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L’anonymat et le sénateur Masson, épisode II

lundi 11 février 2013 à 19:42

D’avance, ce billet sera un peu brutal, bonne lecture.

Ce qu’il y a de tristement drôle dans la stupidité, c’est qu’elle semble chez certains sans limite. C’est le cas du sénateur Masson, qui revient à la charge contre l’anonymat des blogueurs.

Dans une question écrite à Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’économie numérique distinguée pour ses… propos justes, nobles et parfaitement censés sur le DPI (attention, ironie inside), M. Masson demande s’il n’est pas possible de lever l’anonymat des blogueurs. Il rajoutera dans sa question une demande de sanction en cas de résistance à cette identification.

Qu’est-ce que M. Masson n’a pas compris la dernière fois qu’il a tenu de tels propos ? M. Masson est-il contre la liberté d’expression ?

Selon moi, soit il l’est soit il est stupide. Dans les deux cas il y a un problème.

Imaginons donc qu’il ne soit « que stupide » puisque c’est sans doute le meilleur cas de figure possible. Il convient alors de lui réexpliquer l’importance de l’anonymat dans la vie numérique.

L’anonymat est, pour certains et même en France, un gilet pare-balles. Des blogueurs activistes aidant des pays à démocratie plus que variable se servent de l’anonymat pour ne pas se faire attraper.

Que se passerait-il si l’anonymat était levé ?

Dans le meilleur des cas, ces blogueurs arrêteraient de travailler. Dans le pire des cas, ils auraient des ennuis dans la vie physique.

Second cas de figure : les blogueurs qui se servent de cette protection qu’est l’anonymat pour parler de choses tirées de leurs vies personnelles ou professionnelles. Parler de sa dernière relation, d’une maladie lourde, d’un conflit … certains ne le feront pas avec leur identité, les points abordés pouvant créer d’éventuels conflits personnels.

Dans la vie professionnelle, c’est la même chose : quid des personnes qui parlent de leur travail avec leur vraie identité, licenciement ?

Nous assistons déjà à des licenciements pour des propos tenus sur une société x ou y, ce phénomène prendrait de l’ampleur si l’anonymat n’était plus garanti.

Certains blogueurs laissent volontairement trainer des données d’identification, comme moi. Mais dans ces cas-là, la décision finale revient au blogueur et il n’est nullement question d’une loi obligeant la levée de l’anonymat.

M. Masson cherche-t-il à réinventer l’eau chaude ?

Manifestement, oui. M. Masson ne sait peut-être pas que des dispositions existent déjà pour l’identification d’un blogueur. La loi de confiance en l’économie numérique (LCEN) permet, dans le cas de propos considérés comme diffamatoires, d’obtenir les données d’identification dudit responsable des propos tenus, sur demande auprès de l’hébergeur.

Résumons donc, si vous le voulez bien.

  1. M. Masson essaye une seconde fois de faire lever l’anonymat des blogueurs pour, je cite, « protéger les éventuelles victimes de propos inexacts, mensongers ou diffamations qui sont, hélas, de plus en plus souvent colportés sur la toile ».
  2. Des dispositions existent déjà pour ces cas de propos inexacts, mensongers ou diffamatoires mais le sénateur Masson n’est manifestement pas au courant de cette loi, comble pour un sénateur.
  3. M. Masson n’a peut-être jamais essayé de contacter un blogueur afin d’obtenir un droit de réponse, qui sait ? C’est pourtant chose aisée.
  4. Pour terminer, il convient de définir ce que signifie blog : un site, une page, sur laquelle on inscrit des données.

C’est vague, nous savons que les blogs visés sont des blogs personnels, les blogs professionnels rentrant dans un autre cadre juridique assez différent. Nous pouvons donc, au hasard, penser à Facebook, Skyblog, Overblog et éventuellement à des blogs vidéo, ce qui fait un nombre considérable de personnes touchées par les envies du sénateur Masson.

Alors, pourquoi M. Masson veut lever cet anonymat ?

Et si la réponse se trouvait dans la vie de ce cher sénateur ?

