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Billet du soir, désespoir.

mercredi 27 mars 2013 à 23:31

Je ne sais pas si sortir ce billet est une bonne idée, nous verrons bien.

Ce matin, j’ai lu que plus de 70% des français ne voyaient pas de problème à la vidéo-surveillance effectuée par des sociétés privées.

J’ai aussi lu, entendu, vu que la majorité des gens se moquaient de leur vie privée, de cette vidéo-surveillance, de leurs données personnelles, du fait qu’Internet soit de plus en plus repris et verrouillé par des géants de la vie physique. Ils ont mis du temps mais il faut admettre qu’ils ont des milliards de fois plus de puissance que 5 gus dans un garage. Ils ont du temps et de l’argent à donner en échange d’une décision qui va dans leur sens.

C’est ce qu’on appelle un petit service entre amis, également connu sous le nom de corruption ou pression, infiltrée dans les différentes strates des différents pouvoirs en place. Ici et ailleurs, en France, dans l’union européenne ou dans d’autres pays, on fait pression pour façonner Internet de la « bonne façon ».

Cette façon, qu’on se le dise, ce n’est pas celle que vous attendez. Ou alors vous vous en moquez complètement, ce qui n’est pas impossible. Reprenons si le voulez bien.

Celle qui vous attend, c’est un Internet verrouillé, fermé de partout. Un Internet où vous aurez le droit de parler si vous payez et si tout ce que vous dites n’entre pas en conflit avec une marque ou une société privée. C’est un espace qui ne ressemblera en rien à celui que vous connaissez, ça sera une vitrine commerciale pour se faire encore plus d’argent.

Cet Internet ça sera un espace où le DPI sera l’outil de référence, la Neutralité du net une connerie de ces anarchistes qui n’ont décidément rien compris au monde. Laissons place au flicage de chacun de vos paquets, de chaque échange de données numériques, place à l’écoute de toute la population par des sociétés privées, juste au cas où…

Ça ne sera pas une voie ouverte à tout ceci, mais un boulevard qui sera offert sans aucune résistance car… car tout le monde s’en tape. Ces sociétés seront capables de faire ce qu’elles veulent jusqu’à votre ordinateur et ceci sans votre consentement.

Vous avez le droit de ne pas croire à tout ceci, c’est trop gros pour être vrai, n’est-ce pas. C’est pourtant la triste réalité, que vous l’acceptiez ou non.

Ici, deux choses sont importantes à souligner. La première, c’est que je parle de vous, pas de moi ou des gens qui cherchent à comprendre, nous aurons trouvé un autre espace pour pouvoir nous exprimer sans avoir une armée d’espions collés sur nos connexions.

Nous savons créer des fournisseurs d’accès à Internet, nous savons parler en privé « privé », c’est-à-dire sans que des intermédiaires viennent mettre le nez dans un échange entre deux personnes. Nous aurons réussi à trouver des alternatives et, comme d’habitude, nous aurons toujours un temps d’avance face à des sociétés et des gouvernements qui ne comprennent pas un monde qui leur échappe totalement.

Est-ce prétentieux ? Si ça semble l’être, ce n’est absolument pas le cas. Non, c’est une réalité. Celles et ceux qui cherchent à comprendre comment ça fonctionne auront toujours une longueur d’avance et s’adapteront.

Donc, deux choses. La première c’est accepter ça. Après tout, pourquoi aider des personnes qui s’en moquent ? Pourquoi puisque nous n’allons pas avoir de problèmes, nous ?

Il est vrai que beaucoup (trop) de personnes se moquent de tout ceci. Ces derniers ne se sentent pas concernés car ils n’ont pas conscience de tout ce qui arrive, trop occupés par la vie quotidienne, déjà assez compliquée à gérer. Je peux comprendre, nous sommes tous ainsi avec nos problèmes et nous arrivons tous au même constat : les problèmes ne sont pas résolus même en essayant très très fort.

