué, m’ame Cosse.

Une nouvelle année s’est écoulée et, à la faveur du tabassage de plus en plus ferme des propriétaires immobiliers, la hausse des loyers, déjà peu élevée et tournant vaguement autour du 1% par an depuis un moment, a fini par s’épuiser au point que les prix baissent un peu à présent… Comme le nombre de locations : à force d’être un coupable systématique, le propriétaire moyen, lassé de se faire violemment fiscquer, abandonne progressivement l’idée de devenir rentier, bailleur ou même propriétaire.

En somme et comme prévu depuis le départ, le contrôle des loyers ne marche pas plus maintenant qu’avant, pas mieux ici qu’ailleurs. Les effets de bords de l’encadrement, multiples et contradictoires, ne permettent au mieux que de tirer des conclusions négatives de cette expérience foutraque.

Mais lorsqu’on a qu’une idéologie pour toute rigueur intellectuelle, on ne peut pas s’avouer vaincu. Devant l’échec patent, et alors même que la justice vient récemment d’annuler cette idée crétine d’encadrement des loyers à Paris, on ne recule pas (no pasaran !) et il faut toute l’énergie du paléo-communisme assumé de Ian Brossat, l’adjoint au maire de Paris chargé du logement, pour extirper de sa naphtaline les meilleures idées dans le domaine : on va redoubler d’effort, pardi !

Point de surprise ici. Après tout, le collectivisme, c’est à ça qu’on le reconnaît : réclamer encore plus de quelque chose qui ne marche pas, sous le prétexte judicieux que si ça ne marche pas, c’est qu’on n’en a pas fait assez.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Malheureusement pour le petit Ian et sa clique de ponctionnaires avides de tout régenter, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Une partie de moins en moins petite de la population commence à se lasser des vilenies et du flicage fiscal permanent que les kapos municipaux entendent faire régner dans la Capitale.

Ainsi, il est normalement obligatoire pour les propriétaires souhaitant louer leur bien de s’inscrire sur le magnifique site web 2.0 mis à disposition gratuitement avec vos sous par la mairie de Paris. Pourtant, sur plus de 100.000 biens en location disponibles dans la capitale, seuls 11.000 propriétaires ont fait la démarche.

Le petit Ian est tout frippé : « Le chiffre est insatisfaisant » maugrée-t-il dans un souffle, tout en pensant très probablement « Mais on les aura, ces gros bourgeois capitalistes ! »…

Ce qui, là encore, pourrait occasionner quelques problèmes puisqu’à mesure que les étatistes de son acabit tentent de nouvelles formes de ponction, le marché et les individus rivalisent d’ingéniosité pour contourner leurs gros doigts trop préhensiles.

Alors qu’AirBnB a déjà joué un rôle certain dans la bousculade des prix immobiliers dans la Capitale, allant jusqu’à remettre les pendules à l’heure en matière de services hôteliers, c’est encore une fois la firme américaine qui provoque des petits hurlements stridents chez les thuriféraires du Consentement À l’Impôt : depuis quelques temps, les bailleurs passant par leur plateforme peuvent disposer d’une carte de paiement Mastercard Payoneer qui fonctionne comme une simple carte de débit avec les loyers collectés, lorsque l’option est ainsi choisie par le bailleur. La carte étant émise hors de France, ceci veut dire qu’une partie de ces loyers et de ces dépenses ne sont pas visibles par l’administration fiscale française ou Ian Brossat qui se rejoignent alors pour entamer un chœur de pleureuses taxatoires maltraitées.

Au demeurant, la firme agit ici comme beaucoup d’autres (Amazon, Alibaba dans le monde et Abritel ou CDiscount en France) qui ne font que proposer un service pratique pour leurs clients. Charge à ces derniers de rester dans la légalité et de déclarer ce qui est dû au fisc. Ce qui, dans la bouche de notre Brossat de combat, se transforme évidemment en :

« Airbnb incite ses hôtes à faire de l’évasion fiscale en localisant leurs revenus dans une banque située à Gibraltar.
(…) Je pense que Bercy gagnerait à regarder tout cela et à vérifier ce qu’il est possible d’entamer comme démarche, parce qu’on parle quand même de milliers et de milliers d’euros, sans doute beaucoup plus, qui échappent totalement au fisc français »

Ben voyons.