L’ironie, c’est que M. Masson, lui, se sert de l’anonymat pour des choses assez discutables :

M. Masson s’est aussi retrouvé victime de propos diffamatoires à son égard et c’est sans doute la raison de sa grosse colère, inconscient de l’importance de l’anonymat.

M. Masson, lorsqu’on se sert de l’anonymat à de mauvaises fins, on ne vient pas faire des leçons par la suite. C’est déplacé, pour rester poli. Vous méprisez ceux qui ont besoin de cet anonymat pour avancer, parler, publier et parfois protéger leur vie.

J’espère que vous lirez ce billet, qu’il vous déplaira et que peut-être, vous comprendrez l’absurdité de vos propos. Si ce n’est pas le cas, nous pouvons en discuter autour d’un café, je suis toujours partant pour expliquer des choses, surtout lorsque les points de vue divergent.

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Lettre ouverte à destination des députés de l’assemblée nationale

jeudi 7 février 2013 à 11:33

Ce billet, publié ici, s’adresse directement aux députés de l’assemblée nationale. C’est un mail que j’ai envoyé à certains députés et je laisse une copie ici. Vous êtes libre de faire de même et de reprendre ce billet comme base de travail, si vous partagez mon avis.

Mesdames et messieurs les députés, chers présidents et présidentes de l’assemblée nationale, représentants de la nation.

Par ce courrier je tiens à aborder des points importants pour moi, citoyen français, contribuable et de facto, contribuable du fond public qui alimente vos rémunérations.

Comme beaucoup de personnes, j’écoute et visionne très attentivement vos faits et gestes sur le projet de mariage pour tous et, comme tout autant de personnes, un ensemble de choses m’interpelle.

Je pense être parfaitement légitime pour tenir les propos que j’ai, partant du constat que l’assemblée doit travailler à fabriquer les lois, pour le peuple.

Les débats autour du mariage pour tous m’indignent profondément. Non pas sur le fond, chaque député est en effet libre de donner son opinion et son point de vue. Je suis parfois en profond désaccord avec certaines positions mais je ne peux qu’encourager cet exercice qui s’inscrit une parfaite utilisation de la liberté d’expression dont chacun, ou presque, peut bénéficier en France.

Ce n’est donc pas le fond qui m’indigne, si j’ose m’exprimer ainsi. Avouez que l’actuel fond de discussion est d’une qualité assez médiocre – et les mots sont faibles – pour des personnes qui sortent de grandes écoles et, qui plus est, pour des personnes payées sur les deniers de l’état, ceux ce vos concitoyens.

Ce qui m’indigne, c’est la forme. Nous assistons depuis de longues heures à un débat qui n’en finit pas, à une série d’attaques personnelles, à des remises en cause des compétences de chacun, d’un jeune député à Mme la garde de sceaux, en passant par le rapporteur du projet « mariage pour tous » qui a produit un travail conséquent de plus de 1500 pages.

Le contenu de ces pages est peut-être décevant, peut –être mauvais qui sait, il n’en reste pas moins que c’est une somme non négligeable de travail et qu’il mérite le respect. Peu d’entre vous semblent être à même de fournir un tel volume. Continuons donc, si vous le voulez bien.

Vous êtes censés représenter la nation, le peuple qui a voté pour vous. Vous êtes censés représenter l’élite, un modèle à suivre pour chaque personne, une inspiration qui donne foi en son gouvernement. Ce n’est actuellement pas le cas. La qualité de vos échanges est d’une médiocrité sans fond, tout sauf constructive et, sans parler au nom du peuple, voici comment certains voient la chose :

Vous êtes des enfants dans un lieu sacré de la République. Vous avez transformé ce lieu en une cour de récréation pour régler vos différends, dans le mépris total d’un ensemble de choses importantes :

  1. Le projet de loi
  2. L’assemblée nationale
  3. Ce pour quoi vous êtes élus

Et, par-dessus tout, vous méprisez une chose bien plus importante : le Peuple. Croyez-vous que le peuple vous demande de laver votre linge sale en famille de cette façon ? Non. Croyez-vous faire avancer le débat en clamant de grandes tirades qui ne veulent strictement rien dire ? Non. Croyez-vous être d’une quelconque utilité en faisant référence au triangle noir du nazisme ou encore en parlant des émeutes du 06 février 1934 ? Si le front populaire est né de cet évènement, il ne faut pas oublier que ces évènements ont fait plus de 20 morts et 2500 blessés.