Une partie de ces personnes est désabusée, blasée, elle n’attend plus rien. L’autre partie se moque en bloc de tout ceci, préférant écouter ailleurs et parler de gens malades, de « truc de geek-qui-ne-parlent-qu’ à-des-ordinateurs ».

Donc, la liberté d’expression et la vie privée sont des trucs de geeks, je crois que j’ai dû rater quelque chose.

Ce soir, j’ai envie de tout claquer, de me dire « laisse tomber, les gens s’en tapent, les politiques tiennent un double discours et c’est l’argent qui dirige le monde et non la politique. Ça ne sert à rien du tout, arrête d’être naïf et crédule ».

Et puis là, je repense à une phrase que l’on m’a répondu, un jour : « à la fin, on gagne. Ça prendra du temps, beaucoup de temps, mais à la fin, on gagnera ».

Si des personnes passent des heures, des jours et parfois encore plus à décortiquer des lignes de codes, à analyser des textes de lois et à aller parler partout pour expliquer ce qu’il se passe, ce n’est pas pour eux : c’est pour l’intérêt collectif.

Je ne peux pas vous forcer à être d’accord avec moi, je ne peux pas non plus vous forcer à m’écouter. Je ne peux que vous présenter un petit état des lieux un peu alarmiste et très très édulcoré, histoire qu’il ne soit pas trop acide.

Seulement, si ces gens effectuent un travail colossal, cela ne représente pas la totalité du travail à effectuer. Ils font 50% du travail. Pour le reste, c’est à vous de faire l’effort et sans cela, vous vous condamnez vous-même à manger mon bilan alarmiste en plein dans les dents.

Les choses peuvent changer, la vraie question c’est : est-ce que vous avez vraiment envie que ces choses changent ?

Si oui, alors agissez. Sensibilisez votre entourage, renseignez-vous, diffusez de l’information. La plus petite action est déjà une action importante. Reprenez ce billet de blog, partagez-le, copiez-le, envoyez-le par mail… bref, vous pouvez faire quelque chose…

…encore faut-il le vouloir, et là, j’ai de plus en plus un énorme doute.

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Merci : le blog fête ses deux ans !

vendredi 22 mars 2013 à 18:06

C’est fou comme le temps passe quand même, je me souviens encore de mon premier billet rédigé ici, un peu hésitant, pas vraiment sur de moi, avec un style totalement différent et que dans lequel je ne me reconnais plus maintenant. J’ai changé, j’ai grandi rapidement, on dirait une plante verte qui s’épanouit, se sentant bien dans son milieu, même si le pot est trop petit.

C’était l’époque des balbutiements, des textes alignés à gauche (merci à Skhaen, depuis c’est plus agréable à lire), des erreurs plus nombreuses que dans les billets actuels, de l’insouciance et des fleurs dans les champs, bref.

Je tenais à écrire ce billet, tant pour vous remercier que pour moi.

Un blog, c’est une expérience parfois compliquée, souvent enrichissante et tout le temps passionnante. J’ai rencontré plein de gens, sur Internet, la toile, ou afk. J’ai toujours autant envie de partager, toujours envie d’écrire même si le temps me fait malheureusement défaut.

Pixellibre.net, c’est presque 90 000 lectures depuis ces deux années, c’est 159 articles, 797 commentaires et presque 4 000 commentaires bloqués avec Askimet :D.

Ce blog, c’est une partie de ma vie, un petit espace ou tout est possible et c’est en partie grâce à vous. Je n’écris pas pour être connu, vu ou remarqué mais pour que l’information soit partagée/diffusée/retweetée/likée (rajoutez ou rayez toute mention inutile) et c’est ce qu’il se produit, je vois certains contenus passer, des journaux reprendre quelques informations et j’ai même eu droit à des enquêtes basées sur certains billets, et ma victoire est là.

Cette victoire, elle ne réside pas dans le fait que les gens puissent voir que ça vient d’ici ou que c’est de Numendil, elle vient du fait que l’information a réussi à sortir d’un lieu pour en investir un autre et ça, c’est gratifiant.

