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De l’abstention

lundi 1 mai 2017 à 11:00

Si, lors des deux élections présidentielles précédentes, la question ne semblait pas trop occuper les esprits, l’abstention à celle qui se déroule actuellement est le sujet de beaucoup de débats enfiévrés et l’objet d’estimations fébriles alors que le second tour approche à grands pas.

C’est logique, du reste : il n’y a pas eu, dans l’histoire de la Cinquième République, d’élections si tendues, aux camps si marqués et aux clivages si prononcés. Le seul précédent s’en approchant était l’élection opposant Jacques Chirac avec Jean-Marie Le Pen et l’époque était sensiblement différente puisqu’alors, la droite et la gauche parlementaires s’étaient tombés théâtralement dans les bras l’un de l’autre pour, prétendument, arrêter l’hydre fascistes aux portes du pouvoir.

Cela avait un peu impressionné le citoyen lambda qui, alors, n’en demandait pas tant et se remettait simplement du petit coup de tonnerre de la disparition en rase campagne de la gauche plurielle et frisée dès le premier tour.

Cette fois-ci, cependant, tout indique que la mayonnaise prend moins bien. Entre une gauche très fragmentée qui refuse toute idée de soutenir un candidat qu’elle ne peut, décidément, pas encaisser, et une droite toute aussi fragmentée qui tergiverse franchement à soutenir Macron, le Front Républicain qui marcha en 2002 peine à déclencher les mêmes ferveurs en 2017.

En pratique, c’est plutôt l’abstention qui semble marquer des points.

Cette abstention est devenue une pratique fort intéressante dans ces dernières élections, d’autant plus qu’elle déclenche à présent une myriade de réactions dont certaines, outrées, illustrent bien les tensions qui parcourent la société française dont chaque individu semble sentir qu’elle est à un point de rupture.

Si, jusqu’à présent, cette abstention était surtout reprochée par les politiciens qui y voyaient un acte incivique ou, très certainement, politiquement incorrect de refus de participer aux grandes messes citoyennes et festives, l’élection actuelle tend à la faire basculer dans les choses impensables, innommables voire tabous : pour un nombre croissant de politiciens, de journalistes, de frétillants chroniqueurs ou de citoyens lambdas, c’est décidé, s’abstenir en cette période est un acte politique honteux ; refuser de faire un choix clair entre deux candidats revient de fait à favoriser l’un des deux.

Mais si, c’est évident ! Si vous ne votez pas, c’est que vous voulez favoriser l’un des deux. Et comme vous voulez favoriser l’un des deux (c’est une évidence, vous dis-je, ne discutez pas), si celui-là est finalement élu, ce sera de votre faute. Dès lors, l’abstention empêchera quiconque la pratique d’obtenir le label « 100% moutontribuable citoyen » qui assure au politicien consommateur une viande moelleuse et charnue, à l’obéissance soigneusement dosée.

Pourtant, à l’analyse, il y a certainement des douzaines de raisons qui poussent les uns et les autres à s’abstenir, mais la plus logique consisterait à considérer que l’abstention représente d’abord un rejet du système. A contrario, on pourrait raisonnablement penser que le vote blanc revient à dire qu’on adoube le système (puisqu’on a participé au vote), mais qu’on met tous les candidats disponibles sur le même plan : pour le voteur blanc, ils sont tous égaux, se valent tous, et peu importe celui qui sera finalement désigné, il s’en accommodera. En revanche, le vote nul indique clairement qu’aucun des candidats ne satisfait le voteur qui, malgré tout, veut continuer à s’exprimer de la sorte, par le vote.

Bien sûr, cette vision des choses n’est pas encore la plus répandue, à tel point que, pour le moment, blancs et nuls sont comptés dans le même paquet, et que l’abstention ne donne qu’une vague indication de l’intérêt porté par les citoyens au suffrage proposé.