Avez-vous oublié l’histoire, vous qui la façonnez ?

Votre comportement est indigne, majorité comme opposition. Nous attendons de vous que vous fassiez ce pour quoi vous êtes élus : travailler. Entre adultes qui savent se parler sans hurler, entre grandes personnes qui savent se respecter même lorsque les avis divergent.

Je tiens à vous rappeler que vous êtes observés, est-ce que c’est cette image que vous souhaitez laisser à vos électeurs ? Non ? Alors grandissez.

J’ai conscience que cet e-mail est un pavé dans la marre, que je n’aurais aucune réponse de vous, que vous devez probablement vous en moquer, mais j’ai espoir, au fond, qu’il vous rappellera un peu à la raison et que d’autres personnes auront la même initiative que moi.

En espérant que la suite du vote sur ce projet de loi soit plus respectueuse de chacun. En espérant que vous parveniez à enfin élever vos esprits afin de faire grandir le vrai débat.

Un citoyen, contribuable, particulièrement outré par votre comportement à la limite de l’acceptable.

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Sans titre

mercredi 23 janvier 2013 à 22:00

Notes : dans une motivation particulière, ou parce que je pense que le moment s’y prête, je publie cette chose, rédigée un soir sur laquelle je suis retombé, hier soir. Je n’ai pas à justifier ma publication, c’est mon blog après tout, vous êtes cependant libres de tirer à vue ou de passer votre chemin, ou que sais-je… mais que ça soit clair, ce billet n’apporte sans doute pas grand chose, voir rien, si ce n’est un exutoire pour votre serviteur, humain aussi. C’est ma façon de gérer le trop plein, voila.


Ne sachant pas quel titre donner à ce billet qui ne verra sans doute jamais le jour, sans titre, ça sera très bien. S’il fallait le nommer, ça serait quelque chose comme « j’ai un problème avec moi-même » ou « pourquoi je suis bloqué ».

C’est un peu une confession puis je vais faire ça à la manière d’un billet, c’est tout sauf ce que j’ai l’habitude d’écrire ici, tout sauf ce dont j’ai l’habitude de parler, surtout avec des pixels et surtout quand ces pixels ne vont jamais savoir tout ce qui est dedans

Pour autant, le fait de coucher sur octets ce que je pense, le fait d’en parler, qui plus est avec des gens qui ne me connaissent pas forcément, n’est sans doute pas mauvais. Ou peut-être.

Par où commencer… peut-être par cette impression de solitude, ce sentiment d’être complètement éteint, ou d’être de la plus grande des inutilités possible.

Ailleurs, j’aide du mieux que je peux. J’aide des gens que je n’ai jamais vu, juste parce que je sais que je peux faire quelque chose, mais je sais également que je ne suis – pour l’instant – pas capable de beaucoup pour aider.

Ailleurs, je suis une personne qui excelle ou qui pense exceller, qui semble reconnue pour détenir un certain savoir-faire, savoir que j’aime partager. J’aime tellement que j’en ai même fait mon métier.

Pourtant, ça ne va pas.

Je devrais être content, j’aime ce que je fais et j’ai ce que d’autres souhaitent avoir : une situation relativement stable, de la chaleur, de quoi manger, un accès à Internet, j’ai même assez pour quelques plaisirs à côté…

Alors ou est le problème ?

Bah, c’est ça le problème justement, je n’arrive pas à mettre de mots sur ce qui ne va pas. Clairement, j’ai l’impression d’être devant un casse-tête, quelque chose d’insurmontable, et le fait de ne pas réussir à poser de mot(s) dessus complique d’avantage la chose et me fait comprendre que quelque chose doit bien être en panne, quelque part.

J’ai pour façon de penser : si ça ne te convient pas, change les choses. Pourtant, j’ai beau essayer de les changer, les choses, elles restent encore et toujours les mêmes, et là, je bloque.

