PROJET AUTOBLOG


Hashtable

Site original : Hashtable
⇐ retour index

Mise à jour

Mise à jour de la base de données, veuillez patienter...

Parti Sosialiste : Mamies font de la résistance

jeudi 11 mai 2017 à 09:00

Emmanuel Macron promettait de changer la politique : reconnaissons-lui d’avoir, d’ores et déjà, réussi son pari. Il n’en est que marginalement responsable, mais il n’empêche que son arrivée dans la vie politique française joue le rôle d’un catalyseur bienvenu : comme le PCF en son temps, le PS est en train de se ringardiser à vitesse grand V.

Soyons fair-play : cette dissolution du PS dans ses propres acides est en grande partie l’oeuvre consummée de François Hollande qui aura, grâce à son art incroyablement toxique de la synthèse, réussi à faire croire à une survie du parti mitterrandien bien au-delà de sa réelle capacité. En réalité, le socialisme hollandesque, patchwork boiteux de crypto-marxistes et autres lambertistes honteux, de sociaux-démocrates et de centristes plus ou moins calculateurs n’a tenu que tant que tenaient les gamelles électorales.

L’arrivée de Macron à la présidence aura largement rebattu les cartes en siphonnant le centre, ce qui a dépeuplé le PS d’une partie de son aile la plus à droite (si tant est qu’on puisse parler de droite en France de nos jours). Les primaires socialistes ont achevé de réveiller les pires dissensions déjà largement attisées par les frondeurs pendant les cinq années de pénibleries hollandesques, pour aboutir au petit comédon de Benoît Hamon (« Monsieur Six Pour Cent ») et à une vaste récupération populiste de la part du batteleur Mélenchon pour les égarés qui restaient.

Au passage, on admirera la capacité d’adaptation de ce dernier qui ne recule devant aucun déménagement pour s’assurer une place dans la prochaine Assemblée : profitant des facilités offertes par le tourisme électoral, voilà notre homme qui se présentera à Marseille où les électeurs du cru pourront faire semblant d’élire un député local pendant qu’il fera semblant de les représenter.

Mais baste, passons les petites ambitions personnelles pour noter que la déroute socialiste est bien évidemment totale et tout le monde sent l’odeur du sang se répandre dans la prochaine Assemblée.

Cela n’a donc pas traîné : tout ce que le pays compte de barons socialistes commence à s’agiter pour tenter de trouver un point de chute alors que porter l’étiquette « PS » va s’avérer complètement invendable aux prochaines élections. En cela, tout se déroule comme prévu.

Ce qui ne nous empêchera pas de nous gondoler méchamment en voyant les petits gestes désespérés de plusieurs nageurs-couleurs dans le flot actuellement déchaîné de la politique française.

Difficile de réprimer un sourire devant l’humiliation gratinée qui est appliquée à Manuel Valls, mais force est de constater que le bougre a absolument tout fait pour qu’on la lui inflige : lâchant Hollande, puis Hamon, puis le Parti Socialiste, il était plus que temps que soit récompensée sa trop grande souplesse essentiellement due à une absence totale de colonne vertébrale. Monsieur Valls devra donc se trouver un petit canton douillet pour tenter de se faire réélire, mais je prédis (et espère) une fin tout à fait minable pour l’ex-premier ministre de la France sous état d’urgence.

Et tant qu’à se gondoler, autant laisser toute la panoplie des petits sentiments de panique se déployer dans les rangs socialistes pour obtenir le meilleur de la rigolade politique.

C’est ainsi qu’on apprend toute l’émotion de la petite Najat Vallaud-Belkacem qui va – espérons-le – devoir se trouver un vrai job, son actuel emploi fautif de Ministre de l’Edulcoration Nationale expirant avec un petit couic minable dans les jours qui viennent. Avec un peu de chance, Macron et son équipe choisiront prudemment de ne pas branquignoler à gros outils en ne repêchant surtout pas cette catastrophe industrielle majeure.

C’est ainsi qu’un triplet de grands-mères socialistes se sont rassemblées pour tenter de se la jouer à la Macron en créant un mouvement, bricolage soudainement à la mode depuis que le jeunot a réussi son pari : Hidalgo, Aubry, Taubira, secondées par l’inévitable nuage « d’intellectuels » vaporeux et engagés de gauche, viennent de lancer « Dès Demain », un « mouvement d’innovation » ouvert à « tous les humanistes qui croient encore en l’action ».