Mesure, calme, pondération et précision, toutes qualités dont le collectiviste moyen saura se départir avec rapidité si une belle taxation est à la clé : vite, lançons Bercy sur la piste et tentons de récupérer le magot en utilisant l’excuse facile du « Rassurez-vous, c’est pour votre bien. C’est français, c’est l’Etat français. »

Chaque jour qui passe démontre s’il était besoin le paradigme dans lequel s’est volontairement placé une partie du pays, de ses dirigeants et de son administration : en donnant la parole et – pire ! – le pouvoir à toute une clique de collectivistes à la petite semaine, en fournissant un véritable boulevard au socialisme et à tous ces adeptes d’une redistribution forcée, la France s’écarte tous les jours de la croissance et de l’enrichissement de la population.

On régule, on encadre, on taxe, on traque, on dénonce, on spolie et on se retrouve, après quelques décennies de ce régime stupide, avec un pays en ruine, une classe moyenne percluse d’impôts, un niveau de vie en baisse, un chômage galopant et des créateurs de richesses qui s’expatrient, discrètement, loin de ces tsunamis d’idioties. Et pour lutter contre ces fléaux, que proposent nos élites ? Plus d’impôts, plus de taxes, plus d’encadrements, pardi !

Forcément, ça va bien marcher.

Source : http://h16free.com/2017/12/06/59760-airbnb-est-vraiment-trop-mechant-avec-la-mairie-de-paris


Parlons climat : (I) Contexte, températures et gaz carbonique

lundi 4 décembre 2017 à 09:00

Article écrit en commun par Nathalie MP et h16.

Un peu de contexte

C’était l’euphorie, à Paris, le 12 décembre 2015. L’Humanité venait enfin d’interdire fermement au climat de se réchauffer : les 195 pays présents à la Conférence Climat « COP21 » s’étaient mis d’accord pour limiter le réchauffement climatique anthropique (RCA) « bien en-dessous de 2° C » par rapport à l’ère pré-industrielle.

Afin de faire glisser le suppositoire aussi commodément que discrètement, ils avaient planqué dans les annexes un petit paragraphe prévoyant le déblocage d’une piscine olympique petite enveloppe de 100 milliards de dollars des pays riches (bien évidemment responsables) pour aider les pauvres (bien évidemment irrespvictimes). Et bien sûr, il s’agissait seulement d’un plancher : « Sky is the limit », surtout s’il est pollué.

Pour les transis (de chaud) qui savaient la fin du monde proche, cette conférence de la dernière chance avant l’apocalypse fut un vrai soulagement. Pour les réalistes, ce fut plutôt la consternation de constater l’absence soigneuse de tout objectif chiffré. De là à penser que l’accord glorieusement louangé par François, Barack, Laurent, Nicolas, Ségolène et les autres était finalement plutôt vide et fort peu contraignant, il n’y avait qu’un tout petit pas que les États-Unis ont rapidement franchi cet été en annonçant leur retrait…

… Coup dur : deuxième émetteur de CO₂ au monde après la Chine (15% des émissions contre 29%), ils confirmaient ainsi leur état de Grand Méchant Mondial et risquaient de saboter les beaux efforts des autres. Mais surtout, ils sont, ou plutôt étaient aussi un contributeur financier très appréciable.

Or dans cette lutte sans merci contre le RCA, le nerf de la guerre, c’est bien l’argent.

C’est donc tout judicieusement qu’Emmanuel Macron, notre Président Pepsodent™, a décidé de relever le défi de la défection américaine en conviant 2 000 invités en provenance d’une centaine de pays pour le 12 décembre prochain (deux ans exactement après la COP21) dans le cadre d’un sommet mondial très parisien intitulé « One Planet Summit ».

Au menu : trouver des financements privés et publics (mais surtout publics) pour cette fameuse « action climat », histoire de « Make Our Planet Great Again » – et lâcher au passage 60 millions d’euros de plus d’argent gratuit de la poche des autres pour attirer des scientifiques étrangers ayant un projet en lien avec le changement climatique (ce qui, on le comprend, ne favorisera pas du tout le biais pro-réchauffiste de la science climatique, n’est-ce pas).