Je pense que j’ai quand-même, quelque part, une certaine forme de satisfaction liée au fait que ce blog tourne, loin de moi l’idée de chercher le succès, je dois quand même avouer, ne serait-ce que par honnêteté, que je ressens un certain plaisir à voir mes billets circuler.

Alors merci, merci pour les informations, pour le partage, pour les rires, les trolls dans certains commentaires, les bières aussi. Merci pour les lectures et merci, pour certain(e)s, d’avoir pris conscience d’un certain nombre de problèmes et de contribuer à ce que les choses changent.

Merci également à celles et ceux qui font que ce blog est encore là, merci à Nemellia sans qui ce blog serait offline. Je n’aurais pas continué si ces personnes n’avaient pas été là.

Bref, vous l’aurez compris, merci.

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La centralisation, c’est (toujours) mal.

jeudi 21 mars 2013 à 20:46

J’avais déjà rédigé une bafouille sur le sujet de la centralisation lorsque Mega fermait ses portes. J’avais sans doute, quelque part, l’espoir qu’au moins une personne comprendrai l’importance de la décentralisation. Bon, faut croire que je me suis trompé, hein.

Alors, on va essayer de ne pas trop troller et de rester sur le sujet parce que je pense qu’il est vraiment important. On va tenter de comprendre le problème de la centralisation parce que c’est tout sauf tout blanc ou tout noir.

Déjà, il faut expliquer à Jean Kévin ou à mamie que c’est grâce à la décentralisation qu’Internet existe. Si Internet était centralisé, il serait alors complètement dépendant de quelques services, quelques noms de grands groupes et ça ne serait sans doute pas Internet.

Si ce réseau de réseaux existe, c’est aussi grâce à vous et aux différents services proposés. Ça rend Internet attractif pour certains et pour d’autres, donc je pense faire partie, c’est la porte ouverte sur un monde où il est possible de construire ce que l’on veut avec du code, des gens, du temps et de la motivation.

Si vous ne voyez pas encore ou je veux en venir, rassurez-vous, ça va venir. La décentralisation ou plutôt le fait qu’Internet soit presque sans centre, c’est ce qui me permet d’avoir ce blog que j’ai installé avec mes petites mains, c’est ce qui vous permet de parler sur Facebook ou sur IRC ou sur n’importe quel autre moyen de communication et si ça ne plait pas, c’est ce qui permet de faire un truc nouveau.

Bon, problème : Internet, c’est rempli de gens et certains ne sont pas là pour coiffer des poneys et cueillir des framboises. Les sociétés sont là aussi et le but d’une société, c’est se faire de l’argent, toujours plus. C’est se développer aussi, en répondant aux exigences des utilisateurs, toujours dans le but de les fidéliser. Bref, je ne suis pas là pour vous faire une explication du cercle vertueux de l’achat – investissement – innovation – achat hein, vous avez compris le principe.

Partant de ce constat-là, une société proposant un service sur Internet va chercher à obtenir deux trois choses :

  1. Une réponse à la quasi-totalité des besoins des utilisateurs et mieux que celle du concurrent
  2. Un maximum de clients qui vont générer un effet positif, du bouche à oreille 2.0 en gros
  3. Evincer la concurrence et si ce n’est pas possible, la racheter

Si on pousse l’argument jusqu’au bout, ça veut dire que dans 15 ans, on cherche un travail sur Linkedin, on parle sur Skype, on parle de soi sur Facebook et que tout le reste n’existe tout simplement plus.

Ah et bien sûr, n’oublions pas Google qui propose tout ou presque avec ses services, nous allons d’ailleurs y revenir.

Pourquoi la centralisation, c’est mal ?

La liste d’arguments est assez longue alors nous n’allons pas tout développer mais juste en prendre quelques-uns :

Le plus important à mon sens et que vous faites confiance à un outil ou à un service qui peut disparaitre du jour au lendemain si c’est le souhait de la société. Elle n’est pas obligée de fournir des explications après tout : c’est son jouet. Elle peut vous le reprendre si elle le souhaite et, sans vouloir me montrer blessant, vous n’avez plus qu’à vous taire.