Pourtant, on pourrait imaginer mettre à profit ces expressions alternatives : on peut imaginer qu’un scrutin qui ne parvient pas à passer au-dessus des 50% de participation devrait purement et simplement être annulé. La situation serait alors inchangée, le système placé en affaires courantes pendant une période définie à l’avance (plusieurs semaines ou plusieurs mois) après laquelle un nouveau scrutin est organisé. Rappelons que plusieurs pays ont montré pouvoir fonctionner en affaires courantes ; l’excuse du chaos aux portes du pays si un vote n’a pas lieu n’est donc pas crédible.

De son côté, si le vote nul parvient à rassembler le plus de voix, cela signifie qu’en majorité, les votants rejettent tous les candidats. Le scrutin est donc reporté, et tous les candidats en lice sont éliminés (les candidats devenant de fait inéligibles pendant une période tampon définie à l’avance). Le renouvellement de la vie politique à portée de bulletin, voilà qui rendrait les scrutins particulièrement jouissifs, non ?

Mais à la limite, peu importent ces propositions : en l’état actuel, l’abstention est honnie dès lors que les enjeux semblent, aux yeux de certains, devenus à ce point impérieux que l’émotion l’emporte sur la raison et que tous les arguments, même les plus contre-productifs, sont alors sortis pour justifier qu’on vilipende l’abstentionniste.

Dans ce dernier cas, s’abstenir reviendrait alors à fouler au pied la démocratie, a minima, ou à oublier vilainement « tous les gens qui sont morts pour le droit de vote et gnagnagna » (ce qui fera pouffer ceux qui ont deux doigts de culture à ce sujet). Sauf qu’une démocratie où l’on doit absolument choisir entre deux candidats A ou B, sans possibilité ni de s’abstenir, ni de voter blanc ou nul soit parce que ces derniers ne sont pas comptabilisés et n’ont aucune signification dans le scrutin, soit parce que la pression populaire interdit telle abomination, bref, une démocratie qui s’impose ce genre de contraintes, eh bien… ce n’est plus une démocratie : c’est une dictature, rendue à peine plus douce par l’existence de partis officiels sur lesquels on impose de se prononcer.

En somme, dans un paradoxe troublant, on se retrouve à faire semblant de lutter contre le fascisme en empruntant tous les détours qu’il utilise pour faire passer les idées les plus liberticides. Et dans l’élection qui nous occupe, cette crispation atteint des sommets parce qu’on lui prête beaucoup plus de vertus ou de torts qu’elle n’est réellement capable de véhiculer.

En pratique, il n’est qu’à voir les débats dans les médias, les fils Twitter ou Facebook des uns et des autres pour voir qu’il est plus que temps que ces élections s’achèvent : chacun trouve dans la position différente de l’autre, y compris abstentionniste, une excellente raison de l’invectiver, et tous les démocrates d’opérettes semblent oublier avec une facilité déconcertante que l’expression démocratique passe, justement, par cette pluralité d’opinions.

La réalité, c’est qu’une forte abstention entame durablement la légitimité de celui ou celle qui décroche la timbale, et ça, soyons clair, cela terrorise tous les politiciens qui savent qu’ils doivent toujours, au final, imposer leur volonté sur une partie croissante d’individus qui ne croient plus en leurs promesses. Et dans cette élection particulière, une forte abstention serait un signe supplémentaire d’une présidence fortement rocailleuse.

Or, a-t-on vraiment besoin d’une faible abstention pour savoir que ni Macron, ni Le Pen ne semblent capables de rassembler une majorité solide autour d’eux ? A-t-on besoin d’une faible abstention pour comprendre que l’élu(e) devra, quoi qu’il arrive, fortement composer avec des tendances contraires pour seulement espérer tenir le pays ? A-t-on besoin d’une faible abstention pour pouvoir dire que le président, une fois en poste, pourra vraiment obtenir l’assentiment de ses concitoyens, alors qu’inévitablement, son électorat sera un composite improbable, et que son opposition fera feu de tous bois pour se faire entendre, abstention ou non ?