Avec une telle accroche, de telles marraines et un tel passif derrière lui, le mouvement – qui promet bien évidemment de réinventer l’action, l’humanisme, la citoyenneté et le festivisme xyloglotte turbopropulsé – aura tout pour plaire, à commencer par une épaisse couche de peinture pour camoufler les vieux relents de socialisme des années 60 que les porteuses de projet incarnent si délicieusement. La prudence conviendrait d’ailleurs, au vu des idées qui seront remuées dans cette chaloupe lancée en direction des naufragés du pédalo Hollandus, d’appeler plutôt ce mouvement « Depuis hier » tant on sent déjà qu’on sera en prise directe avec un passé sépia dont plus personne ne veut entendre parler.

Il reste l’épineuse question de l’insupportable Ségolène. Soyons optimistes : si Macron a réussi à couler la Marine, peut-être pourra-t-il en faire autant avec la Royal. Quoi qu’il arrive ensuite, le pays lui devrait une fière chandelle.

Du reste, notons que si Fillon l’avait emporté à la place de Macron, le tableau – au moins à gauche – aurait été sensiblement le même puisque le PS aurait été, là encore, en proie à la même peur panique devant des législatives qu’on s’imagine déjà rudes pour nos vieux briscards politiciens.

L’avantage indéniable de la victoire de Macron sur Fillon est bien évidemment que ce qui est en train de s’opérer sur le parti socialiste prend la même tournure au sein des Républicains, qui n’ont absolument pas compris le message des urnes : plutôt que consolider sur les 20% d’électeurs d’un Fillon – invendable sur le plan personnel – voilà nos candidats au renouvellement de leur poste de député en train de bricoler le programme déjà passablement cabossé du candidat présidentiel pour tenter, une énième fois, de dissoudre les rares traces de libéralisme et de mesures un tantinet couillues dans des barils entiers de sociale-démocratie redistributive, caline et parfaitement imbuvable. Ceci annonce très vraisemblablement une belle explosion de cette droite foutraque et aussi sociale-démocrate que le PS agonisant.

Le bilan est franchement réjouissant : la gauche, arc-boutée sur ses dogmes passéistes, est en train de mourir de ses contradictions, ses guerres de chapelles et son incapacité dramatique à répondre aux besoins de la population. La droite, cadencée sur la gauche depuis Mitterrand et sa cynique arnaque frontiste, suit le même chemin avec la même fébrilité. Dans quelques mois, on peut espérer un petit dépoussiérage de ces vieux partis d’après-guerre. Les discours et les postures vont, peut-être, changer. Il était temps.

Maintenant, on peut espérer qu’il en soit de même avec les têtes. Pour le coup, je serais nettement plus prudent.

Pour le moment, il ne pleut pas.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/11/58201-parti-sosialiste-mamies-font-de-la-resistance


Bitcoin en pleine fièvre

mercredi 10 mai 2017 à 09:00

La France se retrouve à présent dans cette période un peu délicate où son ancien président n’est pas encore parti, son nouveau n’est pas encore arrivé, le gouvernement sortant n’est pas encore sorti et le gouvernement entrant n’existe même pas encore. Avec, de surcroît, des législatives particulièrement pleines de rebondissements, la presse française se retrouve ensevelie sous les sujets politiques, qu’elle traitera avec le brio qu’on imagine. Pourtant, le monde continue d’avancer, obstinément, et notamment celui des cryptomonnaies.

Et comme cela faisait un petit moment que je n’avais plus abordé ce sujet, je pense utile d’y revenir dans cette période où tout le monde se polarise un peu trop sur les actions politiques alors que, sur le plan économique, se jouent sans doute des heures décisives.

Je n’exagère pas et je l’ai déjà dit : de la même façon qu’internet a représenté une révolution humaine comparable à celle de l’imprimerie, les monnaies numériques – dont Bitcoin est le premier avatar – introduisent un bouleversement aussi fondamental dans l’économie, en annulant complètement le besoin d’un tiers de confiance (comme les banques) et en s’affranchissant intégralement et par construction des contraintes étatiques.