Faire confiance à un seul et unique outil, c’est pas génial. C’est comme laisser toutes ses données à une seule et unique personne. Sauf que là, la personne vous ne la connaissez pas, vous ne savez pas ce qu’elle peut faire de vos données, ni à qui elle peut les confier elle aussi.

Imaginez : vous voyez-vous confier votre vie, des photos, des textes, des secrets et d’autres choses encore à une personne que vous ne connaissez pas et en qui vous n’avez pas confiance ? Moi non, il en est de même sur Internet.

Il faut réfléchir au-delà du simple service qui fait plaisir et qui est bien fait, pour comprendre les conséquences des choix que l’on fait. Manger au même endroit, c’est mauvais pour l’alimentation. Lire de l’information au même endroit, mauvais pour l’esprit critique. Bien c’est pareil ici, un seul et unique service ou une seule et unique société qui donne tout, c’est mauvais pour l’indépendance et sans doute pour la liberté d’expression.

Résumons donc : une société qui décide de tout, un service pas transparent, un tiers à qui on ne devrait pas faire confiance, c’est déjà pas mal comme arguments.

Pourtant, ne pas se faire avoir dans ce jeu, c’est compliqué. Pourquoi ?

C’est pour une raison relativement simple : si le service est bien, alors des gens l’utilisent. Si des gens l’utilisent alors ils en parlent et s’ils en parlent, le service va grandir et la société également. Donc, attirer plus de gens et ainsi de suite, pour se retrouver service principalement utilisé.

Et là, c’est le drame, le petit service a pris la place de leader. C’est logique et normal. Que faire alors ?

Utiliser plein de services pour faire la même chose ? Pas pratique.

Il est alors possible d’utiliser plein de choses que l’on va faire nous-même : notre propre serveur, notre propre service web, vpn, irc et plein d’autres choses encore, même notre propre FAI. Ce n’est pas forcément une chose aisée et pas forcément la solution miracle puisque cela condamne les services à disparaitre, ce qui peut compliquer le partage ou la liaison entre différentes personnes.

Je pense que la solution se situe un peu entre les deux et doit s’adapter en fonction de vos besoins, tout en restant conscient du problème que représente la centralisation des services.

Sans cela, la prochaine fois que Google décidera de fermer un service, un autre prendra sa place et le problème ne sera pas réglé, juste déporté.

En espérant que ce billet ne soit pas de l’air, même si j’ai un gros doute…

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Intercepter des données sur de la fibre optique, c’est possible.

lundi 18 mars 2013 à 23:26

Le mois dernier, nous parlions ici même de certaines façons de fonctionnement de la fibre optique. Il était question de différentes technologies, de différents fonctionnements et j’avais promis un second billet sur un problème de sécurité qui existe sur la fibre optique.

L’attente est donc terminée, j’ai un peu de temps pour écrire. Promis, j’ai encore plein de choses à dire, mais les journées ne font que 24 heures et c’est bien dommage. Bref.

Tout d’abord, il faut préciser ce que je vais définir par interception. Interception ici définit le fait de récupérer des données, nous allons nous pencher sur l’interception « à l’arrache », non déclarée, illégale pour être plus clair.

L’interception légale ne sera donc pas abordée, des méthodes existent déjà, un cadre légal strict existe également. De plus, cette interception légale ne fait généralement pas de la façon présentée dans le billet.

Néanmoins, il faut savoir qu’il n’existait pas de système d’interception de données sur de la fibre avant.

Bref, passons aux explications. Tout commence en novembre 2012 lorsque Senetas, une entreprise australienne, annonce qu’elle a trouvé le moyen de lire et de copier des données transportées par de la fibre optique [PDF en anglais], le tout sans se faire repérer.

Je n’ai pas testé l’appareil mais il semble être assez petit, ressemble à une sorte de pince et, plus grave, et complètement indétectable par votre opérateur. En effet, Senetas annonce que la communication n’est pas interrompue et que la fibre n’est pas « coupée », partant de ce constat et des explications du précédent billet, vous comprenez pourquoi il n’est pas possible de détecter ce type d’interception.