Du reste, lors de la COP23 de Bonn (Allemagne) le mois dernier, il avait même appelé les États européens à compenser intégralement le retrait américain pour financer le GIEC, ce Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat qui fait la pluie et le beau temps sur le climat depuis sa création dans la nébuleuse onusienne en 1988.

Vous l’avez compris : ce RCA est devenu un gouffre à dépenses publiques débridées et un prétexte en béton armé pour justifier une intrusion permanente de l’État partout.

Cela a d’ailleurs poussé l’Association des Climato-réalistes à organiser le 7 décembre prochain à Paris sa propre Journée Climat, contre la pensée unique qui prévaut dans les rangs écologistes, médiatiques et gouvernementaux.

Parallèlement, son président Benoît Rittaud, mathématicien maître de conférences à l’université Paris-13 (Sorbonne Paris Cité), a décliné six thèmes liés au débat climatique dans six podcasts intitulés « Une minute pour comprendre » sur Temporium Radio. Le premier, diffusé le 16 octobre dernier, était consacré au « tranquille réchauffement de la terre » :

Il apparaît en effet que la thèse réchauffiste, intensément relayée à l’approche de chaque nouvelle COP et financée à coups de milliards de dollars, de taxe carbone (fraudes incluses) et de « peur exponentielle » savamment entretenue, consiste à prétendre d’une part que la terre s’est « anormalement » réchauffée depuis l’ère industrielle et à constater d’autre part que le taux de CO₂ de l’atmosphère a « considérablement » augmenté.

Conclusion « évidente » : les activités humaines (ultra) capitalistes, (turbo) industrielles et (méga) consommatrices d’énergies fossiles dégagent bien trop de CO₂ qui par effet de serre provoque un réchauffement climatique aux conséquences forcément catastrophiques (ici, insérez une photo d’ours famélique ou de politicien non-réélu pour faire pleurer).

D’où accélération des phénomènes climatiques extrêmes, hausse du niveau des océans, fonte de la banquise, bref, toute une cohorte d’abominations (sur lesquelles nous reviendrons dans un second article) qui justifient forcément des politiques publiques (qui feront l’objet d’un troisième article) afin de cramer un maximum d’argent gratuit en petits fours savoureux lutter contre cette évolution catastrophique.

Mais en fait de conclusion évidente, peut-être est-il nécessaire de revenir un peu sur ces histoires de températures affolées et de CO₂ subitement dodu.

Côté températures

Tout a vraiment commencé en 1998 avec la courbe en crosse de hockey de Michael E. Mann.

Certes certes, le GIEC n’avait pas attendu cette courbe pour se mortifier des effets de l’activité humaine sur le climat puisqu’il était parvenu, dès 1997, à faire signer le protocole de Kyoto à 84 pays qui s’engageaient déjà à réduire leurs émissions de CO₂. Mais le travail de Mann, qui reconstituait les températures moyennes de l’hémisphère nord depuis 1000 ans à partir des anneaux de croissance des arbres, donna vraiment le signal de départ de l’alarmisme climatique en mode turbo. Après le calme plat, voire un léger refroidissement pendant 900 ans, on lisait alors un réchauffement spectaculaire à partir de 1900, pile au moment où les populations riches du Nord ont commencé à s’extraire bêtement de la misère en exploitant charbon, gaz et pétrole. Une courbe qui tombait à pic pour remonter le moral des anti-capitalistes en manque de cause depuis la chute du communisme soviétique (1991).

Mais une courbe qui posait quand même quelques petits problèmes.

Eh oui, le climat est naturellement très variable. Le GIEC lui-même l’admettait volontiers comme en témoigne le graphique ci-contre qui figurait dans son premier rapport de 1990. On y voit un petit âge glaciaire succéder à l’optimum médiéval qui avait permis, par exemple, la culture de la vigne en Angleterre et la conquête du Groenland par les Vikings. Ces deux phénomènes sont documentés dans de nombreuses études historiques, géographiques et économiques de la période, même si le politiquement correct ambiant pousse à les minimiser.

Une controverse sur la courbe de Mann s’ensuit.