Ces réflexions reviennent de plus en plus souvent et, si avant c’était réglé à base de « c’est un coup de blues », il devient difficile de continuer de cette façon.

Est-ce que c’est parce que j’ai l’impression de faire du vent ? Dans tout ce que je fais, ici ou ailleurs, de la façon la plus calme possible ou de la plus passionnée, d’un citoyen à une eurodéputée, j’ai l’impression que rien n’avance.

Comme en panne, bloqué au point mort, devant encore et toujours continuer à forcer pour qu’un jour, ça se décide à démarrer.

C’est comme si une petite voix était en permanence en train de me dire « chaque effort sera vain, chaque acte sera un échec et ceci pour jusqu’à la fin des temps », rajoutant un « mouahahahahahahah » à la fin, bien évidemment.

Ce système ne me convient pas et le changer ne semble pas fonctionner. Sans doute parce que vouloir changer le monde tout seul, c’est un peu utopiste, sans doute très con et surtout inutile, n’étant pas décideur sur « le monde » dont il est question.

Alors maintenant, que faire ?

Que faire aussi contre ce sentiment qui me travaille : l’égoïsme. Attention, va falloir suivre.

Le fait de coucher sur papier ce que je pense me fait parler de moi, le fait de voir partout des « moi » et des « je » alors qu’ailleurs, des gens se prennent des bombes sur la tronche, quand ce n’est pas une balle en pleine tête à bout portant, ce n’est pas une chose des plus agréables.

Le simple fait de me plaindre démontre une grosse partie assez égoïste. J’imagine que nous le sommes tous, mais ce que je vois dans la glace me déplait et je n’ai pas encore trouvé la façon de changer ça.

C’est paradoxal hein ? Un mec qui crie partout pour faire bouger les choses, qui essaye avec ses moyens de faire mieux et qui, en fait, est incapable de faire bien ou mieux pour lui-même, préférant se plaindre…

On me considère comme un bidouilleur, un hacker même, un mec capable de plein de choses… on va rétablir la vérité : je suis un homme, un gamin sans aucun doute, loin d’être un hacker. Le titre est très gentil, il flatte sans doute un égo surdimensionné, mais il me semblait important de dire ce que je ne suis pas, ne sachant pas ce que je suis vraiment.

Me voilà en train de rédiger quelque chose qu’il serait bon de partager, un jour, si vraiment ça ne va pas, si vraiment je n’y arrive plus, puis ça sera sans doute mieux que de l’écrire à moi-même. Puis ça se trouve, je ne suis pas seul dans ce cas-là, non… je ne suis certainement pas seul dans ce cas-là en fait, c’est sûr.

Allez, un peu de sérieux, y a pas le temps de pleurnicher non plus, et encore moins pour des choses stériles comme ça, reprenons.

Tu sais, cher billet sans titre sur un odt, un jour, p’tet que tu vas voir le jour, en attendant, tu vas rester quelque part et puis on verra bien.

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Bienvenue sur Inter…le Minitel 2.0

mercredi 16 janvier 2013 à 19:53

Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la stratégie numérique, a publié ce jour une tribune dans le journal libération. Cette dernière présente les offres différenciées…

Pour commencer, expliquons ce qu’est une « offre différenciée ». Actuellement, votre accès à Internet vous donne accès à tout, sans contraintes particulières. S’il est parfois lent et que certains sont victimes de batailles commerciales entre géants, il n’en reste pas moins que votre FAI ne vous propose pas une option commerciale à 5€ par mois pour accéder à Youtube.

Qu’est-ce qui se passe si je vous dis que Neelie Kroes est pour ce type d’offre ?

Vous pouvez vous dire que ce n’est qu’une personne, mais ça serait sous-estimer le problème.

Imaginons donc un monde dans lequel vous payez votre accès Internet. Non, pas votre accès actuel à des sites ou des jeux ou bien encore des systèmes de communications, mais bel et bien votre accès à Internet. Juste l’accès.

Le droit d’accéder à Internet, puis de payer pour accéder ensuite aux services souscrits. C’est peut-être plus clair expliqué ainsi.