Le risque ?

Il me semble assez évident : l’utilisation de cet outil dans des écoutes non déclarées, une mauvaise utilisation de cet outil ou encore un pirate en herbe qui essaye de jouer aux espions sont autant de risques possible liés à cet outil.

Faut-il devenir parano pour autant ?

La réponse dépend de votre définition de « vie privée » et sécurité. Ces deux choses sont parfois radicalement différentes selon les personnes cependant, il faut relativiser la découverte.

Premièrement, l’outil n’est pas utilisable partout, il doit se connecter à un point de branchement de fibre, que ce point soit sur le réseau ou dans l’entrée de votre bâtiment. Cela sous-entend qu’il faut d’abord avoir accès aux infrastructures qui accueillent la fibre. Ce n’est pas simple mais ce n’est pas non plus mission impossible.

Après, l’outil, il faut se le procurer. C’est une étape obligatoire et il faudra débourser une somme non négligeable qui va calmer pas mal de pirates en herbe. J’espère aussi que la société fait attention à ce qu’elle vend et encore plus à qui souhaite acheter.

Pour terminer, Senetas propose un outil de chiffrement pour éviter l’interception de ces données. D’autres solutions existent d’ailleurs, celles qui permettent de chiffrer vos communications, ou de passer vos données dans un tunnel qui, pour résumer, va chiffrer vos données.

Encore faut-il être curieux et savoir que des solutions de chiffrement existent afin d’éviter, qu’un jour, un éventuel pirate récupère vos données en venant se brancher sur votre fibre…

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La fibre optique, kezako ?

lundi 11 février 2013 à 20:22

Cet article ne fait pas état d’une chose récente mais il me semblait utile d’en parler afin de diffuser l’information. Un second billet sera consacré à un problème de sécurité lié aux contraintes physiques de la fibre optique.

Ce billet s’adresse à des personnes curieuses de comprendre le fonctionnement de la fibre. Je pars du principe que personne ne connait, ceci afin de rendre mon billet le plus compréhensible possible.

Les réseaux évoluent sans cesse, nous sommes passés du bas débit à la technologie xDSL, x pouvant être « A », pour l’ADSL que tout le monde connait, « S » pour SDSL avec des débits identiques dans le sens montant comme dans le sens descendant, il y a également le VDSL puis le Turbo DSL… Bref, beaucoup de choses.

La technologie ADSL commençant à être insuffisante pour les usages d’un particulier, nous basculons progressivement sur de la fibre optique.

Le bas débit et la technologie xDSL ont en une chose en commun : l’utilisation d’un support de cuivre. En France, c’est le réseau de l’opérateur historique France Télécom qui est utilisé.

Cette technologie s’appuie sur des équipements actifs, c’est-à-dire qu’il faut une alimentation aux équipements pour faire fonctionner le reste et c’est, entre autre, pour cette raison qu’un bon vieux téléphone filaire peut fonctionner même sans être raccordé au courant. C’est la ligne France Télécom qui l’alimente.

En fibre, c’est simple : il faut (presque) repartir de zéro. Le support n’existe pas forcément et pas partout, le réseau cuivre de l’opérateur historique n’est pas forcément utile puisque le support n’est plus uniquement et, dans certains cas, n’est plus du cuivre tout court. C’est comme s’il fallait tout reconstruire, forcément ça prend du temps. Point positif tout de même : si le cuivre de l’opérateur historique ne sert pas, son infrastructure, elle, est très utile. Il est ainsi possible de faire passer de la fibre dans les conduites France Télécom. Cette possibilité facilite les choses et réduit les coûts du génie civil utilisé.