Si le Wikipédia en anglais l’admet dans son titre, notons que l’article du wikipedia français reste très discret (voire pudique et très superficiel) sur le sujet. Toujours est-il qu’en 2003, McIntyre et McKitrick publient une « correction » qui fait état des nombreuses manipulations, extrapolations, falsifications et troncations (oui, tout ça) opérées par Mann sur ses données. Ce dernier reconnaît les faits et la revue Nature, qui a publié la courbe en 1998, exige un corrigendum. Mais là encore, McIntyre et McKitrick mettent au jour un traitement statistique qui privilégie le XXème siècle afin de garder à la courbe son allure spectaculaire.

Finalement, la courbe de Mann disparaîtra commodément des rapports du GIEC, tout comme le mot « réchauffement », habilement remplacé par changement climatique.

Du reste, la Terre a de toute façon connu des périodes préhistoriques bien plus chaudes qu’aujourd’hui. Et si l’on s’en tient à notre époque moderne, les températures moyennes ont augmenté de … 0,6°C (oui oui, même pas 1°C) au long du XXème siècle. L’expression de Rittaud, « le tranquille réchauffement de la terre », prend tout son sens. Mieux : depuis 1998, on observe même une pause dans le réchauffement, alors que le taux de CO₂ continue de grimper (tranquillement aussi).

C’est une pierre dans le jardin des réchauffistes qui se sont évertués à démonter cette pause en « réajustant » toutes les données disponibles avant la COP21 histoire de bien relancer le drame et la pression sur les finances publiques.

En réalité, les pics de température enregistrés ces dernières années ont surtout à voir avec le phénomène El Niño, grand perturbateur climatique, qui fut particulièrement puissant en 2015 et 2016.

Tant de parti pris ne pouvait que déboucher sur des projections hautement fantaisistes.

C’est ce qu’on observe sur le graphique ci-dessus quand on prend le temps de comparer les prédictions de température des modèles climatiques numériques, toujours effrayantes (courbe rouge), et les réalisations effectives (points bleus et carrés verts), nettement plus modérées. Tranquillou-bilou, le réchauffement !

Côté CO₂

Tout d’abord, le CO₂ n’est pas un polluant. Vraiment. Sans façon. Si si. On ne le répétera jamais assez tant l’acharnement est grand pour en faire le coupable expiatoire de notre développement.

En réalité, c’est un élément bénéfique indispensable à la vie grâce à la photosynthèse des plantes. Il est même responsable du reverdissement qu’on observe depuis quelques années sur la planète. Qui s’en plaindrait, à part les écologistes qui n’aiment le vert que sur les dollars servant leur agenda collectiviste ?

Quant à son rôle dans l’effet de serre, il est très loin d’en être le seul responsable. Le premier est la vapeur d’eau, représentant au moins 60% dans l’effet de serre total de la planète. En toute logique, nos écolos de combat devraient pétitionner vigoureusement pour qu’on réduise enfin les émissions de vapeur d’eau… Bon courage.

En outre, corrélation n’est pas causalité. Pourtant, les réchauffistes considèrent que plus il y a de CO₂, plus la température moyenne de la planète augmente, en n’accordant qu’un rôle très subalterne au soleil dans cette température (c’est osé, mais c’est à ça qu’on les reconnaît).

Or les scientifiques qui font de la science – eh oui, il y a en a ! – ont émis l’hypothèse extrêmement plausible que l’activité solaire, particulièrement forte depuis 1950, pourrait expliquer le réchauffement qu’on constate aujourd’hui. Quant au CO₂, loin de précéder le réchauffement, il le suivrait : quand il fait froid, les océans absorbent le CO₂ et quand il fait chaud, ils le rejettent. Dans cette hypothèse, les causes naturelles dominent et la relation de cause à effet serait inversée.

Quoi qu’il en soit, on parle d’un taux de gaz carbonique dans l’atmosphère de 0,04% (ou 407 parts par million) aujourd’hui contre 0,032% en 1960. Alors oui, certes, l’augmentation est de 25%, mais 25% d’un tout petit nombre : cela reviendrait à constater l’augmentation de CO₂ dans l’atmosphère d’une salle de théâtre de 1500 places après y avoir laissé brûler une allumette (oui, toute une allumette). Foudroyant, n’est-ce pas…

Et pourtant, cela n’empêchera pas les partisans du RCA de nous annoncer les pires catastrophes à brève échéance si nous n’abandonnons pas séance tenante les énergies fossiles (et le capitalisme aussi, si possible). Leur ton péremptoire tend à faire oublier que la climatologie est une science toute jeune. Née peu après la seconde guerre mondiale, elle ignore encore trop de choses sur le soleil et les nuages. Beaucoup reste à découvrir avant de pouvoir prétendre savoir où va le climat et personne ne saurait dire sérieusement à ce stade que la « science du climat est établie ».