Toujours pas ? Alors imaginez un péage payant avec un nombre de routes quasi infini derrière, mais chaque route est payante. Il faut donc le péage et le droit d’accéder à la route derrière.

Concept très intéressant n’est-ce pas ?

Pour résumer, imaginez que ce que vous avez actuellement à environ 30€ chez n’importe quel FAI géant, il faudra peut-être le payer 45-50-60€ ou plus, plus tard.

Certains ne seront sans doute pas dérangés par ceci car ils ont l’argent ou car ils n’utilisent que Facebook, mais ce qu’on vous donnera, ça ne sera plus Internet.

Dès lors qu’une partie d’Internet sera fermée si vous n’avez pas l’abonnement, ça ne sera plus Internet mais un truc ou chaque opérateur pourra jouer à Dieu en vous donnant ce qu’il veut et en refusant le reste.

Cette chose n’est pas sans rappeler le minitel de l’ancien temps ou chaque service était payant. Excellent système économique ou l’opérateur peut s’en mettre plein les poches d’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les « Mega-FAI » lorgnent sur ce système.

Si un jour cela arrive, et ça arrivera, je serai au premier rang pour voir la réaction des services qui font d’Internet ce qu’il est.

D’ailleurs, je crois qu’il est temps de se poser la bonne question.

Qu’est-ce qui fait qu’on aime Internet ?

Ce n’est pas le fait d’être chez Free, SFR, Orange ou un autre qui fait que nous avons Internet. Un FAI, c’est comme n’importe quelle société. Un boulanger vend du pain, une banque des services de gestion des finances… et toutes les banques fournissent le même service. Pas au même prix certes, avec parfois un service complémentaire, mais toutes les banques fournissent le même produit.

Les FAI fournissent la même chose : un accès à Internet.

Je n’ai pas choisi mon opérateur parce qu’il est mieux qu’un autre, je l’ai choisi car il me permet d’accéder à ce que je veux, d’utiliser les logiciels et les ports dont j’ai envie, s’il ne me donne plus le service que j’attends, j’en changerai. Il existe une pléthore de sociétés qui me donneront accès à Internet, à un vrai Internet.

Au-delà de cet aspect de fourniture, basculer sur des offres différenciées représente selon moi une grave atteinte au fonctionnement même d’Internet ainsi qu’à sa neutralité actuelle, qui n’est déjà pas bien neutre.

J’en parlais déjà il y a deux ans ici même, puis l’an dernier également, fournir un tel accès reviendrait à créer un Internet à deux vitesses avec d’un côté, ceux qui peuvent tout se payer et, de l’autre, ceux qui n’ont qu’un accès de base et en basculant ainsi, c’est Internet la principale victime.

Pourquoi ? Parce qu’une partie non négligeable d’Internet, c’est vous, nous, moi, toi en train de publier un billet ou une vidéo. Si Internet est attractif c’est parce qu’on peut être acteur et non spectateur. Créer un système d’offres différenciées ressemblerait à cela :

- « Je veux être acteur aussi, moi moi moi ! »

- « Tu as de l’argent ? »

- « Pas trop, c’est la crise, la vie est difficile, je… »

- « Alors tu te tais et tu vas t’asseoir, reviens quand tu seras riche ou alors patiente 10 fois plus que les autres. »

- « Mais, mais… mais j’ai payé pour assister au spectacle. »

- « C’est le jeu, assis ! »

Si c’est cet Internet qui vous tente, moi non. Et s’il faut une vie pour l’expliquer et l’expliquer encore des centaines de millions de fois, alors c’est parti.

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Bon, @fleurpellerin, on parle DPI ?

mercredi 16 janvier 2013 à 11:21

Hier, mardi 15 janvier, Mme Fleur Pellerin organisait une table ronde autour de la Neutralité du net.

Cette table ronde était composée de différents acteurs du marché de la fourniture d’accès à Internet et, fait notable, Madame la « Ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique » n’était pas présente à cette table ronde mais à quand même fait le déplacement pour conclure la concertation.

Faut-il peut-être comprendre que la conclusion était déjà toute faite pour elle ? Qu’elle a organisé tout ceci dans l’unique but de bouger les bras et de faire du vent, histoire de dire que le gouvernement du président Hollande avance et travaille.