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Source : http://h16free.com/2017/05/01/58109-de-labstention


[Redite] Lettre du petit Kévin Mîquet

dimanche 30 avril 2017 à 11:00

Billet initialement paru le 29.05.2007

On n’a que trop parlé des élections pestilentielles et c’est pourquoi je vous propose de revenir sur un petit billet du moi de mai 2007 où je notais les mouvements de plus en plus frénétiques des sociétés d’auteur diverses et surtout variées pour tenter de mettre fin à l’abominable piratage qui allait, disait-on déjà à l’époque, mettre un terme à la musique rémunérée, le tout dans d’atroces souffrances. 10 ans plus tard, on se rend compte à la fois que les affirmations péremptoires de ces associations lucratives sans but ne se sont vraiment pas vérifiées (au contraire, même), que la marchandisation de la musique ne s’est jamais aussi bien portée, et que leurs petites agitations spasmodiques n’ont servi absolument à rien…

Une brillante équipe du Muséum Historique International Demaerd vient de découvrir quelques documents anciens et inestimables dont une lettre d’un jeune homme, écrite au début du XXIème siècle, alors que la police est sur le point de l’emmener en prison. Emouvant et édifiant sur les moeurs terribles des barbares de l’époque…

Il s’agit de la lettre du petit Kevin Mîquet à ses parents. La version originale avant traduction donnait ceci :

A toi, peti pa², 6 jt’et fè, 1si k pte ‘man, bien ds pèn, chte salu un deniere foi avt daler en prison. Sache kjé fs d’ my mieus pour suivr la voua qtu ma trasé, mai kontrairemen à t, je m ai pe utilizé d’ l0Jciel p2p cripté e z m swi fe gauler pr ces cl0wns d la SCPP.

1 dernié adieu à tou m amis et amon frR ke j’m bucoup. qui étud bi1 pour êtr plu tard 1 home.

19 an e dja d la tol ! mi vi d’homme libre aura é t kourt !

ze né 0cun regret, si se nest dvou kité, allor ke se cancrelat d Juppé, l8, na po été en taul por avouar detourné d milion ê kil arriv mm à etr ministr, cte boufon.

gi v donk o gnouf… Maman, se kjte demand, ske gi veu q tu m permet, c’ detre kourajeuz et d surmonté ta pN. dje n pe p0 en metr davantaje, il tambour1 à ma port, y von saizir m’ pc. g vou kit tou, ttes, twa ‘man, Séserj, Papa, ze vou embrace d’ tt m coeur.

Votre Kevin ki vous M

Après une traduction qui aura duré des mois pour les ethnologues-linguistes du M.H.I. Demaerd, voici ce qu’on peut en comprendre :

A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois avant d’aller en prison. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée, mais contrairement à toi, je n’ai pas utilisé de logiciel peer-to-peer crypté et je me suis fait gauler par ces clowns de la SCPP.

Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.

19 ans et déjà de la taule ! Ma vie d’homme libre aura été courte !

Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter, alors que ce cancrelat de Juppé, lui, n’a pas été en taule pour avoir détourné des millions et qu’il arrive même à être ministre, ce bouffon.

Je vais donc au gnouf… Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me permettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage, ils tambourinent à ma porte, ils vont saisir mon PC. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Séserge, Papa, je vous embrasse de tout mon coeur.

Votre Kevin qui vous aime.

Bouleversifiant.


ca va chier pour les petits pirates

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Source : http://h16free.com/2017/04/30/58106-redite-lettre-du-petit-kevin-miquet


Un projet éducatif à faire connaître

samedi 29 avril 2017 à 10:00

L’échec de l’Éducation Nationale ne fait plus guère de doute. Seuls le nient encore quelques naïfs ou ceux qui, cyniques et responsables de l’échec, cherchent absolument à masquer leur faute ou, pire, à terminer leur œuvre de destruction. Certes, ce constat est amer, mais il n’en est pas pour autant définitif : une autre éducation est possible !

Ce petit billet est l’occasion pour moi de vous présenter l’initiative intéressante d’un de mes lecteurs qui me propose de vous en faire part, d’un côté pour donner un peu de publicité à son entreprise, et de l’autre pour lui permettre, avec votre aide, de la mener à bien. Ce projet, porté par Frédéric Lefeuvre, le voici.