Or, de nouveaux chapitres sont actuellement écrits avec fébrilité et une bonne partie de l’Europe ne doit sa complète ignorance en la matière qu’à l’actualité particulièrement chargée sur le plan politique qui parvient à complètement occulter ce mouvement de fond (et de fonds) pourtant décisif.

Il y a bien sûr le simple cours du Bitcoin dont la valorisation journalière ne cesse de grimper. Atteingnant actuellement plus de 1700 dollars (1580 euros), la cryptomonnaie bénéficie toujours de son positionnement de premier arrivant dans le monde des monnaies numériques. Mais pas seulement : sur les six derniers mois, plusieurs nouvelles renforcent l’attrait que les investisseurs en particulier et le public en général peuvent montrer pour cette technologie.

D’une part, les régulateurs de différents pays commencent à comprendre que cette technologie est là pour durer. S’il y a encore débat pour savoir si, dans cinq ou dix ans (et a fortiori plus loin dans le futur), ce sera toujours Bitcoin qui représentera la plus grosse capitalisation (atuellement supérieure à 28 milliards de dollars), il n’y en a plus en ce qui concerne la blockchain, technologie sous-jacente de la monnaie reine : non seulement, un nombre croissant de banques a adopté celle-ci pour effectuer leurs opérations internes, comme je le mentionnais dans un précédent billet, mais encore trouve-t-on de nombreux exemples de cette technologie appliquée à d’autres domaines – signalons par exemple Tezos dont le fondateur, Arthur Breitman, avait répondu à un entretien pour Contrepoints il y a quelques mois et dont la société vient de lever des fonds auprès de Tim Draper, un milliardaire enthousiaste au sujet des cryptomonnaies.

Cette tendance des cryptomonnaies (et en particulier Bitcoin) à intéresser un groupe de moins en moins marginal d’investisseurs se vérifie de plus en plus à mesure que l’importance de la révolution en cours touche un nombre croissant de personnes. Si l’on doit garder son calme devant les prévisions parfois hardies de certains d’entre eux sur le cours futur de la cryptomonnaie, il n’en reste pas moins que le mouvement global d’investissement semble enclenché, d’autant que les fondamentaux qui favorisent l’expension de l’usage et de la valeur de ces monnaies sont raisonnables : non seulement, la croissance naturelle du nombre d’utilisateurs pousse à l’augmentation des prix, mais la valeur stockée par chaque utilisateur dans les monnaies cryptographiques ne cesse d’augmenter, poussant toujours plus de nouveaux entrants à s’ajouter à la foule de ceux qui viennent d’arriver.

D’autre part, on constate ces derniers mois une tendance à l’assouplissement de la part des régulateurs des pays les plus en pointe dans le domaine technologique. Ces dernières semaines, notons le cas du Mexique dont le ministère des Finances entend bien réguler les acheteurs et les vendeurs de la monnaie, sans toutefois réguler la monnaie elle-même. De l’autre côté de la planète, le Japon vient lui aussi d’assouplir sa position vis-à-vis de la monnaie, en l’acceptant comme forme légale de paiement. Pour certains médias, ce serait même la raison principale derrière la récente hausse du cours du Bitcoin. Du reste, cet assouplissement s’est directement traduit par une augmentation notable (et assez inattendue) de l’utilisation de Bitcoin pour les paiements effectués dans l’Île. Le même engouement est d’ailleurs remarqué en Australie où un système de paiement local par Bitcoin, « Living Room of Satoshi », annonce avoir permis de payer des factures à hauteur de plus de 4 millions de dollars en 16 mois.

En somme, le régulateur étatique est maintenant plus souple et semble un peu mieux comprendre les principes de monnaie cryptographique ; si cela ne change rien pour celui qui veut s’affranchir de la tutelle étatique (ce dernier profitant alors de la latitude disponible par construction dans le procédé de blockchain), cela aide en revanche les individus qui, précautionneux, souhaitent conserver un pied dans les deux systèmes, celui de la cryptomonnaie d’un côté et celui de la monnaie fiat étatique de l’autre, d’autant qu’à mesure que la valeur de Bitcoin monte, le nombre de participants augmente, rendant le système plus intéressant pour chacun.