Les opérateurs s’efforcent de câbler de la fibre optique dans les grandes villes, dissociées en trois zones :

Voici pour exemple la liste des villes de zone 1 [PDF], dite « très dense »

Pour la zone 1, le déploiement est principalement financé par des opérateurs privés (Orange, SFR, Free …), pour la zone 2 c’est quasiment la même chose, Orange et SFR se partagent les zones moins denses. Pour la zone 3, l’Etat intervient par le biais de subventions ou par l’utilisation de fonds prévus à cet effet. L’Etat a également à sa disposition un programme pour le très haut débit (THD) qui est de l’ordre de 2 milliards d’euros, voire beaucoup plus.

 Carte du déploiement en fonction des zones 1, 2 et 3

[Carte du déploiement en fonction des zones 1, 2 et 3, source PCINpact.com]

Vous l’aurez compris, le déploiement de la fibre optique va être long et couteux.

Comment ça fonctionne ?

Tout d’abord, arrêtez d’imaginer la lumière comme ce que vous voyez lorsqu’il fait jour, imaginez là comme une onde. Imaginez là même comme un ensemble de longueur d’onde différentes, qu’il est possible de séparer. Ensuite, merci @Turblog et @Taziden pour les ajustements apportés.

La fibre optique, c’est de la donnée transmise à la vitesse de la lumière, littéralement. Dans un brin de fibre optique plus fin qu’un cheveu, on fait transiter un faisceau de longueur d’onde « x » de différentes façons, en fonction de la technologique qu’on utilise.

On peut utiliser de la fibre en mode multimode, c’est-à-dire qu’on fait passer plusieurs faisceaux de longueur d’onde différentes dans le même brin de fibre. Si c’est pratique d’un point de vue déploiement et économies, un brin pouvant faire transiter plusieurs « faisceaux », cette technologie s’utilise la plupart du temps sur de courtes distances mais il est tout à fait possible de s’en servir sur de longues, voire très longues distances ainsi que dans certaines configurations qui ne seront pas abordées ici.

On peut également utiliser de la fibre monomode qui ne fait passer qu’un seul mode (un seul « faisceau ») sur une ligne la plus droite possible. C’est un bon mode pour couvrir de bonnes distances sans trop de perte, la « lumière » voyage au travers du câble sans trop s’affaiblir. Avec de la fibre monomode, on fonctionne sur une base de 10 Gbit/s. Dans certaines configurations, il est possible de multiplier cette valeur, en fonction du nombre de longueur d’onde qu’on souhaite utiliser. Ainsi, on peut avoir une fibre monomode avec « x » longueurs d’onde différentes, cette valeur pouvant aller jusqu’à 160. Il est également possible, dans d’autres cas non présentés ici, de faire passer du 40 Gbit/s et même du 100 Gbit/s dans le brin de fibre monomode.

Pour donner un exemple plus parlant, en théorie, il est donc possible de faire passer 160 (valeur maximale du nombre de longueurs d’onde utilisées) fois 100Gbit/s. Sur le papier en tout cas car en pratique, je ne sais pas si des équipements sont capables de gérer tout ceci. Il est même question, maintenant, de faire passer 400 Gbit/s dans un brin de fibre (lien en anglais).

Un grand merci @_GaLaK_ pour toutes les informations sur la fibre monomode, ainsi que pour les corrections.

 Schéma de fibre mono et multimode

 [Schéma de fibre mono et multimode, source Wikipedia]

A titre comparatif, l’ADSL permet d’envoyer 20 mégas sur 6 kilomètres environ (sans compter la baisse de débit avec la distance) alors que la fibre multimode permet d’envoyer jusqu’à 160 Gbit/s  et plus encore sur des longueurs qui approcheraient actuellement les 800 kilomètres. Le monomode quand à lui permet d’envoyer du 10Gbit/s mais il est possible combiner plusieurs fibres monomode dans un brin de fibre multimode ou encore de faire passer plusieurs longueurs d’onde différentes dans la même fibre monomode, comme expliqué précédemment.

Je ne parlerai pas toutes ces spécificités car il faudrait alors aborder des notions particulières, la différence de vitesse dans les longueurs d’ondes, d’une longueur d’onde aussi, puis d’autres explications qui, bien que passionnantes, sont compliquées à présenter, encore plus lorsque l’on ne connait pas tout.