Principe

L’enfant, de tout temps, a montré de remarquables capacités d’apprentissage. Or, quand il arrive en classe, il est bien rare que ses aptitudes natives soient réellement développées. Comme l’écrivait déjà Montaigne, « Il n’est rien de si gentil que les petits enfants en France ; mais ordinairement ils trompent l’espérance qu’on en a conçue, et, hommes faits, on n’y voit aucune excellence. J’ai ouï dire à des gens d’entendement que ces collèges où on les envoie, de quoi ils ont foison, les abrutissent ainsi. »

C’est à croire que l’école fonctionne de telle manière que seules les aptitudes communes, moyennes, sont sollicitées – au détriment de toutes les autres. On n’y enseigne toujours pas de méthode sur la façon d’aborder le savoir, ce fameux « apprendre à apprendre » dont on entend souvent parler et qu’on ne voit nulle part.

Plutôt que de continuer à propager le gâchis, il convient de changer radicalement de procédés.

Objectif

Apprendre à vingt enfants qui entrent au Cours Préparatoire à lire et écrire en moins de six semaines, c’est-à-dire avant les vacances de la Toussaint.

Nous aborderons aussi les bases du calcul.

Dans le cadre de ce projet, les journées seront entièrement filmées afin d’en tirer une méthode destinée à ceux qui préfèrent prendre en main l’avenir de leurs enfants plutôt que de le confier à une institution inefficace.

Effectif

Au minimum 10 élèves, car en dessous nous perdrons l’effet de dynamique de groupe ; de préférence 20 (pour mettre à mal l’idée que seuls de petits effectifs permettent de bons résultats). Et pour ces élèves, nous prendrons des élèves « neufs » qui ne connaissent pas leurs lettres et qui, tout au plus, sauront écrire leur prénom.

Frais et organisation

Deux options sont proposées :
– soit une prise en charge comprenant la location d’une salle pour y faire classe, la pension complète (repas, couchage), etc. ; le tout sera forcément élevé, certainement autour de 4000 à 5000 euros ;

– soit, ce qui a la préférence de notre porteur de projet, se baser sur les ressources fournies par les parents, comme une maison de vacances avec un grand jardin (il fait encore bon en septembre, on peut camper). Tout se passera beaucoup mieux avec des parents impliqués dans le succès de l’opération, car de nombreux petits problèmes trouveront immédiatement une solution. Tous ceux qui pourront se rendre disponibles, ne serait-ce que quelques jours, seront les bienvenus.

Pour filmer, nous disposons d’une caméra HD et de trois projecteurs LED. Nous aurons besoin de tablettes ou smartphones pour les plans fixes à insérer au montage, et de supports pour les placer un peu partout dans la salle de classe, ainsi que de quelques micros. Une caméra supplémentaire (avec quelqu’un pour l’utiliser) sera fort utile.

Si l’objectif est ferme et déterminé, les modalités restent en revanche à préciser, ce qui incitera au dialogue avec les parents.

En pratique, l’auteur compte sur la participation des parents pour couvrir les frais de cette première expérience mais ne se rémunèrera pas : il se contentera de la vente de la méthode, ce qui est une manière pour lui de montrer qu’il croit en son projet.

D’autre part, au lieu d’attendre la rentrée des classes, le lundi 4 septembre, M. Lefeuvre propose de commencer deux semaines plus tôt, le 21 août. Si, après quelques jours, les parents estiment que la méthode proposée est un désastre, ils pourront récupérer leurs enfants en urgence, les inscrire dans le cadre rassurant et balisé d’une Education Nationale performante, pousser de grands cris et régler le reste en justice s’il le faut. Au contraire, s’ils constatent que les élèves ont appris quelque chose de sérieux et que l’expérience a l’air prometteuse, le projet sera mené à bien avec leur bénédiction.