Ceci devrait inciter les tenants du RCA à beaucoup plus de modestie dans les politiques qu’ils comptent nous imposer et dans les montants d’argent public qu’ils comptent cramer.

(À suivre)


Prochains articles de la série « Parlons climat » :
11 décembre 2017 : « Parlons climat : (II) Ouragans, océans et ours polaires »
15 décembre 2017 : « Parlons climat : (III) GIEC, Politiques publiques et conclusions »

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Source : http://h16free.com/2017/12/04/59725-parlons-climat-i-contexte-temperatures-et-gaz-carbonique


[Redite] Après HADOPI, tout peut arriver…

dimanche 3 décembre 2017 à 11:00

Article initialement paru le 27.11.2009

Cela fait huit ans que la HADOPI, la Haute Autorité Destinée à Observer les Petits Internautes, a été créée afin d’observer les petits internautes de lutter contre piratage et tristes dérives sur les intertubes. À quelques semaines de sa création officielle, j’écrivais un billet qui dénonçait déjà l’inutilité de la manoeuvre et envisageait déjà l’échec cuisant auquel cette création aboutirait.

L’avenir m’a donné raison puisqu’on apprend à présent que le coûteux bidule ne parvient même pas à serrer un millier d’internautes, en France. Sauf à considérer le pays comme rempli de gens d’une honnêteté remarquable, le constat est cruel et sans appel : avec deux condamnations (très majoritairement à une simple amende) par mois en moyenne depuis sa création, le machin bureaucratique est aussi parfaitement ridicule qu’inutile.

L’actualité est parfois facétieuse : alors qu’en coulisse et pour continuer, la HADOPI, prochainement logée dans de très spacieux locaux, va avoir bien du mal à exercer son travail de répression sur les internautes utilisant des liaisons satellites, on apprend que l’assemblée va profiter de la prochaine loi dite LOPPSI pour tenter un filtrage massif du web comme l’affectionnent tant certains improvisateurs technologiquement challengés du gouvernement…

Au détour de l’article précédemment lié, on apprend ainsi que le projet de loi propose d’instituer le blocage des sites Internet contenant des images pédopornographiques.

Rien que là, je pouffe.

Logo HADOPI : haute autorité destinée à observer les petits internautes

En effet, on se rappellera qu’au titre de la loi qui existe déjà, la détention et à plus forte raison la publication de telles images, sur un site internet, sur des cartes postales, dans des catalogues papiers, en 4×3, sur des timbres postes ou dans une fanzine imprimée dans une arrière-cour glauque, bref, toutes ces opérations sont déjà rigoureusement interdites.

Nous sommes donc ici en présence d’une loi qui vise à filtrer, en amont, des contenus qui sont, de toutes façons, illégaux.

C’est surprenant.

Ce serait comme une loi qui déciderait de filtrer les colis piégés.

Rappelons que faire expédier des colis piégés est, en France (et très souvent dans le monde), interdit. Essayez, vous verrez : les gens n’aiment pas, ça éparpille du facteur partout, c’est très sale.

Et pour continuer l’analogie, la loi propose donc un filtrage, c’est-à-dire un procédé qui consiste à fouilloter dans les paquets pour s’assurer que ceux-ci ne contiennent pas de substances explosives. Au départ, bien sûr. Ensuite, on s’assurera discrètement qu’il ne contient pas un camembert d’importation (argh !) puis du vin de Californie (double argh !) pour enfin vérifier que le contenu n’est ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré…

D’une part, cela revient à admettre que la quantité même de paquets explosifs justifie la mesure et que donc, pour laisser tomber l’analogie postale, le nombre de sites pédo-pornographiques est si important que surfer sur internet est devenu un véritable slalom dans lequel Josette, paisible mère de famille qui veut s’acheter une paire de chaussettes en ligne, se retrouve harcelée par d’incessants messages lui proposant des sex-toys, des boxeurs thaïlandais de 40 ans en rut et autres gâteries douteuses graphiquement exposées pour son plus grand désarroi.