160 Gbit/s ? 10Gbit/s et moi, je n’ai « que » du 100 mégas ?

Oui. Oui oui, la fibre permet de faire passer d’énormes débits sans trop de problèmes même si ce n’est pas ce que vous recevez chez vous.

La raison de cette limitation est à la fois commerciale et technique : ça permet de proposer de nouvelles offres dans un premier temps et, dans un second temps, personne n’a encore besoin d’une offre à 10 Gbit/s ou plus chez lui… pour l’instant :)

La limitation de vitesse est donc liée en partie à la technologie utilisée par l’opérateur, sur le réseau, le matériel, les terminaisons… et dans un second temps, c’est se laisser une porte ouverte pour proposer de nouvelles offres au fur et à mesure.

Comment ça se branche ?

C’est là que ça devient assez compliqué, les opérateurs privés ayant opté pour des méthodes de déploiement et des architectures différentes.

Il faut, pour être exact, parler de FTTx, FTT pour Fiber To The et x pouvant être H, B, C ou N

H pour Home, lorsque la fibre optique arrive jusqu’à chez vous et que, du central à votre domicile, vous êtes totalement en fibre.

B pour Building, la fibre arrive jusqu’au bâtiment et bascule sur un câble coaxial. Cette méthode limite la perte liée au cuivre et permet d’avoir de bons débits, même si ce n’est pas de la fibre de bout en bout.

C, c’est pour Curb, le trottoir en français. Même chose que pour le FTTB mais la partie cuivre est plus importante.

N c’est pour Neighbourhood, le quartier en français. Même chose que FTTB ou FTTC mais il me semble que la partie cuivre est encore plus longue.

Ce billet n’abordera que les principales architectures FTTH déployées.

Schéma des différentes architectures FTTx

[Schéma des différentes architectures FTTx, source Wikipedia]

LE FTTH PON, ou GPON

Certains opérateurs ont choisi le GPON comme méthode de déploiement. Le GPON est une méthode de déploiement qui consiste à diviser la lumière en un certain nombre de faisceaux, ces derniers allant jusqu’à l’abonné ou jusqu’à un autre point pour que la lumière soit à nouveau éclatée.

Par exemple, Orange a choisi cette méthode de déploiement.

Cette architecture réduit les coûts de déploiement ainsi que ceux du génie civil, cela permet également un déploiement plus rapide.

 Schéma d'un réseau PON

[Schéma tiré de lafibre.info]

Pour essayer d’être complet dans mes explications, en essayant de de garder tout le monde : en GPON la fibre est éclatée sur un PEP, Point d’Epissurage et de Piquage. Ce PEP se situe sur la partie transport de l’opérateur, la partie la plus en amont du réseau. Le PEP distribue ensuite le signal à des PEZ, Point d’Eclatement de Zone. Il est possible d’avoir plusieurs zones pour les points d’éclatement et ils ne se situent pas uniquement sur la partie transport de l’opérateur.

Ces derniers font passer le signal dans des PR, Points de Raccordement. Ces PR font passer le signal sur la partie distribution de l’opérateur à destination des PM ou PMI, Points de Mutualisation ou Points de Mutualisation d’Immeubles.

Ces points de mutualisation font ensuite passer le flux vers des PB, points de branchement, nous passons donc sur la partie branchement de l’opérateur. Cet équipement correspond à un point de concentration sur le réseau cuivre de l’opérateur historique. Il doit être le plus près possible de chez vous et c’est sur ce PB que vous êtes raccordés…via une ONT, pour Optical Network Terminaison.