Cet assouplissement du régulateur est particulièrement intéressant à mettre en rapport avec ce qui se passe dans certains pays où ce dernier, justement, tente absolument tout pour faire disparaître Bitcoin. C’est typiquement le cas du Venezuela où la cryptomonnaie sert de moyen d’échange particulièrement efficace et solide face à une monnaie locale gérée n’importe comment par le pouvoir en place et depuis complètement dévaluée ; j’en faisais mention dans un précédent article qui détaillait différentes façons que les citoyens vénézuéliens ont trouvées d’utiliser Bitcoin pour contourner les restrictions et autres pénuries que provoque le régime socialiste de Maduro.

Enfin, la hausse quasi-continue des cryptomonnaies et du Bitcoin en particulier profite aussi de l’élargissement continu du marché aux individus lambdas. Si, il y a quelques années, il était relativement compliqué pour ne pas dire presque impossible d’acheter des bitcoins en ligne avec une simple carte de crédit, ce n’est plus le cas depuis un moment. Évolution discrète mais réelle, de plus en plus de places de marché et de sites proposent maintenant l’achat de cryptomonnaies directement ce qui ouvre ces marchés spécifiques bien au-delà du public d’avertis voire de spécialistes informatiques de la question.

Pour illustrer, citons différents sites qui offrent précisément cette facilité, comme Kraken ou Bitstamp sur lesquels il faudra s’enregistrer en fournissant plus ou moins de données en fonction des volumes qu’on souhaite acheter ou Localbitcoins qui permet d’acheter directement à des particuliers ou via virement SEPA (banque à banque). On trouve même à présent des sites qui permettent de faire fructifier ses bitcoins en utilisant différents mécanismes de trading (Usi-Tech par exemple).

Si l’on ajoute à ce tableau le développement et le lancement de cryptomonnaies vraiment anonymes (i.e. qui garantissent l’anonymat des transactions au contraire de Bitcoin qui, lui, en garantit la publication complètement ouverte) comme Monero ou Zcash, qu’on factorise le fait qu’à présent, « l’industrie Bitcoin » crée de l’emploi et génère plus de deux milliards de dollars en deux ans, on comprend que cette récente poussée de fièvre de ces nouvelles technologies monétaires ne doit rien au hasard.

Certes, la rapidité et la violence de l’envolée justifie amplement qu’on puisse parler de bulle spéculative et il est possible, probable même, que ces cryptomonnaies continueront de connaître des trous d’airs dans les semaines et les mois qui viennent. Néanmoins, cela ne change rien aux fondamentaux qui installent progressivement et durablement ces cryptomonnaies dans le paysage financier mondial.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/10/58187-bitcoin-en-pleine-fievre


Les nombreux défis d’Emmanuel Macron

lundi 8 mai 2017 à 09:00

C’est une totale non-surprise : la France, ce gros bébé joufflu un peu peureux, après avoir choisi l’entremets lacté, s’est laissé pousser une paire de molaires et va attaquer le macaron. Joie, liesse et flonflons : Macron est élu, youpi youpi.

Tous les médias sont d’accord, au moins pour célébrer l’excellente nouvelle : grâce aux efforts énormes déployés par toute la population française dans un acte de civisme et de courage rare, la beuhête immonheude a une nouvelle fois été repoussée. Que vibre encore avec ferveur la République, une, indivisible et ouverte du lundi au vendredi de dix heures à midi et de quatorze à seize, sauf le jeudi où il y a nocturne jusqu’à dix-sept heure mais c’est sur rendez-vous, merci.

À présent, les éditos et les chroniques se bousculent déjà pour à la fois pousser un petit ouf de soulagement (un tantinet exagéré compte tenu du risque nul d’avoir Marine Le Pen aux commandes suite à ce scrutin) et pour disséquer les résultats et montrer à quel point notre homme nouveau va devoir jouer finement dans les prochaines semaines.

Cependant, comme cette presse passe un peu vite sur les résultats de ce scrutin, revenons-y, d’autant qu’ils éclairent la performance de Macron d’une lumière un peu moins vive que celle avec laquelle nos médias la mettent en valeur.