En réalité, Josette achète régulièrement des chaussettes sur internet et rien de tout ça n’arrive. On peut même admettre que dans 99.9% des cas, il ne se passe rien de plus que ce qui est prévu. Quelques cas se terminent par une fraude (chossettes.fr peut être un site frauduleux) et il doit bien y avoir un gugusse qui stocke quelque part des images pédophiles sur jo7.com, mais ce n’est pas dit du tout.

D’autre part, pour reprendre l’analogie postalo-tractée, s’il venait la fantaisie à l’un de nos sémillants politiciens de décider de filtrer les paquets au moyen, par exemple, de chiens renifleurs ou de détecteurs de métaux, le nombre de faux positifs, la quantité même de paquets à traiter, la probabilité d’un positif non détecté, et, surtout, l’atteinte possible et probable  à la vie privée rendraient l’ensemble de l’opération physiquement exorbitante et politiquement risquée.

J’admets que l’analogie n’est pas parfaite : des paquets (pas tous) passent par de tels procédés, notamment quand une douane est concernée. Soit. Ça en dit long sur le pouvoir de la douane, soit dit en passant …

Et dans ce cas, on peut noter qu’il serait tout aussi ridicule de filtrer les conversations téléphoniques au motif que certaines enfreindraient la loi (notamment celles qui planifient des attentats). Pour placer une écoute, il faut en passer par certains procédés légaux et juridiques. C’est à ce prix que tient encore une présomption de liberté d’expression en France (j’insiste sur présomption).

Cependant, pour internet, ces précautions tombent : une petite loi, et youpla, non seulement on va pouvoir sniffer du paquet comme un joueur de foot colombien, mais on va aussi aller plus loin en imposant que les fournisseurs d’accès deviennent des maillons actifs de la surveillance.

Je suppose que puisque c’est Internet et que ce sont des paquets de bits, on peut.  Eh bien non, M. Hortefeux, si vous me lisez, ce n’est pas un message pornographique subliminal, et non, on ne peut pas plus qu’avec les conversations de Mamie Josette ou le courrier de n’importe qui d’autre. C’est un principe de base. Céder là-dessus, au prétexte naïf et niais que c’est pour le bien de tous, et qu’il y a du danger dans ce bas monde, c’est ouvrir bien grand la porte au reste. C’est, littéralement, des petits coups de marteaux portés vigoureusement sur la viande (du mouton-citoyen, ici) pour l’attendrir avant le grill.

Mais même en poussant ces considérations morales de côté, il reste un aspect technique fort gênant : tout ceci va coûter fort cher, coût qui sera reporté sur le consommateur et qui va donc enquiquiner un maximum de personnes, ralentir tout le bazar en France, et … être bien peu efficace : en effet, cacher des données est relativement facile. Le filtrage attrapera les imbéciles et les nigauds, tout comme, par exemple, les radars routiers fixes attrapent ceux qui ne les connaissent pas. Et les autres, l’énorme masse des autres (ceux qui font bondir des millions de pubs d’éphèbes thaïs au nez de Josette), ils passeront au travers. Zut.

En outre, les résultats obtenus par la cyberpatrouille, dédiée à la traque des prédateurs sexuels sur internet, parlent d’eux-mêmes : 315 contacts en 10 mois, et … 13 personnes déférées à la justice. Soit, à la louche, une par mois. Pendant ce temps, les incestes ou viols sur mineurs dans le monde réel, perpétré par un proche direct de la victime, sans l’aide de petits paquets internet, c’est nettement plus de 315 par mois.

Bref :

Sur le plan médiatique, en revanche, c’est carton plein, comme d’habitude : esbroufe, strass, paillettes, agitation cosmétique et grands mouvements de bras, grandiloquence des jours historiques et des zeures les plus sombres de notre histoire, tout y est : il faut du Loppsi dans la vie pour remettre du … mordant, disons, là où ça mollissait.

Et pendant ce temps, la criiiiise continue.

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Source : http://h16free.com/2017/12/03/59750-redite-apres-hadopi-tout-peut-arriver