Si beaucoup de personnes attendaient au moins un signe ou une avancée sur le respect de la neutralité du net, rien n’est ressorti de cette table ronde. La Quadrature du net pose d’ailleurs une excellente question : à quoi sert Fleur Pellerin ?

Dans l’état, selon moi, elle sert à faire… du vent. Il faut lui accorder qu’on progresse, avant nous savions que tout était déjà joué d’avance. Là, nous pensions que, peut-être, par une opération du saint esprit, quelque chose allait bouger…

Non, je plaisante.

Passons donc sur cette table ronde ou Fleur Pellerin était, si vous me permettez l’expression, au ras des pâquerettes.

Je relève toute de même une question importante, même si la ministre a renvoyé la question ailleurs. La question concerne le DPI, certaines atteintes à la neutralité du net étant causées par des armes technologiques françaises. Nous pouvons par exemple citer Bull ou Amesys, responsables de la vente de DPI dans des pays en « démocratie à géométrie variable » comme la Libye, la Syrie ou encore le Maroc actuellement.

Fleur Pellerin a déclaré, en réponse : « Nous avons eu plusieurs réunions pour établir des positions intergouvernementales sur ce sujet. Plusieurs entreprises françaises sont leaders sur ces technologies. J’ai tendance à croire que la technologie peut-être neutre jusqu’à un certain point ensuite c’est l’usage qui fait l’objet de jugements moraux ou politique »

Fleur Pellerin part donc du principe que le DPI est neutre. Est-ce vrai ?

Si on part du principe que le DPI est un ensemble de machines, de logiciels, capables d’observer des données en profondeur alors oui. Oui car ce n’est pas la technologie qui va poser problème, mais la personne ou le groupe de personne qui va piloter la machine derrière, le groupe de personne pouvant être une société privée ou un gouvernement.

Le DPI peut avoir des usages bons, comme éviter la congestion réseau par exemple. Pour vulgariser, lorsque les tuyaux sont bouchés et que l’information circule mal, un DPI peut aider…

Mais le DPI peut avoir de très mauvaises utilisations si une personne mal intentionnée est derrière. Par exemple – exemple choisi parfaitement au hasard – une société peut vendre du DPI au motif de traquer des pédophiles alors qu’en réalité, la technologie permettra de traquer des opposants politiques à une dictature, de les espionner et de les retrouver … Dans ce cas-là, le DPI ne tue pas, mais il facilite le travail de ceux qui vont presser la détente derrière.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l’Homme ont réussi à faire ouvrir une enquête et potentiellement un procès, à l’encontre de la société Amesys, pour complicité d’actes de torture.

Ce n’est sans doute pas pour rien que la cour d’appel de Paris a donné son feu vert pour la poursuite de l’instruction à l’encontre d’Amesys.

Alors non Madame Pellerin, le DPI ce n’est pas aussi simple qu’une technologie « neutre jusqu’à un certain point ». Il serait bon qu’un jour, quand le gouvernement aura le temps, il légifère afin que le DPI soit reconnu comme une potentielle arme militaire et que sa vente soit très strictement encadrée, comme le demande cette question.

J’oubliais, le gouvernement est trop occupé à  taper sur Notre Dame des Landes et à envoyer des soldats au Mali. Le DPI, c’est rien, on verra plus tard.

Plus sérieusement, énormément de questions peuvent se poser autour du DPI. La France vend des systèmes de surveillance et, plus largement, est bonne exportatrice de systèmes d’écoute, d’espionnage …

Cela joue donc dans la balance de l’économie française et, je pense que cela représente une partie non négligeable. Pour autant, il faut voir le DPI dans sa globalité, et c’est là que c’est loin d’être simple, d’où l’importance de légiférer.

Madame Pellerin, je suis ouvert à toute discussion, toute réponse argumentée, pour savoir si vous comptez faire quelque chose dans ce cas. En cas de non réponse, je conclurai que vous êtes d’accord avec ce qu’il peut se passer, comme on dit ici « qui ne dit mot consent ».

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