D’une part, le score de Macron s’entend sans tenir compte des blancs, des nuls et de l’abstention. Pourtant, les nuls et les blancs comptent pour 4 millions d’électeurs ce qui est un record. Pourtant, l’abstention a augmenté entre le premier et le second tour (ce qui ne s’était jamais vu) et représente tout de même 12 millions de personnes. Ces chiffres bruts signifient déjà que ceux qui n’ont pas voulu prendre part au choix proposé (Beau Républicain vs Hydre Fachisse Au Ventre Fécond tralalila tralala) sont presque aussi nombreux que ceux qui ont élu Macron et plus que Marine Le Pen. Cela signifie aussi que, comme aux élections précédentes, Macron n’est pas élu par une majorité de Français, ni même une majorité d’inscrits, mais seulement une majorité de votes exprimés.

D’autre part, le score de Marine Le Pen, s’il reste très à distance du vainqueur, n’en marque pas moins une victoire pour le Front National qui compte maintenant 10,6 millions d’électeurs, c’est à dire quatre de plus au moins qu’au premier tour.

Ces deux éléments signifient que le nouveau président va devoir se révéler maître en matière de dentelle politicienne, puisqu’il va devoir composer avec une forte majorité de mécontents, d’électeurs qui l’ont désigné « par défaut » et d’opposants farouches, ce qui se traduira par plusieurs défis majeurs.

Il lui faudra trouver une majorité présidentielle. Mais s’il semble raisonnable d’imaginer qu’il devrait y arriver, cela n’a rien d’évident. Certes, contre la droite la plus bête du monde et une gauche complètement éparpillée, il est probable que notre homme parvienne à assembler, comme je le mentionnais dans un précédent billet, une majorité composée pour partie de débutants chanceux et de vieux briscards de la politique, recyclage malheureux de partis en déshérence. Le changement, ce ne sera pas maintenant, car ce sera trop compliqué.

Majorité dans la poche, il lui faudra s’assurer qu’elle soit suffisamment stable pour lui permettre d’appliquer son programme, au demeurant très pastel sur le plan des réformes. Il ne faudrait pas que « En Marche » se transforme en « En Piétinant » voire « À Reculons » si les députés et les ministres commencent à jouer une partition plus personnelle. Sur les quarante dernières années, cela s’est déjà vu, des couacs gouvernementaux ou législatifs, et pas toujours lorsqu’une majorité était fébrile.

Et quand bien même : l’un des principaux soucis du pays étant que son administration est un monstre froid et mou qui ne se cornaque guère sans doigté, diplomatie et un temps qui s’accommode mal des impératifs médiatiques ou politiques, on peut raisonnablement imaginer que les vibrantes tentatives que notre nouveau président tentera de lancer pourraient se heurter à un mur d’immobilisme ou d’indifférence à peine polie. Cela s’est déjà vu, sur les quarante dernières années, et il serait étonnant que cela ne se reproduise pas maintenant.

Enfin, une fois la majorité trouvée, stabilisée et l’administration convaincue, il lui faudra gagner l’assentiment de tous les Français qui devront vivre avec les choix et autres bricolages plus ou moins heureux qu’il entendra mettre en musique, sachant qu’en plus, il y a toujours un écart notable (pour ne pas dire risible) entre la dure réalité et le programme délicatement imprimé sur les papiers colorés de l’aimable propagande électorale. Un programme qui termine en peau de saucisson, sur les quarante dernières années, cela s’est déjà vu. Une « réforme présidentielle » qui se transforme en « méforme gouvernementale », aussi. Des grèves de ronchons systématiques, encore. Et des gens qui attendent le pouvoir au tournant, tout autant.

Enfin, pendant les cinq années qui se profilent, il restera bien évidemment tous les problèmes à régler déjà existants pour la France (sa dette, son chômage, sa compétitivité, et j’en passe), auxquels s’ajoutent tous les problèmes du monde à supporter (tant du côté de l’Europe que du reste du monde, des tensions géopolitiques, du terrorisme et j’en passe encore), auxquels on se devra d’additionner encore toutes les palpitantes affaires plus ou moins crapuleuses, tordues ou bizarres qui ne manqueront pas d’émailler la vie politique française. Palpitance et consternation : chopera-t-on le nouveau président à faire de la trottinette électrique pour retrouver sa maîtresse ? Éviterons-nous les impairs protocolaires, les discours alambiqués de premier de l’an, les saillies consternantes sans queue ni tête ?