Évaluation des résultats

Un enfant sait lire s’il peut déchiffrer un texte et, surtout, le comprendre. Pour le tester, à chaque passage lu, nous lui demanderons ce qu’il a compris, dans ses propres mots. À part quelques rares exceptions comme le fameux gageure, on peut prononcer tous les mots de la langue française lorsqu’on connaît les bases. Aussi l’élève doit-il être en mesure de lire les mots nouveaux, parce qu’il saura comment s’y prendre pour les décrypter.

S’il n’y parvient pas, cet échec sera celui du porteur de projet et non le sien.

Écrire nécessite de la pratique, copier des pages et des pages, s’entraîner encore et encore ; on ne peut donc pas s’attendre à une écriture fluide en quelques semaines. Mais le « débroussaillage », lui, sera fait. L’accent étant mis sur la compréhension de ce qu’il lit et écrit, l’élève copiera un texte sans faire de fautes (oubli de lettres ou de syllabes).

Et ensuite ?

La réflexion devra également porter sur la suite à donner à l’expérience : que deviennent les élèves après ce demi-trimestre, d’autant qu’il sera difficile de les réintégrer dans le « circuit » en cours d’année (ils en sauront trop ou pas assez) ?

Pour M. Lefeuvre, l’option la plus logique est de poursuivre l’année scolaire avec eux.

Les parents auront alors le choix : soit continuer l’aventure en fondant une école, soit fournir le maximum sur cette seule année scolaire de façon à donner un an d’avance aux enfants qui rejoindront ensuite d’autres établissements (et faire gagner un an pour les petites classes n’a vraiment rien de compliqué lorsque les élèves savent lire dès les premières semaines).

Encore une fois, le dialogue est essentiel : les parents ont légitimement leur mot à dire, puisqu’il s’agit de l’avenir de leurs enfants.

Si vous êtes intéressé, ou si vous connaissez des parents intéressés, vous pouvez contacter directement Frédéric Lefeuvre sur l’e-mail suivant : frederic.lefeuvr@gmail.com.

Source : http://h16free.com/2017/04/29/58101-un-projet-educatif-a-faire-connaitre


La lutte contre les terroristes routiers continue : Coyote, Waze, TomTom bientôt interdits ?

vendredi 28 avril 2017 à 09:00

Jadis, lorsque des automobilistes voyaient, sur l’autre bas-côté, la maréchaussée en embuscade, radar en pogne et carnet à souche prêt à sortir, il leur arrivait de faire un petit appel de phares pour prévenir leurs infortunés congénères de l’autre côté, histoire de leur éviter la désagréable prune qu’une conduite un peu rapide pouvait parfois occasionner. Et puis la technologie est arrivée.

Avec elle, les appels de phares disparurent au profit d’une mise à jour en temps réel des différents dangers de la route et autres brigandages interventions des forces de l’ordre. Petit à petit, les applications spécialement destinées à aider la navigation routières se virent dotées de possibilités de marquer les embouteillages, les déviations, les accidents et, bien sûr, les radars automatiques et mobiles, les patrouilles de police et les contrôles, visibles ou non.

Évidemment, le détroussement du voyageur par loi interposée n’a plus du tout la même productivité financière lorsque tout le monde sait qu’une embuscade l’attend, et où. Rapidement, les forces de l’ordre ont compris que les réseaux sociaux et ces applications comme Waze, Coyote, Tomtom ou d’autres, qui permettent d’indiquer leurs positions en temps réel, ne leur donnent plus guère l’opportunité de rentabiliser leurs opérations.

Dans cette optique, il n’est absolument pas étonnant que les autorités, outrées qu’on puisse ainsi se soustraire à la ponction planifiée, se soient retournées contre les organisateurs de pages facebook destinées à indiquer, justement, la localisation de ces opérations routières de police. On se rappelle qu’en juin 2015, ces autorités avaient même poussé le vice jusqu’à poursuivre en justice les associations et particuliers qui tentaient d’organiser, dans le cadre pourtant clair de la loi, une riposte intelligente à ces brigandages policiers.

… Loi qui fut d’ailleurs rappelée en Cour de Cassation, en septembre dernier, et qui mit fin à ces poursuites iniques : oui, jusqu’à preuve du contraire, échanger de façon pacifique l’information de la localisation des forces de l’ordre dans le cadre de leur exercice de prévention routière ne constitue ni un crime, ni un délit, et est tout à fait conforme à la loi.