L’ONT est un équipement qui récupère le signal qui vous est attribué, le déchiffre et l’envoie à la partie modem-routeur comme une Livebox pour Orange, Freebox pour Free, …

L’ONT s’adresse à une OLT, pour Optical Line Termination. C’est un équipement qui, en amont, gère le dialogue sur le GPON. Dans un sens, l’OLT récupère la donnée envoyée par la terminaison, l’ONT. Dans l’autre sens, l’OLT gère le dialogue vers les différentes ONT. Puisque plusieurs clients sont raccordés sur le même brin de fibre, l’ONT va gérer le dialogue de ces différents clients afin qu’ils puissent envoyer des informations. On parle d’ailleurs de multiplexage, l’OLT gérant plusieurs dialogues provenant de différents ONT.

Il est à noter qu’Orange utilise la technologie GPON et n’embarque pas forcément d’ONT dans ses Livebox. L’ONT étant exclusivement utilisé sur la technologie GPON, on ne le trouvera pas sur d’autres systèmes comme le FTTH P2P, abordé un peu plus tard dans cette présentation.

L’ensemble du réseau (sauf l’ONT) est dit passif, c’est-à-dire qu’il n’a besoin d’aucune alimentation pour fonctionner. On joue ici avec l’indice de la lumière. Pour vulgariser, on éclate la lumière qui est donc redirigée en plusieurs faisceaux, eux-mêmes éclatés à nouveau…

Plusieurs clients sont donc sur une même fibre, en cas de forte sollicitation, l’opérateur peut augmenter les capacités de la fibre et donc, des clients.

…Le déchiffre ?!

Tous ces clients étant sur une même fibre, ils reçoivent les mêmes informations. Il faut donc instaurer un protocole de sécurité sur cette transmission afin que l’abonné A ne puisse pas comprendre les données de l’abonné B.

Sur le réseau GPON, c’est l’AES qui sécurise la communication descendante. Dans le sens montant, pas de problèmes, les données de l’abonné A n’étant transmises qu’au seul destinataire concerné, ceci étant géré par l’OLT dont nous parlions tout à l’heure.

Pour donner un exemple plus parlant : si je souhaite aller sur Youporn, je vais transmettre une requête qui sera traitée « par le réseau » sans être transmise à mon voisin, lui aussi en fibre sur le même réseau, chez le même opérateur. Lorsque la réponse va arriver, chaque ONT de chaque abonné va recevoir la réponse mais seul mon ONT aura la clé de chiffrement permettant de comprendre la réponse.

Pour la technologie GPON, je pense que c’est déjà pas mal, passons à un autre schéma de déploiement.

LE FTTH P2P

Le FTTH P2P est une technologie qui va du NRO (Nœud de Répartition Optique) à l’abonné, pour faire plus simple : 1 brin de fibre = 1 abonné.

Schéma d’une architecture FTTH P2P, 8 logements, 8 brins de fibre optique[Schéma d’une architecture FTTH P2P, 8 logements, 8 brins de fibre optique, source Wikipedia]

C’est plus simple à comprendre mais plus onéreux et long que le déploiement du FTTH GPON. L’avantage ici, c’est le long terme. Lorsque l’ARCEP autorisera la montée massive en débit, les architectures P2P seront déjà parées à toute éventualité, là ou celles en GPON pourront montrer des limites techniques. L’autre avantage et que l’abonné bénéficie de toute la fibre, puisqu’elle n’est pas partagée entre plusieurs utilisateurs.

L’architecture FTTH P2P se passe donc de point d’éclatement, de PEZ … mais elle ne se passe pas de point de mutualisation, c’est en effet une norme obligatoire imposée par l’ARCEP. Le point de mutualisation est l’interconnexion entre l’opérateur d’immeuble et les différents opérateurs. Il est à noter qu’en zone moins dense, le point de mutualisation n’est pas forcément pour un immeuble mais plutôt pour un ensemble de logements.

Pour bien comprendre ce qu’est une mutualisation, c’est ici que ça se passe, le lien donné sur l’ARCEP est très bien expliqué.

Cette petite présentation s’achève là, elle n’est pas sacrosainte et j’ai pu commettre des erreurs, des données peuvent ne plus être à jour. Si vous remarquez une erreur, n’hésitez pas à me le signaler.

Le prochain billet sur ce sujet portera sur un système d’interception de données sur la fibre.

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