Bref, il y a loin de la coupe aux lèvres et le parcours de Macron s’annonce d’ores et déjà semé d’embûches. La probabilité que la situation française soit meilleure dans 5 ans que celle qu’on connaît maintenant est directement dépendante des efforts réels, tangibles, palpables que lui, son gouvernement et sa putative majorité feront réellement. Or, si le passé est un guide, il n’indique malheureusement qu’une réponse, et elle est négative.

On ne peut qu’espérer le contraire. Pour le moment, il ne pleut pas.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/08/58176-les-nombreux-defis-demmanuel-macron


[Redite] Pschiitt

dimanche 7 mai 2017 à 10:56

Article initialement paru le 28.05.2007

Il y a dix ans, l’élection présidentielle confirmait Sarkozy au poste de président de la République. Comme prévu, les promesses de campagne s’étiolèrent rapidement pour ne plus former qu’un magma mou vite oublié. Avec l’élection quasi-certaine de Macron à ce poste, on se demande dans quelle mesure ce qui s’est passé il y a dix ans ne risque pas de se reproduire exactement de la même façon…

Alors que l’horizon avance sur les législatives qui s’annoncent à peine plus sportives que la présidentielle, tout, dans l’attitude du nouveau président et de sa dream-team au pouvoir s’inscrit dans la fixation d’objectifs ultra-mous et en super-pas-rupture, ou, pire encore, dans l’amnésie pratique des résolutions de campagnes qui avaient pourtant encore droit de cité il y a quelques semaines…Le Sarkozy est un fin politique : on n’arrive pas là où il est sans faire un minimum de jogging d’efforts et sans déployer toute une panoplie de roueries stratégies habiles.

Cependant, celle qui consiste à ménager, comme lui et son équipe le font avec des pincettes nanométriques, la chèvre et le chou électoral avant les élections législatives tend à montrer que le courage qui semblait les caractériser début mai s’évanouit progressivement avec l’arrivée du mois de juin. Il faut se rendre à l’évidence : si Chirac avait inventé l’affaire qui fait pschiitt, Sarkozy nous aura démontré possible le gouvernement qui en fait autant.

Il est de notoriété publique que demander à un mâle de retenir des choses importantes juste après un orgasme relève de l’exploit ; peu arrivent en effet à concentrer suffisamment d’énergie pour former un semblant de mémoire qui perdurera. Avec les élections, la similitude est frappante. Ainsi, la réduction du déficit public semble d’ores et déjà appartenir à un passé brumeux où, dans les vapeurs hormonales d’une victoire fumante, on promet un peu tout et n’importe quoi sans trop réfléchir histoire de pouvoir s’endormir rapidement sur des lauriers envoûtants.

Et ça va même plus loin. Enquiquiné d’avoir à admettre une véritable débandade sur le sujet, nos épuisés de la campagne se perdent en excuses et tortillages de sens qu’on croirait typiques d’un mauvais film sentimental qui vire à l’aigre : la baisse des déficits est modifiée en ralentissement de la baisse, pour finalement arriver à la conclusion typiquement couillemolisée que finalement, ces déficits, c’est plutôt pas mal puisque ce sont … des investissements. Vraiment, la rhétorique au service des gros mâles qui s’endorment, ça a quelque chose de fascinant, non ?

On pourrait se dire qu’avec ces premiers bruits pitoyables de dégonflement le petit bateau pneumatique de la République ne tiendra pas le coup et qu’il faudrait donc, en toute bonne logique, s’arrêter là. Après tout, taillader la barcasse alors qu’on atteint la pleine mer, c’est un peu suicidaire.

Eh bien non ! Pendant que les matelots s’emploient à regonfler péniblement un petit boudin du canot, le capitaine décide, dans son coin, de faire de la musique en faisant chanter les valves qui ouvrent grand l’autre partie du frêle esquif : là où il devait y avoir une remise à plat des services publics pour assurer – enfin ! – un service minimum, le président s’est décidé à avancer avec tellement de tact et de doigté qu’on ne peut que constater une reculade franche ; il faut s’y résoudre, dans ce pays, si les syndicats sont heureux, c’est que l’immobilisme est de rigueur ou que la collectivisation de la société continue au petit trot.