Mais ça, c’était avant.

Encore une fois et grâce à l’action indispensable d’une de ces personnes que la République paie grassement pour martyriser le citoyen au sein d’une assemblée quelconque, un décret va bientôt mettre fin à toute cette abominable liberté des automobilistes à se parler et s’avertir entre eux.

En effet, peu après le jugement de la Cour de Cassation, le sénateur Jean-Pierre-Grand, socialiste de droite encarté LR et sans la moindre honte, a plaidé pour une interdiction de la « diffusion de message de nature à signaler la présence des forces de l’ordre dans des périmètres définis par ces autorités », interdiction concernant les « contrôles sensibles, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité organisée, de la recherche de détenus évadés ou de personnes enlevées », bien évidemment, ainsi que l’ensemble des opérations de sécurité routière.

Bref, toute opération de contrôle de police sera donc concernée par l’interdiction pour l’usager d’en prévenir l’existence et la localisation sur tout type de support ou de technologie. On remarquera l’utilisation délicieusement crapuleuse du concept de terrorisme pour camoufler cette nouvelle atteinte à la liberté d’information et de simple dialogue entre citoyens : sans aucun doute le Sénateur, pas politicien pour rien, s’est-il dit que sa petite manipulation passerait inaperçue.

Accessoirement, on ne s’étonnera plus de l’incohérence de ces élus qui n’ont que le mot « solidarité » à la bouche lorsqu’il s’agit de justifier l’une ou l’autre ponction ou dépense supplémentaire et qui font grise mine lorsque cette même solidarité est justement mise à profit par certains pour éviter une diminution de leur pouvoir d’achat. L’hypocrisie n’est décidément pas une ressource en voie de disparition chez nos parlementaires.

C’est finalement sous forme d’un décret que cette interdiction sera, sauf exception, mise en place, et même poussée à l’échelon européen compte tenu de la méthode choisie par l’actuel gouvernement pour passer sa fripouillerie juste avant de se faire débarquer.

On ne pourra guère s’étonner de la réaction outrée de la Ligue de Défense du Conducteur (qui devrait plutôt s’appeler Ligue de Défense des DAB Sur Roues, la notion d’automobiliste devenant à ce compte tous les jours plus proche de celle de Distributeur Automatique de Billets de banque) : pour la Ligue, le gouvernement utilise « de façon indécente le risque terroriste », et on ne peut lui donner tort. En outre, et l’argument se tient, le but logique des forces de l’ordre dans leurs contrôles routiers doit toujours rester d’augmenter la sécurité routière et non de récolter de l’argent ; dans cette hypothèse, tout moyen qui vise à augmenter la vigilance des automobilistes est donc un élément de plus dans la sécurisation des lieux, et avertir le conducteur de la présence des forces de l’ordre entre bien dans ce cadre.

On comprendra donc le lancement d’une pétition en ligne permettant à ceux qui le souhaitent d’exprimer leur opposition à ce genre de décrets. Je vous encourage, outre la signer, à la faire connaître autour de vous : certes, Hollande et sa clique ont largement savonné la planche des prochains arrivants en multipliant les mesures de la sorte et les dépenses prévisionnelles absurdes (j’éviterai de parler de la Guyane ici), mais ce n’est pas une raison pour laisser passer cette nouvelle atteinte scandaleuse à une liberté fondamentale sans réagir.

En définitive, ce décret illustre très bien les raisons du rejet de plus en plus massif des Français pour leurs élus.

Je peux facilement imaginer qu’à aucun moment, les électeurs de ce sénateur n’ont émis le souhait qu’un tel décret voie le jour. On peut même parier que la majorité de ses électeurs y sont farouchement opposés tant la tonte de l’automobiliste se fait courte et répétée ces derniers mois. Cela n’a en rien empêché l’élu dans son idée. De la même façon, l’actuel gouvernement n’a jamais eu comme mandat ni d’augmenter les amendes et les retraits de permis, ni de faire passer des décrets pour empêcher ses concitoyens d’échanger des informations entre eux.

Et pourtant, ce gouvernement et ce sénateur l’ont fait avec toute la décontraction des cyniques qui savent qu’ils n’auront jamais à rendre compte de leurs exactions. C’est probablement là que réside la source de ces problèmes…

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Source : http://h16free.com/2017/04/28/58089-la-lutte-contre-les-terroristes-routiers-continue-coyote-waze-tomtom-bientot-interdits


L’évaporation des problèmes, ce n’est pas pour maintenant

mercredi 26 avril 2017 à 09:00

Emmanuel Macron, bénéficiant à la fois du travail de sape du PS par Hollande, d’un terreau médiatique ultra-favorable, d’une droite soigneusement aussi stupide que possible et d’adversaires tous plus patibulaires les uns que les autres, parvient donc à se hisser au second tour des présidentielles. Devant Marine Le Pen contre laquelle tous les castors républicains du pays érigeront un fier barrage, ses chances de victoire au soir du 7 mai sont donc très importantes…

Youpi, la France est sauvée ! Ou à peu près tant que reste dans l’urne notre candidat de Schrödinger, superposition quantique d’un politicien de droite et d’un politicien de gauche sans être ni à droite, ni à gauche. Une fois le vote passé, un choix sera fait qui, comme le veut la physique, sera tout en décohérence quantique.

Et probablement pas dénué de surprises…

Certes, à propos de surprises, la « Le Pen élue » est fort peu probable (mais pas, stricto sensu, impossible), et on mesurera assez bien l’état de frustration du pays à l’écart effectif entre les deux candidats. Mais surtout, d’autres surprises ne pourront être évitées. L’une d’entre elle, c’est que la trajectoire française n’est pas bonne du tout et que Manu n’a pas, dans son programme, le moindre commencement de proposition concrète pour l’infléchir.

Je l’ai déjà écrit, mais il est toujours bon de le répéter pour tenter de faire sortir de leur transe certains groupies extatiques à l’idée de voir le brave Emmanuel décrocher la timbale élyséenne : le futur président de la République héritera d’un pays dans une situation économique catastrophique et d’une population à cran, particulièrement lassée voire frustrée par une campagne électorale lamentable.

Et cette situation doit tout aux (non-)choix politiques internes qui furent fait ces 30 dernières années.

La comparaison fait mal avec l’Allemagne, qui aura choisi avec Schröder de moderniser complètement son économie : pendant ces 30 dernières années, cette dernière aura dû absorber d’un coup 16 millions d’habitants de la RDA dotés d’une économie en ruine en 1990, elle se sera heurté au mur de sa natalité qui lui donne une population plus vieille et donc plus coûteuse et moins productive ; ses frontières sont plus ouvertes à l’immigration que les françaises afin, justement de compenser sa faible natalité, et le pays accueille donc un nombre considérable d’étrangers et de réfugiés.

Malgré ces handicaps et ces choix, l’Allemagne engrange des excédents budgétaires, pendant que la France aligne 42 années de déficits.

Malgré tout cela, l’État allemand ne ponctionne « que » 44% du PIB, là où le français, obèse, en dévore 57% et ne montre aucun signe de satiété.

Pendant ce temps, la France claque dans la plus parfaite décontraction 7 points de PIB de plus que la Suède sociale-démocrate en diable, le tout pour des prestations sociale bien en dessous de ce que ce dernier pays propose, à tel point que nos SDF sont même nourris par la charité privée (eh oui, les Restos du Cœur, c’est bien une initiative privée). Pour rappel, la France, c’est 1% de la population mondiale et 15% des dépenses sociales mondiales. Belle contre-performance.

Pendant que l’Allemagne rembourse sa dette (elle a baissé de 12% depuis 2009), l’État français emprunte 4 milliards d’euros par semaine pour simplement continuer à payer les dépenses courantes, ce qui fait que sa dette a augmenté de 19% depuis. C’est tout à fait rassurant, et forcément, sur le long terme, ça va bien se passer, n’est-ce pas.