Mais le pompon, ce sont bien les efforts discrets mais réitérés du translucide ministre de l’Education pour détricoter rapidement les pâles mesures pourtant dans le bon sens de son Robien de prédécesseur. Agitant l’écran de fumée habile de la carte scolaire, dont la suppression doit être l’Arlésienne des gouvernements un peu soucieux de leur image depuis 30 ans, le nouveau ministre au passé hyalin occupe ainsi la scène médiatique et les esprits tout en abrogeant progressivement tout ce qu’il peut en coulisse. La méthode syllabique, destinée à revenir et remplacer définitivement la méthode (semi-)globale, catastrophe dyslexisante de toute une génération d’élèves en insécurité orthographique, sera finalement oubliée au profit des expériences éducatives tentées depuis les trente dernières années avec le succès que l’on peut constater.

Il semble évident que de telles compromissions, de tels aménagements, à l’approche des élections, ne peuvent que faire penser à des manoeuvres politiques pour convaincre un maximum d’électeurs que les maîtres-mots de Sarkozy, « dialogue » et « concertation », ne soient pas vains. Cependant, on peut noter aussi que cette méthode, celle d’un dialogue ou d’une concertation, aura été tentée à de si nombreuses reprises depuis les années 70 ou 80 qu’elle n’est plus, en elle-même, une méthode, mais bien une habitude, qui s’est véritablement mue en rite rôdé dans lequel, dans un premier temps, le gouvernement montre ses bras, dans un second temps, les syndicats montrent les leurs, et dans un troisième, tout le monde rentre chez lui en attendant la prochaine législature.

Sarkozy n’a que jusqu’à Septembre pour arrêter de dégonfler son rafiot et pour le regonfler à la force de ses petits poumons de joggeur fou. Après, il sera définitivement trop tard. Je ne suis pas optimiste.

J'accepte les Bitcoins !

1J2HJy69qC5TfL7oEqw5L1XpSUYg7M72Ze

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/07/58174-redite-pschiitt


L’insolent succès d’AirBnB enfin courageusement combattu

vendredi 5 mai 2017 à 09:00

En France, l’administration pléthorique, le pouvoir d’achat en berne et l’intrusion de l’Etat dans toutes les relations individuelles n’ont pas abattu l’esprit inventif de nos compatriotes. En fait, ces contrariétés (qu’ils jettent eux-mêmes sur leur propre route) ont nettement favorisé l’émergence de toute une économie du contournement des difficultés paperassières. Si Uber en est une démonstration assez flagrante, AirBnB constitue un autre exemple frappant notamment par son succès.

C’est donc sans surprise qu’on apprenait il y a quelques semaines que cette plateforme américaine, qui permet de mettre en location temporaire son bien immobilier, a battu des records en France en affichant plus de 8,3 millions de locations négociées dans le pays sur l’année écoulée. En huit années, le site AirBnB est ainsi passé du statut de startup innovante à mastodonte économique dans le secteur du tourisme, en profitant notamment des facilités de l’internet pour la mise en relation de loueurs et de touristes, amoindrissant nettement les parts de marché de l’hôtellerie traditionnelle.

Avec 6,5 milliards d’euros d’impact économique évalué pour l’année 2016 (contre 2,5 milliards pour 2015), chiffre additionnant tant le coût de la location que de l’évaluation des dépenses des touristes sur place, AirBnB est devenu un acteur incontournable à la fois de la vie touristique et de la vie économique française : loin de siphonner les emplois hôteliers, la plateforme serait ainsi responsable de la création de plus de 30.000 emplois que ces touristes induisent lorsqu’ils profitent de leur passage dans le pays ; mieux, 15% des voyageurs de la plateforme ont trouvé un hébergement dans des communes n’ayant pas d’hôtels, ce qui tend à montrer la différence de segment qu’elle occupe comparé au tourisme hôtelier traditionnel.

Dans ce tableau, Paris s’en sort évidemment le mieux : capitale mondiale du tourisme, elle l’est aussi pour cette plateforme, devant New-York et Londres, au point de générer un enthousiasme certain chez les voyagistes qui vont jusqu’à établir des cartes de prix des locations parisiennes.