À ce sujet, on pourra regretter que, jusqu’à présent, ce problème de la dette n’ait pas été au cœur des préoccupations électorales (c’est le moins qu’on puisse dire). Peut-être le sujet sera-t-il présent dans le débat d’entre deux tours ? On peut raisonnablement en douter : d’un côté, Macron nous persuadera qu’il est à même de mener le pays vers les vallées de lait et de miel que son programme, doux et cotonneux, promet facilement, mais ne détaille surtout pas. De l’autre, Le Pen évitera soigneusement la question tant le côté économique n’est pas sa tasse de thé, pour le dire charitablement.

Il n’en restera pas moins que la situation, factuellement, peut se résumer à ceci : alors que les Allemands, avec la même monnaie, les mêmes impératifs aux frontières, une population plus vieille et plus nombreuse que les Français, affichent le huitième pouvoir d’achat en Europe avec 21.500 euros en moyenne, les Français pointent eux à la treizième place avec 19.000 euros ; en 2015 et selon l’OCDE, il y avait en France 7,1% de travailleurs pauvres contre moins de la moitié en Allemagne (3,5%), 25% de taux de chômage des jeunes en France contre 7% en Allemagne. Et tout ça, je le rappelle, avec une Chancelière Merkel qui n’a pas spécialement fait dans la furie ultra-néo libérale, avec une réunification qui a été tout sauf simple, avec des routes, des écoles, des hôpitaux, une poste, une police et plus généralement un service public qui fonctionnent encore pas trop mal aux dernières nouvelles, avec des impôts plus faibles et, j’insiste pour ceux qui n’auraient pas bien compris l’allusion, la même monnaie que nous.

Sauf à considérer que les Allemands sont des êtres supérieurs capables de casser des briques, plier l’espace-temps et la rhétorique collectiviste (ce que je ne crois pas), on doit réellement s’imposer la question de ces nom-d’une-pipe de choix économico-politiques qui ont été faits ces 25 dernières années pour aboutir à une situation à ce point différente d’un côté à l’autre du Rhin.

En réalité, force est de constater que ce sont les Français qui s’expatrient en Allemagne ou en Angleterre plutôt que le contraire. Force est de constater que les opportunités sont beaucoup plus forte en Allemagne et que l’économie y est plus dynamique malgré une situation au départ plus difficile.

Certes oui, les retraités et les chômeurs français sont effectivement moins exposés à la pauvreté et mieux « protégés » par ce système qu’on nous envie sans jamais oser nous le copier… Mais force est aussi de dire qu’ils sont pour le moment payés avec de la monnaie de singe qui place directement le pays sur une trajectoire budgétaire insoutenable, où un tiers des salariés est payé par l’État et que nombre de chômeurs est caché dans ces emplois plus ou moins bidons créés par une administration obèse.

En somme, à l’instant où ces lignes sont écrites, si la France tient son rang actuel, cela n’est dû qu’à l’usage compulsif de sa carte de crédit et un immense écran de fumée qu’aucun des deux candidats ne semble vouloir vraiment dissiper, l’une jugeant l’ensemble des problèmes liés à la méchante Europe (dans laquelle l’Allemagne s’en sort pourtant très bien), et l’autre estimant qu’on pourra s’en dépatouiller en « pensant printemps » très fort.

Macron, élu, devra donc réaliser ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a même entamé en 30 ans, avec une majorité parlementaire particulièrement difficile à construire puis à conserver, un sénat a priori peu enclin à lui faire les yeux doux, des syndicats de salariés tout sauf modernes, des administrations fossilisées, une presse qui sortira la grosse artillerie antilibérale dès qu’elle le pourra et de façon générale, une opinion publique rétive à tout changement d’importance, le tout dans un contexte économique difficile et une absence de toute latitude budgétaire.

À vue de nez, toutes les cartes sont donc réunies pour un succès flamboyant.

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Source : http://h16free.com/2017/04/26/58072-levaporation-des-problemes-ce-nest-pas-pour-maintenant