<script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8">

Tout ceci est bel et bon, mais n’oublions pas, cependant, que nous sommes en France et que toute cette belle croissance, toutes ces créations d’emplois et tous ces touristes heureux qui dépensent de l’argent dans notre pays ne sont rien à côté des habitudes, des corporations et de l’administration toute puissante du pays qui n’entendent absolument pas lâcher le moindre centimètre à ce progrès d’autant plus suspect qu’il est rapide, capitaliste et américain (donc probablement acoquiné avec le turbo-libéralisme débridé, la finance apatride, les Russes ou les Sauriens / Illuminatis).

La vérité française, intangible et inaltérable, et que créer de la richesse est éminemment suspect.

Rapidement, la résistance s’organise donc. Déjà, des lois, des décrets et des réglementations apparaissent pour réduire autant que possible cette opportunité offerte aux uns et aux autres de faire un profit, immonde par nature.

Grâce à un petit décret finement ciselé et spécialement taillé pour l’occasion par un gouvernement jamais en mal d’une bonne idée de « progrès social » et de protection des puissantes corporations installées, les communes de plus de 200.000 habitants se voient dotées de la possibilité d’aller vérifier ce que font vraiment les loueurs sur cette honteuse plateforme. Il ne faudrait surtout pas que la puissance de l’Etat soit bafouée, et surtout que le loueur, toute honte bue, loue n’importe quoi, n’importe comment, à n’importe qui. On est en France, monsieur, patrie de la liberté et des droits de l’Homme où tout le monde peut aller où il veut comme il le veut à condition d’avoir les bons formulaires et les cerfas idoines tamponnés dans les temps par les autorités compétentes et dûment accréditées.

Pour un tel décret, du reste parfaitement standard dans ce pays où l’interdiction ou la contrainte sont devenues monnaie courante, le motif officiel ne manque pas de sel : par cet acte, le gouvernement cherche en fait à « garantir l’accès au logement pour les populations dans les grandes villes touristiques ». Ainsi, en imposant des contraintes supplémentaires aux propriétaires, nos dirigeants estiment améliorer la condition des populations qui ont du mal à obtenir à logement.

C’est implacablement logique et tout à fait en accord avec ce qu’on peut observer sur les 50 dernières années où les lois encadrant l’immobilier se sont faites tous les ans plus contraignantes et où, en réponse, le mal logement n’a jamais cessé d’augmenter. Manifestement, si toutes ces lois qui imposent des milliers de contraintes et de cadres légaux aux propriétaires pour faciliter la vie du propriétaire, si les loyers augmentent, si les locataires ont de plus en plus de difficultés à trouver à se loger, et si le nombre de mal logés explose, c’est bel et bien parce qu’on n’a pas fait assez de lois, de règlements, de décrets et d’encadrements, pardi !

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Bref et dorénavant, les propriétaires qui tentent de profiter d’AirBnB dans les agglomérations de plus de 200.000 habitants vont devoir se soumettre à de nouvelles règles administratives : numéro d’enregistrement et ne pas excéder la durée limite légale de cent vingt jours de location par an, avec amendes pour les petits comiques qui tenteraient d’outrepasser.

L’avantage est que ces contrôles seront faciles à faire (par milliers par collectivités) et que le suivi des dossiers litigieux sera à la fois simple et peu coûteux. En plus, l’argent pour les réaliser coule à flot puisqu’on peut logiquement espérer qu’ils seront abondamment financés par la taxe de séjour collectée maintenant de façon automatique depuis le premier mai, là encore pour tabassréguler AirBnB et le marché attenant des locations immobilières entre particuliers.

Nul doute que ce qui faisait, en 2016, une création de richesse pour beaucoup de Français, que ce qui leur permettait d’arrondir leurs fins de mois et de proposer un hébergement bon marché aux touristes du monde entier, partout dans le pays y compris dans les zones rurales, sera courageusement étranglé par les nouvelles contraintes administratives finement ouvragées. Petit-à-petit s’étiolera donc cette nouvelle possibilité qui, comme pour les VTC, offrait une planche de salut à certains, et c’est bien normal tant on frôlait de façon imprudente l’indépendance économique et la liberté de faire ce qu’on veut avec sa propriété privée…

Heureusement, le gouvernement a frappé agi un bon coup.

C’est aussi ça, la France bureaucratique : un Etat efficace au service d’un public toujours plus riche, pour un travail de qualitaÿ.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Source : http://h16free.com/2017/05/05/57961-linsolent-succes-dairbnb-enfin-courageusement-combattu